J'avais COMPLÈTEMENT oublié de publier dis donc ! Et pis là d'un coup, dans un sursaut de réalité et me voilà ! ^^

Guest : Aaaah, oui, désolée pour l'attente mais quand c'est moi qui publie, c'est plutôt du 19/20h… désolée x) mais ça valait le coup de patienter toute la journée p Effectivement, c'est bientôt fini et je suis ravie de voir que tu apprécies autant cette histoire mais toutes les bonnes choses ont une fin ^^ Et pour te répondre, j'ai deux fics complètes en attente de publication ) Merci pour la review ! :)

Lou : C'est plutôt si toi tu prends autant de plaisir à lire cette histoire que j'en ai eu à l'écrire que je suis époustouflée, car moi j'aime viscéralement cette fic et savoir qu'on aime autant que moi quelque chose que j'ai produit est un miracle que je continue de ne pas comprendre ! Je ne remercierais jamais assez mes lecteurs et revieweurs pour ça, un grand merci !

Pearl : J'espère que la lecture intensive pendant plusieurs jours ne t'a pas trop éloigné ou compliqué la vie IRL ! ;) Je te remercie infiniment pour tous tes compliments, qui me vont droit au cœur ! Découvrir une nouvelle lectrice est toujours un grand bonheur à ce stade de l'intrigue ! Et comme tu le dis toi-même, conserver l'intérêt des lecteurs pendant 50 chapitres est un sacré défi, c'est pourquoi il était temps que j'y mette un point final, pour partir au sommet de la gloire p Encore un immense merci !

Evelyne : Merci beaucoup, je suis ravie de savoir que j'égaye ta semaine au rythme de mes chapitres ! J'espère que la suite te plaira tout autant, encore merci :)

Comme d'habitude, gloire/disclaimers/remerciements à mes bêtas/dieux/lecteurs et revieweurs.

Bonne lecture !


Crabe Partie 5

Chapitre 11

Les deux jours suivants se passèrent dans un bonheur et une félicité quasi parfaite. Sherlock n'eut aucune nausée, et mangea bien plus que d'habitude, avec une nouvelle méthode mise au point par John, à base de promesses sexuelles et de sous-entendus graveleux à chaque bouchée. En deux jours, le détective avait physiquement repris du poil de la bête et du poids, et le médecin s'en félicitait chaudement intérieurement.

Ils faisaient l'amour n'importe où, n'importe quand, dans toutes les pièces et à toutes les heures, juste pour le plaisir de s'envoyer en l'air. L'eczéma de Sherlock avait disparu du jour au lendemain, et les heures que John passait à adorer son corps y étaient sans doute pour beaucoup.

Ils firent ensemble ce fameux gâteau d'anniversaire, John nu sous son tablier comme promis. Et utilisèrent deux fois plus d'ingrédients que prévu. Sherlock avait toujours les mains engourdies par moments, mais il n'avait pas son pareil pour utiliser sa langue. Et il adorait le chocolat.

Sans même en avoir conscience, John commença à amener ses affaires dans la chambre du bas. Il y dormait désormais toutes les nuits, même si Sherlock n'était pas toujours là à son réveil, vu que le détective avait toujours dormi moins que lui. Mais cela ne le dérangeait pas. Le détective portait sur son corps et dans son regard son appartenance à John, et ce seul fait suffisait à combler son amant.

Et puis le jeudi soir, en rangeant une chemise à lui dans l'armoire de Sherlock, John fit tomber un carnet noir, fermé par un élastique.

Le détective jouait du violon dans le salon, profitant d'une accalmie de ses engourdissements. Il avait eu une nouvelle séance avec Bartholomew le matin même, et il en profitait. Désormais, il en aurait toutes les semaines.

Curieux, John ouvrit le carnet. S'il y avait écrit dessus ce dont il s'agissait, John ne l'aurait sans doute pas ouvert. Mais John était curieux, et les deux hommes n'avaient aucun secret. Ils utilisaient indifféremment les téléphones et ordinateurs de l'un et de l'autre (enfin, surtout Sherlock) et John n'avait donc pas la sensation de violer l'intimité de son amant.

Il ouvrit donc au hasard en plein milieu, et commença à lire pour savoir de quoi il s'agissait. Il comprit immédiatement.

Et cela lui glaça le sang, lui figea le corps, et abaissa sa température corporelle de plusieurs degrés.

Il s'efforça de tourner plusieurs pages, juste pour vérifier s'il avait tort. Priant pour avoir tort. Mais il avait raison, et chaque page était plus insoutenable que la précédente, lui faisait monter de la bile à la bouche.

À deux doigts de vomir, il fit tourner les pages jusqu'à la première, et en vérifia la date portée en haut à gauche. 25/04/2016.

John n'avait pas besoin de vérifier sur un calendrier pour savoir à quoi faisant référence cette date.

Il fit défiler les pages les unes après les autres, regardant les dates

02/05/2016

09/05/2016

16/05/2016

26/05/2016

30/05/2016

Il s'efforça d'aller à la fin. 18/07/2016 était la dernière page écrite.

25/07/2016, mentionnait la suivante. La page était vierge, dans l'attente de cette date, pas encore survenue.

John lâcha le carnet sur le sol, la tête lui tournant soudain. Mais même avec les mots soustraits à son regard, le médecin ne pouvait empêcher sa mémoire de les avoir conservé et lui retransmettait des extraits avec toute l'horreur du monde.

02/05/2016 - Rejoindre John sous la douche, efficacité immédiate, passée la surprise.

