COUCOU mes bichons édulcorés ! Ca ne fait pas si longtemps, et pourtant... ! C'est le CampNaNo, c'est pour ça !
Au programme, un petit tas de cendres, un rouge à lèvres à colle et des... oh, des photos... !


Chapitre 13 - La baguette mystérieuse


Les filles de Gryffondor commençaient à s'interroger sur la nature de leurs cérémonies du passage à la nouvelle année. Car sur les deux années qu'elles célébrèrent, les soirées avaient été marquées par des événements incroyables, souvent dramatiques. La visite de Callidora, le sauvetage de Moira. Kate gardait quant à elle le souvenir de son hospitalisation à Ste Mangouste lors de sa deuxième année. Pour l'année 2002, les premiers feux d'artifices résonnaient au dehors alors qu'elle était toujours assise dans la cave de son ancienne maison de Graveson avec Maggie.

— Bonne année… grommela cette dernière, accroupie auprès de son amie, refusant de toucher le sol crasseux.

— Bonne année, Maggie.

Puis, quelques minutes plus tard, la blonde tenta de la raisonner en douceur.

— Allez. Rentrons. Ne ressasse pas des hypothèses pareilles. Laisse une fois pour toutes le passé derrière toi. Après tout, je pense que c'est pour cela que tu désirais revenir. Pour faire ton deuil. Les filles doivent s'inquiéter pour nous. Rentrons, Kate…

La jeune Papillombre approuva d'un hochement de tête et s'appuya sur le mur pour mieux se propulser. Elle quitta son ancien semblant de foyer sans un regard en arrière. Maggie avait raison. Certaines choses méritaient d'être enterrées à jamais. Surtout quand il s'agissait de souvenirs pernicieux car destructeurs. Ceux qui s'insinuent dans les failles des esprits déjà ébréchés.

Cependant, elle ne sut quelle importance accorder à son hallucination auditive. S'agissait-il d'un rêve ? D'un souvenir ? Maggie lui avait conseillé de ne pas s'embourber dans ses craintes. Rien ne pouvait, dans les faits, démêler cette situation. Le destin et le hasard semblaient semer quelques indices, quelques pièges. Encore fallait-il les distinguer les uns des autres.

Quand elles revinrent à Winchcombe, la ville était retombée dans le silence, une heure après les grandes festivités. La seule maison dans laquelle semblait perdurer les réjouissances était celle qui contenait la librairie tenue par Brittany Hogdson.

— J'espère que Moira s'en remettra, se soucia Kate alors qu'elles avançaient dans l'arrière-cour.

— Elle est mieux ici que là-bas.

Kate esquissa un sourire que Maggie reconnut malgré l'obscurité.

— Je peux savoir ce qui te fait ricaner comme ça, Whisper ?

— Ca doit être l'une des seules phrases gentilles – ou du moins neutres – que tu prononces à l'intention de Moira. J'espère que tu te rends compte de la rareté de la chose.

— Oui. Elle n'y a le droit qu'une fois par an. C'est bien dommage, elle a donc déjà écoulé son quota pour les 364 prochains jours !

Après avoir rangé les balais dans le placard dédié à cet usage, les filles grimpèrent les escaliers et rejoignirent les autres trois autres. Comme Scarlett l'avait craint, aucune robe de soirée n'était à la taille de Moira. Cependant, malgré le défaut d'habits de circonstances, cette dernière affichait un sourire radieux. Moira revivait, tel le phénix qui renaissait enfin de ses cendres après que celles-ci aient été abandonnées sous une pluie diluvienne.

La soirée qui s'ensuivit resterait gravée dans leurs mémoires. Comme étant la première fête en dehors de Poudlard. Mais aussi comme étant celle qui célébrait la liberté de l'une d'entre elles.

La situation dut être éclaircie le lendemain auprès des mères de Scarlett qui se rendirent compte de la présence d'une quatrième invitée dans leur maison. Dans un premier temps, elles furent horrifiées par les contusions sur le visage de Moira. La jeune fille ne parvint à leur en détailler les origines, aussi, Scarlett s'en chargea, dans un long récit qui noua les entrailles de ses auditrices. Et malgré la crainte des concernées, la colère des Hodgson fut substituée par une incommensurable compassion.

— Reste ici aussi longtemps que tu le souhaiteras, statua Angela, très expressive, alors que Brittany restait calme et silencieuse, encore choquée par ce qu'elle venait d'entendre. Je vais déclarer cela au Ministère et j'irai chercher tes affaires.

— M-mais, madame… ! Mes parents, ils-…

— N'aie crainte, Moira. Tout se passera bien. Je te le promets.

Les cinq adolescentes sourirent. Le temps des inquiétudes s'achevait enfin. La protection offerte par les Hodgson garantissait le bonheur et l'avenir de Moira qui pourrait enfin vivre comme elle l'entendait sa vie de petite sorcière.

Si les filles rentrèrent chez elles le cœur en liesse, c'est l'esprit chargé de questions que Kate revint à Carlton. Car elle savait que le regard de sa mère raviverait bien des angoisses.

Kate commençait à douter des détails. Ceux qu'elle avait répétés en boucle lors du procès de son père, quand elle avait comparu devant le Magenmagot. Elle se souvenait nettement des supplications de Grace, qui refusait que son mari efface un pan de sa mémoire. Cependant, il restait un mystère à éclaircir : l'avait-il réellement accompli ?

Grace devenait alors dans cette histoire le plus grande témoin. Elle qui avait toujours clamé que Phil était innocent, pourquoi n'avait-elle donc jamais explicité en quoi son époux n'était pas le meurtrier de Merrick MacNair ? Kate commençait à élaborer de sombres hypothèses dans sa tête. Car si les mères de Scarlett assuraient la protection de Moira, peut-être que les Whisper, depuis des années et dans le secret le plus complet, en avaient fait de même avec leur fille, en lui cachant le crime qu'elle avait pu commettre.

Kate refusait de croire que son père s'était sacrifié en purgeant sa peine à sa place et que sa mère l'acceptait, continuant de vivre en aimant sa fille alors qu'un accès d'Immatériel avait pu causer la condamnation de Phil. Mais surtout, elle n'imaginait pas qu'elle avait pu être capable de retirer la vie à un homme, aussi malveillant soit-il.

Cette idée la travailla durant les quatre jours qui la séparaient de son retour à Poudlard et elle regretta d'y avoir laissé son panneau magique, sur lequel elle accrochait tous les éléments qui lui pouvaient lui permettre de résoudre ses enquêtes. Au bout de quelques heures, elle se rendit à l'évidence : sa mère ne dirait rien, en revanche, dans les affaires de son père pouvaient se trouver des preuves insoupçonnées.

Elle attendit que sa mère s'éclipse le temps d'une course pour pénétrer dans le bureau, jusque-là inviolé, de son père. Littleclaws avait renoncé à une vie de claustration et passait désormais le plus clair de son temps à l'extérieur, puisque son maître n'était plus au foyer pour s'occuper du courrier. La chouette nyctale ne revenait que de temps à autre pour vérifier que la fille de ce dernier ne réclamait pas ses services.

La pièce au papier peint bleu foncé était plongée dans un sommeil profond. Le volet n'avait pas été totalement fermé, projetant une barrette lumineuse sur l'armoire. Les particules de poussière matérialisaient un rideau dans ce rai, au-dessus du bureau désorganisé de Phil. Les piles de paperasse étaient surmontées le plus souvent par des intitulés de missions pour son travail ou par des recherches de Jack à propos des différentes créatures qu'ils traquaient.

Kate devait prioriser ses recherches. Elle n'avait clairement pas le temps de trier les feuilles dans l'espoir d'y retrouver l'ultime preuve de l'innocence de Phil. Il ne l'aurait pas laissé en évidence, au milieu de ce bazar. Aussi, l'adolescente les feuilleta d'un rapide coup d'œil, n'y prêtant qu'une maigre attention. Par mégarde, elle poussa un encrier qui rebondit lourdement sur le sol. Par chance, l'encre à l'intérieur avait séché après plusieurs mois confinée dans cette fiole au bouchon mal fermé. Le départ de Phil avait été si précipité que ces petits détails sautaient aujourd'hui aux yeux, marques insignifiantes de la violence de l'arrestation du père de famille.

Lorsqu'elle s'attaqua aux tiroirs, Kate pria secrètement à ce qu'elle tombe sur un nouveau paquet de cigarettes. Ses réserves commençaient à s'épuiser et elle craignait qu'avec ses apparences de petite fille, aucun vendeur ne daignerait lui en donner.

Des trophées des chasses de Phil se trouvaient dans l'un des tiroirs. Des dents de vampire, un œuf préalablement gelé de serpencendre, un ongle de troll, un morceau du miroir brisé à partir duquel des jeunes moldus insouciants avaient tenté d'invoquer une Bloody Mary… Kate l'aurait refermé si elle n'avait pas fouillé par pur élan de nostalgie. Et sans cela, elle n'aurait pas touché ce qui semblait être un morceau de bois, collé à l'intérieur du tiroir, sur la face supérieure. Suspicieuse, elle tira sur ce qui semblait être au toucher un bras de botruc coincé, avant de se rendre compte qu'elle tenait dans sa main une baguette magique.

Cependant, il ne s'agissait pas de celle de son père, qu'elle connaissait bien. Celle qu'elle découvrait aujourd'hui était légèrement tordue, avec un anneau en bois peint et gravé qui faisait la démarcation avec le manche torsadé.

Pourquoi Phil avait-il tenu à la garder cachée ? Elle ne pouvait pas avoir été celle de Merrick non plus, puisque ce dernier avait été enterré avec la sienne. L'expert du procès avait attesté qu'ils l'avaient retrouvée auprès de son cadavre. Mais si cette baguette n'appartenait ni à Phil ni à Merrick, qui était son propriétaire ?

