Chapitre 45 : Le dérapage

Je m'étais levée extrêmement tôt ce lundi matin et Drago dormait encore à point fermé lorsque je refermai la porte de ma chambre derrière moi pour transplaner. J'avais un arrêt très important à faire avant d'aller à Poudlard et c'était avec Théodore que je m'y étais rendue. Mon rendez-vous avait duré plus longtemps que prévu mais nous étions tout de même arrivés à l'heure pour notre cours de botanique. Je n'avais loupé qu'une semaine par rapport aux autres élèves, mais avec les vacances de noël, j'avais l'impression que cela faisait une éternité que je n'avais pas remis les pieds à Poudlard.
Lorsque j'entrai dans notre serre, Harry et Ron me firent signent pour que je me joigne à eux et je lançai un dernier sourire de remerciement à Théodore avant qu'il ne rejoigne les serpentards.

Ces deux premières heures se passèrent bien et je ne me sentis absolument pas perdu grâce aux notes qu'avait consciencieusement pris Théodore. Je n'aurais jamais eu un travail de telle qualité avec Drago, mis à part en potion peut-être. Hagrid fut très heureux de me retrouver pour notre deuxième cours de la mâtiner et je lui retournai la politesse. Hagrid n'avait jamais été un simple professeur pour Ron, Harry et moi. Non il était bien plus. Il était l'une de ses personnes qui caractérisait si bien notre belle école.

Lorsque le repas de midi arriva je fus stupéfaite de voir que Harry et Ron se dirigeaient vers la table des Serpentard d'un pas naturel. Ils s'installèrent près de Pansy, Daphné, Blaise, Théodore et Drago. Je les suivis d'un air intriguée.
- Ginny a oublié qu'on avait dit qu'on déjeunait tous ensemble ou quoi ? S'exclama Harry.
Ron ne lui répondit pas, il était déjà en train de se servir, mais bien vite, la concernée nous rejoignit accompagnée de Luna. Neville s'installa à côté de cette dernière et le dernier à nous rejoindre fut Dean qui s'assit à côté de Pansy qui lui avait gardé une place.
Ma place était coincé entre Harry, Ginny, Drago et Luna mais je parvins tout de même à attendre Théodore situé à l'autre bout de la table, qui me demandait si ses notes me convenaient.
- C'est parfait, lui répondis-je d'un grand sourire.
- Bon il faut que nous raconte la version non officielle maintenant, me lança Pansy qui était assise juste en face de Théodore. Comment c'était dans l'eau ?
Mes amis lui lancèrent un regard interdit. Il fallait dire qu'elle manquait cruellement de discrétion, comme d'habitude. Elle se rendit aussitôt compte de sa gaffe et plaqua une main sur sa bouche.
- On en parlera demain, dis-je alors le plus amicalement possible.
- Demain ? Répéta-t-elle surprise.
Au regard déçu des autres je compris vite qu'ils s'étaient attendu à la même chose que Pansy.
- Oui demain, confirmai-je d'un sourire timide.
- Pourquoi tu la fais répéter ? Tu as très bien compris, commenta Drago de mauvaise humeur.
Pansy se retint de lui répondre, mais lui adressa tout de même un regard glacial avant de se ré-intéresser au contenu de son assiette.

Le cours de métamorphe de l'après-midi se passa dans le même calme que ceux du matin et à seize heures lorsque Harry et Ron rejoignirent la salle commune, je me dirigeai de mon côté vers la bibliothèque. Ils ne m'avaient pas fait la moindre réflexion étant donné que j'avais pris un peu de retard dans mes cours, mais ce n'était pas à proprement pour travailler que j'y étais allée. J'avais des recherches personnelles à faire, des recherches sur les sirènes. Mme Pince me lança un bref coup d'oeil lorsque je passai devant elle pour accéder aux livres de la réserve, avant de replonger son nez dans un gros classeur. Depuis le temps, elle savait que j'avais un laissé passer pour toute l'année. Je me félicitai d'ailleurs d'avoir toujours été une bonne élève, parce que sans ça, je n'aurais jamais eu accès à tout ces ne mis pas longtemps à tomber sur l'ouvrage qui me semblait le plus à même de me fournir les informations que je recherchais.
Très peu de gens faisaient la distinction entre les deux types de sirènes existantes, tout comme mes amis. Seul Harry avait dû la faire, car il en avait vu au fond du lac de Poudlard lors du tournois des trois sorciers.

