- Tu veux que je fasse quoi ? Demande maman.
- Que tu nous inscrives à des cours à domicile !
Elle se tourne vers moi et je lui prends la tasse de café des mains pour la vider d'un coup. Je tente un sourire innocent devant son air renfrogné.
- Maya…
Et on sonne à la porte. Tant pis pour sa tirade. Et devinez qui c'est ? Aller deviner ! L'auteur commence à devenir répétitif avec ces phrases. Quoi qu'il en soit maman ouvre.
- Billy ?
Il ne manquait plus que lui ! C'est ma journée. Je dis ça avec un air très blasé. Imaginez-la ! Putain, je suis vraiment maudite. D'abord le directeur, ensuite Vasile et son problème avec Ariane et maintenant ça. C'est quoi la suite ? C'est quoi la putain de suite ?
Sam fait rouler Billy dans la maison avec un regard déterminé. Il hoche la tête dans ma direction et ma mère ferme la porte avec impatience.
- Bonjours Maya, Vivi. Le directeur a dit que vous alliez faire le reste de l'année à Forks… il commence.
- Est-ce qu'il a dit que c'était de son plein gré ? Tacle ma mère sarcastique, les bras croisés sans me laisser le temps de répondre.
- Ce n'est pas ce que vous pensez il a surement voulu ….Sam tente de défendre le directeur.
- Tu seras gentil mon garçon et laisses parler les grands, ma mère met un doigt devant elle pour le faire taire.
Oh oh ! Sam a la bouche qui tombe au sol et Billy cache un sourire avec une lueur dans les yeux qui pourrait être interprété pour de l'admiration. Ouai maman est remonté et a peu de tolérance pour la merde d'arriéré. J'adore ma mère.
- Tu sais que les Cullen sont là-bas ? Interroge Billy calé dans son fauteuil.
Maman fronce les sourcils en faisant un geste dans ma direction.
- C'est ce que je me tue à te dire, les vampires vont au lycée de Forks !
Elle se mord la lèvre en pestant comprenant le problème. Moi pas eux. Je risque d'allumer une guerre si je suis à moins de 500 mètres d'eux. C'est mon putain d'instinct, ok ? Il me crie d'aller les mettre en pièces détaché.
- Maya, tu ne pourras jamais suivre tes cours par correspondance. Tu es trop … trop toi, elle lève les mains en l'air.
- Je pourrais aller parler au directeur, offre Billy.
Je me fige sur place. Pas besoin de coup d'œil à ma mère pour savoir que cette idée ne l'enchante pas. Ravaler notre fierté est une tare génétique dans notre famille. Le top 3 des pires choses que l'on peut nous faire. Une véritable torture pour l'amour propre. Et ne dites pas que vous ne savez pas ce que ça veut dire ! C'est typiquement humain.
Maman à raison, je ne pourrais jamais suivre mes cours par correspondance. Angie sans problème mais pas moi. Trop distraite. Trop moi. Merde. Merde.
Je compte jusqu'à trois dans ma tête en fermant les yeux pour ravaler ma putain de fierté. Jamais je n'irais dans le même lycée que des vampires. Puis les ouvres pour parler et je vois le regard béat de Sam. Lui et moi on ne s'est jamais entendu, civile mais pas plus. Depuis que Peter sort avec Léah…il est encore plus con qu'avant. Et là, il jubile devant ma misère.
Maman arque un sourcil avec un sourire entendu.
- Je ne suis plus une petite fille naïve de 18 ans qui ravale sa fierté Billy, mes filles iront à Forks, claque maman.
Vla dans les dents ! Et dans les miennes ! Je ne me suis jamais intéressé à ce qui est arrivé entre eux, en fait je n'en ai rien à foutre pour être honnête mais là c'est du réglage de compte.
- On en est encore là Vivi ? Demande Billy en rougissant autant que sa peau le permet.
- Oh génial ! Maintenant ça ! Je gémis les mains en l'air.
- Maya, ta fierté te perdra, dit intelligemment Sam. Tu devrais retourner au lycée de la Push, je dis ça pour ton bien.
- D'accord, j'accepte en souriant.
- C'est vrai ? Halète Billy.
- Quand il viendra me demander pardon, je termine.
- Maya ! Grogne Sam.
- Non, elle a raison, me défend maman. Ce qu'elle a fait été digne de son père, elle a défendu un de ses camarades. Je suis fier de toi.
