Harry Potter, Prince des Neiges
Arc des Trahisons
Chapitre 45 : A l'éclat de la lune et de la foudre
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Erik papillonna des yeux et tenta de se relever mais du s'immobiliser en sentant sa tête tourner. Il respiration un grand coup et rouvrit les yeux pour regarder autour de lui.
Il faisait sombre mais c'est tout ce qu'il pouvait dire parce qu'il ne portait plus ses lunettes. Il tâtonna dans le noir et finit par sentir le métal froid de la monture sous ses doigts. Il les mit et soupira. L'un des verres était cassé. Heureusement, ça ne le gênait pas trop. A nouveau il regarda autour de lui.
Il se trouvait dans une pièce à l'abandon dans ce qui devait être une maison ou une cabane. Le bois des murs et du parquet était vieux, gris et en mauvais état. La chambre ne contenait qu'un lit, une armoire, une petite table et deux chaises, le tout assez abîmé ou renversé, plein de poussière et de toiles d'araignées.
La seule lumière provenait de la fenêtre qui était barré avec de vieilles planches. Il faisait encore jours bien que le soleil devait commencer à décliner. Erik fouilla dans l'une de ses poches et en sortit sa montre à gousset. Il était à peu près 20h.
Erik cligna des yeux en rangeant sa montre puis essaya de se rappeler comment il était arrivé là. Il avait battu Ombrage, l'avait dépouillée de ses titres puis il s'était sentit mal. Mme Pomfresh le ramenait au château et puis…rien, le trou noir. Il n'était manifestement pas à l'infirmerie. Était-il arrivé quelque chose à Mme Pomfresh ? Est-ce qu'elle allait bien ?
Il essaya de se relever mais sa tête se mit à tourner encore plus et ses jambes se mirent à trembler. Sentant ses forces le lâcher, il retomba lourdement sur le sol.
« Qu'est-ce-que… » balbutia-t-il.
Il entendit alors du bruit à l'extérieur. Quelqu'un marchait sur le parquet grinçant. Il y eut ensuite un bruit de clé puis le son métallique d'une porte qui se déverrouille. Celle-ci tourna sur ses gonds en grinçant, révélant deux hommes qui entrèrent dans la pièce.
Erik reconnu l'un des deux. Il l'avait reconnu à partir des photos que lui avaient montrées ses parrains. Bien sûr, il était plus vieux mais il n'y avait aucun doute quand à son identité. Peter Pettigrow n'était pas un homme très grand. Court sur pattes, il paraissait encore plus petit en se tenant courbé. Sa peau était pâle et marquée de taches, son visage arrondi et son nez crochu. Il avait deux petits yeux qui lui donnaient un air un peu éteint bien qu'ils ne fassent que rouler dans leurs orbites. Sur la tête, il avait des touffes de cheveux éparses et filandreux et ses mains décharnées aux ongles cassés ne cessaient de se tordre dans tous les sens.
L'autre était plus grand, plus sûr de lui, plus élégant mais pas en plus grande santé. Ses long cheveux châtains ondulés, bien qu'impeccablement coiffés et retenu par un ruban pourpre, étaient ternes de même que sa barbichette. Ses yeux noirs étaient comme voilé et son visage était blême et creusé. Ses vêtements lui allaient à ma perfection mais dissimulant à peine son état de sous alimentation grave. Une seule solution à cela selon Erik. Il devait avoir été en prison pendant longtemps et n'en était sortit que récemment. C'était donc un des évadés d'Azkaban. Oui, mais lequel ?
« Et bien, et bien, et bien » dit l'homme. « Notre invité est réveillé à ce que je vois. Comment se porte notre prince ? »
« Comme un charme » dit Erik d'une voix qu'il espérait assurée. « Vous semblez manifestement savoir qui je suis mais ce n'est malheureusement pas réciproque. »
« Veuillez excusez ma grossièreté » dit l'homme sur un ton ironique. « Rabastan, Héritier de la très noble et très ancienne Maison Lestrange. »
Donc, l'oncle d'Haldus se dit Erik. Une nouvelle fois il tenta de se mettre à debout et y réussit. Comme ses jambes tremblaient encore, il se retint au montant du lit.
« Et bien sûr voici.. » continua Lestrange en désignant son compagnon.
