Bonjour mes amours ! :D
Petit cadeau, juste envie de publier un peu plus tôt, pour vous faire plaisir.
J'espère que vous allez bien. Moi je suis épuisé-e, je viens d'enchaîner dix animations sur trois jours, mais j'aime toujours autant échanger avec des jeunes sur l'homosexualité et la bisexualité. En plus, les classes sont très différentes les unes des autres, donc les questions aussi, c'est vraiment intéressant.
Question écriture, vous avez peut-être remarqué que j'ai commencé à publier pour les Portraits inclusifs. Je vous annonce aussi que j'avance dans les OS cadeaux de TALYPE (il était temps !), puisque j'en suis au deuxième. L'occasion en même temps de vous remercier pour vos retours si nombreux : à ce jour, j'ai 913 reviews ! Waw ! Vraiment, quel succès. La première centaine est plus impressionnante à atteindre, mais me dire que je suis proche des 1000, juste le penser, c'est juste exceptionnel. J'ai du mal à y croire, vous êtes fabuleux-ses de me rendre autant d'amour !
Je vous laisse avec ce missing moment, dans lequel il se pourrait bien qu'Élia se questionne sur l'absence de père... comment va réagir Hermione ?
There's something that I can't quite explain
Il y a quelque chose que je ne peux vraiment expliquer
I'm so in love with you
Je ressens tellement d'amour pour toi
You'll never take that away
Tu ne pourras jamais m'enlever ça
And if I've said it a hundred times before
Et si je l'ai déjà dit une centaine de fois
Expect a thousand more
Attends-toi à des milliers de fois encore
.
I thought that the world had lost its sway
Je pensais que le monde avait perdu sa valse
It's so hard sometimes
Les temps sont si difficiles
Then I fell in love with you
Ensuite, je suis tombée amoureuse de toi
Then came you
Ensuite, tu es arrivée
And you took that away
Et tu as tout emporté
It's not so difficult
Ce n'est pas si difficile en fin de compte
I feel like I can fly when I stand next to you.
J'ai l'impression que je peux voler quand je suis près de toi.
.
Calling You, Blue October.
Missing moment 5 : Calling you (Je t'appelle)
Mai 2003 : Élia a quatre ans
Hermione se leva immédiatement après que son réveil-baguette ait signalé le moment du réveil. Elle prit la direction de la salle de bain, où elle alla prendre une douche rapide.
En sortant de la cabine, elle croisa son reflet. Elle avait un corps mince, malgré la grossesse, menée à terme quelques années auparavant. Elle avait également quelques vergetures, mais pas vraiment de quoi se plaindre. De toute façon, il était probable que toutes les femmes en aient, en tout cas à partir d'un certain âge.
Mais, surtout, elle nota qu'elle avait une apparence un peu négligée. Depuis combien de temps n'avait-elle plus été faire couper ses cheveux ? Depuis combien de temps n'avait-elle pas pris un moment pour se détendre dans un bain chaud et mousseux ou se mettre un peu de crème, avec une odeur qui évoquait la douceur ? Hermione ne savait plus.
En soupirant, elle enfila la robe bleu pervenche qu'elle avait préparée en l'honneur de l'anniversaire d'Élia. Une robe droite, à la fois simple et élégante, qui faisait penser à un tailleur.
Dire que, cinq ans auparavant, la deuxième guerre des sorciers se terminait. À cette époque, elle avait commencé à sortir avec Ron, avant de partir en vacances pour tenter de se remettre de sa dépression. Lors de ce voyage, elle y avait retrouvé Malefoy. Elle y avait trompé Ron avec lui… Puis elle était partie en France et y avait découvert qu'elle était enceinte de lui.
Dire qu'Élia avait déjà quatre ans… Par Merlin, que le temps passait vite ! Quatre ans apparavant, elle accouchait de sa petite merveille, qu'elle l'avait portée pendant neuf mois. Trois mois sans en avoir conscience, six mois en sentant l'imminence d'un désastre. Au final, ça lui avait paru plus difficile que ça ne l'avait réellement été. C'était la peur de l'inconnu qui avait primé.
