POV de Rick cette fois-ci. J'aime écrire les points de vue de Richard car ils sont ceux d'un homme amoureux et toujours émerveillé par la beauté de KB. Ils sont faciles pour moi car c'est que je ressens pour ma copine qui est elle aussi toujours plus splendide chaque jour que la terre fait. Bon il va falloir que je te remplume quand tu reviens en Août, mais bon… Merci à elle et à vous aussi qui faites exister cette fic.
Richard,
Nous entrions dans l'appartement avec la douce saveur des vacances et après une journée des plus agréables. La clôture de l'affaire Pit s'était bien déroulée, nous avions passé des moments très agréables avec les gars et surtout la virée en moto qui me donnait un aperçu de ce qui nous attendait demain m'avait enthousiasmé. Je ne sais pas Kate me laisserait essayer son bolide, mais j'aimerai beaucoup, surtout si elle est derrière moi. Ceci dit, la configuration actuelle est déjà géniale. Je regardais ma montre, il était 17h30, ce qui nous laissait un peu moins de trois heures avant de ressortir dîner. Le loft était désert, nous nous défîmes de nos tenues de moto. J'allais vers la cuisine et trouvais un mot de mère en réponse à celui que j'avais laissé. Elle était sur le chantier de son école de théâtre et serait à la maison pour 20h. Je proposais à ma compagne une boisson.
Tu veux quelque chose à boire peut être ?
Oui je veux bien un café s'il te plaît.
Je m'en occupe tout de suite, installe toi sur le canapé.
Pendant que Kate s'était mise à l'aise et était confortablement installée dans le canapé tandis je préparais nos cafés dans la cuisine. Je jetais un coup d'œil vers elle dans le sofa ravi de voir cette scène, incroyablement quotidienne et routinière aux yeux de tout le monde, mais qui pour moi avait une saveur particulièrement délicieuse. Je la rejoignais les deux tasses à la main.
Alors où va-t-on ce soir ? m'interrogea-t-elle.
C'est une surprise lui dis-je.
J'avais vraiment envie de garder le lieu de notre destination secret, c'était un petit restaurant italien de TriBeCa où je me rendais souvent avec mère et Alexis et où je n'avais jamais été dérangé par les médias. Je comprenais le sens de sa question, mais elle pouvait avoir confiance en la discrétion de ce restaurant. A la rigueur, nous avions pris un plus grand risque la dernière fois en se retrouvant dans l'hôtel/restaurant où j'avais fait la lancée de mon dernier opus sur Storm.
J'espère que ce n'est pas trop jet set.
Non je te le promets c'est tout ce qu'il y a de plus simple.
Ok, donc ce soir c'est juste Rick, Alexis, Martha et Kate qui vont au restaurant. Pas le grand Rick Castle et sa muse ?
Je retrouvais bien la Kate Beckett que j'aimais, femme moderne et extrêmement privée. Elle ne voulait pas que notre relation enfin pour le moment fasse les tabloïds, car elle existait en dehors de moi, avant d'être ma muse elle avait un boulot et qu'elle faisait très bien. J'avais donc parfaitement respecté ce désir en réservant.
Tout à fait. Je suis persuadé que ça te plaira.
Je te fais confiance, même si ça me fait un peu drôle. Je pourrais t'emprunter ta baignoire d'ailleurs ?
Bien évidemment, tu peux te prendre un long bain, je te servirai une coupe de champagne, allumerai des bougies, te ferai un massage si tu le désires.
Tu me sors le grand jeu là ? me dit-elle tout sourire.
Non je souhaite te donner tout ce que tu mérites….
Et je pesais mes mots. Elle était tellement extraordinaire, je voulais lui donner ce qu'il y avait de mieux. Avec Kate ça ne passait pas forcément par des bijoux incroyables ou des cadeaux hors de prix, mais par des petites attentions comme cela lui montrant à quel point elle était importante à mes yeux et dans ma vie. Elle m'embrassa de manière aérienne, tout en douceur et légèreté. C'est aussi ce que j'aimais, derrière son côté tigresse ou wild cat elle savait faire preuve de beaucoup de tendresse, chose que je n'aurai pas réellement soupçonné.
Tu vas préparer tes affaires pour le voyage ?
Oui, mais je ne vais pas en prendre trop car j'ai des vêtements là bas. Tu as pensé à prendre un maillot de bains ?
L'eau de la mer serait un peu fraîche à cette époque là de l'année, bien que cela ne me surprendrai pas de voir Kate faire un plongeon. Quant à la piscine, elle était couverte l'hiver, donnant la possibilité de profiter.
Oui j'ai pensé à ça, au pire je pouvais nager nue aussi.
Sa réplique me faisait penser à ce que je lui avais rétorqué lors de ma proposition de l'été dernier. Evoquant le fait qu'elle pourrait se baigner si elle venait avec moi dans les Hamptons elle m'avait rétorqué que je me donnais beaucoup de mal pour la voir en maillot de bains. A ceci, provocateur j'avais répondu qu'elle pouvait toujours nager nue.
Il faut que tu te sentes entièrement libre de tes actions.
Elle me sourit. Je pense qu'elle comme moi avions encore en tête cet épisode manqué des Hamptons de l'été dernier. Heureusement, nous avions l'occasion là d'effacer ce mauvais souvenir. Son téléphone émit un son, elle s'en saisit dans sa veste et le consulta. Je la vis lire un texte à l'écran et sourire tout en laissant échapper un petit rire. Je l'interroger sur les raisons de son hilarité soudaine.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Un texto de Lanie. Tiens regarde.