« Peter Pettigrow » siffla Hariel en jeta un regard assassin au sorcier qui se recroquevilla sur lui-même.
Puis il regarda à nouveau Lestrange.
« Je suppose que mon état actuel est de votre fait » dit-il.
« Oui, j'ai préféré prendre mes précautions. Quand vous étiez inconscient je vous ai fait prendre une potion incapacitante. Elle limite vos mouvements et surtout votre concentration, et sans concentration, pas de magie. »
Et pas non plus de pouvoirs, se dit Erik qui avait essayé de geler les deux Mangemorts dès leur entrée mais dont la tête tournait trop pour y arriver.
« Vous devrez excuser cette tactique un peu trop…lâche pour vous. »
« Non, je respecte ça en fait » dit Erik sur un ton dégagé. « Après tout votre prétendu Seigneur m'a attaqué de front de façon assez stupide, même si je n'étais qu'un bébé. C'est normal que vous essayiez de relever son niveau. Je suppose qu'il avait trop peur pour se risquer à une nouvelle confortation. »
Rabastan grimaça et ses yeux jetèrent des éclairs. Il traversa la pièce en deux enjambés et frappa le visage d'Erik du revers de sa main.
« Vil petit sang-mêlé, mon Seigneur de craint rien ni personne ! »
Erik, qui avait tenu bon et était resté debout. Il tourna son visage qui avait été projeté sur le côté et essuya une goutte de sang qui perlant au coin de ses lèvres.
« Vous me payerais ceci, Héritier Lestrange » dit Erik en lui montrant son pouce rouge de sang.
Rabastan éclata alors d'un rire suraigu. Erik se dit que Bellatrix ne devait pas être la seule folle dans cette famille.
« Vous n'en aurait pas l'occasion mon cher car vous allez mourir. »
« Vous comptez donc me tuer ? »
« Nous ? Non ! Nous allons laisser cela à votre cher parrain. »
« Mon p… »
« C'est la pleine lune ce soir et vous êtes l'appât parfait. »
Erik dû alors réfléchir à la vitesse de l'éclair. Remus n'avait plus de « problème de fourrure » (comme disait Sirius) depuis bien longtemps mais cela ils l'ignoraient. Peter devait lui avoir parlé de ça. Cela voulait donc dire qu'il n'avait aucun problème à ce niveau là. Cependant il devait absolument avoir l'air effrayé sinon Rabastan allait se douter de quelque chose et changer ses plans pour quelque chose de moins…exotique.
« Vous…vous allez l'enfermer…avec moi » balbutia Erik avec une frayeur qu'il espérait convaincante.
« C'est exact » dit Rabastan.
« Mais…mais…mais pourquoi ? C'est…ce n'est pas logique. »
« Vous me décevez, mon cher. On vous disait pourtant intelligent. Si je vous tuais moi-même, il sera aisé de repérer ma signature magique et peut-être de remonter jusqu'à notre Maître alors qu'avec mon plan ce sera juste une victime de plus des loups garous, un pauvre étudiant qui a cru pouvoir faire confiance à son parrain malgré sa nature maléfique. »
Erik se retint de rouler des yeux tellement ce plan était cliché. Malheureusement la potion brouillait trop son esprit pour communiquer avec ses amis. Il aurait aimé qu'ils soient aussi là.
« Vous…vous n'arriverais pas à le piéger ! »
« Oh, n'en soit pas si sûr, petite vermine, ce cher Peter lui a laissé un mot très éloquent sur son bureau. »
« Mais pourquoi vous faites ça ? »
« Mon Maître voulait un moyen de t'éliminer » dit Rabastan en haussant les épaules. « Alors je lui en ai trouvé un. A tout à l'heure. »
Et il sortit, accompagné de Peter qui jeta un dernier coup d'œil à l'enfant avant de sortir. Erik soupira. Pour le moment, ça ne se passait pas trop mal.
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« Assure-toi que la porte reste bien fermée » ordonna Rabastan en lançant les clés à son acolyte.
« Oui, mais… »
« Il n'y a pas de mais ! » tonna Rabastan. « Les ordres du Maître sont de tuer Potter et nous allons obéir. »
« Ou…oui » couina Peter qui s'était recroquevillé sur lui-même quand l'autre homme avait élevé la voix.
