Bonjour toi, et toi, ha ! Et toi aussi,…

Comment allez-vous ? Moi, je me traine. Peut-être une vive envie de me fracasser le crâne sur un coin d'mur, mais rien d'important. Haha, j'adore mon humour noir… Vous avez pas l'air, vous… Non, en fait, je vais beaucoup mieux ! Cool, hein.

Mais une bonne nouvelle : je poste plus tôt que prévu. On dirait pas, hein ? Disons que vous auriez bien attendu un bon mois de plus pour avoir le chapitre en entier. Mais au moins, on avance quand même. Toutes les questions que vous vous posez auront une réponse dans ce chapitre ou dans le chapitre d'après. Je sais, c'est décevant et je prévois de me payer un ordi portable dans… heu… L'année prochaine. Parce qu'en dehors de ma fic', j'ai une bonne dizaine de textes qui attendent pour l'ouverture de mon blog et un roman qui n'avance plus à cause de cela. Mes retouches photos sont également au point mort, mais on survit, hein.

Meme si je vais de nouveau me tuer à répondre à vos reviews, mais c'est un réel plaisir de voir que y'a quand même quelques personnes qui suivent le pouv' ! Yeah.

Je tiens à remercier Vilbbes, pour ses traductions en Russe ! Comme je le lui ai expliqué, j'ai voulu traduire le malaise que va connaitre Orphée à propos des différentes langues parlées, et surtout, de la complexité qui va bientôt en ressortir.

En ce qui concerne les reviews, lisez souvent ce que je note en gras, c'est ce qui peut répondre à des questions que vous vous posez également !

Allez, courage, patience, peace, on y arrive.

Vilbbes : Trop court mes chapitres ! Possible :p Pour donner une date à mes chapitres prochains, je dirais que ce sera tous les mois environ. Je sais, c'est long, mais autrement vous auriez des minis chapitres et je n'aime pas trop ça… Le prochain parlera donc de l'étape finale chez les Irokois et reposera les personnages en place (notamment Marius et Eris, le groupe Breton/Armand/Santino/Benjamin et bien sur Orphée et sa troupe). Merci à toi d'être présente et de traduire mes petites phrases mieux que Google sans aucun doute !

Eve : Tu n'imagines pas que je vais gacher mes tetes réduites ! Nan, mais ça a de la valeur ces trucs là. J'ai même la recette pour les faire (et j'déconne même pas) – Mais p'tain… c'est trop gore. Sinon, navrée, Santino apparait au prochain chapitre et non dans celui-ci ! Ne me tue pas ! Y'a Sven quand même, l'homme de ton imagination, le calvaire de Xavier. Mouha. Sinon, non, je ne veux pas savoir à quoi tu penses, tes zhormones sont trop exposées à je ne sais quoi en ce moment. Merci à toa d'être là !

Coton : Merci pour le courage ! Haaa… Eva va-t-elle passer du côté Orphée ? Rien n'est moins sûr ! Ne sort pas encore le champagne ! Disons que… C'est surtout notre héroine qui aura une bonne décision… à la fin du chapitre suivant :p Ma pauvre, Elarik n'a pas fini de te faire pitié ! Et Eris en aura une bonne… Tu verras dans ce chapitre !

Mimicam : Merci d'être encore et toujours présente ici ! C'est un plaisir !j'espère que ça continuera toujours à t'intéresser !

N la C : Pour ta question principale sur Elarik, tu sauras dans ce chapitre ! Pour le reste, mon moral va mieux, on survit quoi, vivement 2012 pour faire le tri ! Je suis équipée à mort, j'attends que les zombies sortent enfin de terre ! Pas d'soucis ! Sinon mon mioche parle, parle parle parle parle encore et toujours, et il veut jamais quitter sa maman meme quand elle veut pisser. Voilà. Maintenant, à ton tour de bosser, misérable énergumène ! … T'ai-je laisser une review ? Ptain j'ai un doute…

Liam Volturi : Merci à toi pour le courage, ça me fait toujours plaisir ! Et merci de tes compliments, c'est super motivant ! J'espère que ce misérable chapitre te plaira tout autant malgré le manque de suspens.

Alicettwilight : Merci de m'être fidèle ! C'est chouette ! Haaa Orphée va connaitre la période de sa vie la plus difficile… C'est elle qui doit avoir du courage ! Et va-t-elle faire les bonnes choses au bon moment ?

Tiana : Tiens ! Mais qui voilà ! Tu as de la chance que je sois trop misérable pour te fouetter ! Manante ! Sven sort de ce corps ! Que de questions ! Pour Elarik a-t-il sentit Orphée, ce chapitre répond à la question ! Pour L'apparition de l'ange et la vision offerte à Orphée… C'est un cadeau de sa part et ses intentions seront expliquées par la suite. Le cadeau d'un ange n'est pas limité et impose la force… Les Irokois détestent les VOlturis, la folie des anciens est ancrée profondément en eux. Armand y est passée et Santino aussi,… ce sera expliqué un peu mieux également s'il le faut ! Merci d'être là, ça fait plaisir et ca encourage !

Sophia : Merci pour mes dessins et pour ta review ! Haaa la rencontre Orphée / Elarik attendra un peu… Mais plus trop longtemps ! J'ai dit action ! Pas retrouvailles :p Mais ce ne sera plus long. Hey ! Essaye pas de gacher mon suspens !

La Grosse Blonde : Merci à toi, nouvelle arrivée ! Et merci à Zo' et Eve indirectement donc, meme si leur dire merci m'arrache relativement la gueule ! Tu vois ! Je deviens vulgaire et c'est de leur faute ! La fréquence de mes parutions a relativement baissée justement étant vieille (faut viser les lettres sur le clavier…) et ayant un mioche (qui fait de l'acrobatie en permanence). C'est environ à 1 mois, vois-tu. Merci à toi d'être parvenue jusqu'ici !