Prenant le téléphone qu'elle me tendait je découvrais à mon tour le message de son amie légiste : « Bonnes vacances ma belle. Ne nous faites pas trop de bébés pendant ces dix jours. Profite de ton temps avec ton writer-man. J'espère te retrouver en pleine forme et avec plein de choses à me raconter dans deux semaines. Lanie. ». Décidément j'aimais beaucoup Lanie ! Je profitais du contenu du message pour aborder une question qui m'était venue hier. Le fait de rebondir par rapport au propos de Lanie me semblait plus facile que d'aborder le sujet de but en blanc, compte tenu du caractère de Kate.
Kate ?
Oui.
Hier soir quand on s'est disputés/expliqués tu as dit que tu avais matérialisé l'idée d'avoir des enfants avec moi, c'était sincère ?
Oui tout à fait. Et toi tu aimerais en avoir à nouveau, je veux dire après Alexis ?
J'avoue que là je ne m'attendais pas à une affirmation si rapide, notamment sur un dossier comme celui-là. Evidemment que j'y pensais, en fait cela faisait trois ans que je m'interrogeais à nouveau sur le mariage et/ou sur les enfants, sachant qu'avec elle j'avais trouvé la personne avec qui faire ces choses là.
Avec toi oui, mais cette fois j'aimerai que ce soit voulu et décidé. J'aime plus que tout Alexis, mais elle n'était pas programmée et surtout j'ai envie de partager la naissance et toute l'éducation avec la mère. C'est une aventure tellement magnifique, elle mérite d'être vécue à deux.
Tu es le mieux placé de nous deux pour en parler. Mais j'y ai pensé l'autre soir quand Alexis est venue. Tu vois c'est marrant elle n'est pas ma fille, mais quand elle m'a appelé pour m'informer de ce qui c'était passé avec Ashley, j'ai ressenti quelque chose d'étrange. J'ai du mal à mettre des mots dessus, mais je n'ai pas supporté l'idée qu'on ait pu lui faire du mal.
Les propos qu'elle avait envers ma fille me touchaient énormément et je me sentais encore plus minable de m'être emporté ainsi hier soir. Elle avait agi comme une mère l'aurait fait.
Et tu penses qu'on devrait en parler sérieusement nous deux ?
Honnêtement même si j'en avais envie, il était encore un peu trop tôt pour passer à la case bébé tout de suite. Il valait mieux que l'on prenne notre temps.
C'est une envie, elle est là, c'est certain. Mais le jour où je déciderai de fonder une famille, je mettrai ma carrière de côté cherchant peut être un poste moins exposé. Pour le moment je ne veux pas, je dois d'abord résoudre le meurtre de ma mère avant de me lancer dans la maternité. Et pour l'instant je ne suis pas prête à abandonner le travail de terrain c'est dangereux mais j'aime ce boulot. Et puis, ça ne fait pas longtemps qu'on est ensemble, donc on a encore un peu de temps.
Je comprenais tout à fait ces propos, il est vrai que son boulot actuel n'était pas sans risque notamment avec son tempérament obstiné et rebelle n'hésitant pas à aller au charbon alors même que la situation était dangereuse. Concernant l'affaire de sa mère, il fallait également qu'elle soit résolue. Kate changerai certainement ce jour là. Voilà douze ans qu'elle ne vit qu'avec ça, cherchant à coincer les responsables de ce meurtre. Il était important qu'elle assouvisse sa quête de justice avant de fonder une famille.
Tu as raison, mais ça n'empêche pas qu'on s'entraîne. Comme ça le jour où on voudra en faire, on sera au point.
Je pense que là-dessus on est plutôt bons….
Oui mais il ne faut pas se reposer sur ses acquis, on peut être surpris.
Tu veux qu'on s'entraîne maintenant ?
Vous lisez dans mes pensées lieutenant…
Comme dans un livre wirter…man.
Mmm je préfère…
Je la hissais sans aucune difficulté sur moi, pour retrouver un contact plus proche. Un jour il faudrait qu'elle m'explique comment un poids plume comme elle pouvait tenir un tel engin ou envoyer des types de la carrure de Vulcan Simmons dans un mur. Nous étions tellement proches que je sentais sa respiration, le parfum subtil de sa peau. Là encore elle fit preuve d'une grande tendresse lorsque nos bouches se rencontrèrent. Je laissais mes mains voyager dans sa longue chevelure ondulée, les siennes dans ma nuque et aussi dans mes cheveux ses mouvements étaient très doux et en même temps appuyés. Au bout de quelques instants elle quittait ma bouche et allait se nicher dans mon cou, attrapant ma peau à différents endroits entre ses lèvres, embrassant, aspirant très légèrement. Elle me faisait un effet incroyable et je m'abandonnais à ces agissements. Pour lui faciliter la tâche je laissais ma tête carrément retomber contre le coussin du canapé et pressais légèrement sa tête pour que ses actions gagnent en intensité. Elle décrypta tout à merveille et m'envoya au septième ciel rien qu'en m'embrassant. Mon envie d'elle déjà naissante au début du baiser culmina lorsqu'elle ondula savamment le bas de son corps sur le mien. Son déhanché était tout aussi divin qu'efficace. Je la laissais complètement faire tellement elle contrôlait admirablement la situation. Moi j'avais littéralement perdu pied.
Eh bien on dirait que ça va mieux vous deux, fit une voix derrière nous.