« Bien, maintenant je vais aller surveiller le piège » dit-il avant de descendre jusqu'au rez-de-chaussée.
Peter soupira et glissa côté le mur jusqu'au sol. Tout ce qu'il voulait c'était que le Maître ne le punisse pas. Il était pourtant heureux avant. La vie d'un rat domestique était assez agréable, il n'avait qu'à manger et dormir. Et puis il avait été découvert. Et il avait fuit. Il ne pouvait plus rester avec les Weasley. Mais que faire ? Il était recherché à présent. Il pouvait toujours se cacher au château mais il savait qu'il allait finir par être découvert, surtout avec Remus comme professeur.
Il ne lui restait plus qu'une solution. Retrouver son Maître pour qu'il lui accorde sa protection. Cela faisait longtemps qu'il avait découvert où il se trouvait puisque outre manger et dormir, il lui arrivait de faire ce qu'il faisait le mieux, c'est-à-dire espionner. Il s'était donc rendu en Albanie et avait commencé à chercher.
Cela avait été rapide. Le Seigneur des Ténèbres devait sentit la marque sur son bras. Il avait été reconnaissant…au départ. Il avait demandé à Peter de lui fournir un corps, et pas partager celui d'un humain ou pire, d'un animal. Il voulait un corps à lui. Sous sa houlette, Peter avait pour la première fois pratiqué l'alchimie afin de former un homoncule, une réplique d'être humain que son seigneur pouvait habiter. Mais un homoncule n'était pas un véritable être, il avait plus la forme d'un bébé difforme et atrophié qui peinait à garder la tête droite mais c'était me que rien. Les petite mains au nombre de doigts irréguliers pouvaient tenir sa baguette et pour Voldemort, c'était tout ce qui comptait.
Peter était allé récupérer la précieuse baguette de son Maître là où il l'avait caché après l'avoir récupérée à la maison Potter et celui-ci s'en était servi aussitôt…pour le torturer. Voldemort voulait lui faire payer son abandon et son incompétence. Depuis, Peter vivait dans la peur des colères de son Maître. Et puis celui-ci lui avait parlé se faire évader ses fidèles d'Azkaban et malgré sa peur d'échouer, Peter était ravi car il aurait ainsi d'autres personnes sur qui reporter sa colère.
Cela avait été dur mais avec l'aide de son Maître et de ses connaissances, Peter avait reçu l'aide des détraqueurs pour sortir les Mangemorts de la prison.
Mais son Maître ne voulait pas se montrer à eux dans cet état de faiblesse. Il restait donc caché dans l'ombre et drapé d'un grand manteau prétextant que l'affrontement l'avait défiguré et c'est comme ça qu'il s'adressait à eux et aussi qu'il les punissait.
Mais il punissait toujours Peter.
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Soudain, Remus se souvint. La Carte des Maraudeurs. Non, il n'allait pas se servir de celle d'Erik mais de l'autre, une seconde carte qu'il avait passé l'année à fabriquer, une carte plus récente et avec plus de possibilités qu'il comptait offrir à Erik pour son anniversaire.
Rapidement, il se rendit dans l'aile ouest et atteignit la cage d'escalier en colimaçon sur laquelle ouvrait la porte de son bureau. Il voulut se précipiter pour prendre la carte mais se figea en entrant. Tous les papiers qui étaient auparavant sur son bureau étaient maintenant sur le sol à l'exception d'un seul, posé bien en vue. Remus s'approcha et prit le papier pour le lire.
« Ton filleul est entre nos mains, pour le retrouver rend toi dans le lieu dont la légende n'a été créé que pour toi. »
L'impulsivité Gryffondor de Remus renforcé par son instinct de meute le fit bondir hors de son bureau et se précipiter vers le parc à toute vitesse sans penser une seconde que ça pourrait être un piège.
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Erik s'était assis en tailleurs et, les yeux fermés, tentait de se concentrer suffisamment pour contacter ses amis.
C'était dur. Son esprit était brumeux, comme à cause de la fièvre. Il avait l'impression que sa pensée se débattait dans un brouillard sans fin mais il persévérait.
Et sa persévérance paya.