16/05/2016 - Méthode du repas érotique peu efficace immédiatement.

13/06/2016 - John ne lit pas le sémaphore immédiatement. Mais a fini par trouver.

Chaque lundi depuis le début de la chimio était ainsi répertorié. Sherlock avait tout noté. Comment il attirait John. Les positions. La durée. Le goût du lubrifiant et des préservatifs utilisés. Les vêtements portés par l'un et l'autre. L'heure et le lieu exacts. Et après les faits concrets, Sherlock analysait, menait des hypothèses sur l'efficacité des produits, des positions... Tout est analysé. Il y en avait des pages. Ce n'était qu'une expérience. Une vaste expérience.

John entendit distinctement son cœur se briser, tandis qu'il fermait les yeux pour empêcher ses larmes de couler. Il n'osait même pas lire les dernières pages « John m'a dit qu'il m'aimait, j'ai fait semblant de lui répondre, cela influe de manière très positive sur ses expériences, il bande beaucoup plus rapidement qu'avant », imaginait le docteur. Les pages pour les prochaines semaines étaient prêtes, elles aussi, et déjà datées. Sherlock avait-il prévu de nouvelles techniques pour amener John dans son lit ? Et quand cela se terminerait-il ? « Merci John, j'ai plein d'éléments pour mieux comprendre mes enquêtes, maintenant, tu peux retourner dormir dans ton lit et cesser de me toucher ! »

La voix du Sherlock imaginaire dans la tête de John sonnait terriblement vraie, et John hoqueta de douleur, plaquant sa main contre sa bouche pour étouffer le bruit.

Dans le salon, Sherlock jouait toujours.

Comme un automate, John se pencha, ramassa le carnet, et monta à l'étage. Sherlock ne s'en formalisa pas. John était justement en train de descendre des affaires de sa chambre pour les mettre dans celle de son amant. Qu'il remonte n'avait rien de surprenant. Il n'avait aucune idée de ce qui se tramait.

Toujours en somnambule, John attrapa un sac de voyage, et y jeta pêle-mêle des vêtements, pantalons, chemises, un pull ou deux (il faisait doux, c'était l'été), des T-shirt, boxers et chaussettes, ajouta sa trousse de toilettes, deux pyjamas. Il y glissa également son ordinateur qui traînait miraculeusement dans sa chambre, son chargeur de téléphone, vérifia qu'il avait dans ses poches ledit téléphone et son portefeuille.

Puis redescendit, sac de voyage dans une main, carnet noir dans l'autre. Sans bruit, dans l'entrée, il laça ses chaussures, mit une veste, ajusta le sac sur ses épaules.

Et enfin, passa dans le salon.

- John ? Qu'est-ce que tu fais ? demanda immédiatement Sherlock en le voyant ainsi apparaître.

- Va te faire foutre, putain de taré. Mais pas avec moi. Trouve-toi un autre pigeon pour tes expériences, répliqua John, haineux. Ne me suis pas.

Et il lui balança le carnet à la figure, tournant les talons avant même de savoir s'il avait atteint sa cible, et descendant l'escalier en trombe. Volontairement, il laissa ses clés sur le buffet de l'entrée.

Il entendit, de loin, un « Aïe ! » (Sherlock n'avait plus les mains et les muscles assez réactifs pour attraper le projectile en plein vol) et puis un « JOHN ! » qu'on aurait pu qualifier de déchirant, si John n'avait pas lu ce fichu carnet et n'avait pas les veines brûlantes d'une haine sans nom.

Arrivé dans la rue, le médecin se rendit compte qu'il n'avait aucune idée d'où il pouvait bien aller. Mais s'éloigna rapidement, d'un pas vif et furieux, avant d'échapper au regard de Sherlock, qu'il savait peser sur lui. Ce ne fut qu'une fois hors de vue, après avoir tourné au coin de la rue, qu'il ralentit et essaya de réfléchir posément à ce qu'il pouvait faire. Aller à l'hôtel était exclu. Trop déprimant, une fois qu'il serait seul dans sa chambre. C'était également une solution coûteuse à long terme, et même si John n'était pas dans le besoin, il se répugnait à utiliser l'argent dont Sherlock l'abreuvait chaque mois.

- Peut-être pas si loin de la vérité en disant gigolo, marmotta John pour lui-même.

Sa sœur et sa mère habitaient toutes les deux en banlieue de Londres, et peut-être y avait-il encore des trains susceptibles de l'y emmener à cette heure-ci (il était presque 21h), mais il ne savait pas où en était la première dans son cycle immuable de réconciliation-alcoolisme-dispute d'avec Clara, et ne se voyait vraiment pas dire à la seconde qu'il s'était fait manipuler par un homme qu'il avait cru être l'amour de sa vie, alors qu'il n'avait pas appelé sa mère depuis dix bons mois, ni vu celle-ci depuis presque quatre ans.

Restait la seule solution pour tous les cœurs brisés du monde. Squatter un canapé chez un pote.


Greg parut surpris de le découvrir sur son palier quarante minutes plus tard, l'air pitoyable et malheureux comme les pierres. John avait en effet retenu ses larmes pendant tout son trajet en métro, mais était complètement dévasté intérieurement, et cela transparaissait de manière évidente sur son visage.

- Je suis désolé pour ta mise pour le pari de Scotland Yard, annonça John.

Et juste avec cela, Lestrade parut comprendre. Sans un mot, il s'effaça pour laisser entrer John. Alla chercher dans un placard des draps, une couverture, et un oreiller, et déplia le canapé. Puis lui servit un double-scotch, que John avala cul sec. À vingt-deux heures trente, John sanglotait sur son lit de fortune, et sur un dernier regard désolé, Greg le laissa dormir et cuver sa peine.