Peut-être Kate l'avait-elle déjà vue quelque part, cette baguette. Même si elle doutait savoir où, étant doté sa proximité limitée avec le monde des sorciers durant son enfance. Cela ne devait être que le fruit de son imagination et d'un excès d'hypothèses.

La porte d'entrée qui s'ouvrit l'arracha de ses réflexions ; elle referma le tiroir en toute hâte et fila dans sa chambre après avoir pris soin de refermer le bureau de Phil sans faire de bruit. Guettant un instant à l'oreille les mouvements de sa mère au rez-de-chaussée, elle attendit quelques secondes avant de se laisser choir au pied de sa porte, la baguette mystérieuse entre ses doigts et serrée contre elle. Kate l'examina un long moment sans comprendre le sens de tout ceci.

Pourtant, elle devait démêler les fils de cette situation afin d'espérer libérer son père. Et pour cela, elle avait les moyens. Du moins, pour identifier le réel propriétaire de cette baguette magique…


— Un avertissement, ce n'est pas grand-chose !

Maggie secoua la lettre du Ministère sous le nez d'une Kate abasourdie, alors qu'à la fenêtre du wagon, on pouvait apercevoir les parents décerner leurs au-revoir à leur progéniture. Les deux filles, qui étaient arrivées dans les premières sur le quai, en avaient profité pour se réserver d'office un compartiment.

— Ça reste grave, Maggie ! se souciait Kate. La prochaine fois, ils pourraient te renvoyer de Poudlard !

— Pouah ! La fille Dawkins, renvoyée ? Ma pauvre Whisper. On voit que tu ne connais pas le fonctionnement des hautes sphères de la société. Hélas, dans ce triste monde, la justice fait pâle figure à côté des bourses pleines de ses sympathisants.

— Et tes parents ? Ils ne t'ont rien dit ?

— Ils ne sont pas au courant.

— Quoi ?!

— Ils n'avaient pas à l'être. Et ils ne vérifient jamais le courrier que je reçois. J'ai juste eu le droit à une légère leçon de morale de la part de Gordon avant que je lui rappelle sa place par rapport à la mienne.

Kate se pinça les lèvres, se retenant de lui avouer que Gordon se rapprochait davantage à ce que devait être en réalité un parent par rapport à Miranda et Oswald, qui n'avaient prêté que peu d'attention à l'éducation de leur fille. Puis, son regard dévia vers l'extérieur du train. Elle guettait l'arrivée une personne bien particulière…

— Tu t'attends à ce que Griffin revienne ? nasilla Maggie, pour laquelle cette vigilance n'était pas passée inaperçue.

— Pas du tout. Enfin, si, oui ! Mais pas là. Enfin oui, mais non. Tu m'as comprise.

— Tout à fait, approuva-t-elle en hochant la tête.

— Ah ! Par contre, il y a Terry qui vient de traverser la barrière !

Sans prévenir, Kate bondit sur ses jambes et fit coulisser la fenêtre pour sortir le buste dehors et secouer les bras.

— Terry ! l'appela-t-elle avec une voix forte, attirant l'attention vers elle. On est là, avec Maggie ! On a un compartiment !

— Non, mais tu es dingue, ma parole ! cria Maggie de surprise, en tirant son amie en arrière pour la faire rentrer. Tout le monde nous regarde !

— Bah quoi ! Je lui indiquais juste où nous étions.

— Tu pouvais faire autrement !

Lorsque Terry les rejoignit quelques minutes plus tard, après avoir chargé ses bagages. Des cernes apparaissaient sous ses yeux, signe que ces vacances n'avaient pas été synonymes de repos pour le jeune homme. Un discret sourire spontané s'esquissa sur les lèvres de Maggie lorsque son regard se leva vers lui, au moment où il franchit la porte.

— Salut, marmonna-t-elle à son égard.

— Salut…

Terry se pencha vers elle et déposa un tendre baiser sur ses lèvres, sous le regard bienveillant de Kate, avant de prendre place aux côtés de sa petite amie.

— Et salut Kate. Merci de m'avoir fait signe ! Autrement, j'aurais mis des heures avant de vous trouver !

— Maggie n'était pas d'accord avec ce procédé, mais je suis ravie de savoir que tu l'approuves !

— Comment se porte ton père ? se soucia Maggie.

— Il est rentré à l'appartement il y a quelques jours. Ce n'est pas facile. Le fauteuil roulant magique ne passe pas toutes les portes. Quand ma mère est là, ça va, elle peut lancer un sort de lévitation pour le porter de pièce en pièce. Par contre, quand elle travaille… eh bien, j'ai dû m'en charger. Mais sans magie.

— C'est bien, ça t'a fait faire du sport ! s'enchanta Maggie, qui tentait d'en extraire le positif.

— Eh puis il est très déprimé… Pour l'instant, les traitements magiques ne font pas beaucoup d'effet.

— Ca ira mieux, tenta de le rassurer Kate. On ne guérit pas du jour au lendemain. Eh puis ça fait un sacré changement.

— Du coup, il ne veut pas apprendre le sortilège pour élargir les portes tellement cela le déprime.

— Oui, mais bon, là, il n'a plus le choix maintenant qu'il est seul chez vous !

Terry approuva la remarque de Maggie avec un hochement de tête et observa le départ du train, le quai s'éloignant petit à petit alors que les parents saluaient leurs enfants.

— Et vous, les filles ? soupira-t-il. Quoi de neuf ?

— J'ai reçu un avertissement du Ministère.

— J'ai trouvé une baguette magique inconnue dans le bureau de mon père.

— Quoi ?!

— Tu réagis pour laquelle de nous deux, là ?

— Les deux ! C'est quoi ces histoires ?!

Tandis que Maggie raconta les détails de la soirée du jour de l'an, entre la rescousse de Moira et la visite de la maison abandonnée de Graveson, Kate ne souffla pas un mot, se contentant d'approuver les dires de son amie en opinant du chef. Son détachement de l'histoire sembla tel aux yeux de Maggie que cette dernière prit l'initiative d'expliquer la découverte de Kate :

— … et du coup, en cherchant des preuves, elle a trouvé cette baguette dans l'un des tiroirs. Qui n'est ni celle de son père ni celle du Mangemort.

— C'est trop étrange, marmonna Terry. Ça n'a pas de sens. Pourquoi ton père voudrait cacher une baguette qui n'aurait, a priori, aucun rapport avec sa situation ? Avec ce qu'il s'est passé pendant la guerre ?

— Je l'ignore, souffla Kate qui sortit de son sac un petit paquet de toile, dans lequel était emmailloté la mystérieuse baguette. C'est pour ça que je l'ai prise avec moi. Je sais qu'il y a une personne à Poudlard qui pourra m'aider à en savoir davantage.

— Clive Ollivander ?

Derechef, Kate hocha la tête, alors que le train roulait tranquillement dans la campagne hivernale.

— Tu as de la chance de le fréquenter, mine de rien, fit remarquer Maggie. Tu vas pouvoir la lui donner et… Oh ! J'allais oublier !

Son bond sur la banquette ne manqua pas de surprendre Terry.

— En parlant d'échanges, j'avais quelque chose pour toi, Diggle !

On lisait dans les yeux du jeune homme l'impatience de découvrir ce qu'il pensait être une boîte de chocolats de Noël ou toute autre gourmandise.

— Si c'est ce à quoi je pense, ricana Kate, mal à l'aise, je préfère sortir de la cabine avant que Terry ne les déballe.

— Hein ? De quoi ? s'étonna le concerné. Pourquoi ?

— Tiens !

Maggie lui désigna fièrement le petit emballage kraft qu'elle tenait entre ses mains et que Terry attrapa, non sans suspicion, comme si une marionnette démoniaque allait en surgir. De plus en plus embarrassée, Kate gesticula, se frottant les joues et les tempes, évitant la scène du regard. Terry décolla le repli avec prudence et ouvrit l'enveloppe.

— C'est quoi ? Des photos ? De… Ah !

Le visage de Terry s'empourpra subitement et le jeune homme enfonça les photos dans leur contenant, se refusant d'en regarder trop.

— Elles sont… très… jolies !

— Sois honnête, le pria Maggie avec un air autoritaire.

— Non, je t'assure ! C'est juste que…

Toujours écarlate et bafouillant, il se pencha vers Maggie et lui murmura quelques mots à l'oreille. Ces propos la firent sourire puis rire. Se sentant à l'écart de leur relation, Kate se racla discrètement la gorge et se leva, la toile contenant la baguette dans la main.

— Je vais chercher Clive, les prévint-elle, grinçante. Je reviens tout à l'heure.

Ses amis ne prirent pas même la peine de lui répondre, l'un encore trop embarrassé pour réagir, l'autre trop fière de son coup pour la remarquer. En avançant dans le couloir bringuebalant, Kate se maintenait debout en s'équilibrant en alternant contre les vitres et les portes des autres compartiments. La baguette emballée dépassait de sa poche. Deux wagons plus tard, elle trouva la plupart des Papillombre réunis dans l'une des cabines. Cependant, ses camarades ne la remarquèrent pas, trop occupés à faire une razzia sur leurs confiseries fraîchement achetées et à montrer les présents magiques qu'ils avaient reçus à Noël.

Bien qu'émue, Kate ne s'attarda pas. Elle aurait tout à loisir d'échanger avec eux lors du dîner de retrouvailles ou le soir, dans leur salle commune. S'immiscer dans leur complicité, à ce moment précis, aurait été déplacé.

Lorsqu'elle passa dans le sas qui séparait deux wagons, un bruit étrange retint son attention. Kate pensa un instant qu'il s'agissait du son caractéristique d'une roue sur un rail vieilli, avant que cela ne réitère. Cela provenait du compartiment à bagages. Comme si quelqu'un frappait… depuis l'intérieur !

