Mel023: Merci, ce chapitre a été traduit par Abeille, ainsi que les deux qui suivront.

Colinou : 57, maintenant… La Moselle ! :p

DAM : C'est mignon hein la scène entre Uther et son fils ?^^

Avec ce chapitre, mes ami(e)s, nous arrivons aux deux tiers de l'histoire ! *roulement de tambour*

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Chapitre 52: Un sentiment de culpabilité ~Partie 1~

Les fins rayons de lumière, qui l'atteignaient à travers sa fenêtre, firent pousser un gémissement au jeune homme dans le lit. Pourquoi diable l'aube devait-elle arriver si tôt ? Pourquoi ne pouvait-il avoir du repos pour une fois ?

Merlin rejeta à contrecœur sa mince couverture et se redressa, chassant le sommeil de ses yeux et souhaitant que son 'destin' ne l'ait pas obligé à vivre des heures si terribles afin de cacher des choses et de ne pas se faire prendre. Il avait été pas moins d'une heure après minuit avant qu'il ne revienne du lac et il était à présent juste après la sixième heure. En tout, au mieux, il avait obtenu cinq heures de sommeil, alors que la nuit d'avant il en avait peut-être obtenu six grâce à sa visite pour voir le dragon.

Cette pensée lui fit faire une pause, fronçant un peu les sourcils, tandis qu'il commençait à s'habiller. Le dragon avait été en colère, plus qu'en colère. Il avait rugi sa fureur en apprenant qu'Uther avait utilisé l'épée, ses paroles devenant de la glace quand il avait exigé que le sorcier devant lui cache la lame là où personne ne pourrait la trouver. C'était étrange à quel point cela l'avait affecté, la colère qu'il avait eu sur lui. Considérant combien sa confiance envers le dragon était faible au mieux, étant donné l'attitude générale de la créature, c'était étrange de constater que savoir qu'il l'avait déçu, l'ait … blessé. Merlin n'arrivait juste pas à mettre le doigt sur la raison pour laquelle cela le blessait, pourquoi cela lui faisait mal, comme une profonde douleur au fond de son âme.

Quand Merlin sortit de sa chambre pour prendre son petit déjeuner, Gaius remarqua la lueur troublée dans les yeux de son pupille. Le masque de joyeuse résignation, dû au lever tôt que son boulot nécessitait, pouvait le cacher pour la plupart des gens, mais pour lui, cela ne cachait rien. Pourtant, il resta calme et ne souleva pas le sujet, laissant Merlin se diriger pour commencer ses corvées, avec rien de plus que la petite discussion habituelle du matin. Le jeune homme parlerait de ce qu'il avait en tête quand il serait prêt, à moins qu'il ne le découvre par ses propres moyens. De toute manière, il n'y aurait plus qu'un jour ou deux avant que les suites de l'incident avec le spectre ne soient derrière eux.

Gaius soupira, se mettant à rassembler ses affaires pour sa tournée. En combinant l'épée avec la sortie tardive de Merlin, il ne lui fallait pas beaucoup d'imagination pour savoir qu'elle était la source de ce qui l'ennuyait. Quelque soit l'endroit où son protégé avait disparu, il était revenu sans la lame et étant donné qu'elle avait été suffisamment puissante pour abattre quelque chose qui était déjà mort, il ne le blâmait pas de l'avoir cachée. Une telle arme serait effrayante dans de bonnes mains. Dans de mauvaises mains cela serait terrifiant.

Il quitta ses appartements, le sac à la main, mettant ses pensées de coté. Les personnes habituelles du château avaient besoin de leur médicament quotidien, une des femmes des courtisans attendait un bébé et aurait besoin d'être de nouveau examinée… avec son mari qui s'agitait autour comme la dernière fois sans aucun doute. Le temps qu'il en finisse avec ça, la réunion du conseil de ce matin viendrait juste de se terminer.

Sa matinée se déroula comme il s'y attendait, avec en ajout des commérages dans le fond sur le chevalier noir encore évident ici et là. Le mari de la courtisane s'était en effet agité autour d'eux durant son examen, le forçant à demander à l'homme de s'asseoir et de se tenir tranquille ou de partir et fidèle à son estimation, il était presque midi quand il acheva ses tâches du matin.

Une chose à laquelle il ne s'attendait pas cependant, fut de rencontrer Gwen près de ses appartements.

Elle en vint à s'arrêter lorsqu'elle le vit, hésitant un instant avant de courir vers lui.

"Savez-vous où Merlin pourrait être en ce moment ? J'ai des choses à faire cet après-midi, aussi je n'aurais pas le temps de le rechercher. J'ai été au terrain d'entraînement, m'attendant à ce qu'il y soit avec Arthur, mais il n'y était pas."

Gaius haussa les sourcils un petit peu.

"Une raison particulière pour laquelle tu as besoin de lui parler ? Peut-être puis-je lui donner un message de ta part."

La bonne secoua la tête.