Sortant de la salle de bain, Hermione prit la direction de la cuisine, préparant un petit-déjeuner royal pour sa puce : jus de citrouille frais, fraises et pain grillé avec omelette. Hermione avait bien tenté de la convertir au petit-déjeune typiquement anglais ou, à défaut, au porridge, mais rien n'y avait fait : Élia ne mangeait que des fruits et, exceptionnement, un peu d'omelette parce que sa mère lui avait vanté les mérites des protéines.
Elle prit alors la direction de la chambre d'Élia, qui sommeillait encore. S'asseyant sur le bord de son lit, elle entreprit de la réveiller en lui caressant les cheveux.
« Ma chérie… Il est l'heure de se lever. »
Les yeux d'Élia papillonnèrent rapidement, et deux pupilles céruléennes apparurent. Deux pupilles dont la couleur la hâppait toujours, la ramenait à un passé révolu et la faisait sourire avec tristesse.
« Joyeux anniversaire », lui souffla Hermione.
« Mmmh ! » grommela Élia, enfouissant son visage dans son oreiller.
« Tu peux te rendormir si tu veux. Je t'ai dit que tu pouvais rester à la maison aujourd'hui, si tu préférais rester avec maman. »
Élia secoua la tête, avant de la relever et l'enfouir dans le tissu de la robe d'Hermione, l'éteignant.
« Non, je veux aller à l'école. »
« D'accord mon cœur, c'est toi qui décides. »
Quelques minutes plus tard, Élia était habillée et, portant Grisi sous le bras, arrivait dans la cuisine. Les yeux ronds, elle découvrit son assiette garnie.
« Han maman ! Tu m'as acheté des fraises ! Merci, merci, merci maman d'amour », s'écria-t-elle en se jetant dans ses bras. « Je t'aime, je t'aime, je t'aime ! »
À chaque fois que sa fille lui disait qu'elle l'aimait, le cœur d'Hermione semblait exploser de toutes parts. Merlin, qu'elle l'aimait cette enfant. Plus que sa propre vie.
Juin 2003
Hermione se tenait sur les premières rangées, assise face à l'estrade. Elle portait sa toge violette, couleur de la faculté de droit. Dans quelques minutes, elle serait officiellement diplômée. Et Hermione avait beau savoir qu'elle avait obtenu les meilleures notes de sa promotion, elle ne pouvait pas s'empêcher de stresser.
La main de Sébastien vint se poser sur la sienne, et un sourire encourageant naquit sur ses lèvres. Lui aussi avait réussi ses examens et allait être diplômé. En même temps qu'elle, du début à la fin.
« Tu sais que tu n'as objectivement aucune raison de te faire du souci ? » se moqua-t-il gentiment.
Hermione se retourna, regardant quelques rangées derrière elle. Henry et Jean Granger se tenaient là, en compagnie d'Élia. Ils étaient venus pour la soutenir à sa proclamation et, en même temps, pour s'occuper d'Élia.
La brune soupira : en réalité, elle avait bien une bonne raison de s'inquiéter. Tout le monde, et par là, elle entendait ses parents et ses amis Harry, Ron et Ginny, s'attendait à ce qu'elle rentre au Royaume-Uni, maintenant que ses études étaient terminées, ou bien qu'elle leur annonce que son histoire avec Sébastien était suffisamment sérieuse pour envisager de rester faire sa vie, ici, avec lui.
Sauf qu'elle en avait décidé autrement… Hermione ne leur avait pas encore annoncé qu'elle venait de signer un contrat comme avocate attachée au service public du Magenmagot. Elle serait payée par le Ministère de la Magie et y défendrait les sorciers qui avaient moins de moyens financiers. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle envisageait un avenir à long terme avec Sébastien.
