Bonjour.
Une fois n'est pas coutume, je vais commencer ce chapitre par deux mauvaises nouvelles.
La première concerne un fait réel. Je suis désolée de faire l'oiseau de mauvaise augure mais la semaine dernière j'ai reçu une bien triste nouvelle : une de mes lectrices est décédée à la suite d'un accident. Tout comme avec la majorité d'entre vous, j'avais discuté un peu avec elle et c'était une fille bien, vraiment. Alors j'aimerais lui dédier ce chapitre. Repose en paix.
La deuxième concerne le rythme de publication. En effet la rentrée est mardi, et comme je vous l'avais déjà dit, je suis en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) et surtout en deuxième année, c'est-à-dire en année de concours. Je galérais déjà l'année passée et à une semaine de la rentrée mes profs m'ont déjà envoyé deux chapitres de bio de cinquante pages à apprendre par cœur. Je vous laisse imaginer ce qu'est la vie en semaine. J'ai cours du lundi au vendredi avec DS le samedi matin, j'ai colle un soir sur deux (interrogation orale par petit groupe, aussi écrit khôlle par les élèves). Bref, mes journées au lycée dépassent parfois les neuf heures. Je suis donc désolée de vous apprendre que dorénavant il n'y aura plus un chapitre par semaine de Dragonae. Les chapitres sortiront tout bonnement toujours le dimanche mais avec un rythme complètement aléatoire.
Dragonae, c'est des chapitres d'environs 4 000 mots, maintenant clairement le double. Si vous comptez qu'il me faut une heure pour écrire 1000 mots, je vous laisse imaginer combien de temps me prend l'écriture d'un chapitre entier !
Mais ce n'est pas pour autant que j'abandonne cette histoire ! Dragonae continuera d'exister !
Où me trouver ? Pour ceux qui veulent parler avec moi, j'ai toujours un œil sur les messages privés. Je n'ai certes pas le temps d'écrire, mais le temps de parler bien sûr que si !
Pour ceux qui veulent lire quelque chose de moi, je reprends du service sur Prince Of Tennis avec ma fiction « Je ne sais PAS jouer au tennis ». Avis aux amateurs. Je posterai bien plus souvent car les chapitres sont très courts (environs 2000-3000 mots) et donc sont plus rapides à écrire ;) D'ailleurs, vous trouverez mention d'un des personnages dans ce chapitre :P
Sur ce, un grand merci à Zagrif, Brouchtignou, Skylia, Seilax, Jylle, Incarndu91, Kimo gaig, Minea Line et Kangoo pour leur soutien !
Kimo gaig : Oui, j'ai voulu changer un peu et faire quelque chose de triste. Tu as un très bon instinct et comme promis voilà la deuxième partie de la réponse. Gros bisous et merci pour ton éternel soutien
Seilax : Coucou !
Je reprends du service avec de l'action pour cette fois. Oui, « rassurés » est un bien grand mot xD
Je crois que mon amour pour Le Voyage de Chihiro est plutôt au stade groupie : je connais les répliques par cœur, j'ai pratiquement tous les OST… (et j'étais amoureuse de Haku quand j'étais petite. Hum…)
Non non, tu as bien lu. On lui répond bien qu'Alix est le truc ailé et D la charmante humaine assise devant lui. C'était une manière pour les terriens de se moquer du vampire car pour eux la distinction est claire alors que pour Vincent, qui distingue séparément leur conscience, il y a un problème quelque part :P
Quant à Yan et Suzy, tout sera expliqué bien plus tard )
Gros bisous et à bientôt !
Skylia : Coucou !
Tu veux que je te fasse rire ? Tous tes commentaires étaient parfaitement justifiés. Oui, le dernier chapitre semble prouver que j'ai fait une indigestion de poneys à paillettes. Mais c'était fait exprès :P. Bon, j'y suis peut-être allée un peu fort, mais je n'ai pas l'habitude de mettre du rose partout alors j'ai dû un peu exagérer ^^''.
Je te rassure : je n'ai pas jeté ma logique au feu, et la manière et la raison pour laquelle Susan et Yan ont pu faire le voyage seront expliquées… Malheureusement dans assez longtemps.
En fait, j'étais vraiment contente que tu me fasses toutes ces critiques, d'une part parce que ça aide à progresser, d'autre part parce que ça me permet de voir si j'arrive à faire ce que je voulais. Bilan mitigé pour cette fois, mais je ferai mieux la fois suivante !
Je te laisse découvrir ce chapitre )
Gros bisous !