Prudemment, Kate s'approcha, l'oreille aux aguets. Et quand elle ouvrit la porte, une avalanche de valises s'écroula sur elle, qui étouffa un cri. Car un poids plus lourd encore qu'une malle remplie de vêtements venait de lui tomber dessus. Sonnée à terre, Kate eut besoin de quelques secondes avant de calculer ce visage au-dessus du sien.

— Wah !

Dans un cri de surprise, Kate repoussa le jeune Serpentard qui roula sur les valises, lui-même légèrement assommé.

— Je peux savoir ce que tu faisais dans ce compartiment à bagages, Ledger ?! brailla Kate qui se releva.

— Ah, parce que tu crois que je m'y suis enfermé de mon propre chef, Whisper ! rétorqua-t-il avec son habituel accent australien. Oui. Je suis bien du genre à jouer à cache-cache tout seul !

Marvin Ledger s'aida de son genou plié pour s'appuyer et se redresser. Le nom de camarade de promotion de Kate était connu de tout Poudlard. Car Marvin était souvent – voire de manière systématique – à l'origine des pire blagues collectives de l'école, entre autres quand elles concernaient la période d'Halloween. Il fallait avouer que le garçon ne manquait pas de créativité. Malgré tout, ses malices lui jouaient souvent de mauvais tours quand les élèves s'entendaient à lui faire subir des représailles à juste mesure. Et pourtant, Marvin n'en finissait jamais, poursuivant ses facéties.

Bien qu'elle l'ait souvent maudit quand elle en était victime, Kate n'en avait jamais voulu à Marvin Ledger au même point que tout un chacun dans Poudlard. Car elle devait admettre qu'elle reconnaissait dans les exploits de Marvin ceux de son père, lui aussi sacré farceur étant adolescent. Phil se faisait d'ailleurs un plaisir à narrer ses prouesses à sa fille, entre autres, comment il était parvenu à faire du Lac Noir un immense bain moussant rose.

— Qui t'a mis là-dedans ? s'étonna alors Kate.

— Des sixièmes années, réfléchit-il. Je crois que c'était ceux à qui j'avais mis de la poudre à gratter dans leurs bonnets. Ou… peut-être ceux avec les chaussettes mordantes. Je ne sais plus !

— Ce n'est pas super sympa, comme blague… !

— Hm… Oui. Tu as sûrement raison.

Ne s'attendant pas à ce que Marvin se repentisse aussi vite, Kate laissa cependant échapper une expression attendrie, pleine de compassion. Puis, les joues de Marvin se gonflèrent jusqu'à ce qu'il explose de rire.

— Non, mais Whisper, tu y croyais vraiment ?! lui lança-t-il avec un air goguenard. Ca fait quatre ans que je fais ça, ça n'est une petite remarque comme ça qui va me faire changer d'avis !

— Tu es irrécupérable… soupira Kate, dépitée, qui chercha à reprendre sa route, sans même ranger les bagages renversés.

— C'est vrai, ce qui se dit ? Tu as roulé une galoche à Gale ?

Kate se mortifia et darda un regard abasourdi vers Marvin.

— Hein ? Q-Quoi ? Comment tu…

— Nous sommes à Poudlard. Personne n'a d'intimité, ici !

Au vu du nombre très réduit d'amis de Marvin, Kate se douta que sa sœur jumelle – son opposée, la timide Phyllis – avait dû lui en souffler quelques mots. Mais pour que l'information remonte jusqu'à la Serdaigle, elle devait avoir fait un beau bout de chemin !

— Ah… ! Donc c'est bien vrai, cette rumeur !

— Et si tu pouvais éviter de la propager davantage, ça m'arrangerait ! rougit Kate.

— Oh. Je dois être le dernier à en être au courant.

Griffin allait la maudire. Lui qui avait bien spécifié à Kate de n'en toucher mot à personne.

— Et ça va, tu survis ?

— Comment ça, « je survis » ? s'étonna-t-elle.

— Eh bien… on va dire que Gale a du succès. Je m'étonne que des filles n'aient pas encore mis de la bave d'escargot sulfurique dans ton sac.

— Je sens que ces prochaines semaines vont être un délice… grinça Kate.

— En tout cas, tout ça m'a donné une nouvelle idée de blague ! s'enchanta Marvin.

Peu rassurée, l'adolescente le vit sortir de sa poche un tube noir qui se découvrit être en réalité un rouge à lèvres.

— J'ai mis ça au point pendant les vacances. Un petit sortilège de glue et le tour était joué ! lui présenta-t-il, fier de lui.

— Tu veux dire que…

— Exactement ! On va se retrouver à séparer des couples à la scie, ahaha ! Je pense que je vais aller le glisser dans le sac de Pierce !

Sorana Pierce, une Serpentard de septième année, était connue à travers tout Poudlard pour ses frasques rocambolesques et sans fin. On pouvait, à l'occasion, la croiser de manière inopinée en désirant emprunter un raccourci ou en prenant une pause dans le parc, souvent affairée avec un garçon. Chaque fois différent. Les plus jeunes adolescents prenaient d'ailleurs souvent plaisir à l'espionner en songeant qu'un jour viendrait leur tour.

Cette farce fit sourire Kate qui dut reconnaître le stratagème comme astucieux.

— Je préfère te prévenir, alors. Je ne viendrai plus te délivrer s'il te venait, de mésaventure, à être de nouveau enfermé dans un placard !

— Je garde l'avertissement en tête, Whisper !

Sur ces mots, les deux camarades se séparèrent et Kate retourna à la recherche de Clive. Cependant, en traversant les wagons, les imprécations de Marvin résonnèrent dans sa tête. La peur s'était emparée d'elle. Kate bondissait sur le côté chaque fois qu'une portière de compartiment s'ouvrait, craignant qu'une fille blessée par les désillusions ne lui saute dessus et ne lui arrache les cheveux au nom de son amour inconditionnel pour Griffin Gale. Kate se fit la réflexion qu'elle aurait pu essayer de tomber amoureuse d'un mec que les autres ne s'arrachaient pas, cependant, elle se sentait aussi comme privilégiée. Bien que le baiser que lui avait offert Gale n'était pas des plus sensationnels… !

Au bout de deux wagons, Kate retrouva enfin le jeune homme dont elle était partie à la recherche. Comme présumé, Clive Ollivander se prélassait sur une banquette, occupé à lire, tandis que sa petite amie Mélisandre s'accordait un peu de repos, la tête sur l'épaule du Serdaigle. Embarrassée de les déranger dans ce moment d'intimité, Kate se résolut malgré tout à frapper à la portière. Après tout, elle n'avait pas fait tout ce chemin à travers le Poudlard Express pour rentrer bredouille auprès de Maggie et Terry !

Quand Clive leva les yeux vers elle en rajustant ses lunettes qui avaient glissé sur son nez lors de sa lecture, il esquissa un sourire, referma son livre et titilla tendrement Mélisandre pour lui éviter un réveil brutal.

— Entre, Kate ! lui lança-t-il depuis l'intérieur.

L'adolescente s'exécuta et pénétra dans le petit compartiment.

— Assieds-toi, l'invita-t-il.

— Ca va, je ne vais pas rester longtemps, prévint-elle en souriant.

— 'Passé de bonnes vacances ? la questionna Mélisandre, toute ensommeillée, en s'étirant discrètement.

— On va dire ça. Sportif. Comme d'habitude. Et vous ?

— Studieuses… !

— Je hais ces satanés ASPICS, grogna Mélisandre, rentrant le menton dans son écharpe rouge et or. Vivement qu'on en finisse ! Et avec les Américains… pouaf, ça n'arrange rien ! Il fallait que ça tombe cette année… !

Suite au 11 Septembre, Mélisandre avait été chargée par la directrice d'être la déléguée de Poudlard auprès des élèves de Salem, du fait que les préfets avaient déjà suffisamment de responsabilités à côté.

— Je ne rêve que d'une chose. Terminer ces foutus examens et passer une soirée à boire pour les oublier !

— Ahaha ! Ça sera sans moi ! en rit Clive.

— Tu ne bois pas ? s'intéressa Kate, qui connaissait la facette parfois rebelle du Serdaigle.

— Si. Mais je supporte très mal.

— Il a l'alcool joyeux, précisa Mélisandre. Mais pour le coup, vraiment trop joyeux.

— Je vois… !

Kate se râcla discrètement la gorge puis décida d'aborder la raison de sa présence.

— J'aurais un service à te demander, Clive.

— Ah ? s'étonna-t-il. En quoi puis-je t'aider ?

Sa réponse, il la devina partiellement lorsque la jeune préfète de la maison violette souleva le petit paquet pour la lui tendre.

— Je l'ai trouvée dans le bureau de mon père, expliqua Kate alors que Clive déballait la baguette magique. Ce n'est pas la sienne…

— Et tu espérais que je trouve à qui elle appartenait ? supposa Clive, qui étudiait déjà l'objet, à hauteur de son regard, à plat dans ses paumes, la pointe devant lui, de manière à estimer la déviation de direction et remarquer les sinuosités du manche.

Sans donner de réponse claire, Kate se contenta de hocher la tête. Observer Clive exercer ses talents de futur créateur de baguette avait toujours été impressionnant. Le jeune homme savait exactement où regarder, que palper, à quels mouvements la baguette réagissait par de petites vibrations. À côté de lui, Mélisandre était entré dans la même contemplation que Kate.

Le premier commentaire de Clive, qui poursuivait son examen avec des sourcils froncés, fut inattendu :

— Je connais cette baguette… !

— Comment ça ? s'étonna Kate, le cœur battant. D'où ?

— Je ne sais plus, c'est ça le problème. Mais je l'ai déjà vue, je l'ai déjà examinée… Hm. J'ai encore des progrès à faire avant d'avoir la mémoire de mon grand-père !