Juillet 2003
Hermione courait dans tous les sens en ce moment. Voilà un mois qu'elle alternait entre le cabinet magistériel et la maison. Elle n'avait plus une minute à elle. Heureusement qu'elle pouvait aussi compter sur Sébastien et Alexandra pour garder Élia de temps à autres, mais eux aussi avaient leur boulot. La maison de Léon et Louis devenait ainsi la deuxième maison d'Élia, ce dont elle ne se plaignait pas vraiment.
Au vu de la situation, Hermione songeait de plus en plus souvent qu'il serait plus facile si Sébastien venait vivre chez elle. Ce n'était pas parce qu'elle voulait partager son quotidien avec lui, mais vraiment pour une question de facilité… Cette pensée lui paraissait tellement horrible qu'elle la balayait à chaque fois qu'elle lui venait à l'esprit. Si elle continuait sur cette voie, elle allait se retrouver mariée avec un homme qu'elle appréciait, mais dont elle n'était pas amoureuse, juste parce que c'était plus facile… Elle était en train de mener une vie de façade, à la fois effrayante et fragile. Elle savait que, de toute façon, ce ne serait pas éternel. Mais sept ans, jusqu'à ce qu'Élia soit en âge d'entrer à Poudlard, c'était long, vraiment long.
Ce mois-là, alors qu'elle rentrait du travail, elle fit une découverte qui lui brisa le cœur.
Sébastien était attablé dans la cuisine, une tasse de café dans une main et le Magyvient, le journal quotidien des sorciers de la région, dans l'autre. Il leva la tête quand Hermione entra dans la pièce.
« Ça a été ta journée ? » lui demanda-t-il, alors qu'Hermione s'asseyait sur ses genoux, dans un geste automatique, passant son bras autour de ses épaules.
Elle haussa les épaules.
« Fatiguante. Encore cette affaire de garde qui déchire deux parents et leur enfant avec. J'ai juste envie de retrouver ma fille, comme pour me rassurer qu'elle est là, et loin de ces fichues histoires de couple, tu vois ? », lui répondit-elle, pendant que Sébastien hochait la tête. Il voyait parfaitement où elle voulait en venir. « Et la tienne ? »
« Rien d'exceptionnel. C'était une journée paperasse. Puis je suis allé chercher Élia chez les voisins, et sa journée m'a semblée beaucoup plus intéressante que la mienne. Quoi qu'elle développe un goût un peu trop prononcé pour les plantes et la nature, je ne suis pas sûr que ça m'aurait autant plu qu'elle, finalement. »
Hermione rit, jouant distraitement avec les mèches de cheveux qui dépassaient dans la nuque de Sébastien.
« Au moins, elle n'est pas aussi seule que moi, cette enfant. Enfin, quand j'étais moi-même enfant, je veux dire », rectifia-t-elle en voyant le regard interrogateur de son compagnon. « Je vais aller la voir d'ailleurs. Merci encore d'avoir été la chercher après ta journée de travail. »
« Avec plaisir », lui affirma-t-il avant de lui déposer un baiser sur les lèvres.
Hermione se leva alors, prenant la direction de la chambre de sa fille. Elle approchait avec empressement, ne souhaitant qu'une seule chose : serrer sa puce contre elle et la couvrir de bisous. Mais alors qu'elle arrivait devant la porte entrebâillée, elle entendit ce qui ressemblait à une récitation.
« Tu es un oiseau de l'ordre des striti-... stru… struformes, qu'on appelle une chouette effraie. Je ne sais si c'est parce que tu fais peur, parce que ce n'est pas vrai. Mais c'est plus facile à dire que strutu… struforme, je sais plus quoi. Parfois, on dit aussi « chouette des clochers », parce que tu viens de terres de roc. Je ne comprends pas pourquoi, c'est écrit dans le livre. »
Hermione sourit, imaginant parfaitement Élia assise en tailleur dans son lit, son livre sur les volatiles ouverts à côté d'elle, en train de parler à sa peluche préférée. En vérité, elle n'était pas encore capable de lire, elle ne faisait que répéter maladroitement ce que sa mère lui avait lu et relu.