Chapitre 42
Un Dîner Presque Parfait
La première chose qui me sauta aux yeux arrivée à Costa Del Sol, ce fut la chaleur. Le Soleil tapait fort, faisant miroiter la mer d'un bleu profond qui baignait les côtes du continent. Un vrai Paradis sur Terre. Je fus pratiquement la première dehors, Yuffie s'étant précipitée à terre heureuse qu'elle était de retrouver le plancher des vaches. Quant à ma dragonne, le temps lui plaisait particulièrement.
- Commençons par nous installer, déclara Barret. Nous décideront de quoi faire plus tard.
Je lui adressai un regard surpris, persuadée que nous restions dans le vaisseau. Avec un clin d'œil, Tifa me conseilla d'aller chercher mes affaires, ce que je m'empressai de faire. J'emboitai ensuite le pas au reste du groupe alors que Marlène et Denzel sautaient dans tous les sens. Costa Del Sol en elle-même me plut tout de suite : ses grandes bâtisses aux murs jaunes et ses courbes arrondies lui offraient un cachet très différent des villes que j'avais pu visiter jusqu'ici. Des étals colorés bordaient les routes et la plupart des gens étaient en maillot de bain, lunettes de soleil sur le nez, crème solaire à la main. La ville paraissait immense mais ne présentait pas de building, comme si même l'urbanisation n'avait pu la défigurer.
- Où allons-nous ? m'enquis-je doucement.
- Tu verras ! me répondit joyeusement Tifa.
Nous ne marchâmes pas longtemps avant que Cloud n'emprunte une volée de marches conduisant à un petit pont. Il sortit alors un trousseau de clés de sa poche et déverrouilla la porte qui se trouvait à côté des marches et du pont.
- Bienvenue chez moi, nous fit-il d'une voix grave.
Les yeux écarquillés, j'entrai alors dans l'immense villa. Mais qu'est-ce que cela voulait dire ?
- On est vraiment chez toi ? m'enquis-je à nouveau, surprise.
- Et bien techniquement oui. J'ai acheté cette villa avec l'argent récolté pendant notre combat contre Sephiroth. J'y viens rarement mais c'est un bon investissement.
L'entrée s'ouvrait sur une salle à manger luxueuse aux murs de la même couleur que ceux de dehors. Le mobilier de bois sombre et les tableaux accrochés aux murs semblaient avoir toujours été là.
- Il y a une chambre là-bas au fond. Le salon est séparé de la salle à manger. Il y a une salle de bain juste ici qui fait toilette. Il y a encore quatre chambres en haut si je me souviens bien, et une autre salle de bain.
C'était un véritable palace.
- Qui dort avec qui ? grogna Barret.
- Les enfants ensembles, commença Tifa. Ensuite on se répartit comme on le peut.
- On verra ça ce soir de toute manière, il y a plus important pour le moment, nous fit remarquer Nanaki.
Nous nous installâmes dans le salon alors que les enfants parcouraient la maison de fond en comble.
- Comment on va faire pour retrouver une personne dans une ville aussi touristique ? marmonna Cait Sith. Autant chercher une aiguille dans les plumes d'un Chocobo.
Cid soupira.
- On peut aller enquêter en ville. En posant les bonnes questions aux bonnes personnes…
Cloud fit non de la tête.
- On ne sait pas qui est avec qui, ça serait problématique si on informait nos ennemis de notre position.
- Pas si on est discret, le contredit Vincent.
L'ancien SOLDAT lui jeta un regard malheureux.
- Je crois que ce n'est pas dans nos cordes, lui fit-il remarquer.
- Mais dans les miennes oui, fit l'ex-TURK.
Cid eut un sourire en coin qui renforça son air de canaille.
- On peut compter sur toi, Vincent ? demanda-t-il.
- Évidemment.
Le vampire se leva et disparut. J'eus juste le temps de sentir Chaos s'agiter violemment avant qu'il ne referme la porte d'entrée de la baraque sur lui. Oh oh…
- Comment allons-nous procéder ensuite ? s'enquit Tifa.
- Ne faisons pas de plan sur le Météore, lui répondit Nanaki. Laissons Vincent faire son travail et agissons après. On ne pourra pas agir de même s'il y a deux scientifiques ou une armée bien armée.
- J'ai peur pour la deuxième solution, marmonna Yuffie. Ça sent les embrouilles à plein nez, c'est pas trop l'endroit pour ça…
- Allons faire des courses en attendant, décida Tifa.
- Je m'en occupe, décida Barret. J'ai besoin de me bouger un peu, l'attente n'a jamais été mon truc de toute manière.
