Avant toute chose, je tiens à remercier du fond du cœur les rewieweurs anonymes qui m'ont demandé sans relâche la suite de cette histoire. Je l'avoue, je me suis un peu dispersée et j'ai mis très longtemps à écrire et publier ce chapitre. J'espère qu'il sera à la hauteur de vous espérances. En tout cas, je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes de fin d'année et mes meilleurs voeux pour l'année 2011.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente lecture !


Un quart d'heure plus tard, Draco ne riait plus. Il était assis dans le petit bureau, en face du révérend Potter, qui lui passait un savon carabiné en faisant les cent pas devant lui. Draco s'attendait à cette engueulade, considérait même qu'il ne l'avait pas volée, mais il pensait se retrouver face à un petit homme doux, qui lui ferait un sermon monocorde sur les divers commandements qu'il avait violés. Il ne s'attendait pas à ce que James Potter fût un homme grand et musclé, capable de déclamer une tirade d'une éloquence à faire pâlir le monologue de George C. Scott au début de Patton.

- Il n'y a rien d'excusable ni de pardonnable dans ce que vous avez fait ! Rien du tout ! conclut-il enfin en se jetant dans le fauteuil de cuir derrière son bureau. Si j'étais un homme violent, je vous cravacherais. Je suis même tenté de le faire ! A cause de vous, mon fils à connu la terreur et l'opprobre. En plus, vous lui avez brisé le cœur ! Vous l'avez séduit dans le Colorado, je le sais parfaitement ! Le niez-vous ?

C'était absurde, mais à ce moment là, Draco admira tout en cet homme. C'était le genre de père qu'il aurait voulu avoir… et être un jour si on lui en donnait l'occasion. Un père profondément attentionné avec des principes solides quant à ce qui était acceptable et ce qui ne l'était pas, un homme honnête, qui attendait un comportement semblable de son entourage. Le fait que Draco soit un homme n'entrait pas en ligne de compte, non, le jeune homme n'avait seulement pas été « correct ». le révérend voulait faire honte à Draco. Et il avait réussi.

- Niez-vous avoir séduit mon fils ? répéta-t-il avec colère.

- Non, reconnut Draco.

- Et vous l'avez renvoyé ici pour affronter les médias et vous défendre devant le monde entier ! De tous les lâches, les irresponsables… Comment pouvez-vous vous regarder en face, ou lui, ou moi après cela ?

- En fait, la seule chose bien que j'ai faite, c'était de le renvoyer ici, répondit Draco qui se défendait pour la première fois depuis le début de cette engueulade.

- Allez-y, j'aimerais bien savoir comment vous avez pu vous figurer cela.

- Je savais que Harry était amoureux de moi. J'ai refusé de l'emmené en Amérique du Sud et je l'ai renvoyé ici pour son bien, pas pour le mien.

- Votre désintéressement n'a pas duré longtemps, n'est-ce pas ? Quelques semaines plus tard, vous projetiez de le faire venir.

Il attendit de nouveau une réponse en silence, et Draco s'y plia avec réticence.

- Harry voulait assumer son homosexualité à la face du monde. Je refusais qu'il le fasse seul et subisse l'opprobre d'une petite ville comme Keaton. Tout le monde n'est pas aussi tolérant que vous, Monsieur, loin de là.

Draco sentit que l'hostilité de son interlocuteur s'atténuait légèrement, mais l'acidité de ses propos n'en témoignait guère.

- Et maintenant, tonna-t-il en se calant dans son fauteuil, vous débarquez dans votre avion privé pour le donner en spectacle à nouveau, et pour quoi ? Pour lui briser le cœur ! J'en ai assez entendu, lu et vu sur vous avant que vous n'alliez en prison et après que vous en êtes sorti pour savoir la vie que vous menez en Californie, une vie amorale, superficielle, licencieuse… des fêtes délirantes, des femmes et des hommes nus, des beuveries, des films pornographiques… Qu'allez-vous répondre à cela ?

- Je n'ai jamais fait un film pornographique, répliqua Draco, reconnaissant implicitement les autres chefs d'accusation.

