Chapitre 54 : Manipulations de toutes parts
-J'ai dit non !
-Mais James, on doit la retrouver! Elle est peut-être allée voir les complices de Dolohov !
Je jette un regard noir à Remus et lève le poing pour lui ordonner de se taire. Je vois dans ses yeux qu'il n'apprécie pas mes décisions mais cesse de parler, en se mordant les lèvres, l'air contrit.
-On n'utilisera pas la carte du Maraudeur tant qu'on n'aura pas compris ce qui se passe. Rebbeca n'avait pas la fiole lorsque Dumbledore nous a fouillés et là, d'un coup, on la découvre. Il y a quelque chose qui cloche et je veux savoir ce que c'est !
Nous sommes tous réunis dans le dortoir. Je crois qu'Evans est allée tout dire aux professeurs, j'ai tenté de la retenir mais elle n'a rien écouté et est partie avec la potion au bout de longues minutes de débats, disputes et menaces de sorts.
Je ne cesse de répéter que Rebbeca est innocente mais le doute m'a envahi. Et si je me trompais ? Et si elle n'était pas celle que je croyais connaître ? M'a-t-elle utilisée depuis le début ?
En fait, je veux savoir ce qui se passe exactement. Si jamais nous découvrons comment elle a pu cacher la fiole à Dumbledore, alors j'accepterais qu'on la cherche pour la ramener aux professeurs. Mais avant cela, je veux gagner un maximum de temps. Il y a encore une chance, une infime chance que Rebbeca soit innocente.
Je jette un regard vers Peter qui fronce les sourcils.
-Je suis d'accord. C'est Dolohov qui m'a jeté la fiole dessus et elle qui m'a pétrifié. Je lui dois quelque chose au final. Peu importe le reste, dit-il avec détermination mais aussi une certaine crainte face aux réactions de Remus.
Je n'arrive pas à sourire bien que ses paroles m'inspirent un élan d'espoir. J'aimerais le remercier : je ne suis désormais plus le seul à devoir aider Becky. Sirius et moi échangeons un regard.
-Je te suis : je veux savoir ce qu'il en est vraiment. Je n'ai pas complètement confiance en Becky mais si tu la crois, alors elle devrait pouvoir prouver son innocence.
Je lui fais un signe de tête en guise de remerciement avant de saisir la carte pour la mettre dans la poche de ma robe. Je sais qu'il fait ça uniquement pour moi malgré ses doutes et je lui en suis reconnaissant. Je partais furieux à cause de l'absence de soutien dans ma quête et désormais que j'ai des amis pour m'épauler, je suis rassuré. Même si j'échoue, ils seront là.
Au départ, lorsque j'ai déclaré qu'on devait prouver l'innocence de Rebbeca, c'était parce que j'y croyais de toute mon âme. Sa riposte avait été étonnante et originale, j'étais admiratif et fier d'elle : comme je l'avais déjà dit, elle est semblable à un volcan endormi. Dès qu'elle se réveille, plus rien ne l'arrête. Je voulais qu'elle n'ait aucun lien avec cette histoire afin de pouvoir montrer son talent, pouvoir être heureux pour elle. Avec elle.
Mais désormais, cette fuite me paraît comme un aveu, une trahison et l'hypothèse qu'elle puisse réellement être une complice de Dolohov s'impose lentement à moi.
Je suis dégoûté, par elle mais également par mon propre comportement. D'avoir laissé Evans aller la dénoncer.
-Elle était choquée de ce qui arrivait au rat, je répète inlassablement, ce pauvre élément étant la seule preuve de son innocence, et pourtant, une preuve si importante à mes yeux. Et elle appréciait Queudver. Ca ne peut pas être elle.
Je vois que Lunard hésite et je le fixe jusqu'à ce qu'il dévoile sa pensée :
-On avait deviné que l'effet n'était pas désiré. Peut-être n'était-elle pas au courant de tous les détails. Ou alors elle avait peur parce que la potion était ratée justement.
Je jette un regard vers Sirius qui semble perdu dans ses pensées : j'aimerais son avis à lui et surtout qu'il dise à Remus de se taire pour de bon.
-Vous croyez qu'on peut la considérer comme coupable même si elle a tout oublié ? demande notre préfet, cherchant une solution à mon problème.
