Auteur : Dozen and One Stars

Traductrice : Hermi-kô


Chapitre 51 : Une Vigilance Constante Mondiale (Partie 1 sur 2 d'Un coup de main pour les fêtes)


Son souffle planait moqueusement un bref instant sous son nez avant de se dissoudre dans l'air glacial de l'hiver. Bientôt il y en eut un autre et le cycle se perpétuait tandis qu'elle marchait sur un trottoir plutôt vide.

"Mademoiselle Anezaki ?"

S'arrêtant, elle regarda derrière elle et puis baissa les yeux. Il y avait un petit homme derrière elle. Un nain, lui souffla son cerveau : ses membres étaient proportionnels au reste de sa personne. Elle chercha dans ses souvenirs d'où elle pouvait bien le connaitre mais faisait chou blanc. Il ne lui disait rien du tout. "Euh... oui. C'est bien moi."

On aurait dit qu'il la jaugeait de pied en cap. Comme s'il n'était pas sûr d'avoir accosté la bonne Anezaki.

De manière aussi polie qu'elle le pouvait, elle changea de pied d'appui. C'était une vaine tentative pour générer quelque chaleur que ce soit. Elle en profita aussi pour mieux l'observer. Il n'avait pas grand chose à dire. C'était un homme banal d'une taille quant à elle non banale. Il était tiré à quatre épingles dans un costume mais avec une cravate festive du plus mauvais effet. De plus, c'était un étranger : Mais de quelle contrée du monde il venait, Mamori n'aurait su dire.

Il n'empêche qu'elle commençait à perdre toute sensation dans ses orteils. Sans oublier qu'elle était presque certaine que son carton de lait était en train de geler de manière dégoûtante.

"Est-ce que je peux vous aider, monsieur ?"

"Pourriez-vous porter un message à M. Hiruma ?"

Eh bien, ça c'était nouveau. D'habitude les gens lui demandaient qu'elle s'arrange pour qu'il les laisse tranquille. Elle ne pouvait qu'acquiescer et voir ce qu'il se passerait "Bien sûr."

"Une tempête de neige a détruit nos lignes électriques mais nous avons réussis à lancer les générateurs de secours et devrions être de nouveau opérationnels en fin de semaine." Il la regarda très sérieusement. De manière sceptique, certes, mais polie tout de même. "Est-ce que vous avez besoin que je vous l'écrive ?"

Faisant attention à ne pas casser les œufs, elle secoua la tête. "Non. Non merci, je l'ai bien retenu."

"Merci." Il s'inclina de manière très respectueuse.

Elle s'inclina aussi bas qu'elle l'osait, c'est-à-dire qu'elle inclina juste la tête. "Euh... je vous en prie."

Et puis ils se séparèrent. Elle reprit le chemin du retour tandis que lui remontait la rue dans la direction opposée. Elle n'eut fait que quelques pas avant de s'arrêter net. "Oh !" Le fait qu'il ne lui ait jamais donné son nom la frappa soudain. Rapidement elle fit volte-face. "De qui devrais-je dire est le message, ... "

Il était parti.

"... monsieur ?"

Quand elle rentra et parla à Hiruma de sa rencontre, ainsi que du message, il ne semblait pas si surpris que cela. Il ne semblait pas non plus enclin à lui en révéler d'avantage. Sa seule réacction fut de dire qu'il était fichtrement temps et puis il se replongea dans ses écrans.


Il lui fallut pas mal de chantage au cours des semaines à venir et même à sacrifier le peu de dignité qu'il lui restait, mais elle avait réussi à le convaincre de l'accompagner au Festival Hivernal. Elle était en train d'admirer les écharpes que vendait un étal quand elle réalisa qu'elle se trouvait toute seule.

Elle se mit à sa recherche. Il était capable de tout et n'importe quoi dans une foule pareille.

Elle le trouva près du mini-zoo. Il y avait tous les animaux habituels : des cochons, des moutons, etc. Il y avait aussi plusieurs drôles de cerfs avec de superbes bois. Il n'était pas seul. Elle pressa le pas, et en se rapprochant elle reconnut le petit homme qu'elle avait rencontré il y a de cela plusieurs semaines en rentrant de la supérette. Il y avait aussi une vieille dame qui semblait lui donner un cadeau.

Quand elle arriva, les deux étrangers étaient déjà partis.

Ralentissant le pas, elle s'arrêta à sa hauteur. "Qu'est-ce que c'est ?"

"Juste un petit cadeau de remerciement."

Elle faillit presque lui sortir un truc du genre : Un cadeau de remerciement, toi ? Mais au lieu de ça elle se pencha en avant pour mieux voir ce qu'il tenait. Ça avait l'air sans danger. C'était une boite en fer blanc avec un dessin de flocon de neige sur le couvercle. Ça ne semblait pas être un pot-de-vin ou un truc du genre. "Qu'est-ce qu'il y a dedans ?"