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Comme les adultes avaient bien entendu l'habitude de le faire, les amis d'Erik avaient été exclus des recherches et renvoyés à leurs dortoirs. Bien sûr, ils n'avaient pas écoutés et s'étaient tous rendu à eu cachette pour mener les recherches à leur façon.
« Scandaleux…pas des bébés…qu'elle honte ! » grognait Pansy en faisant les cent pas.
« Silence » dit Ingrid « Tu nous empêche de nous concentrer. »
Elle et les autres (Draco inclus) étaient assis au sol, en tailleurs, reproduisant inconsciemment la position d'Erik alors qu'ils tentaient de le contacter.
« Non mais franchement ! Ils nous prennent pour qui ? » reprit Pansy. « S'il y a bien quelqu'un qui peut le retrouver, c'est nous, ses meilleurs amis ! »
« Toi ? Sa meilleure amie ? » s'esclaffa Hans. « Tu as fait du chantage pour nous rejoindre ! »
« C'est un détail, ça » soupira la jeune fille. « Je… »
« Silence ! » dirent Wolf et Draco en même temps.
« Vous arrivez à capter quelque chose ? » demanda Hotun.
« Remus…p…piège…après je n'arrive pas à entendre » soupira Draco.
« Il nous dit d'accompagner Remus » dit Wolf.
« Mais où est-il ? » demanda Théo.
« On est dessus ! » s'exclamèrent les jumeaux qui avaient sorti la Carte des Maraudeurs. « Il sort dans le parc. »
« Alors en avant » dit Ingrid en se relevant.
Le groupe quitta rapidement leur cachette puis remontèrent dans le hall avant de se diriger vers les grandes portes.
« Où croyez-vous aller comme ça ? » siffla alors une voix dans leur dos.
Ils se retournèrent et virent le professeur Rogue qui se tenait pas très loin et qui venait vers eux.
« Remus sait où se trouve Erik » dit simplement Wolf. « On va le suivre. »
« Certainement pas » dit le professeur. « Vous allez retourner dans vos dortoir et je me chargerais d'aller aider Lupin.
« Cause toujours tu m'intéresse » soupira Ingrid en continuant son chemin avec les autres.
Severus plissa les yeux et sortit sa baguette mais celle-ci lui fut arrachée des mains et retomba dans celle de…Draco.
« Qu'est-ce que tu… »
« Désolé oncle Severus, mais on ne te laisse pas le choix. Tu peux venir avec nous ou rester ici mais pas nous empêcher d'y aller. »
« Et si vous essayez encore, on pourra… »
« …Vous faire la même chose qu'il y a deux ans. »
Les Jumeaux étaient assez suicidaire de rappeler au professeur ce qui s'était passé dans le souterrain de la Pierre Philosophale quand les Arendils s'étaient ligués pour l'immobiliser. Finalement, Severus soupira et accepta. Draco lui rendit sa baguette avatar de suivre les autres avec son parrain.
Guidés par les Jumeaux, ils se dirigèrent en direction de l'arbre qu'on nommait le Saule Cogneur, un arbre très rare et surtout très agressif dont personne ne s'approchait jamais. Draco jeta un regard à son parrain et vit qu'il avait blêmit en voyant l'arbre. Qu'est-ce qui pouvait bien terroriser l'homme à ce point ?
Arrivés tout près de l'arbre ils virent alors leur professeur de Défense essayer d'avancer vers l'arbre en évitant les branches.
« L'imbécile ! » s'exclama Severus en sortant sa baguette. « Il a excité le saule ! »
Il essaya de jeter des sorts sur l'arbre mais les branches ralentissaient à peine. Soudain, elles se figèrent complètement.
« D…dépêchez-vous ! » cria Hotun.
Les bras en avant, les yeux mi-clos, il semblait faire des efforts désespérés pour stopper les branches de l'arbre.
« Je ne vais pas tenir longtemps ! »
Remus se précipita et chercha à atteindre un nœud assez proéminent au niveau des racines mais une branche le percuta à l'épaule et le propulsant plus loin.
« Hotun ! » s'exclamèrent plusieurs de ses amis.
« J'essaie ! » cria-t-il d'une voix rauque.