"Merci, mais j'ai vraiment besoin de lui parler en personne. Savez-vous où il pourrait être ?"

Gaius la regarda pendant un long moment, se demandant si elle pouvait être impliquée au sujet de l'épée d'une certaine manière, avant de décider qu'il pourrait aussi bien répondre.

"Il gémissait la nuit dernière, à propos du désordre qu'Arthur avait fait dans ses appartements pendant qu'il était enfermé dedans hier matin. Normalement, il aurait dû être aux écuries ou à l'armurerie à présent puisqu'il n'est pas au terrain, mais il y a des chances qu'il y soit encore pour nettoyer des choses. Mais tu devrais te dépêcher. Tu as peut-être quinze minutes, une demi-heure au plus avant qu'il ne se dirige vers les cuisines pour prendre le repas d'Arthur. Après ça, tu devras le pourchasser durant son travail de l'après-midi et on ne sait pas ce que le prince a prévu pour lui aujourd'hui. "

Gwen hocha la tête en remerciement, lui donnant un petit sourire.

"Merci Gaius. Morgane veut que j'aille au marché cet après-midi et je ne voulais pas avoir à me faire excuser."

Elle se dépêcha de s'éloigner, le médecin la regardant partir avec un léger froncement de sourcils. Se demandant si peut-être il n'aurait pas du garder le silence sur l'emplacement probable de son protégé.

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Le sol qui avait été jonché d'objets était à présent dégagé et balayé, le lit fait et les meubles dépoussiérés. Un seau d'eau et un torchon attendaient près de la porte, destinés à faciliter l'élimination de quelques éclaboussures de terre près de la table, mais pour l'instant, le serviteur, qui les avait apportés ici, était en train de donner du repos à ses genoux après qu'ils aient rampé sur la pierre.

Les sourcils de Merlin se rejoignirent en un froncement de sourcils de concentration, assis à la table comme il l'était, tandis qu'il enlevait un bracelet de cuir endommagé d'une partie de l'armure d'Arthur et était en train de procéder à la fixation de la pièce de remplacement. Qui penserait que le fait d'être portée une seule fois dans la bataille par un homme pour lequel l'armure n'était pas conçu, résulterait qu'un si grand nombre de fixations soit endommagé de cette manière.

Il soupira, finissant par cette sangle et commençant à vérifier le reste. Le roi était sacrément chanceux qu'il ait pu porté aussi une cotte de maille, parce que si les entailles dans les parties exposées du cuir étaient d'une quelconque indication, alors il aurait été réduit en lambeaux sans elle. Quel dommage qu'il n'ait pas vraiment regardé le combat, étant préoccupé par Nimueh comme il l'avait été. S'il l'avait fait, il aurait eu un certain aperçu en avance du travail qu'il aurait à faire de cette manière.

Merlin grimaça à la vue d'une très longue égratignure sur une des plaques de protection. Cela allait prendre des heures à polir et s'il ne le faisait pas alors Arthur se plaindrait. Il ne pouvait pas vraiment juste gagner.

La porte s'ouvrit derrière lui et il tressaillit, réalisant qu'être assis à table avec son dos contre elle, il pourrait sembler être en train de se cacher.

"Je ne suis pas en train de me relâcher et je finirai de nettoyer le sol une fois que j'aurais fini ceci."

"Merlin?"

Il se raidit au son de la voix de Gwen, s'étant attendu à ce que ce soit celle d'Arthur et ressentit comme un morceau de plomb qui s'était installé dans son ventre quand il se tourna sur son siège pour la regarder et sourire.

"Bonjour, Gwen. Puis je t'aider pour quelque chose ?"

Sa gaieté semblait faussée et il avait l'air forcé et Gwen fronça un peu les sourcils devant sa gêne très claire qu'elle soit là.

"Je suis venue te demander l'épée. J'aimerais la ramener avant que mon père ne découvre qu'elle a disparu."

Le plomb devint de la glace, de la glace qui gela Merlin dans le silence pendant plusieurs secondes avant qu'il ne réussisse à balbutier.

"L… la ramener ?"

Gwen le regarda comme si cela aurait dû être évident.

"Je pense que mon père serait honoré de savoir qu'Arthur a son épée, mais je pense toujours que ce serait mieux de l'en laisser décider par lui-même."

Elle descendit quelques marches en traversant la porte.

"Mon père rentrera tard ce soir encore, de cette manière tu peux l'apporter une fois que tes corvées seront faites pour la journée."

Elle se retourna et partir le laissant assis avec un sentiment de terreur et de culpabilité. Qu'était-il supposé faire maintenant ? Que pouvait-il lui dire ? Il était assis là, encore gelé sur son siège, et alors il prit sa tête dans les mains… Est-ce que Gwen allait devenir quelqu'un d'autre qui ne lui ferait plus confiance à cause de tout ceci ?

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"Ah, Gaius. Vous n'auriez pas dû."