Le lendemain, il réveilla John pour lui dire qu'il partait bosser, que le frigo était plein, lui laissa un double des clés, et qu'il reviendrait à la fin de son service, à vingt heures. John acquiesça à peine, écrasé de chagrin et de manque de sommeil. Une fois Greg parti, il retomba immédiatement sur son oreiller et dans ses sanglots.

Son portable sonna toute la journée, sans discontinuer ou presque. Par réflexe, John vérifia l'interlocuteur la première fois, mais rejeta au loin l'appareil lorsqu'il vit le nom de Sherlock s'afficher sur l'écran.

Par masochisme sans doute, John n'éteignit pas la sonnerie ni le téléphone de toute la journée, et se contenta d'errer dans l'appartement de Greg (parfaitement rangé et propre, à des lieux de l'état de Baker Street après le suicide de Sherlock. Greg devait être beaucoup plus doué que lui pour tenir une maison et gérer un divorce), sa journée rythmée par les coups de fil répétés. Sherlock appela quatre à six fois par heure, toute la journée. John ne répondit jamais.


Lorsque Greg rentra, John avait réussi à se traîner à la cuisine et y préparer quelque chose avec le contenu du frigo, histoire de se faire pardonner d'avoir débarqué sans prévenir et de désormais se comporter en squatteur.

Lestrade raconta sa journée de flic et les résultats des derniers matchs de rugby (l'Angleterre était en bonne position sur un tournoi) pour faire la conversation, et John parvint à lui répondre presque normalement.

Ce fut au dessert que Greg osa quelque chose.

- Il est passé à Scotland Yard aujourd'hui.

Il ne précisa pas qui était « il », mais cela n'était pas la peine.

- Il voulait savoir si tu étais chez moi. Je n'ai rien dit mais...

- Il a déduit.

- Je lui ai interdit de mettre un orteil ici. Ça vaut ce que ça vaut, et ça durera le temps que ça durera...

- Merci Greg. Merci beaucoup.

John avait conscience d'être larmoyant, mais était trop épuisé et blessé pour s'en soucier.

- Tu veux en parler ? proposa doucement son ami.

- Non, pas vraiment, répondit le médecin en secouant la tête. J'ai cru... cru aux sentiments d'un sociopathe. J'ai eu tort, j'aurais dû le savoir.

- Il n'est pas sociopathe, et tu le sais.

John haussa les épaules.

- Il avait l'air vraiment bouleversé, tu sais. Son comportement a fait le tour de Scotland Yard. L'application de Q a failli se retrouver deux fois en rade durant l'après-midi.

Lestrade avait essayé un vague trait d'humour, mais cela n'eut aucun effet. John se contenta d'hausser les épaules de nouveau.


Le samedi, Greg travaillait et laissa une nouvelle fois John vide et désœuvré. Sherlock n'appela pas de la journée. En revanche, Mycroft essaya toute la journée de joindre le médecin, qui lui appliqua le même traitement qu'à son frère. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec les Holmes. Il voulait pleurer dans son coin, squatter chez Greg le temps de retrouver un job, puis dénicher un appart ou une nouvelle coloc, et recommencer un semblant de normalité. C'était un super plan. En temps utile, il recommencerait peut-être à avoir une vie. En attendant, il devait juste avancer pour ne pas tomber.


Le dimanche après-midi, Greg était revenu de son service du matin et essayait de motiver John à sortir et faire quelque chose plutôt que traîner sa carcasse entre le canapé, le fauteuil et la salle de bains. Il était très content que le médecin cuisine pour lui tous les jours (et il était plutôt doué, d'ailleurs), mais il préférait son ami un peu plus actif. John n'était pas un grand sportif, mais il avait été militaire et n'avait jamais complètement perdu le corps qui allait avec.

Au milieu de sa tentative pour convaincre John d'aller courir, on sonna à la porte.

Abandonnant temporairement John à son auto-apitoiement au milieu du salon, il alla ouvrir.

- John ! Pour toi ! Ce n'est pas Sherlock ! cria-t-il de loin.

Traînant sa carcasse miséreuse, John rejoignit la porte. Et y découvrit Mycroft. Un Mycroft tiré à quatre épingles, comme toujours. Un Mycroft accompagné de son parapluie, comme toujours. Un Mycroft plein d'arrogance et de superbe, comme toujours. Mais un Mycroft livide et paniqué.


Sherlock s'était senti plus misérable qu'il ne l'avait jamais été pendant les deux jours où John avait été absent. Même torturé en Ukraine, il ne s'était jamais senti aussi mal. Il n'avait envie de rien. Pendant deux jours, il ne dormit pas, ne mangea pas, bougea à peine de son fauteuil, à part pour aller à Scotland Yard secouer Lestrade, et appuyer sur les touches de son téléphone.

Et au bout de deux jours, lorsqu'il se releva de son canapé devenu son meilleur ami pour aller satisfaire un besoin naturel, il se sentit tomber avec lourdeur.

Ses doigts bougèrent d'eux-mêmes dans sa chute. Son téléphone, heureusement, tomba à côté de lui tandis que son interlocuteur décrochait. Sherlock fit alors la seule chose qu'il pensait ne jamais faire de sa vie.

- Mycroft... À l'aide... murmura-t-il dans le combiné.

L'ambulance arriva dix minutes plus tard. Sherlock était déjà inconscient depuis neuf minutes.