Je comprends qu'il cherche à se faire pardonner ce qu'il a dit tout à l'heure, ayant compris le trouble dans lequel je suis à cause de cette situation. Il est comme ça, Lunard : il préfère caresser les gens dans le sens du poil lorsqu'ils sont ses amis, comme s'il avait peur de nous perdre sinon.
J'admets que je préfère ce comportement en ce moment, n'étant pas du tout de bonne humeur, cependant, c'est une réflexion inutile.
-Non, je réponds. Si elle a aidé, c'est qu'elle était consciente et consentante.
-Mais Dolohov connaît le maléfice de l'Imperium, réplique Peter. Ca mêlé à l'amnésie...
-Peut-être..., je murmure.
Je dois avouer que ce serait la solution la plus simple mais aussi la plus difficile à prouver. Et qui sait, peut-être l'a-t-il forcée à faire d'autres choses.
Je serre les poings de rage puis me dirige vers les escaliers, préférant me mettre à la recherche d'un indice plutôt que de penser à cette ordure.
J'ignore où est le bien et où est le mal et cela m'est insupportable. Je ne sais pas qui je dois frapper. Je ne supporte pas d'entendre des accusations au sujet de Rebbeca mais elles sont fondées pour la plupart.
Je décide donc de me rendre vers les cachots après avoir mis ma cape dans mon sac, bien que le couvre-feu ne tardera pas, suivit de mes amis. Cependant, au moment même où j'allais franchir le portrait de la Grosse Dame, Mary et Clemence surgissent de nulle part et nous empêche d'avancer.
-C'est vrai cette histoire ? demande la première.
-Quelle histoire ? je grogne, en colère tandis que je vois Evans rentrer dans la salle commune.
-Rebbeca aurait été celle qui voulait tuer Peter ?
Nous fronçons tous les sourcils, perdus. Même Evans s'est arrêtée pour écouter la suite.
-C'est Dolohov, le coupable, répond Sirius, suspicieux, pesant chaque mot.
-Qui en a parlé ? demande Remus en jetant un regard circulaire comme si le responsable était là avec panneau l'indiquant.
Je remarque que Peter est resté au dortoir : il sort tout juste de l'infirmerie d'un côté. J'imagine que c'est Lunard qui l'a obligé à prendre du repos. Je jette alors un regard noir à Evans.
-Pas la peine de me faire cette tête, je n'ai rien dit à personne sauf aux professeurs, râle-t-elle.
-Ah oui ? Pourtant tu t'es bien empressée de faire des conclusions hâtives au sujet de Rebbeca donc je ne vois pas pourquoi crier sur tous les toits te dérangerait d'avantage.
-Ce n'est pas le moment, nous interrompt Sirius afin de m'empêcher de dévoiler plus de choses en public avant de se tourner vers Clemence. Qui vous a dit que Rebbeca avait voulu tuer Peter ?
-Ben, on se demandait pourquoi vous faisiez tous ces têtes d'enterrement et Pénélope nous a dit que Rebbeca vous avait trahis en s'en prenant à l'un d'entre vous, répond celle-ci avec une mine étonnée.
J'écarquille les yeux puis sent la rage monter en moi.
-C'est toi qui est allé dire ça à Trafter ? je hurle en me retournant vers l'amie de Servilus.
-Mais puisque je te dis que je n'en ai parlé à personne ! répond-elle sur le même ton.
Je sens la main de Sirius atterrir sur mon épaule et je me retourne tandis qu'il me fait signe de sortir. Je comprends alors ce qu'il veut faire. Nous nous mettons à courir tandis que je sors la carte de ma poche et dévoile les couloirs du château, à la recherche du nom de Trafter. Une partie de moi meurt d'envie de chercher le nom de Rebbeca mais j'arrive à la retenir. Je trouve mon ex petite amie près des toilettes du quatrième étage et j'efface la carte tandis qu'Evans court derrière nous en tentant de nous suivre. Elle doit croire qu'on veut lui cacher des choses. Qu'elle s'occupe de ses affaires une bonne fois pour toute. Elle n'a rien fait pour Rebbeca, elle a récolté les fruits de mon travail quant à sa solitude et se permet toujours de fréquenter Rogue alors qu'il peut nous faire du chantage.
En quelques minutes, nous arrivons devant Pénélope qui sort des toilettes des filles.
-Comment vous saviez qu'elle était là ? demande Lily à Remus, l'un aussi essoufflé que l'autre.
