Disclaimer: Teen Wolf appartient à ses tortionnaires. Mais tous les autres personnages sont de moi!

Remerciements: A Cathouchka31 grâce à qui vos petits yeux sont préservés d'horreurs abominables (Et y en a beaucoup!)! :D

Rating: M (Ouuuh les petits cochons!)

Avertissement: Présence d'un couple M/M.

Note de l'auteur: Voilà le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira!

Petite info musicale:

-Oskar Schuster - Les matins

-Scala and Kolacny Brother - Our last fight

-Karpatt - Leon

Bonne lecture!


Chapitre 44: Si tu savais à quel point... La vie est injuste.

Lorsque Stiles se réveilla, un terrible mal de crâne martelait douloureusement ses tempes.

Il ne sentait strictement plus aucun muscle de son corps.

Il remua un peu, gémissant plaintivement. Ce n'était pas son lit. Ni aucun autre lit connu. Il ouvrit péniblement les yeux puis les referma sous l'assaut d'une vive lumière. A moins que ce ne soit la couleur des murs?

Il toussa en s'arrachant la gorge. Il avait chaud et froid en même temps, il suait abondamment. Il devait sûrement avoir de la fièvre.

L'adolescent tourna la tête du côté où le soleil était le moins agressif et rouvrit les yeux. Il reconnut tout de suite l'endroit. Il y avait encore quelques années, toutes ses soirées et son temps libre se passaient ici. À l'hôpital de Beacon Hills.

Il regarda la petite table à côté de lui et y vit une carafe qu'il fusilla du regard. Encore de l'eau. Ça commençait à lui sortir par les trous de nez. Il éternua plusieurs fois jusqu'à ce qu'une toux interminable ne le secoue violemment. Il voulut mettre sa main devant sa bouche mais il se frappa avec un truc dur.

-Aïe! Merde c'est quoi encore cette galère!

Il observa sa main d'un œil éteint, on lui avait posé une atèle.

Sous le coup de la surprise il arrêta de tousser et porta sa main gauche à son visage. Il s'était mordu la lèvre du coup. Il ne put retenir un cri de pure frustration.

-Putain de foutu bordel de merde!

La porte s'ouvrit d'un coup sur une infirmière.

-Monsieur? Oh!

Elle se précipita à son chevet et Stiles continua de grogner de douleur.

-Comment vous sentez vous? Vous avez soif? Mal quelque part? Demanda-t-elle en appuyant sur le bouton d'appel.

Elle voulut lui proposer à boire mais il refusa catégoriquement et elle s'occupa de quelques machines avant que plusieurs collègues ne débarquent dans la chambre accompagnés du shérif.

-Stiles! S'écria-t-il en faisant mine d'accourir vers lui.

-Oh non, gémit l'hyperactif.

Il allait s'en prendre plein la tête il le sentait.

-Monsieur Stilinski, pourriez-vous nous laisser seuls avec votre fils quelques petites minutes s'il vous plaît? Demanda le médecin qui venait d'arriver.

Le shérif obéit docilement et sortit de la pièce.

On ne faisait que retarder la confrontation. Mais ça convenait à Stiles. Il préférait se préparer mentalement avant de devoir rendre des comptes.

~S.E.U.L.E.L.H.A~

-Tout va bien finalement. Une semaine de repos pour soigner la grippe et reprendre des forces mais par contre, il faudra au moins un mois pour réparer complètement le poignet. Heureusement il n'est pas fracturé, mais il faudra faire attention à ne pas trop le surmener.

Le shérif hocha la tête gravement et remercia le médecin qui s'en alla d'un pas pressé.

-Comment va Derek? Questionna immédiatement Stiles, le cœur au bord des lèvres, prêt à partir le rejoindre en courant dans sa chambre.

Il se redressa contre les oreillers et voulut sortir une jambe de son lit mais le shérif le fit rentrer sous la couverture avant de s'asseoir près lui l'air épuisé.

-Où est Derek? Redemanda Stiles de plus en plus inquiet en sentant ses tripes se nouer.

Le shérif resta muet quelques longues secondes, semblant peser ses mots. Il s'humidifia les lèvres avant d'entrouvrir la bouche une première fois sans qu'aucun mot n'en sorte. Le cœur du garçon manqua un battement.