- Sherlock a fait une grave rechute, annonça Mycroft d'une voix blanche. Il refait de l'anémie. Elliot l'a plongé dans un coma artificiel depuis ce matin pour... mieux le soigner... Mais les médicaments ne font pas ef...

Mycroft n'avait pas fini sa phrase que John avait déjà disparu au fond de l'appartement. Et en revint une minute plus tard, chaussures au pied, veste à la main. Il ne dit pas un mot, bouscula les deux hommes toujours plantés dans l'entrée, et se précipita dans l'escalier de l'immeuble de Lestrade. Aussi forte que soit son aigreur, sa rancune et son malheur, John ne pouvait pas s'empêcher de continuer d'aimer profondément et désespérément ce demeuré de génie manipulateur. Et ne supportait pas l'idée qu'il souffre au fond d'un lit d'hôpital, sans personne pour lui tenir la main.

- Je n'ai absolument rien compris à ce qui vient de se passer, déclara Greg une fois la tornade John passée.

- C'est une longue histoire, soupira Mycroft.

- J'ai du thé, des scones et j'aime les histoires.

Greg s'empourpra en entendant ses propres mots. Mycroft Holmes avait sans doute mieux à faire que de prendre le thé avec lui. Cet homme ne s'arrêtait absolument jamais de travailler. Même pas les dimanches après-midi.

Mais à sa grande surprise, l'homme d'état inclina la tête en une moue intriguée.

- De la confiture avec les scones ? demanda-t-il.

- Citron. Uniquement.

- La seule qui vaille le coup.

- On est bien d'accord, affirma Greg, qui mangeait uniquement de la confiture au citron.

- Thé ?

- Vert, principalement.

Mycroft eut un large sourire.

- Nous avons donc beaucoup en commun.

Et sans autre forme de procès, il s'invita pour le thé chez Gregory Lestrade.


John avait beau avoir été soldat militaire, et avoir vu dans sa vie plus d'horreur qu'il ne pouvait le dénombrer, rien ne l'avait préparé au spectacle de Sherlock alité. Rien de l'avait préparé au violent chagrin qui avait élu domicile dans chaque molécule de son corps et s'amusait à le malmener avec un sadisme malvenu.

Le détective était couché dans son lit, chambre 221, aile B, comme d'habitude. Ses paupières étaient closes, et on aurait pu le croire endormi. Mais il avait un cathéter sur chaque main, un au creux de chaque coude et une poche de liquide différente s'écoulait dans chaque tube. Un oxymètre de pouls, vérifiant sa saturation en oxygène, était pincé au bout de son index gauche. Des lunettes de respiration étaient placées dans ses narines, et les tubes autour du visage le rendait hideusement maigre. Le moniteur cardiaque, relié aux trois électrodes sur la poitrine, bipait régulièrement et indiquait des pics normaux.

Même avec Sherlock en blouse d'hôpital et sous les couvertures de son lit, John put voir que son ami avait maigri, et drastiquement, en deux jours. Ses veines ressortaient violettes sur sa peau pâle, si visibles qu'on aurait dit un réseau autoroutier.

John réprima un sanglot. Il n'avait pas besoin qu'on lui dise comment allait Sherlock. Il n'avait pas besoin de poser la question. Il le voyait, le lisait dans ce corps décharné au fond d'un lit d'hôpital, placé en coma artificiel. Sherlock avait cessé de manger et dormir. Sherlock avait cessé de maintenir son corps en vie.

- Elliot arrive.

La voix qui venait de résonner appartenait à Madeline, qui avait probablement été mise au courant de l'arrivée de John par les infirmières de l'accueil (il n'avait pas été très discret, en même temps), ou bien par les caméras qui devaient surveiller le patient.

Ils restèrent silencieux un instant, puis Madeline alla s'installer dans une chaise à proximité du lit. John n'avait pas encore réussi à bouger du seuil de la pièce. Il y était encore, quand Elliot Harding arriva sept minutes plus tard. Si l'oncologue parut surpris du comportement du médecin, il n'en dit rien. Il s'installa au pied du lit de Sherlock, vérifia avec Madeline les constantes et les derniers relevés sur la tablette qu'elle lui tendit, et commença à son énoncé.

- Monsieur Sherlock a été admis à la clinique tôt ce matin, amené par une ambulance. Il était inconscient, et nous avons choisi depuis de le placer dans un coma artificiel, de sorte qu'il n'a aucune idée d'où il se trouve actuellement. Son état lors de son admission était inquiétant en terme de déshydratation et malnutrition. Pour un homme dans la force de l'âge, ce ne serait rien, mais il est un patient en chimiothérapie et son état a été jugé alarmant. Nous nourrissons son corps de force par des sels minéraux, sucre, sel, fer etc.

Elliot désigna les poches qui s'écoulaient dans les bras et les mains du patient.

- Mais cela ne suffit qu'à pallier les carences. S'il refuse de s'alimenter à son réveil, nous devrons procéder par sonde gastrique. Le plus inquiétant n'est cependant pas son état physique. Vous savez, docteur Watson, la forte corrélation parfois inexplicable entre le mental et le corps. Or actuellement, le mental de monsieur Sherlock ne suit pas. Il n'y a aucune réponse à nos stimuli, même pour quelqu'un dans le coma. Et même son corps semble ingérer difficilement les produits que nous lui injectons. Or ils sont vitaux pour sa... survie à court terme.

- Si son corps rejette les médocs de la chimio, il se passera quoi ? demanda John d'une voix blanche.