Mais l'arbre était comme une pieuvre en colère. Dès qu'il arrivait à figer l'une de ses longues branche, une autre se remettait à bouger et fendait l'air autour d'elle. Il sentait sa concentration lâcher et bientôt l'arbre serait libre de ses mouvements et plus en colère que jamais.
Il se rappelait ce qu'il avait fait avec le filet du diable en première année. Si seulement il arrivait à se rapprocher ! Tout en maintenant la pression, il avança son pied puis l'autre.
« Hotun ! Qu'est ce que tu fais ? » s'exclama Ingrid en voyant son ami s'avancer vers l'arbre frénétique.
« Il faut…que je le…touche » dit péniblement Hotun en continuant d'avancer.
A ce moment là, une branche proche échappa à son contrôle et se précipita vers sa tête. Il était pris au piège. S'il bougeait, il allait se déconcentrer et toutes les branches seraient libres. Mais s'il arrivait à résister…
Il ferma les yeux très forts en serrant les dents mais rien ne se passa. Il rouvrit les yeux et vit que la branche avait été retenue par une immense main noire. Wolf se mit à générer d'autres mains qui se mirent à retenir les branches.
« Je vais vous aider ! » s'exclama Ingrid en envoyant un éclair.
Mais les branches de l'arbre se mirent à gigoter plus fort, essaya à tout prix de se libérer de l'étreinte.
« Arrête ! » cria Hotun. « On dirait que ta foudre le fait paniquer ! Il est encore plus en colère maintenant ! »
« Je m'en occupe ! » dit Hans.
Bientôt, les mains noires étaient rejointes par des fouets de sable scintillant.
« Il est…fort ! » haleta Hans.
Avec un effort plus important, le Saule balança ses branches plus fortement. Wolf tint bon mais Hans faillit décoller du sol. Heureusement, au dernier moment, Vincent, Gregory et les Jumeaux s'étaient précipités pour le retenir.
Rapidement, Hotun s'approcha de la branche la plus proche et la toucha en diffusant son pouvoir à l'intérieur. Mais l'arbre continuait de se débattre. Le garçon essaya à nouveau, plus fort. Mais quelque chose n'allait pas. C'est comme s'il n'arrivait affleurer que la surface. Avec un effort supplémentaire, il tenta de forcer le passage…et sombra.
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Il faisait sombre autour de lui. Et pourtant, il se sentait bien. Son esprit était comme englué dans un liquide chaud et collant qui pourtant sembler couler rapidement dans des canaux invisibles qui courraient dans le vide autour de lui. Non, ce n'était pas le vide, loin de là. Il se sentait pris dans un cocon dur et chaud et glisser de plus en plus loin.
Il n'était plus dans son corps, il était dans l'arbre même. Son esprit glissait à travers les veines de bois avec la sève chaud et vibrante, porteuse de vie et qui le conduisait…qui le conduisait où d'ailleurs ?
Les sensations étaient tellement douces qu'il en oubliait presque qu'une enveloppe de chaire et de sa l'attendait au dehors. Il se sentait peu à peu faire partie de l'arbre. Il avait l'impression que c'était ses racines qui plongeant au cœur de la terre pour chercher de quoi subsister, il avait l'impression que c'était ses branches qui bougeaient à en fendre son écorce, il avait l'impression que s'était son cœur qui battait au rythme de la sève qui alimentait son tronc.
Il était l'arbre. Puissant, fort, presque éternel. Et pourtant…pourtant il se sentait en colère, en rage. Il avait mal et c'était cette douleur qui le mettait tellement en colère. La foudre. Il avait sentit à nouveau la foudre honni, la foudre à odeur humaine qui l'avait blessé et laissé là, ni vivant, ni mort, une simple carcasse frémissante qui gémissait à longueur de temps mais que personne n'entendait.
Il voulait détruire cette foudre et celui qui l'invoquait. Il voulait détruire ces êtres qui emprisonnaient ses branches. Il voulait…
« …tun…Ho…tun…veille…oi.. »
Ces voix…dans sa tête…elles perçaient le voile de douleur et de rage qui embrumait son esprit. Il les connaissait.
« Hotun…rev…toi »
Il les entendait plus clairement à présent. Elles semblaient prononcer…des mots…et un nom peut-être…mais que voulait dire ce nom ? A qui appartenait-il ? A lui ? « Hotun » ? C'était son nom ?