-Très bien, répondit enfin son père d'une voix enrouée et étrangement douce alors qu'il s'approchait prudemment de son fils. Il doit être chez lui pour récupérer.

Stiles était sceptique. Était-ce la vérité? Ou bien son père essayait-il de le préserver? Il ne semblait pas aller très bien.

-Tu es sûr? Interrogea l'hyperactif d'une voix où commençait à poindre l'angoisse. Il va bien alors, t'es vraiment sûr? T'es pas en train de me raconter des bobards, hein?

-Oui. Il va bien, hésita le shérif en posant sa main près de celle de son fils.

-Alors pourquoi tu parles comme si quelque chose de grave était arrivé?

Le calme apparent du shérif vola en éclat à cette simple phrase.

-Mais parce que quelque chose de grave est arrivé! Cria-t-il tout à coup, de la fureur au fond des yeux. Tu ne comprends toujours pas que c'est grave ce qu'il t'est arrivé? Ça aurait pu très mal se terminer! Tu aurais pu mourir! Il faut que tu me parles lorsque tu as des ennuis! Il faut que...

L'adulte s'interrompit alors que Stiles reculait, effrayé, essayant de s'enfoncer dans ses oreillers.

-Mais je ne... Je vais bien moi maintenant, affirma l'adolescent. Alors si tu me dis que Derek va bien aussi, c'est que personne n'est gravement blessé. Donc y aurait plus de quoi s'affoler et toi, j'ai l'impression qu'il y a des trucs que tu veux pas me dire, alors ça me stresse à fond et je -

-Stiles, tais-toi! Tu ne...

Le shérif s'interrompit de lui-même une nouvelle fois et prit son visage dans ses mains. Son fils entendit un bruit de sanglot et il grimaça d'un air coupable.

-Tu ne comprends donc pas que j'étais mort d'inquiétude? Demanda le shérif.

Le timbre de sa voix reflétait une grande lassitude.

-Quand je suis arrivé à l'hôpital, vous étiez tous les deux couverts de sang et sans connaissance. J'ai cru que Derek avait finalement réussi à te tuer... Même si je sais maintenant que c'est pas le cas, je m'interroge sérieusement sur son rôle dans cette affaire.

On toqua à la porte et une infirmière entra en les regardant avec attention.

-Tout va bien, messieurs? J'ai entendu-

-Je vais prendre un peu l'air, dit le shérif en se levant.

Il sortit en coup de vent et Stiles resta immobile. Il ne chercha pas à le retenir. Il avait bien compris qu'il avait besoin de souffler un peu après tout ça.

-Tout va bien? Répéta l'infirmière, inquiète.

-Oui, répondit Stiles impassible en tournant le regard vers la fenêtre.

Comprenant qu'elle était de trop, la femme ressortit. Stiles entendit la porte se fermer et il se laissa enfin aller.

Il déglutit avec peine, sentant sa respiration se faire difficile. Putain, où pouvait bien être Derek? Allait-il réellement bien? Avait-il réussi à le sauver?

Vidé de toute énergie, Stiles s'affaissa sur ses oreillers en continuant à regarder le morceau de ciel qu'il voyait de son lit. Il ne devait pas être très tard. Tout au plus 7h00. Il avait dû dormir toute la nuit ou alors, on l'avait shooté à la morphine. Il s'en fichait pas mal. Pour l'instant il en avait juste déjà assez d'être coincé dans cet endroit ennuyeux à mourir alors qu'il ne connaissait pas le sort de son amant dont le corps inanimé était son dernier souvenir.

Heureusement il allait pouvoir sortir dès ce matin et sa première préoccupation serait la chasse aux infos.

Stiles toussa encore une fois et sa gorge l'irrita. Il avait finalement chopé la crève.

-Quels chieurs..., pesta-t-il.

-Je n'te l'fais pas dire, commenta une voix du côté de la porte.

Stiles se tourna d'un bloc vers celui qu'il n'avait pas entendu entrer.

-Derek! S'exclama-t-il, heureux et tellement soulagé, en le voyant debout.

-Eh oui. Même à l'hôpital je viens te faire chier, répondit Derek avec un petit sourire en restant près de la porte comme s'il était prêt à s'en aller.

L'hyperactif l'observa avec attention, fixant avec inquiétude le bandage qui passait sur son front et faisait le tour de sa tête.

-Ça va, toi? S'enquit-il.

