Merci à LuuMineusement, Kervana, dobbymcl, princesse99 (Tu as bien du courage pour avoir lu 50 chapitres en deux jours :) merci d'avoir laissé un petit mot en tout cas !), Isabelle Pearl, Smiling Sparrow, Elia (hey ! Et oui, ça bouge, dans le bon/mauvais sens pour certains. Clair qu'il serait temps que Gemma se réveille un peu, cette cruche ... Depuis le temps que je promets que ça va arriver, vous allez plus y croire x) Ahaha pour avoir prévenu Wiertz, j'te laisserais juger par toi-même plus tard si c'était une bonne idée ou non ! En tout cas, merci pour ta review :)), LittleJu (Hello ! J'ai lu aussi ta review sur mon autre fic et j't'avoue que j'aimerai trop que tu sois inscrite pour te répondre plus en détail ! (Déjà, pour la carte, c'est juste que je l'avais zappé et j't'avoue que ça m'arrange s'ils l'ont pas). Et pour Dom/Isaac, j'ai écris ça y'a longtemps et ouais, c'est une des fins possibles. Ce qui ne veux pas dire que ça sera le cas dans les apparences ! En tout cas, merci beaucoup pour ta (tes) review(s) du coup et à bientôt :)), Shiriliz et Pepoune (Roh bah t'excuses pas, je vais pas te frapper si tu reviewes (c'est français ça ?) pas un chapitre même si je t'avoue que ça me fait super plaisir ! Breeeef, pour Wiertz/Assem, je sais pas trop quoi dire, faudra attendre la fin de l'année, d'ici une dizaine de chapitres. M'enfin, tout le monde le trouve louche ce pauvre Wiertz ... Ahah, tes commentaires pas structurés ? Je t'avoue que ça me ferait peur si tu me faisais une intro + trois parties + conclusion + ouverture en guise de commentaire x) En tout cas, merci pour ta review (intéressante, je t'assure, d'ailleurs t'as tout compris sur ce que ressens Dom pour l'instant) et à bientôt =)) pour leurs reviews et à Barbie pour avoir corrigé ce chapitre !
Bonne lecture !
J'ai sauté, Oh mes frères, et j'me suis foutu par terre mais pas en l'air...
Orange mécanique, Alex.
- A l'aaaaaide, glapit Wil Jordan.
Alors qu'il tentait de fuir, une masse sombre et chevelue lui sauta dessus et il faillit tomber par terre, ne se rattrapant que grâce au dossier du canapé rouge de la salle commune des Gryffondor. Plié en deux, soixante kilos sur le dos, la tête de Wil Jordan s'écrasa à côté de James Potter qui, assis sur ce même canapé, se tenait l'estomac tellement il riait.
- Faux frère, grommela le Gryffondor alors que deux bras lui encerclaient le cou.
- Tu l'as bien mérité ! ricana James en s'écroulant de rire.
- Mais j'ai pas fait exprès !
- Tu as triché, oui ! s'exclama la masse informe qui tentait de l'étrangler.
- Promis que non.
Dewi Carlson secoua la tête en prenant un air d'adulte réprobateur et resserra un peu plus sa poigne sur son meilleur ami qui fit mine de s'étouffer. Poussant un hurlement conquérant, elle utilisa l'un de ses pieds pour lui donner un coup dans les tibias.
Autour d'eux, les quelques élèves présents rigolaient sous cape devant leur jeu enfantin et Dewi releva la tête, fière d'être le centre de l'attention. Deux secondes plus tard, Wil s'était débarrassé d'elle en la passant par-dessus le canapé et elle s'était rattrapée par la peau du ventre de James qui, poussa un hurlement aigu, ne l'ayant pas vu venir.
- Lâche-çaaaaaaa !
- Par Merlin et les Fondateurs, s'exclama Dewi en soulevant le tee-shirt de son ami. Mais … Tu nous aurais menti sur ta plastique ?
Pour preuve, elle enfonça un doigt dans le ventre de James et il disparut en partie. Celui-ci la repoussa vivement, fronçant les sourcils.
- Le grand James Potter est parfait jeune demoiselle, nia-t-il.
- Parfait mais mou du ventre, ricana Wil en se laissant tomber à ses côtés.
Les trois Gryffondor se mirent à rire de bon cœur, avant que Dewi ne pointe un doigt accusateur vers le grand métis.
- Toi, ne change pas de sujet. Tu as triché !
- N'importe quoi, réfuta Wil.
- Tu as eu "O" ! s'exclama James. Tu n'as jamais eu de "O" de ta vie et là, comme par hasard, dès qu'il y a un enjeu, tu gagnes. Flint t'a fait ce devoir.
- Non.
- Si, approuva Dewi. Je propose que, comme nous avions parié que celui qui aurait la plus mauvaise note paierait un verre aux Trois Balais aux autres, ce soit l'inverse. Tu paies, on boit.
- Proposition approuvée, lança James en hochant la tête.
- Oh toi, ça t'arrange bien, grogna Wil en se tournant vers le jeune homme. Tu as eu un P.
Ils continuèrent à se disputer pendant quelques minutes durant lesquelles Wil Jordan finit par avouer, qu'effectivement, sa petite amie l'avait aidé à faire ce devoir de Métamorphose. Puis, Dewi rappela à James qu'il avait une ronde à effectuer ce soir, ce qui le fit d'abord grogner.