Il disparut, se contentant de se saisir de sac de course dans un placard. Pendant ce temps les autres partirent s'installer alors que je me saisissais d'un livre au hasard dans la bibliothèque. Autant me divertir jusqu'à ce qu'on puisse bouger. Ma lecture ne me détendit pas, comme vous pouvez l'imaginer. J'avais sans arrête en tête les images de mes dernières rencontres avec les scientifiques. Comment allais-je pouvoir gérer celui-là ? Je ne voyais qu'une solution : rester cloitrée ici pour ne pas interférer. D grogna à cette idée qui ne lui plaisait pas du tout. J'essayai de la calmer sans beaucoup de résultat. Finalement je me mis debout pour aller m'installer aussi. Je partageais ma chambre avec Yuffie apparemment et je grinçai des dents en remarquant qu'elle s'était attribuée le lit près de la fenêtre. Tant pis pour moi, je n'avais qu'à venir m'installer plus tôt. Vincent rentra une heure plus tard alors que je contemplais d'un air vide l'agitation du dehors. Nous retournâmes nous installer au salon sans plus de cérémonie et je me fis la réflexion que le vampire devait vraiment crever de chaud sous toutes les couches qu'il portait.
- Je n'ai retrouvé la trace que d'Emile Carpentier. Aucune trace d'un wutaien quel qu'il soit, nous informa-t-il.
- Où est-il ? s'enquit Barret.
- Il traine aux docks sud à ce qu'il parait.
- Encore un endroit louche ? ironisai-je.
- Au contraire, me corrigea Barret, c'est le port de plaisance. Les plus grosses fortunes y ont leur bateau amarré.
Je hochai la tête, imaginant l'histoire : des yachts à la taille inversement proportionnelle à celle des parties intimes de leur propriétaire, des voiliers parés pour le Vendée Globe et autres bizarreries.
- Mais qu'est-ce qu'il peut bien faire là-bas ? s'enquit Tifa.
- Trouver des fonds, supposa Cloud. Ça doit coûter cher de vouloir détruire le monde…
- Et comment est-ce qu'il récolte tout ça ? En faisant les yeux doux à des belles filles ? Non, mieux, en se présentant et en déclarant « bonjour, je veux détruire le monde. Une participation financière serait fort appréciable. » ?
Je pouffai devant la diatribe de Nanaki. C'est dans ces moments-là que son âge réel ressortait.
- En se faisant passer pour un chercheur quelconque travaillant pour le bien commun ? essayai-je. Genre qui cherche des remèdes à des maladies qui n'en n'ont pas encore ?
Vincent hocha négativement la tête.
- La grande mode ici est d'étaler son luxe. On donne en public, pas à un démarcheur local.
Je haussai les épaules.
- Alors je n'en ai pas la moindre idée, avouai-je.
Il y eut un soupire collectif puis un long silence.
- Que faisons-nous maintenant ? marmonna Barret.
- On peut aller jeter un œil sur les docks, proposa Cid. Au pire si on ne trouve rien… Bah ça fait une promenade quoi.
Le navigateur mâchonna longuement le filtre de sa cigarette avant de jeter l'ensemble.
- On peut toujours essayer, souffla Yuffie.
- Je ne vous suis pas, annonçai-je alors.
Ils me regardèrent avec de grands yeux.
- Pourquoi ? s'étonna Cait Sith.
- Parce que j'ai tué les deux derniers scientifiques. Ça serait bien que vous en ayez un vivant…
Je grimaçai tristement à mes propres paroles.
- Il en est hors de question ! siffla Cid.
Ben tiens…
- Et pourquoi ? sifflai-je sur le même ton.
- Parce que t'es la seule à pouvoir les reconnaitre espèce d'idiote !
- Je le sais bien ! sifflai-je. Mais ce n'est pas pour autant que je veux vous accompagner !
Une main s'abattit sur mon épaule.
- On sait bien que ça te pèse, nous ne sommes pas des monstres, commenta Barret. Mais dans ce genre de cas tu nous es malheureusement indispensable.
Je déglutis.
- Mais si je le tue…
- Et bien il aura eu ce qu'il méritait, me coupa Cait Sith.
- Mais je…
- Alix ! fit brusquement Cid.
Il vint s'accroupir en face de moi, mettant ses yeux à la hauteur des miens.
- Nous sommes tous des assassins ici. Je crois que, je suis triste de te le dire, tu n'as vraiment pas choisi le bon groupe pour garder les mains propres. Tu vas tuer, oui. Mais on fait la guerre Alix, et dans une guerre il y a des morts. Il faut juste que tu fasses la différence entre tuer pour te défendre et tuer par envie.
Il était mortellement sérieux. Comprenant que je n'aurais pas gain de cause, je baissai la tête pour fixer mes genoux.
- Allez va, faut pas se laisser abattre ! s'écria Yuffie.
Elle se leva et tapa des mains.
- Bon on y va ? s'enquit-elle.
