Hello !

Les publications sont de + en + espacées. Je fait de mon mieux.


Précédemment :
Ayant sauvé Abby d'un coma profond et d'une mort certaine, Law apprend par la suite que le marchand de sable et le mangeur de péché n'était en réalité qu'une seule et même personne. Ne se priant pas, il lui fait subir les pires souffrances. De retour sur le navire, et le moral plus bas que terre, Abby fait face aux questions de Law sur ses véritables origines.


'Avant de te connaître, je détestais les êtres humains. J'étais incapable de faire confiance à qui que ce soit. Mais en te rencontrant, pour la première fois, je me suis dit que dans ce monde, il y avait aussi du bon.'
Nana (manga)

Chapitre 50 : Un pas en avant.

POV Abby :

- Interdiction formelle de quitter cette pièce sans une autre autorisation que la mienne.

Voilà les derniers mots que m'avait dit Trafalgar avant de partir. J'étais donc contrainte de rester dans ma cabine. Il m'avait même conseillé, ordonné, de rester dans mon lit, mais les fourmillements dans mes jambes eurent raison de moi. Je me levais pour faire quelques pas. Hélas, je n'allai guère très loin étant donné que je ne pouvais pas sortir, je ne faisais que tourner en rond dans ma cabine.

Bien entendu, j'avais d'ores et déjà tenté de sortir en douce, ne serait-ce que pour prendre l'air sur le pont. Mais avoir sa cabine en face de celle du capitaine ne facilitait pas la chose. J'avais à peine mis un pied dehors qu'il m'était tombé dessus. Il avait menacé de mettre un verrou à la porte de ma cabine et même de m'attacher au lit.
Après cela j'avais jugé bon de rester tranquille.

- Dis-moi Aro…

Le prénommé releva la tête pour me regarder et attendit la suite de ma demande, qui tarda un peu à venir.

- Crois-tu vraiment que ma place se trouve sur ce navire ?
- Bien sûr, pourquoi il en serait autrement ? Tout l'équipage est au courant pour tes origines et ils ne t'ont pas rejetée, n'est-ce pas ?
- En effet…

Après l'histoire du marchand de sable, Law avait réuni tout l'équipage pour leur raconter ce qu'il s'était passé. Il leur avait tout raconté, du moins une partie, gardant pour lui les épisodes les plus sombres de mon passé. Après cela, les hommes de l'équipage avaient tout d'un coup manifestés une grande curiosité à mon égard. Ils venaient vers moi, me posaient des questions sur le monde d'où je venais et devenaient avares de renseignements.

- Ça prouve bien que ta place est ici. Ils t'on acceptés avec tes forces et des faiblesses. Savoir que tu n'es pas de leur monde les a même incités à se rapprocher. Qui d'autre que des amis feraient une chose pareil ?
- Je suppose que tu as raison.
- Évidement que j'ai raison. Maintenant, si tu veux bien j'aimerais aller me dégourdir les ailes.
- J'aimerais pouvoir en faire autant.

J'ouvris l'unique hublot de la pièce pour laisser sortir Aro. Il passa par l'ouverture et s'envola dehors. Je le regardai un instant disparaitre dans le bleu du ciel, lâchant un soupir triste.

Lorsque je me retournai vers l'intérieur de la chambre, je regardai un instant ma bibliothèque qui reposait contre un mur. Elle n'était pas encore très remplie mais il y avait plus de livre qu'aux premiers jours. Je m'en approchai, levai quelques secondes le bras vers un des ouvrages, avant de finalement le laisser retomber le long de mon corps… je n'avais pas envie de lire.
Je me retournai et repérai mon sac à dos, celui que Marco m'avait offert après que j'ai déchiré le mien. Il était ouvert et laissait dépasser quelques bibelots… dont un écouteur. Je tirai ce dernier hors du sac pour en sortir mon iPod.

- Cela fait bien longtemps que je ne l'ai pas utilisé. Je me demande… oui, il fonctionne.

La batterie était même remplie à son maximum, parfait. Je m'allongeai sur mon lit, porta les écouteurs à mes oreilles et me laissai transporter par le rythme des musiques qui défilaient les unes à la suite des autres. Cela faisait du bien d'entendre quelque chose de connu pour une fois. La musique avait véritablement un effet apaisant, ce dont j'avais vraiment besoin ses derniers temps.

La musique dans les oreilles et les yeux fermés, je me sentais loin du monde qui m'entourait… peut être un peu trop car quand je sentis quelque chose sur ma main je me redressai brusquement en position assise et vis Law.

- Que fais-tu ?
- C'est plutôt à moi de te demander ça. Dit-il les sourcils froncés. Ça doit bien faire cinq minutes que je t'appelle.
- Oh.
- Qu'est-ce que c'est ? Ça vient de ton monde ?
- Oui.
- À quoi ça sert ?
- Cela me permet d'écouter de la musique.
- De la musique ?
- Cet appareil permet d'enregistrer de la musique et de l'écouter plus tard.
- C'est le même système que les tones dials. Dit-il les bras croisés sur son torse.
- Je ne suis pas sûre de savoir ce qu'est un tone dial, mais je suppose que oui.
- Et qu'écoutais-tu pour être autant coupée du monde ?