Le livre débutait d'ailleurs pas une petite introduction sur les deux sortes de sirènes existantes.
Il y avait tout d'abord les Selkies vivant dans les eaux très froides, comme c'était le cas dans le lac de Poudlard. Ces dernières avaient la peau grises et des cheveux hirsutes d'une couleur vert sombre ou violacé, des yeux jaunes, des dents cassées et de puissantes queues de poissons argentées.
Cependant je ne faisais pas partie de cette race. Moi, je portai vraiment le nom de sirène. Mon peuple était très ancien et était apparu, d'après le livre, en Grèce pour la première fois. Nous étions décrites comme de magnifiques créatures souvent reprises dans la littérature et l'art moldu.
En parcourant le sommaire, je remarquai cependant que la partie concernant les Selkies étaient largement plus épaisse que celle de mon peuple. Je ne perdis cependant pas espoir, il fallait que je vois si je pouvais en apprendre davantage sur mon peuple, et surtout voir si je pouvais faire confiance à ces écrits en les comparants à la vérité.
Un élève entra soudain dans la réserve me faisait sursauter. Je refermai aussitôt le gros ouvrage et le tournai pour que l'inconnu ne puisse pas voir de quoi il s'agissait.
- Ah Hermione ! S'exclama Blaise en me lançant un clin d'œil. Fidèle au poste n'est-ce pas ! Tu travailles sur quoi ?
Il fit mine de s'approcher de moi et je me relevai alors prestement de ma chaise le gros livre sous le bras.
- Je bosse sur le cours d'Hagrid, dis-je alors d'un ton très sérieux. Je rejoins ma maison on se voit tout à l'heure.
Blaise me lança un regard hébété, mais me rappela quelques secondes après alors que j'allais passer la petite cordelette qui séparait la réserve du reste de la bibliothèque.
- Tu n'aurais pas vu Drago ? Il est partit comme une furie à la fin du cours de métamorphose et je ne l'ai pas vu depuis.
Je secouai la tête d'un air désolé.
- Bah demande lui ! Insista-t-il.
Je le considérai un instant avant de comprendre où il voulait en venir. Les carnets ! J'avais complètement oublié les carnets que Drago m'avait offert à mon anniversaire.
- Désolée, répondis-je alors. Je l'ai laissé dans ma chambre et de toute façon je ne pense pas que Drago l'ait avec lui.
- Si, je l'ai vu dans son sac, enfin bon c'est pas grave. Je ferais la première partie et il se débrouillera pour faire la deuxième partie de l'exposé qu'on a à présenter la semaine prochaine. N'oublies pas, c'est toi qui fait la ronde ce soir ! Ajouta-t-il.
Je hochai la tête tout en lui adressant un sourire et sortis de la réserve, puis de la bibliothèque. Je restai un moment figée dans le couloir en me demandant où je serais le plus tranquille pour lire, sans attirer l'attention. Nul part. Et je n'avais pas envie d'aller m'enfermer dans la salle sur demande pour ça. De toute façon, je n'aurais bientôt plus besoin de me cacher et je lirai le livre à ce moment là. Je respirai un bon coup et partis donc en direction de la salle commune de Gryffondor.
Lorsque je poussai le portrait de la grosse dame, Harry et Ron était assis à l'une des tables et semblaient travailler. Comme c'était assez rare, je ne le dérangeai pas et montai aussitôt jusqu'à mon dortoir. Par chance il était vide. Je tirai mon épaisse malle de sous le lit et y cachai le livre sur les sirènes tout au fond avant de la remettre à sa place. Au moins personne ne tomberait dessus. Alors que j'allai sortir de ma chambre, mes yeux se posèrent sur ma table de chevet. Table qui renfermait le dit carnet. Je sentis mon coeur battre dans ma poitrine et je ne pus me retenir bien longtemps d'ouvrir le tiroir pour voir si Drago m'avait écrit quelque chose. Cependant la page blanche sur laquelle mes yeux se posèrent ne m'étonna pas plus que ça. Je refermai alors le carnet, le remis à sa place et descendis en bas travailler avec les garçons.