À cette phrase je sentis Chaos s'énerver. Son attitude de ces derniers temps ne présageait rien de bon mais Vincent ne bronchait pas.
- Sans plan d'action ? marmonna Nanaki.
- Tu sais Red, à chaque fois qu'on a fait un plan ça a tourné au vinaigre. Autant y aller à l'instinct, lui rétorqua-t-elle.
Nous soupirâmes de conserve mais je compris à leur tête qu'elle devait dire vrai. Marrant comme AVALANCHE me faisait brusquement penser à l'Agence Tous Risques… Nous nous emparâmes de nos affaires avant de bondir vers l'extérieur après que Tifa ait arraché la promesse de ne pas sortir aux enfants. La ville grouillait de vie et l'ambiance heureuse déteignit rapidement sur ma peau. Jamais encore dans ce monde j'avais eu l'impression d'être aussi à l'aise. En effet, j'aurais très bien pu être encore chez moi sur Terre que ça ne m'aurait pas étonnée.
- C'est loin d'ici les docks sud ?
- Pas trop, me répondit Cloud. C'est surtout qu'on va faire tâche dans la partie cosy de la ville, habillés comme on l'est.
- Au pire je peux vous servir d'alibi, fit remarquer Yuffie.
C'est vrai qu'elle était de sang royal.
- Ça m'étonnerait que ça marche, soupira Cloud.
Nous continuâmes quand même notre route. Tout doucement je commençai à percevoir des changements dans le paysage : les boutiques de plage se changèrent en boutiques de luxe vendant des montres et des bijoux, les bars voyaient leur enseigne s'orner d'étoiles.
- Le choc est rude, marmonnai-je.
Les gens nous regardaient avec dédain et dévisageaient nos tenus avec dégoût.
- Tu n'as jamais mis les pieds dans la haute société ? s'enquit Cid.
- Jamais ! avouai-je.
- Tu verras, c'est assez marrant avec… un peu de recul, me fit Vincent doucement.
Il était bizarre. Il se tenait loin de notre groupe et son visage était crispé, comme s'il avait mal quelque part. Inquiète, je questionnai D. Elle fouilla du côté de Chaos et revint très alarmée. Je dus néanmoins laisser ce sujet de côté lorsque nous arrivâmes enfin aux docks. J'ouvris de grands yeux en voyant les bateaux amarrés aux quais.
- Ils ont vraiment quelque chose à compenser, marmonnai-je.
Je crus voir le visage de Vincent se détendre légèrement pendant un court instant.
- Comment on s'organise maintenant ? s'enquit Yuffie.
Je compris le problème : tous ensemble, on était trop nombreux et nous ne passions pas inaperçus. Séparés nous perdions l'avantage que nous procurait le nombre.
- Je crois que ce n'est pas la peine de se poser la question, nous coupa brusquement Cloud.
Il pointa du doigt un groupe de personne qui se dirigeait vers nous. Un frisson d'horreur me parcourut de haut en bas quand je vis à quel point ils étaient lourdement armés. Derrière eux se tenait un homme charmant à la beauté scandaleuse.
- Je me doutais bien que vous alliez me retrouver, fit-il.
D huma l'air et confirma ce que je savais déjà au fond de moi : cet homme faisait bien parti des scientifiques ayant travaillés sur moi.
- C'est lui, confirmai-je à voix haute.
- Je reconnais cette charmante personne, continua-t-il sur un ton charmeur. Je crois avoir compris que tu te nommais Alix Duberger ?
Je serrai les dents.
- Du calme, me souffla Tifa.
- Et je suppose que vous êtes Emile Carpentier ? fit durement Barret.
- Tout juste.
Il nous adressa un sourire à faire tomber n'importe quelle femme à ses pieds. Il était de stature fine, presque petit en fin de compte, avec un visage au menton pointu. Une masse de cheveux châtain lui donnait un air presque féminin et il possédait des yeux bleus à se damner. Il souriait doucement, deux doigts posés sur son menton.
- Il a subit des injections Mako, grogna aussitôt Cloud.
- Oh, je vois qu'un connaisseur est parmi nous. Mais je n'en attendais pas moins du célèbre Cloud Strife.
Il fit un autre sourire à se jeter à ses pieds. Avec le recul, je pense que si je ne l'avais pas haï avec tant d'ardeur et surtout si je n'avais pas été amoureuse de Vincent, je me serais totalement amourachée de lui.
- Un conseil, fit-il sur le même ton, dîtes à votre vampire d'enlever sa cape, il est bien trop reconnaissable ainsi.
Je sentis Vincent se tendre, apparemment pas content d'avoir été surpris.