Pas très sportifs, les pauvres. Pénélope, quant à elle, nous jette des regards surpris et douteux, comme à son habitude depuis notre rupture.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Je sens la fureur gronder en moi mais Remus m'empêche de parler. Il est calme, presque doux dans ses propos.
-Comment as-tu su que Foist avait tenté de tuer Peter ?
J'écarquille les yeux face à sa question : il approuve ce qu'elle dit ? Alors qu'on doit protéger ma cousine, il en parle déjà comme si c'était une paria ?
-Ben j'ai deviné après l'annonce de Dumbledore : je l'avais vu en possession de la fiole que les professeurs cherchaient, déclare-t-elle en faisant un petit geste de la main, comme si c'était évident.
-Pourquoi avoir attendu ? s'étonne Remus.
Tiens, c'est vrai ça, pourquoi ? J'en oublie ma colère et attends la réponse.
-On ne m'avait rien demandé et j'avais deviné que la fiole devait être dangereuse vu la manière dont vous vous inquiétiez à ce sujet, le jour où Pettigrow a été envoyé à l'infirmerie, répond-elle, embarrassée. Alors j'ai eu peur moi aussi... Puis les filles m'ont posée des questions et je me suis dit que ça pourrait me protéger si d'autres le savaient finalement.
Je fronce les sourcils, comprenant la réaction de Pénélope mais n'appréciant pas du tout cette version. Alors Rebbeca serait...
-En effet, la fiole est issue de magie noire..., avoue Remus avec la mine sombre. Mais tu as donc vu Rebbeca en sa possession avant que Dumbledore ne fasse son annonce ? Pourtant elle a disparu le même jour !
Euh, ça on n'en sait rien, j'aimerais dire. On nous a peut-être volé la fiole avant qu'on ne le découvre... Rebbeca connaissait la planque...
Ah mais non, Peter a dit l'avoir volé, donc ça ne peut pas être avant.
Je sors de mes réflexions lorsque Pénélope répond :
-Je l'ai vue près de Pettigrow, inanimé. Elle s'est penché et a pris la fiole, celle aux reflets pour la mettre dans son sac avant de prendre la fuite.
-Tu as une bonne vue pour savoir qu'elle a des reflets, murmure Remus.
Sirius laisse échapper un « oooh » appréciateur tandis qu'Evans écarquille les yeux.
Pénélope semble perdue puis se mord les lèvres en fronçant les sourcils.
Elle s'est vendue !
-Et Dumbledore nous a fouillés ce jour-là, je déclare à voix haute.
Je ne souris même pas. Je fixe Pénélope qui devient livide et l'envie de lui jeter tous les maléfices que je connais m'envahi. Remus se retourne vers moi avec un petit mouvement d'épaule. Je comprends alors qu'il voulait payer sa dette. Il culpabilisait peut-être d'avoir accusé ma cousine trop hâtivement...
Je le remercierai plus tard. Le temps presse : Rebbeca a pris la fuite et les professeurs croient désormais qu'elle est la complice de Dolohov !
-C'est toi ? C'est toi qui as utilisé la fiole ?
-Non ! Je ne l'ai jamais utilisée ! C'est Rebbeca qui...
-Silence ! Tu as accusé Rebbeca alors qu'elle était innocente ? Comment se fait-il que tu savais qu'elle détenait la potion alors qu'elle ne l'avait pas le jour où on a été convoqué chez Dumbledore ? grogne Sirius en se rapprochant d'elle, sa baguette à la main.
Trafter ouvre plusieurs fois la bouche mais n'arrive pas à prononcer quelque chose de sensé.
-Réponds !
-Je l'ai vu avec Dolohov devant le corps inerte de Pettigrow ! Elle a laissé la fiole dans le couloir alors que c'était à elle... Que c'était elle la coupable ! Alors je l'ai prise et l'ai remis dans son sac tout à l'heure.
Evans pousse une exclamation de surprise face à l'aveu tandis que Sirius murmure un juron. De mon côté, je ne sais plus quoi penser : elle était avec Dolohov ? Mais elle n'avait pas la fiole. Son histoire ne correspond qu'à moitié avec le témoignage de ma cousine éloignée.
-On doit aller voir Dumbledore ! je m'exclame en me tournant vers Patmol. Vous deux, vous l'amenez chez McGonagall, j'ordonne en jetant un regard plein de dégoût à Trafter.
