Hello tout le monde ! (Un peu d'anglicisme ne tue pas, hein, ça fait varier un peu l'accroche!)
Ce chapitre est dans la même lignée que le précédent. Il s'agira toujours d'un souvenir de Rogue mais, cette fois, qui provient du dernier tome de la saga. Comme cette scène est plus courte, elle prendra moins de place dans ce chapitre. Il y aura donc un peu plus de choses qui viennent de moi. J'espère que cela continuera à vous plaire! N'hésitez surtout pas à me donner vos avis!
Note 1 : J'aimerais vous expliquer quelque chose. Vous pouvez toujours sauter ce passage et aller directement au chapitre mais c'est une partie importante de l'interprétation que je fais de la période 1978-1980 dans la saga.
Dans ce chapitre, on commence à aborder vaguement la montée de Voldemort et des Mangemorts. Jusqu'ici, j'ai du faire quelques allusions, avec notamment un court passage où Peter l'évoque. Mais tout cela n'a pas vraiment pris place dans mon histoire. C'est sans doute une erreur de ma part car j'aurais du faire entrer cette donnée bien plus tôt...
A cause de cela, le discours que fait Lily au moment où elle rompt tout contact avec Severus va vous paraître sorti de nulle part (pourquoi parle-t-elle de Mangemorts alors que jusqu'ici Voldemort était à peine évoqué?).
Voici comment je vois les choses :
L'histoire est centrée sur Amy. Amy qui, comme vous l'aurez peut-être remarqué, ne lit pas les journaux, ni moldus ni sorciers. Elle n'a donc pas beaucoup de vision sur la vie politique de cette époque ni sur ce qui se passe. C'est une jeune adolescente qui ne se préoccupe la plupart du temps que de ses problèmes de cœur qui l'obnubile. La vie à l'extérieur de sa bulle n'a pas beaucoup de consistance. Quand on lui évoque des meurtres et des guerres, ça ne l'a touche quasiment pas. Elle n'a pas tellement conscience de ce qui se passe dans le monde sorcier (elle ignore même le nom de leur ministre). Et c'est pourquoi on ne voit pas tellement de référence à la vie hors Poudlard.
Mais ma vision des choses rejoint un peu celle de JKR : Voldemort est là et est la nouvelle menace de la paix sorcière et moldue. Mais je crois que les jeunes de l'époque ne s'en rendaient pas encore compte. Ils sont dans leur bulle, à Poudlard, le lieu le plus sûr de toute l'Angleterre. La guerre n'est pas encore tout à fait déclarée. Voldemort commence à peine son recrutement au sein de l'école (et celui-ci est pour le moment exclusivement réservé aux Serpentards, ce pourquoi je pense que très peu d'élèves en sont encore conscients.). Si Lily peut parler des Mangemorts, c'est justement parce que fréquentant Severus, lisant les journaux, et étant sensibilisée à l'actualité (on peut imaginer que l'éducation et sa maturité de ses parents ont joué) ont fait qu'elle appréhende beaucoup plus que tous les autres la situation et comprend mieux que quiconque les dangers qui guettent.
Bon, pour l'histoire, j'aurais quand même du aborder le sujet bien plus tôt...
J'espère néanmoins que cela ne rendra pas ce chapitre trop décalé par rapport à ce qui précède. Dîtes m'en des nouvelles !
Bonne lecture!
Scène 24
Chambre, Dortoir des filles, Poudlard, 13 Juin 1978
Toc, toc, toc.
Lily releva la tête de son oreiller. Qui est-ce qui pouvait venir toquer à sa porte à cette heure-ci ? Elle n'avait pas tellement envie de répondre. Peut-être que si elle ne faisait pas de bruit, la personne s'en irait. Ce n'était pas très poli de sa part mais elle n'était pas vraiment en état d'accueillir qui que ce soit de toute façon... La journée, elle avait réussi à rester impassible et humble mais sitôt la nuit tombée elle s'effondrait sur son lit sans pouvoir s'arrêter de pleurer comme une madeleine. Ses colocataires avaient par ailleurs préféré déserté sa chambre, à l'exception bien sûr d'Opale et d'Eleanor qui tentaient tant bien que mal de la réconforter. Mais Lily était inconsolable.
Après tout, c'était quand même six ans d'amitié qui venaient de se rompre en mille morceaux. Six ans de sa vie qu'elle avait partagé avec ce précieux ami dans le cœur. Et voilà que, retournant subitement sa veste, il venait de pourfendre son petit organe fragile par un simple mot. Il lui semblait bien futile de verser autant de larmes car ce n'était pas quelques gouttes d'eau salées qui allaient éponger la douleur qu'elle ressentait. Perdre quelqu'un creusait un vide incommensurable.
N'entendant plus de bruit, elle pensa que l'inconnue était partie mais trois coups furent à nouveau frappés. Encore une fois, elle choisit le silence. La personne était patiente, elle finirait bien par jeter l'éponge.
Toc, toc, toc.
Ce fut au tour de Lily de s'exaspérer. Ne pouvait-on pas la laisser tranquille ? Quel âne buté fallait-il être pour ne pas comprendre que personne n'allait répondre ?
Toc, toc, toc.
Cette fois, elle repoussa son coussin et sa couette. Elle allait faire comprendre la politesse à cette acharnée !
— Evans ?
Lily se figea. La voix n'était pas celle d'une fille.
— Evans, c'est moi, Potter... Enfin, je veux dire, James. Je peux entrer ?
Sous le choc des premiers instants, la Gryffondor ne parvint pas à réagir. James... Potter... venait délibérément toquer à sa porte pour lui parler ? Il y avait de quoi s'étonner. Lily ne savait d'ailleurs pas ce qui était le plus surprenant : qu'il vienne de son plein gré ou qu'il prenne soin de seulement toquer à la porte ? Telle qu'elle le connaissait, il était plus du genre à ouvrir et demander ensuite s'il pouvait entrer. Mais peut-être qu'elle se trompait...