- Merci maman, j'ai le cœur gonflé d'amour.
- Et puis quoi encore ? Sort Sam.
- Mon chef de meute vient dans de 2 semaines avec mon cousin, je lui fais savoir.
- Parce que tu en a un autre ? Il est aussi taré que toi ? Et ça veut dire quoi ton chef de meute vient ?
- Non, c'est juste un connard arrogant et Peter ne t'as pas prévenu ? Je plisse les yeux.
- Il était trop occupé a visité les amygdales de Léah.
Il a ton aigre que je n'aime pas du tout. Il est jaloux ou quoi ? Et je vais lui faire ravaler ses grands airs moi tout de suite. Non mais oh ! Léah elle fait ce qu'elle veut ! Lui il a aucun problème pour lui balancé son bonheur à sa face sans se préoccupé de lui faire du mal et maintenant qu'elle est heureuse il se permet de faire des remarque dans le genre ?
- C'est toujours mieux que de te regarder faire la même chose avec Emily. Tu attends quoi ? Que Léah se morfonds pour le reste de sa vie, ici, dans ce trou minable à te regarder faire une équipe de foot à sa cousine en se disant que ça devrait être-elle ? Mon neveu est un bon garçon, me devance maman.
Je la regarde avec des étoiles dans les yeux et les gars avec un peu de crainte. Maintenant tout le monde sais pourquoi on la craint au tribunal.
- Maman, tu mitrailles aujourd'hui !
- Et imagine un peu si j'avais un flingue ! Elle réplique.
- Tu es de la bombe ! Je continue.
- Regarde nous, à discuter des armes !
- On se croirait dans Homeland si c'était une comédie familiale, je termine.
Billy se tient l'arête du nez alors que ses épaules son secoué d'un rire silencieux. Les sourcils de Sam sont très hauts sur son front et il a l'air passablement gêné.
J'abandonne, Sam lève les mains au ciel en ronchonnant
- Merde Maya, c'est quoi cette histoire de lycée de Forks ? Hurle Paul en rentrant dans la maison.
- Les nouvelles vont vite !
- Ne te fout pas de ma gueule ! Ça veut dire quoi aller au lycée de Forks ? Il tremble de rage.
- Ça veut dire que cette réserve de raciste de merde de veut pas de gens comme moi !
- Ce n'est pas vrai…
- Tu as montré ta bite et tu as eu une blinde d'heures de colle mais tu n'as pas été viré moi j'étale la merde alors que je n'ai aucun passé et il veut réunir le conseil !
- Putain, il grogne et tente de donner un coup de poing dans le meuble de cuisine que je retiens de justesse.
- Ouai, c'est la merde.
- Tu vas faire quoi ? Il siffle les poings tremblants.
- Tu veux que je fasse quoi ?
Il pose son sac à dos violemment au sol en jurant.
- Tu étais obligé de le faire ? Il crache. T'étais obligé de te mêler des histoires d'Embry ?
- Soit pas un trou du cul, Embry est ton ami et le mien alors oui je l'ai fait ! Et je ne regrette rien !
- Je n'ai pas enfoncé ma langue dans la gorge de mon pote !
- T'es vraiment un trou du cul ! Je crache. Toi tu étais entrains d'enfoncer ta bite dans Rachel !
Paul ouvre la bouche et la ferme avec un regard frustré. Il a un grognement bas et dangereux qui sort de sa poitrine avant de m'embrasser. Ce n'est pas quelque chose de doux ou fait de luxure, c'est plus possessif. C'est comme un marquage de territoire et je ne suis pas un lopin de terre.
- Je te hais Paul Lahote, je dis en lui mordant très fort sa lèvre.
- Dis-le avec un peu plus de conviction, il rétorque avec un sourire arrogant.
- Je te hais Paul Lahote, dis une voix pleine de venin et très convaincante.
On se tourne en même temps pour voir Léah devant la porte, adossé au mur. Elle lève un sourcil et me fait signe de la tête. Elle veut me parler. Je regarde Paul qui grogne en m'embrassant le cou. Je hoche la tête.
- Je vais me crever les yeux, elle dit en allant dans la cuisine.
- Vas-y ça nous fera des vacances, on aura plus à supporter ta sale tronche ! Largue Paul en s'essuyant le sang de sa lèvre.
- Eh ben dis donc c'est l'amour fou entre vous d'eux ! Je suis jalouse !
