Chapitre 42 Décision et menace.
Poudlard était en pleine effervescence : depuis l'annonce faite par Ambrius Travers sur la fermeture de l'école, Beery avait été emmené de force par les Aurors, accompagné de Dippet, les élèves préparaient leurs bagages à grande vitesse, les professeurs supervisaient les préparations et Dumbledore tentait de calmer la foule de journalistes amassés aux portes du château dans l'espoir d'avoir un papier et faire scandale. Les seuls à échapper à ce tourbillon de préparation étaient les élèves qui n'avaient pas la chance de retourner dans leurs familles : exceptionnellement, et aussi pour garder l'Héritier de Grindelwald en sécurité, Ambrius Travers avait fait une liste de ceux qui restaient jusqu'à la prochaine ouverture. Parmi eux se trouvait Tom Jedusor, une élève de Poufsoufle et deux de Serdaigle. Il fut décidé que trois professeurs resteraient également au château afin de les surveiller : Dumbledore, Binns et Têtenjoy, les autres devront rentrer chez eux jusqu'à ce qu'une convocation au tribunal leur soit envoyée.
Le professeur de Métamorphose, pour sa part, cherchait un moyen efficace pour éviter à Beery d'éventuelles années d'emprisonnement à Azkaban mais, vu les dégâts provoqués, c'était mal parti. Ne parvenant pas à se concentrer dans sa salle de classe, il prit donc le chemin des couloirs le menant à son bureau cependant, en arrivant au détour d'un croisement, il entendit les voix reconnaissables de Tom Jedusor et d'Ambrius Travers. Intrigué, il s'arrêta et écouta :
- … remercie d'avoir si vite répondu à ma lettre, Mr Travers. Vous avez été très efficace.
- C'était mon devoir, Tom. En tant que père, il était impensable que je laisse un professeur aussi incompétent enseigner d'avantage.
- Que va-t-il advenir de Beery, maintenant ?
- Il va passer devant le conseil d'éducation puis sera jugé au Magenmagot. Si tout se passe bien, il sera renvoyé définitivement et condamné à trois ans.
- C'est peu, grommela le plus jeune. C'est à cause de cet abruti que Morgan a failli mourir.
- Ne t'inquiètes pas, je compte bien me servir de mon influence pour le faire emprisonner plus longtemps.
- Je compte sur vous.
- Une fois les élèves dans le Poudlard Express, je t'emmènerai à Sainte Mangouste puis je viendrai te rechercher le soir. Dippet est d'accord.
- Pourriez-vous utiliser un peu plus votre influence pour faire sortir Morgan de l'hôpital ? Il déteste cet endroit et j'aimerais être à ses côtés en permanence.
- Ce n'est pas à moi d'en décider, jeune homme, mais je vais essayer de m'arranger avec le médecin s'il juge que l'état de son patient est stable.
- Parfait, je vous en remercie encore une fois.
- Bien, allez vous préparer, le départ est dans deux heures.
Puis ils se séparèrent, inconscients de la présence indiscrète de Dumbledore. Celui-ci, déjà étonné de voir la relation entre l'élève et le magistrat aussi importante, ne put s'empêcher d'être scandalisé par la situation : ainsi c'était Jedusor qui avait prévenu Travers, pourquoi n'y avait il pas pensé plus tôt ? Il aurait dû comprendre que le garçon n'allait pas passer l'accident de son frère aussi facilement. Et dire que Dippet ne le croyait pas quand il lui disait de s'en méfier, était il donc aveugle ? Si Jedusor parvenait à faire exclure un professeur, il ne tarderait pas à faire pire. Un démon sous une tête d'ange, voila ce qu'il était. Il allait devoir agir… et vite.
Morgan Eliacin regardait, par la fenêtre de sa chambre trop blanche, la pluie tomber et résonner contre les parois de la vitre. Il s'ennuyait fortement et avait sincèrement hâte que Tom vienne le rejoindre au plus vite. Depuis l'incident de l'autre soir, les infirmiers se méfiaient de lui et le tenaient constamment à l'œil, lui donnant l'impression d'être en prison, pourtant il ne regrettait pas son geste car cela lui avait permis de trouver la force nécessaire ainsi que l'envie de se débarrasser de ce fantôme, ce pendu qu'il voulait voir retourner dans sa tombe… pour autant qu'il en est une.