Puis, il se souvint qu'il aurait peut-être la chance de croiser le professeur Wiertz et de lui demander des nouvelles sur son enquête et il bondit sur ses pieds, saluant fébrilement ses amis qui ne comprirent pas ce changement d'humeur. Quelques secondes plus tard, James repassait devant eux pour prendre sa cape et sa baguette, négligemment posées sur le tapis devant le canapé et ressortait pour de bon.
Le Préfet-en-Chef ne mit pas très longtemps à arriver à la salle des professeurs pour chercher son itinéraire et, pour une fois, il était le premier. S'il fut un peu déçu en constatant que seuls les professeurs Joly et Lastek se trouvaient là, le sourire lui revint en sortant, le fameux parchemin dans les mains. Wiertz se rapprochait de la salle des professeurs à grands pas. Derrière, Lysenko arrivait l'air essoufflé et le visage inquiet d'être en retard.
James ignora son homologue et vint à la rencontre de Wiertz, impatient.
- Potter, le salua ce dernier, la mine sombre. Lysenko.
Cette dernière s'arrêta près d'eux et répondit à son salut avec engouement, comme la parfaite petite lèche-bottes qu'elle était. Le Gryffondor, lui, ne s'embarrassa pas d'autant de politesse.
- Alors, vous avez pu parler à McGonagall ?
- Au professeur McGonagall, corrigea l'Allemand.
Le rouquin jeta un coup d'œil autour de lui pour vérifier qu'aucune oreille malveillante ne pouvait surprendre cette conversation. Il posa ensuite ses yeux sur le jeune homme, grimaçant doucement.
- Je vous avais prévenus qu'il faudrait des preuves et non des présomptions.
- Mais …
- Je sais, le coupa Wiertz. Il va sans dire qu'Assem …
Le professeur Assem, songea ironiquement le jeune Potter sans pour autant l'interrompre.
- … doit être surveillée de très près. A partir de maintenant, je n'aurais de cesse de trouver des preuves de son implication. Et, Potter, Lysenko, je vous interdis de remonter au septième étage, c'est beaucoup trop dangereux. C'est compris ? Je compte sur votre prudence et, surtout, ne parlez de ça à personne.
- Compris, grogna James, soudainement de mauvaise humeur.
Impulsivement, il contourna Wiertz et Lysenko, serrant le parchemin dans ses mains qui se perça instantanément. Il entendit vaguement la Serdaigle souhaiter une bonne soirée à l'Auror et accéléra le pas.
S'il avait su lire entre les mots, McGonagall ne les croyait pas et … peut-être même que Wiertz ne les prenait pas au sérieux.
Oh, il avait eu beau promettre de s'en occuper, James n'avait confiance qu'en lui-même et doutait donc de ses paroles.
Il ne pouvait pas voir Lysenko mais elle était sans nul doute derrière lui. Il pouvait entendre sa respiration saccadée car, peu sportive, la jeune fille avait dû accélérer le pas pour le rattraper. Et bien, aujourd'hui était son jour de chance : il allait lui épargner une nouvelle ronde en sa compagnie et, par la même occasion, s'éviter l'horreur de supporter son visage fermé et pédant pendant deux heures.
Le jeune homme relâcha la pression sur le parchemin qui s'envola doucement avant de retomber sur le sol. Puis, il obliqua vers la droite, poussa la grande porte de fer qui donnait sur le parc et s'y engouffra.
oOoOoOoOo
Gemma Lysenko songea avec amertume qu'elle aurait préféré rester blottie dans les bras d'Abel Johnson, qui avait un peu trop accaparé son attention ce soir-là, d'où son retard. Outre les mauvaises nouvelles de Wiertz, l'attitude de Potter l'horripilait plus que tout.
La porte claqua et elle se baissa pour ramasser le parchemin, le dépliant avec application. Il lui apparut très vite que Potter était tout simplement en train de sécher leurs heures de ronde.
Crétin.
Ils auraient dû être au sixième étage à cette heure-là. Gemma fusilla du regard la porte close avant de fourrer le bout de papier dans la poche de son jean délavé. Resserrant sa cape autour de ses épaules, elle s'engouffra à son tour à l'extérieur, avec la ferme intention de le rattraper. Il était hors de question qu'elle tourne en rond toute seule jusqu'à minuit et le laisse s'en tirer comme ça.
Une fois dehors, un frisson lui parcourut l'échine. Le temps s'était encore rafraichi et, après les beaux jours passés, on aurait pu se croire en plein mois de février. L'air était humide et quelques gouttes tombaient sur son visage. Elle remonta doucement la capuche de sa cape pour se protéger et plissa les yeux, cherchant du regard son homologue.
Elle finit par le repérer sur le sentier qui descendait à la forêt interdite. Pestant, la jeune fille le suivit de loin, n'arrivant pas à le rattraper. Il avait une bonne foulée et elle avait peur de glisser sur le chemin escarpé si elle prenait trop de risques. Une fois en bas, il ne l'avait toujours pas vu et obliqua vers la gauche.
Son objectif n'était apparemment pas la forêt interdite.
A sa plus grande surprise, il se dirigea vers l'enclos des licornes, escalada la barrière qui les séparait du parc et resta assis-là. Se rapprochant discrètement, Gemma jeta de petits coups d'œil autour d'elle, cherchant du regard qui il pouvait bien attendre.