« Ma fille » pensais-je. Sa remarque me ramena brutalement sur terre et mit surtout un terme à notre session. Kate était rouge comme une pivoine, comme à chaque fois que quelqu'un arrivait au moment d'une session. Elle tenta de se lever mais je la retenais par le bras, je ne voulais pas exposer mon état au sud à ma fille. Elle me lança un regard interrogatif, je faisais glisser mes yeux pour expliciter mon comportement. Elle comprit, non sans esquisser un léger sourire à la commissure de ses lèvres ravie de constater une nouvelle fois que j'étais tout sauf insensible à elle.
Hey Alexis, dit-elle en toute décontraction.
Salut ma puce, fis-je.
Salut Kate, salut papa. Alors bonne journée ?
Oui on est en vacances, dis-je ravi.
Je suis en vacances précisa-t-elle.
Eh mais moi aussi je bosse, rétorquais-je bougon.
Ton boulot à toi c'est d'écrire, or aujourd'hui je ne t'ai pas vraiment vu en train de travailler.
Mon boulot à moi comme tu dis c'est d'écrire, mais je trouve mes idées en te regardant toi travailler, donc je passe mon temps à bosser, j'insistais voulant avoir raison là-dessus.
Bon je suis contente de voir que vous êtes redevenus normaux tout de même. Je vais vous laisser je vais aller travailler.
Alors qu'elle prenait la direction de sa chambre, je la prévenais de notre petite sortie de ce soir :
Ma puce, ce soir on va dîner en ville tous les quatre. J'ai réservé pour 20h30, alors prépare toi.
Ok on va où ?
Notre habituel.
J'avais répondu ceci sachant qu'Alexis comprendrait et ne voulant toujours pas donner d'indications à Kate.
Chouette. Tu vas adorer Kate. Bon j'y vais, fit-elle toute enjouée.
C'est bon je peux me lever ?me demanda-t-elle.
Oui maintenant tu peux.
Bon je vais aller prendre mon bain, me dit-elle après avoir regardé l'heure.
Monte, fais le couler et je t'apporte ta coupe de champagne.
Mmm, merci.
Elle m'embrassait avant de se lever du canapé et pris son sac posé par terre pour à son tour monter à l'étage. Pendant ce temps là, j'ouvrais ma cave à vins et sortais une bouteille de champagne que j'ouvrais. Je servais une coupe pour ma compagne, la disposant sur un plateau et remettait la bouteille au frais. Ensuite je rejoignais l'étage. Mais avant d'aller dans la salle de bains lui apporter sa boisson j'allais à mon bureau et imprimais les premiers chapitres de Heat Rises, je savais qu'elle aimait lire dans son bain et j'avais à cœur qu'elle me donne son envie sur cette première ébauche.
Une fois dans la salle de bains, je la retrouvais. Elle était confortablement installée dans la baignoire, le visage souriant et détendu. C'était un bonheur de la voir ainsi, et j'avais le projet que cet air ne la quitte plus pendant nos dix jours de vacances. Je lui donnais le verre, elle accepta et me prit la coupe des mains. Je ne ratais pas une parcelle de seconde du moment où elle porta ses lèvres au verre et avala un peu de liquide pétillant. Elle avait fermé les yeux à cet instant. Cette femme avait le don de rendre tout sensuel.
Tu ne prends pas de bain avec moi.
Non, c'est ton moment savoures le. Il faut que je prépare mes affaires, j'aimerai écrire un peu si possible et aussi me préparer pour ce soir.
J'avais également le projet d'aller au fleuriste à quelques pas de l'immeuble pour aller chercher une rose pour ma cavalière ce soir.
J'ai tout de même le droit à un baiser ?
Mais naturellement, attends je pose le plateau.
Je m'exécutais le mettant non loin de la baignoire et revenais vers elle tout doucement. Nos bouches se lièrent à nouveau et quand j'ouvris la mienne elle me déversa un peu de champagne, partageant sa boisson avec moi. J'étais parcouru de frissons à la sensation et laissais déjà un son échapper, et nous approfondîmes le baiser. Les sensations étaient fulgurantes, heureusement que j'étais assis sur le bord de la baignoire car je serai certainement tombé sous l'intensité du baiser. Lorsque l'air se fit plus rare je mettais un terme à cet échange délicieux.
Waouh…fis-je. Bon je vais y aller.
Je savais que si je ne quittais pas cette salle de bains tout de suite, nous allions nous emporter. Elle avait réussi à rallumer le feu tout juste éteint en un baiser.
Mais qu'est-ce que je vais faire moi toute seule.
Elle me demanda ceci avec une bouille complètement adorable.
Justement je t'ai apporté de la lecture, tiens voici les premiers chapitres de Heat Rises. Tu me diras ce que tu en penses ?
D'habitude je n'ai le privilège de te lire que quand tu as fini, enfin quand tu penses à me donner le manuscrit avant les journalistes !
Très drôle répondis-je boudeur me souvenant du premier opus de Nikki.
Bon allez file, me dit-elle.
Je me levais du rebord pour la laisser tranquille, non sans la taquiner légèrement avant.
Ah maintenant que tu as de la lecture je dois dégager.
Que veux-tu, tu n'arriveras jamais à rivaliser avec les écrits de Richard Castle.
Je me ferai un plaisir de ton montrer ce soir que je suis largement en mesure de rivaliser face à quelques feuilles de papier, aussi bien écrites soit-elle.
La taille de ton égo est impressionnante.