- Mais cela n'a pas trop d'importance maintenant. Je vous prierais de ne pas m'en vouloir, mais je dois vous éliminer ici. Vous commencez à prendre un peu trop de place, si vous voyez ce que je veux dire…
Il fit un signe de la main et les hommes armés se jetèrent sur nous. Je me jetai aussitôt au sol pour éviter les balles car je ne savais pas me défendre contre les armes à feu. Je ne fus pas la seule à avoir cette réaction car Nanaki et Tifa firent de même.
- Et merde, jura Red XIII. On est tous les trois désavantagés.
- Pas si je peux m'approcher par derrière ! contra Tifa.
- Par derrière ? s'écria le félin. Mais on est encerclé !
L'animal m'attrapa brusquement le bras et me tira, m'empêchant ainsi de finir en passoire.
- Oh, au fait, fit la voix de Carpentier au loin. Concentrez-vous sur la rousse, c'est une vraie petite merveille mais elle est trop dangereuse.
Je grognai furieusement. Comment osait-il… Il était en train de partir tranquillement ! Je bondis sur mes pieds, slalomant entre les combattants en espérant le rattraper. Force de constater que je me débrouillai pas trop mal grâce aux sens aiguisés de D. J'y étais presque lorsque je sentis un choc mat à l'épaule qui fut suivit d'une douleur tellement intense que je m'effondrai de tout mon long sur le bois du quai. Je ne pouvais plus bouger mon épaule droite et tout le reste de mon corps avec. Dans un râle je toussai un flot de sang provenant de ma langue que j'avais mordue sous le choc. J'étais à peine consciente, ne comprenant ni n'entendant ce qu'il se passait autour de moi. D m'apprit dans un sursaut de lucidité que la balle m'avait fracassée l'omoplate et qu'elle y était coincée au milieu des débris de l'os brisé. Un flot de désespoir m'envahit quand je compris qu'elle n'arriverait pas à me soigner vite et je commençais à y voir sérieusement trouble et double.
- Maman, je crois que la madame elle est blessée.
La voix enfantine me fit revenir à moi. Relevant la tête de quelques millimètres, j'aperçus un groupe de riches touristes sur un yacht pas loin. Ils étaient trois… Ou six… Ou… Mes yeux ne parvenaient plus à faire le point mais je crus percevoir une silhouette plus petite que les autres.
- Fuy…yez, parvins-je à marmonner.
Et je perdis connaissance. Ce fut le cri aigu d'une femme horrifiée qui me ramena à moi. La scène était tellement irréelle qu'elle me parut drôle. Ils m'avaient écoutée et étaient en train de fuir mais l'un des gardes armés les avait pris pour cible. Je crus voir la mère s'effondrer sous les balles mais c'est tout. Et l'enfant… Etait la prochaine cible. D s'affola complètement en remarquant cela.
- Pas le dragonneau ! hurla-t-elle dans ma tête.
- Transformons…nous… proposai-je à voix haute.
Elle m'obéit et je sentis mon corps changer et la douleur refluer tout aussi vite. Je ne sais pas comment D arriva à bouger assez vite pour se positionner juste devant le corps de l'enfant et se prendre les balles à sa place mais elle le fit. Les balles ricochèrent contre les écailles plus dures que l'acier de la dragonne qui rugit de colère. Elle faucha une première nuée de combattants qui atterrirent dans l'eau avec un plouf retentissant. Je doutais qu'ils arrivent à en sortir vu le poids de leur armement et de leur matériel. D tourna alors la tête vers celui qui avait essayé de tuer le dragonneau. Elle ne se jeta pas sur lui, non, elle fit quelque chose de pire encore. Elle attrapa l'homme d'un habile mouvement de la tête et d'un souple coup de langue elle le goba, le mâcha et l'avala. Étonnamment l'horreur de la chose ne me parvint pas tout de suite tant j'étais plongée dans les pensées de la dragonne, sa joie d'avoir pu contenter sa faim, sa joie d'avoir pu goûter à l'humain et sa soif de plus alors que le goût de son sang m'emplissait la bouche. Elle trouvait ça exquis et elle aurait bien retenté l'expérience s'il était resté un humain debout qui ne soit pas un de nos amis. Je sentis le regard plus qu'horrifié des membres d'AVALANCHE avant que je ne reprenne mon corps normal. Je tombai à genoux alors qu'une bile acide remontait dans ma gorge. Penchée en avant, je vomis un filet clair qui me laissa penser que j'avais rêvé. Mais vu que personne ne fit le moindre mouvement vers moi j'en conclus que non.
- Contrairement à ce que pensent mes collègues, nous n'avons pas échoué. Nous t'avons créée pour que tu réduises l'humanité à néant et tu fais ça très bien jusqu'à présent.