-Bah, te bile pas, quelques points de sutures et des migraines pour un ou deux mois sinon ça va, le rassura l'aîné. Par contre, s'il avait visé un poil plus bas... ça aurait changé pas mal de choses et je ne serais probablement pas devant toi.

Stiles devait sûrement avoir un air larmoyant après cette petite tirade car il vit Derek sourire, vaguement attendri.

-Comment on s'en est sortis finalement? S'enquit l'hyperactif, un peu gêné, pour changer de sujet.

-Quelqu'un a appelé anonymement les secours, répondit Derek sans bouger.

-Tu crois que c'est un des mecs? Interrogea Stiles.

-Qui d'autre? Répliqua l'aîné en haussant les épaules, toujours appuyé au chambranle de la porte.

Stiles le regarda quelques instants avec perplexité.

-Pourquoi tu sembles prêt à fuir?

-Je me demande quand est-ce que tu vas me dire de dégager, avoua Derek très sérieusement.

Le cadet cligna plusieurs fois des yeux avec incompréhension.

-Pourquoi, je...

-Ben, j'ai merdé une fois de plus et à cause de ça tu es blessé, expliqua Derek coupable.

Stiles leva les yeux au ciel. Mais qu'avait-il fait pour hériter d'un mec si torturé, si stupide et... si craquant en même temps?

-Je te rappelle qu'aux dernières nouvelles c'est de ma faute s'ils nous en voulaient. Alors viens par-là, invita-t-il en tapotant le bord de son lit.

Derek semblait n'attendre que ce signal car il ferma la porte avant de venir s'asseoir à la même place que le shérif un peu plus tôt. Il approcha la chaise et ses mains agitées de tics nerveux intriguèrent le patient alité.

-Tu n'as pas l'air d'aller si bien que ça, remarqua-t-il.

Derek secoua la tête comme si ce n'était pas important et un silence s'installa. L'aîné évitait autant que possible le regard de Stiles.

-Ça va ta tête, tu as mal? Insista l'hyperactif.

-Aucun problème, répondit seulement Derek avant que le silence ne reprenne ses droits.

-T'es sûr que ça va?

Derek soupira, un peu irrité.

-Est-ce que tu m'en voudrais si je faisais quelque chose de stupide, complètement inutile et totalement ridicule par-dessus le marché?

-Euh... Je ne sais pas, hésita Stiles.

-Je peux, alors? Demanda Derek une nouvelle fois en ne le lâchant plus du regard.

-Oui, vas-y alors, se résigna le plus jeune en levant les mains en signe d'abandon.

Alors à sa grande surprise, Derek rapprocha précipitamment sa chaise et posa doucement sa tête sur les cuisses de Stiles en fermant les yeux. Son visage prit instantanément une expression paisible. Ses mains, dont une pressait doucement son genou et l'autre reposait près de sa hanche, ne tremblaient plus. Stiles resta quelques instants interdit, les bras en l'air, sans savoir que faire, puis son regard s'adoucit et il posa sa main valide sur la tête de Derek.

-Chacun son tour sauve l'autre de la noyade, souffla l'aîné les yeux clos. T'as un truc avec l'eau.

-La dernière fois c'était une crampe, rétorqua Stiles en admirant le visage de son amant contre lui.

-Mouais, j'y ai jamais cru à cette histoire. T'es sûr que c'était pas pour que je vienne à ton secours?

Stiles aurait bien voulu donner un coup d'épaule à Derek pour lui faire ravaler ses taquineries mais il était incapable de faire le moindre geste brusque. Et puis ils étaient assez abîmés comme ça.

-Bah, je t'avais même pas remarqué de cette façon, rappela Stiles.

-Ah bon? Je ne te plaisais même pas un peu? Demanda Derek en rouvrant les yeux pour observer Stiles avec surprise.

L'hyperactif fit une tentative pour hausser les épaules mais la douleur l'en empêcha et à la place il secoua la tête.

-Je suis sûr que tu mens, commenta l'aîné en souriant malicieusement. Mais ce n'est pas grave.

Un nouveau silence paisible les enveloppa alors que Derek refermait les yeux pour profiter des caresses de son amant. Stiles pouvait enfin respirer normalement. Ils étaient sains et saufs tous les deux. Il avait réussi à le sauver. Derek était vivant et en bonne santé.