S'il n'y avait que cette taille là qui t'impressionnait… lui dis-je tout en sortant de la salle de bains.
J'étais tout à fait conscient du sous-entendu de mon propos et c'était d'ailleurs complètement voulu et calculé. Je me vengeais pour une fois en l'allumant à blanc, ce qui était sa spécialité. A voir sa mine j'avais complètement réussi je partais donc ravi de la salle de bains la laissant toute seule. Dans la chambre je sortais du dressing quelques vêtements et je pensais notamment à une tenue habillée pour rencontrer papa Beckett. Je ne chargeais pas trop sachant que nous n'avions pas beaucoup de bagages à moto et voyant que le sac qu'elle avait préparé semblait déjà bien rempli. De plus j'avais pas mal de vêtements aux Hamptons. Mes affaires sorties, je quittais la chambre et redescendais. Prenant mon porte monnaie je sortais acheter une rose pour la beauté qui trempait dans ma baignoire. Sept minutes plus tard j'étais de retour au loft et j'ôtais minutieusement les épines de la tige afin qu'elle ne se blesse pas en la prenant. En attendant de lui donner je la mettais dans un peu d'eau dans une flute de champagne.
Ma surprise étant prête je remontais à mon bureau. Avant de partir j'avais quelques idées à poser sur le papier. Je prendrai d'ailleurs le début de mon roman sur une clé USB ayant un ordinateur dans les Hamptons. Peut être que j'aurai quelques moments libres pour écrire un peu et je pourrais profiter de la présence de ma muse pour être inspiré. Je me mettais donc à l'ordinateur, confortablement installé dans mon fauteuil, les jambes allongées sur le bureau avec l'ordinateur sur les cuisses. C'était parfait pour écrire, m'évitant la position classique du travail de bureau et donc les douleurs au dos. Ouvrant un nouveau document je listais ce que j'avais en tête. Ayant un peu de temps devant moi, j'ouvrais de nouveau la scène un peu torride que j'avais écrite l'autre soir et tentais de l'améliorer. Je commençais par la lire une première fois pour me remettre dans le contexte. Là-dessus Kate me donnait beaucoup de matériel. Je devais faire attention à ne pas donner de détails trop proches de ceux de notre vie de couple, mais elle stimulait beaucoup mon imagination à ce niveau là depuis une semaine. Finalement, jugeant mon texte un peu fade – forcément vu le modèle original et sa fougue qui était dans ma baignoire – je réécrivais le texte, essayant de le rendre moins terne. L'écriture ce soir était très fluide, mes doigts dansant sur le clavier. Je ne cherchais absolument pas mes mots et avais l'impression de vivre la scène que j'écrivais. Au bout de quelques minutes je me relisais, très satisfait de ma production. Seulement un détail attira mon attention au lieu de Nikki et Rook j'avais écrit Kate et Rick. Elle était plus que jamais dans ma tête dans mes moments d'inspiration. Je faisais donc une recherche des prénoms pour les remplacer par ceux des personnages fictifs. Souriant à cette expression soudaine de mon inconscient dans mon écrit je reprenais mon écriture, qui me semblait presque facile.
Comme souvent lorsque j'écrivais j'avais perdu toute notion temporelle, je n'aurai pas pu dire si j'écrivais depuis cinq minutes ou trois heures, tellement ce processus de création était intense et m'accaparait tout entier. J'étais dans ma bulle, au point de ne pas avoir noté la présence de Kate sur le seuil de la porte. Mes yeux se penchèrent sur sa tenue, me laissant ébahi pendant quelques secondes. Elle portait une chemise blanche à moi en haut et une jupe courte noire qui mettait naturellement en valeur ses longues et magnifiques jambes. Elle était appuyée sur le chambranle et me regardait souriante. Je lui rendais son sourire en lui demandant :
Kate tu es là ?
Oui.
Ca fait combien de temps ?
Oh quelques minutes, mais tu étais tellement concentré que je n'ai pas voulu te déranger. Et puis pour une fois que c'est moi qui te regarde travailler ! Ton écriture est bonne ?
Oui j'avais deux-trois idées à poser, et vu que j'ai moins de temps libre ces derniers temps j'en ai profité pour les coucher sur papier. Alors ton bain ?
Divin, je l'ai partagé avec James et Nikki…J'ai adoré ce que tu m'as donné à lire.
Son avis était plus important que n'importe quel autre. Non pas parce qu'elle était fan de mes livres ou ma muse, mais tout simplement parce que c'était elle.
Vraiment ?
Oui vraiment, confirma-t-elle.
Elle s'avança à pas de loups vers moi, dans une démarche que je qualifierai de féline et accepta ma proposition de venir s'asseoir sur moi dans le fauteuil.
Elle est sympa cette chemise lui dis-je en me saisissant de la boutonnière là où la chemise était ouverte.
Je me suis permis de t'en emprunter une.
Tu as bien fait, tu es définitivement sexy dedans.
Merci monsieur l'écrivain.
Mais de rien ma muse.
Alors j'ai vu que tu avais sorti tes affaires. Tu aurais pu les ranger dans le sac tu sais.
Je préférais te demander avant, je ne voulais pas m'imposer.
Ca t'arrive de ne pas vouloir envahir mon espace personnel ?
J'avais jugé un sac de voyage très personnel et intime au final. Même si dans quelques jours son contenu n'aurait aucun de secret pour moi, je n'avais pas osé l'ouvrir pour y mettre mes affaires.
Seulement quand il s'agit de ton sac.