Lala : Et oui ! Parfois y'a des bonnes surprises dans la vie. Merci d'être là et tes compliments me touchent vraiment et me motive ! Je ne peux malheureusement pas aller plus vite (en réalité, les chapitres suivants s'écrivent dans la semaine qui suit, cependant, j'ai aps accès à l'ordi comme je le voudrais…) Merci à toi !

Marina63 : T'es contente, mécréante ! J'ai posté à la moitié ! Queskondit ? Hein ? J'entends pas bien ! J'espère que t'as remis tes signets à jour :p haha

JolieCrEaMy : Et la palme de la rapidité revient donc à JolieCrEaMy ! Pour avoir lu ma fic en une journée ! Bravissimo, et merci de ton commentaire, ça fait plaisir de voir que certaines prennent du temps pour écrire ! Merci !

Alice : Waoo ! Ca c'est du superlatif en compliment ! Merci à toi ! Je suis heureuse de pouvoir faire ressentir tout cela ! :D

Ipopo : tu liras cette réponse dans 15 piges mais qu'importe ! Merci à toi de me lire et va bosser maintenant ! Fais moi rêver ! =)

Sacri-bella : Oui tu m'as manqué ! Tu mériterais de tomber entre les bras de Sven ! Fais gaffe la prochaine fois ! Ha toi aussi tu as un petit monstre… C'est la plaie hein ? mais sont trop mignons. En fait ils nous manipulent TOUTES ! On bave devant eux quand ils font des bétises ! Tout ça quoi ! Merci à toi d'être toujours vivante et ici : p

Mai : You are alive ? Merci à toi de toujours me lire, je comprends que tu n'aies pas le temps d'écrire des reviews C'est INTOLERABLE ! Tu devrais pourrir en enfer, manger des vers crus pour le restant de tes jours, mais je te pardonne. Oui, tu as bien lu. Ca me fait plaisir d'avoir une longue review et que tu précises que tu m'aimes toujours ma fiction. Merci à toi !

Merci à vous. Votre dévouée MADmoiselle Acide.

… …

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48

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- WAAAAAAAAAAHAHAHAHAHA !

Le rire fou d'Orphée, perchée au-dessus d'une immense pente surplombant le paysage, raisonnait dans les vallées semblant éternellement enneigées alors qu'à peine était-elle remise de sa crise nocturne, elle était sortie du bouclier d'Icare et avait tiré Eva par la main pour l'entrainer loin à l'extérieur.

- Est-ce que tu te rends compte de ce que je suis parvenue à faire ? S'exclamait l'humaine à la limite de sautiller sur place.

Ce n'était pas de la vantardise. Juste du soulagement et une joie immense face à ses propres capacités. Seulement, Orphée savait qu'elle devrait prendre garde la prochaine fois : en dehors des blessures qui brulaient actuellement son corps, elle se sentait affreusement courbaturée et incroyablement fatiguée, aussi mentalement que physiquement. Fébrile sans pouvoir se sentir pleinement en forme. Son cœur battit plus rapidement encore alors que la jeune fille se souvenait de son gardien spirituel, son ange et du courage sans bornes qu'il lui avait envoyé.

- Evidemment que j'ai vu ce que tu as accompli, j'étais en première ligne !

- Si seulement tu pouvais ressentir comme moi l'énergie des loups, ces ondes graves et lentes qui les composent et qui marquent l'espace ! Leurs auras combinées à la mienne ! Ils sont si humains, même après leur mutation ! Je suis regonflée à bloc !

Mais Orphée calma bien vite son enthousiasme en remarquant l'éclair d'hésitation dans les yeux carmins de son accompagnatrice.

- Qu'est-c'que t'as ? Demanda-t-elle de la voix d'une enfant à qui l'on gâchait sa bonne humeur.

Eva se reprit rapidement à l'aide d'une grimace se voulant un sourire, alors que l'humaine scannait ses sensations. Le vent rugissait dans les sapins, faisant s'écrouler d'immenses pans de neige et secouant la crinière d'Orphée encore imprégnée du remède indien qu'elle n'avait pas encore eut le temps de remarquer.

- Ils n'en ont pas fini avec moi, c'est ça ? Finit-elle par constater d'une voix sombre en détournant son regard vers les plaines en contrebas.

Eva ne répondit pas et baissa la tête.

- Pourquoi tu t'inquiètes pour moi ? Je ne suis que leur pantin, tout à fait inutile, quoi qu'on en dise.

- Pas vraiment inutile, mais…

- Tes chefs pourraient parfaitement se passer de moi et lâcher les loups à travers la première agglomération venue. Ca les amuse. C'est tout. Et tu t'en es rendue compte, accusa Orphée.

… …

… …

… …

Eris ressentait la nouvelle vivacité de sa sœur et cela lui gonfla le cœur d'un espoir nouveau. Même s'il ne la percevait que comme à travers une brume insondable et épaisse, tout en faisant un tri au combien sélectif pour différencier ses propres émotions de l'aura d'Orphée, il avait pour une fois confiance en le temps qui s'écoulait. Tous les enseignements passés ne pouvaient en aucun cas ne lui servir à rien.

- Crois-tu que nous arriverons à la récupérer, demanda-t-il à Sven qui soufflait sur l'absence de Giana, souhaitant être rassuré.

- Tu semblais en être certain, il a peu de temps, rétorqua le vampire sans aucune méchanceté.

Le blond commençait à reconnaitre les moments où Eris percevait sa sœur : il se remettait toujours à parler, même pour ne rien dire. Ou alors, il changeait de position, soupirait en paraissant mieux se concentrer.

- Le fait de ressentir n'empêche pas le doute. Elle est si loin,… Je ne saurais même pas vraiment définir le nombre de kilomètres.

- Garde confiance. Si elle est toujours vivante, je suppose que nous pourrons la trouver.

- Comptes-tu participer à sa recherche ?