- Morgan, tu rêves ou quoi ?
Le concerné sursauta face à ce brusque retour à la réalité et remarqua son frère, le sourire aux lèvres et un sac dans une main.
- Tom, soupira t'il de joie, je suis content que tu sois là.
- Comment te sens-tu ?
- Beaucoup mieux. Grace aux lotions, je n'ai plus mal à mes brûlures.
- Tant mieux. Je t'ai apporté une surprise, dit-il en mettant le sac à portée de vue de son ami.
Sans attendre, Morgan s'en empara et vit un nombre impressionnant de bonbons et chocogrenouilles. Il ne put alors s'empêcher de commencer à les dévorer, sous l'œil ravi de Tom qui prenait sa gourmandise comme un bon signe de rétablissement.
- Frôler la mort ne t'as pas coupé l'appétit, on dirait, ricana t'il.
- Ce n'est pas ma faute, grommela Morgan, ils m'ont apporté un petit déjeuner horrible. C'était immangeable.
- Vraiment ? Moi j'en ai eu un excellent, et pour cause, les Aurors ont arrêté Beery.
- Sérieux !
- Oh que oui, tu aurais dû voir sa tête se décomposer, c'était trop drôle.
- Et pourquoi l'ont ils emprisonné ?
- Hum, disons qu'une petite lettre s'est mystérieusement glissée dans le bureau de d'Ambrius Travers et qu'elle contenait tout les détails de l'accident.
- Et je parie que cette fameuse lettre a été rédigée par un sorcier dont le nom est Jedusor, je me trompe ?
- Il l'avait bien mérité. Il était hors de question qu'il s'en tire à si bon compte. En plus, tous les cours sont annulés et les élèves sont repartis chez eux. Le château est entièrement à notre disposition… enfin presque, Mêle Tout Dumbledore y est resté aussi.
- Je vois que tu as encore fait des exploits, s'amusa Morgan.
- Oui, j'adore semer le chaos.
Pendant deux longues heures, ils continuèrent ainsi à discuter et à rire, parlant de tout et de rien, imaginant des tortures cocasses que Beery pourrait subir. Tom était heureux de voir Morgan en si bonne forme, il avait eu tellement peur de le perdre, le savoir aussi espiègle et boudeur qu'avant le soulagé grandement.
- Au fait, déclara l'Héritier de Serpentard, j'ai décidé d'annuler notre petite sortie nocturne.
- Laquelle ?
- Celle où on devait utiliser laPossession Bestiale en février. La potion est déjà prête mais je préfère reporter ça à l'année prochaine. Tu as eu suffisamment de problèmes comme ca.
Morgan ne répondit pas, à la place il se souvint de la prophétie que le pendu lui avait sorti, ces mots qu'il connaissait désormais par cœur : « Mort par trois fois… quand le premier flocon de neige tombera, le feu t'engloutira… lorsque l'année mourra et renaitra, le serpent t'étouffera… alors que le soleil réchauffera la terre, le loup te disséquera… par trois fois la mort viendra te trouver… par trois fois. » Maintenant qu'il avait affronté les flammes, il était persuadé que la deuxième partie faisait référence au soir du 31 decembre quand au serpent, il savait que cela parlait de Tom et son animagus, c'était tellement logique. Annuler leur sortie lui permettrait en effet d'être en sécurité mais…
- Tom
- Oui ?
- Je… je crois que je vais quand même utiliser ma forme Animagus.
- Pardon ? questionna son frère d'une voix surprise et glaciale
- Et je compte le faire le 31 décembre.
- Hors de question. On fera ça une autre fois, on a tout le temps de…
- Non, je veux le faire !
- Morgan, j'ai dit non !
- Et bien, moi, j'ai mon mot à dire et je veux le faire, s'obstina Morgan.