Je me disais bien.
Nous rigolions tous les deux et nous nous embrassâmes très légèrement.
Je vais à mon tour me laver et me préparer. Par contre pour ce soir je vais peut être me raser, ça ne te dérange pas.
Non pas du tout, mais gardes en un peu. Tu sais comme au début de notre partenariat, tu gardais toujours un peu de barbe et c'est très très séduisant.
Je découvrais qu'elle m'avait vraiment observé elle aussi. Elle l'avait fait très discrètement car je n'avais rien vu. De mon côté je m'étais fait moins réservé lors de mes séances de matage. Elle avait réellement bien caché son jeu, si bien que j'avais pu penser qu'elle était indifférente à mon physique.
Alors si mademoiselle Beckett est séduite…
Sur ce je l'embrassais une nouvelle fois avant de lui dire :
Je vais y aller.
Elle se levait, rendant possible l'opération pour moi.
Rick, tu crois que je peux aller embêter Alexis ?
J'étais ravi qu'elle aille aussi spontanément voir ma fille. Depuis toujours elle avait souvent discuté avec Alexis et majoritairement sans moi. Mais c'était très bien qu'elle ait sa relation avec ma fille. Gina m'avait toujours reproché de ne pas lui avoir laissé cette place elle n'avait pas tort, mais elle n'avait certainement pas su se trouver elle-même cette relation. Chez Kate cela semblait naturel.
Bien sûr, je l'ai entendu prendre sa douche tout à l'heure elle doit être en train de se préparer. Et je suis persuadé qu'elle sera ravie que tu viennes.
Ok.
Je partais de mon bureau, laissant Kate rejoindre ma fille. De mon côté je me dirigeais vers ma chambre. Une fois dedans, je rangeais finalement mes affaires dans le sac de voyage ne cherchant à pas à en connaître le contenu et le refermais avant de le mettre par terre. Dans mon dressing je sortais de quoi m'habiller pour ce soir. Le restaurant n'était pas parmi les plus grandes tables de New-York, même si l'on y mangeait très bien. J'avais à cœur de soigner mon allure pour être présentable face à ma compagne. Je ne savais pas si elle avait prévu une tenue particulière, j'étais impatient de le découvrir. De toute manière elle était tout le temps renversante, alors elle serait forcément ce soir. Mon choix s'arrêtait pour une tenue entièrement noire pantalon de costume, ceinture, chemise et veste. La chemise était quelque peu froissée alors je sortais mon fer à repasser pour y remédier. Ce détail accompli et mes affaires posées sur une chaise je rejoignais la salle de bain.
J'attaquais ma préparation par l'étape rasage, m'appliquant pour respecter le souhait émis par Kate de laisser un tout petit de peu de barbe. Je faisais aussi attention de ne pas me couper comme cela m'arrivait fréquemment. Du coup je mis un temps fou à accomplir la tâche. J'ôtais ensuite mes vêtements filant dans la douche et allumant le jet d'eau à une température assez chaude. Même si je m'étais lavé la tête ce matin je recommençais, souhaitant être impeccable ce soir. Je sortais ensuite complètement décontracté de ma douche, une serviette autour de la taille. Je revenais devant le lavabo pour me mettre de l'après rasage à la sauge, éteignant le feu et laissant derrière une odeur agréable. Je m'aspergeais ensuite de parfum avant de retourner vers la chambre pour m'habiller. Mes vêtements mis je passais à l'étape finale du coup de peigne et jetais un dernier regard avant de sortir. Je pouvais être content de mon allure.
Pensant que Kate était toujours avec ma fille je me dirigeais vers la chambre de celle-ci en sortant de la mienne. Par souci de préserver l'intimité de ces dames je frappais avant d'entrer. Alexis me répondit :
Oui papa entre.
Alors comment vont mes deux femmes préférées ? dis-je.
Je vis que Kate procédait à l'examen minutieux de mon aspect. J'étais ravi qu'elle me balaie de cette manière de ses yeux. Elle ne dit absolument rien, mais je devinais qu'elle appréciait au sourire dessiné sur ses lèvres et à l'éclat de ses yeux. Pour ma part, je m'étais arrêté sur ma fille qui était réellement très belle. Je devais admettre ce soir qu'elle était devenue une jeune femme. Elle portait une robe violette et était très justement et légèrement maquillé. En tant que père j'étais très ému de voir ces transformations.
Chérie tu es superbe, lui dis-je.
Merci papa. C'est Kate qui m'a maquillé.
Je regardais Kate, la remerciant des yeux d'avoir fait ceci pour elle. J'étais persuadé au ton enjoué de ma fille qu'elle était ravie.
Rick il est quelle heure ? me demanda Kate.
19h45, mère arrive d'ici quinze minutes. Tu veux finir de te préparer ?
Oui je vais m'habiller.
Ok, Alexis et moi on va aller en bas en t'attendant.
Très bien je vous rejoins.
Je remarquais le clin d'œil adressé à ma fille juste avant de sortir de la chambre. La question de sa tenue me préoccupait de plus en plus, que me réservait-elle encore. J'avais déjà des palpitations à l'idée de découvrir son allure du soir. Je descendais avec ma fille, nous parlions tous les deux. Alors que nous étions au salon assis sur le canapé depuis quelques minutes, mère fit son entrée dans le loft.
Bonsoir les enfants, fit-elle.
Bonsoir mère.
Bonsoir grand-mère, alors ta journée.
Bien, intense. Et vous ?