- Si la chose et possible, oui, bien entendu ! S'exclama Sven en dardant un regard exaspéré sur son interlocuteur qui ne semblait toujours pas comprendre qu'il n'était pas seul pour tenter de récupérer l'humaine de son chef.

- Combien penses-tu qu'il y aura de participants ?

- Tout dépend du nombre d'entre nous convaincus qu'Orphée pourra faire quelque chose pour notre cause. Renseignements, positions des clans ennemis, intentions,…

- Non, je te demande combien d'entre vous pourrait participer à cette recherche parce qu'elle en vaut la peine. Parce qu'elle mérite sa place auprès de vous.

- Pourquoi une telle question ? Demanda le second d'Elarik peu enclin à étaler ses propres sentiments d'une part, et ceux des autres sans autorisations, d'autre part.

- Une intuition. Réponds.

- … Parce que tu es voyant maintenant ?

- L'intuition, c'est comme l'instinct : ça ne se trompe jamais à partir du moment où tu sais faire la différence avec tes émotions.

- Nous serions, je tiens à préciser que je ne suis pas sûr à cent pour cent de mon calcul, approximativement huit. Sans te compter dans le lot. Et sans compter les personnes susceptibles de nous suivre par pur soutien de leur part.

- Comme ?

- Les compagnons des uns. Les amis des autres.

- …

Sven regarda attentivement Eris qui semblait se creuser la tête au marteau-piqueur, sa bouche tordue dans un rictus de concentration exagérée.

- Ok, ok. Maintenant que j'ai cette information, il faut que je sache quoi en faire. On fait un tour ?

- Ce n'est pas que ceci est mon rêve le plus fou, mais si Giana se réveille ?

- Pas maintenant,… J'ai pas envie.

Le vampire sourit, découvrant ses dents d'une blancheur extravagante, avant de se relever de sa rambarde en ricanant :

- Si Démétri qui veille sur elle apprend que tu prolonges son état, il te découpera en morceaux ! Ca ne fait aucun doute !

- Le malchanceux ! Allons le chercher, qu'il ne s'ennuie pas tout seul. Sinon, pour parler d'autre chose : impatient du retour de ton chef bien aimé ?

- Pas vraiment. Je ne suis pas empathe, mais je ressens sa colère et son envie de me détruire d'ici même.

- Mmhm. Je te propose un marché : si tu énonce à haute voix que tu commences à m'apprécier, je tiendrais avec toi face à lui.

- Plutôt mourir trois fois que de dire une chose pareille.

- Tu me brises le cœur en menus morceaux, très cher.

- Ferme-la.

… …

… …

… …

- Pourquoi ne te rebelles-tu pas ? Finit par crier Orphée, perdant tout le contrôle de son être. Tu vois pourquoi ils vous manipulent, comment ils t'utilisent pour calmer leur troupe ! Penses-tu que sans toi, ils parviendraient à vous immobiliser de la sorte dans ce complexe militaire ?

- Ce sont mes créateurs et ils ont juré qu'après la guerre, je serais libre de mes mouvements. Je jouirais de mon immortalité comme je l'entends !

- Ha ouai ? T'ont-ils précisé que le monde ne sera plus aussi paisible ? Qu'ils ne savent pas eux même ce qu'ils vont en faire ? Et…

- Tais-toi ! Je perds patience, lâcha Eva, ses yeux noircissant de colère, son corps se tendant sous la pression.

- Comme tu le souhaiteras. Mais avant de clore cette discussion jusqu'à la prochaine occasion qui se présentera, laisse-moi te rappeler que tout ceci n'est rien pour eux. Juste une manière de passer le temps tout en tentant d'exterminer la « royauté », le pouvoir des Volturi sur votre monde. Toi-même, tu n'es rien pour eux.

La main d'Eva partit tout seule à la rencontre de la joue d'Orphée, la giflant avec tant de force que l'humaine fut mise au sol sous le choc. La plaie de sa joue recommençait à suinter et la vampire se recula de quelques pas avant de cracher :

- Je ne veux plus t'entendre dire de pareilles imbécilités. Tu m'as bien comprise ?

-…

- Réponds !

Bien qu'à ce moment précis Eva avait tous les traits d'une vampire meurtrière et non plus d'une jeune russe insouciante et sympathique, Orphée releva son visage en passant délicatement le bout de ses doigts sur sa joue. Son regard sournois laissait présager toute l'acidité de sa réplique :

- N'oublies pas non plus que j'ai toujours la force de t'affaiblir. Quand je pense que tu fais semblant de t'inquiéter et de prendre soin de moi, alors que tu me livrerais à tes chefs tripes fumantes à l'air, s'ils te le demandaient,…

- Tais-toi !

- Et je ne parle même pas des seize garous… Quelle fierté en retires-tu ?

- Orphée ! Je ne te le dirais pas une fois de plus ! Hurla Eva en faisant un pas en avant, poings serrés, prête à la massacrer au prochain mot de travers. L'humaine soupira, comme si elle avait échoué quelque chose et qu'elle rendit les armes. Puis, relevant des yeux brun-vert tristes vers son interlocutrice qui hésitait sur la conduite à tenir, elle leva les mains en signe d'apaisement.

- Je…

- Fais attention à tous les mots que tu prononceras, sinon je me verrais dans l'obligation de me montrer un peu plus ferme ces prochains jours,…

- Très bien. Je veux juste te dire que je suis désolée, que toute cette histoire me sort par tous les trous et que je me sens perdue. Plus jamais je ne te dirais de telles paroles. Je te le jure.

A la vue du visage soumis et repentant de la prisonnière, Eva ne put qu'acquiescer en baissant ses pupilles sang au sol.

- Bien,… Allons-y alors, avant que tu n'attrapes froid.

Enfin, elle se détourna pour commencer à marcher alors qu'Orphée entamait le même mouvement, un sourire sombre mais satisfait sur son visage trop pâle.