-Tu sais ce qu'il va se passer maintenant? Questionna Stiles en caressant distraitement les cheveux de son défenseur.

-Rien.

-Quoi! Rien? Mais c'est pas possible! Ils ont quand même failli te tuer! S'exclama le cadet.

-Je sais. Mais j'ai beaucoup discuté avec ton père depuis notre arrivée ici cette nuit, expliqua Derek. Des policiers ont pris ma déposition sur l'attaque mais il y a peu de chances que ça aboutisse à quelque chose.

-Mais enfin, pourquoi?

-Il n'y a pas de témoins de la scène. C'est notre voix contre la leur. En plus tout le monde connaît notre mauvaise entente avec eux. Ils pourraient croire que ce n'est qu'une vengeance d'adolescents stupides, dit Derek posément, bien calé contre les jambes de Stiles.

-Mais...et nos blessures? Ça compte pas?, Contra l'hyperactif.

-Ben non. On pourrait se les être infligées nous-même. Ton père m'a dit que c'était déjà arrivé. Dans ce type d'affaire tout est possible. Même s'il nous croit, il ne peut rien faire. Il y aura une enquête, mais tant qu'il n'y aura pas d'aveux et pas de preuves, il n'y aura pas de poursuites. En plus Whittemore est particulièrement bien placé avec son père avocat pour être hors d'atteinte.

-C'est absolument dégueulasse, murmura Stiles atterré, en glissant sa main sur la joue de Derek.

-Je sais. Mais on va bien. C'est ce qui importe, répondit l'aîné en prenant la main de Stiles dans la sienne.

-Mon père va faire une dépression nerveuse à force me voir blessé tout le temps, soupira l'hyperactif.

-M'en parle pas, grommela Derek.

-Toi aussi ton oncle te fait des crises d'angoisse?

-Non, rectifia l'aîné. Je voulais dire que je suis comme ton père.

Cette fois Derek ouvrit les yeux pour le fixer avec ennui.

-Tu n'arrêtes pas de te mettre dans des situations impossibles. C'est difficile de te fréquenter.

-Eh ouais. Qu'est-ce que tu veux! Déclara Stiles amusé. Je vis un quotidien palpitant.

Derek referma les paupières, un léger sourire flottant sur les lèvres.

Peu après, la porte s'entrouvrit et il se redressa d'un coup. Prenant une pause plus naturelle et neutre sur sa chaise. Le shérif entra et son regard tomba directement sur l'intrus.

-Tiens, Derek! Je te croyais rentré chez toi.

-Je suis revenu pour voir comment allait Stiles, expliqua Derek.

-Tu devrais te reposer, lui conseilla l'adulte. Stiles t'aurait appelé plus tard en rentrant.

-J'ai plus de portable au fait, intervint Stiles en recommençant à tousser violemment.

-On verra ça plus tard, répondit le shérif. Le médecin a dit que tu pouvais sortir tout à l'heure. Je t'ai ramené des vêtements propres.

-Merci.

-Tu es sûr que tu peux te lever? S'enquit le shérif.

-Mais oui! Soupira Stiles avec ennui. Je vais juste attendre que vous sortiez parce que bon, ma tunique montre juste un peu mon cul et je-

-Langage Stiles! Le coupa son père.

Derek arqua un sourcil puis se leva. Le grand sourire qu'il réprimait lui donnait une expression vaguement constipée. Bah, c'est vrai qu'après tout, il le connaissait un peu, son cul...

-Je pense que je vais rentrer dans ce cas, annonça-t-il.

Le shérif hocha la tête.

-Veux-tu que je te ramène ou ton oncle s'en occupe?

-Il m'attend sur le parking, répondit Derek.

-Très bien. Je vais venir avec toi, j'aimerais lui parler un peu, dit le shérif en sortant de la pièce avec lui. Tu pourrais..

La porte se referma derrière Derek, et Stiles se retrouva seul. Mais cette fois tout allait bien pour lui. Tout allait bien.