Plus loin, une licorne, non un poulain plutôt, se dirigea vers Potter et elle eut un sourire sadique en songeant qu'il allait se faire mordre. Elle faillit tomber à la renverse lorsque le bébé licorne posa doucement sa tête sur la cuisse de Potter et qu'il se mit à le caresser doucement.
Je suis le seul garçon qui a pu approcher les licornes ! Et y'en a une qui m'a même léché le visage.
Elle se souvint brusquement des vantardises du Préfèt-en-Chef auxquelles elle n'avait pas prêté attention à l'époque, trop occupée à se dissimuler pour ne pas qu'il la repère. Alors cet escroc n'avait pas menti.
Mais de là à découvrir qu'il aimait passer du temps avec les animaux.
Elle ne perdit pas de temps en considération et décida de rebrousser chemin. De toute façon, malgré sa nouvelle assurance, elle ne se voyait pas hurler et ramener Potter au château par la peau des fesses. L'adrénaline contenue dans son corps avait fini par disparaitre et elle se sentait mal à l'aise de l'avoir suivi.
Elle remonta donc au château avec une constatation nouvelle : Potter était plus aimé des animaux que des humains.
En même temps, quel être humain saint d'esprit pourrait avoir envie de lécher le visage de ce type ?
oOoOoOoOo
Le lendemain matin, Dominique se réveilla, une boule dans l'estomac. Elle avait rêvé du match contre les Serpentard, qui avait lieu le samedi suivant, et espérait que ce n'était pas un mauvais présage. Dans son rêve, rien ne se passait comme prévu. Carrie, son attrapeuse, avait la rougeole et elle avait été obligée de la remplacer par ce pataud d'Anatole Bensberg. Emeline et Abel McKinley, les deux autres poursuiveurs de son équipe jouaient aux cartes explosives pendant le match et elle-même tentait de surfer sur son balai. Il avait fallu deux minutes et trente-cinq secondes à leurs adversaires, et Nott plus particulièrement, pour attraper le vif d'or.
- Entrainement ce soir, vingt heures, lança-t-elle à Isabel Lowell qui se redressait difficilement sur ses coudes dans le lit en face.
La blonde opina du chef avant que sa tête ne retombe sur son lit, les yeux clos. Deux secondes plus tard, elle s'était rendormie. Ce qui n'était pas le cas de Joana Mayer qui se faufila inopinément devant Dominique et lui claqua la porte de la salle de bain au nez en chantonnant effrontément.
- Espèce de …, commença à râler la jeune Poufsouffle.
- La ferme ! grinça Camille qui n'était pas vraiment réveillée et lui lança son oreiller à la figure.
Dominique finit par retourner s'asseoir dans son lit pour bouder et se rendormit quelques secondes plus tard. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il n'y avait plus que Molly dans la chambre, une paire de chaussures vertes dans une main et une paire de chaussures rouges dans l'autre. La porte de la salle de bain était ouverte et on n'entendait plus rien.
- T'aurais pu me réveiller !
- Je voulais mais Isabel m'a dit qu'elle me lancerait un sortilège de Furoncles si je le faisais. Je crois qu'elle n'apprécie pas trop les entrainements intensifs de Quidditch, murmura Molly, plongée dans ses pensées. Je mets les rouges ?
Dominique poussa un grognement étouffé et alla s'enfermer dans la salle de bain en oubliant de dire à Molly que le rouge allait fortement jurer avec ses pis, sa cousine méritait bien ça pour sa trahison. Vu l'heure qu'il était, elle allait devoir louper le petit-déjeuner pour se rendre en cours. Après avoir séché toute une journée, elle s'était vu infliger quatre heures de retenues et n'avait aucune envie de réitérer l'expérience.
Lorsqu'elle en ressortit, propre et habillée, Molly avait disparu. D'habitude sa cousine s'occupait de sécher ses cheveux emmêlés avec sa baguette mais elle devrait faire l'impasse sur ça aussi aujourd'hui.
Elle attrapa son sac de cours et se rendit directement en cours d'Histoire de la Magie, particulièrement de mauvaise humeur. Les autres Poufsouffle étaient déjà là et elle fusilla Isabel du regard qui lui répondit par un petit sourire innocent.
- Je crois que ton cousin veut te parler, lança innocemment la grande blonde.
- Je suis pas aveugle, grogna la jeune fille.
Effectivement, il fallait le faire exprès pour ne pas voir les grands signes que lui faisait James, les deux bras en l'air. Lorsqu'elle était passée près de lui, il avait tenté de la retenir, sans succès. Dominique n'avait aucune envie d'une discussion matinale avec lui. Néanmoins, elle ne pouvait plus l'ignorer à présent et se dirigea vers lui en trainant des pieds.
- Tu ne m'as pas vu ? s'enquit-il en la trainant par le coude dans un endroit plus calme, à l'abri des oreilles indiscrètes.
- Non, sourit ironiquement la jeune fille. Je m'en excuse platement, oh grand James Potter !
- J'ai vu Wiertz hier soir, lança le Préfèt-en-Chef en lui frappant douloureusement l'épaule.
Dominique grogna avant de l'inciter à en dire plus d'un geste de la main.