Habituelle fit Alexis.
Excellente répondis-je. Au fait mère nous sortons dîner ce soir.
Avec Kate ?
Absolument mère.
Et où allons-nous ?
J'ai réservé une table à « Il Mattone », elle ne voulait pas quelque chose de trop public.
C'est parfait mon fils, tu as demandé notre table ?
Oui tout à fait.
C'est pour quelle heure ?
20h30, on attend Kate qui se change.
Impatient…
Moi mais je n'ai rien dit.
Non mais ça se voit dans tes yeux.
Elle a raison papa, tu ne tiens pas en place de connaître la tenue de Kate. Et tu as bien raison !
Quoi tu sais quelque chose… ?
Oui mais je ne te dirai rien.
Fille cruelle.
Papa, dois-je te rappeler que j'ai sauvé tes oreilles hier soir ?
Que s'est-il passé hier soir ? s'enquit mère.
Kate et moi avons eu une petite crise mais Alexis a tout fait pour nous réconcilier.
Et maintenant ça va mieux ? demanda-t-elle.
Ils sont plus amoureux que jamais fit Alexis.
Je rougissais à l'ultime remarque de ma fille. Elle n'avait pas tort, cette dispute nous avait rapprochés encore plus. Nous entendîmes le bruit d'une porte à l'étage, elle était sortie de la chambre. Mon cœur battait à toute allure, menaçant de sortir de ma cage thoracique à tout instant, j'étais euphorique. Je me levais et m'empressais de me saisir de la rose qui était sur le comptoir de la cuisine pour attendre la demoiselle en bas des marches. Je vis ma mère et ma fille me regarder tout en s'échangeant des regards complices pour commenter mon attitude.
Les bruits de pas se rapprochaient, elle était maintenant dans le couloir s'approchant des escaliers. Deux secondes après mes yeux se posaient sur elle et il m'était impossible de les détacher. Elle était sublime, portant la robe qu'elle avait mise pour le lancement de Heat Wave. A cette soirée là elle était déjà magnifique, ce soir elle surpassait encore sa beauté. Allait-elle s'arrêter un jour ? Son sourire était éclatant, ses yeux pétillants et étincelants. Cette robe était définitivement divine, si elle savait combien de rêves j'avais fait d'elle dans cette robe après cette soirée là. Ce soir j'avais l'occasion d'en faire des réalités. Elle non plus ne détachait pas son regard du mien, descendant avec une grâce incroyable les marches de l'escalier. Quand elle arriva à l'avant dernière marche, je lui tendais une main pour l'accompagner dans la fin de sa descente. Une fois qu'elle fit à ma hauteur je déposais un baiser sur sa joue, m'enivrant déjà de son parfum envoûtant et lui susurrai à l'oreille :
Tu es belle à tomber Kate
Aucun mot ne me semblait d'être à même de décrire sa beauté. J'espérais seulement qu'elle perçoive l'émerveillement qui était le mien devant sa splendeur.
Ca te plait ?
Si tu savais comme j'ai eu envie de t'embrasser ce soir là.
Et tu crois que tu étais le seul…
Je n'avais pas été capable de décrire ce qui s'était joué entre nous deux ce soir là avant que je commette l'idiotie de parler de l'affaire et que nous ayons cet échange un peu relevé sur la suite de mes écrits sur Nikki. Je me souvenais de l'avoir dévisagée et d'avoir fixé sa bouche voulant l'embrasser lui montrant ce qu'elle me faisait. Quelques minutes avec que je la rejoigne mon agent Paula m'avait dit « couche avec elle tu te la sortiras de la tête », elle s'était bien trompé là-dessus. Kate n'était pas une one-night-stand pour moi et même pas à l'époque. L'avait-elle été un moment ? Peut être juste au tout début, lors de nos premières enquêtes où quand je rentrais chez moi je ne pensais qu'à ça. Mais très vite elle était passée de cible plus que potentielle de conquête à mon fantasme absolu, à ma définition de la femme de ma vie. Tout en lui souriant je découvrais la rose qui était cachée dans mon dos. Elle la regarda, manifestement touché par cette attention très romanesque.
Merci se contenta-t-elle de me dire.
Elle m'embrassait, m'effleurant les lèvres et ne faisant pas durer le baiser et nous allâmes du côté de mère et d'Alexis qui n'avaient pas dévié leur regard de la scène qui se jouait entre nous.
Kate, vous êtes magnifique.
Merci Martha.
Alors Mesdames vous êtes prêtes ? demandais-je.
Oui, répondirent-elles.
Alors allons-y.
J'avais commandé un taxi, qui devait nous attendre en bas de l'immeuble. Nous sortions tous les quatre de l'appartement et prîmes l'ascenseur. J'avais offert mon bras à Kate. Elle accepta. Je savais que ça n'allait pas durer longtemps car en ville nous ne nous affichions pas en tant que couple, si jamais quelqu'un me reconnaissait, cela pourrait mettre en péril le caractère secret de notre relation. Alors j'en profitais pendant le court laps de temps que j'avais. Le taxi nous attendait, je m'avançais vers le chauffeur pour lui donner notre adresse, continuer à garder le mystère sur le lieu de notre dîner. Nous aurions pu y aller à pieds, c'était tout aussi bien de s'y rendre en taxi. Mère, Alexis et moi étions familiers du lieu. Nous laissâmes Kate prendre connaissance avant d'entrer dans l'établissement. Elle détaillait tout du regard et était toujours aussi souriante. Le lieu semblait a priori lui convenir. Soulagé, j'allais m'annoncer au réceptionniste.