Il afficha un sourire fourbe tout en s'approchant du lit où il s'assit. Il tendit une main attendant une chose que je ne pouvais pas lui donner. D'instinct, je reculai quelque peu, ne voulant pas lui donner mon écouteur. C'était à moi et à moi seule, il ne pourrait jamais me l'enlever et s'il tentait le diable, ce serait à ses risques et périls. La musique, c'est sacré : on n'y touche pas.

- Je veux seulement écouter. Dit-il en voyant mon air récalcitrant.

Je resserrai ma prise sur mes écouteurs. Écouter ma musique ? Pour moi, la musique était quelque chose de personnel, c'était pour moi un moment de détente et d'isolement total, la partager reviendrait à partager ma bulle et je ne voulais pas.

- C'est ça ou je te le confisque. Ajouta-t-il lorsqu'il vit que je ne voulais pas.

Je lâchai un soupir et finis par lui tendre l'écouteur. Le fil entre les deux écouteurs n'étant pas très grand, il fut contraint de se rapprocher un plus de moi. Il prit le petit appareil et le mit à son oreille. Après un moment j'appuyai sur lecture.
Il se passa quelques longues secondes avant qu'un sourire ne s'affiche sur le visage de Law. Il enleva l'écouteur et me le rendit.

- Vous avez des musiques étranges dans votre monde, mais je dois avouer que ce n'est pas si mal. Tu en as combien là-dedans ?
- Je crois avoir dépassé la barre des mille.
- Tu as mille musiques dans ce petit boitier ?
- Exact. Il y a là les musiques de toute ma vie et quelques unes appartenant à Kana.

Law sembla surpris mais récupéra un masque neutre pour ne pas le montrer.

- As-tu d'autres objets de ce genre ?
- De mon monde ? Il hocha la tête. J'ai quelques bricoles, mais rien de très démonstratif.
- Ça ne fait rien. Ce petit voyage dans ta tête m'en aura déjà beaucoup montré, mais tu sais ce qu'on dit, on n'en a jamais assez.

Je baissai un peu la tête. Ce petit voyage dans ma tête, hein ? Je crois savoir que je m'en serais bien passé surtout pour ce que j'y avais revu.

Law nota mon changement d'humeur.

- Bref assez papoté, j'étais venu voir comment tu te sentais.
- Mieux… d'une certaine façon.
- C'est ce que nous allons voir.

Tout d'un coup il m'attrapa le poignet. Surprise je tentai de retirer ma main de son emprise.

- Du calme, je vais juste examiner ton pouls.
- Pourrais-tu au moins prévenir avant de faire de telles choses ?

Ma voix était plus emplie de gêne que de réelles colères, et Law le nota dans un coin de son esprit tordu.

- Il va bien falloir que tu t'habitues au contact humain.
- C'est plus fort que moi… les seuls contacts que je connaissais étaient les coups que je prenais étant plus jeune.
- Personne ne te veut de mal ici. Je t'ai déjà pris dans mes bras sans que tu ne cherches à me repousser. Tu ne te souviens pas ?

Je ne dis rien et me souvins de ce moment. Law tentait de m'empêcher de rejoindre le souvenir de Kana qui fuyait au loin. Il m'avait serré dans ses bras… sans que j'en sois gênée. Comment cela avait-il été possible ?

- Allonge-toi.

Je sursautai légèrement lorsqu'il reprit la parole. Je fis ce qu'il dit et le laissa m'ausculter, non sans me crisper légèrement à son contact.
Cela fut néanmoins plus rapide que ce à quoi je m'attendais. Il se releva.

- Tout va bien, tes signes vitaux sont bons. Tu peux sortir… si l'envie t'en prend.

Il avait à peine fini sa phrase que j'étais déjà sortie de la cabine. Je l'entendis rire doucement à mon passage. Je me dirigeai tout droit vers le pont et m'accoudai à la balustrade et respirai un grand bol d'air. J'avais l'impression d'avoir été enfermée pendant des mois alors que ça ne faisait qu'à peine deux jours et demi.

Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Losc vint me rejoindre sur le pont, son éternel cigarette à la bouche. Je crois que si un jour je venais à l'apercevoir sans un de ses bâtons de nicotine en bouche, je le penserais réellement malade.

- De retour parmi nous. Dit-il souriant.
- Comme tu peux le voir.

On discuta comme si de rien n'était. Puis les questions commencèrent à dériver lentement mais surement vers mon passé et mes origines. Losc faisait attention à ne pas me brusquer amenant le sujet doucement et je l'en remerciais.