- Morgan… prévint le jeune sorcier d'un ton menaçant.
- Je veux le faire et je le ferai ! Avec ou sans toi !
Abasourdi de voir Morgan réfuter sa décision, il soupira et prit un instant pour se calmer. Il détestait vraiment d'être contredit, surtout dans ses projets, mais, avant de se disputer avec lui, il voulait comprendre la raison d'une telle obstination.
- Très bien, pourquoi tiens-tu à le faire ?
- A cause de la prophétie, celle du deuxième passage. Je pense qu'elle aura lieu à cette période.
- Raison de plus pour ne pas…
- Non tu ne comprends pas ! Ce stupide pendu est en train de me pourrir la vie, si je veux qu'il me laisse tranquille je ne dois surtout pas le fuir. Il s'est déjà montré lors de l'incendie, donc il reviendra le 31 décembre.
- Mais…
- Si je veux lui faire ravaler sa menace, je dois accepter de prendre le risque. Désolé Tom, je sais que tu n'aimes pas être contesté, mais j'y tiens vraiment.
Le concerné ravala sa colère devant cet entêtement, ce que disait Morgan n'était pas dénué de bon sens : fuir le problème ne résoudrait rien et ne ferait peut être qu'empirer la situation. Cependant, la peur de voir son frère mourir était encore bien présente dans son esprit, surtout depuis l'incendie. Devait il le laisser faire ou l'en empêcher ? Apparemment, Morgan était décidé… il devait donc veiller sur lui, pour que la prophétie ne s'exécute plus. Il devait protéger son petit frère, c'était son rôle depuis leur rencontre à Halloween, et il ne faillirait pas. Serpentard lui avait envoyé un ami pour le seconder et l'apaiser, il devait prendre soin de lui. Puisque sa décision était d'aller affronter la mort, alors il le suivrait jusqu'en enfer, comme le ferait le digne héritier de la lignée pur dont il descendait.
- Très bien. Si c'est ton choix, alors je t'accompagnerai. Le 31 décembre, entre 23h et minuit, nous boirons la potion de Possession.
- Merci, soupira Morgan de soulagement. Merci de respecter ma décision.
- Mais en contrepartie, nous ferons cette Possession à ma façon, afin de s'assurer que nous ne courrons aucun risque.
- Si tu veux.
- Bien. Maintenant, si nous parlions encore des futures tortures de Beery ?
Dans un immense manoir situé prés de la ville portuaire de Magdebourg, en Allemagne, Gellert Grindelwald venait de recevoir le rapport de son bras droit et le relisait attentivement. Ambrius lui écrivait que son fils ainé, Morgan, allait de mieux en mieux malgré la crise de folie passagère qu'il avait eu la veille et le médecin pensait d'ailleurs le ramener à Poudlard le plus tôt possible. Tom Jedusor, pour sa part, restait à ses côtés. Beery avait été emmené dans la cellule des Aurors en attendant son jugement et Dippet avait été convoqué sitôt l'école fermée. Quand son vieil ennemi, il était consigné à Poudlard. Bref, tout était sous contrôle, mais le mage noir aurait payé cher pour revenir en Angleterre et tuer Beery : ce misérable avait mis son héritier en danger. Comme Jedusor, Gellert voulait voir cet incompétent pourrir à Azkaban le plus longtemps possible, d'ailleurs il allait se servir de ses espions pour accélérer le procès. Son fils serait vengé, il s'en faisait une affaire personnelle.
- Père ? Je n'arrive pas à me reposer, déclara une petite voix d'enfant prés de lui.
Grindelwald posa son regard sur le garçon de 6 ans aux longs cheveux d'argent et aux iris couleur de mer. Fenrir Greyback, son deuxième fils adoptif, loup garou de son état et futur successeur si Morgan venait à disparaitre. Le mage noir avait de grands projets pour lui, lorsque sa force serait à son apogée. Il comptait bien l'utiliser comme un puissant soldat ou plus, mais, pour l'heure, il devait le considérer comme un enfant, encore traumatisé par le rejet de sa meute.