Son énergie restaurée par la chance qu'ils avaient eue de s'en sortir pas trop amochés, Stiles se leva plutôt facilement. Le froid le glaçait jusqu'aux os et il avait une horrible envie de cracher ses poumons mais à part ça tout baignait...ah non pas de bain, c'était fini pour lui - la flotte- pendant quelques temps. Faudrait envisager la douche au whisky? Bah non... Il secoua la tête, se disant que c'était peut-être pas le moment de partir dans un délire. Mais il se sentait presque euphorique après le cauchemar de la veille. Ce n'est qu'en regardant le pull apporté par son père qu'il reprit amèrement pied dans la réalité en constatant que ça risquait d'être une sacré galère pour s'habiller avec une atèle à la main droite.

-Ah putain, quelles bandes de connards...Ils vont me pourrir la vie jusqu'à quand?

Quatre jours plus tard...

Et Le shérif avait eu entièrement raison. Durant la petite semaine que Stiles passa cloîtré dans sa chambre et plus précisément, alité avec une grippe carabinée, la police mena une enquête au lycée -interrogeant élèves, professeurs, membres du personnel de l'établissement- sans rien trouver de concluant. Il n'y avait aucune trace de la rixe autre que les blessures de Stiles et de Derek. Eric avait très opportunément disparu pour rendre visite, semblait-il, à son grand-père gravement malade... Comme ses parents avaient confirmé, la décence avait contraint le shérif à stopper toute recherche de ce côté-là. Par ailleurs, assez logiquement, aucun des autres salopards présents ne paraissait pressé d'avouer.

Le shérif avait pris cette affaire très à cœur mais cela n'avait rien changé. Aucune charge ne pouvait être retenue contre la bande de Keith puisque, sans réels indices, il était impossible de fouiller chez eux pour espérer trouver une quelconque preuve. Ces connards avaient apparemment pris le temps d'essuyer le sang d'Eric qui avait pu couler sur le carrelage et, comme il n'y avait pas eu mort d'homme, il était improbable que les investigations soient poussées davantage.

De toute façon pour l'instant, Stiles s'en fichait pas mal de tout ça. Il avait accepté de rester chez lui pour accélérer sa guérison donc il était très occupé à se plaindre toute la journée de son rhume, de sa toux ou de son poignet qui le faisait souffrir le martyr. Le pire étant très certainement l'ennui qui le terrassait. En effet, son bon vieil ordi venait de rendre l'âme et les jeux video - avec le poignet droit en berne, fallait pas trop y compter! Y avait bien la télé, mais ça le gonflait rapidement, quant à la lecture, il avait lu au moins cinq cent fois sa collection de comics. Bref, il en avait tellement ras le bol que, malgré les galères qu'il avait vécues au bahut, celui-ci commençait sérieusement à lui manquer, cours y compris. Et ça le travaillait tellement, qu'une nuit, il s'était réveillé horrifié en émergeant d'un rêve où Harris l'avait collé et lui, il avait aimé ça.

Heureusement pour sa santé mentale, il avait la chance de recevoir la visite de Derek tous les soirs. Malheureusement le plus souvent son père était présent, ce qui donnait à leurs rencontres un petit côté formel particulièrement frustrant. Son beau motard restait le plus longtemps possible pour... prendre de ses nouvelles et lui transmettre les cours qu'il avait ratés.

Parce que Derek, lui, retournait déjà au lycée.

L'hyperactif avait crié à l'injustice qui lui avait fait cadeau de la grippe et pas à son amant -bien sûr, il n'avait pas utilisé ce mot là devant son père, il ne souhaitait pas spécialement lui causer une attaque cardiaque. Le shérif et Derek s'étaient contentés de le regarder blasés.

Et puis il y avait autre chose qui le dérangeait, qui le tracassait même carrément. Avec toute cette histoire, il n'avait pas encore eu l'occasion de parler avec Scott pour s'excuser. Il serait donc obligé d'attendre les vacances pour s'en occuper enfin. Franchement ça le stressait mais il se raisonna, il fallait déjà qu'il attende que cette foutue grippe ait déposé les armes. En plus, pour l'instant son père refusait catégoriquement qu'il mette ne serait-ce qu'un orteil hors de la maison et tous les messages que Stiles avait imaginés et retournés dans sa tête ne pouvaient pas la quitter, puisqu'il n'avait plus de portable.

Il était coincé.

Heureusement il allait mieux depuis ce vendredi matin et sentait sa toux refluer. Bientôt il serait complètement guéri et remis sur pied. Et alors, il pourrait rependre certains éléments de sa vie en main.