Durant le dîner, nous reprîmes nos habitudes et nous déjeunâmes à la table des Gryffondor. Tout le monde semblait d'excellente humeur ce soir là. Tout le monde sauf Seamus. Je le désignai d'un signe de tête discret à Ginny qui se pencha vers moi.
- Il s'est un peu disputé avec Dean, m'expliqua-t-elle. Enfin non, ils ne se sont pas vraiment disputés, mais il trouve que Dean passe trop de temps avec Pansy. Et si tu veux mon avis, je crois qu'il a raison.
Je me retournai discrètement vers la table des serpentard pour constater que le beau brun était en effet à leur table. Mon regard dériva à sa gauche et je tombai sur Théodore qui me regardait. Il me fit un signe de tête amical auquel je répondis avant de me retourner vers Ginny.

Ma ronde se déroulait jusqu'à vingt-trois ce soir et quand je consultai l'heure pour la énième fois, je ne pus retenir un soupire en constant qu'il me restait encore une heure. Cela faisait une heure que je marchais dans le grand château en me demandant bien à quoi cela servait. Je ne croisai jamais personne. Où peut-être que les élèves en question avaient finit par connaître mon trajet par coeur.
- Pff bien sûr ! Laissai-je échapper à voix haute tant je me trouvais stupide.
Il était même évident que les élèves connaissaient mes lieux et heures de passage ! Blaise en attrapait assez régulièrement alors que moi je n'avais pas changé mon itinéraire depuis septembre ! Lorsque ce serait de nouveau mon tour mercredi, je prendrais soin de ne pas du tout passer aux mêmes endroits et rirait bien qui rirait le dernier. J'aperçu soudain une silhouette au fond du couloir. Elle était totalement immobile et ne bougea pas malgré mon approche, ma baguette levée en l'air produisant de la lumière.
- Il est vingt-deux heures, déclarai-je d'une voix autoritaire.
La personne ne bougea pas d'un pouce et resta négligemment adossée au mur. Se foutait-on de moi ? J'accélérai mon pas jusqu'à ce que je puisse enfin voir le visage de la personne en question. Quand je fus assez près pour reconnaître ses cheveux blonds et son allure, je ralentis sans pour autant m'arrêter. Je m'avançai jusqu'à me poster devant lui, une main sur la hanche et un regard sévère inscrit sur le visage.

Drago planta son regard dans le mien d'un air sérieux tandis que j'agitai ma baguette devant ses yeux dans le but d'avoir une réaction de sa part. En effet, son regard changea aussitôt, il devint pénétrant. Il me fixait si intensément que cela en devint dérangeant et je tournai légèrement mes yeux sur le côté. Je sentis alors les mains de Drago se poser sur ma taille dans une infini douceur. Douceur qui fut cependant de courte durée car la pression devint progressivement plus forte, si bien qu'il me fit presque mal lorsqu'il m'attira à lui. Il retira l'une de ses mains de mes hanches pour m'attraper la nuque et me forcer à approcher mon visage du sien. Cette fois-ci il ne me regardait plus, ses yeux semblaient fixer mes lèvres avec envie. La main qui était toujours sur ma hanche passa sous mon pull et remonta contre mon dos nu. Il s'arrêta au niveau du creux de mes omoplates tandis que mes bras, qui étaient jusque là restés le long de mon corps, se posèrent enfin sur ses épaules. Il fit pression sur mon dos pour m'approcher davantage de lui et nos lèvres se touchèrent enfin. Drago me força à me coller davantage à lui, comme s'il voulait que nous ne fassions plus qu'un, alors que j'entrouvrais ma bouche pour l'embrasser avec plus de passion. Je sentis rapidement que Drago avait envie de moi autant que j'avais envie de lui et bientôt il passa ses bras sous mes fesses pendant que j'enroulai mes jambes autour de sa taille dans un mouvement parfaitement synchronisé. Il se retourna pour m'appuyer contre le mur dans le but de s'aider à me maintenir dans cette position. Nous n'avions pas cessé de nous embrasser et j'ouvris dans un geste impatient les boutons de sa chemise pour passer une de mes mains sur son torse tandis que l'autre restait toujours désespérément accrochée à son cou. La chaleur au bas de mon ventre se déclencha avec beaucoup plus de vigueur que d'habitude et je n'eu envie que d'une chose, le débarrasser de tout ses vêtements. La main que j'avais posé sur son torse descendit alors en direction de son pantalon tandis que le bouche de Drago quitta la mienne pour venir m'embrasser avec envie le cou. Sentir ses dents contre ma peau m'excita davantage si c'était possible et au lieu de déboutonner son pantalon je posai ma main sur ses bras qui me soutenaient et lui fis lâcher prise. S'il parut surpris un instant, je ne lui laissai pas l'occasion de faire quoi que ce soit. Je le forçai alors à sa baisser et lorsqu'il fut totalement sur le dos je vins m'allonger sur lui en re-capturant fiévreusement ses lèvres tout en faisant glisser mes mains le long de son torse. Je me fichai totalement d'être couchée par terre au milieu du couloir, tout ce que je voulais c'était coucher avec lui et ne plus jamais me séparer de son corps que j'aimais tant.
Tout se passa ensuite très vite. Alors que j'avais enfoui ma tête dans son cou, je sentis un mélange d'alcool et de sel m'envahir la bouche. Mes dents se rapprochèrent dangereusement de son cou et je savais que j'allais les planter dans sa peau. Je l'aurais fais si des bruits de pas de nous avait pas alerté. Drago me poussa brusquement sur le côté et se releva. Il me tendit sa main d'un geste nerveux que j'attrapai pour me relever à mon tour. Le goût étrange n'avait pas disparu mais je n'avais subitement plus du tout envie de coucher avec lui. Toute mon attention était fixée sur le bout du couloir d'où nous était parvenu le bruit. Drago qui n'avait pas lâché ma main, voulu m'entraîner avec lui dans le sens inverse mais je mis aussitôt fin au contact. Je ne craignais rien moi, j'étais préfète en chef. C'était à lui de vite partir se cacher. Je lui adressai alors un signe de tête impatient en direction du couloir qui menait au côté opposé et après une brève hésitation, il me déposa un baiser sur les lèvres avant de partir en courant.