« Tes plumes sont trop belles. Avec du roux, du gris et du blanc. Dans mon livre, ils disent un mot compliqué : ca-ma-ï-eu. Mais je crois que c'est ça. Ça veut dire que t'as plein de couleurs dans tes plumes, en fait. »
L'intelligence de sa fille continuait à épater Hermione, même si elle butait sur tous les mots. Elle avait peine à croire que sa fille avait à peine quatre ans.
Son attention fut à nouveau captée par un soupir d'Élia.
« Ils disent aussi comment les chouettes font des bébés. Je sais aussi comment les sorciers y font des bébés. Des fois, même, ce n'est pas que des sorciers ensemble, et c'est la même chose avec des moldus. Ça veut dire que maman a fait comme ça aussi, mais moi j'ai pas de papa. C'est pas comme mes copains Louis et Léon. Eux, ils ont un papa et une maman. Et tous les autres à l'école aussi. Ou parfois, deux papas ou deux mamans. Mais, moi, j'ai juste une maman. »
Hermione se figea dans l'encadrement de la porte, tous ses sens en éveil.
« Parfois je me demande… ». Hermione dut tendre l'oreille, car la voix d'Élia s'était faite plus basse, il était plus difficile d'entendre distinctement ce qu'elle disait. « Mais je ne dis rien, parce que je sais que ça va rendre maman triste. Elle m'aurait parlé de mon papa si ce n'était pas triste pour elle, hein Grisi ? »
Le cœur d'Hermione se serra, tandis que la voix d'Élia parut soudainement plus chagrinée et basse.
« Des fois, j'aimerais juste être comme les autres enfants… Avoir aussi un papa, qui me ferait des câlins. Il y a Sébastien, mais il n'est pas tout le temps à la maison. C'est pas pareil. » Élia s'arrêta un instant, avant de reprendre son monologue. « J'peux rien dire à maman, mais toi tu me comprends, pas vrai ? Toi non plus t'as pas de papa. T'as même pas de maman. T'as juste moi. »
Alors, à la surprise d'Hermione qui écarquilla les yeux comme des soucoupes, elle entendit un hululement.
« J'aime bien parler avec toi, ma Grisi, tu m'écoutes, toi. »
Hermione mit quelques minutes à se remettre de ses émotions et à comprendre à quoi elle venait d'assister. Sa fille, quatre ans, venait une fois de plus de manifester des dons pour la magie en éveillant à la vie sa peluche (1).
Septembre 2003
Hermione était installée dans le lit d'Élia, cette dernière allongée contre elle tandis qu'elle lui lisait une histoire. Rapidement, elle avait senti son petit corps devenir plus lourd et son ventre se gonfler et se dégonfler à un rythme plus lent, lui signifiant que sa puce s'était assoupie.
Avec un sourire, Hermione referma le livre, avant d'embrasser sa fille dans le cheveux et de quitter la chambre. Elle retrouva alors Sébastien dans le canapé du salon, occupé à lire un roman. Glissant ses jambes sur les siennes, Hermione se posa contre l'accoudoir. Ses yeux se perdirent dans le vide, tandis que ses pensées s'égaraient.
Les dernières semaines avaient été un peu complexes. Depuis l'épisode de la peluche animée, Élia s'était montrée étonnement bougonne et même difficile. Elle faisait régulièrement la tête et s'opposait à Hermione, comme si elle faisait sa phase d'opposition tardivement. La semaine précédente, la brune l'avait punie, l'obligeant à rester à table jusqu'à ce qu'elle ait au moins mangé une petite portion d'épinards. Et, pendant qu'elle avait eu le dos tourné, Élia avait réussi, sans qu'Hermione ne sache exactement de quelle manière, à métamorphoser ses légumes en une sorte de Fizwizbiz à la pomme (2).