~S.E.U.L.E.L.H.A~

Stiles, qui avait traîné toute la journée en pyjama en mode zombie comme depuis une semaine, ressortit de la douche en bien meilleure forme que les jours précédents. Il s'était changé exprès pour accueillir au mieux son invité quotidien. En entrant dans sa chambre, il trouva un Derek -aussi classe que d'habitude- en train de l'attendre près de la fenêtre. Qu'il soit entré par là ou par la porte d'entrée comme une personne civilisée? Il n'en savait fichtre rien.

-Déjà là? S'étonna Stiles ravi, car son père n'était pas encore rentré, se séchant les cheveux avec une serviette.

Derek s'approcha dans l'intention manifeste de l'embrasser mais il eut un petit mouvement de recul.

-Hey, tu vas chopper mes microbes, dit-il en s'asseyant sur son lit. Arrête de faire ça.

L'aîné sourit et s'assit contre lui, adossé contre la tête de lit.

-Tu t'inquiètes de ma santé toi, maintenant? Commenta-t-il. C'est la meilleure. En plus tu es presque guéri. Et surtout, avec le temps d'incubation de cette saleté de grippe, t'étais sûrement déjà contagieux la veille de la baston. Et tu veux que je te rappelle ce qu'on a f-

Stiles l'interrompit subitement en éternuant plusieurs fois comme pour le contredire puis il se moucha avec une élégance digne d'un mammouth en goguette.

-Euh... Tout ton sex-appeal vient de se faire la malle, commenta Derek en l'observant avec un petit sourire.

-Ah, parce que j'en avais? Tu te fous de moi.

L'hyperactif jeta son mouchoir au pied de son lit et regarda son visiteur suspicieusement.

-Comment tu fais pour ne pas être malade? Questionna-t-il.

-Je ne tombe jamais malade, répondit Derek avec une moue vexé. Les idiots ne tombent jamais malades comme me dit toujours Peter.

Stiles s'esclaffa.

-J'adore de plus en plus ton oncle, confia-t-il. Il se fout toujours de toi de manière marrante.

-Bah, va lui faire des avances dans ce cas, si tu le trouves si sympa, grogna Derek. Je suis sûr qu'il en serait ravi, en plus, ce con.

Le cadet sourit en voyant l'air jaloux de son amant. Voulant le rassurer, il posa sa tête contre son épaule.

-Je pense que je vais pouvoir commencer à sortir de nouveau, informa-t-il heureux de la nouvelle. Vous avez prévu un truc pendant les vacances?

-Oh, on fera selon nos humeurs. En tout cas, demain, il y a répétition et tu es invité à y venir.

Le regard de Derek ne trompa pas Stiles.

-Obligé tu veux dire.

-T'as tout compris, répondit Derek. Comme t'as pas pu participer aux répétitions de cette semaine, on a gardé tes scènes pour demain. Et du coup on aura besoin de toi. Ce sera ton moment de gloire.

-Ha ha ha... Très drôle, répliqua Stiles en roulant des yeux. Je serai pas le seul à avoir mon "moment de gloire" gros malin, hmm? Je te rappelle que demain, toi, tu te maries.

Derek ne parut pas enchanté par l'idée. Et c'était un euphémisme.

-Tu as l'air vraiment enthousiaste, plaisanta Stiles.

-Le mariage, c'est pas vraiment mon truc, soupira Derek.

Stiles pensa à son infidélité chronique et conclut que oui, en effet, ce n'était pas vraiment fait pour lui. Et puis il ne le voyait pas ainsi enchaîné. Derek était quelqu'un qui tenait à sa liberté.

-J'ai posé tes cours sur le bureau, annonça Derek en les désignant. Par contre je dois rentrer tôt ce soir alors je vais te laisser.

-Mais tu es là depuis à peine trente secondes! S'exclama Stiles déçu.

-Bah, c'est pas moi qui décide sur ce coup, répondit l'aîné sans pourtant faire mine de bouger.

Il profita de son air boudeur pour voler un baiser à l'hyperactif puis, seulement, il se leva.

-Hey!, s'indigna Stiles qui, n'ayant pas vu venir l'attaque, n'avait pas pu l'esquiver.

-J'ai eu ce que je voulais finalement, annonça Derek avec un sourire vainqueur.

Il se dirigea vers la porte mais Stiles se leva pour le retenir une seconde.