James Potter réprima un sourire.

- Du moins vous n'êtes pas menteur. Etes-vous conscient que Ginny Weasley est amoureuse d'Harry ? Elle ne demanderait pas mieux que de devenir sa femme. C'est une femme bien, correct, avec des principes. Elle veut un homme pour la vie, pas jusqu'à ce que le prochain playboy se pointe et lui tourne la tête. Elle souhaite avoir des enfants. Elle est prête à faire des sacrifices pour lui… au point d'aller vous trouver en Californie. Elle est issue d'une famille unie, dont elle est proche, tout comme Harry. Ils pourraient être très heureux ensemble. Eh bien, qu'en dîtes-vous ?

En dépit de la jalousie qui le consumait, Draco comprit soudain que James Potter se servait de Ginny Weasley pour lui faire prendre conscience de ses défauts de conjoint éventuel et, délibérément, avec infiniment d'adresse, il mettait Draco dans une position où il pouvait soit se déclarer et jouer cartes sur table, soit se retirer. Malgré le malaise que Potter avait volontairement instauré, l'admiration de Draco pour cet homme redoubla.

- Ce que j'ai à en dire, déclara-t-il en se calant dans son fauteuil pour répondre point par point à la liste des qualités de Weasley, telle que l'avait dressée le révérend, c'est que Weasley est peut-être une petite sainte, qu'elle est peut-être amoureuse de lui, mais moi aussi. Et puis Harry m'aime. Je ne m'intéresse ni aux hommes, ni aux femmes hormis Harry. Moi aussi, je veux avoir des enfants, tout comme Harry. Cela ne pourra pas se faire de manière naturelle bien sûr mais nous pourrons recourir à une mère porteuse ou à l'adoption. Nous en discuterons et nous déciderons ENSEMBLE. Pour Harry je ferai tous les sacrifices qu'il faudra. Je ne peux rien changer à la vie que j'ai eue jusque là, je ne peux changer que celle qui est à venir. Si je ne suis pas proche de ma famille, je n'y peux rien, mais il m'apprendra ce que doit être une famille. Si vous ne voulez pas me donner votre bénédiction, du moins aimerais-je avoir votre consentement, fût-il réticent.

Potter croisa les bras et le regarda droit dans les yeux.

- Parleriez-vous « mariage » ?

- Je sais que ce ne sera pas un « mariage » au sens stricte du terme mais je pensais effectivement à quelque chose comme ça.

- Et Harry a-t-il accepté de lier sa vie à la votre, depuis votre retour, j'entends ?

- Je n'ai pas eu le temps de le lui demander.

James Potter fronça les sourcils.

- Pas même pendant l'heure où il avait décroché le téléphone ? Vous étiez trop occuper à le convaincre du plaisir qu'il prendrait à être dans votre lit ?

Draco eut l'impression consternant qu'il allait rougir comme un gamin.

- Il me semble, poursuivit Potter d'un ton abrupt, que vous avez une vision déformée de la décence. Dans votre milieu, les gens font l'amour, des enfants, et ensuite ils se marient. Ce n'est pas le bon ordre des choses ni pour Harry, ni pour moi !

- J'avais l'intention de lui demander d'unir sa vie à la mienne ce soir, rétorqua Draco en réprimant une envie de se tortiller sur son siège. Comme la chose ne sera pas vraiment légal aux yeux de la loi, je pensai juste à une petite cérémonie informel avant de regagner la Californie.

Potter fit un bond.

- Comment ? Vous ne vous êtes connus qu'une semaine, vous avez déjà couché ensemble et vous voulez qu'il laisse tout tomber pour partir avec vous et se contenter d'une banale cérémonie. Harry a un travail, une famille et d'autres êtres à prendre en considération. Pour qui le prenez-vous, pour un animal écervelé que vous pouvez mettre en laisse et emmener à Disneyland ? Quel sens de la justice et des priorités avez-vous ? J'attendais mieux de vous après le discours que vous venez de me tenir.

Draco fonça tête baissée dans le piège.

- Je ne comprends pas. Qu'attendez-vous de moi ?

