Cher journal

Chapitre 52 :

Pourquoi me suis-je souvenue de tout cela ? c'est tout de même incroyable de voir que quelques personnes peuvent faire revenir au galop dans votre vie des souvenirs enfouis et oubliés volontairement pour ne plus avoir à pleurer sur la perte d'un ami ou même d'autre chose. Je crois qu'à cette époque déjà j'étais tombée amoureuse de lui, seulement étant enfant je ne m'en étais pas aperçue.

Ça fait mal. Mal de savoir que lui se souvenait et moi non, d'ailleurs Alphonse non plus car il ne semble pas m'avoir reconnu. Mal de savoir qu'Edward malgré toutes les belles paroles qu'il m'avait dites à Ishbal s'est montré si mauvais. Je n'ai jamais rien voulu … peut être est-ce cela qui l'a énervé … je ne sais pas, je ne sais plus rien et je ne veux rien savoir.

Si une chose ! je veux savoir une chose … pourquoi est-ce que je sens un corps sous moi ? un souffle chaud fait voler une mèche sur mon visage qui me chatouille au passage alors qu'une conversation chuchotée me tire un peu plus de mes pensées.

- Non, elle s'est toujours pas réveillée.

- Mais tu as fais quoi ? qu'est tu lui as dis ?

- Rien du tout ! je lui ai juste donné ton cadeau ! eh tu sais quoi ?

- J'ai pas forcément envie d'entendre surtout vu la voix que tu as prise …

- T'entendras quand même ! tu sais vraiment pas ce que tu manques ! quand je pense que c'est moi qui l'ai ! c'est pas pour te narguer mais sérieusement je

- ROY !

- Peut être que je devrais aller

- ROY TU LUI FAIS QUELQUE CHOSE ET JE

- LA FERMEEEEE ! hurlai-je. Bon dieu Roy t'es vraiment secoué pour parler tout seul ! et lâches moi !

Ouvrant les yeux, je plonge dans le noir des siens qui me regardent, inquiets et scrutateurs.

- Ah te revoilà parmi nous ? super ! dis moi Winry tu

- TA GUEULE ET SORS DE LA !

- Houlà … pas de bonne humeur la prolo au bois dormant.

- LA FERME ELRIC !

Elric ? … mais il est pas là lui comme je peux l'entendre ? je deviens folle ! bonne à piquer, enfermez moi, passez moi une camisole même ! Faites quelque chose je deviens dingue !

- Euh Roy … c'est bien Elric que j'ai entendu hein ?

- Ouais, soupire-t-il en me relevant contre lui.

- Il est pas là hein ?

- Non

- Mais … mais alors …

J'entends des fantômes c'est mamie qui déteint sur moi c'est certain ! j'ai pas réussi à lui échapper … oh mon dieu

- Il est au téléphone ! d'ailleurs en parlant de téléphone, je peux savoir pourquoi tu as son numéro sur un bout de papier ?

- Gné ?

- Bon Roy, je te laisse avec la SDF … salut vieux

- Eh attends Ed

- C'EST CA LACHES NOUS LES BASQUES ! TU SAIS CE QU'ELLE TE DIT LA SDF ? VA TE FAIRE VOIR !

Roy me regarde en alternance avec son portable avant d'exploser de rire en se camouflant dans mon cou pour étouffer son gloussement. Pauvre abruti vas-y rigole ! lui refilant un léger coup de coude dans l'estomac, je le pousse à s'arrêter.

- T'as fini de rire et tu veux bien m'expliquer ce qu'il s'est passé ?

- T'es tombée après avoir ouvert ton cadeau. T'étais toute pâle d'ailleurs ! Jean s'est inquiété quand il m'a entendu crier et est venu m'aider à te poser sur le lit.

- Et c'est pour ça que tu me colles ?

- Non, j'avais envie c'est tout.

- Dehors …

Vaut mieux pas prendre de risque ! surtout avec toi !

- Non je reste ! j'ai décidé de dormir ici !

- Ok alors c'est moi qui sors !

- Non tu restes aussi. J'aimerais qu'on discute tous les deux. Et puis j'ai parlé avec Jean un peu … il faut que vous m'appreniez à danser.

- Tu plaisantes ? putain dans la haute vous savez pas danser ? mais vous avez des profs pour ça non ?

- Rhaah je t'ai dis que ma famille c'était pas top donc j'ai tout fait pour pas les combler aussi.