J'essayai de lui lancer un regard noir mais de nouvelles nausées me prirent et je me pliai de nouveau en deux.
- Je pense que nous nous reverrons, me lança-t-il avant de disparaitre.
J'essayai de me relever mais une main se posa sur ma tête, me maintenant au sol. Je relevai les yeux pour croiser le visage inquiet de Yuffie qui jetait des regards crispés autour de nous.
- Maman, la madame c'est un monstre !
Le glapissement me fit tourner la tête. La mère était dans un mauvais état mais encore vivante et elle me contemplait, horrifiée. Quant au père, il s'était saisi d'une mitraillette et la pointait dans ma direction tout en protégeant sa petite fille de son corps. Un certain ressentiment monta en moi, couvrant même mon dégoût : j'avais sauvé la vie de sa famille et s'était comme ça qu'il me remerciait ?
- Posez votre arme, fit la voix de Yuffie.
Quelque chose dans son ton fit obéir l'homme qui ne me lâchait pas des yeux. Je vomis de nouveau de la bile avant de me rendre compte que j'étais nue. C'était bien ma veine tiens, j'avais même oublié ce petit détail.
- Est-ce que la petite va bien ? m'enquis-je d'une voix rauque rendue difforme par mes vomissements et l'émotion.
- Ne vous approchez pas de ma fille ! rugit l'homme.
- Est-ce qu'elle va bien ?! hurlai-je en fixant le sol devant moi.
Je dus lui faire peur car il recula de plusieurs pas.
- Oui, elle… Elle va bien.
- Ah. Tant mieux alors… soufflai-je enfin.
Un poids s'abattit sur mes épaules et je me roulai dans la cape de Vincent alors que Yuffie m'aidait à me remettre debout. Cid me tendit alors quelque chose et je pris dans ma main ce que j'identifiai comme une balle de mitraillette écrasée.
- D a le cuir solide, marmonnai-je.
Le pilote ne me répondit pas.
- Je crois que je vais vomir, fis-je sur le même ton.
- Je crois que tu n'as rien dans l'estomac pour ça, me fit remarquer l'aviateur.
Je hochai mollement la tête et me laissai à moitié porter par Yuffie vers la villa de Cloud.
-A-
Yuffie me conduisit directement à la salle de bain une fois arrivé à destination. Elle m'assit sur le rebord de la baignoire, m'ôta la cape de Vincent des épaules et se saisit d'un gant.
- Tu es couverte de sang, m'expliqua-t-elle doucement.
Je n'arrivais pas à la suivre. Pourquoi certaine fois semblait-elle vouloir me tuer pour le lendemain me tendre si franchement la main ?
- Tu as pris une balle dans l'épaule ? me questionna-t-elle.
Je hochai piteusement la tête.
- Ça arrive. Combattre contre des armes à feu c'est toujours très compliqué. Barret m'a expliqué comment faire.
Elle se mit à m'enlever le sang coagulé qui me recouvrait. Etonnamment, je ne cherchais pas à me couvrir, moi d'habitude si pudique. Je laissais mon corps en pâture à Yuffie sans le moindre remords, ni même le plus petit soupçon de gêne.
- Alix ? fit-elle doucement, rompant le silence.
- Oui ? soufflai-je.
- Tu n'es pas un monstre.
Sa phrase me laissa perplexe.
- Je suis sérieuse.
- J'ai dévoré quelqu'un Yuffie, marmonnai-je. Et j'ai aimé ça.
C'était vrai. Une partie de moi avait adoré sentir le goût du sang humain sur ma langue, le bruit des os qui craquent sous ma mâchoire puissante et le piquant de la cervelle qui dégouline dans ma gorge. Rien que cette pensée me donnait des nausées. D, elle, trouvait ça normal, même complètement banal. Les humains étaient des proies pour elle et le resteraient toujours. Yuffie rinça le gant avant de me répondre.
- D a mangé un être humain et comme tous les dragons elle a aimé le goût de la chair et du sang. Toi tu n'as rien fait.
Elle planta son regard dans le mien.
- Je vais t'avouer quelque chose. Je n'aime pas la manière dont tu tournes autour de Vincent. Je n'aime pas le fait de savoir que vous partagez la même chambre. Je hais le fait qu'il soit toujours auprès de toi pour te soutenir.
Elle m'adressa un regard mauvais et plein de ressentiment.
- Puis je t'ai vu avec tes amis. Vous avez dormi dans le même lit, vous étiez toujours en contact physique d'une manière ou d'une autre et vous sembliez toujours savoir ce qui fallait faire pour faire rire les deux autres.