- Que vous vous comportiez en gentlemen, même si Harry n'a rien d'une femmelette, répondit-il à brûle pourpoint, que vous fassiez quelques sacrifices. Bref, je souhaiterais que le futur conjoint de Harry passe quelques temps ici pour apprendre à le connaître, qu'il le traite avec respect, comme Dieu veut que nous traitions notre prochain, et ensuite qu'il lui demande d'unir sa vie à la sienne. En supposant qu'Harry accepte, vous serez en quelque sorte « fiancés » pendant un temps convenable, puis vous vous la cérémonie proprement dite aura lieu. La lune de miel, conclut-il implacablement, vient après la cérémonie. Si vous êtes prêts à faire tous ces sacrifices et seulement dans ce cas, je vous donnerai ma bénédiction et je célèbrerai la cérémonie, et pour moi, vous serez alors mariés dans tous les sens du terme. C'est comme ça que Harry conçoit une union heureuse. Suis-je clair ?

Draco fronça les sourcils.

- Très.

James Potter le remarqua et enfonça le clou.

- Si le sacrifice de votre convenance personnelle et de votre satisfaction physique est déjà trop lourd pour vous, alors…

- Je n'ai pas dit que c'était trop lourd, l'interrompit Draco, qui n'avait pas songé jusqu'à là que Harry souhaiterait naturellement que son père célèbre la cérémonie.

- Bien, Draco, dit le révérend en l'appelant pour la première fois par son prénom. Alors tout est réglé, conclut-il avec soudain un sourire chaleureux et même paternel.

Draco, qui émergeait de ses réflexions personnelles, comprit, au sourire satisfait de cet homme, qu'il l'avait contraint à accepter l'inacceptable.

- pas tout, fit-il brièvement. Je veux bien rester ici tant que ce sera possible, mais il n'y a aucune raison pour que Harry et moi « apprenions à nous connaître » avant que je lui demandede partager officiellement ma vie. Et je ne veux pas non plus attendre des mois. Je vais lui demander tout de suite. Dès qu'il aura accepté, je ne considérerai comme « fiancés ».

- Vous serez « fiancés » quand Harry aura une bague au doigt. Même si nous bousculons la tradition, autant rester le plus possible dans les « règles ». La tradition et la forme ont une raison d'être, jeune homme Tout comme l'abstinence avant la cérémonie, elles donnent un sens durable à l'événement en lui-même.

- Bien, fit Draco d'un ton quelque peu irrité.

- Quand voulez-vous que la cérémonie est lieu ? demanda Potter avec un sourire.

- Dès que possible. Dans quelques semaines tout au plus. Je vais en parler à Harry.

- Tu es sûre que tu ne veux pas un coup de main, maman, demanda Harry, tandis que sa mère déposait un plateau de gâteaux sur la table de la salle à manger.

- Non, ma chérie. Vous les enfants, restez donc à bavarder dans le salon. C'est tellement bon de vous voir si heureux tous les trois.

Harry était presque plus inquiet qu'heureux Après avoir jeté un coup d'œil à la porte close du bureau de son père, elle se tourna vers Julian et Sydney qui, assis sur le canapé, le taquinaient gentiment à propos du discours que draco avait fait au gymnase.

- Mais qu'est-ce qui se passe là-dedans ? demanda-t-il.

Julian sourit et consulta sa montre.

- Tu le sais parfaitement. Papa est en train de faire un de ses fameux sermons au futur mari.

- Je te rappelle aimablement que nous sommes tous les deux des hommes, donc un mariage dans le sens stricte du terme nous est impossible. Par contre il est vrai que Draco m'a demandé de m'engager durablement mais il n'a pas réitéré sa demande.

Sydney lui jeta un regard incrédule.

- Après toutes ces belles choses qu'il t'a dites ce soir devant la moitié de la ville, tu en doutes ?

- Non, pas vraiment. Mais c'est bien long pour un serment ordinaire.

- Si ça prend plus de temps, déclara Julian avec une joie mal dissimulée, c'est que papa a éprouvé une envie toute paternelle de passer un savon à Draco pour t'avoir enlevé et pour le reste.