— Tu n'as pas eu mille baguettes entre les mains par le passé, Clive ! Si ?

— Pas à ce point. Si ça se trouve, ça va me revenir.

La prenant en main, Clive la fit tournoyer trois fois, comme un bretteur s'apprêtant à tâter du sabre.

— 24cm, environ. C'est une petite baguette… Du bois de bouleau, ça j'en suis sûr. Crin de licorne. Une jeune licorne. Et c'est une baguette très réactive. Elle appartenait à une personne déterminée, pour pouvoir la dompter. Fabriquée par mon grand-père, sans aucun doute. La bague en bois, là, c'était une fantaisie qu'il rajoutait à une certaine époque. Dans les années 70. Ça donne déjà un indice sur sa date de fabrication. Reste à savoir quand elle a été vendue.

— J'aimerais aussi connaître les derniers sorts qu'elle a lancés.

Les yeux étonnés de Clive et de Mélisandre se levèrent vers elle.

— Les derniers sorts ?

— Juste… fais-le, s'il te plaît. Je te paierai, s'il le faut.

— Kate, où as-tu trouvé cette baguette ? s'inquiéta Clive.

Les mots eurent du mal à s'extraire de la bouche de Kate, qui aurait préféré préserver ce secret.

— Dans le bureau de mon père. Mais ce n'est pas la sienne. Et ma mère n'est pas une sorcière. Elle était bien dissimulée. Soit il me la cachait à moi, soit il ne voulait pas qu'on la trouve lors de son arrestation. Alors…

— C'est peut-être une pièce à conviction ! s'exclama Clive, pâle. Je ne peux pas l'examiner si… !

— Clive. S'il te plaît. Tu es la seule personne sur qui je peux compter pour m'aider là-dessus.

— Il peut risquer gros, le défendit Mélisandre. Si le Ministère découvre…

— Je le ferai.

Face au regard suppliant de Kate, Clive ne put que céder.

— Ceci, à condition que tu me remplaces une heure pour la ronde d'après-demain !

— Ah bah ! Il est beau, le préfet !

— C'est l'anniversaire d'un pote au dortoir. Et Adam a trouvé l'opportunité de me priver de la fête. Il fait vraiment tout pour me pourrir la vie, celui-là… Juste une heure. Le temps de participer un peu.

— Deal.


— Pourquoi faut-il que l'école soit placée à l'endroit le plus humide de l'Europe ?! Et le plus froid !

La plainte de Maggie fut interrompue par son éternuement, alors que les élèves rejoignaient le point de rassemblement devant les charrettes.

— L'Ecosse ! Sans rire… Et pourquoi pas le Groenland ?!

Attentionné, Terry se défaussa de son écharpe jaune et noire et l'enroula autour du cou de Maggie, au-dessus de la sienne, aux couleurs de sa maison. Cette dernière, surprise, esquissa un rictus en ramenant l'écharpe de Terry contre son visage.

— Heureusement qu'il fait nuit, marmonna-t-elle. Que diraient les gens s'ils voyaient une poursuiveuse de Gryffondor avec une écharpe de Poufsouffle ?

— Hm. Qu'elle a eu une deuxième chance de répartition, la veinarde ?

Maggie ne put s'empêcher de pouffer, ne parvenant à lancer une habituelle réplique cinglante. Elle attrapa tendrement la main de Terry avant d'accorder de l'attention à Kate, le regard alerte, qui marchait à leurs côtés.

— On dirait que tu es entourée par des Détraqueurs, Whisper ! Qui crains-tu à ce point ?

— Crois-moi, si j'attendais vraiment un Détraqueur, ça me ferait fait moins peur ! Au moins, je sais qu'il existe un sortilège pour m'en défendre !

Quand ils parvinrent enfin à la petite clairière, ils patientèrent dans la file afin de monter dans l'une des carrioles tirée par les Sombrals.

— J'espère que les Américains n'auront pas mis l'école sens dessus dessous ! souffla Maggie.

— Ce ne sont pas des êtres primitifs, tu sais, lui fit remarquer Terry avec un sourire. Ils sont civilisés !

— Je n'en ai pas eu beaucoup de preuves pour le moment.

— Pense aux autres élèves de Poudlard qui ont dû supporter Chad toutes les vacances ! nasilla Kate.

— On devrait leur décerner des médailles pour service rendu à l'établissement.

Un groupe de filles de deuxième année monta dans la charrette devant eux, ne pouvant pas accueillir trois personnes de plus. Au même moment, un rire familier retentit au loin et Kate redressa la tête en balayant les environs, comme un lapin aux aguets.

— Merde !

Sans prévenir, elle bondit dans la carriole de ses jeunes camarades, qui étouffèrent un cri de surprise et d'inconfort, pour celles dont les pieds furent écrasés, et tenta de se camoufler en faisant profil bas. Terry comprit aussitôt quand, depuis sa grande hauteur, il aperçut le groupe de Griffin entrer dans la clairière.

— Tu ne pourras pas le fuir éternellement, Kate ! ricana-t-il.

— Ca m'est égal, ce n'est pas le moment ! Il doit m'en vouloir ! Prenez la prochaine, je vous attends à Poudlard !

Alors que la charrette s'élança sur le chemin, Kate releva vers les quatre filles qui la regardaient avec de mêmes yeux écarquillés.

— Hé ! C'est… c'est que je suis pressée de retourner à l'école, vous savez ! Je… Ah, vous comprendrez quand vous serez un peu plus âgées !


Kate demeura toute la soirée sur le qui-vive. Pendant tout le repas, elle guettait la table des Gryffondor, espérant que Griffin ne l'avait pas encore remarquée. Chose impossible du fait de la petitesse de celle des Papillombre ! Personne ne pouvait réellement la louper. Mais Kate aimait croire qu'il l'ignorait, fait préférable à la crainte qu'il vienne lui demander des comptes.

— P-p-pourquoi tu re-regardes toujours en ar-arrière, Kate ? la questionna Leeroy, qui avait bien remarqué que sa voisine passait son temps à se retourner.

— Peut-être essaie-t-elle de savoir ce que ça fait d'être une chouette ! suggéra Rose.

— Pourquoi y a-t-il toujours plein de petits os de… ! râlait Teffie qui décortiquait sa viande. On devrait cuisiner les poulets avec un sortilège qui enlève les os !

— Peut-être pour avoir l'occasion de te faire taire si l'un d'eux te transperce la gorge ?

— En attendant, Curtiss, c'est pas dans ta gorge que va terminer celui que je vais t'enfoncer, mais dans un endroit bien plus précieux pour toi !

— Ah, mais tu fixes le gars qui t'a embrassé dans le Poudlard Express ? capta Tetsuya qui s'était redressé sans discrétion.

Kate s'en affola et lui appuya sur l'épaule pour le faire redescendre.

— Non mais t'es malade, il va nous remarquer !

— Tou relèveras qu'elle n'a pas dit non, sourit Eibhlin, qui grappillait quelques morceaux de pain.

— C'est vrai alors, ce que tout le monde raconte ? s'immisça Shako, le première année.

— Quoi ?! Même vous… vous êtes au courant ?!

— Personne n'a de secret, ici ! Surtout pas quand ça concerne Kate Whisper !

— Et alors ? C'était comment ? Tu y as mis la langue ?

— Q-quoi ? Non, Teffie, non ! se défendit Kate, empourprée, alors que les plus jeunes pouffaient de rire.

— Allez, raconte-nous ! réclama Tetsuya, tout excité.

Tous les regards des Papillombre, y compris des premières années, avaient convergé vers elle dans l'attente de la narration. Même la petite Cassandre, si timide, semblait à l'écoute.

— Il n'y a rien à en dire ! bredouilla-t-elle. On s'est embrassé dans un compartiment et… c'est tout !

— Aye. Et tou vas nous faïre croyre que tou as trébouché sour lui et que ti lèvres ont percouté les siennes ?

— Arrête, ça serait crédible, précisa Nestor.

C'est Rachel Fawkes qui posa la question fatidique :

— Mais alors, ça veut dire que vous sortez ensemble ?

— Eh bien… non, justement ! Je ne sais pas !

— Tu ne lui as pas demandé ?! s'étonna Tetsuya.

— Bah non ! On s'est croisé, il m'a embrassé et il est reparti, c'est tout !

— Mais… c'est un goujat !

— Non, Rose ! Ce… ce n'est pas un goujat !

— Bah dit comme ça, ça donne un peu cette impression, quand même !

— Juste qu'on n'a pas eu l'occasion d'en reparler !

— Ah ! Et donc, tu attends de pouvoir le faire ? déduisit Tetsuya. C'est pour ça que tu passes ton temps à le regarder depuis tout à l'heure ?

— Non, pas vraiment. J'essaie de ne pas le croiser, au contraire !

Ne saisissant pas la logique de ses agissements, les Papillombre se concertèrent du regard.

— C'est une stratégie Isidore, ça !

La pique lancée par Heather Quinn fit réagir le concerné. Le plus jeune des Papillombres n'était pas reconnu pour son courage hors pair. Il avait d'ailleurs une tendance à s'enfuir dès qu'il croisait un fantôme ou une souris dans le couloir, ce qui se produisait donc très régulièrement. Un jour, Shako et Robin, ses camarades de chambrée, avait caché Mushika, la souris parlante de Leeroy dans son lit. Isidore avait eu si peur qu'il avait dormi quatre nuits dans le canapé de la salle commune, prétextant un courant d'air dans leur dortoir.

— Je ne vois pas ce dont tu veux parler ! nia ce dernier en levant le nez.

La conversation retomba et dériva vers un autre sujet. De temps à autre, Kate jetait également un œil à la table des professeurs. L'absence de Woffhart n'était pas passée inaperçue pour elle. Ce fait rare l'interpellait. Le professeur de métamorphose n'avait jamais fait défaut à un seul dîner important comme celui-ci et Kate doutait de la possibilité qu'il soit malade.