Son regard devint triste. Je compris alors que la jeune ninja laissait pour la toute première fois tomber son masque de femme forte.
- Je ne peux pas te dire que je comprends ce que tu vis, ça serait cruel de ma part et surtout ce serait un mensonge. Mais je peux t'assurer que je serais là… Sauf si tu touches à Vincent, bien évidemment.
J'aurais voulu la remercier mais quelque chose me souffla que ce n'était pas ce qu'elle voulait. Alors je fis la seule chose qui me passa par la tête : j'attrapai la jeune femme par les épaules pour la serrer contre moi.
- Tu m'étouffes, grogna-t-elle.
Elle ne se dégagea pourtant pas.
- Si tu touches à Vincent, reprit-elle à voix basse, je te tue, okay ?
- Message reçu, lui répondis-je tristement.
Je savais qu'elle mettrait sa menace à exécution.
- Bon, sinon, s'écria-t-elle en se dégageant brusquement. Je ne suis pas venue faire ta toilette moi à la base !
- Hein ? grognai-je, perdue.
- On a quelque chose à régler toi et moi !
Je devais tirer une drôle de gueule car elle ricana
- Tifa et Cloud bien sûr !
Ah oui, cette chose là !
- Et bien ? m'enquis-je. Qu'est-ce qu'on fait ?
Elle se figea, un doigt en l'air.
- Bah j'en sais rien, c'est toi qui étais censée apporter la bonne idée.
Je soupirai alors que la brune me tendait des vêtements qu'elle sortait d'un placard.
- On prévoit un truc à base de promenade romantique sous le Soleil couchant et de musique toute douce ?
-… On parle de Cloud et Tifa là…
- Ah oui, marmonnai-je. On les enferme dans une pièce avec deux bouteilles de vodka ?
- Il faudrait qu'ils s'en souviennent le lendemain.
Je me levai pour m'habiller alors que Yuffie détournait le regard pour me laisser un peu d'intimité.
- On embauche quelqu'un pour mimer une agression sur Tifa et on envoie Cloud la sauver ?
La ninja pouffa.
- Personne n'oserait attaquer Tifa de front comme ça et Cloud tuerait tout bonnement le pauvre homme. C'est beaucoup de casse quand même.
Je grognai.
- Et toi, pas d'idée ? marmonnai-je. C'est pas possible, t'as une tête à avoir toujours des idées à la con.
- Je prends ça comme un compliment. Quelque chose avec des aphrodisiaques ?
- Ils se sont déjà sautés dessus et ça n'a pas arrangé leur histoire…
Yuffie se mit à faire les cents pas.
- On joue à un jeu de vérité et on les force à s'avouer leur sentiment ? tentai-je.
- Ça braquerait Cloud. Mais c'est pas mal.
- On, heu… Leur offre un weekend en amoureux ?
- Aucune chance qu'ils acceptent.
- On embauche quelqu'un pour draguer Tifa devant Cloud.
- Tifa les envoie bouler toute seule.
- On embauche un jardinier ?
- Pourquoi diable veux-tu qu'on embauche un jardinier ? On n'a même pas de jardin !
- Pour rien.
Nous nous jetâmes un regard entendu.
- On tourne en rond, remarquai-je.
- Alors on attend qu'une occasion se présente ?
- C'est le mieux.
Nous sortîmes de la salle de bain. Habillée de vêtements trop grands pour moi, je devais avoir une belle mine. Nous nous dirigeâmes vers le salon pour nous laisser tomber à côté du reste du groupe.
- C'est un fiasco total, grogna Yuffie alors que je tendais sa cape à Vincent.
D semblait frustrée : elle n'aimait pas l'idée qu'une proie lui ait échappée.
- Pas totalement, marmonna Barret. Maintenant on sait que ces enculés ont une armée avec eux.
- Génial, en plus ils ont les dernières armes à feu à la mode, fit Cait Sith d'une voix ronchonne.
- Comment se les sont-ils procurés ? s'enquit Vincent.
- Trafic, celui-là même sur lequel travail Reno et Rude, l'informa le chat robotique.
- Si les deux sont liés, on peut remonter la filière du trafic pour retrouver les scientifiques vu qu'Emile Carpentier nous a échappé, fit Tifa, philosophique.
- Je vais contacter la SHINRA, décida Cloud. Mais la réponse va prendre du temps.
- Et bien prenons-le. Un peu de repos n'a jamais fait de mal à personne, déclara Tifa.
Sur ce, elle frappa des mains et jeta tout le monde en dehors du salon. Désœuvrée, j'allais partir m'installer dans ma chambre quand une main s'abattit sur mon épaule.
- Viens, fit la voix de Vincent.