Bonsoir, j'ai une réservation pour quatre au nom de Rodgers.
J'empruntais ce nom là quand je ne voulais pas faire de vague et être tranquille. De toute manière je n'étais connu à ce restaurant que sous ce nom là, le gardant pour mes dîners de famille. C'était d'ailleurs la première fois qu'il y avait quelqu'un d'autre qu'Alexis et mère. Mais Kate faisait partie de la famille pour nous tous déjà avant et encore plus aujourd'hui.
Oui. S'il vous plaît suivez-moi.
Il nous guida jusqu'à notre table. Pour la rejoindre nous dûmes traverser toute la salle de restaurant. J'étais derrière Kate et je constatais que tous les regards se tournaient vers elle. Les hommes évidemment, mais les femmes aussi s'arrêtaient de manger et regardaient ma compagne. Je ne leur jetai pas la pierre, elle était totalement renversante vêtue ainsi. J'étais tout fier d'être le petit ami de cette jeune femme splendide. Une fois à table le serveur nous donna des menus afin que nous puissions faire notre sélection et nous demanda :
Bonsoir, désirez-vous un apéritif ?
Politesse et éducation obligent je me tournais vers ma mère pour savoir ce qu'elle prendrait pour commencer.
Une coupe de champagne pour moi.
Une deuxième alors, fit Kate.
Mettez en alors trois. Et toi Alexis ?
Un jus de pamplemousse.
Très bien je vous apporte tout ça.
Et il repartit nous laissant en tranquillité considérer les menus. Je lui demandais son avis sur le lieu, m'assurant qu'elle le trouvait à son goût.
Alors ça te plaît ?
Oui c'est parfait.
On vient ici quand on veut dîner en famille sans faire la page six le lendemain.
Elle me sourit, je pense qu'elle était contente de voir que nous pouvions sortir en ville sans être cueillis par les médias. C'était un moment important pour elle et j'étais ravi de lui prouver qu'elle pouvait me faire confiance, que je respectais sa volonté pour le moment de garder notre relation secrète et tout particulièrement vis-à-vis de la presse.
Vous avez fait votre choix, nous demanda le serveur.
Nous opinâmes tous du chef, alors le serveur sortit son bloc notes. Mère inaugura la valse comme le voulait la convention sociale.
Je prendrai une salade de poulpe en entrée et un risotto « nero di sepia » ensuite.
Parfait, fit le serveur.
Pour ma part ça sera un « fritto misto » et des lasagnes, s'il vous plaît.
J'avais frissonné en l'entendant prononcé le nom du plat à l'italienne, rajoutant encore une dose de sensualité au personnage.
Très bon choix madame, jeune fille ?
Une roulade de courgettes à la ricotta et des « penne alla carbonara ».
Très bien, et vous monsieur ?
Un « fritto misto » avec des raviolis ricotta-épinards.
Excellent. Vous souhaitez du vin avec ceci ?
Oui un Valpolicella et vous nous mettrez également une grande bouteille de San Pelegrino.
Bien sûr Monsieur.
Alors les enfants vous partez demain ?s'enquit mère.
Oui répondis-je.
Et vous voyagez en moto c'est ça ?
Bien que je sois majeur et vacciné mère restait mère et j'étais toujours son fils. Je ne pouvais pas lui reprocher ceci. Enfin je l'avais fait suite à la fusillade où Raglan avait été tué et je me souvenais encore de sa réponse dans les moindres détails.
Ne t'inquiète pas mamie, Kate conduit très bien.
Je n'en doute pas, mais c'est juste que ton père n'en a jamais fait.
En fait Martha, on a fait un essai cet après midi et ça s'est très bien passé. Et puis, il a tout l'équipement nécessaire. Ainsi, même si on devait chuter – ce qui n'arrivera pas – il n'y a pas de danger. Et je serai vigilante, lorsque j'ai un passager je redouble d'attention.
Merci Kate.
Kate s'était montrée des plus rassurantes envers ma mère, comprenant le souci qu'elle pouvait se faire face à ce trajet. Je continuais dans la même perspective en lui disant :
Et on t'appellera dès qu'on sera arrivés, la rassura Richard.
Alors papa, c'était comment ?
Super, c'est fou les sensations qu'on a.
Oui j'ai vu ça l'autre jour, Kate m'a dit que c'était l'adrénaline c'est puissant.
Parce que tu as fait de la moto toi aussi ? dit mère à sa petite fille.
Oui, Alexis et moi on a fait une petite ballade l'autre jour, répondit Kate.
Il ne manque plus que toi grand-mère fit Alexis en rigolant.
Ne m'en voulez pas Kate, mais ça ne sera pas pour moi. J'ai une peur bleue de ces engins là. Sur ce à votre santé mes petits fit-elle en levant sa coupe.
Nous portâmes un toast à nous quatre, au plaisir d'être réunis ce soir pour ce dîner qui s'annonçait merveilleusement. Nos entrées firent leur apparition sur la table très rapidement. Je connaissais tous les plats du restaurant, mais à chaque fois le plaisir était renouvelé et le « fritto misto » confirmait la règle. La discussion tourna autour du projet de l'école de théâtre de mère qui jouait la police sur le chantier ces derniers temps, pour s'assurer du bon déroulement des travaux. Puis Alexis parla de ses cours et d'un projet estival. Elle voulait partir trois semaines en camp de vacances. A l'entente de ce désir je n'étais pas complètement ravi, mais je ne disais rien. Après tout il allait falloir que j'admette qu'elle grandisse, même si cela amenait que je passe moins de temps avec elle. Nos assiettes étant finies, le serveur s'occupa de nous les enlever.