Au centre de la table des professeurs, miss Swanson, la directrice du 4th grade de Salem, s'étalait en un monologue auquel MacGonagall ne prêtait qu'une maigre attention, comme si la dégustation de sa crème pistache était bien plus intéressante, se contentant de lui décerner un bref regard ou un hochement de tête quelques fois, par souci de politesse.

Quand le regard de Kate se posa sur Hisolda Higgins, l'enseignante aveugle lui lança un clin d'œil. Elle devait ressentir les mouvements de Kate comme on percevait la lumière d'un phare au milieu des lucioles à cause de son Immatériel latent. L'adolescente songea qu'elle devait retourner la consulter au plus vite pour lui parler des événements qui étaient survenus durant ces vacances. La oui-ja, l'Immatériel revenu le temps de sauver Moira, sa vision dans la cave de Graveson. Peut-être Hisolda l'aiderait à démêler tout cela.

À la fin du repas, les élèves désertèrent peu à peu la salle commune. Pourtant, au départ des Papillombre, Kate demeura assise, raide sur son banc.

— T-tu ne viens p-p-pas avec nous ? s'étonna Leeroy.

— Je… je vais attendre un peu ! lui expliqua-t-elle.

Elle lui désigna discrètement le groupe de Griffin, lui signifiant par là qu'elle attendait qu'ils partent pour éviter de passer à côté d'eux, au risque d'être interpelée.

— Je vois… ! A t-tout à l'heure, al-alors ! Mais ne traî…traîne pas t-trop, Rose a ramené des-des Dragées Surpr-Suprise édition Noël ! Avec goût bûche au cho-chocolat et goût charbon de b-bois. Il pa-paraît qu'il y a même des p-poils dans celui au g-goût fou-fou-fourrure de c-col de p-p-p-père Noël !

— Ca… a l'air sympa ! Oui, oui, je vous rejoins, ne vous inquiétez pas.

Abandonnée à la table, Kate joua un moment avec sa serviette, qu'elle tenta d'ensorceler en un oiseau, mais à laquelle elle mit feu, se renversant la carafe dessus pour l'éteindre, avant que Griffin et ses amis ne décident aussi de quitter les lieux. Par mesure de précaution, l'adolescente attendit tout de même quelques minutes avant de les imiter.

Après avoir franchi les portes de la Grande Salle, Kate inspira une profonde bouffée d'air glacial tout en enroulant son écharpe couleur prune aux rayures argentées et scintillantes autour de son cou. L'hiver à Poudlard possédait cette saveur incomparable dont elle ne pouvait plus se passer.

Cependant, une voix brisa la magie de l'instant :

— Heureusement que j'avais précisé de ne rien répéter à personne.

Kate fit volteface et aperçut alors la silhouette obscurcie de Griffin, accoudé au mur, les bras croisés. L'adolescente commença à trembler et hésita à fuir cette conversation au pas de course.

— Je… je ne pensais pas que ça s'ébruiterait autant !

— Mouais…

Percevant son scepticisme, Kate s'approcha vers lui, confuse.

— Ce n'était pas mon intention ! Je croyais que je pouvais faire confiance aux gens, je me suis trompée, mais crois-moi. Je ne voulais pas ça !

Griffin se propulsa en exerçant une légère pression contre la pierre et rejoignit Kate, l'expression peinée.

— Je sais que j'ai trahi ta confiance. Et… je suis désolée. S'il y a une chose que je peux faire pour que tu acceptes mes excuses…

Cette fois, un sourire à peine perceptible s'étira au coin des lèvres du jeune Gryffondor. Lentement, il leva ses mains, les fit glisser le long des bras de Kate, qui en frissonna, jusqu'à les saisir. Puis, il la ramena vers lui en reculant, effectuant un demi-tour. Tout en sentant le froid contact de la pierre contre son dos, Kate ne cillait pas, son regard harponné par celui de Griffin. Elle ne parvenait à distinguer qu'un visage noirci par les ténèbres alors que lui contemplait cette expression singulière, éclairée par la lumière bleutée de la nuit, illuminant ses yeux gris.

Cette fois, l'envie tourmentait Kate. Elle ne se laisserait pas avoir par surprise. Initiant une muette demande, elle allongea le cou et lui présenta ses lèvres entrouvertes. Griffin prit cependant plaisir à suspendre l'instant, avant d'exaucer sa requête.

Le souvenir décevant de leur premier baiser s'effaça dans la mémoire de Kate, qui ne désirait garder que les sensations de celui-là. Doux, chaud, contrastant avec le froid mordant de l'hiver qui rongeait ses joues, rendues rouges par le sang qui lui était monté à la tête. Quand le visage de Griffin s'écarta du sien, Kate chercha à le suivre dans ce mouvement pour rallonger l'instant.

— Tu es vraiment trop mignonne quand tu es gênée, Whisper, lui murmura alors Griffin, amusé. Et je suis vraiment trop clément avec toi.

— Je sais, marmonna-t-elle, encore aux prises de ses émotions.

— Et ça, tu iras le raconter aux autres ? À Dawkins ? À Diggle ?

— Ca dépend de toi, Griffin.

Cette fois, le regard du Gryffondor s'affermit en un semblant d'interrogation.

— Moi ?

Kate prit son courage à deux mains et s'engagea dans une question plus sérieuse.

— Que signifie tout ça ?

— Tout ça quoi, Kate ? ne saisit-il pas.

— Tu m'embrasses dans le train. Et là maintenant. Mais toujours en secret. Tu… tu as peur de sortir avec moi ?

— Ca ne te plait pas ?

— Ce n'est pas la question.

Elle lui accorda quelques secondes, mais constatant qu'il n'y apportait aucune explication, Kate poursuivit :

— Je n'ai pas envie d'être ta copine de l'ombre. Un peu celle que tu embrasses quand ça t'arrange.

— Ah ? C'est ça que tu penses de moi ?

— Non, pour l'instant non. Et si c'était le cas, j'aimerais que tu me donnes tort.

Cette expression déterminée ne laissait pas Griffin insensible. C'était ce mélange singulier d'innocence et d'opiniâtreté qui rendait Kate aussi intéressante à ses yeux.

— Ce n'est que ça que tu veux ? Devenir ma copine ?

Kate hocha la tête sans la moindre hésitation, ce à quoi Griffin soupira :

— D'accord, d'accord.

— Non ! Ce n'est pas ce que je veux !

— Hein ? Tu veux quoi finalement, Kate ! Tu changes d'avis aussi vite que Sam attrapant un vif d'or !

— Si, je veux être ta copine, mais je ne veux pas que toi, tu t'y obliges. Tu te résignes. J'aimerais que tu le veuilles aussi de ton côté.

— Si ce n'est que ça…

— Je peux attendre encore un peu, Griffin. Mais pas trop.

Il lui sourit, leurs mains liées en un poing.

— Et c'est que tu es compréhensive, Whisper…

De nouveau, il se pencha vers elle pour l'embrasser, alors que Kate en souriait de bonheur. Trois ans après, ses rêves se réalisaient enfin.


Au même moment, à plusieurs centaines de kilomètres de là se déroulait une toute autre sorte d'interrogatoire. Le cadre était bien moins enchanteur que le parc gelé de Poudlard. Les cachots du Ministère n'étaient pas particulièrement connus pour leur charme, avec ces murs gris, qui changeaient sans cesse de hauteur et de largeur pour déstabiliser les sorciers qui chercheraient à en sortir.

— Crrroyez-moi. Ma patience a des limites.

— La mienne, non, chuchota l'autre, d'une petite voix fluette.

Miss Ivanov s'appuya sur la table qui la séparait de son accusée aux cheveux roses, cette dernière affichant un air d'indifférence complète face au regard glacial de l'Auror russe.

— Et vous savez que d'ici quelques heures, vous serez obligés de me relâcher. Seule la justice américaine peut me juger.

— Ce ne sont pas des amérrricains que vous avez lâchement attaqués. Mais des brrritaniques. Une gamine de quatorrrze ans. C'est le seul challenge que vous pouviez vous accorrrder ?

La pique fait tiquer Nova qui retroussa son nez.

— Je sais que vous faites parrrrtie de ces enflures de Thunderbirrrds. Et si vous ne voulez pas que je passe mes prrrochains mois à démanteler votrrre réseau – et crroyez-moi, j'y prrendrrrai grrrand plaisirrr – vous avez intérrrêt à m'en dirre plus à prrropos de la sorrrcière qui était avec vous.

— Je n'ai rien à vous dire.

— Écoute-moi attentivement, petite garrrce. J'ai envoyé des dizaines de mages noirs en prrrison et la moitié cauchemarrrde encorrre de moi aujourrd'hui. Alorrrs si tu veux éviter que cela arrrrive à tes petits copains les terrrorristes, tout en accusant ton silence, crrrrois-moi, réfléchis à deux fois avant de fairrre ton choix.

La menace fit ricaner l'américaine.

— Vous ne me faites pas peur.

Sans prévenir, miss Ivanov saisit le manche d'un poignard qu'elle dégaina de sa poche arrière et en planta la lame dans la main à plat de la suspecte qui en hurla de douleur et de surprise, clouant sa paume à la table.

— J'avais prrrrévenu qu'il fallait y rrréfléchirrr à deux fois.

— Sale pétasse… ! susurra Nova en endurant la douleur fulgurante.

— Fraülein Ivanov. En douceur, avais-je précisé.

La grande silhouette de Wolffhart s'extirpa des ténèbres et fusilla du regard l'Auror russe, imperturbable.

— Mes méthodes ont fait leurs preuves, lui expliqua-t-elle en russe.