La brume de son esprit commença alors à se déchirer. Oui, « Hotun » était bien son nom. Et les voix étaient celles de ses amis. Il n'était pas un arbre, il était un humain, un humain qui avait le pouvoir de parler aux arbres.
Au lieu de se laisser glisser, son esprit se faufila à travers la sève pour atteindre le cœur de l'arbre. Il avait sentit sa douleur, il savait qu'il devait le guérir. Enfin, son esprit atteint le centre nerveux du ligneux et plongea en son sein. S'il était encore dans son corps, son souffle se serait bloqué dans sa gorge quad il comprit enfin la vrai nature de l'arbre.
Ce n'était pas un Saule Cogneur, c'était un Arbre Sacré, un chêne sanctifié par la terre et qui avait poussé à l'emplacement exact d'un puissant nœud tellurique au croisement de nombreuses lignes de Ley, ces courent énergétiques invisibles qui traversaient les sous sols de leur monde.
Il vit un mage avec un pouvoir de foudre attaquer l'arbre afin d'atteindre le pouvoir en dessous. Le nœud avait été brisé, la magie aspirée et l'arbre traumatisé. Son cœur avait pourri, son feuillage était tombé et ses branches s'étaient mises à bouger, exprimant sa douleur sans fin. C'est la raison pour laquelle on l'avait prit pour un Saule Cogneur et changé de place pour éviter qu'il ne soit repéré par les non sorciers. C'est comme ça qu'il avait été acquis par Dumbledore pour garder l'entrée du passage secret qui menait à la Cabane Hurlante.
Hotun voulut soigner l'arbre mais la douleur, la colère et la folie avaient rongé son cœur au-delà du réparable. Hotun ne savait pas quoi faire pour l'aider, seul l'arbre savait. Seul l'arbre pouvait lui dire ce qu'il pouvait faire.
Grâce à son pouvoir, il écarta la folie et calma la douleur et la colère du grand chêne. L'esprit de l'arbre s'éclaircit et parla à Hotun.
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« Hotun ! Hotun ! »
Le garçon ouvrit ses paupières et se redressa. Il était allongé entre les racines de l'arbre avec ses amis autour de lui.
« Ça va ? » lui demanda Ingrid.
« Oui…je crois. »
Il se redressa et regarda derrière lui. L'arbre était mort. Ses branches pendaient maintenant sur le sol, sans vie, et son écorce commençait à virer au gris sale. Bientôt, il partirait en morceau alors que son tronc sait envahis de plantes parasites et de champignons.
« Qu'est ce que tu as dans la main ? » demanda Hermione.
Hotun la regarda quelques instant, l'esprit encore brumeux puis baissa les yeux. Il ouvrit sa main et regarda le gland brillant qui s'y trouvait. Il était très imposant et était empli d'énergie qui transparaissait sur sa surface.
« C'est l'arbre » dit-il d'une voix un peu éteinte.
« Comment ça « c'est l'arbre » ? » demanda Blaise.
« Il ne pouvait pas guérir. Il était trop abîmé, trop fou…alors je l'ai aidé à renaître. Toute son énergie et son histoire se trouve dans ce gland unique. »
« Tu vas le planter ? »
« Oui » dit simplement le garçon d'un air absent.
Il n'arrivait plus à détacher son regard du gland qui scintillait au creux de sa main.
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Pour retourner à la recherche d'Erik, ils avaient du laisser Hotun au pied de l'arbre mort tant le gland le fascinait. Ne voulant pas le laisser seul, Remus avait envoyé son Patronus, un chien imposant, porter un message à l'infirmière pour qu'elle vienne le chercher.
Il s'était ensuite enfoncé dans l'étroit passage entre deux racine pour rejoindre le tunnel qui menait jusqu'à la vieille cabane abandonnée. A la lumière de leurs baguettes, les sorciers se mirent à progresser dans le passage en prenant garde à éviter les racines au plafond et sous leurs pieds.
Enfin, le tunnel s'élargit et ils arrivèrent devant une échelle. Remus monta et ouvrit ma vieille trappe de bois avant de pénétrer dans la pièce. Il fut rapidement suivit par les autres qui montèrent à l'échelle à la queue leu leu, le professeur Rogue fermant la marche. Ils se trouvaient à présent dans une cave saccagée et sombre. Ça devait être dans cette pièce que Remus se transformait durant sa scolarité.