- Pour résumer, McGonagall ne nous croit pas et il nous a interdit de remonter au septième étage.
Pas étonnant. En même temps, à la place de leur Directrice, elle aurait aussi cru à une blague si quatre adolescents qui ne pouvaient pas se supporter lui avaient rapporté que le responsable des agressions n'était nul autre qu'Assem, un professeur respecté. Elle avait bien dû se moquer de Wiertz.
- Et alors ?
James Potter lui répondit par un sourire sans équivoque, ses yeux noisettes brillant d'une étrange lueur. Dominique Weasley poussa un profond gémissement : elle connaissait ce regard.
Wiertz pouvait toujours aller se brosser.
oOoOoOoOoOo
- James a vu Wiertz hier soir.
Mal à l'aise, Dominique tenta de dissimuler ses émotions et releva la tête, le visage faussement calme.
- Nous n'avons plus le droit de remonter là-haut, il reprend l'enquête jusqu'à trouver des preuves.
- Bien.
Isaac Nott lui faisait face dans le hall bondé où elle avait réussi à le coincer quelques minutes plus tôt. Froid, distant, en vérité il n'agissait ni plus ni moins aussi stoïquement que d'habitude. Mais, maintenant, elle savait qu'il suffisait d'un geste de sa part pour le faire réagir.
D'un côté, cela la satisfaisait pleinement. Après cinq ans de froid silence et presque une année passée à tenter d'attirer son attention, elle avait enfin trouvé la faille. Elle avait trouvé le moyen de le toucher, au sens propre comme au figuré et, tout en se demandant ce que cela signifiait, doutait de vouloir continuer dans ce sens car de l'autre côté, son estomac faisait des bonds rien qu'à la pensée qu'Isaac apprenne ce qu'elle avait mis tant d'application à cacher depuis toujours.
En face d'elle, le Serpentard ne broncha pas d'un poil, malgré la mauvaise nouvelle qu'elle venait de lui rapporter. Adopter une stature stoïque était encore sa meilleure défense.
Allait-il laisser son ancienne meilleure amie reprendre le dessus alors que, pendant six ans, il l'avait dominée de tout son être, gagnant étape après étape en l'ignorant ostensiblement. Devant ses yeux bleus brillants d'une gêne non dissimulée - elle n'avait jamais su cacher ses sentiments -, il ne broncha pas.
Ce n'était pas cette petite blonde, à peine plus épaisse qu'une crevette qui allait avoir le dernier mot. Ça n'avait jamais été comme ça, même quand ils étaient enfants. Il se voilait peut-être les yeux en croyant avoir toujours tout dirigé car, peut-être, ils avaient été sur un pied d'égalité à un moment. Puis, chacun avait voulu être le meilleur jusqu'à en arriver à vouloir surpasser l'autre. Dominer. Avec leurs caractères affirmés, c'était plus que logique. Il ne voyait pas ça comme un jeu mais comme une nécessité. Il ne devait pas la laisser l'atteindre parce que c'était ce qu'elle voulait. Et elle ne l'avait pas mérité. Elle n'avait pas assez souffert de son silence.
Le jeune homme, toujours immobile, releva doucement les yeux, détaillant ce qui se passait derrière Dominique Weasley avec application. Là, un groupe de Poufsouffle braillard qui rigolait de salacités lancées par l'un d'eux. Là, Flint et Potter s'esclaffant comme des enfants. Un peu plus loin, deux Serpentard s'embrassant, un sourire aux lèvres. Immatures et ignorants, personne ne semblait s'intéresser à eux. Pourtant, lui, Isaac Nott, n'envoyant pas s'encastrer dans un mur Dominique Weasley aurait dû être leur principal souci. Ils ne semblaient pas les voir. Enfin, son regard se posa sur ce qu'il cherchait.
Qui il cherchait plutôt.
Elle portait l'uniforme des Serdaigle, abordait un air étrangement préoccupé et dissimulait ses yeux sous une frange épaisse. Elle était la seule à les regarder et, pour cause, elle était avec Weasley quand elle lui avait littéralement sauté dessus.
- Tu m'excuseras mais j'ai autre chose à faire, susurra-t-il.
Et, d'une démarche lente, il rejoignit Gemma Lysenko et, sans prendre le temps de lui demander son avis, glissa son bras sous le sien, l'entrainant un peu à l'écart, vers le parc. S'il arrivait à ignorer facilement le regard stupéfait de la Serdaigle, il sentit longtemps les yeux noirs de Dominique dans sa nuque.
oOoOoOoOoOo
Le lendemain soir, jour autoproclamé fête nationale par James Potter
- C'EST LA FÊTE ! hurla Dominique Weasley en levant les bras en l'air, juchée sur l'une des tables de travail de la salle commune des Gryffondor.
Et la jeune fille sauta à terre, manquant de se casser la figure et faisant bien rigoler les nombreux autres élèves qui se trouvaient là. Sa cousine Molly l'aida à se relever tandis que Dominique levait le nez d'un air snob, défiant qui que ce soit de lui faire une remarque face à son attitude.