— Vous ne tirerez rien d'elle ainsi, lui répondit-il dans la même langue, parfaitement maîtrisée. Votre interrogatoire n'a été jusqu'à là qu'un étalage de votre incompétence. Alors je vous prierai de déguerpir et de laisser la place aux professionnels.

Miss Ivanov se renfrogna et jeta un regard noir au vieil Allemand. Cependant, elle ne rétorqua rien. Elle savait que cela était peine perdue. La réputation de Wolffhart était remontée jusqu'à ses oreilles. Car il demeurait l'un des élèves les plus emblématiques passés par Durmstrang et personne dans cette école ne pouvait ignorer son identité et son histoire hors du commun.

D'un coup sec, Irina retira la lame, renouvelant un cri, certes plus court, de Nova, qui serrait les dents, alors que le sang coulait sur le bois. Puis, sans un mot de plus, elle se dirigea vers la sortie dont elle invoqua la porte avec un tracé de baguette bien précis.

Laissée seule avec cet individu dont elle ne connaissait rien, Nova reconnut malgré tout qu'elle s'adressait à un interlocuteur bien plus coriace que l'Auror.

— Je sais ce que vous êtes, asséna-t-il.

— Si vous me traitez encore de Thunderbird, je…

— Je ne parle pas de ça. Mais de ça.

Il saisit la main de Nova, attachée au niveau du poignet par des menottes reliées à la table et, d'un pouce, étala le sang. La plaie se révéla alors, de plus en plus rétrécie, jusqu'à disparaître à vue d'œil.

— Je sais ce que vous êtes, répéta-t-il avec son accent haché. Car je vous ai traqués longtemps, toi et ton frère.

Nova hoqueta de stupeur.

— Canada. 1986.

Ces précisions firent bouillir l'Américaine.

— C'était vous… !

— Dann, vous avez réussi à fuir jusqu'aux États-Unis. Vous étiez brillants, il faut l'avouer. Pour parvenir à me semer. Nein !

Il interrompit Nova qui s'apprêtait à rétorquer avec véhémence.

— Nichts ! Pas un mot tant que je n'en donne pas l'autorisation. Une parole et je révèle ton identité à Fraülein Ivanov, qui se fera une joie d'appeler les Nettoyeurs pour qu'ils puissent te transformer en ton plat préféré : le carpaccio.

— Et vous, elle sait qui vous êtes ?

Malgré l'avertissement, la jeune femme avait prononcé cette question avec un large sourire triomphant.

— L'esclave d'un vampire ? Cela se sent… comme de la viande avariée. Ces êtres faibles incapables de survivre au soleil.

— De l'histoire ancienne. Ce qui n'est pas ton cas.

— Mon frère et moi ne chassons plus depuis longtemps. Nous avons arrêté.

— Je ne peux pas te croire.

— C'est le cas.

— On ne peut changer sa vraie nature. N'est-ce pas…

Il se pencha au-dessus de la table et articula :

— Nova Jenkins.

Stupéfaite que leur détracteur se souvienne de son nom après tant d'années, la jeune femme dissimula malgré tout son désarroi.

— Et maintenant que j'ai ta nouvelle odeur, ta nouvelle trace, ça sera un jeu d'enfant de retrouver ton frère. Comment se porte ce bon Altaïr ?

— Espèce de…

Nova força sur ses liens enchantés et lui adressa une expression de haine profonde. Wolffhart la tenait à sa merci. Les êtres humains – ou apparentés – étaient dénués de surprise. Leur faiblesse se révélait souvent être de même nature et concernait la famille.

— Gut, faisons un compromis, willst tu ?

Rejetant l'arrière de son grand manteau en feutre noir, Wolffhart prit place sur la chaise en face de l'accusée, toujours fulminante.

— Tu me racontes ce qui t'a conduit à rejoindre le parti d'Electra Byrne et je m'engage à ne pas poursuivre ton frère alors qu'il est recherché actuellement par tous les gouvernements magiques pour machination à l'encontre des mondes sorciers et moldus avec moyens terroristes, lui proposa-t-il, son menton à fossette posé sur ses doigts osseux liés, les coudes sur la table. Et je ne transmettrai rien à Fraülein Ivanov.

— En quoi cela vous intéresse ? Si vous savez qui elle est.

— Pèse bien tes mots. Je suis d'humeur très changeante.

Nova s'accorda quelques secondes pour réfléchir aux éléments qu'elle était prête à révéler.

— Vous ne savez pas à qui vous avez affaire, déclara-t-elle, sérieuse. Je ne parle pas de moi, mais bien d'elle. Electra Byrne est la maîtresse d'une puissance gigantesque. D'une magie divine. Ce que je ne croyais être qu'une vulgaire mission donnée par mon frère s'est révélée être en vérité une croisade. Une révélation. Cette femme. Ses desseins, son but. J'avais du mal, au début, à comprendre. Je pensais que ce n'était que folie. Mais en réalité, c'est tout l'inverse. Elle est la seule personne clairvoyante de ce monde. À comprendre les sacrifices que cela implique.

— Et qu'est-ce que cela lui apporterait ? À elle.

— Rien, justement. Elle n'en tirerait rien. Ni gloire, ni remerciement. Le seul titre de meurtrière. Alors qu'elle serait en réalité une héroïne. La plus grande héroïne de tous les temps…


Le rythme scolaire effaça petit à petit les péripéties consécutives que Kate avait vécues en l'espace de dix jours. Les cours, les discussions dans la salle commune le soir, les entraînements de Quidditch, les petits déjeuners avec ses amies. Ce cadre la réconfortait. Mais cela, c'était sans compter la présence des Américains qui semblaient avoir pris leurs aises dans ce Poudlard qui leur avait exclusivement appartenu durant une quinzaine de jours.

Cela agaçait tout autant Maggie :

— Un jean avec ce haut. Quel manque de tenue. Vivement qu'ils rentrent chez eux. Enfin… euh. Ca ne t'était pas adressé personnellement, hein ?

— Ce n'est rien, bredouilla Betty qui, ce matin-là, déjeunait avec eux. J'espère aussi que nous rentrerons bientôt.

Sur ces mots, elle engloutit un morceau de bacon aussi grand que sa main afin d'éviter de se remémorer la raison de leur présence en Angleterre.

— Qu'est-ce que tu as fait, pendant les vacances ? s'intéressa Terry.

— Oh, pas grand-chose… ! rougit-elle. Juste… lu. Beaucoup lu.

— Qu'est-ce que tu lis de beau ?

— Oh, ça dépend. Soit des livres sur la couture ou alors des romans.

— Ah oui ? Qui racontent quoi ?

Face à la question de Terry, Betty bredouilla plus encore :

— Je… Des histoires d'amour ! Je ne suis pas sûre que ça t'intéresserait, comme type de lecture.

— Oh Merlin ! s'exclama Suzanna. Est-ce que par hasard, tu aurais le dernier tome de la saga Vénus Starways ? Le troisième livre, comment il s'appelle déjà… ah oui !, Frasques autour du Chaudron, termine tellement mal ! J'ai besoin de connaître la suite ! De toute urgence !

— O-oui, je l'ai.

— Tu es ma sauveuse ! Je pourrais te l'emprunter ?

— Si tu veux… !

Tandis que les filles échangeaient sur leurs avis de lecture, Kate jeta un coup d'œil à Moira, le regard plongé dans son verre de jus de citrouille.

— Est-ce que ça va ? lui glissa-t-elle.

La naine sursauta de surprise, arrachée à sa méditation.

— Je… euh oui.

— Ca n'a pas vraiment l'air, constata Kate, à laquelle l'absence de joie explosive et d'humour déplacé chez Moira n'était pas passée inaperçue.

— C'est que… je vais peut-être recevoir la lettre aujourd'hui.

Après l'incident du jour de l'an, les mères de Scarlett avaient entamé des démarches au Ministère pour dénoncer les mauvais traitements des Miller à l'égard de leur fille sorcière. Le verdict devait tomber dans les jours à venir. Soit la justice fermait les yeux et la renvoyait chez elle, soit Moira pouvait continuer à vivre en sécurité chez les Hodgson.

— Ils ne peuvent pas être à ce point insensibles. Je suis sûre qu'ils vont accepter la requête des mamans de Scarlett de t'accueillir chez elles.

— J'aimerais être aussi certaine que toi, Kate…

— En fait, Vénus Starways, c'est le nom de l'héroïne, qui est une chocolatière réputée. Sauf qu'un jour, sans faire exprès, elle confond deux fioles et verse un philtre d'amour dans une préparation. Et du coup, elle part à la recherche de tous ceux qui auraient mangé ces fameux chocolats ensorcelés pour les en guérir. C'est assez drôle et cocasse ! Surtout qu'elle rencontre justement des garçons qui tombent amoureux d'elle, mais tu ne sais pas si c'est à cause de la potion ou si c'est véritable. Il y a Jon, Elias et… oh, Arthurus ! C'est le meilleur, il a tout pour lui ! Et justement à la fin du tome 3, bon, je ne vais pas trop te spoiler, mais tu découvres qu'en fait, il est déjà marié alors que Vénus venait de dire non à Jon !

— Non, tu ne m'as pas du tout spoilé, ironisa Kate, alors que les deux filles montaient les escaliers pour se rendre en cours optionnel d'Arts et Magie.

— Et puis de toute façon, pour Elias, je suis sûre qu'en fait, ce n'est pas par Vénus qu'il est attiré. J'adorerais voir une romance entre lui et Peter ! Ils formeraient un couple tellement trop mignon !

Comme chaque rentrée de vacances, Mrs Sheencloth avait régencé la salle de classe de manière tout à fait originale. Les rideaux roses à froufrous avaient été remplacés par des filets de feuilles, teintes en or et cuivre, alors qu'au plafond tournait un mobile étrange qui projetait des formes sur les murs avec la lumière du jour selon son orientation. En s'installant à l'une des tables de devant, sous insistance de Suzanna, dont la fascination pour leur professeur ne désemplissait pas, Kate ne put s'empêcher de jeter un œil en arrière et de dédier un sourire à Griffin. Ce dernier lui renvoya un clin d'œil qui la fit rougir.