-Au fait, mon père aimerait t'inviter pour que tu restes regarder le mach des New York Mets la semaine prochaine avec nous. Tu viendras?

Derek observa un instant ses yeux pleins d'espoir en semblant peser le pour et le contre avant de sourire.

-Je verrai bien.

-T'as intérêt à bien voir, oui!

-Pourquoi me fais-tu une proposition si c'est un ordre? Répliqua Derek amusé en roulant des yeux.

-Pour que tu aies l'impression d'avoir le choix justement!

L'aîné secoua la tête en souriant puis il frotta affectueusement les cheveux de Stiles avant de s'en aller.

Le lendemain...

-De l'amour, nom d'un chien! Cria la scénariste en chef. On veut de l'amour! Arrête au moins pour une fois de tirer la gueule! C'est ton mariage, que diable!

Derek persista malgré tout, à afficher une tête de vingt pieds de long. Stiles lui, s'amusait beaucoup à le regarder donner autant de fil à retordre aux organisateurs. Il trouvait ça trop drôle de les voir galérer avec son amant-grognon, bourru comme personne.

Stiles éternua et son regard croisa celui de Matt quelques mètres plus loin.

Il le revit, fuir en courant, alors que Derek était en danger de mort et il sentit une bouffée de haine l'étouffer soudain.

C'était ce mec qui avait frappé Derek. C'était ce mec qui avait failli le tuer.

Il n'était peut-être pas le seul fautif mais il était le plus coupable.

Stiles serra les poings et cela réveilla la douleur de son poignet droit. Il grimaça et tint son atèle en détournant le regard de Matt. Il prit une grande inspiration puis souffla lentement, tâchant de calmer les battements de son cœur. A quoi ça servait de se mettre la rate au court bouillon pour des connards pareils? Des connards intouchables en plus! Ça servait à rien! À part se rendre soit même malade de rage, malade d'impuissance.

Il inspira de nouveau lentement. Autant continuer à vivre sans se soucier d'eux. Et puis, on pouvait raisonnablement espérer qu'ils avaient eu leur vengeance, non? Qu'ils allaient les laisser tranquilles à partir de maintenant, non?

Une main vint s'abattre sur l'épaule de Stiles qui sursauta violemment. Il tourna vivement la tête et croisa le regard d'Isaac.

-Quoi? Dit-il sur un ton agressif.

-Hey mec, m'agresse pas, réagit Isaac en levant les mains en signe d'apaisement. Je voulais juste te causer.

Stiles releva un sourcil attendant qu'il parle.

-Voilà. Je voulais qu'on fasse la paix, annonça le garçon.

L'hyperactif écarquilla les yeux.

-Quoi? Bafouilla-t-il sans trop y croire.

-Ben ouais. J'aimerais faire une trêve avec toi, répéta Isaac sur le même ton. Tu viens de sauver la vie de Derek et même si je commence à en avoir marre d'avoir des dettes à ton égard, ce qui s'est passé en devient une, y a aucun doute là-dessus. Tu as aidé Erica et tu as sauvé Derek alors que rien ne t'y obligeait et-

-Peut-être le fait que je suis aussi un être humain est suffisant pour que j'aie envie de sauver un autre être humain, non? Le coupa Stiles en relevant un sourcil interrogateur.

-Certains n'auraient rien fait, rétorqua Isaac. Alors profite, au lieu d'essayer de trouver des excuses.

Stiles crut à une plaisanterie et regarda tout autour d'eux. Personne de suspect en vue.

Alors Isaac tendit la main et l'aîné la regarda quelques instants avec incertitude. Devait-il accepter ou non?

Décidant que ça ne pouvait qu'être bénéfique, il mit ses doutes dans sa poche et son mouchoir par-dessus puis serra la main tendue. Isaac lui offrit même un petit sourire pour couronner le tout.

Stiles trouva qu'il pouvait être mignon lorsqu'il ne grimaçait pas comme d'habitude. Mais il effaça rapidement cette pensée de son esprit.

-Par contre Boyd ne te fait toujours pas confiance, informa Isaac prestement.

-Cool à savoir, soupira Stiles désabusé.

-Et puis, ce n'est pas pour autant que je te la laisse, prévint le cadet en se penchant vers Stiles alors qu'une menace semblait peser sur eux. Tu devras faire tes preuves si tu la veux vraiment.