- C'est une potentialité que je préfère écarter pour l'instant, déclara fermement Elliot. Nous avons prévu de le réveiller demain midi, afin qu'il recommence une alimentation orale dans la journée, en complément de riches nutriments par poche. Et ce, afin de maintenir sa séance de chimiothérapie mardi.

- Et sinon ? répéta John.

L'oncologue soupira. Il n'avait pas envie d'en parler.

- Une seule séance manquée peut ne pas avoir de répercussion, répondit à sa place Madeline. Si on la décale de 24h, ça peut être jouable. Mais... On était presque à la fin... Ce n'est pas le meilleur moment pour ce genre d'expérimentations.

Elle regarda son patron pour vérifier que ce qu'elle disait était conforme à ce qu'elle avait le droit de dire, et Harding hocha la tête.

- Ok, dit John d'une voix atone, assommé par la quantité d'informations et de sentiments contradictoires dont son cœur était assailli.

Aussi en colère et haineux qu'il soit contre Sherlock, aussi blessé qu'il l'ait été par la découverte de n'avoir été qu'un pion sur le grand échiquier de la vie de Sherlock Holmes, le médecin ne pouvait pas désirer que son ami souffre autant. Il refusait de le voir mourir. Pas encore.

- Je peux rester ici cette nuit ? ajouta John.

Harding eut un pauvre sourire.

- Qui sommes-nous pour vous en empêcher ?


John passa littéralement la fin de sa journée dans le lit de Sherlock. Il attendit que Madeline et Harding soient partis pour enfin bouger, constater qu'il parvenait à faire le tour du poignet de Sherlock avec ses doigts (il avait vraiment beaucoup maigri), et que le seul endroit où il voulait être était contre Sherlock.

Alors seul, inconscient des caméras de surveillance et au mépris de tout bon sens, il déplaça le corps de son ami au bord du lit, à gauche (après avoir au préalable mis en place la barrière de sécurité. Il ne tenait vraiment pas à avoir son ami chuter), fit de son mieux pour composer avec les tubes et les cathéters, s'installa du côté droit, et ne bougea plus.

Jude ne parut même pas surpris de le trouver là, des heures plus tard. Et lui amena un sandwich au poulet en plus des soins qu'il venait prodiguer à Sherlock. John n'avait pas faim, mais dévora néanmoins la nourriture comme un affamé.

- Il va s'en sortir, jura Jude avant de sortir de la pièce.

Il ne pouvait s'appuyer sur aucun fait tangible, et aucun des médecins de cet hôpital n'avait conscience que c'était précisément à cause de John que Sherlock était comme ça, mais tous lui témoignaient leur sympathie et leur envie d'aider Sherlock. Et cela faisait chaud au cœur.


Les heures que John passa, recroquevillé dans une position inconfortable contre son meilleur ami, furent mises à profit pour faire fonctionner sa cervelle. Car il y avait bien un fait qu'il ne s'expliquait pas : pourquoi Sherlock se laissait-il mourir ?


Le lendemain à onze heures, Madeline et Harding revinrent, accompagnés de Jude, Mary et July cette fois, et annoncèrent la sortie du coma de Sherlock. Ils lui injectèrent les produits, notifièrent à John (qui avait fini par sortir du lit, du coup) que cela allait mettre une heure ou deux pour agir, et qu'ils laissaient le médecin s'occuper du patient à son réveil. La procédure n'était pas du tout conventionnelle. On ne laissait jamais un patient se réveiller seul.

Mais Harding et son équipe avaient conscience que rien de ce qu'ils pourraient dire ou faire n'apaiseraient leur patient. John Watson, si. Alors ils lui laissèrent une seringue de calmant à lui injecter en cas de besoin, laissèrent les caméras tourner pour des raisons de sécurité juridiques, et lui donnèrent un bippeur. Une fois Sherlock en état, il devrait contacter les médecins.

John, la gorge nouée, acquiesça. L'attente qui suivit fut probablement l'une des plus longues de sa vie. Même quand le sable blanc et pur d'Afghanistan s'était teinté de rouge, qu'il s'époumonait dans sa radio qu'il avait un homme à terre, et qu'il n'avait pas conscience que c'était son épaule qui saignait comme ça, et non le malheureux bougre qu'il tenait dans ses bras, et qui déjà, ne respirait plus ; John n'avait pas eu l'impression que c'était si long.

Puis lentement, Sherlock commença à remuer, s'agiter. Il battit des paupières, toucha et se racla la gorge, porta une main à sa bouche pâteuse. John comprit l'ordre, et lui donna à boire, très lentement, très doucement.

Et dut, nécessairement, toucher le visage de Sherlock dans l'entreprise, pour être sûr qu'il ne s'étouffe pas avec l'eau. Ce fut au milieu de la cinquième gorgée que le détective s'immobilisa soudain. Ses yeux ne s'étaient pas encore ouverts convenablement, mais son cerveau était réveillé. Sa peau reconnaissait celle de John. Son nez reniflait l'odeur du médecin. John le savait aussi sûrement qu'il savait que Sherlock était le plus grand génie que la Terre n'ait jamais porté.

- John ?

Le ton de Sherlock était faible, mais si détruit et effrayé que le médecin dut faire un effort pour se rappeler qu'il était furieux contre lui.

- John, ce n'était pas une expérience. Pas une expérience ! Pas une expérience ! Je te le jure ! Pas une expérience ! Ne pars pas ! John ! Pas une expérience ! Pas une expérience ! Pas une expérience...