Mais Hermione savait que le problème était plus profond, en réalité : c'était un mal-être, l'absence de ce père qu'Élia ne connaissait pas. Cela avait amené Hermione à réfléchir : comment combler ce vide, cette absence ? C'était une question complexe.
Elle aurait pu parler de Malefoy à Élia, lui dire qui était son père et lui en donner une image. Néanmoins, elle ne voyait pas ce qu'elle aurait pu lui dire… Et ça n'aurait sans doute pas été suffisant. Elle avait besoin d'un père, d'une présence de substitution, parce qu'il était clair pour Hermione que Malefoy ne remplirait jamais son rôle.
Le moins que l'on puisse dire, c'était qu'elle ne portait pas le blond dans son cœur. Certes, ils avaient eu une brève aventure, cinq ans auparavant. Cela ne pouvait cependant pas effacer tout ce qui s'était passé entre eux, durant toute leur scolarité. Hermione ne le considérait pas comme un monstre infâme, mais le fait était qu'elle n'avait rien de positif à dire à son sujet. Elle ne pouvait donc décément pas donner cette image à Élia…
« Tu es bien pensive, ce soir », lui fit remarquer Sébastien, qui avait refermé son roman et l'observait, tout en tendant son bras vers la jambe d'Hermione.
Lui caressant doucement le mollet à travers son pantalon de pyjama, il attendit. Hermione se sentait tellement reconnaissante de l'avoir au quotidien. Malgré les difficultés d'Élia, elle se rendait bien compte que la présence de Sébastien lui faisait du bien. Il lui apportait cette présence masculine dont elle avait besoin, même s'il n'était pas son père. Et il apaisait Hermione, aussi, pour être tout à faire honnête.
« Je songeais à Élia, à toi, à nous », expliqua Hermione. « Je suis contente que tu sois là. »
Sébastien lui sourit, avant d'approcher et d'appuyer sa tête sur sa poitrine, s'allongeant sur elle. Distraitement, Hermione se mit à jouer avec ses cheveux. Elle tenait énormément à lui, bien qu'elle n'éprouve pas autant de sentiments qu'elle l'aurait voulu. Même si elle se rendait compte qu'elle avait fini par développer de réels sentiments amoureux pour lui, malgré tout.
L'évidence se dessina alors dans son esprit, au point qu'elle se demanda comment elle n'avait pas pu y penser plus tôt. Elle était amoureuse de lui. Il l'était d'elle. Avec Élia, ils formaient tous les trois une petite famille et ils pourraient réellement en former une si…
« Tu pourrais emménager avec nous », lui lâcha-t-elle de but en blanc.
Sébastien se releva soudainement, s'appuyant sur ses deux avant-bras, postés de part et d'autre de la taille d'Hermione. Il détailla son visage comme s'il n'était pas certain d'avoir bien entendu.
« Tu n'es pas obligé », s'empressa-t-elle d'ajouter. « C'était juste… Une idée en passant. Laisse-tomber. »
Elle déglutit, soudainement mal. Quelle idiote de lui avoir proposé ça ! De toute façon… ils savaient tous les deux que ce n'était pas un projet à long terme. Elle sentit le regard sur elle, alors qu'elle se contorsionnait pour se dégager et quitter le canapé.
« Hermione », l'appela-t-il d'une voix douce, l'enjoignant à le regarder.
Hermione grimaça, évitant son regard.
« Tu n'as pas besoin de te justifier », lui répondit-elle, d'une voix étrangement basse, comme pour ne pas se briser.
« Je n'ai encore rien dit, tu ne sais même pas si je suis d'accord ou pas », s'exprima-t-il finalement. « Tu m'as simplement pris au dépourvu, Hermione. »
Il se positionna différemment, de façon à retrouver l'usage de ses bras. Assis dans le canapé, il prit Hermione sur ses genoux. Doucement, il attrapa sa mâchoire pour que leurs regards se croisent.
