Nom : Le Jibakurei
Auteur : Rain
Disclaim' : SK ne m'appartient pas.
Thème : 68# Sourire
Soundtrack : Monster (Skillet) ((Deux mots : Fits. Perfectly.))
Persos : Ashiru/Achille
Je m'appelle Achille. Ma mère avait décidé que je serais aussi fort que le héros de légende, moi le chanceux, le seul de ses enfants qui avaient survécu à l'accouchement. Elle aurait dû savoir, pourtant. Elle aurait dû comprendre que si ses enfants ne vivaient pas c'était que Dieu ne l'avait pas voulu. Qu'il sentait le mal qui suintait de leurs pores, même au fin fond du ventre maternel. Il m'avait laissé en vie. Par lassitude peut-être, par faiblesse. Pas par charité, ça c'est sûr.
La pauvre est morte le mois qui a suivi, bien sûr. Je n'ai pas pleuré, j'étais trop petit pour comprendre, et de toute façon je ne pleure jamais. Je n'ai jamais pleuré. Enfin je sais me forcer, pour faire comme tout le monde, mais c'est bien tout.
C'est à cause de Lui. Lui, les gens ne le voient pas, alors je dois faire semblant d'être comme eux ou ils croient que c'est moi qui suis bizarre. Mais c'est faux ! C'est sa faute à Lui. Il est toujours en train de penser des choses bizarres, des choses dangereuses. Comme pousser un homme qui m'avait marché sur les pieds du haut de la falaise. Ou poignarder une femme qui me regardait de travers en tirant son gosse loin de moi alors que je voulais juste jouer.
Lui c'est un être bizarre. Il est toujours avec moi. Je ne me rappelle pas d'un temps où il n'aurait pas été là. Vous savez, l'ombre qu'on voit du coin d'œil, qui disparaît dès qu'on se retourne ? Pour moi elle ne disparait pas, elle reste. C'est Lui.
Aujourd'hui il fait chaud. Trop chaud. Le soleil trempe mon front de sueur, et je n'ai pas les idées très claires. Il faut que je m'éloigne du monde, que je trouve un endroit tranquille; l'autre est toujours plus agité quand le soleil cogne ma tête et brouille mon raisonnement.
C'est alors que je la vois. Une jeune fille de mon âge, ou un peu plus jeune, la peau gorgée de soleil, les cheveux blonds comme les blés. Une touriste. Dans mon village, une rareté. Pendant un moment, je l'observe, alors qu'elle s'achète une glace et la mange pensivement. Puis elle s'éloigne vers la plage, et mes pieds se mettent en marche, m'entraînant derrière elle.
Non, non, ce n'est pas bien. Il ne peut pas me forcer à la fixer comme ça, à la suivre avec tant d'intérêt quand elle s'éloigne… Est-ce seulement ma conscience terrifiée, or est-ce que je L'entends grogner, me menacer ? Il envahit ma vision périphérique, longue ombre sombre que je n'arrive pas à chasser. C'est une douleur réelle d'ôter mes yeux des cheveux de la jeune fille. Ils ont l'air si doux, si beaux… Mon corps est tiraillé. Je veux caresser ces fils de cuivre, et en même temps me demande s'ils sont aussi conducteurs que le métal. Je veux les embrasser avant de tirer un bon coup, pour pouvoir goûter ses larmes…
STOP ! Il faut que je Le calme. Il est bien trop intéressé, il corrompt mes propres pensées. Je dois l'en empêcher. Je vais me retourner, rentrer à la maison, plonger profond dans la baie jusqu'à ce que mes poumons crient à l'agonie. Il va faire quelque chose de mal si je ne me retourne pas maintenant. Que… ! Je n'arrive plus à… Non !
Il a pris le contrôle. Il ne l'avait jamais fait. Je ne sais comment réagir, je n'ai plus aucun contrôle sur mes membres. Je bouge, mais ce n'est pas moi. Ce n'est pas moi !
Ce n'est pas moi qui l'aborde, un sourire charmeur aux lèvres. Ce n'est pas moi qui répète son prénom mélodieux, Résa, ce n'est pas moi qui l'invite à nager dans un beau coin tranquille. J'ai juste le temps de savoir qu'elle accepte avant de plonger dans le néant.
Quand je reprends enfin conscience, j'ai le nez au vent de la mer. Je suis assis tout au bord d'un rocher, les jambes dans le vide. Un murmure grave passe la barrière de mes lèvres ouvertes…
Je ne comprends pas. Que s'est-il passé ? Je baisse les yeux sur mes mains, elles sont couvertes d'un liquide rouge. Je L'entends, Il rit d'une voix bizarre, ça résonne dans mon esprit comme des casseroles que l'on frapperait l'une contre l'autre. Résa, ou est Résa ? Je dois la trouver…
Je la vois. Je la vois et je vomis à ses pieds. Elle est étalée sur le rocher, les yeux blancs, la gorge noire. Sous elle la roche est toute rouge, comme si elle avait bu le sang. Inconsciemment, je me suis mis à frotter mes mains l'une contre l'autre pour tenter d'enlever cet immonde liquide, mais je n'y arrive pas. J'en mets partout. Pourquoi en ai-je sur les mains…
Mon estomac se vide une nouvelle fois. La mer fait un vacarme tonitruant. Je hurle, je hurle contre Lui, je lui demande des explications, mais il ne fait que rire. Je ne veux pas croire qu'Il l'a fait, je ne veux pas croire qu'Il ait osé… Je me sens si mal… Elle est toute blanche, on dirait une poupée de cire…
Soudain une voix apaisante, une main sur mes cheveux collés de sel. Je me retourne, les yeux fous – quelqu'un a vu, je suis mort, quelqu'un… Ce n'est pas quelqu'un. Ce n'est pas… Un homme.
C'est un ange. Un ange de feu, aux yeux rougeoyants, à l'attitude paternelle. Il me tend la main, un sourire compatissant sur le visage. Il comprend. Il n'a pas peur. Il ne me crie pas dessus, ne demande rien à propos de Résa. Il est si beau… Mais j'ai peur. Je ne veux pas faire quelque chose de mal, je ne veux pas avoir fait quelque chose de moi. C'est pas moi, c'est Lui, je…
« Je peux le détruire pour toi, » il souffle. Sa voix est onctueuse et acérée en même temps, une détermination d'acier et une douceur de miel. De qui parle-t-il ?
Pire, comment résister ?
Un sourire se dessine lentement sur mes lèvres.
Je ne sais si c'est le mien, ou s'il s'agit du Sien.
Rain : Avant que Rea ne se jette sur moi pour me zigouiller, quelques explications. Dans l'anim, Ashi semble plus ou moins sérieusement dérangé, a un fanatisme particulier pour Hao, et n'hésiterait pas comme lui à zigouiller tout ce qui est sur son passage, encore plus facilement que d'autres, ce qui indique une relation préexistente entre lui et la mort. De plus, ici ce n'est pas vraiment Ashiru qui agit et tue, Lui=Jibakurei (si j'utilise le terme comme il faut. Rea ?) qui hante Ashi depuis sa petite enfance et s'en sert comme vecteur pour s'attaquer à ses victimes.
Hao : Eh bah dis donc…
Rain : *reprend son souffle*