- Draco l'a déjà bien assez payé, répondit Harry avec émotion.

Sydney avala son Coca en réprimant un rire.

- Il va souffrir beaucoup plus s'il mord à l'hameçon et qu'il accepte le marché habituel.

- Quel marché ? demanda Harry

- Tu sais bien « la tradition compte plus que tout, pas de sexe avant le mariage, mieux vaut de longues fiançailles », et toutes les promesses que papa tente d'arracher à tout époux en puissance.

Harry éclata de rire

- tu oublies que nous ne sommes pas un couple « traditionnel ». De plus, Draco ne sera jamais d'accord. Il est plus âgé, plus sage et plus aguerri que la plupart des hommes qui ont affaire à papa.

- Le fait que vous soyez un couple non traditionnel, n'entre pas en ligne de compte. Regarde, Brian et Justin, il y a deux ans. Ils ont conclu le pacte. Brian a tenu même si ça a été très dur pour eux deux étant donné leurs habitudes respectives, répliqua Sydney.

- Sydney a raison. Il acceptera, fit Julian en riant. Tu crois qu'il a le choix ? Papa n'est pas seulement intelligent, ni même celui qui célèbrera la cérémonie, il se trouve qu'il est aussi ton père. Draco sait déjà qu'il n'est pas dans ses petits papiers. Il acceptera pour toi et pour l'harmonie familiale.

- Tu veux dire que tu espères qu'il le fera, le taquina Sydney, parce que toi, tu l'as fait.

Julian se pencha et lui pinça l'oreille.

- Tais-toi, Harry est gêné.

- Harry rit. C'est toi qui rougis.

- Je rougis, espèce de pipelette, parce que je me souviens que ça a été le mois le plus long et le plus pénible de mon existence et de ce qu'a été notre nuit de noces après un mois d'abstinence.

Sydney le regarda, oubliant momentanément la présence d'Harry.

- C'était beau, le contredit-elle, comme si c'était la première fois pour nous deux. Je crois que tout le propos de ton père, c'est de demander aux gens d'attendre jusqu'au mariage pour faire l'amour, même s'ils l'ont déjà fait avant.

- Se préoccupe-t-on de ma présence ? plaisanta Harry.

La porte du bureau s'ouvrit et tous ils se retournèrent. Le révérend Potter avait l'air satisfait, Draco ébahi et agacé, et Julian était plié en deux.

- Il l'a fait ! fit-il, suffocant. Il a cet air interdit et furieux qu'ils ont tous. Mon héros de cinéma…, fit-il en hochant la tête. Tous ces posters que j'avais dans ma chambre… Après tout, ce n'est qu'un mortel comme les autres, un morceau de pâte à modeler entre les mains de papa. La prison ne l'a pas brisé, papa si !

Draco jeta un regard interrogateur à la joyeuse bande qui se trouvait dans le salon et s'avança, mais Mme Potter brisa son élan en l'invitant à prendre quelques gâteaux dans la salle à manger.

- Non merci, madame Potter, dit-il en consultant sa montre. Il est tard. Il faut que je trouve un hôtel.

Elle jeta à son tour un regard interrogateur à son mari qui lui sourit et opina lentement du chef.

- Nous aimerions énormément que vous restiez chez nous.

Draco songea aux coups de téléphone qu'il recevrait et qu'il donnerait pendant son séjour à Keaton, à la perturbation qu'il allait semer dans la maison, et hocha négativement la tête.

- Merci, mais je crois qu'il vaut mieux que je sois à l'hôtel. J'ai apporté du travail et on m'en enverra ici. J'aurais également quelques rendez-vous d'affaires, dit-il comme elle semblait sincèrement déçue. Une suite dans un hôtel sera plus commode.

Il ne vit pas le regard gêné que lui jeta Harry en entendant le mot « suite ». Il avait hâte de s'en aller, de se faire apporter du champagne, de prendre Harry dans ses bras et de lui demander d'unir sa vie à la sienne avec la solennité et dans l'ambiance qui convenaient à une telle déclaration.