Ouvrant le couvercle, elle sentit un grand sourire étirer ses lèvres en découvrant les cookies fait maison.

"T'en veux un ?" Le sourire qu'il lui adressait était bien trop goguenard à son goût. Il semblait la mettre au défi d'en prendre un. Comme s'il savait qu'elle en voulait un parce qu'elle aimait grignoter et qu'elle ne pouvait jamais résister à une opportunité de se goinfrer. Plus longtemps elle se taisait, plus amusé il paraissait. Il savait aussi que si ce n'était pas elle qui les mangerait ils iraient à la poubelle et Mamori ne supportait pas le gâchis.

Et donc, même si ça lui fendait le cœur, elle répondit d'un ton ferme : "Non merci."

Plus tard, lorsqu'il faisait la queue pour des nouilles et qu'elle gardait une table pour eux deux, elle rouvrit la boîte. Elle était remplie d'appétissants cookies. Ils avaient des formes et des motifs différents les uns des autres. Délicatement elle en prit un en forme d'étoile. Elle jeta un coup d'œil à la longue queue dans laquelle se tenait son mari. Il semblait être à deux doigts de menacer la personne devant lui de se casser à l'autre bout du festival pour prendre sa place dans la file.

Bien, il était occupé pour un moment. Joyeusement elle grignota un bout du cookie et faillit le lâcher à cause du choc.

C'était le meilleur cookie qu'elle n'ait jamais mangé.


C'était une fois encore cette période de l'année.

Mamori insistait pour qu'ils nettoient l'appartement de fond en comble en préparation pour la nouvelle année. C'était pourquoi Hiruma se trouvait en ce moment-même debout sur une chaise, et pas l'une des bonnes mais plutôt celle qui avait un pied branlant.

Pourquoi il était là-haut tandis qu'elle était sous lui à trier le courrier, il ne savait pas trop.

Elle était apparemment bien plus maligne qu'il ne l'aurait cru.

"Il y avait une lettre dans la boîte."

Il était présentement en train de foutre l'un des gros cartons dans le placard. Sa voix était sifflante alors qu'il se concentrait pour que tout le bordel ne lui tombe pas sur la gueule. Vu leur poids il se demandait si c'était pas sa collection de briques qu'elle voulait qu'il range pour elle. "Qu'est-ce que ça dit ?"

"Je ne sais pas." Elle regarda le nom sur le devant de l'enveloppe. "Ça t'est adressé."

Il n'avait vraiment pas la tête à ça pour le moment. "Ben ouvre-la et lis-la moi."

Un instant plus tard.

"Alors ?"

Elle scanna rapidement le contenu de la lettre. "C'est un mot de remerciement d'un certain M. N pour ton aide avec les cadeaux et espérant de tout cœur que tu sois partant pour l'année prochaine."

"Tsss. Comme s'il survivrait sans moi."

Elle tourna l'enveloppe dans tous les sens en quête d'information supplémentaire. Mais il n'y avait rien de plus. Ni adresse de retour, ni nom complet ou signature. Elle ne reconnaissait pas non plus l'écriture. "Qui est ce M. N ?"

Posant son pied sur un carton qui contenait des livres à donner aux bonnes œuvres, Hiruma répondit dans un grognement : "M. Noël."

"M. Noël," répéta-t-elle d'un ton pince-sans-rire.

"Ouais." Il parvient finalement à pousser le carton tout au fond. Se penchant pour récupérer le dernier, il fut content d'apprendre qu'il était bien plus léger que le précédent. Celui-là fut ranger en moins de trente secondes et il descendit prestement de la chaise.

"Et où est-ce qu'il habite ?"

"Tout au nord." Il se dirigea vers la cuisine pour se prendre un verre. Et fut amusé et un peu confus qu'elle le suive comme un petit chien.

"Est-ce que tu es en train de me dire que tu travailles pour le Père Noël ?" D'accord, elle avait dit ça d'un ton un peu précipité et accusatoire, mais c'était beaucoup à avaler. En plus c'était franchement inconcevable. L'idée même était ridicule. Vraiment ridicule. Vraiment ?

Il se sortit un verre et ouvrit le frigo. "C'est pas comme si j'essayais de le cacher."

Sa voix avait pris un ton incrédule. "Et qu'est-ce que ça t'apporte ?"

"La putain d'paix dans le monde et une bonne conscience pour avoir aidé mon prochain."

"Tu ne t'attends quand même pas à ce que j'avale que tu ..." Elle n'arrivait pas à formuler ses pensées correctement et il lui fallut un instant pour finir sa phrase : "... que tu files un coup de main à Noël ?"

Il lui servit l'un de ces regards. "Et qui croyais-tu lui fournit sa liste jusque-là ?"

Mamori soupira. Youichi.