"Pendant que vous insistiez pour prendre un visage brave pour votre conseil, en tant que médecin je savais que seriez mal à présent."

Uther prit la douce réprimande de bonne humeur, observant Gaius chercher parmi ses médicaments après n'importe quelle potion qu'il ait pris avec lui. C'était une sorte de routine, depuis le temps quand la plupart de ses batailles se faisait avec des épées et non des mots. Des batailles livrées dans les déserts et non dans une salle d'homme comme ils étaient en ce moment. Le médecin avait appris tôt que le roi n'aimait pas être soigné trop tôt dans la matinée, pas à moins qu'il ne soit sérieusement malade, ce qui voulait dire qu'il était devenu régulier qu'il retrouve Gaius en train de l'attendre dans ses appartements, juste avant midi. C'était une habitude à laquelle Gaius n'avait pas failli.

Les médicaments sortis, Uther se soumit pour que ses bleus soient palpés et vérifiés, répondant aux questions si oui ou non son bras lui faisait toujours mal après le coup qu'il avait reçu à travers le bouclier. La façon résignée dont il s'occupait du rejet de son roi d'une quelconque douleur était aussi un élément familier de la vie, une qu'il détournait rapidement en mesurant une dose pour atténuer la douleur dont il insistait à dire qu'elle n'était pas là.

Oui, cela ne le tromperait pas. Il le connaissait trop bien.

Uther le regarda, cet homme qui était le confident en lequel il avait le plus confiance et ses pensées retournèrent vers quelque chose que le protégé de l'homme lui avait dit hier. Merlin avait déclaré qu'il y avait une sorte de lien entre lui et Arthur et que tant qu'il serait son serviteur, il ferait de son mieux pour le garder en sécurité. Cela lui rappelait sa jeunesse, ses jours où son amitié avec Gaius s'était justement formée.

À l'époque, Gaius avait montré sa loyauté en acceptant un rôle qu'il n'avait jamais recherché, en acceptant de devenir le médecin de la cour et en étant lié par ça depuis lors. Son protégé, Merlin, avait choisi de montrer la sienne en obtenant une épée pour Arthur… Une très bonne épée.

"Alors combien 'd'aide financière' avez-vous donné à votre pupille pour lui permettre d'acheter cette lame ? J'admets être curieux. Une épée comme celle-là doit coûter une fortune. Même pour un noble, ce serait une somme très chère."

Gaius, qui faisait dos au roi, s'arrêta un instant avant de continuer nonchalamment de verser certains liquides dans une petite coupe.

"Cela fut cher, oui, mais comme Tom et sa fille sont des amis de Merlin. Il en a obtenu un prix plus que raisonnable pour cette commission."

Il se tourna pour faire face au roi, une note d'humour dans la voix.

"Certainement une bien meilleure affaire que le forgeron royal aurait pu faire. Bien que ne lui dites pas que je vous ai dit cela."

Il tendit la coupe au roi, pendant qu'Uther souriait à cette remarque.

"Les amis sont de bonnes choses à avoir. Cependant je dois demander. Ne serait-ce pas un scandale pour moi, de faire de même, j'ose dire que je serais tenté de lui commander une lame pour moi-même. En effet, si ce n'est le faite qu'il était déjà prévu que ce soit un présent pour mon fils, je l'aurais bien gardée."

Il avala le contenu de la coupe, semblant distant pendant un moment.

"Il y a quelque chose à ce propos, un sentiment de force qu'elle m'a donnée pendant qu'elle était dans ma poigne. Je n'avais jamais manié une épée comme celle-ci auparavant."

Gaius s'arrêta une fois encore, avant de secouer la tête et de répondre platement.

"J'ai horreur de vous en informer, Sire, mais ce 'sentiment de force' vient de l'intensité de la bataille. Vous croyiez que vous alliez à la mort, j'ai cru que vous y alliez. Plus d'un homme a été dans une telle situation, faire face au moment où ils croient qu'ils vont mourir et parler ensuite d'un sentiment soudain de force. C'est juste un tour de l'esprit, un instinct de survie, rien de plus."

Uther hocha la tête, acceptant l'explication.

"Peut-être avez-vous raison. Cependant c'était une très bonne épée."

Il ne remarqua pas le regard étrange que Gaius lui lança, ni ne trouva inhabituel que le médecin empaquète rapidement ses affaires. Gaius lui souhaita une bonne journée et l'informa qu'il l'examinerait encore demain, et à ça, Uther avait accepté avec résignation.

Gaius le quitta après cela, sa façade polie se changeant en un froncement de sourcils inquiet aussitôt qu'il fut hors de la vue de roi. Après l'aveu d'Uther sur le faite qu'il avait été tenté par l'épée, il avait besoin de parler à Merlin et de l'amener à lui en dire plus à propos à ce sujet sur l'endroit d'où l'épée venait. Il avait besoin d'être sûr qu'il n'y aurait pas de complications durables avec le roi.

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