Stiles fronça les sourcils, ne comprenant pas de quoi le garçon voulait parler. Mais il ne dit rien pour éviter de passer pour un idiot. En plus, le sujet paraissait sensible aux yeux d'Isaac et il préférait ne pas risquer une dispute qui endommagerait leur trêve toute neuve.

-On va rejoindre Boyd et Erica, ça te dit? Proposa Isaac dont la bonne humeur semblait ne pas pouvoir être entamée.

Stiles hocha la tête avec un petit sourire. Finalement cette attaque avait eu, au moins, une conséquence positive.

~S.E.U.L.E.L.H.A~

-Vous croyez qu'il va réussir à faire au moins une scène sans faire la gueule?, demanda Isaac en regardant le plateau où tout le monde essayait de faire jouer Derek.

-Impossible, répondit Boyd du tac au tac.

Stiles fut surpris de voir qu'Erica ne renchérissait pas. D'habitude elle ne manquait jamais une occasion de se moquer des autres. Il se tourna discrètement vers elle et sentit son cœur lâcher sous le coup de la surprise lorsqu'il tomba directement sur ses yeux fixés sur lui.

Depuis combien de temps le regardait-elle ainsi? C'était flippant comme attitude.

En y faisant plus attention, il remarqua qu'elle ne le regardait pas vraiment. Elle semblait complètement ailleurs, rêvassant à il ne savait quoi. En fait, elle regardait dans le vide... Sauf que lui, il se trouvait justement sur la route du vide. Non, finalement il avait pas besoin de se poser des questions.

Seulement sans qu'il le veuille, la fête de Lydia remonta au premier plan accompagnée de leur danse -pas tout à fait innocente- et il se demanda comment elle l'avait interprétée. Après tout il avait failli l'embrasser et ils n'avaient pas fait preuve de beaucoup de retenue. Mais elle n'avait pas refusé en même temps. Elle avait même activement participé. Oh, bien sûr, ça pouvait n'être qu'un des nombreux effets de l'alcool mais il était presque certain qu'il n'y avait pas que ça. Les signes étaient là. D'abord, il avait la constante impression de taper à côté lorsqu'il était avec elle. Comme si quelque chose entre eux n'était pas dit. Evidemment, il ne voyait vraiment pas quoi.

Il chercha la réponse dans ses yeux avec tellement d'insistance qu'elle commença à rougir. Euh... Erica qui rougissait? C'était le monde à l'envers. Erica ne pouvait pas rougir. Peut-être de colère mais pas de gêne. Et comme, là, elle avait pas de raison d'être en colère, c'est que... c'est que... c'était de l'embarras! Lui, il la mettait dans l'embarras, comme ça, rien qu'en la regardant? Non, c'était pas elle, là !

La jeune fille enroula une mèche de cheveux autour de son index comme à chaque fois qu'elle était gênée et il l'observa avec étonnement.

Un raclement de gorge le ramena à la réalité et il tourna les yeux vers Boyd et Isaac qui les regardaient tour à tour. ''Fusillait'' serait plus correct concernant Boyd. Il semblait désapprouver quelque chose, mais quoi?

Isaac de son côté couvait Erica de son regard attentif et attentionné sans plus montrer le moindre signe de désapprobation.

C'était un bon changement, bien que totalement incompréhensible.


Verdict? Bon? Pas bon?

Alors? Contents? Derek est vivant! A moins que ce soit encore un rêv-PAF! Okay okay, j'arrête d'être méchante! x)

Pour compenser, la fin du prochain chapitre risque de vraiment beaucoup vous plaire (ou au moins vous satisfaire) (Oui je veux me faire pardonner :D)

Petit mot pour les lecteurs suspicieux: Oui, Keith et sa bande ont d'autres raisons pour s'en prendre tellement violemment à Derek et Stiles. Ce n'est pas une stupide et ridicule histoire de sono et d'exclusion de cours. (Mais ça il faudra attendre un moment avant de comprendre ce qu'il s'est réellement passé en coulisse pour qu'ils se retrouvent tous dans cette situation)

Désolée si j'ai oublié de répondre à quelques messages ou reviews, j'étais un peu débordée.

Cette fiction a dépassé les 1200 reviews! Merci à vous tous!

Merci aux followers, favoris et reviews! Merci à Drayy, Guest, Mimily et wm!

GROS POUTOUS BIEN BAVEUX!