Quoi qu'il en soit, cela n'avait aucune importance. Politesse respectée ou non, elle n'avait aucune intention de le voir.
Elle se demanda s'il finirait par partir si elle persistait à ne rien faire. Mais James frappa trois nouveaux coups à sa porte. Des coups rapprochés, signe qu'il venait à bout de sa patience.
— Tu n'as pas le droit d'être ici, lança-t-elle à travers la porte. Va-t-en !
— Je veux juste te parler, insista-t-il. Juste cinq minutes, s'il te plaît, laisse-moi entrer.
— Je n'ai pas envie de t'écouter, laisse-moi tranquille.
— Écoute, je sais que tu as toutes les raisons du monde à m'en vouloir mais... laisse-moi au moins m'expliquer.
— T'expliquer ?, répéta-t-elle avec colère. Il n'y a rien à expliquer, tu n'as été qu'un imbécile ! Tu n'es qu'un imbécile !
Oubliant que la porte les séparer déjà, elle fit volte-face comme pour lui tourner le dos. Puis elle se rappela qu'il ne pouvait pas la voir et se sentit un peu bête. Elle entendit néanmoins un bruit mou contre la porte. James devait s'être appuyé dessus.
— Tu as raison, dit-il à travers la porte. Je n'ai pas d'excuse pour ce que j'ai fait. Mais je voudrais quand même essayer. S'il te plaît, Evans, laisse-moi entrer. Juste cinq minutes et ensuite, je te promets que je te laisserai tranquille. Je te ficherai une paix telle que tu te finiras même par t'ennuyer. Evans !... Ah !
En ouvrant la porte, Lily fit perdre un instant l'équilibre à James qui entra tête la première en chancelant. Dans une pirouette, il réussit néanmoins à se rattraper de justesse et se redresser. Il se tourna vers elle, visiblement soulagé qu'elle le laisse entrer. Elle referma la porte et croisa les bras, s'assurant de paraître impassible, si ce n'était froide. Elle n'allait quand même pas le laisser voir à quel point il lui avait fait du mal. Elle ne lui ferait certainement pas ce plaisir !
James, contrairement à elle, paraissait nerveux. Il se passa une main dans les cheveux, un geste qu'elle avait toujours trouvé ridicule.
— Bien, tu es entré à présent, dit-elle froidement. Parle et va-t-en.
— Ne sois pas comme ça...
— Et à cause de qui crois-tu que je « suis comme ça » ?!, s'énerva-t-elle en le foudroyant du regard.
James s'empressa de lever les bras en signe de reddition. Lily secoua la tête, n'en croyant pas ces oreilles.
— C'est ma faute, reconnut-il à contre cœur.
Cela devait le tuer, en réalité, d'être ici pour s'excuser, si encore il comptait vraiment le faire... Lily n'en était pas encore convaincue.
— Écoute, je... (Il referma la bouche, parut s'étrangler, agita la tête comme s'il luttait contre lui-même.) Je suis... (Il s'étrangla encore.) Je... suis... dés...
— Tu sais quoi, si t'es juste venu me faire perdre mon temps, tu peux tout aussi bien repartir dès à présent.
Ceci dit, elle attrapa la poignée de la porte et l'ouvrit. Elle n'avait pas la patience d'observer ces pitreries qui ne la faisaient pas du tout rire.
— Je suis désolé, lâcha soudain James dans un souffle. Voilà, c'est ce que je voulais te dire. Je suis désolé pour hier. Je n'aurais pas dû... (Il s'interrompit, sentant qu'il allait mentir.) Je suis peut-être allé... (Il s'arrêta encore, se mordit la langue, soupira puis affirma enfin:) un peu loin.
— Un peu ?, releva-t-elle froidement.
— D'accord, j'ai dépassé les bornes, abdiqua-t-il en levant à nouveau les bras. Toujours est-il que je t'ai fait du mal et que ce n'était pas du tout mon intention.
Lily l'observa pendant plusieurs minutes. Malgré ses simagrées, il avait l'air plutôt sincère. Ce qui était à la fois normal (il était vraiment allé trop loin cette fois) et surprenant (c'était quand même Potter qui reconnaissait son tord et qui s'excusait). La jeune fille se demanda ce qu'elle devrait faire. Curieusement, elle n'était pas aussi en colère contre lui qu'elle ne l'avait pensé au début. Pourtant, son comportement aurait justifié qu'elle s'emporte contre lui de façon virulente. Là encore, elle pouvait lui dire ses quatre vérités et conclure en lui donnant une claque magistrale. Cela aurait au moins le mérite de la défouler mais ce n'était pas envers lui que Lily en voulait le plus. Certes, l'attitude du Maraudeur était détestable, elle ne tolérait pas qu'on humilie aussi gratuitement quelqu'un surtout avec un tel acharnement, mais ce qui lui avait fait le plus de mal, ce qui était le plus dur à supporter, c'était que Severus, qu'elle connaissait depuis six ans, lui dise ces mots. Ces mots de haine. Ces mots impardonnables. Elle n'avait voulu que l'aider, encore une fois, et voilà comment il la remerciait.
Sang-de-Bourbe.
De tous ceux qui un jour l'avait insulté, elle n'aurait jamais cru que ce serait lui qui la traiterait ainsi. Sang-de-Bourbe. Une fille qui n'a pas d'origine sorcière. Autrement dit une déformation de la nature, une créature erronée, quelque chose qui ne devrait pas exister.