- Alors ta ville natal c'est Florence ?
- En effet.
- C'est là-bas que tu vivais ?
- Je suis née à Florence, j'y ai vécu 3ans. Mes parents ont ensuite déménagés après leur mariage pour venir vivre en France. Ils venaient de faire l'acquisition d'une grande maison ou nous pourrions vivre tranquilles. Kana y est née deux ans plus tard.
- Florence, la France… je n'y comprends rien. Où sont ces pays ?
- La géographie de notre monde n'est pas exactement la même que celle d'ici.
- Tu veux bien me montrer ?

Je sortis un petit carnet resté dans la poche de mon pantalon et Losc me tendit un stylo. Je fis doucement glisser la pointe du stylo pour reproduire… à plusieurs frontières près, les lignes de nos continents et de nos océans.

- Je ne suis pas cartographe, mais cela ressemble à peu près à cela…
- Et bah ça alors, pour être différent c'est différent. Il n'y a pas de Red Line ou quelque chose qui y ressemble, les océans sont tous reliés ?
- Oui en effet. Notre monde est divisé en continents séparés par les mers et océans. L'Italie est là.
- On dirait une botte. Sourit Losc.
- C'est l'un des noms qu'on lui donne. Et Florence est une grande ville de cette botte. La France c'est ce pays-là. C'est là que Kana est née et là qu'on a grandi dans un orphelinat… juste avant d'arriver dans ce monde ci.

Au fur et à mesure de mon récit, je montrai du doigt les différents emplacements sur la petite carte. Losc ne disait rien et m'écoutait lui parler de mon monde. Il me posa ensuite des questions et s'émerveillait de tout ce que je lui disais. Je crois que je n'avais jamais parlé aussi longtemps et aussi ouvertement avec une autre personne que Kana, ou bien Aro. Mais je ne saurais dire pourquoi, Losc me semblait différent, je pouvais sentir en lui quelque chose que je ne sentais pas chez les autres. Il était, par exemple, le seul dont la proximité ne me gênait pas. Plusieurs fois sa main effleurait la mienne, son épaule vint percuter la mienne, son souffle se mêlait au mien. Plusieurs fois il se pencha très près de moi, mais à aucun moment mes muscles ou mon corps ne se crispaient… j'étais détendue.

- Et les pirates ?
- Les pirates ? Répétai-je.
- Il doit bien y en avoir dans votre monde.
- Oh et bien il y en a eu beaucoup en effet.
- 'Il y en a eu' ? Ça veut dire quoi ?
- Et bien, les pirates ne sont plus aussi nombreux qu'ici, je dirais même plus qu'ils sont quasiment inexistants.
- Les pirates ont disparu ?
- Ils en restent mais pas beaucoup. On ne peut pas dire que ce soit véritablement des pirates, ils ne sont ensemble que dans un but commun qui est, dans la majorité des cas, l'argent. Une fois leur butin accaparé, ils s'en retournent chacun de leur cotés.
- Ça doit être bien triste de vivre dans un monde sans pirates.

Je réfléchis un moment, le regard porté sur l'océan qui faisait danser sur nous les rayons reflétés du soleil.

- Ça ne te manque pas ?... Ton monde, il ne te manque pas ?
- Je vais peut-être te paraitre sans cœur mais depuis mon arrivée ici, je n'ai à aucun moment pensé à retourner d'où je venais.
- C'est un peu radical de te dire que tu es une sans cœur, mais c'est quand même le monde qui t'as vu naître et grandir.
- Peut-être, mais je n'en porte pas un aussi grand attachement.
- C'est un peu dommage.
- Tu peux me croire, on est bien mieux dans ce monde que dans celui d'où je viens.
- Pourtant d'après ce que tu m'as dit, il y avait moins de risque dans ton monde qu'ici. Il n'y a pas de fruit du démon, pas de pirates capables de détruire le monde d'un coup de poings, pas de pouvoir étrange… un monde tout ce qu'il y a de plus banal. Il y a beaucoup moins de dangers.
- Les dangers ne sont pas les mêmes mais cela ne veut pas dire qu'ils sont inexistants. Il y a autant de risques d'où je viens qu'ici.
- Si tu le dis.

Il soupira, évacuant par la même occasion un nuage de fumée blanche dont les particules s'éparpillèrent pour disparaitre totalement. Bien que je n'aimais pas particulièrement l'odeur du tabac, celle qui émanait des cigarettes de Losc ne m'était pas désagréable. Au contraire, ses cigarettes avaient une odeur douce et piquante, un mélange sucré et acide.

- Et puis, ce monde m'a au moins permis d'exaucer l'un de mes rêves.
- Lequel ?

Je ne répondis pas tout de suite, mon regard toujours tourné vers l'immensité de l'océan.

- J'ai toujours rêvé de voir l'océan.


A suivre...

Je sais que le rapprochement Law/Abby est long mais j'y tiens. Law et Abby sont deux brisés de la vie.
Des liens se tisserons sur, tout ce que je demande c'est d'avoir de la patience.

Au prochain chapitre, KISS !