Pénélope m'insulte, assurant qu'on peut toujours rêver pour qu'elle nous obéisse, tandis qu'Evans fronce les sourcils, n'appréciant pas qu'on lui donne des ordres, tandis que nous nous précipitons vers le bureau du directeur.
Arrivés à mi-chemin, Sirius et moi entendons un bruit de pas hâtif et par réflexe, nous nous cachons dans un placard. Au bout de quelques secondes, nous voyons le professeur McGonagall se précipiter dans le couloir, revenant visiblement de la salle commune des Gryffondors. Dans sa main se trouve le sac de Rebbeca.
Nous échangeons un regard et je sors la cape de mon sac puis nous nous mettons à suivre tant bien que mal le professeur de métamorphose. Etrangement, celle-ci se dirige vers la salle de défense contre les forces du Mal. Ce n'est que lorsqu'elle ouvre la porte que nous comprenons son comportement puisqu'elle s'exclame alors :
-Monsieur le directeur ! Il y a de nouvelles informations qui changent ce que nous croyions savoir au sujet de l'agression de Mr Pettigrow.
En essayant de faire le moins de bruit possible, nous nous infiltrons dans la classe où se trouve Dumbledore, McGonagall et Opieka.
-Comme vous le saviez, Miss Evans était venue m'avertir du fait qu'ils avaient retrouvé la mystérieuse potion dans les affaires de Miss Foist.
-Oui, j'en parlais justement avec Willfred, murmure le directeur.
-Je me suis donc permise d'approfondir les fouilles et voici ce que j'ai trouvé dans son sac !
Le professeur de métamorphose tend alors un parchemin aux deux hommes qui la lisent attentivement. Nous nous retenons à grande peine de nous approcher pour lire à notre tour mais nous devons rester discrets.
-Si l'on en croit cette lettre, Miss Foist n'était au courant de rien.
-Ah bon ? murmure le nouveau professeur, gardant les yeux fixés sur un endroit précis de la lettre.
-Vous ne comprenez pas le français ? s'étonne notre directrice.
Les deux hommes secouent la tête et McGonagall soupire avant de leur faire un rapide résumé. Merlin ! Nos professeurs sont idiots ! Enfin, je ne parle pas le français non plus mais je comprends quelques mots au moins.
Sirius et moi écoutons attentivement ce que raconte notre directrice de maison et chaque mot semble me porter un coup. Ainsi donc, Alaric était au courant de ce que mijotait Dolohov mais chacun avait tenu à ce que Rebbeca ne sache rien ? Elle est totalement innocente ?
Mais elle les a couverts ! Je ne comprends pas où débute sa responsabilité dans cette histoire...
-Eh bien, vos compétences me surprendront toujours, Minerva, déclare Dumbledore avec un sourire.
-Ainsi donc, la petite Foist ne serait qu'une marionnette perdue dans un concours de circonstance à cause de son grand-père, murmure Opieka.
De quoi parle-t-il ? Alaric aussi semble être manipulé. On sait que Dolohov peut utiliser l'Imperium ! Bon Alaric est très puissant mais s'il a sous-estimé cette ordure, il est possible qu'il se soit fait avoir, comme nous tous.
Le professeur McGonagall semble perdue, elle aussi, tandis que Dumbledore redirige toute son attention sur lui.
-Vous voulez dire que votre enquête a porté ses fruits ?
-Pour celle-ci, oui... Je pense que le « O » de « Alaric O. Monscure » n'est pas un deuxième prénom mais son vrai nom.
Je fronce les sourcils, ne comprenant plus rien : ma cousine est innocente, est-ce que c'est vraiment important de savoir qui est son grand-père ? Certes, il dit protéger Dolohov mais là, toute ma famille est en danger par sa faute ! Il faut rassurer Becky !
D'ailleurs, si elle a lu cette lettre... Qu'en pense-t-elle ? Pourquoi ne nous en a-t-elle pas parlé ? Elle ne peut pas être du côté de Dolohov, tout de même... Si ?
-Odenwald, murmure en choeur Opieka et Dumbledore.
-Alors sans le savoir, elle leur a permis d'atteindre certains de leurs objectifs, soupire le plus jeune professeur. Est-il trop tard ?