Toujours elle l'avait défendu. Quand ses amies lui disaient qu'il tournait mal, qu'il se laissait influencer par ses amis de si mauvaise réputation, par ces Sangs purs qui se croient supérieurs et regardent les autres sorciers avec condescendance, elle avait toujours refusé de les croire. Elle répétait qu'elle ne connaissait que trop bien Severus et que jamais, jamais, il ne deviendrait comme eux. Elle disait que le Serpentard était la preuve que sa maison n'était pas foncièrement mauvaise, qu'il y avait de l'espoir à fondre en eux. Que tous n'étaient pas comme les Malfoy, les Avery, les Black (sauf Sirius qui, depuis, avait rompu les liens avec sa « noble » famille).
Comme elle s'était trompée !
— Evans...?
Revenant à la réalité, Lily se rendit compte qu'elle s'était remise à pleurer et que James la regardait bizarrement. Elle sursauta de honte et s'empressa de s'essuyer les yeux avec le revers de ses mains mais les larmes n'arrêtaient pas de couler.
— Ne... me regarde pas !, lâcha-t-elle dans un sanglot qui la prit au dépourvu. Oh non... ! Je...
Elle se détourna de lui pour cacher ses pleurs, secouant la tête comme pour réfuter qu'il puisse la voir ainsi faible. Quelle honte de pleurer devant Potter !
— Ev... Lily...
Oh non !, se dit-elle. James la prenait en pitié. Il devenait bizarre et s'approchait d'elle lentement, comme par crainte de l'effrayer. Il n'en fallut pas plus pour qu'elle se mette complètement à paniquer. Elle voulut le repousser mais les larmes brouillant sa vue l'empêcha de bien voir et ses mains, au lieu de le rejeter, furent doucement écartées.
— Non ! Ne m'approche pas quand je suis faible !, balbutia-t-elle dans une supplique mais il était trop tard.
Sans même qu'elle ne le réalise, il la prit dans ses mains et la serra fort. Elle voulut se débattre mais les forces lui manquèrent. Elle avait tant et tant pleuré que toute l'énergie de son corps s'était comme évaporée tout comme son esprit.
Et puis, elle commença à ressentir la chaleur que dégageait le corps de James. C'était une chaleur douce et étonnamment réconfortante, une chaleur qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant et qui, à ce moment-là, eut raison de ses défenses. Sans plus parvenir à résister, elle se laissa aller entre ses bras et éclata de sanglots sur son épaule.
Elle sentit les mains de James lui tapoter l'épaule avec hésitation, comme s'il avait peur de la briser s'il la touchait trop fort, et lui souffler « Là, là » dans les oreilles.
Puis, petit à petit, ses pleurs s'estompèrent et elle parvint à se reprendre. Sentant qu'elle récupérait des forces, elle s'écarta doucement de lui, les joues un peu rouges de cette intimité partagée soudaine et leva le nez pour le regarder. En croisant son regard, James sembla soudain réaliser ce qu'il venait de faire et recula d'un bond, les joues devenant rouges et le regard écarquillé. Ainsi pris au dépourvu, elle le trouva adorable. Il était mignon à paniquer face à l'affection soudaine qu'il lui avait démontré. Il fallait dire que c'était totalement inattendu venant de sa part ! Lily était encore sous le choc.
— Hum, fit-il, terriblement gêné. Il eut un rire nerveux qui lui donna un air un peu bête et il s'éclaircit à nouveau la gorge. Hum. Heu... ça va mieux ?
Lily réussit à se composer un rapide sourire et acquiesça sans rien dire.
— Ah, bien, bien..., fit-il en hochant plusieurs fois la tête. Tant mieux. Je voulais vraiment m'assurer que... enfin, que tu m'en veuilles pas trop. Bien qu'on ne soit pas vraiment ce qu'on pourrait appeler des amis, hein. (Il s'esclaffa nerveusement avant de s'interrompre lui-même en se grattant sous le nez avec gêne, l'air de se demander ce qu'il était bien en train de raconter.)
Pas exactement, non, pensa Lily, à la fois amusée et intriguée par ce que James tentait de dire avec tant de difficulté. Tout en parlant, il alignait grimace sur grimace tandis qu'il se torturait les méninges. Au prix de gros efforts, sans doute, tentait-il dire qu'il l'appréciait malgré tout ?
Visiblement, la soirée promettait d'être riche en inattendus, se dit Lily qui avait retrouvé son calme et sa maîtrise d'elle-même.
— Enfin bref, ce que je veux dire, poursuivit James, c'est que... (Il chercha ses mots, se passa une main derrière la nuque, prit une profonde inspiration, et dit :) Est-ce que tu veux bien me pardonner ?
Lily prit le temps pour répondre. Elle pesa rapidement le pour et le contre mais en réalité elle n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir ce qu'elle voulait. Elle reprochait à James son immaturité mais le fait qu'il soit malgré tout venu la voir pour s'excuser, malgré tous les efforts que cela devait lui coûter, était un signe qu'à défaut d'autre chose il la respectait. Et vue la façon dont il l'avait prise dans ses bras pour la consoler, ce devait être bien plus que cela. Se pourrait-il que James, à sa façon, la considérait comme une sorte d'amie ?
Et elle, qu'est-ce qu'elle en pensait ?
— C'est d'accord, dit-elle au bout d'un moment. Mais alors que James poussait un soupir de soulagement, elle tint à préciser : Je ne dis pas que je te pardonne. Je suis encore trop en colère pour ça. Je te promets juste d'y réfléchir.
— Très bien, s'empressa-t-il à dire malgré tout. C'est cool. Ça me va. Ce que tu veux.