- Ce n'est pas grave, tu dormiras mieux ce soir. Je viens d'avoir des nouvelles de ton grand frère, il va mieux.
- Oh… quand est ce que je pourrai le rencontrer ?
- Cet été, je te le promets. Et tu pourras aussi t'amuser avec Jedusor autant que tu le voudras.
- Mais s'ils ne m'aiment pas ?
- Ne t'inquiète pas, Morgan va t'adorer. En revanche, n'oublies pas que je serai très fâché si tu lui fais du mal.
- Oui père.
- Si tu blesses Jedusor, en revanche, je ne te dirai rien. Mais n'oublies pas : Morgan ne doit pas être au courant, sinon il deviendra malheureux. Tu ne veux pas que ton grand frère soit triste, n'est ce pas ?
- Non père, je vous promets de ne rien lui dire.
- C'est bien. Vas te promener maintenant, j'ai du travail.
L'enfant s'exécuta immédiatement, pressé de retrouver l'odeur si trainante de la nature qu'il adorait, ignorant le sourire satisfait de son paternel qui espérait voir Tom Jedusor mis en pièce par le jeune loup garou l'été prochain.
- Ce que vous dites est extrêmement grave, Dumbledore. Ambrius Travers est un sorcier très respecté du ministère, l'accuser sans preuve est dangereux.
- Il est vrai que je n'ai pas de preuve mais je suis certain de ce que j'avance. Croyez-moi Stanislas, cela risque d'aggraver les choses si nous laissons Travers s'occuper de cette enquête.
- Hum, l'ennui c'est que les autres membres du Magenmagot sont, pour la plupart, occupés à des tâches importantes. Je ne vois pas qui pourrait s'en charger.
- Faites votre possible, je vous en conjure. Je ne nie pas l'irresponsabilité de Beery, il a commis une faute très grave et sa défense est faible, mais vous ne devez pas laisser Travers continuer d'avantage.
Stanislas Aymeroc, fonctionnaire du Magenmagot et homme de loi réputé, hésitait d'accéder à la requête d'Albus Dumbledore. Malgré tout le respect qu'il vouait à celui-ci, empêcher un homme important d'exécuter son travail sans motif valable était une responsabilité trop lourde, surtout si le Ministre de la magie en entendait parler. Pourtant, il ne devait pas non plus laisser ce professeur dans une telle situation, alors que faire ?
- Je vais faire mon possible, Dumbledore. Je ne peux pas vous garantir un meilleur résultat : Beery est condamné au renvoi.
- Je vous demande juste de limiter sa peine d'emprisonnement, je me chargerai personnellement du reste.
- Très bien. Repassez dans quelques jours, je vous ferai un compte rendu détaillé.
- Merci Stanislas.
Plus rassuré sur le sort de son collègue, le professeur de métamorphose prit congé et retourna à Poudlard. Une fois arrivé dans son bureau, il se promit de convoquer Tom Jedusor sitôt que celui-ci reviendrait de l'hôpital. Il était temps de le mettre en garde et de lui rappeler sa place.
L'après midi s'était très vite écoulé et Morgan voyait son frère partir à regret. Il avait hâte de rentrer dans sa chambre et retrouver son chat, cet endroit le mettait mal à l'aise, il voulait le quitter au plus vite. Soupirant, il prit les livres que son ami lui avait apportés afin de se distraire et piocha dans la réserve de bonbons posée près de lui. Que Poudlard lui semblait loin en cette nuit.
Pendant ce temps, tom était revenu dans l'immense château d'Ecosse, ravi de cette bonne journée. L'idée d'essayer la Possession Bestiale était, désormais, plus tentante que jamais maintenant que Morgan l'avait convaincu. Il prit donc le chemin de sa chambre en sifflotant, avec bonne humeur, se rappelant de nourrir la capricieuse bestiole qui servait de chat à son ami.
- Mr Jedusor, puis je vous voir un instant ?
L'intéressé se retourna et vit son professeur honnit et son air trop sérieux. Sa gaité disparut comme par enchantement, comme si une mauvaise nouvelle allait lui tomber dessus. Il l'accompagna donc à son bureau, en trainant les pieds, et s'installa sur une chaise sitôt arrivé.