-Je ne pense pas, répond le directeur. Nous avons la potion bien qu'ils aient Dolohov de leur côté qui, lui, détient la recette. Disons que nous sommes désormais dans une course contre la montre, or, j'ai les moyens de les ralentir. Minerva, veuillez chercher la jeune Foist et amenez-la à mon bureau, j'ai quelques questions à lui poser.
-Monsieur, il y a un autre problème justement : lorsque ses camarades ont découvert la fiole dans son sac, Miss Foist a, semble-t-il, pris la fuite. Personne ne l'a vu depuis un long moment, ni dans la salle commune ni dans les couloirs. J'ai demandé au concierge de mener des recherches mais pour le moment, nous n'avons aucune trace d'elle.
Dumbledore semble contrarié et murmure qu'ils doivent la retrouver en vitesse. Il donne des indications claires aux deux professeurs et tous quittent la salle, Dumbledore le dernier, prenant étrangement soin de la laisser grande ouverte.
Savait-il que nous étions là ?
Peu importe !
-Rebbeca a réussi à disparaître égalemnet ? murmure Sirius, étonné. Et c'est quoi cette histoire avec son grand-père, me demande-t-il.
-J'en sais rien du tout mais ce n'est pas le plus important. Quelqu'un s'en est peut-être pris à elle. On doit la retrouver au plus vite !
-Mais elle s'est probablement juste cachée... Ou peut-être a-t-elle fui...
Je vois les yeux de mon meilleur ami s'agrandir sous la compréhension et l'effarement.
-Si elle rejoint sa famille alors que Dolohov y est, on ne peut plus rien pour elle !
-D'accord, on doit la chercher ! déclare Sirius avec force, en serrant le poing.
Je fixe l'endroit où se trouvaient nos professeurs il y a encore quelques instants.
-Je n'arrive pas à croire que tu avais raison : Dolohov était réellement en train d'utiliser Rebbeca pour... Voldemort.
-On n'est pas encore sûr que c'est pour lui : si ça se trouve c'est juste son grand-père qui est pris d'une lubie soudaine, s'exclame Patmol.
Je n'arrive pas à m'y faire : ma famille serait adepte de magie noire ? Non, c'est impossible.
Je sens la main de Sirius sur mon épaule et je relève les yeux pour croiser son regard.
-On ne sait rien pour le moment : peut-être que ce n'est qu'une histoire d'argent ou que cet Alaric ne sait même pas ce qu'il fait.
Oui, peut-être. Il est probablement plus calé à ce sujet que moi et je comprends qu'il tente de me rassurer. Je me ressaisis et fronce les sourcils de détermination.
-Tu as raison. Nous devons avant tout récupérer Becky afin qu'elle s'explique pour de bon au sujet de Dolohov !
-Ah oui, c'est vrai qu'il y a cette histoire-là aussi, se rappelle mon meilleur ami avec un rire jaune.
Je pousse une exclamation désespérée avant de sortir la carte. Je remarque un petit groupe et distingue Remus avec les deux filles qui se dirigent vers le bureau du professeur McGonagall. Pénélope semble ralentir le mouvement mais j'aperçois un petit point représentant notre directrice de maison et je ne m'inquiète plus à ce sujet.
Je me mets alors à chercher Rebbeca. Qu'a-t-elle pu ressentir lorsqu'on lui a appris qu'elle a été manipulée ? Et nous qui l'avons accusée alors qu'elle était innocente... Ou en tout cas, qu'elle ne nous avait pas menti au sujet de la fiole.
Et cette histoire de couverture pour Dolohov, est-ce vrai ?
L'image du bras ensanglanté de ma cousine éloignée me revient en mémoire et je serre la mâchoire. Elle a désormais des ennemis partout, surtout du côté de ces proches si l'on en croit cette fichue lettre. En est-elle consciente ? A-t-elle saisi toute la gravité de la situation ?
Si ce n'est pas le cas, elle risque de se jeter dans la gueule du loup...
Mais sinon, elle doit être au bord du gouffre.
Je ferme les yeux en pliant la carte, n'ayant rien trouvé : j'ai peur. Peur de la retrouver blessée ou qu'elle ait fait une bêtise.
Non.
Elle m'a promis de ne plus toucher à ça.
Et moi je lui avais promis de ne pas l'abandonner.
Et c'est la deuxième fois que je brise cette promesse.
Je serre un peu plus la mâchoire, dégoûté par moi-même et les événements, puis fait signe à Sirius de me suivre en dehors de la classe...