Il continua un moment à secouer la tête de haut en bas si bien quand quelqu'un frappa à la porte. Tous deux sursautèrent et rougirent, comme si on venait de les prendre sur les faits. Quels faits ? Aucun ne le savait vraiment mais rien que leur seule présence dans une pièce (et en plus la chambre de Lily) allait faire jaser. Lily fut néanmoins soulagée de voir qu'il s'agissait de Mary, la quatrième colocataire de sa chambre. C'était un joli brin de fille, élégante en tout point, mais surtout d'une discrétion sans pareille. Bien qu'elle les regardait de façon bizarre, la préfère de Gryffondor savait qu'elle pourrait compter sur elle pour n'en toucher mot à personne.
— Lily, l'appela Mary en jetant un coup d'œil inquiet vers James. Il y a quelqu'un qui veut te parler...
La façon dont elle parlait, l'hésitation dans sa voix, interpella Lily.
— Qui ?, demanda-t-elle. Un garçon ?
— Oui, répondit Mary toujours hésitante.
— Qui c'est ?
— C'est à dire que...
Elle jeta un nouveau regard inquiet vers James et Lily comprit aussitôt de qui il s'agissait. James aussi d'ailleurs...
— Servilo.
Lily se tourna vers lui, inquiète. Le Maraudeur abordait à présent une moue furieuse.
— Oui, acquiesça Mary timidement. Il voudrait parler à Lily.
— Il ose venir jusqu'ici !, beugla James avec colère.
— Attends James !, le rappela aussitôt Lily en plaçant une main devant lui pour l'empêcher de partir. Puis elle se tourna vers Mary : Dis-lui que je ne veux pas lui parler.
— Justement, je savais que tu ne voudrais pas le voir et je le lui ai dit mais... (Elle se tortilla sur place.) Il a dit qu'il resterait devant la Grosse Dame tant que tu ne viendras pas le voir. Il a dit qu'il dormirait sur place s'il le fallait...
— Ah ! Il veut dormir sur place !, s'emporta James pour de bon. Je vais le faire dormir, vous allez voir, ce misérable petit serpent, je vais aller le faire dormir moi !...
— NON JAMES !
Mais James ne l'écouta pas et, dépassant Mary, il traversa le couloir à grands pas. Lily se précipita pour le rattraper.
— Non, James, attends ! ATTENDS !
Il avait déjà dépassé la porte menant à la salle commune et traversait la grande pièce remplie de fauteuils sous les regards des autres élèves. Curieux, ces derniers s'étaient tournés vers eux, un peu surpris de les voir débouler ensemble.
— Attends j'ai dit !
Sautant les dernières marches de l'escalier, Lily rattrapa James par le bras et l'obligea à s'arrêter. Essoufflée, elle dut s'appuyer sur ses genoux pour reprendre son souffle.
— Ne... va... pas... lui faire de mal !, réussit-elle à prononcer entre les dents.
— Tu ne vas quand même pas le défendre ?, s'offusqua James. Pas après ce qu'il a osé te dire ?!
— Je ne compte pas le défendre, rétorqua-t-elle en se redressant pour lui faire face. Mais c'est à moi d'aller lui parler. Pas à toi. Et encore moins avec une baguette !
— Tu es sûre que... ?
— Oui, James, je suis sûre, répondit-elle avec fermeté. Maintenant, laisse-moi y aller.
Il acquiesça et s'écarta du chemin, le visage néanmoins inquiet. Elle secoua la tête pour chasser ses cheveux en arrière, se tint droite et, après avoir pris une inspiration, marcha droit vers la sortie. Derrière elle, elle entendit James ordonner aux autres de retourner vaquer à leurs affaires. « Vous n'avez rien d'autre à foutre qu'à me mater ou quoi ? »
Lily effleura le dos du tableau qui aussitôt se décala, laissant apparaître un rectangle assez large pour que deux personnes passent. De l'autre côté, elle fit face à Severus qui semblait être en train d'argumenter avec la Grosse Dame avant d'être interrompu. Le Serpentard eut l'air soulagé de la voir.
— Lily.
— Sev... (Elle s'interrompit, poussa un soupir.) Tu déranges tout le monde.
— Je voulais te voir. Te parler d'hier. T'expliquer...
Pourquoi est-ce que tout le monde voulait lui faire perdre son temps à lui expliquer ce qui était pourtant très clair ? Toutefois, Lily ne dit rien et le toisa froidement du regard.
— Je suis désolé.
— Ça ne m'intéresse pas, répliqua-t-elle d'un ton glacial.
C'était trop tard. Beaucoup trop tard. Lily sentit son cœur rigidement fermé. Aucune excuse ne pourrait l'amadouer.
— Je suis désolé !
La voix de Severus trembla dans sa supplique. Son air abattu lui donnant un air pitoyable. Lily garda les bras croisés devant elle. Elle ne se laisserait plus attendrir.
— Epargne ta salive, dit-elle. Je suis seulement sortie parce que Mary m'a dit que tu menaçais de dormir ici.
— Et c'est vrai ! » lui assura-t-il en s'avançant vers elle. Il tendit une main qu'elle évita en se décalant. Il la ramena sur lui, baissa la tête. « Je l'aurais fait, assura-t-il.
Comme il voyait que cela ne la touchait pas, voire même l'ennuyait, il entra dans le vif du sujet avec précipitation, comme s'il craignait d'être interrompu. Sans doute s'inquiétait-il qu'un Gryffondor (à plus forte raison, un Maraudeur) traverse soudain la Grosse Dame pour venir le faire voltiger ridiculement dans les airs.
— Je n'ai jamais eu l'intention de te traiter de Sang-de-Bourbe, ça m'a seulement...
— Échappé ?
Lily ne lui ferait pas plaisir de le prendre en pitié. Il était hors de question qu'elle lui rende la tâche facile. Sans compter qu'il s'excusait en vain, rien ne pourrait réparer le mal qu'il avait fait. C'en était terminé entre eux.