- Jouer le chaud et le froid pour manipuler l'autre… Cette vampire est ferrée pour un moment à présent. Il n'y a plus qu'à attendre que nos opinions fassent lentement leur effet dans sa conscience, ricana le démon sachant que l'intégrité, la gentillesse naturelle et la fierté d'Eva avaient été mises à rude épreuve.

Quant à elle, Orphée se demandait comment son Gardien si bon pour elle, son Ange, pourrait honorer sa promesse concernant sa présence éternelle à ses côtés alors qu'il était au courant de ce qu'elle comptait accomplir. Et elle n'avait qu'un petit mois pour prévoir la moindre réaction des différents protagonistes autour d'elle.

… …

… …

… …

En dehors de Félix et Falko s'adonnant à un jeu de cartes sans grande concentration, le reste des troupes demeuraient silencieuses à bord de l'avion qui les ramenait à Volterra. Dans quelques heures, ils seront tous de retour hormis Garett et Carmen restant veiller les sœurs Dénali dans la villa des Cullens de Forks, à proximité des modificateurs qui surveilleront le continent, à la recherche du moindre trouble pouvait venir des Irokois.

Le silence de la réflexion, donc.

Aro, placé en face d'Elarik, contemplait la vue qu'offraient les cieux sur l'océan, les mains croisées simplement sur ses genoux. Cependant, il remarquait de sa vue périphérique que la mâchoire du pirate se resserrait à se briser les dents au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient.

Elarik avait failli défaillir lorsqu'il crut voir son humaine dans le champ de bataille et avait un mal fou à s'en remettre. Une bouffée d'espoir incroyable l'avait submergée croyant qu'elle était enfin là, devant lui et vivante. Mais lorsqu'il s'aperçut que ce n'était pas vraiment le cas, il sentit sa tristesse et son inquiétude décuplées, comme s'il pouvait pointer avec exactitude l'endroit où le mal le rongeait.

- Enfant, je suis navré que cette épreuve te soit imposée en cette période de conflit pour notre race.

- Je me fiche de cette guerre, Aro, souffla le pirate, coupant la parole de l'ancien comme s'il avait déjà maintes fois vue cette conversation.

- Pourtant, nul n'est plus impliqué que toi.

- Et tu as raison.

Leur échange presque murmuré était clair pour tous les passagers de l'avion, devenant attentifs lorsque le breton siffla ses prochains mots :

- Je jure sur ma propre tête que si je ne retrouve que le corps sans vie de mon humaine, je garde les chefs Irokois en ma possession et ne les tuerait jamais.

- Je ne peux qu'en être certain, répliqua Aro d'une voix compréhensive. Nous le ferions tous sans aucun doute.

- Je ne sais vers quoi me tourner. C'est bien la première fois en cinq siècles. Comment une telle chose peut-elle se produire… C'est véritablement une punition.

- Non ! C'est un magnifique cadeau qui t'a été offert de rencontrer ta compagne véritable ! Tu ne t'es jamais inquiété de ton propre clan pour une unique raison : ils sont de ta race et de bons combattants. Notre point faible réside dans notre immortalité : nous ne changeons pas, nous ne nous adaptons pas réellement à ce temps qui passe. Tu es toujours ce pirate qui ne se soucie que de lui-même et de sa survie. Et à l'heure actuelle, cette gloire ne passe que par la vie de ton humaine à laquelle, malgré toi, tu t'es accroché.

- Je comprends,… répondit-il en plongeant ses yeux dans le regard laiteux d'Aro, pressentant qu'il avait probablement autre chose à rajouter.

- Toutefois, je ne puis te rassurer sur l'issue de ton attente et j'imagine que tu es parfaitement incapable de te préparer au pire. Je te promets donc que si nous mettons la main sur ces misérables créatures d'indiens, tu seras le premier et le dernier à porter la main sur eux.

- Je t'en remercie… Et rajouterais que je nourris pour le moment quelques espoirs : je… parviens à sentir sa présence parfois. Mais je me désintéresse de tout le reste.

- Qu'essayes-tu de me faire comprendre ?

- Que s'il se passe encore des semaines sans aucune piste provenant de ces bâtards, je m'en retournerais. Je ne supporte plus de vivre dans les couloirs de ton château où son odeur persiste surement encore et j'ai toujours hais de contempler les miens s'acharner dans le vide.

- Très bien,… mais…

- Mais je viendrais prêter main forte lorsque le besoin se fera sentir.

- C'est entendu.

Puis ils retournèrent tous deux regarder l'océan de leur hublot, détournant tout de même leur attention vers la nouvelle discussion qui naissait entre Alice et Eléazar, portant étonnamment sur le même sujet.

- … Cette puissance énergétique m'a laissé sans voix, même dans cette clairière, incontestablement à des milliers de kilomètres de la position réelle de cette humaine,…disait l'espagnol alors qu'il regardait le plafond immaculée de la carlingue.

- Ils ne sont pas n'importe qui.

- A quel niveau, Alice ?

- Je ne sais pas exactement l'exprimer, soufflait-elle à son tour, entrelaçant ses mains graciles sur le haut de ses genoux croisés. J'ai entendu une fois Orphée parler aux deux moines de ses capacités en précisant que, si elle ne possédait pas ce contrôle sur elle-même, sa vie se serait terminé il y a longtemps contrairement à « d'autres des siens », comme si elle et son frère formait une race à part.

- Penses-tu que les vampires à pouvoir font partie de cette catégorie ?

- C'est une théorie,…

- Son frère nous avait précisé cette hypothèse précisant que, selon ses propres mots, « nos semblables ne sont pas tous humbles et tombent la plupart du temps dans une sorte de monde imaginaire d'où ils ont du mal à se dépêtrer. Mais nous changeons de comportements radicalement, plus nous entrainons notre pouvoir : le sommeil, la manière de se nourrir, le mode de vie,... Nous avons un instinct décuplé et une forme de comportement territorial : chacun d'entre nous défend un jour où l'autre sa zone de vie. », cita Allen de tête en triturant un morceau de sapin resté accroché dans un ourlet de sa manche. Il avait retenu par cœur la réplique d'Eris, comme l'ancien poète qu'il était mémorisait des vers.