Paul lèvre les yeux au ciel et m'embrasse tendrement cette fois-ci. Je sais très bien qu'il n'est pas en colère pour ce que j'ai fait mais qu'il a plus peur de ce qui pourrait arriver. Moi aussi je serais terrifié s'il devait aller au lycée avec des suceurs de sang.
- Je vais voir Sam, il chuchote en m'embrassant la tempe.
- Angie ?
- Avec Jack.
Je hoche la tête et rejoins Léah dans la cuisine qui a une tête vraiment inquiète. En fait elle est très pale. Mon cœur accélère d'un coup.
- Peter va bien ?
- Il pète le feu, elle s'assied sur la table.
- Alors c'est quoi le problème ?
Elle se mord les lèvres et je souffle en me rendant compte qu'on va avoir LA conversation. Vous devez savoir de quoi je parle. Je me verse du café encore chaud et lui passe une tasse. Aucune discussion ne devrait commencer sans café surtout pas ce genre-là.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins, elle déclare.
- Ce n'est absolument pas ton genre, je lève ma tasse vers elle.
- C'est qui Ariane ? Elle demande.
Je m'étouffe avec ma gorgée. Où est-ce qu'elle a entendu ce nom ?
- C'est son ex ? Elle a une voix blanche.
- C'est personne, t'inquiète pas, je réponds.
- C'est son ex alors, son ton à des bords tranchants.
- Non.
- Donc ce n'est pas son ex, c'est personne mais elle est suffisamment importante pour que Peter explose de rage contre son frère. Tu crois que je vais gober ça ? Elle raille.
Peter a parlé à Vasile ? Et ils se sont embrouillés ? Ça ne promet rien de bon.
- Ce n'est pas son ex, je fracas la tasse au sol. Ariane n'est pas son ex.
Léah sursaute devant mon geste. J'inspire à fond pour me calmer, mes mains tremblent.
- C'est celle de Vasile, je réponds.
- Ça c'est mal terminé ?
Je serre les poings sans répondre, dire que ça c'est mal terminer est un euphémisme.
- Qu'est-ce qu'il lui a fait ?
Qu'est-ce que nous lui avons tous fait plutôt. Je n'avais pas pensé à Ariane depuis que je suis arrivé à la Push. Elle avait complètement déserté mes pensées. Pas une mauvaise chose. Combien de nuit blanche j'ai passée à rejouée ce qui est arrivé ? C'était il y a presque trois ans.
J'ai creusé sa tombe, Vasile lui a mis une balle dans la tête et Peter la pousser dans le cercueil. Au sens figurer bien sûr. Voilà ce qu'on lui a fait.
- Si Peter veut tant parler il le fera, je réponds. Autre chose ?
Elle ouvre la bouche mais est coupée par la sonnette. On fronce les sourcils et on va ouvrir la porte.
- Shérif Swan, j'accueille avec beaucoup de surprise.
- Mademoiselle, vous êtes toutes seules ? Il nous demande.
- Oui, il y a un problème Charlie ? Demande Léah.
- Non, enfin oui… il y a une fille qui a disparu à Port Angeles, il explique.
- Putain, vous l'avez retrouvée ?
- Oui, il grimace.
- Est-ce qu'elle va bien ? La grimace sur son visage me dit que de ne pas espérer.
- Non, elle a été attaquée par les loups. Je suis venue prévenir la population de ne pas aller se promener seule et sans prévenir dans la forêt.
Léah me donne un regard aigu. Vampire.
- Vous êtes sûr que ce sont des loups ? Il y a plein de randonneur qui disparaisse...
- Maya, les gardes-chasses sont formels. C'est un loup enragé et très gros qui a fait le coup. Je sais que vous passez beaucoup de temps dans la forêt, les jeunes alors…
Un loup enragé ? très gros ? Ce n'est pas possible.
- Quand est-ce qu'elle a disparue ? Se renseigne Léah.
- Il y a deux jours, bon, vous faites passer le mot, ok ?
Je ferme la porte d'un coup sec.
- Est-ce que c'est…
- Non, je la coupe. Il n'y a pas d'autre loup-garou dans le coin. On aurait entendu son appel ou senti, les vampires auraient fait passés le mot. Alors un vargulf, pas possible.
- La pleine lune était il y a deux jours !
- Léah, vous l'auriez senti ! Même un vargulf a une odeur, tout a une odeur et si c'était le cas, il n'y aurait pas qu'un seul cadavre !
C'est vraiment la journée ! Je hais la Push !