— Il est trop tard » affirma-t-elle gravement tel le glas annonçant la mort d'un être cher. Ici, la mort de leur amitié. « Pendant des années, je t'ai trouvé des excuses. Aucun de mes amis ne comprend pourquoi j'accepte encore de te parler. Toi et tes chers Mangemorts... Tu vois, tu ne le nies même pas ! Tu ne nies même pas que vous avez tous l'ambition de le devenir ! Vous avez hâte de rejoindre Tu-Sais-Qui, n'est-ce pas ?
Il ouvrit la bouche puis la referma sans avoir prononcé un mot. Lily se mordit la langue, irritée par son silence significatif.
— Je ne peux plus faire semblant. Tu as choisi ta voie, j'ai choisi la mienne.
— Non... Écoute, je ne voulais pas...
— ...me traiter de Sang-de-Bourbe ?, conclut-elle à sa place. Mais tu traites de Sang-de-Bourbe tous les gens qui sont de même naissance que moi, Severus. Pourquoi serais-je différente ?
Severus sembla chercher quelque chose à répliquer mais Lily décida que c'en était assez. Elle lui jeta un dernier regard chargé de mépris, tourna les talons et se glissa dans le trou laissé par le portrait qui pivota derrière elle, taisant le dernier cri lancé par celui qui serait à jamais son ami d'enfance perdu. Lily attendit que l'obscurité s'enferme sur elle pour éclater à nouveau en pleurs. Mais cette fois, ce furent les bras de ses deux meilleures amies alertées qui vinrent la prendre dans leurs bras.
— oOo —
Cachots, Poudlard, 18 Juin 1978
Eddy prit grand soin de se positionner à un endroit où il serait à la fois assez prêt pour voir sortir les candidats et assez loin des autres élèves. Au vue d'un certain Maraudeur, il avait préféré se tenir à l'écart. Non pas qu'il avait peur – il faudrait pas non plus exagérer –, mais il valait mieux garder un profil bas s'il ne voulait pas attirer des ennuis à Amy. Pourtant, cela le démangeait terriblement de rendre à ce connard (malgré la grossièreté du mot, c'était le seul qu'Eddy avait trouvé pour le décrire) la monnaie de sa pièce. Mais il rogna son frein et pensa à sa petite amie qui n'avait certainement pas besoin d'un autre scandale. Sans compter qu'elle avait réellement la rancune facile...
Ils n'en parlaient jamais. De ce qu'il s'était passé, ce jour-là, aucun des deux n'y revenaient plus depuis l'unique conversation dans laquelle Amy lui promit de ne pas pardonner à Sirius ce qu'il lui avait fait. Eddy avait été à demi-satisfait de cette décision. Bien sûr, il était soulagé qu'elle se range de son côté sans compter que cela l'éloignait de Sirius. Oui, Eddy devait l'admettre, il était jaloux de la relation unique qui semblait les liait d'autant plus qu'il ne comprenait pas d'où elle prenait racine. Amy non plus ne le savait pas et c'était bien cela qui inquiétait le plus le Serdaigle.
Il jeta un coup d'œil à sa montre. Le temps était presque écoulé, Amy allait bientôt sortir de la salle. L'épreuve de Potions était la plus redoutée de la jeune fille qui avait un talent inné pour faire fondre son chaudron. Mais elle s'était entraînée durement pour rattraper son retard et il espérait que toutes ces heures ne seraient pas vaines. Lui-même y avait passé tellement de temps à tenter de lui faire appliquer la moindre incision sans se blesser qu'il trépignait sur place, impatient d'en connaître le résultat.
La porte s'ouvrit alors et une silhouette bondit hors de la classe pour filer droit vers la sortie des cachots. Eddy eut tout juste le temps de voir Sirius se lever et disparaître pour réapparaître trois mètres plus loin, tournant sur lui-même désorienté. Le sort faisait visiblement toujours effet sur lui. Retenant un sourire, il se précipita sur Amy et lui attrapa le bras.
— Hé !, l'appela-t-il. Non, t'enfuis pas, je suis là.
Amy tourna la tête pour le regarder. Il comprit aussitôt en voyant sa moue que cela ne s'était pas bien passé. Ses yeux étaient bordés de larme et elle se mordait la bouche pour ne pas craquer en public. Il tira aussitôt sur sa manche et lui essuya le visage avec. Puis il l'attira vers lui et l'accompagna hors du couloir.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
— Elle a fondu !, s'écria soudain Amy en levant les mains avec frustration. Tout se passait bien, j'ai rajouté les dernières racines comme dans la recette... J'ai respecté la recette à cent pour cent pourtant ! Je t'assure, j'ai rien fait de travers, rien oublié, rien rajouté de plus ! Mais quand j'ai rajouté la dernière racine... Crac ! Ça a fondu ! Je n'arrive pas à comprendre... Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Je suis une catastrophe ! Miss Catastrophe, c'est qui ? C'est moi !
— Mais noonnn, tenta-t-il de la contredire. Cela arrive...
— C'étaient les BUSES !, le coupa-t-elle. Les BUSES ! Ma seule chance et moi, moi !, j'ai tout fait foiré. C'est fini, fini ! Je ne pourrais jamais, jamais devenir médicomage...
Eddy resserra son étreinte et essaya de la calmer. Amy était ébranlée d'avoir raté ce si important examen mais il lui restait encore à passer l'épreuve de Métamorphose, d'Astronomie et de Divination. Il ne fallait absolument pas qu'elle s'effondre tout de suite. Pendant près d'une heure, il fit tout son possible pour lui faire comprendre que tout n'était pas perdu car la médicomagie n'était que la version sorcière de la médecine et que rien ne l'empêchait d'intégrer une université moldue. Bien que cet argument sembla l'apaiser un peu, Amy ne s'en satisfaisait pas. Pour une fille qui avait pendant onze ans rêvé de magie sans oser y croire, l'idée de revenir à un monde où la magie était prohibé ne lui faisait pas plaisir.