- Je préciserais à mon tour que cette stupéfiante humaine m'avait une fois laissé entrevoir ses souvenirs et que parmi eux se trouvaient des humains proprement incroyables,… Marmonna Aro à moitié dans ses réflexions. Elle est loin d'être unique, comme nous le constatons.

Les vampires ayant un nouveau sujet de distraction occupant leurs pensées, se turent un instant, entrecoupés parfois par les cartes de Félix et Falko tombant sur la tablette entre eux.

- Ce que je remarque également, repris Eléazar qui n'avait pas bougé, c'est que notre attention est inconsciemment focalisé sur eux, même ici alors que la plupart d'entre nous n'ont surement pas un lien fort. Cette puissance se colle à nous, ils imposent leur présence car leur survie dépend de l'intérêt que nous leur portions. Ils grignotent notre espace, inconsciemment j'en suis certaine ! Je ne crois pas avoir entendu parler de cela un jour.

- Ta vision est malheureusement floue, cher ami, répliqua l'ancien Volturi avec une légère amertume. De nos époques reculées existaient déjà des humains sans aucun doute aussi remarquables que nos jeunes gens. A ces époques, nous les nommions vestales, chamans, sorciers,… Ces connaissances anciennes qui parvenaient à défier les lois cartésiennes dans le monde physique où nous nous trouvons, restées secrètes aujourd'hui encore. Je n'ose imaginer l'excitation de nos ennemis indiens face à la jeune Orphée,…

La main pâle d'Elarik brisa son accoudoir de métal et de plastique dans un bruit assourdissant.

… …

… …

… …

- Allez ! Un peu de nerfs ! Tu es capable de mieux !

La voix vibrante des chefs Irokois bourdonnait dans les tympans d'Orphée qui escaladait une pente raide sous des centimètres de neige, glissant parfois, se raccrochant souvent.

Elle était rentrée au complexe après Eva et la seconde suivante avait été contrainte de suivre les terrifiants vampires pour une randonnée improvisée qui durait déjà depuis plus d'une heure. L'air gelé lui brulait les bronches et Orphée passait son temps à humecter ses lèvres gercées, ne parvenant qu'à les blesser d'avantage. Plusieurs fois, elle avait remonté le col roulé trop large de son pull et couvert ses mains endolories des manches trop longues de son manteau. Mais rien n'y faisait : la température dont elle ne voulait surement pas connaitre le chiffre exact était insupportable et elle n'avait pas la présence d'esprit de réfléchir à ce qu'elle pouvait faire de plus pour se tirer de cette torture d'un genre nouveau pour elle : la douleur physique.

Eris lui avait toujours dit que l'esprit pouvait intervenir de manière bénéfique lorsque le corps se trouvait souffrant et il avait évidemment parfaitement raison. Seule la volonté lui manquait.

L'humaine fit une pause pour contempler le chemin parcouru, comme pour se sentir fière d'elle et trouver une force nouvelle pour continuer à avancer sans aucun but. Ses mèches sombres voletaient devant ses yeux, mais elle renonça à les attacher : ses doigts engourdis par le froid ne parviendraient à rien. Malheureusement, sa contemplation ne lui apporta pas le réconfort prévu : malgré le fait qu'elle se trouvait en hauteur par rapport au reste du paysage, elle ne distinguait pas son point de départ. Impossible de savoir la distance difficilement parcourue. La seule chose qui la revigora fut que les Irokois ne la tueraient pas en l'abandonnant simplement dans cette immensité blanche et venteuse.

- Avance, par tous les Dieux ! Dépasse-toi ! Rugit l'un de ses tortionnaires.

Eris et elle-même se disaient souvent cette phrase… « Dépasse-toi »… Et bien qu'elle ne parvenait absolument pas à cerner les intentions des chefs fous, Orphée se remit à avancer, respirant comme un bœuf, éreintée.

… …

… …

… …

Douze heures plus tard

- Qui es-tu pour ma sœur ? Demanda Eris à Benjamin, s'étonnant de le voir quasi perpétuellement à ses côtés.

- Pas grand-chose j'imagine. Un ami futur, peut-être ? Elle m'aidait à comprendre mon don, répondit celui-ci sans détourner son attention de Giana à nouveau sur pied.

- Et quelle est ta capacité ?

- Je maitrise les éléments.

L'humain fit une moue signifiant qu'il en avait assez de constater qu'il n'arrivait plus à dénombrer les spécificités de la race vampire avant de poursuivre.

- Tu sais causer au feu ?

- Tu sais faire autre chose qu'utiliser l'ironie comme système de défense ?

- Ce n'était pas de la provoc' pour une fois, râla Eris en haussant les sourcils.

- Ho. Alors je ne devrais pas être étonné d'apprendre un nouveau détail concernant les éléments.

- Je déteste parler de ça en temps normal. Tu devras demander à ma sœur. Je sais que la volonté et le lâcher-prise ont une grande importance sur la communication avec les éléments. Mais tu peux réellement avoir des réponses ou apprendre directement d'eux. Et pire encore en pleine nature mais le sujet me fait flipper.

- Comment ça ? S'étonna le jeune égyptien.

- Je suis plutôt cartésien, mais surtout réfractaire à toutes sortes d'histoires paranormales.

-… Dis celui qui connait l'état de sa sœur à des kilomètres de distance.

- Je sais peut-être accomplir certaines choses, mais je ne cherche pas plus loin les explications,…

La conversation entre Benjamin et Eris se stoppa net : des claquements sonores et des bruits de pas raisonnèrent à travers les couloirs et Giana se mit automatiquement à arranger ses papiers sur son bureau et à redresser sa position sur sa chaise. Elle eut le temps de modifier légèrement l'arrangement floral posé sur le comptoir de son bureau avant qu'un nouveau bruit ne résonne.