- Cela t'ennuierait-il de me conduire à l'hôtel ? lui demanda-t-il.

- Nous y sommes ! dit Harry, une demi heure plus tard en se garant devant « le meilleur hôtel de Keaton ».

Julian et Sydney les avaient déposés chez Harry. Ils avaient pris les valises et les mallettes de Draco, puis la voiture d'Harry.

Draco contempla, incrédule, le long bâtiment délabré avec ses portes noires espacées de quatre mètres, qui lui évoquaient des dents cariées, et la piscine vide qui se trouvait presque en bordure de la route nationale, puis il leva les yeux vers l'enseigne au néon et lut à haute voix.

- Le motel du Bon Repos, répéta-t-il sans y croire. Il doit quand même y avoir autre chose dans le coin.

- J'aimerais bien, dit Harry en réprimant un rire.

Un vieil homme qui portait un stetson et chiquait était installé sur une chaise métallique devant la réception et profitait de la douceur du soir. Il se leva au moment où Draco sortit de la voiture.

- Salut, Harry ! s'exclama-t-il, le reconnaissant d'un bref coup d'œil derrière le pare-brise.

Draco abandonna tout espoir de trouver un nid d'amour, charmant et anonyme, et, le moral en chute libre, entra à grands pas dans le vestibule.

- Cela vous ennuie que je la garde comme souvenir ? demanda le directeur quand Draco eut griffonné son nom sur la fiche, puis l'eut mise sur le bureau.

- Non.

- Draco Malfoy ! s'écria avec révérence le directeur, qui prit la fiche et examina la signature. Draco Malfoy dans mon motel ! Qui aurait pu imaginer une chose pareille !

- Pas moi, fit Draco laconiquement. Je suppose que vous n'avez pas de suite ?

- Nous avons la suite des jeunes mariés.

- Vous plaisantez ? dit Draco en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule au bâtiment peu engageant, puis il aperçut Harry adossé à la porte de la réception, les chevilles croisées, qui riait d'un air espiègle, et il retrouva un moral d'acier.

- Il y a une kitchenette, ajouta le directeur.

- Comme c'est romantique ! Je la prends, dit Draco, qui entendit de nouveau le rire de Harry. Allons-y ! fit-il en l'accompagnant jusqu'à la chambre, tandis que le directeur, qui les avait suivis, se tenait sous l'auvent. Je me fais des idées, demanda-t-il ironiquement en ouvrant la porte de la suite, avant de s'effacer devant Harry, ou ce type regarde si tu entres ?

- Il observe pour voir si je rentre, si nous fermons la porte et combien de temps je reste. Dès demain, toute la ville connaîtra la réponse à ces trois questions.

Draco tourna l'interrupteur, jeta un coup d'œil à la pièce et referma vite la lumière.

- Combien de temps pouvons-nous rester chez toi sans provoquer de ragots ?

Harry hésita. Il aurait voulu que Draco lui dise qu'il l'aimait encore et ce qu'il désirait faire.

- Cela dépend de tes intentions.

- J'ai des intentions extrêmement honorables, mais elles devront attendre demain. Je refuse d'en parler dans une chambre avec un lit en velours rouge en forme de cœur et des fauteuils pourpres.

Harry laissa exploser sa joie et son soulagement, et Draco le prit dans ses bras. Cherchant son visage à tâtons dans le noir, il le berça entre ses mains et l'embrassa en riant puis, lentement, son rire s'évanouit, alors qu'Harry le serrait contre lui pour mieux lui rendre son baiser.

- Je t'aime, murmura-t-il. Tu me rends tellement heureux. Grâce à toi, mon séjour dans le Colorado s'est transformé en partie de plaisir. De cette suite tu fais un nid d'amour. Même en prison, alors que je te détestais, je rêvais que tu me ramenais à la maison, à demi gelé, que tu dansais avec moi et que tu me faisais l'amour, et je me réveillais fou de désir.

Harry lui caressa les lèvres du bout des doigts et frotta sa joue contre sa poitrine.