Heureusement, ils étaient libres pour la journée et les dernières épreuves n'étaient pas très difficiles. Seule l'Astronomie demandait encore quelques révisions. En effet, Amy avait déjà retenu tout ce qu'il fallait pour réussir son examen de Divination et celui de Métamorphose ne lui poserait aucun problème. Ils rejoignirent Oliver qui avaient lui aussi terminé l'épreuve. Sans surprise, son passage avait été couronné de succès mais il admit que son sujet était quand même plus facile que celui imposé à Amy. Ce commentaire, étonnamment, fut le premier qui sembla redonner à la jeune fille quelques couleurs. Eddy était perplexe devant la simplicité de l'argument. Et dire qu'il avait essayé vainement la convaincre toute une heure durant !
Un peu ronchon, il laissa les deux meilleurs amis discuter ensemble un moment. Depuis qu'ils sortaient ensemble, Eddy en était venu à mieux connaître et comprendre Amy. Toutefois, bien qu'ils s'entendaient à la perfection, il avait vite compris qu'il n'entrerait jamais dans la même catégorie que Jane ou Oliver. Ces deux-là occupaient une place spéciale aux yeux d'Amy. Une seule de leur parole suffisait généralement pour l'ébranler, la rassurer, la convaincre. Eddy était certain qu'Amy n'hésiterait presque pas à le laisser tomber si l'un de ses meilleurs amis lui disaient que c'était mieux pour elle. Elle écoutait tout ce qu'ils lui disaient quasiment religieusement. La preuve en était que Jane s'était obligée de lui donner sa bénédiction en lui disant qu'il serait la meilleure chose qui pourrait arriver à Amy. Et c'était aussi pourquoi il ne pouvait s'empêcher de s'interroger parfois des raisons qui l'avaient poussé à accepter sa proposition.
— D'ailleurs, je viens d'y penser, fit Amy soudainement en se tournant vers lui, mais tu ne devrais pas être en cours ?
— Si, probablement, lui répondit Eddy sans sourciller. Mais j'ai décidé que j'avais plus important à faire que d'écouter encore parler de géants et d'orcs. Ils peuvent bien attendre, ils sont déjà morts.
— Je ne savais pas que tu étais un rebelle Eddy, plaisanta-t-elle.
— Mais tu ne sais encore rien, très chère..., susurra-t-il en se penchant vers elle d'un air particulièrement vicieux.
— S'il vous plaît, faites ça ailleurs, gémit Oliver à côté d'eux.
Se rappelant soudain qu'il était présent, Amy recula d'un bond et éclata de rire.
— Désolée, Oliver, s'excusa-t-elle en souriant. On fera plus attention.
Eddy ne dit rien et se gratta la nuque. Ce genre de situation arrivait fréquemment en présence des meilleurs amis d'Amy. Oliver rouspétait quand il se câlinait trop et, au contraire, Jane les fixait tellement du regard qu'Eddy n'arrivait plus à se concentrer. Franchement, qui pourrait rester neutre quand des milliers d'aiguilles vous picotent la nuque ? Mais c'était les meilleurs amis d'Amy et il ne pouvait décemment s'en plaindre. Surtout après qu'elle ait rejeté Sirius (et indirectement les autres Maraudeurs) pour lui.
Alors il prenait son mal en patience et songea à cet été où il aurait bien moyen de la voir seule sans ses indécollables amis.
— Vous comptez faire quoi cet été ?, leur demanda-t-il par ailleurs.
— Camille m'a invité à passer un mois en France avec ses parents et elle, décréta Amy avec excitation. On va faire du camping mais surtout beaucoup de randonnée dans les Vosges ! Et puis, mon père va nous rejoindre pour aller rendre visite à ma grand-mère maternelle !
— J'ignorai que tu avais de la famille en France, s'étonna Eddy.
— Ma mère était d'origine Française, expliqua-t-elle. Mais quand mes grands-parents ont divorcé, elle a suivi son père en Angleterre et a fait ses études ici.
— A Poudlard, précisa Oliver. Elle était sorcière.
Eddy acquiesça. C'était rare quand Amy parlait de sa mère. Il avait vite compris qu'il s'agissait d'un sujet sensible et n'avait jamais cherché à l'interroger dessus.
— Et tu vois ta grand-mère souvent ?, demanda-t-il, profitant qu'Amy en parle pour en savoir plus.
— Non, répondit-elle tristement. Elle ne s'est jamais vraiment remise de son divorce. À l'époque, ça ne se faisait pas beaucoup et c'était très mal vu. Elle a beaucoup souffert quand Grand-père est parti. Et puis, elle en a aussi toujours un peu voulu à maman d'avoir préféré vivre avec son père... En tout cas, elle n'a jamais accepté aucune invitation de ma mère. Les seules fois où je l'ai vue, c'était quand nous lui rendions visite en France et... à la mort de maman. C'est sans doute l'unique fois où elle a accepté de venir en Angleterre. Bien qu'elle aurait préféré que l'enterrement se fasse en France, dans le tombeau familial. Mais ce n'était pas la volonté de ma mère. Elle préférait être enterrée à côté de Grand-père. Pour ne pas qu'il soit seul ici...
— Je vois, fit Eddy.
Amy avait parlé en toute tranquillité. Il lui attrapa la manche de sa chemise et se mit à jouer avec et elle lui sourit.
— J'aime bien quand tu me parles de toi et de ta famille, lui souffla-t-il à l'oreille. C'est rare que tu me parles de ça.