- Ce n'est rien. Seulement mon quart d'heure de douleur qui approche, soupira Sven qui s'était subitement placé debout ente eux deux, le regard soucieux.

Corin, Démétri et Heidi apparurent instantanément placés devant l'imposante double porte en bois sculpté en face du bureau de la réceptionniste : leur maitre arrivait accompagné des siens.

- Sven,… Ne m'apprécies-tu vraiment pas ? Ricana Eris, sardonique, comprenant que le chef breton probablement hors de lui allait bientôt apparaitre.

- Je commence sérieusement à y réfléchir.

Le silence s'était imposé dans le château alors que l'immense porte s'ouvrit tranquillement en laissant apparaitre Aro, encadré par ses deux diaboliques jumeaux et du reste des vampires parti aux Amériques.

- Qu'il est bon de se retrouver chez soi, mes enfants, s'exclama l'ancien à l'humeur joyeuse imperturbable avant de rajouter d'une voix sombre : Ceci malgré le fait regrettable que les mauvaises surprises nous accueillent à notre retour. Giana, moi dolce, semplice controllo di routine.

Et Aro tendit la main devant tous les regards surpris par la prompte initiative. En effet, la plupart des habitants du château s'étaient discrètement rassemblés, invisibles pour la réceptionniste qui, l'étonnement passé, n'eut même pas la décence de trembler en approchant du membre blanc d'Aro. Elle ne laissa tout simplement pas paraitre une seule hésitation, comme une habitude prise depuis des années. Et c'était effectivement le cas.

Elarik était sans aucun doute prêt au massacre pur et simple : tendu et les pupilles couleurs charbon, il était préparé à bondir pour la mordre sauvagement, sans daigner lui offrir l'honneur de la boire, pour la décapiter sans préambule. Qu'importe le sang versé à ses yeux. Il ferait tout ce qui pourrait La venger.

Malheureusement pour tous, les doigts d'Aro relâchèrent trop rapidement sa proie et il s'avança comme si de rien n'était en direction de la salle de réunion improvisée, en lançant un bref :

- Grace, mio dolce,…

Toutefois, Bella Cullen testa sans attendre son bouclier mental sur l'humaine traitresse, guettant le moindre tressaillement de sa part, le plus petit indice d'un trouble éventuel qui ne vint jamais, alors qu'Eléazar l'examina avec intention dans l'espoir de percevoir l'étrange pouvoir qui la tenait. Edward lui-même ne parvint pas à capter quoi que ce soit d'utile, même pas un tremblement annonçant l'annulation du sort qui frappait avec efficacité la réceptionniste qui avait repris ses activités sans même s'imaginer une seconde ce qu'elle venait de subir.

Alors tous les vampires se déplacèrent sans entrain, frustrés de ne jamais se sentir avancer, vers un énième rassemblement où Eris fut trainé presque de force par un Sven lui lançant théâtralement :

- Je ne t'apprécie pas seulement, je t'adore et te vénère !

… …

… …

… …

Après avoir pris une douche qui lui sembla tiède en regard à sa trop longue marche hivernale, Orphée n'adressa aucun regard à Eva et Anton qui patientaient à sa sortie. Comme un automate, elle se dirigea vers l'endroit où les loups étaient parqués, jambes tremblantes et trébuchant sur de nombreux vestiges du complexe échoués là.

- Que fais-tu ? Demanda Eva, étonnée de ne pas la voir s'étaler directement sur son lit de fortune.

Son ton avait beau être dénué de colère ou d'amertume face à leur discussion passée un peu plus tôt, Orphée répondit d'une voix froide et visiblement de mauvaise grâce :

- Voir comme se porte Jivko et les siens.

- …

- Je ne les ai pas vus depuis la fin de leur mutation.

Aucun des vampires ne répondit. Cependant, lorsqu'ils furent entrés dans la salle abritant le bouclier d'Icare, Anton cru bon de prendre la parole de son léger accent russe, martelant ses mots d'une voix plus forte que nécessaire, rappelant la nouvelle règle établie par ses chefs à tous les enfants de la lune.

- Les chiens ont reçus l'ordre de ne pas t'adresser la parole,… du moins dans ta langue.

Orphée tourna lentement son visage vers lui, avec une colère non feinte et une attitude proprement pétrifiée. Elle ne comprenait pas le but de cette interdiction. Les yeux rougeoyants du jeune vampire ne cillèrent pas, mais ne démontraient aucune émotion particulière alors que son amie possédait l'expression la plus désolée qui soit. L'humaine se détourna d'eux avec dégout et s'aperçut directement du questionnement des loups, voir l'agacement.

- On va dire que j'ai de la chance d'être épuisée, j'ai pas envie de comprendre, conclut-elle. Puis-je venir tout de même avec vous ? Finit-elle par demander à Jivko.

Celui-ci hocha simplement la tête, sourcils froncés par l'incompréhension qui ne l'avait pas quitté depuis que les deux indiens fous avaient donné leur ordre quelques minutes plus tôt, alors qu'Icare fit passer la fille aux cheveux feu sous son bouclier.

- Donne le meilleur de toi-même, Orphée. Ça passera beaucoup plus vite,… Couina Eva, sachant pertinemment ce qui attendait la captive jusqu'à la prochaine pleine lune.

- Merde.

Orphée s'avança encore et aucun garou ne fut dupé par sa faiblesse physique qu'elle tentait de camoufler derrière son assurance.

Elle s'arrêta devant l'ancien à la pilosité blanche et baissa la tête en comprenant ce à quoi elle n'aurait donc pas droit désormais : le réconfort grâce à la conversation, même minime. Ce fut Aleksandr qui désamorça la situation, alors que son maitre serrait les mâchoires face à ses différents questionnements.

- Иди к нам. Tы меня подержала, как мoгу я так же тебя подержу.