- Un jour, tu voudras bien m'emmener en Amérique du Sud sur ton bateau ? J'ai rêvé d'y rester avec toi.

- Ce n'était pas un bateau terrible. Autrefois j'avais un grand yacht. J'en achèterai un pour toi et nous ferons une croisière.

Harry hocha la tête.

- Je voudrais rester avec toi sur celui que tu avais en Amérique du Sud, comme nous l'avions projeté, même si ce n'est que pour une semaine.

- Nous ferons les deux.

Draco le lâcha à contrecoeur et le tourna vers le seuil.

- En Californie, il y a deux heures de moins et j'ai quelques coups de fils à passer et quelques dispositions à prendre. Quand te reverrais-je ?

- Demain ?

- Naturellement, dit-il. Quand ?

- Aussi tôt que tu voudras. C'est fête dans le comté. Il y aura un grand défilé, un carnaval, un pique-nique et tout le tremblement pour le bicentenaire. Ça durera toute la semaine.

- Ce sera amusant, dit Draco, étonné de le penser vraiment. Passe me prendre à neuf heures, et je t'invite pour le petit déjeuner.

- Je connais le meilleur endroit de la ville.

- Ah bon ?

- Le Mc Donald's, le taquina-t-il en riant de sa mine consternée, puis le brun lui donna un baiser sur la joue et s'en alla.

Draco souriait encore quand il ferma la porte, puis il alluma la lumière et posa avec réticence sa mallette sur le lit. Il prit son téléphone portable, appela d'abord les Snape, qui devaient attendre avec impatience l'issue de son voyage.

- Alors ? fit la voix de Severus d'un ton interrogateur. Pearl est là et j'ai mis le haut-parleur. Comment va Harry ?

- Très bien.

- Harry a accepté d'unir sa vie à la tienne sans aucun doute et je suppose que la cérémonie a eu lieu ?

- Non, répondit Draco en songeant avec irritation à ce que lui avait imposé le père de Harry, mais nous nous voyons régulièrement.

- Comment ? bredouilla Pearl. Mais nous vous croyions déjà en voyage de noce à l'heure qu'il est !

- Je suis toujours à Keaton.

- Oh !

- Au motel du Bon Repos.

Il entendit le rire étouffé de Pearl.

- Dans la suite pour jeunes mariés.

Son rire se fit de plus en plus sonore.

- Il y a même une kitchenette.

Pearl se mit à hurler de rire.

- Votre pilote doit être coincé là, lui aussi, le pauvre diable. Je devrais lui proposer une partie de poker.

- Fais gaffe, le prévint Severus non sans ironie. Il va te plumer.

- Il ne pourra même pas voir les cartes, aveuglé qu'il sera par le lit en velours rouge en forme de cœur et par les profonds fauteuils couleur pourpre. Comment se passe la fête ?

- J'ai annoncé poliment que tu avais été appelé pour une affaire urgente. Pearl s'occupe du personnel et joue les hôtesses. Tout va bien.

Draco hésita, songeant à l'anneau dont il avait besoin et aux magnifiques bijoux qui avaient valu leur renommée aux boutiques Nightley & Company.

- Pearl, puis-je vous demander un service ?

- Ce que vous voudrez, dit-elle avec sincérité.

- J'ai besoin d'une bague pour Harry… demain matin, si possible. Je sais ce que je veux, mais je ne le trouverai pas ici et, si je pointe le nez à Dallas, on va me reconnaître. Je veux éviter que la presse ne débarque ici.

- Dites-moi ce que vous avez en tête. Demain matin, quand notre magasin à Dallas ouvrira, je téléphonerai au directeur du rayon des bijoux et lui demanderai de choisir quelques bagues. Sirius peut aller les chercher vers dix heures et quart et vous les rapporter.

- Vous êtes un ange. Voilà ce que je désire…

A suivre…


Voilà, en espérant que cela vous ait séduit... La suite n'est pas encore écrite alors j'ignore quand est-ce que je publierais mais je vais tâcher de me dépêcher. Encore merci de me lire et de prendre votre mal en patience. Gros bisous et à bientôt.