On n'entendait rien à l'exception d'un petit son métallique.
« Mais c'est quoi ce bruit ? » souffla Pansy avec exaspération.
Remus dirigea la lumière de sa baguette vers un coin de la pièce et y virent un chaudron dont le couvercle, qui tressautait légèrement, provoquait ce bruit.
« Vite ! Retournez dans le tunnel ! » s'exclama Severus.
Mais c'était top tard. Le couvercle de la trappe se rabattit brutalement alors que celui du chaudron sautait en l'air, libérant une fumée verte qui se mit à rouler sur le sol avant de se diffuser dans toute la pièce.
« Ne respirait…pas ! » Haleta Severus.
Mais c'était trop tard. Un à un, les sorciers s'effondrèrent, inconscient, sur le sol. Severus réussit à tenir suffisamment longtemps pour voir un homme entrer en chassant la fumée.
« Toi ! » s'exclama-t-il alors que la fumée le terrassait enfin.
« Et oui, moi » dit Rabastan.
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Sirius avait suivi les Aurors à Pré-au-lard pour fouiller consciencieusement la ville avec eux. C'était ridicule. La personne qui avait prit l'apparence de Mme Pomfresh pour enlever Erik pouvait être n'importe où à présent. Il lui suffisait d'avoir un portoloin ou de transplanter une fois arrivé en ville. Mais selon les Aurors, ils devaient commencer par là car en trouvant le lieu du transport (si transport il y avait) ils pourraient arriver à suivre le ravisseur par magie.
Autour de lui, les Soldats Magiques s'étaient dispersés et fouillaient maisons et magasins et interrogeaient les habitants pour savoir s'ils n'avaient rien vu d'étranges. La nuit venait de tomber et on n'y voyait goutte, surtout que la lune n'était pas encore levée.
Soudain, une forme argenté apparut au bout du chemin menant au château et avança vers Sirius qui reconnut au premier coup d'œil le chat persan qui était le patronus de Minerva McGonagall.
« Remus à disparu ! » s'exclama la voix désincarnée du professeur de Métamorphoses par l'intermédiaire de l'animal fantomatique. « On a juste trouvé un mot dans son bureau qui lui dit qu'il peut retrouver Erik dans un lieu où une légende n'a été créé que pour lui. J'espère que vous saurez ce que ça veut dire »
Avant même que l'animal ne se soit complètement dissipé, Sirius s'était déjà précipité vers les Aurors les plus proches qui se trouvaient être Kingsley Shaklebolt et sa cousine, Nymphadora Tonks.
« Je sais où se trouve Erik » leur cria-t-il. « Il est à la Cabane Hurlante. »
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Remus, Severus et les jeunes furent réveillés par le contact soudain et assez dur d'un parquet en bois. Tout comme Erik avant eux, la tête leur tournait et ils étaient très affaiblis.
« E…Erik ? » balbutia le loup-garou en relevant la tête.
« Salut tonton Remus » dit celui-ci alors qu'il était à quatre pattes près de Wolf et Draco et les aidaient à se relever.
« Tu vas…bien ? »
« Mieux que toi je dirais »
« Quelles touchantes retrouvailles » dit une voix narquoise derrière eux.
Rabastan se trouvait sur e pas de la porte et menaçait le groupe de sa baguette. Derrière lui, se cachant tant bien que mal se trouvait Peter.
« Toi ! » siffla Remus en tentant de se relever. « Je vais te tuer ! »
Peter couina et voulu reculer mais Remus ne pu mettre sa menace à exécution car ses jambes s'étaient mises à trembler et il s'était effondré sur le sol.
« Potion incapacitante ? » demanda Severus qui se mordait la lèvre, sans doute pour que la douleur lui éclaircisse les idées.
« Exact, mon cher Severus » dit Rabastan avec un sourire satisfait. « Comment tu la trouve ? »
« Un Gryffondor de première année ferait mieux » cracha Severus.
Dire de quelqu'un qu'il était moins doué qu'un Gryffondor relevait de l'insulte ultime dans la bouche du professeur de Potion.