Elle se contenta de sourire sans rien dire. Afin de ne pas alourdir plus encore l'atmosphère, il se tourna vers Oliver et lui posa la même question. Le Gryffondor répondit simplement qu'il passerait ses étés comme chaque été précédent, autrement dit en jouant au Quidditch dans un stage d'entraînement intensif pour joueurs juniors. Cela n'étonna guère Eddy qui s'était vite rendu compte que le garçon ne se détendait vraiment que lorsqu'il parlait de ce sport sorcier.
Quant à lui, il n'avait rien prévu de spécial, à l'exception de deux semaines de vacances en Irlande avec Andy et accompagné de leurs parents à tous deux. Du reste, il n'avait rien à faire à part se la couler douce chez lui ou chez ses amis moldus (et chez Andy également sans doute).
— Nous pourrons nous voir durant le mois d'Août, dit-il à Amy. Tu crois que ton père accepterait que tu viennes chez moi ?
— Il faut voir..., répondit-elle avec hésitation. Je pense qu'il voudra te rencontrer d'abord. Et sans doute parler à tes parents. Mon père est très protecteur...
Ceci dit, elle roula des yeux avec exaspération.
Plus tard, Jane rejoignit le groupe et Eddy, lui, dut s'en séparer. Sécher un cours, c'était bien, mais il ne pouvait pas continuer ainsi tout le reste de la journée. À contrecœur, il laissa Amy après un baiser (que Jane se régala d'observer attentivement) et retourna au château. Ce fut alors qu'il croisa les Maraudeurs...
Aussitôt Sirius le repéra et s'arrêta devant lui, le toisant avec haine.
— Davies, cracha-t-il avec dégoût.
— Black, répliqua Eddy froidement.
L'un des Maraudeurs, un garçon aux cheveux en broussaille qu'Eddy reconnut comme étant James Potter, posa une main sur l'épaule de son ami et l'intima au calme. Les deux autres se tenaient prêts à réagir. N'ayant pas envie de traîner en leur compagnie, Eddy les dépassa simplement.
Les Maraudeurs n'avaient néanmoins pas fait un pas que Sirius poussa un cri « Ah ! » en trébuchant. Puis il s'étala lamentablement à terre avec l'élégance digne d'un pélican qui raterait son atterrissage. Ses pieds balancés en arrière étaient attachés l'un à l'autre avec ses propres lacets. Tandis que ses amis l'aidaient à se relever, perplexes et à moitié hilares, Eddy rangea ni vu, ni connu sa baguette dans sa poche et sourit avec délectation.
Qui a dit que les Serdaigles ne savaient pas eux aussi jeter des tours ?
— oOo —
23 Juin 1978
La fin des examens avait sonné. Le dernier week-end fut une période festive pour tout Poudlard, en particulier pour les Cinquième et Septième Années. D'autant plus pour les élèves de Septième Année. Amy et ses amis les regardèrent festoyer dans la salle commune de Gryffondor. Au fil de la soirée, pas un seul d'entre eux n'éclata pas en sanglot en déclamant que la vie était terriblement injuste car il allait leur falloir partir de Poudlard pour jamais y revenir. Certains des plus enivrés (quelqu'un avait eu la bonne idée de voler quelques bouteilles de Whisky Pur-Feu) se mettaient à énumérer tout ce qui, à l'école, leur manqueraient. Amy entendit même une fille citer Rusard dans ses oblitérations.
Toujours était-il que les Cinquièmes Années aussi fêtaient dignement la fin des BUSES. Amy participait à la fête, accompagnée de ses deux meilleurs amis, de son amoureux et d'Andy, le meilleur copain d'Eddy. Ce dernier avait par ailleurs choppé l'une des bouteilles d'alcool et s'en vêtaient de grosses rasades dans un verre. Il avait recraché le premier mais les deux autres avaient fini par passer et, à présent, il n'arrivait plus à les compter. Cinq ? Six ? Il s'affala dans un des fauteuils et n'en bougea plus du reste de la soirée.
— Et dire que c'est moi qui vais devoir me charger de le ramener à notre chambre, se plaignit Eddy en regardant son partenaire s'amuser à faire des bulles dans son verre.
— Tu pourrais le laisser ici, suggéra Oliver. À mon avis, il ne sera pas seul à finir sa nuit sur un divan.
Il désigna la silhouette de Peter qui, de l'autre côté de la pièce, n'en menait pas large lui non plus.
— C'est une idée, acquiesça Eddy. Néanmoins, je préfère me le farcir dans les couloirs ce soir que d'endurer sa mauvaise humeur dans le train toute la journée de demain. Vous ne savez pas comment il est quand il a mal dormi.
— Vu ce qu'il a bu, remarqua Jane, ça ne changera pas grand-chose de toute façon.
— Oh, si, cela fera toute la différence, protesta le Serdaigle. Il ne pourra pas dire que je ne me serais pas occupé de lui et sera forcé de souffrir en silence. Ou alors j'aurais le droit légitime de lui flanquer un bon sort de colle-langue.
— J'espère que tu connais aussi un bon sang pour les gueules de bois, lui dit Oliver. Car je crains que sinon ton compartiment ne devienne vite invivable.
À cette remarque, Eddy éclata de rire et leur assura qu'il prendrait les précautions nécessaires. En effet, il leur dévoila dans ses poches des pilules.
— Ce sont des médicaments moldus, expliqua-t-il. Mon grand-frère les prend chaque fois qu'il se prend une cuite. C'est lui qui me les a donnés.
— Je n'arrive pas à croire que c'est un Serdaigle qui parle !, rit Jane. Où est-ce qu'ils sont les aigles sages et intelligents ?
— Sages, je ne dis rien, mais intelligents, nous le sommes !