Je vais aller me rafraîchir fit mère. Tu viens avec moi Alexis ?
Oui j'arrive tout de suite.
Je connaissais suffisamment mère et ses stratagèmes pour savoir qu'elle souhaitait nous laisser un peu d'intimité, voilà pourquoi elle avait suggéré à Alexis de venir. Je m'emparais de la main droite de Kate qui était posée à plat sur la table et la caressai tout doucement. Notre table étant suffisamment isolée du reste de la salle par le paravent, je pouvais me permettre de l'embrasser. Ce que je fis, me levant un peu de ma chaise pour aller vers elle. Le chaste baiser se transforma tout de suite en échange plus passionné, elle me surprenait. Nous étions certes masqués mais toujours dans un lieu public. Quelques instants après nous coupions le baiser et je retournais dans ma posture normale. Mère et fille arrivèrent à ce moment là et se rassirent à table. Ma chère fille me dit :
Papa, à moins que tu essaies un nouveau genre tu as du gloss sur les lèvres.
Du coup je ne pouvais plus cacher mes activités pendant leur absence, il était évident pour elles que j'avais embrassé ma compagne. Je regardais Kate, elle s'était pincée les lèvres, souriant et rougissant légèrement. Ma fille était en tout cas une fine observatrice et rien ne lui échappait. Presqu'avec regret je retirais les traces laissées par ma petite amie avec ma serviette. Le serveur mit fin à cette petite parenthèse intime en nous apportant les plats principaux.
Et voilà vos plats.
Les portions étaient comme d'habitude plus que généreuse et la cuisine toujours aussi bonnes. Je ne ratais pas le regard de Kate devant le plat de lasagnes qui lui avait été servi. Compte tenu de son appétit cela ne lui faisait pas peur, néanmoins elle avait marqué un temps d'arrêt. Nous nous attelâmes chacun à la dégustation de nos plats, il n'y avait plus un bruit. De temps à autre j'avais un regard pour Kate, elle fermait les yeux presque à chaque bouchée rendant sa dégustation ultra sensuelle. Heureusement pour Junior et moi elle évitait de s'attarder sur sa fourchette comme elle avait pu le faire l'autre soir avec les sushis. Cependant, son spectacle débordait déjà de sensualité. Elle fut la dernière à finir et dit :
C'était vraiment délicieux.
Content que ça t'ai plu, on aime beaucoup la cuisine ici, lui dis-je.
Le service toujours aussi parfait, nos assiettes furent débarrassées assez rapidement. Je resservais des boissons à ces dames, ma fille continuait à carburer à l'eau. Le serveur revint vers notre table avec son calepin et nous donnant la carte des desserts.
Vous souhaiterez des desserts peut être ?
Non merci pour moi fit Martha.
Suite à ce refus de mère je regardais Kate, sachant par avance que sa gourmandise lui ferait prendre un dessert.
Je prendrai un tiramisu avec un café si possible.
Moi une panacotta à la mangue dit Alexis.
Et un deuxième tiramisù avec un café également fis-je.
Je vous apporte ça tout de suite.
La discussion se poursuivit en attendant, toujours dans une ambiance particulièrement excellente. Il était bon de passer ce genre de soirée, notamment après la dispute d'hier soir. Le dessert était sur la même lancée que le reste du repas et était donc très bon. Je n'en prenais pas toujours, car les plats étaient très copieux. Mais là ce soir je me laissais aller à de la gourmandise. Une fois qu'ils furent finis, je demandais l'addition au serveur, tout en lui commandant un taxi. Il revint avec la note. Alors que je portais la main à la poche intérieure de ma veste, je vis Kate sortir sa carte de crédit de son sac à mains. J'arrêtais alors tout de suite son geste en lui prenant la main et lui disant :
Kate, tu plaisantes j'espère ?
Euh non.
Je savais très bien qu'elle ne plaisantait pas du tout en ayant cette conduite. Et je l'aimais encore plus ça. Elle n'était pas du tout du genre à profiter de mon argent, ou considérer pour acquis le fait que je règle le restaurant. Cela me changeait définitivement, je n'étais pas un compte en banque pour elle. Elle avait son indépendance et y tenait férocement.
Range-moi ta carte tout de suite, vous êtes mes invitées ce soir.
Alors merci.
Elle n'insista pas, mais même si j'avais depuis le début prévu de l'inviter son comportement me confortait sur l'opinion que j'avais de cette femme.
Mon plaisir, dis-je sincèrement.
Et c'était vrai, ce qui était avec d'autres un automatisme était avec elle un réel plaisir. Je donnais donc ma carte au serveur pour qu'il revienne avec la machine je réglais quelques minutes plus tard et laissais un pourboire que j'estimais mérité. Le service avait été parfait et j'appréciais de pouvoir jouir d'une telle intimité dans un restaurant.
Nous sortions ensuite de notre coin pour traverser de nouveau la salle de restaurant, qui était moins pleine qu'à l'aller. Mais là encore tous les regards se tournèrent vers elle. Je fermais la marche laissant ces dames me précéder et remerciait le serveur et le réceptionniste avant de sortir. Notre taxi était déjà là, nous montâmes dedans indiquant l'adresse du loft où nous arrivions dix minutes plus tard.