Aujourd'hui, James Potter avait dix-huit ans. Et, comme tous les ans, il tenait à ce que ce jour soit le plus mémorable de l'année. A partir de dix-neuf heures, la salle commune se transformait en buffet, boîte de nuit et même dortoir pour certains élèves qui avaient un peu abusé de la boisson. Ce n'était pas comme les quelques soirées qu'organisaient les Poufsouffle où on dansait, sortait les guitares et parlait jusqu'au bout de la nuit. On pouvait faire n'importe quoi, du moment que ce ne soit pas trop illégal. On riait, on se lançait des défis salaces, on se trémoussait sur de la musique électronique et, surtout, on adulait le roi de la soirée, James Potter.
Pour l'instant, aucun professeur ne les avait surpris. Et il comptait bien que ce soit la même chose pour sa dernière année.
Ce soir-là, il n'y avait généralement pas que des Gryffondor. Déjà, James conviait toute sa famille, même Albus le Serpentard et Louis le Préfet qui râlait toujours parce que tout ce qu'il se passait dans la salle commune ce soir là violait la plupart des règlements de Poudlard. Les filles étaient bien habillées - ou pas, comme sa cousine Dominique qui portait un jean noir troué et un tee-shirt informe qui l'engloutissait toute entière - et les garçons roulaient des pectoraux.
Outre les cinquièmes, sixièmes et septièmes années de Gryffondor, on pouvait voir, à différents endroits de la salle commune, Rose Weasley et Anatole Bensberg, Lily Potter, Hugo Weasley et quelques uns de leurs amis communs de troisième année, Albus Potter et - James avait bien été obligé d'abdiquer - Scorpius Malefoy, Molly Weasley, Dominique Weasley et Camille Teyssier, Louis Weasley et sa petite-amie trop maquillée, Savannah Harper, et quelques joueurs de Quidditch de maisons adverses comme Abel McKinley et Emmeline Carter, ainsi que le deuxième batteur de Poufsouffle (la première étant Isabel Lowell) et un poursuiveur de Serdaigle - mais pas de Serpentard.
La musique résonnait à travers les dortoirs, la nourriture disparaissait peu à peu et les rares bouteilles d'alcool avaient réussi à trouver des adeptes. Bref, tout était réuni pour que cet anniversaire soit le meilleur de la scolarité de James Potter, surtout si Dewi Carlson continuait à remonter son tee-shirt, faisant baver la plupart des garçons présents.
- S'ils savaient, sourit Nella Flint à côté de laquelle il s'était laissé tomber quelques instants plus tôt.
Elle désignait Dewi qui dansait lascivement contre Luis Rodriguez, un Gryffondor avec qui sa cousine Molly était sortie quelques jours. James sourit mais pas pour les mêmes raisons. Avec un peu de chance, sa meilleure amie se rendrait compte que l'homme de sa vie était un homme et… non, ça n'avait pas intérêt à être Rodriguez qui avait autant de conversation qu'un mollusque et changeait de copine toutes les semaines.
Wil Jordan, pour une fois, était loin de Nella. Pour l'instant, il discutait avec Dexter Holtz, le sérial kisseur de sa maison. Molly et Rose Weasley l'évitaient soigneusement, même si la seconde n'aurait pas été contre lui mettre, une fois de plus, sa main dans la figure. Mais, pour l'instant, elle riait joyeusement avec Bensberg, semblant réellement attachée au garçon calme et patient de Poufsouffle. Ils formaient un couple étrange mais on commençait à avoir l'habitude. Ils faisaient presque partie du paysage maintenant.
Tout comme Flint et Wil, songea-t-il en se tournant vers la jeune fille. Au final, il s'était habitué à l'idée d'une présence plus féminine et douce que Dewi, à cette intelligence tranquille mais pointilleuse. Et puis, contrairement à ce qu'il avait autrefois pensé, Flint n'avait jamais cherché à le séparer de ses amis. Honnêtement, s'ils s'étaient rencontrés plus tôt, ils n'auraient pas formé un trio mais un quatuor.
- Quoi ? rougit-elle.
Le jeune homme se rendit compte qu'il l'observait depuis de trop longues secondes pour passer inaperçu et leva sa bouteille de Bierraubeure en l'air pour garder contenance.
- Elle est cool cette soirée, lança-t-il.
- Ouais, répondit-elle du bout des lèvres.
Bon, évidemment, quand on connaissait la prude Nella Flint, on pouvait comprendre que certaines scènes pouvait la faire tiquer. Par exemple, Albus était présentement en train de parier leur petite sœur à une partie d'échec, en échange du droit de peloter la poitrine d'une quatrième année de Gryffondor qui le regardait avec un air de chien baveux. Son adversaire était le petit-ami de la Gryffondor et avait l'air d'avoir très envie de ravir Lily Potter. Néanmoins, James ne se fit pas de soucis. Même si Albus perdait, son bagarreur de petit frère préférerait mettre son poing dans la figure du Gryffondor plutôt que de lui laisser sa sœur. Et James n'hésiterait pas à en faire de même.
Plus loin, Dominique avait entamé une chenille et cherchait à embarquer le plus de personnes possibles dans son délire. La petite-amie délurée de Louis fut la première à se plier au jeu et, bientôt, une ligne de personnes défilait dans la salle commune, se trémoussant au rythme de la musique.
Quelques couples - ou non -, s'embrassaient dans un coin de la salle, d'autres se goinfraient de toasts et de gâteaux et certains étaient posés dans les canapés et fauteuils comme James et Nella.