— Et vantards aussi, soupira Amy avec amusement.
— Non, tout juste honnêtes, précisa-t-il en l'embrassant. Et charmeurs...
— Em, on est encore là, fit Oliver.
— Tu sais quoi ? Ce soir, on s'en fout, lui répliqua Eddy qui, éméché, se moquait bien de le provoquer en capturant à nouveau les lèvres d'une Amy rieuse.
Dégoûté, le Gryffondor quitta son fauteuil pour aller s'intéresser aux victuailles encore délaissées par le reste de l'assemblée. Jane, elle, ne quitta pas son siège et les observa longtemps. Sentant ces mêmes piques venir lui gratter la nuque, Eddy se tourna vers elle.
— Tu n'aurais pas faim, comme ton ami ?, lui lança-t-il.
— Non, répondit-elle franchement et avec le sourire. Je suis à mon aise ici.
— Tu seras tout à ton aise là-bas aussi, persista-t-il.
— Peut-être.
Eddy poussa un grognement rageur et se réinstalla correctement. Amy lui adressa un sourire d'excuses.
— Il faut que je demande, reprit le Serdaigle, pourquoi est-ce que tu nous regardes toujours avec autant d'insistance ?
— Ça te gêne que je vous observe ?, fit-elle semblant de s'étonner.
— Évidemment ! Qui aimerait être ainsi miré dans pareille situation ? Non... Qui aimerait qu'on le fixe ainsi dans n'importe quelle situation ?
— Bon, d'accord, d'accord, j'ai compris. Je vous laisse tranquille les amoureux, profitez de votre nuit ! Et, Amy, je te veux dans notre chambre pour minuit, tu as compris ?
Amy éclata de rire devant l'air maternel de Jane, oubliant un instant qu'elle était vraiment capable de venir la chercher l'heure venue, et se tourna vers Eddy.
— Désolée, j'ai des amis vraiment excentriques, dit-elle en riant.
Eddy garda pour lui le fond de sa pensée.
— Mais je te promets que cet été on se retrouvera seuls, rajouta-t-elle en venant s'asseoir sur le bras de son fauteuil. Tu n'auras plus à les supporter.
— Jusqu'à la rentrée prochaine...
— Oui, acquiesça-t-elle. Mais, c'est déjà ça, non ?
Il soupira avant d'abdiquer et l'attira vers lui pour l'embrasser. Ils étaient en fait tranquilles quand Eddy reçut un coup sur la tête. Se tournant, il vit Andy le regarder en faisant une moue ridicule dans laquelle il poussait ses lèvres en avant, se donnant l'air d'un canard.
— Moi aussi, j'veux d'bisous !
Amy éclata de rire en voyant Eddy se débattre avec son meilleur ami que l'alcool avait rendu ivre de tendresse. Et ainsi se termina dans la bonne humeur, avec bisous arrachés de force (« Eurk ! ») et un fou rire général que s'acheva le dernier jour de la Cinquième Année d'Amy et compagnie.
FIN DE L'ACTE III
Le troisième acte de la fanfiction est enfin terminé après tant et tant de chapitres et d'aventures. J'espère que vous aurez apprécié l'histoire jusqu'ici. Ces trois années qui s'achèvent sont aussi les plus simples que j'ai eu à écrire. Les deux dernières années à Poudlard s'annoncent très compliquées et risquent de me demander beaucoup de temps de réflexion et d'écriture. Cette partie est d'autant plus complexe qu'elle recoupe une autre histoire qui se déroule à la même époque et au même lieu, même si l'héroïne de cette autre histoire se retrouvera, elle, à Serpentard.
Pour ceux qui l'ignorent encore, La renarde et le chien fait partie d'un trio d'histoires qui ont chacune leur héroïne, qui se lisent séparément mais qui se recoupent toutes. En bref, REC (La Renarde et le Chien) est la première histoire mais dont la fin sera entièrement élucidée dans la seconde histoire, intitulée Le Pacte avec la fameuse Serpentarde. Quant à la troisième, Ghoster's, c'est celle qui se détache le plus car elle évoque juste les conséquences des deux premières histoires... et se déroule après Poudlard (avec pour personnages centraux les Maraudeurs, évidemment, mais aussi et surtout Regulus Black et sa femme – l'héroïne).
Ces trois histoires forment la « saga » intitulée La renarde, la louve et la ghoster.
Bref, tout cela pour vous dire qu'il risque d'y avoir un petit laps de temps avant que je ne puisse publier le début du prochain acte car je dois absolument fortifier le scénario des deux actes finaux et le coordonner avec le scénario de Le Pacte.
Entre temps, si le cœur vous en dit, vous pouvez toujours aller lire Ghoster's. Mais je dois vous avertir de deux choses :
- d'une, cette histoire datant un peu, le style d'écriture n'est pas encore aussi bon que celui que j'ai actuellement et, de plus, il y a quelques imperfections à l'histoire que je dois corriger (mais c'est encore très secondaire et donc pas gênant à la lecture). Et, malheureusement, je faisais encore pas mal de fautes...,
- de deux, en la lisant, vous apprendrez la fin de La renarde et le chien et cela pourra peut-être vous décourager pour lire la suite de REC... REC est en gros un préquel à Ghoster's. Mais si cela ne vous dérange pas, alors je vous y invite.
Sinon, vous pouvez toujours aller lire les fanfictions d'Alixe78, d'Aholomora ou encore d'Owlie Wood qui sont toutes trois d'excellentes auteurs de fanfictions ! Ou bien il y a aussi Coweti, les traductions de Benebu...
Je vous tiendrai au courant à travers mon profil de l'avancée de l'acte 4 et de mes premières estimations quant à la publication. Entre temps, je vous dis bonne lecture et à très bientôt !