« C'est vraiment ce que tu veux ? »
Hermione acquiesça. Oui, ce n'était pas une envie passagère ou une décision prise à la légère. Même si ça ne pouvait durer qu'un temps.
« Qu'est-ce que tu fais de l'idée de rentrer en Angleterre pour retourner auprès de tes amis ? » voulut-il savoir.
« Ça n'a pas changé », admit Hermione en soupirant. « C'est juste que ce n'est pas un projet immédiat. »
Longuement, Sébastien la sonda. Il semblait s'intéresser à chaque détail de son visage. Finalement, il ouvrit la bouche.
« C'est d'accord », accepta-t-il.
Janvier 2004
Hermione était pressée ce matin-là. Elle était sur les nerfs, parce qu'elle avait reçu une lettre de Ron peu avenante, ce qui l'avait donc amenée à prendre du retard. Heureusement que Sébastien habitait à présent avec elle, il avait rapidement pris la relève et s'était occupé d'Élia.
Et c'était justement ce qui avait provoqué l'attitude désagréable du rouquin. Ce n'était évidemment pas à propos d'Élia, puisque son existence était toujours un secret. C'était par rapport au fait que Sébastien avait emmenagé avec Hermione.
Il avait bien fallu qu'elle se décide à annoncer à ses parents et à ses amis qu'elle ne rentrait pa en Angleterre. Une fois encore.
Étonnement, ses parents avaient bien pris la nouvelle : comme toujours, ils l'encourageaient dans ses décisions, et à vivre sa vie, celle à laquelle elle aspirait. Ce qui leur importait était le bonheur de leur fille et de leur petite-fille, même si Jean s'inquiétait toujours du silence autour de l'existence d'Élia. Ou plutôt de l'identité de celui qui était à l'origine de sa conception. Mais ils appréciaient Sébastien, ils reconnaissaient sans difficulté que c'était quelqu'un de gentil et de sympathique. Ils étaient contents pour Hermione.
Ginny était très excitée, persuadée qu'Hermione restait en France parce qu'elle « avait rencontré l'amour de sa vie ». C'était ses mots, dont la lecture avaient fait grimacer Hermione. Lui laisser croire ce qu'elle voulait s'apparentait à du mensonge… Harry n'avait rien dit de particulier, si ce n'était que le manque de sa meilleure amie ne cessait de s'aggrandir. De toute façon, ils étaient tous les deux bien occupés avec leur propre famille. Ginny était enceinte.
Ron, en revanche, avait mis du temps à réagir. Au point qu'Hermione pensait qu'il ne dirait rien, comme à l'accoutumée. Sauf que la lettre qu'elle venait de recevoir lui paraissait pire qu'une Beuglante. Il l'avait traitée de sans cœur, de traître. Il lui avait dit qu'elle abandonnait ses amis et l'abandonnait pour un pauvre type qu'elle connaissait à peine… Ce qui était faux.
Elle connaissait Sébastien depuis plus de cinq ans, et ils sortaient ensemble depuis un an. Mais il ne connaissait pas toute la vérité, il ne pouvait donc pas savoir qu'Hermione pensait avant tout à sa fille. Et, elle, elle savait qu'il s'exprimait de cette manière parce qu'il était blessé. Ça lui passerait. Même si, sur le coup, ses propos étaient blessants. Et que ça commençait à faire long, comme digestion…
Alors qu'elle terminait son café en vitesse avant de quitter la maison, Élia l'appela.
« Maman, attends ! »
« Oui, ma chérie ? »
« Câlin ! » lui réclama Élia.
Souriante, Hermione s'abaissa au niveau de sa fille pour la serrer fort contre elle, débordante d'amour pour ce petit être qui était toute sa vie.