D'ailleurs, James resta avec la Serdaigle une bonne partie de la soirée, discutant de tout et de rien mais pas de cours pour une fois. Il réussit à lui faire parler de sa famille, de son père trop sévère mais surtout de sa mère trop exubérante, finit par lui dire qu'il déplorait n'être qu'un nom pour la plupart des élèves. Ils embrayèrent sur sa trop nombreuse famille qui lui donnait parfois l'impression d'avoir un grain - ils parlèrent de ça quand Rose, excédée par les œillades d'Holtz lui envoya son pied dans les parties intimes - et, sans trop savoir comment, arrivèrent à parler de dragons argentins.
Au bout d'un moment, Wil les rejoignit et James se fit alpaguer par son équipe de Quidditch qui le força à avaler quelques verres. Au bout du onzième, il déclara forfait. De un, il ne tenait pas vraiment l'alcool, de deux, cette tradition d'avaler autant de verres d'alcool que son âge était stupide.
- Et bien Jamie, on tient pas debout, ricana Dominique en le poussant du coude.
Et il vacilla légèrement. Il dansa ensuite avec Molly, puis Savannah Harper, la copine de Louis qui les surveillait distraitement du coin de l'œil, se fit alpaguer par une sixième année de sa maison qui le colla un peu trop à son goût et, quand il parvint à s'échapper, défia Scorpius Malefoy au bras de fer. Il gagna haut la main, heureusement pour son égo.
- YOUHOUUUUUUUUUUUU !
Dominique était toujours aussi exaltée, en oubliant peut-être le match du lendemain qui allait opposer son équipe à celle des Serpentard. De ce match, dépendrait le résultat final. Les Serdaigle étaient définitivement hors jeu mais les trois autres maisons pouvaient prétendre à la coupe. Si Serpentard gagnait, alors c'était fini pour les autres. Si Poufsouffle gagnait avec un court écart, c'était Gryffondor qui remportait la coupe mais s'ils avaient plus de deux cent points d'écart, alors elle leur reviendrait. Autant dire qu'il supporterait les Poufsouffle tout en priant Merlin et les Fondateurs pour qu'ils ne prennent pas trop d'avance.
Alors que sa cousine sautillait sur la table, tentant d'entrainer Molly et Camille à sa suite - ce pour quoi elles ne se firent pas prier -, il rejoignit Dewi, Wil et Nella qui n'avaient pas bougé. Apparemment, sa meilleure amie n'avait pas l'air très heureuse. Il comprit vaguement que ça avait un rapport avec Luiz Rodriguez, dont les mains avaient été un peu aventureuses et marmonna :
- Tu veux que j'aille lui casser la gueule ?
- Dans ton état ? se moqua la jeune fille. Il ne ferait qu'une bouchée de toi.
Et c'était vrai. L'alcool obscurcissait son esprit et rendait malhabiles ses mouvements. Néanmoins, par pure bravade, il se renfrogna. Lui, perdre contre un blanc-bec comme Rodriguez, qui ne lui arrivait même pas à l'épaule… même s'il était deux fois plus large que lui. Deux fois plus rapide aussi. Deux fois plus bagarreur. Bon, d'accord, il n'avait aucune chance.
La jolie Dewi les quitta quelques minutes plus tard etWil, après avoir effleuré les lèvres de la Serdaigle avec douceur, se dépêcha de la rejoindre. L'esprit de James n'était pas le seul à avoir été malmené par l'alcool, Dewi avait un peu bu aussi et venait de se faire alpaguer par le fameux Rodriguez.
- Tu sais quoi ? s'exclama James en se retournant vers Nella qui lui lança un regard inquisiteur.
Le baiser échangé entre les deux et l'alcool le rendant beaucoup moins enclin à dissimuler ses sentiments, il poursuivit :
- J'aurais pas cru au début, mais t'es vraiment parfaite pour Wil.
Puis, il laissa tomber sa tête lourde dans le canapé. Nella, elle, tourna distraitement la tête vers Wil qui tentait de soustraire Dewi des mains du sixième année, sans succès pour l'instant. Un peu mal à l'aise, elle baissa la tête.
- Quoi, t'es pas d'accord ? s'enquit James, paraissant remarquer son trouble.
- Si, si.
La jeune Serdaigle le regarda se redresser pour la dévisager - comme si les causes de sa gêne s'étaient inscrites sur son visage - et elle détourna le regard. Elle, parfaite pour Wil ? Peut-être. Non, en vérité, elle n'y croyait pas vraiment. Leur première et dernière brouille s'infiltra dans son esprit. Et une question, par la même occasion. Si elle était réellement parfaite, elle aurait dû accepter les rêves d'avenir peu glorieux de son petit-ami. Et cela la faisait se sentir minable que ce ne soit pas vraiment le cas, malgré sa promesse.
Elle adorait Wil. Il était gentil, généreux et, surtout, il la traitait comme une princesse, comme le surnom que lui octroyait James. Mais, et elle réfléchissait beaucoup trop, il n'y avait pas que ça. Elle se posait beaucoup de questions. Comment cela allait-il se passer l'année prochaine, quand elle serait à Orel, à des milliers de kilomètres de l'Angleterre ? Comment ses parents allaient-ils réagir si elle leur présentait Wil ? Comment gérer tout ça sans devenir folle ?