— Ah ! Quel plaisir de vous revoir tous ici, mes chers amis ! s'enchanta Mrs Sheencloth en ouvrant les bras, quand tous se furent installés. J'espère que vous avez tous passé d'excellentes vacances et… oh ! Mais dites-moi, miss Crown ! Où avez-vous trouvé ce magnifique accessoire ?

— Un cadeau de Noël, professeur ! Je l'aime beaucoup.

— Et moi donc ! Il vous va à ra-vir ! Il s'accorde si bien avec la couleur de vos yeux ! Bien. Je sais que vous êtes tous un peu sous la pression, mais il ne faut pas s'en faire pour si peu ! Tout va bien se passer, j'en suis certaine ! J'ai vraiment hâte de voir ce que vous m'avez réservé !

Durant les vacances, les élèves avaient dû plancher sur une préparation d'exposé pour la rentrée, portant sur une statue ou un bas-relief animé de leur choix. Cette décision avait été fort simple pour Kate qui avait fait de Cliodna son sujet d'étude.

— Alors, qui veut commencer ?

Tous les regards se baissèrent, s'intéressant à des détails comme la tranche de leurs manuels de cours ou l'étiquette de leur bouteille d'encre. Fait rare, même Emeric ne se porta pas volontaire, écrasé sur son bureau en espérant devenir invisible.

— Allons, ce n'est pas un drame ! Juste cinq petites minutes d'exposé oral, rien de bien compliqué. Vraiment ? Personne ? Eh bien, laissons choisir le hasard ! Lux !

Une petite bille de lumière jaillit de sa baguette magique et sauta au-dessus de la tête des élèves.

— Ce-se-ra-toi-qui-pa-sse-ra-le-pre-mier ! Ah !

Kate soupira de dépit en constatant que la petite luciole s'était immobilisée au-dessus d'elle, rentrant le cou.

— Nous avons une gagnante ! Nous pouvons applaudir Kate ! Bravo !

Personne n'enjoignit l'enseignante, trop heureuse de pouvoir rendre cet instant stressant plus ludique. En se présentant sur l'estrade, Kate crut bon de détendre l'ambiance avec une autre méthode.

— Bon, eh bien, je vous remercie de m'avoir choisie à l'unanimité pour ce Balthazar de la meilleure actrice cette année. J'aimerais remercier mes parents, ma sœur, mon chat et l'inventeur de la Biéraubeurre, sans qui je n'en serai jamais arrivée là.

Des rires amusés s'élevèrent dans la salle de cours.

— Alors, chère lauréate au Balthazar, rebondit Mrs Sheencloth, toute aussi enjouée par cette plaisanterie, qu'allez-vous nous présenter aujourd'hui ?

— Eh bien… je vais vous parler de Cliodna. C'est la statue gardienne de la salle commune de Papillombre.

— Oh, le gros lot ! Une exclusivité ! Il me tarde d'entendre le fruit de vos recherches.

Kate entama alors une vaste introduction sur le personnage historique de Cliodna : sa nature de druidesse et sa découverte fondamentale des propriétés de la rosée de lune. De manière volontaire, elle fit l'impasse sur sa relation avec Maëva, l'Immatériel et son ascendance à propos à Electra Byrne.

— La statue de Cliodna est tout à fait particulière, car elle garde encore des souvenirs de son modèle vivant. Elle est pourvue d'une conscience et d'une capacité à distinguer les élèves de Papillombre des autres. C'est d'ailleurs ainsi que l'on peut la définir comme gardienne.

Une main se leva dans la classe et Kate interrogea Lysander Gardner avec une certaine appréhension, espérant qu'il ne pose pas une question trop compliquée pour elle.

— Comment tu sais qu'elle peut vous différencier des autres ? Il y a déjà quelqu'un qui est entré dans votre salle commune sans faire partie de votre maison ?

— A vrai dire, quand la salle commune de Papillombre a été découverte, le professeur Wolffhart a tenu à la voir de ses propres yeux et on va dire que Cliodna n'a pas forcément apprécié cette intrusion.

— C'est-à-dire ? Ils se sont battus ?!

— Vous êtes priés de lever la main pour poser une question, Mr Sleeman ! le corrigea leur enseignante. Auquel cas, je me verrai obligée de retirer des points à Serpentard et vous savez à quel point je déteste retirer des points à qui que ce soit… ! Quelle règle barbare !

— Eh bien… c'est-à-dire qu'il y a eu une petite altercation.

Tout le monde s'attendait à ce que Kate révèle plus de détails, ce qu'elle fit en observant leur insistance muette :

— Le professeur Wolffhart a, ce jour-là, failli expérimenter la transformation en cendres chaudes.

De nouveau, des rires s'élevèrent en imaginant leur si vénérable professeur se prendre une raclée par une statue millénaire.

— Et donc, vous pouvez tenir une conversation censée avec elle ? s'intéressa de nouveau Mrs Sheencloth, embarrassée que son collègue soit ainsi raillé par les élèves.

— Exactement, professeur ! Elle garde en mémoire les conversations qu'on a pu avoir par le passé aussi. Pas comme certains portraits qui se répètent sans arrêt.

— Quelle singularité ! Elle a dû être créée avec une magie particulièrement puissante pour parvenir à engranger tant de souvenirs ! Elle surpasserait presque nos propres capacités. Impressionnant !

Puis, la jeune femme, en robe confectionnée à partir de soie à motifs de notes de musique dansantes, se tourna vers sa classe.

— Des questions pour Kate avant que j'en fasse passer un suivant au tableau ?

— Comment Wolffhart s'est remis de sa défaite cuisante ? Est-ce que tu l'as vu pleurer ?

— Mr Sleeman ! Je vais être contrainte de vous enlever… un point ! coupa Mrs Sheencloth, incapable de plus de répression, alors que les autres élèves continuaient de glousser.

Quand Kate retourna à sa place, avec dix points de récompense pour sa maison, elle se sentit libérée de ce poids scolaire et écouta avec attention l'exposé suivant par Phyllis Ledger, qui présentait le célèbre bas-relief des angelots de Rome, qui jouaient de la trompette quand les passants leur tournaient le dos.

À la fin du cours, lorsque l'adolescente rangea ses affaires, elle fut abordée par un Emeric bredouillant.

— Hé… salut, Kate !

— Oh ! Salut, Emeric.

— C'était super… ton exposé ! J'aurais bien aimé la rencontrer, cette statue de Cliodna.

— Oh, crois-moi, tu ne voudrais pas ! Car la seule chose que tu verrais d'elle serait une boule de feu qui fondrait sur toi.

— Ah, hm, d'accord. Dis, tu… tu as bien reçu ce que je t'ai envoyé à Noël ?

— Les partitions ? Oui ! C'est… c'est fou, tu n'aurais pas dû ! Et tu dois en avoir besoin !

— Oh non ! Vraiment, non ! À force, aujourd'hui, je les connais par cœur, tu sais. Je t'ai envoyé les plus faciles, mais si ça te plait et que tu en veux d'autres, n'hésite pas à me demander, hein… !

— Je n'ai pas envie de te déranger davantage, Emeric ! Tu en fais déjà tellement pour moi !

— Mais non, mais non ! Tu ne me déranges pas, vraiment ! C'est un plaisir de…

Le jeune Serdaigle fut interrompu par l'approche de Griffin, la tête droite pour paraître plus grand et bombant le torse pour se donner un air plus imposant face au frêle Emeric, bien qu'ils aient tous deux des tailles similaires.

— Un problème, Kate ? se soucia le Gryffondor en fusillant Emeric du regard.

— N-non, pas du tout ! On parlait juste de musique.

— Ouais. De musique, répéta Griffin, sceptique.

— Mais on allait y aller. N'est-ce pas, Emeric ?

— O-oui, bafouilla ce dernier, intimidé par Griffin dont il connaissait les griefs. On doit vite descendre à la serre de botanique avant que le professeur Londubat…

— Oui, c'est ça, le coupa son rival. Allez, viens Kate.

Griffin lui attrapa sa main avec une légère brusquerie et l'entraîna avec lui, sans se fier aux regards surpris qu'on leur lançait, officialisant par ce geste public une part de leur relation. Kate n'osa pas répliquer, connaissant l'animosité qu'il vouait à l'égard d'Emeric. Une question de jalousie. Cependant, elle esquissa un sourire en constatant qu'il avait pris soin de ne pas l'humilier en public, comme à son habitude. Constater les progrès de Griffin jour après jour la transportait de joie. Peut-être parviendrait-elle de faire de lui un homme bien.


— À vos dortoirs, je vous ai dit !

Les cris essoufflés de Kate résonnèrent dans le couloir alors qu'on entendait au loin les rires de troisième année qui s'éloignaient en courant. La jeune préfète s'accorda une pause, penchée, les mains sur les cuisses, incapable de les courser plus longtemps. Elle ne faisait clairement pas le poids face à des garçons de treize ans, habitués à échapper aux préfets les plus expérimentés. Kate songea un moment à trouver Peeves pour le lancer à leurs trousses, avant d'abandonner cette idée. Malgré sa crainte à l'égard de Kate, qui parvenait à interagir avec l'Immatériel sur les fantômes et esprits frappeurs, ce dernier aimait, à charge de revanche, lui faire comprendre qu'elle devait se tenir loin de lui, en emmêlant les lacets de ses chaussures ou en lui jetant des seaux de mucus à la figure.

Puis, reprenant son souffle, elle se décida à poursuivre sa ronde à travers les corridors déserts de l'école.

— Quels abrutis… marmonna-t-elle en constatant que des américains avaient gravé leurs noms dans des pierres du mur.