Et il répéta ces trois mots encore et encore, comme une litanie, essayant en même temps d'ouvrir les yeux mais semblant incapable de faire les deux en même temps, abruti de médicaments qu'il était.

John n'avait qu'une envie, c'était de partir, recommencer à fuir et retourner se terrer dans le canapé de Greg. (Lequel était présentement occupé par Mycroft Holmes, qui n'était toujours pas reparti de chez le DI depuis la veille, mais cela il ne pouvait pas le savoir). Il avait mal physiquement rien qu'à entendre Sherlock murmurer et supplier, et retomber dans ses bras était sans doute la plus mauvaise idée qu'il pouvait avoir.

- Je ne pars pas.

Les mots étaient sortis sans même qu'il en ait conscience. Cela eut au moins de faire s'arrêter la litanie obsédante de Sherlock, et lui permit de concentrer tous ses efforts pour ouvrir les paupières, ce qu'il parvint à faire.

Le regard de Sherlock qui tomba droit dans celui de John, planté comme un i au bout du lit, était encore plus déchirant que le reste du tableau. Ses paupières étaient presque bleues, ses cernes violettes. Les iris étaient plus claires que John ne les avait jamais vues, et des veines rouges bardaient son blanc de l'œil, comme un junkie.

- John, murmura Sherlock. John laisse-moi t'expliquer.

- Tu as trois minutes.

Il savait qu'il était glacial, à mille lieues du comportement qu'il aurait dû avoir avec un patient aussi mal en point.

Mais John aussi était mal en point. Son cœur était dans la balance, et il avait encore assez de fierté pour essayer de préserver les lambeaux qu'il lui restait.

- Sherlock, aussi stone qu'il pouvait l'être avec sa quantité de médicaments dans le sang, sembla comprendre l'enjeu.

- Ce n'était pas une expérience, répéta-t-il une fois de plus, et sa voix ne tremblait plus. Cela ne l'a jamais été. C'était un moyen pour moi de gérer la plus totale des incompréhensions. Je ne sais pas ce que tu as lu ou non, mais cela commence à ma deuxième séance de chimio. Mais je ne l'ai écrit, en réalité que plus de quarante-huit heures après. Je n'arrivais pas à dormir à cause des nausées. Je n'arrivais qu'à penser à toi, à ce qui s'était déjà passé deux fois. Je ne comprenais pas. Je ne savais pas ce qui t'avait pris la première fois. Et encore moins ce qui m'avait pris la deuxième. J'avais besoin d'analyser, de faits cliniques et bruts. J'ai écrit tout ce dont je me souvenais le plus... dénué de sentiments possibles.

Il s'arrêta, vérifia que John l'écoutait toujours. Reprit le fil de son récit. Son temps imparti s'amenuisait, alors son débit augmenta, rendant sa voix plus grave encore.

- Tu sais aussi bien que moi que j'étais instigateur de tous ces... Bref, je le voulais, je te le réclamais, je l'obtenais. Mais ce n'était pas moi. C'était quelque chose qui prenait possession de moi et me dominait. Un mélange de peur, d'angoisse et d'envie, apaisé uniquement quand tu me touchais. Je ne comprenais pas, et écrire chaque semaine me donnait la sensation de maîtriser le tout. De tenir au loin ce que je ne comprenais pas. C'était du tangible, du concret. J'avais la sensation de maîtriser quelque chose. Et quand il est devenu évident que cela allait être régulier... J'ai préparé toutes mes pages avec les dates. J'ignore si tu es allé à la fin, mais si tu l'as fait, tu as dû voir les pages prochaines, et cela t'a sans doute donné des fausses idées. Mais ces pages sont là depuis longtemps.

- Tu as écrit le 18 juillet. La veille de ton anniversaire, accusa John.

- As-tu lu ?

- ... Non, reconnut le médecin.

Il se souvenait juste de quelque chose d'écrit, mais n'avait pas poussé le vice à s'infliger autant de mal.

- Il n'y a plus aucun fait tangible sur cette page. Pas plus que sur les dernières. Ou peut-être que si, encore un peu. J'essayais de me raccrocher à toute la rationalité que je pouvais pour ne pas m'avouer à moi-même ce que tu as eu le courage de me faire dire. Je te le jure. Ce n'était pas une expérience. C'était un autiste désespéré devant la destruction de tout ce qu'il croyait comprendre de son monde qui essayait de se raccrocher aux branches.

John ouvrit de grands yeux ébahis. C'était la première fois que Sherlock utilisait le mot autiste pour se décrire lui-même. Il lui avait toujours préféré le terme de sociopathe, qu'il avait choisi lui-même. Ce simple fait faisait déjà pencher la balance en la faveur de Sherlock. Il avait réellement l'air à l'agonie, et l'idée que John refuse de le croire semblait le mettre au supplice.

- J'avais le carnet sur moi quand je suis… Cherche dans mes vêtements. Ou à la maison. Lis la fin. Lis-le. Ce n'était pas une expérience, John. Je te le promets. Je te le jure.

Il gémissait ses serments avec la même intensité qu'un accusé de meurtre proclame son innocence dans le couloir de la mort, et John, la gorge nouée, choisit de le croire.

Simplement parce que les yeux de Sherlock Holmes n'avaient jamais autant exprimé d'amour et de douleur en même temps.

- Je te crois, murmura-t-il.

Et par cette simple phrase, il abattit toutes les barrières. Sherlock fondit en larmes, et John le rejoignit.

- Hem.

Un raclement de gorge en provenance du seuil de la porte fit sursauter les deux hommes, enlacés sur le lit de Sherlock.