- Comment va Morgan ? commença le plus vieux. S'est il remit de sa crise ?
- Oui, il se plaint de l'inconfort des lieux et il espère rentrer, mais il va bien.
- Parfait, parfait. Je suis soulagé par cette nouvelle.
- M'avez-vous fait venir pour cela ? demanda Tom qui n'avait aucune envie de s'éterniser.
- Non, pas vraiment. Il se trouve, mon cher garçon, que le professeur Beery est, en ce moment même, dans une cellule.
- Vraiment ? ricana Tom. Je suppose qu'il l'a mérité dans ce cas, mais je ne vois pas en quoi cela me concerne.
- Et bien, après le regrettable accident d'hier soir, une lettre est arrivée en possession d'Ambrius Travers, un courrier relatant l'intégralité des événements. Je ne condamne pas, évidemment, cette alternative. En revanche, j'aimerais comprendre pourquoi ce pauvre Beery vient d'être condamné à un jugement aussi sévère alors que le procès n'a pas encore eu lieu.
- Encore une fois, Monsieur, je ne vois pas en quoi cela me concerne, cingla Tom qui avait du mal à conserver son calme.
- Je pense, au contraire, que tu le sais très bien. Parler seul à seul avec un magistrat au détour d'un couloir est très imprudent, Tom, des oreilles indiscrètes peuvent y trainer.
- Sale Mêle Tout glucosé ! Il sait, il a écouté notre conversation ! pensa le plus jeune en blêmissant de rage.
- Eventuellement, je peux comprendre que la peur que tu as ressentie, en croyant perdre un ami proche, a perturbée ton raisonnement et t'a poussé à la vengeance. Mais je te rappelle que nous sommes en guerre, mon garçon. Il n'est donc pas nécessaire d'envenimer cela à cause d'un conflit d'enfant perturbé.
Ce fut de trop pour l'Héritier de Serpentard qui ne put contenir plus longtemps sa rage et sa rancœur. Repoussant son imperturbabilité, il se releva brusquement et eclata dans une épouvantable colère :
- Moi ? Vous osez me traiter de perturbé ? Mais le plus attardé dans cet histoire est Beery ! Par sa faute, Morgan a failli mourir ! Il est normal qu'il soit puni, il n'a que ce qu'il mérite ! je me moque bien de votre guerre, j'ai choisi de faire appel à Mr Travers parce que je savais que lui seul ferait le necessaire. Je ne regrette rien !
- Alors tu avoues avoir envoyé cette lettre ?
- Je l'avoue, siffla Tom. Et je suis prêt à recommencer ! D'ailleur, combien même vous désapprouvez, qu'allez vous faire ? M'arrêter ?
- Non, mais je veux te mettre en garde : reste en dehors de cette affaire, Tom. Tu es un enfant, laisse faire la justice.
- Est-ce une menace ?
- Une mise en garde, je ne me permettrais pas de te menacer. La vengeance ne mène à rien, n'oublies jamais ça. Tu peux partir maintenant.
Le garçon ne se le fit pas répéter deux fois, il quitta le bureau d'un pas rageur et se rendit dans sa salle commune avec une humeur si épouvantable que le pauvre Shad dût se cacher en dessous du lit pour ne pas se prendre un mauvais sort.
- Maudit Dumbledore ! Pour qui se prend-il ? Pense-t-il sincèrement me faire peur avec ses ridicules intimidations ? Et quel imbécile je suis ! J'aurais dû parler à Travers dans un endroit plus discret. Mais peu importe, ce sale professeur peut bien me faire sa morale, je suis seul à décider de ce que je dois faire ou non ! Beery est condamné de toute façon, j'ai gagné !
Se calmant peu à peu, il délaissa le fauteuil qu'il était en train de réduire en miette et prit un livre afin de se changer les idées et oublier. En revanche, cette nuit là, Shad se résolut à chasser les souris pour pouvoir se nourrir, l'humain ne lui donnerait pas ses croquettes ce soir.