Il n'y avait pas mort d'homme. C'était seulement de l'avenir qu'elle s'inquiétait.
- T'es pas d'accord, affirma Potter. C'est quoi le problème ?
- J'en sais rien, affirma-t-elle, plutôt franchement en haussant les épaules.
Le Préfet-en-Chef lui jeta un regard indéfinissable avant de pousser un grand soupir. A présent, Nella regrettait de s'être laisser aller, même un petit peu. Malgré leur nouvelle entente, elle n'avait aucune confiance en James lorsqu'il s'agissait de ses amis. Elle était la pièce rapportée, la petite dernière. S'il y en avait une à sacrifier, ce serait elle.
- Manquait plus que ça, grogna le Gryffondor avant de s'en aller.
oOoOoOoOoOo
- Deux cents points. Deux cents, répéta Dominique en jaugeant l'ensemble de ses joueurs en un seul coup d'œil. Et ensuite, nous serons sacrés champion pour la première fois depuis des lustres. Je ne compte pas quitter ce terrain sans la coupe. Alors vous avez intérêt à être particulièrement brillants ! Vous m'avez entendu ?
- Oui Cap'tain, répondirent les joueurs à l'unisson, avec plus ou moins d'entrain.
Pour ce dernier match de l'année, la plupart abordait une belle couleur verdâtre sur le visage. Isabel lui avait rapporté qu'Emmeline Carter avait déjà rendu son petit-déjeuner et que son homologue batteur était tellement stressé qu'il avait failli tomber dans un piège stupide des Serpentard destiné à l'éliminer du championnat.
Les joueurs continuèrent à se changer lentement et, quand tout le monde fut prêt, la jeune Capitaine décida de leur lancer un dernier mot d'encouragement.
- On peut y arriver.
La jeune fille aussi était stressée mais elle ne pouvait pas le montrer. Ses joueurs comptaient sur elle. Prenant une grande inspiration, elle se dirigea vers la porte qui menait au terrain, son balai bien serré dans la main gauche. Chacun à leur tour, ils se mirent en ligne derrière elle. C'est de cette manière qu'ils pénétrèrent sur le terrain, se dirigeant vers Olivier Dubois, le professeur de Vol et arbitre de toutes les rencontres.
Les Serpentard étaient déjà là, tous plus stoïques les uns que les autres. Tout était dans la carrure et l'apparence dans cette équipe exclusivement masculine. C'est vrai, hormis Isaac, c'étaient de véritables armoires à glace qui n'hésitaient pas à jouer le contact pour déstabiliser leurs adversaires. Mais c'était la septième fois qu'elle les affrontait et il lui en faudrait plus pour se liquéfier sur place.
Avec plus ou moins de bonne volonté, Dominique serra la main de chacun des joueurs qui tentèrent un par un de lui broyer les doigts. Elle se posta finalement devant le Capitaine, prolongea l'étreinte plus que nécessaire et lui fit un clin d'œil.
- Aujourd'hui, tu vas assister à ta propre déchéance.
Un sourire narquois apparut sur le visage de Nott qui secoua fermement la tête, lui signifiant qu'il n'allait pas se laisser faire aussi facilement.
Dubois rappela les règles élémentaires du Quidditch, leur donna quelques recommandations avant de leur faire signe de s'envoler. Après un dernier regard chaleureux vers ses joueurs, elle enfourcha son balai.
- … WEASLEY, LOWELL, WATSON, CARTER, MCKINLEY QUI D'AILLEURS EST PRESSENTI POUR REMPLACER WEASLEY L'ANNÉE PROCHAINE, se mit à beugler Johnson qui commentait le match, comme d'habitude.
Elle ignora la voix de cet abruti qui citait ses joueurs puis ceux de l'équipe adversaire et se mit en position. Emmeline au centre, à sa droite et Abel de l'autre côté du terrain, sur la même ligne.
Que le jeu commence.
Dubois siffla le coup de sifflet initial et des hurlements se firent entendre dans les tribunes. Les supporters faisaient leur boulot, à eux de faire le leur.
Les poursuiveurs adverses étaient costauds mais moins rapides qu'Abel et la légère Emmeline. Ses coéquipiers marquèrent trois buts en cinq minutes avant qu'elle-même ne se distingue en parcourant l'ensemble du terrain sans être inquiétée et en feintant le gardien adverse très facilement. Là, les Serpentard parurent se réveiller et leur gardien laissa passer deux buts.
40-20 pour eux. Il fallait juste qu'ils aient cinquante points d'écart avant que Carrie n'attrape le vif d'or. Sinon, ce serait les Serpentard qui gagnaient. Ou les Gryffondor, s'il n'y avait pas assez d'écart.
- ALLEEEEEEEEEEEEEEZ ! hurla Camille Teyssier, alors qu'elle récupérait le souaffle au dessus de la tribune de ses camarades.
Dominique lui adressa un signe de la main. Cela l'avait déconcentré car elle manqua se faire percuter par un cognard et fut sauvée in-extremis par Isabel Lowell qui le renvoya plus loin. Elle fit la passe à Abel, qui le lança très vite à Emmeline, qui marqua.
50-20.
Puis, tout se passa très vite. Elle marqua deux buts d'affilés, Abel deux autres.
90-20
Et Carrie attrapa le vif d'or.