Bien qu'elle n'eut rien comprit, le ton doux et accueillant du jeune loup ne trompa pas son empathie et elle se permit sans hésitation à s'assoir à son côté. Ou elle tomba plutôt : ses forces la quittaient définitivement et c'est en soupirant qu'elle sourit difficilement à Aleksandr pour le remercier.

- Спасибо,…

- Ето нормална, девечка, lui répondit-il surpris et réjoui.

Quelques minutes plus tard, l'humaine soupirait de fatigue au milieu des garous, le silence quasi-permanent lui devenait intolérable. Pour se distraire, elle détailla longuement l'étrange race qu'était ces enfants de la lune mais ne put qu'y voir des hommes en haillons. Pas de femmes. Aucune. En dehors de leurs yeux vifs, rien ne démontrait leur force et leur origine surnaturelle. Mal rasés pour la plupart, les cheveux jamais très courts par le manque d'entretien ou longs en bataille, leurs vêtements élimés à l'extrême, ne lui faisaient penser qu'à un attroupement de souffreteux, leur retirant toute gloire et toute dignité.

Orphée croisa momentanément les yeux noisette de Gévaudan se reposant allongé sur le sol comme à son habitude contrairement à la plupart placés en tailleur. Il semblait réfléchir intensément à son sujet, tout comme Jivko. Une seule question taraudait les anciens : Qu'allait faire subir les Irokois à cette frêle créature ? Et surtout pour quelles raisons prenait-elle autant d'importance… Certes, ses dons anciens et rares de nos jours avaient de quoi les amuser. Mais ?

Effrayée par l'inquiétude étrange qui émanait d'eux, Orphée, trop fatiguée par ses efforts physiques en plus de sa crise si récente dont elle n'avait pu pleinement se remettre, ne put contenir toute sa faiblesse et c'est avec une voix tremblante qu'elle s'adressa à Aleksandr :

- Excuse mon comportement. Mais j'ai si peur,…

Et elle posa doucement sa tête sur les genoux croisés du jeune loup, étonné par la familiarité et la confiance que l'humaine lui témoignait. Pourtant, en voyant que son maitre qui se relevait pour se diriger vers eux deux, afin de serrer étroitement l'épaule de la fille pour lui témoigner son maladroit soutien, Aleksandr se rendit à l'évidence : Orphée était dans la même galère. Mais si leur seul espoir s'avérait être l'humaine, elle n'avait pas de horde sur qui compter pour déjouer les actes de ses ennemis.

- Mmhm,… Détrompe-toi, marmonna Orphée avant de sombrer dans un sommeil profond.

… …

… …

… …

-Tout notre peuple se doit de prêter main forte lors d'un conflit d'une telle ampleur, fit remarquer Sulpicia qu'on n'entendait jamais alors qu'Aro posait sa main dans la sienne.

- Certes. Mais la situation deviendra vite intenable si cela continue à ce rythme. Nous n'avons rien pour avancer, argumenta Marius.

- Quelles que soient les pistes menant à l'humaine, nous ne la percevons pas pour le moment, répliqua Pandora, ex-femme de Marius participant plus que rarement à la conversation malgré son port droit et assuré. Devons-nous nous terrez ici en attendant la fin des temps ? Questionna-t-elle en passant une main dans ses cheveux bruns longs et soyeux.

- Certes non.

- Aucun d'entre nous ne sera d'accord sur tous les arguments. Ni sur aucun sujet. Nous sommes beaucoup trop nombreux pour décider d'un mouvement de troupe, séparation ou allongement de nos alliances, marmonna Marcus.

- Abrégeons cette réunion en attendant d'avoir les idées claires. Octroyons-nous une brève entracte, proposa Caius, toujours stratège même lorsqu'il s'agissait du moral des troupes.

- Je rejoints ton avis, énonça alors Marius. Oublions tout cela pendant quelques semaines et nous aviserons ensuite, moyennant une légère surveillance bien entendu.

Les anciens s'étant mis d'accord à l'unisson, le brouhaha reprit dans la salle dédiée aux réunions guerrières plus fortement encore alors que certains vampires se levaient déjà. Eris clignait des yeux le plus discrètement possible : il avait eu un mal fou à rester éveillé, alors qu'Elarik se tournait vers Sven pour lui ordonner :

- Faites tous ce que bon vous semble, mais je veux l'un d'entre vous en permanence auprès de l'humain.

- Et toi, que comptes-tu faire ? S'étonna brièvement Sven alors que son chef n'avait pas donné signe de vouloir s'exprimer même lorsque l'on énonçait le nom de sa protégée.

- Une promenade.

- Dangereuse ? Se méfia le blond.

- Logiquement non.

- Jure-le.

- Et sur quoi ? Grimaça le pirate en levant ses yeux bordeaux au ciel.

- Surement pas sur ton honneur, pirate ! Je te connais, vieux brigand ! Allons,… sur tes retrouvailles avec la douce Orphée.

Le breton soupira profondément mais consentit tout de même à répondre :

- Si ça peut te rassurer, ami.

Au moment où certains commençaient à se diriger vers la sortie et Eris à s'étirer, un murmure fut malencontreusement perçut par l'ensemble de l'assemblée, à l'ouïe beaucoup trop fine :

- Pourquoi les anciens n'obligent-ils pas l'humain à rechercher son Sang, si Elle se trouve encore entre leurs griffes ? C'est insens…

Marius, à l'habituelle apparence de gentleman, venait d'empoigner le scélérat vampire par la gorge, le broyant sans ménagement en le soulevant de quelques centimètres au-dessus du sol.

- Ecoute-moi attentivement, enfant. Je me contrefiche de ton jeune âge et même de ton nom. Aucun humain en ma présence ne sera traité en esclave. Aucun ! Qui plus est sachant que ceux ayant acte de présence au sein de notre communauté sont dignes de notre protection. Suis-je assez clair pour tout le monde ou dois-je dès à présent illustrer ma théorie selon laquelle notre future cohabitation tous tournerait au massacre dans un futur relativement proche ?