- Qui est là ? Tonna soudain une voix.
Je rallumai ma baguette et l'approchai de mon visage pour que le professeur Slugorn puisse me reconnaître.
- Oh Mlle Granger ! S'exclama-t-il en souriant. Vous faites des heures supplémentaires ?
Je jetai un furtif coup d'oeil à ma montre. J'avais largement dépassée l'heure de la fin de ma ronde.
- Par Merlin je n'avais pas vu l'heure, fis-je alors. Cela tombe bien, je meure de fatigue.
Je souhaitai une bonne nuit à mon professeur avant de prendre la direction de la tour Gryffondor.
Alors que j'arrivai au septième étage je m'arrêtai brusquement et me laissai tomber à genoux sur le sol dans un cri de rage. Des larmes se mirent à couler abondamment des mes joues et je me mis à trembler. Étais-je devenu un monstre ? Comment avais-je pu avoir autant envie de le mordre que de coucher avec lui ? Si Slugorn n'était pas arrivé j'aurais surement tué Drago et je ne me le serrais jamais pardonné. Que se passait-il chez moi ? Que m'arrivait-il ?!
Après quelques minutes, je me relevai en ravalant mon angoisse. Je passai le portrait de la grosse dame, montai dans mon dortoir pour ouvrir le livre que j'avais caché dans ma grosse valise sous mon lit. Je l'attrapai et redescendis en bas, passais de nouveau le portrait de la grosse dame et filait en direction du bureau de la directrice. Je me fichai de la réveiller en pleine nuit, il fallait que je sorte de Poudlard.

Je dus frapper à sa porte un bon moment avant que Mcgonagall vienne m'ouvrir les cheveux en bataille.
- Mlle Granger ? Que se passe-t-il ?
- Il faut que vous me permettiez de sortir de Poudlard.
- Maintenant ? S'exclama-t-elle en me dévisageant d'un air inquiet.
- Oui, maintenant.
Elle me toisa d'un air étrange un instant avant d'ouvrir plus largement sa porte pour me permettre d'entrer.
- Que se passe-t-il ?
- Je dois voir Narcissa Malefoy.
- Je vous propose de prendre une bonne nuit de sommeil et ...
- Je dois la voir maintenant ! Insistai-je en lui lançant malgré moi un regard menaçant. C'est au sujet de ma condition de ... de sirène.
- Dites-moi ! Peut-être que je peux vous aider, insista mon professeur.
J'eu un rire moqueur.
- Vous avez connu ma mère ? Non ! Narcissa si et j'ai besoin de la voir.
McGonnagall sembla peser le pour et le contre et finalement m'adressa un signe de tête en direction de sa cheminé.
- Allez-y.
Je fus surprise qu'elle obtempère aussi vite, mais elle dû juger à mon état, que voir la mère de Drago était vital. Je la remerciai alors, attrapait la poudre de cheminette et dis haut et fort " Manoir Malefoy" en espérant que le chemin me serait toujours ouvert.