Kate descendit jusqu'à la salle de métamorphose et décida de s'accorder une courte pause en appréciant le ciel nocturne pommelé et la neige qui crissait sous ses semelles. Le houx était recouvert de poudreuse et l'endroit où elle et ses amis asseyaient une fois le printemps arrivé était recouvert d'une pellicule traîtresse de glace.

— On musarde en fonctions, Fraülein Whisper ?

L'adolescente bondit quand elle entendit la voix rauque de son professeur allemand l'apostropher. Wolffhart se tenait devant la porte de sa salle de cours, droit et impassible, ses mains rangées derrière lui.

— Je reprenais un peu de forces, professeur, lui expliqua-t-elle. Je viens de courir après la bande de Lewis, ils ne m'obéissent jamais.

— Genau. Cela ne m'étonne guère. Vous avez l'autorité d'une crevette.

Kate grommela dans sa barbe alors que Wolffhart descendit les marches qui les séparaient, osant tremper ses chaussures cirées dans la poudreuse. Un regard noir pesa alors sur les épaules de la jeune fille, qui craignit immédiatement quelques remontrances.

— Et peut-être aussi le vœu de finir vous aussi en petit tas de cendres chaudes, reprit-il les mots de son élève. Habe ich Recht, Fraülein Whisper ?

Les entrailles de Kate se nouèrent, consciente qu'il pouvait facilement mettre ses menaces à exécution.

— Pardonnez-moi, professeur, je… j'y ai peut-être été un peu fort sur ce coup !

— Détruire une réputation vieille de soixante-dix ans. Cela vous coûtera cher. Très cher, Fraülein.

La conscience de Kate se déchargea d'un poids, jusqu'à même étirer un sourire sur ses lèvres. Si Wolffhart ne lui enlevait pas de points ou ne partait pas dans de pamphlets enflammés, cela signifiait qu'il fermait les yeux sur sa bévue pour le moment.

— Comment s'est passé l'entretien avec votre père ? la questionna-t-il, le regard levé vers le ciel.

— Bien, souffla-t-elle. Il s'en sort plutôt… pas mal. Mais le directeur est un grand taré. Si vous m'autorisez à utiliser ce terme, professeur !

— Il faut déjà avoir un grain pour accepter d'entretenir la direction d'une prison de l'envergure d'Azkaban. Une aubaine pour le Ministère. Ja. Ils enferment tous les fous aux mêmes endroits. Azkaban. Le dernier étage de Ste Mangouste. Le Magenmagot. Poudlard…

— Ah. C'est pour ça qu'ils vous ont envoyé ici ?

— Ne jouez pas avec ma patience, Fraülein. Les cendres chaudes ne sont jamais loin.

Kate ravala son sourire en se pinçant les lèvres. Puis, la poursuite des événements à Azkaban rendirent sa voix plus grave.

— Vous avez su que nous avions été attaqués, sur la route du retour ?

— Ja.

— C'était la Sorcière Bleue. Electra Byrne.

— Je m'en suis douté, Fraülein Whisper.

— Elle était accompagnée.

— Cette femme arrive à rallier des gens à sa cause ?

— À moins qu'elle n'utilise l'Allégeance. Comme elle l'a fait avec Eliot.

Le silence retomba sur la cour hivernale.

— Elle est dangereuse. Je ne veux pas qu'elle s'en prenne aux gens autour de moi…

— Jusqu'à présent, vous avez fait vos preuves, Fraülein Whisper. Personne n'est décédé par votre faute.

— Ca a failli être le cas pour Mr Diggle, professeur. Vous pensez que nous pourrons reprendre nos cours bientôt ?

— Und… votre Immatériel ? À moins qu'il ne soit revenu, emballé dans du papier cadeau au pied de votre sapin, il me semblait que vous ne jouissiez plus de son contrôle.

— Il revient de temps en temps. Trois fois pendant les vacances. Une fois, j'ai encore perdu connaissance. J'ai réussi à écarter des barreaux en fer. Et j'ai entendu des voix. Je sens qu'il est toujours là, professeur. Mais qu'il y a…

— … quelque chose qui le jugule, compléta Wolffhart.

— Oui. Comme me l'avait dit le professeur Higgins.

L'évocation de ce nom fit ricaner Wolffhart, qui ne tenait pas Hisolda en grande estime.

— Vous pensez qu'il serait possible qu'elle soit de nouveau présente pour le prochain cours.

— Votre cerveau vous fait-il déjà défaut de ce qu'il s'est produit en octobre ?

— Non. Mais on peut travailler ça. Faire évoluer les choses. Je n'ai pas eu de douleurs particulières quand j'ai utilisé l'Immatériel pendant les vacances. C'est comme si… il faut que je trouve la bonne porte à ouvrir pour le faire sortir. Sans la forcer.

La métaphore sembla convaincre Wolffhart, qui opina du chef.

— Vendredi soir.

— Très bien.

Kate soupira en resserrant son écharpe autour de son cou et pivota.

— Il faudrait que j'y retourne avant que mon directeur de maison ne m'épingle pour omission à mes devoirs de préfète.

— Hm. Cela serait fort regrettable, Fraülein.

— Bonne soirée, professeur, lui souhaita-t-elle avec un dernier sourire.

Puis, Kate s'éloigna, quittant la cour, sans savoir que Wolffhart la suivait du regard. Ce dernier demeura un instant au milieu de la neige, gardant le souvenir des traces de son élève qui s'était tenue à ses côtés. Puis à pas lents, il remonta à son tour les quelques marches pour retourner dans son antre. Les notes abyssales de l'orgue recommencèrent alors à résonner dans les pierres froides du château.


— Bon, qu'est-ce qu'il fait ?! s'agaça Kate en consultant sa montre.

— Il ne vous rejoindra pas, jeune fille, se lamentait le tableau d'une grande femme en noir. Tout comme il m'a oubliée moi !

— Je vous l'ai déjà répété, ce n'est pas un rendez-vous galant ! Juste un autre préfet qui doit me rejoindre.

— Ca, c'est vous qui le dites. Mais les hommes sont les mêmes. Vous l'apprendrez avec l'âge.

Kate recommença à faire les cents pas dans l'aile ouest du septième étage, à la sortie de la tour des Serdaigle. Que fabriquait donc Clive, qui lui avait juré de la rejoindre ? Peut-être l'avait-il oubliée au détriment de la fête d'anniversaire de son ami, pour laquelle il avait réclamé à Kate de commencer les rondes à sa place.

— Il ne vous rejoindra pas, jeune fille, répétait sans cesse le tableau éploré.

— Rah, mais taisez-vous donc ! J'ai compris à la fin !

Au bout de quinze minutes, Kate s'apprêta à repartir en songeant qu'en ce temps, les élèves les plus récalcitrants avaient sûrement déjà eu l'opportunité de dévaliser trois fois la salle des trophées. Cependant, une voix inespérée la retint :

— Kate !

En se retournant, elle aperçut alors Clive qui lui courait après. Cependant, son visage n'était pas marqué par les célébrations. Au contraire, il paraissait étrangement pâle.

— Ah bah enfin ! se plaignit-elle. Ca fait presque une demi-heure que je t'attends !

— Désolé, vraiment ! Navré ! Mais… on va dire que j'ai passé plus de temps que prévu sur ceci…

Il lui désigna alors la fameuse baguette magique que Kate lui avait demandé d'examiner, après l'avoir déballé de sa toile de lin.

— Tu as réussi ?! s'exclama-t-elle, le cœur battant. Tu as trouvé ?

— Avant toute chose, hoqueta-t-il, j'aimerais que tu essaies de la prendre. Et de jeter un sortilège avec.

— Hein ? Pourquoi ? Je n'en suis pas la propriétaire !

— Juste… fais-le.

Suspicieuse, Kate attrapa néanmoins le manche de la baguette et se retourna, dos à Clive, afin de limiter les dégâts si elle venait à provoquer une nouvelle explosion.

— Lumos.

À sa plus grande surprise, une lueur bleutée naquit à la pointe de la baguette, aussi facilement qu'elle l'aurait fait avec la sienne. Cette constatation la déconcerta.

— Mais… comment est-ce possible ? Ce n'est pas ma baguette ! Je croyais qu'on ne pouvait pas utiliser la baguette magique de quelqu'un d'autre !

Elle dévisagea Clive avec des yeux perdus. Celui-ci l'éclaira alors :

— Cette baguette, elle a été vendue en 1971. A miss Whisper. Charity Whisper. Devenue par la suite Mrs Charity Burbage.

— Tante Charity ?!

Kate comprenait désormais pourquoi cette baguette lui était parue si familière. Sa tante l'avait sûrement déjà utilisée sous ses yeux, lorsqu'elle était plus jeune, avant la guerre.

— C'était l'une des premières baguettes que j'avais examinée, lui expliqua Clive. Quand j'avais été chez Eliot, un jour. C'est pour cette raison que je la connaissais.

— Pourquoi était-elle dans le bureau de mon père ? Collée dans son tiroir ?

— Il la cachait pour une bonne raison.

Clive déglutit difficilement avant de lui donner une réponse tranchante.

— Le dernier sortilège que cette baguette a lancé est un sortilège de la mort.


Eh oui, déjà ! Comme j'écris pour le CampNaNo, mon rythme d'écriture augmente un peu pour ce mois-ci. 35 000 mots pour avril ! Soit 2-3 chapitres. :) Vous allez être gâtés !

J'avais promis de poster ce chapitre à 21h, il est 20h56, dooooonc, c'est just pour répondre aux commentaires anonymes, mais PROMIS PROMIS, je vous réponds pour le prochain chapitre, qui arrivera très très rapidement ! En tout cas, je vous fais des bisous baveux en attendant. Baveux. Très baveux !

Poster une review fait baisser le prix de l'essence