Des hurlements s'échappèrent des tribunes, puis des applaudissements, des cris de joie, des tremblements. Le match avait duré à peine dix minutes.
Ils... avaient gagné ? Dominique, qui n'avait pas vu sa jeune attrapeuse se saisir de la petite balle dorée n'y crut tout d'abord pas et resta tétanisée. Mais, les cris de joies de ses joueurs qui se précipitaient sur le terrain pour célébrer leur victoire et se jeter les uns sur les autres rompit sa léthargie. Fonçant vers la pelouse, elle laissa tomber son balai et se précipita vers les autres. Très vite, avec Carrie, elles furent portées en l'air, félicitées chacune comme il se doit.
- On a gagné ! On a gagné ! On a gagné ! répétaient les joueurs, comme hébétés.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit Dominique en retrouvant la terre ferme.
Isabel, à qui cette question était destinée lui lança un regard étrange. Elle comprit finalement que son amie n'avait pas pu suivre l'action et expliqua.
- Le vif d'or est apparut très vite. Nott et Carrie l'ont vu tous les deux mais un cognard a déstabilisé le premier et, ensuite, ça a été très facile !
- Qui a envoyé ce cognard que je le félicite ? se réjouit la jeune fille.
- Un Serpentard.
- Quoi ?
- Oui, il est passé non loin de Nott et l'a obligé à ralentir.
Il est passé non loin de …
La jeune fille ne put pas réfléchir plus longtemps à la tournure de phrase d'Isabel qui lui parut bizarre sur le coup sans qu'elle ne sache pourquoi, car la Directrice s'approchait de leur équipe pour leur remettre la coupe. Scott était là aussi et avait l'air plutôt fier d'eux. C'était sûrement la première fois de sa vie qu'elle le voyait d'aussi près et qu'il lui souriait.
Après un discours plutôt solennel de la part de McGonagall, elle se vit remettre la coupe dans les mains et la leva au dessus de sa tête, le visage resplendissant. Les applaudissements et les hurlements reprirent. Puis, elle la passa à sa droite et ce fut au tour d'Isabel de la lever et ainsi de suite.
Pendant de longues minutes, ils durent saluer la foule, serrer la main de leurs adversaires et Dominique vécut ça comme un rêve. Ils avaient gagné.
C'était l'une des premières fois que les Poufsouffle gagnaient quelque chose.
- Ce soir, fête mémorable, annonça-t-elle dans les vestiaires. Qui connait un moyen de passer à Pré-au-Lard ?
- Moi, lança le gardien. Je m'en occupe.
- Super !
Tous les joueurs applaudirent et ils se changèrent dans l'allégresse générale. Chacun de ses joueurs était euphorique et la petite Carrie était le centre de l'attention. Cette jeune fille était vraiment talentueuse et, avec les années, nul doute qu'elle arriverait loin si elle continuait dans cette voie. Honnêtement, malgré ses douze ans, elle n'aurait pas hésité à lui donner l'insigne de capitaine pour l'année suivante. Néanmoins, son choix restait Abel McKinley, le quatrième année l'ayant bien mérité lui aussi. Elle décida de laisser planer un peu le suspens avant d'annoncer son choix à McGonagall.
Lorsqu'ils sortirent, tous ensemble, toute leur maison et bien plus était là pour les accueillir et l'ensemble des élèves s'exclamèrent de joie à leur arrivée.
- T'es la meilleure ! s'exclama Camille en se jetant sur elle.
- On a gagné ! On a gagné ! s'époumona Molly en tentant de lui briser les tympans.
Dominique réussit à se dégager avant de perdre ses oreilles et, par un heureux hasard, tomba sur James Potter qui lui octroya un sourire mi-blasé... mi-satisfait.
- Mieux vaut toi que ces crétins de Serpentard, lui murmura-t-il à l'oreille.
Elle le remercia d'un coup de poing dans le ventre mais avec le sourire. Elle n'allait quand même faire la gueule ce jour-là. Tout ce bonheur, cette satisfaction du devoir accompli lui paraissait encore irréel. Elle réalisait mais… pas vraiment. Ces accolades, ces sourires, ces larmes parfois … et c'était en partie grâce à elle ? Ce jour était le plus beau de sa vie.
Son regard capta celui d'un certain Serpentard et elle n'hésita pas à se diriger vers lui. Il avait l'air en pleine discussion avec son acolyte Ayling mais elle n'était pas du genre à s'en préoccuper. Ce dernier, d'ailleurs, lança un clin d'œil à Nott qu'elle ne comprit pas avant de la féliciter plutôt chaleureusement. S'il se moquait d'elle ? Elle n'en savait rien, après tout, s'aurait pu être sincère à cause d'Isabel.
- Bien joué, déclara platement Nott.
- C'est quoi cette histoire de cognard ? répondit-elle, en se souvenant des paroles d'Isabel.
- Simple malchance.
- Tu as toujours préféré te prendre un cognard dans la figure plutôt que de...
- A plus tard.
Et, sans sommation, il la laissa plantée là. Si Dominique décida de ne pas s'en formaliser, songeant qu'il vivait cette défaite plus mal qu'il ne le laissait paraitre, elle le suivit longuement du regard et le regarda saluer Gemma Lysenko en passant.
Peu importe, décida-t-elle en retournant vers son équipe. Aujourd'hui, c'était un jour de fête.