- D'solé de vous déranger, mais le docteur Harding m'a demandé de venir voir comment se passait le réveil de m'sieur Sherlock, annonça Jude, un peu rougissant de déranger le couple.

John lui adressa un sourire éblouissant, et un bref instant, le jeune infirmier fut furieusement jaloux de Sherlock. La lumière émise par John aurait donné envie à n'importe qui de vivre à ses côtés. Ou d'avoir auprès de soi quelqu'un qui éclairerait le monde de la même manière.

- Tout va très bien, déclara John. Et tout ira très bien.

Cela sonnait assez puérilement optimiste, mais ce fut exactement ce qui se passa.


La santé de Sherlock connut un brusque pic d'amélioration, que la science était bien incapable d'expliquer. Mais son corps accepta soudainement beaucoup mieux les médicaments qu'on lui injectait, et il retenait bien plus les nutriments. Harold O'Connor vint, et proposa que Sherlock mange absolument tout ce qu'il voulait, sans aucune restriction, tant qu'il mangeait et se remplumait. Durant son hospitalisation, il avait désormais franchi le seuil critique de la maigreur, et il était urgent pour lui de reprendre du poids. Le soir même, John téléphona à Angelo, qui leur livra une quantité effrayante de lasagnes, d'osso buco, et d'escalopes milanaises aux spaghettis, ainsi que du tiramisu, de la pana cotta, du cheesecake... John fut persuadé qu'ils ne finiraient jamais les plats. Et pourtant. Jude, July et Mary, au cours de leur service, vinrent tour à tour piocher et goûter la nourriture du restaurateur italien, mais le reste, ce fut Sherlock qui le dévora. Avec un appétit effrayant que John ne lui avait jamais vu.

Décision fut prise le mardi de maintenir la séance de chimiothérapie à son horaire habituel, toujours avec des compléments dans les veines. La séance se déroula parfaitement bien. Sherlock avala trois parts de cheesecake framboise (nouvelle livraison, et cette fois John soupçonnait Mycroft) avec autant de boules de glace menthe-chocolat (les infirmières leur avaient gentiment permis d'utiliser la partie congélateur du réfrigérateur de leur salle de garde) sans sourciller ni en ressentir de nausées.

Désormais, après chaque séance de chimio, il était prévu une séance avec Bart' Dillinger, afin d'endiguer les engourdissements des mains du patient. Ce fut l'occasion pour Sherlock et John de voir, pour la première fois, Jude et Bart' ensemble dans une même pièce. En effet, le kiné arriva alors que l'infirmier n'avait pas encore fini ses opérations. Il n'y avait aucun doute que l'homme était arrivé volontairement plus tôt pour avoir le temps de saluer le jeune homme, et les deux colocataires ouvrirent des grands yeux surpris à les voir se comporter ensemble.

- On était aussi évidents ? chuchota John.

- Pas possible, grinça Sherlock. Ils sont plus qu'évidents. Ils sont la terre et la lune.

John pouffa de rire. Eventuellement, à un moment, Sherlock avait dû finir par retenir une partie du système solaire. Cela dit, il fallait reconnaître que la comparaison était entièrement vraie. Bart regardait Jude comme s'il était le centre de son existence, et gravitait autour de lui comme un satellite, aimanté par la seule présence bienheureuse du jeune homme. Quant à Jude, il n'avait pas conscience de la familiarité de ses mouvements et de ses propos en présence de l'autre homme. Il se comportait comme un ami avec John et Sherlock, depuis le temps. Il était très familier avec Mary et July, ses deux comparses. Il avait un grand respect pour Madeline, et le lui témoignait toujours de la déférence.

Mais Bartholomew Dillinger était à un tout autre niveau. Seulement, Jude n'en avait même pas conscience.

Harding et Turner vinrent vérifier l'état de leur patient, et s'accordèrent à dire avec O'Connor que malgré sa guérison miraculeuse, il serait mieux de le garder encore quelque temps. Sherlock s'y plia avec complaisance. Tant que John restait avec lui, de toute manière.


Le médecin ne quitta son ami que le temps de passer chez eux pour leur prendre des affaires à tous les deux, et en profita pour ramener quelques modèles de Rubik's Cube que le détective n'avait pas résolu, la dernière fois. La lueur de folie et de joie dans les yeux de Sherlock à l'idée de travailler sur ses nouveaux casse-têtes valait largement le temps perdu par John à retourner tout l'appartement de Baker Street pour y retrouver ces fichus cubes (qui n'avaient d'ailleurs de cubique que le nom, en ce qui concernait ces modèles).

Sherlock eut l'autorisation de sortir le samedi. Considérant qu'il reviendrait mardi pour sa séance de chimio, on aurait pu penser qu'Harding aurait préféré le garder encore plus longtemps, mais le détective était pire qu'un loup en cage.

Il n'avait plus ni voie centrale, ni perfusions, ni oxymètre, et encore moins de moniteur cardiaque. Il passait ses journées à jouer du violon, gambader dans l'hôpital pour y déduire tout malheureux individu qui avait le malheur de croiser sa route et de temps à autre, regarder le docteur Watson avec un air niais. Et plus personne ne voulait le supporter plus longtemps. Il était définitivement en pleine forme, et c'est sans discuter qu'Elliot signa les papiers de sortie.