Des trépidations dans le cœur, je le suivis jusqu'à sa chambre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? m'enquis-je.
- Il faut que je te rende ceci, me fit-il en me tendant mon Dante.
- Oh heu… Merci. Il t'a plu ?
Il hocha simplement la tête.
- Je vais te laisser alors…
Et je fuis lamentablement en direction de ma chambre.
- Les réactions de mon corps, grognai-je à voix basse. C'est n'importe quoi….
Je sentis une immense gêne provenir de D. Elle semblait aussi terriblement triste.
- D, il va falloir que tu m'expliques, marmonnai-je à voix basse.
Je m'attendais à ce qu'elle refuse net mais le doute la prit.
- D… insistai-je.
- Viens, fit alors une voix dans ma tête.
Heureuse d'avoir peut-être mes réponses, je me laissai glisser vers la dragonne dans l'exercice épuisant qu'était celui de se retrouver face à face. Elle apparut alors devant moi, belle et forte aux écailles blanches.
- D, je suis contente de te voir! m'exclamai-je.
Elle découvrit ses babines et les dents qui allaient avec dans ce que j'identifiai comme un sourire.
- Moi aussi. Aimes-tu si peu le goût de l'humain pour t'en vouloir à ce point ?
Sa question me prit au dépourvu.
- Ce n'est pas ça… Tu sais, le cannibalisme est très mal perçu chez nous…
- Je ne recommencerai pas alors, conclut-elle.
J'ouvris de grands yeux. Ce n'était pas dans ses habitudes de céder aussi facilement !
- De quoi voulais-tu me parler ? soupirai-je.
Il devait y avoir anguille sous roche quelque part. Voir carrément dragon sous colline dans mon cas.
- Les dragons sont des animaux qui se développent doucement, commença-t-elle de sa voix rauque. Nous n'atteignons la maturité que très tard et nombreux sont ceux qui meurent avant ce stade. Notre reproduction est tellement difficile que nous vénérons nos petits.
Je commençais à avoir peur de comprendre là où elle voulait en venir.
- Mais il y a pire que ça…
- D, s'il te plait, plaidai-je. Il y a quelque chose qui te consume, dis-moi ce que c'est !
- Les dragons forment des couples fidèles à vie. Lorsque un dragon trouve sa compagne et inversement, il la marque à vie, comme vous et votre… Mariage.
Réflexion faite, je ne voyais pas ce qu'elle voulait dire.
- Ce que je veux dire Alix, c'est que tu as trouvé ton compagnon. Et je crains que ma nature n'ait modifié la nature de tes sentiments…
Regard surpris de ma part.
- Les sentiments humains changent constamment. Pas ceux d'un dragon - elle prit une grande inspiration – Alix, tes sentiments envers Vincent ne pourrons plus changer. Tu l'aimeras, même s'il est cruel avec toi, même s'il ne t'aime pas, même s'il te hait, car les dragons n'ont qu'un cœur et n'aime qu'une fois.
Il me fallut quelques instants pour comprendre le sens réel de ce qu'elle venait de m'avouer.
- J'ai fait barrière entre toi et cette partie de ta personnalité mais maintenant je n'y arrive plus.
- Que veux-tu dire ? soufflai-je.
- Penses-tu que les sentiments amoureux s'arrêtent à ce que tu ressens en ce moment ?
- Je ne te comprends pas, avouai-je. J'ai toujours ressenti ça quand j'étais amoureuse.
- Alors tu vas tomber de haut. Dirige-toi vers le salon et tu comprendras.
Je la sentis me pousser et je me retrouvai à contempler le mur devant moi dans le chambre de la villa. Perdue, j'entrepris de faire ce qu'elle m'avait demandé. Mais lorsque j'entraperçus Vincent assis sur l'un des canapés, je crus mourir. Une vague de chaleur monta en moi, si intense que je crus que j'allais m'embraser. Quand je compris qu'il ne lèverait pas les yeux vers moi, un froid glacial remplaça la chaleur, manquant de me faire claquer des dents. Et ce fut par un effort de volonté extrême que j'arrivai à m'empêcher de lui sauter dessus pour m'agripper à lui comme à une bouée de sauvetage. Je compris brusquement ce que voulait dire D : s'il ne me remarquait pas, cet amour allait me consumer. Si Vincent ne me retournait jamais mes sentiments, j'allais littéralement mourir d'amour pour lui.
Fin du chapitre 42
Alors, qu'en pensez-vous ? Avez-vous reconnu le personnage de Prince Of Tennis dans le chapitre ? Et je suppose que je n'ai pas besoin de vous expliquer le coup du jardinier. C'est tout ce que je connais de Desperates Housewifes xD
À bientôt, je vous aime ! Bisous !