Laisser moi me frapper la tête sur le mur … ce mec est monté à l'envers ! y'a pas qu'une erreur de dosage ! Franchement comment peut on être aussi … séduisant, bordel ça me fout le cerveau en vrac rien qu'à y penser ! Donc séduisant, chieur, borné voir buté même, gauche, emmerdeur et frapadingue comme ça ? C'est pas humainement possible ! Dites moi qu'il est le seul dans ce cas là, parce que déjà devoir en supporter un c'est dur mais plusieurs c'est impensable ! On court à la catastrophe planétaire même … plusieurs erreurs c'est pas possible hein ?

- On est cuit …, soupirai-je

- Pardon ?

- Non rien, oublies ça vaut mieux. Tu veux apprendre quoi comme danse ?

- Le tango ?

- Oublie l'idée ! c'est non direct. Vu comment t'es doué tu risquerais de te péter la jambe à nouveau

- Merci du compliment !

- Pas de quoi ! on aura qu'à t'apprendre la mambo au pire … déjà que je sens que ça va être comique. Au fait, tu lui as pris un cadeau de noël à Riza ?

- Hn ouais …

- C'est quoi ?

- Qu'est ce que ça peut bien te faire toi ?

- Dis ! allez quoi dis le moi et je te dis ce que je lui ai pris !

- Un bracelet. Tu sais celui où les filles accrochent tout plein de bibelots tout petit et tout moches là !

- Ok … ma foi, c'est joli comme cadeau.

- Parce que tes sous vêtements te plaisent pas ? raille-t-il avant de se prendre un oreiller sur le nez.

- BON DIEU ROY ! MERDE QUOI !

- Je plaisante, se défend-t-il en levant les bras en signe d'excuse. Allez tu lui as pris quoi toi ?

- Un moule à tarte.

Le silence se fait entre nous, alors qu'il est bloqué dans sa position de pardon, à me regarder comme un débile avant de se redresser vivement.

- Pardon ? bafouille-t-il

- T'as bien entendu un moule à tarte, répétai-je sérieuse avant de le voir s'écrouler de rire sur le matelas en se tenant le ventre.

J'avoue que ça me file envie de rire à moi aussi, mais contrairement à lui je sais que je tape dans du juste. J'ai oublié de dire à mon journal que Riza avait commencé une collection de moule à tarte et de moule à cake. Autant ne pas me rappeler des heures que j'ai passées dans les magasins avec elle pour en trouver. C'est bien simple, lorsque je n'étais pas en cours, collée par Roy, harcelée par Elric ou en train de bosser, j'étais avec elle à parcourir les allées des magasins.

Reprenant un peu de contenance, il me regarde en pouffant toujours.

- C'est une blague j'espère.

- Eh non, ta tendre aimée collectionne les moules à tartes et autres moules à cakes. Je te promets que je pourrais faire un marathon avec mes talons maintenant. Crois moi parcourir pendant des heures et des heures des magasins avec elle pour un moule à tarte en forme de nounours c'est … sportif.

Cette fois c'est à mon tour d'éclater de rire. Ses yeux sont écarquillés lui donnant un air crétin et admirable. Il toussote avant de se frotter le visage.

- Tu plaisantes ? elle collectionne vraiment les …

- Moules à tartes oui. Désolée de te l'apprendre mais elle est bonne à piquer.

- C'est sérieux ?

- Plus sérieux tu meurs

Et à la force de me répéter je vais finir par tourner chèvre. Quand est-ce que tu vas imprimer que ce que je dis est vrai ?

- En parlant de sérieux, tu m'as pas répondu, se reprend-t-il soudain en attrapant le papier sur ma table de chevet. Pourquoi tu as le numéro d'Edward ?

- Il était dans ma poche lorsque je suis parti lors de ton anniversaire. Alors comme ça c'est le sien ?

- Même mieux, sourit-il.

- Hum ?

- C'est son écriture à lui.

- PARDON ?

- Jackpot ?

Ne pas relever, éviter de montrer mes rougeurs et surtout … surtout ne pas TUER CET ABRUTI FINI QUI SE POILLE A N'EN PLUS POUVOIR SUR MON LIT !

- ROY ! T'ES MORT ! hurlai-je en lui sautant dessus.

La tentation était trop forte … pardonnez moi si vous le souhaitez, moi je regrette pas !