Sa voix, presque hautaine, était acide au possible, glaçant le sang de la plupart des plus jeunes à plusieurs mètres à la ronde : personne n'agace un vieux vampire sans conséquence, encore moins un ancien romain aux principes de respect et d'honneur immuables.

- Calmons-nous, calmons-nous ! Frère ! S'exclamait Aro alors que personne n'osait s'interposer. Nous voilà à cran comme le désirent probablement nos insensés ennemis, alors prenons chacun le temps de nous détendre quelques minutes avant de réfléchir à nos différentes possibilités !

Marius répondit par un grondement guttural empli de menaces avant de laisser tomber le gamin de 180 ans à terre, clamant rageusement :

- Rappelez-vous que les dénommées Sylvie et Audrey ont connu la mort véritable après avoir honteusement manqué de respect à l'humaine de l'un des nôtres et leurs trépas me semble on ne peut plus justifiés. C'est effectivement miraculeux que certains d'entre vous soient encore en vie.

Marius regarda un Eris imperturbable de ses yeux charbon, humain se tenait debout et mains dans les poches entre les deux prêtres, et fini siffler à l'attention de tous :

- Cet humain est mien, entendez-vous ? Le premier à l'approcher sans nobles intentions tombera en cendres dans la seconde qui suivra ses gestes.

Puis le vieux vampire du nord se détourna violemment, sa cape de velours rouge claquant dans le vide alors qu'Eris se demandait bien ce qui allait lui arriver.

… …

… …

… …

Une semaine de plus.

- Vous êtes fous ! FOUS !

- Hurle si tu le désire ! Mais lutte comme il se doit !

Orphée beuglait sans retenues insultes et accusations diverses à plein poumon après que les deux chefs Irokois lui ait arraché ses vêtements, ne l'autorisant à garder qu'une culotte de coton blanc et son débardeur noir. Sans attendre, les monstres l'avait trainée dans une des douches crasseuses du bâtiment, ouvrant le jet au maximum en bouchant de leurs corps la sortie de la cabine sans porte.

Oui, Orphée était relativement habituée à cette température à présent, notamment pour ses douches. Cependant, cet acte qu'elle jugeait au combien stupide avait été perpétré par surprise, sans compter que cela durait depuis un bon quart d'heure.

Sur ses membres blanchissant à vue d'œil se dessinaient de petites marbrures bleuâtres, traduisant sans peine l'expression de son corps humain : le froid était beaucoup trop intense.

- Je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais si vous me laissez en vie, attendez-vous à des représailles ! Bande de MALADES ! Allez mour…

Elle n'eut le temps de les maudire plus encore : l'irokoi souriant le plus proche la poussa si brusquement en arrière qu'elle se cogna le crâne contre le mur de carrelage blanc fissuré et chuta sur le sol dans un bruit mat, presque assommée.

- Maintenant, tu as tout intérêt à te relever, car nous ne t'aiderons pas.

Orphée était bien trop étourdie pour produire autre chose que des mouvements désordonnés. Elle resta quelques minutes à tenter de rester alerte. Cependant, elle avait compris : son corps ne pouvait pas à la fois lutter contre le vertige, la douleur et le froid, sans compter que son moral devait être géré pour affronter les deux aliénés de distraction. Si elle ne s'accrochait pas, elle tomberait en hypothermie pour sûr.

Alors la faible humaine s'accrocha de toutes ses forces à son instinct de survie, vidant son esprit de toute pensée inutile en cette minute, avant de se hisser sur ses bras en tremblant. Le jet d'eau ne cessait de la tourmenter et il finissait en brulures glaciales sur sa peau rouge et bleue. Sans en avoir honte, elle gémit, ses dreads imbibées d'eau frappant ses plaies suintantes, mais elle ne lâcha pas sa volonté et parvins à se relever en s'agrippant au mur carrelé.

Orphée se coupa à nouveau, la main droite pour changer, tout en tentant d'esquiver le pommeau de la douche qui crachait ses gouttes froides. Seul son démon l'encourageait. Quoique,…

- Ce n'était pas si difficile, tu vois,…

Orphée lança un regard chargé de tout l'outrage qu'elle ressentait à l'émetteur de cette remarque avant de pousser un cri de rage proche de la démence :

- RAAAAA ! Foutez-moi la paix ! LA PAIX !

L'étincelle qui s'alluma dans les pupilles flamboyantes des Irokois semblait changer d'intensité, révélant un espoir morbide :

- Tu peux sortir, chuchota le second qui n'avait pas réagi durant toute l'expérience.

Suspicieuse, l'humaine aux cheveux colorés les toisa pour discerner ce qui l'attendait encore : les monstres paraissaient parfaitement sérieux et la dévisageaient, cherchant le changement, le déclic. Toutefois, Orphée ne put trouver leurs intentions réelles et c'était avec toute la méfiance du monde qu'elle sortit maladroitement du compartiment dont ils avaient libéré la sortie. Ce fut pratiquement de force que l'un tamponna ses plaies et que l'autre lui étala une belle couche de mélasse visqueuse.

- Tu étais parfaite, lui dirent-ils d'une seule voix.

Puis ils posèrent rapidement leurs ustensiles et disparurent sans plus un mot.

Si Orphée, tremblante et à bout de force face à l'épreuve, ne comprenait pas le véritable sens de l'expression des chefs du lieu, le démon, lui, ronronnait de plaisir face au compliment.

Ça, c'était le déclic dont on se serait passé.

… …

… …

… …

Vilain ! Vilain double maléfique ! Pour la suite, environ un mois ? (j'espère moins, bien évidemment…) Ca va enfin se bouger, ca va même péter sa race. Je suis trop pressée de vous écrire la suite ! J'ai hâaaate ! Merci à vous toutes. Je vous aime !