Le samedi soir, John profita que son amant rattrape plusieurs jours d'absence sur ses expériences pour aller boire un verre avec Greg. Et s'excuser de l'avoir planté ainsi, la dernière fois. Grâce aux doubles des clés que Lestrade lui avait laissées, John avait pu récupérer ses affaires pendant l'absence de son ami, qui avait manifestement enchaîné les gardes épuisantes (mais pas intéressantes, sans quoi il aurait appelé Sherlock).

- Pardon pour l'autre jour, Greg. Je t'ai planté sans explication avec Mycroft Holmes...

- Pas de souci. Mycroft m'a tout expliqué. Enfin, une grande partie.

John eut un sourire contrit.

- Excuse-moi de ne t'avoir jamais rien dit officiellement, sur sa maladie et le reste mais...

- Tu protégeais quelqu'un d'autre que toi-même, John, ce qui est noble de ta part et n'est en aucun cas un motif de dispute de ma part, répliqua Greg en faisant tinter leurs verres ensemble.

- Ouais, enfin te laisser avec Mycroft était pas sympa de ma part quand même.

John réalisa soudainement quelque chose.

- Tu savais que c'était Mycroft n'est-ce pas ? Je ne crois pas t'avoir déjà vu avec lui. Tu savais que c'était le frère de Sherlock, hein ?

Greg ricana dans sa bière. D'un ricanement étrange qui sonna bizarrement aux oreilles du médecin. Il n'avait jamais entendu le DI rire ainsi.

- Je pense que je connais Mycroft depuis bien plus longtemps que toi. Il a été la première personne que j'ai rencontrée après l'overdose de Sherlock...

Le regard interrogateur de John le poussa à poursuivre.

- Descente dans un squat. On a embarqué quelques camés, un truc habituel. Et au milieu de tout ça, y'a un camé en overdose habillé d'un costume griffé en train de convulser sur le sol... La procédure nous obligeait à appeler une ambulance. Mais bien souvent, il arrivait malencontreusement que les policiers ne se rendent compte de la nécessité d'une ambulance... que lorsqu'elle n'était justement plus nécessaire. Mais je sais pas, j'ai eu pitié. Il avait l'air d'un gamin. L'ambulance l'a conduit à Saint Bart et... je l'ai suivi. Et arrivé à l'hôpital, j'ai rencontré Mycroft Holmes. Il était arrivé là-bas avant nous.

John secoua la tête de résignation. C'était tellement typique de Mycroft.

- J'ai eu... un peu de mal à l'écouter et le croire, au début. Je suis parti légèrement en colère de l'hosto pour retourner à Scotland Yard. Le soir même, en rentrant chez moi, je me suis fait kidnapper et emmener dans un entrepôt sombre. Alors oui, bien sûr que je connais Mycroft Holmes. C'est quand même lui qui paye la moitié de mon salaire mensuel. Comment crois-tu que j'ai pu conserver mon appart' après le divorce ?

Et Greg se remit à ricaner.

- Tu ne culpabilises pas ? s'outra John, qui avait lui-même refusé cet arrangement de la part de l'aîné Holmes.

- Pas du tout ! Depuis quelques temps, Sherlock touche sa part, ce qui nous convient tous très bien !

- Mycroft sait que tu reverses son argent à son petit frère ? demanda John en fronçant les sourcils.

- Bien sûr que oui ! C'est un moyen pour lui de vérifier que Sherlock a de quoi subvenir à ses besoins sans devoir lui donner de l'argent directement.

- Et Sherlock sait que Mycroft sait... ?

- Mais oui ! Comme ça, Sherlock n'a pas besoin de faire semblant de s'offusquer et de refuser l'argent de son frère en se drapant dans son orgueil habituel !

John soupira lourdement.

- Ils sont pathétiques, non ?

- Oui ! explosa de rire Greg.

- Cela dit, désolé pour ta mise sur le pari... Je te rembourserai !

Greg balaya tout cela d'un geste de la main.

- Bah, pas grave. Te bile pas pour ça ! Mycroft m'a déjà fait un chèque !

Le regard de John se fit soudainement très soupçonneux.

- Hum. À quel moment Mycroft Holmes t'a fait un chèque exactement ?

- Quand tu es parti, on a pris le thé, lança Greg d'un ton très dégagé.

- Tu as pris le thé avec Mycroft Holmes.

- J'ai pris le thé avec Mycroft Holmes.

- Et seulement le thé ? Non parce qu'en passant récupérer mes affaires, j'ai fait le tour de l'appartement pour vérifier qu'il n'y avait rien à moi que j'aurais pu oublier, et j'ai trouvé des vêtements qui traînaient qui n'étaient pas les miens. Et tu ne laisses jamais rien traîner. Jamais.

Greg s'empourpra.

- Oui, ben, c'est pas toi avec ton Sherlock qui va me le reprocher, hein, grommela le DI.

Cette fois, ce fut au tour du médecin d'exploser de rire, avant d'assurer son ami qu'en tant que grande personne majeure et vacciné, il faisait bien ce qu'il voulait, avec Mycroft si cela le chantait, et John ne se permettrait ni de juger, ni d'aller le raconter sous tous les toits.


Comme nous en arrivons presque à la fin, je me permets de lancer un petit sondage : j'ai deux fics en attente à publier, alors quel jour de publication hebdomadaire préférez-vous ?

Le lundi, pour bien commencer la semaine ? Le mercredi, pour faire une pause au milieu de la semaine ? Ou le dimanche, pour pouvoir lire tranquillement le WE ?

Dites moi ce que vous voulez et je verrais ce que je choisirai ^^

Plus qu'un chapitre... (et l'épilogue) c'est triste non ? :'(

Prochain chapitre Me 29 mars !

Reviews ? :)