« Je t'aime, maman. »
Le cœur d'Hermione fondit.
« Je t'aime, je t'aime, je t'aime », lui répéta Hermione, en couvrant son visage de baisers, sous les éclats de rire d'Élia.
OoOoO
Assis devant son bureau, dans sa chambre au Manoir, Drago songeait aux prochains mois à venir. En juin dernier, il avait été diplômé de son école de commerce. Dans les jours qui avaient suivis, il avait déjà signé un contrat au sein du Ministère anglais, et travaillait dans l'événementiel sportif, entre le Département de la justice et des sports.
L'idée de ce poste lui plaisait, et il devait admettre qu'il n'était pas déçu : il avait de grandes responsabilités, mais il était surtout en contact avec les sponsors et les hauts dirigeants pour obtenir des permissions dans le cadre de diverses organisations : un terrain, un rassemblement, une séance de dédicaces, des lieux pour vendre des tickets… Mais ce n'était jamais lui qui était en contact avec le public. Merlin, merci, il ne l'aurait pas supporté.
Son job consistait essentiellement en du travail de bureau, et quelques rencontres mondaines pour les relations, auxquelles il pouvait très bien s'accomoder. Son nom était plutôt utile, malgré la guerre. Dans les hauts postes, les sorciers voyaient plutôt en termes d'intérêts et de finances. Son père avait déjà une réputation d'homme d'affaires, la confiance avait atteint la génération suivante.
Astoria avait également terminé ses études. Elle était plus jeune que lui, mais elle avait choisi une formation d'aide soignante, qui s'effectuait en un an. Et, le mois suivant, Drago l'avait emmenée en weekend à Paris.
Oui, c'était cliché. Mais c'était également la coutume chez les sorciers au Sang pur : une escapade romantique et une demande en mariage dans les règles de l'art. Il lui avait demandé sa main au dernier étage de la Tour Eiffel, dans le restaurant qu'il avait réservé pour l'occasion et qui lui avait coûté un bras.
Mr Greengrass, le père d'Astoria, m'avait immédiatement accepté comme gendre. Toujours malgré la guerre, les Malefoy avaient gardé une certaine renommée. Et il savait que sa fille serait à l'abri du besoin.
Que dire des sentiments alors ? Ils n'avaient pas leur place. Certes, Drago savait que ses parents s'aimaient. Du moins, sa mère aimait son père, et elle semblait heureuse. Le reste était-il si important ?
En tout cas, personne ne s'en souciait. Certainement pas son père, en tout cas. Immédiatement après leur voyage à Paris, Drago s'était rendu dans son antre, son bureau fait d'acajou. Il lui avait annoncé ses fiancailles.
« C'est bien, mon fils », lui avait-il répondu, sans même relever la tête de ses parchemins. « La famille Greengrass a une bonne répétation. Ça me fera donc un mariage à financer pour juillet 2004. Je contacterai Mr Greengrass pour que son épouse et ta mère organisent en bonne et due forme cette réception. Tu peux disposer. »
Drago était sorti de la pièce, rejeté comme un malpropre. Mais avec la conviction que, si son père avait réprouvé son choix, il n'aurait jamais accepté d'y placer une partie de sa fortune. Il l'approuvait donc, à sa manière.
Ainsi, d'ici quelques mois, Drago épouserait Astoria et ils emménageraient ensemble. Selon les coutumes, on attendait le mariage pour vivre ensemble. On attendait le mariage pour le premier rapport sexuel, comme pour marquer le coup.
Comme si son père pouvait être au courant, Drago n'y dérogerait pas. Il avait les moyens de le rendre fier. Il rêvait un jour de l'entendre le lui dire. Et il s'était fait la promesse qu'il y parviendrait.
(1) Merci à BrownieJune pour m'avoir inspiré cette fabuleuse idée !
(2) Merci à MissPika42 pour l'inspiration !
A la semaine prochaine et paillettes de licorne sur vous !