« Ah, mon cher Severus ! Toujours aussi caustique »
« Qu'est ce que tu compte faire de nous Lestrange ? » s'exclama Remus.
« Vous tuer bien sûr, enfin, surtout Potter. Les autres ne sont que des dégâts collatéraux. »
« Tu veux me tuer aussi Rabastan ? » siffla Severus. « Que dira le Maître à son retour quand il saura qu'il n'a plus son espion ? »
Erik était sidéré par ce que venait de dire Severus. Bien sûr, il savait déjà que c'était un espion mais qu'il l'annonce comme ça, de but en blanc ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : il allait à la pêche aux renseignements.
« Le Maître à dit que peu importe ceux qui se mettent et raves de notre plan, ils doivent périr avec Potter. »
Donc Voldemort était de retour mais il n'était pas suffisamment fort pour faire le travail seul et avait envoyé des sous fifres pour se débarrasser d'un gêneur, autrement dit lui.
« Mais pourquoi nous avoir attendu pour tuer Potter ? Tu veux des témoins ? »
« Allons, allons, Severus. Cette fois tu me déçois » dit Rabastan avec une moue boudeuse.
« Il veut que Remus nous tue sous sa forme de loup » dit simplement Erik.
Cette affirmation avait provoqué de remous paris ses amis. Il est vrai qu'il ne leur avait jamais dit que Remus était un loup-garou. Mais la réaction la plus brutal fit celle de Severus. Son tain creux devint pâle comme la mort et il s'effondra en tremblant. C'est alors qu'Erik se souvint. Severus s'était retrouvé une fois confronté à Remus lors d'une pleine lune des années auparavant. Il avait été sauvé de justesse par James mais la rencontre avait laissé un profond traumatisme chez le jeune garçon qu'était Severus.
« Je pense que la lune est bien là à présent » dit finalement Rabastan.
Il pointa sa baguette sur le plafond et lança un sort qui le fit exploser. Tous se couvrir la tête et fermèrent les yeux pour se protéger des éclats. Par le trou, ils pouvaient voir le ciel noir et quelque peu nuageux.
« Quelle chance ! On dirait que vous allez avoir un peu de répit » dit Rabastan. « Ça ne durera pas vous savez. Bientôt les nuages se dissiperont et la lune apparaîtra. Ah, au fait ! Inutile de tenter de vous enfuir, la pièce et protéger pour empêcher les gens de sortir…sauf moi et Peter bien sûr. »
Alors qu'il parlait, Erik s'était traîné près de ses amis Arendils.
« Vous pouvez faire de la magie ou utiliser vos pouvoirs ? »
« Non. Oh ma tête ! » gémit Ingrid.
« Peut-être qu'oncle Severus a des potions qui pourraient nous aider » dit Draco en s'approchant.
Mais Severus était toujours en état de choc. Inutile d'attendre quelque chose de son côté.
« Il faut essayer ensemble » dit Erik aux Arendils avant de se tourner vers ses autres amis. « Vous, mettez-vous derrière nous. »
« Tu connais un sort qui peut arrêter un loup-garou ? » chuchota Blaise sur un ton hystérique.
« On a rien à craindre d'oncle Remus. C'est pour Peter et Rabastan. »
« Mais… »
« Je te dis qu'on ne crains rien » dit à nouveau Erik.
« Ça veut dire que… »
« …Remus n'est pas un loup garou ? » demandèrent les Jumeaux.
« Si » répondit Erik. « Maintenant laissez nous nous concentrer. »
Il prit la main de Wolf d'un côté et d'Ingrid de l'autre. Sans Hotun se serait difficile mais ils y arriveraient.
« Ah, enfin ! » s'exclama Rabastan.
Dans le ciel, les nuages, poussés par le vent s'étaient mis à bouger et commençaient à dévoiler le disque lunaire. Enfin, la pièce entière fut baignée d'une lueur bleutée alors que la pâle lumière de l'astre nocturne entrait par le trou dans le toit. Remus leva le visage et laissa la lune se refléter dans ses yeux. Puis il le baissa et posa son regard sur Rabastan qui ne pouvait cacher son expression ébahie.
« Tu t'attendais à autre chose on dirait » dit Remus sur un ton ironique.
« C'est…c'est impossible ! » glapit Rabastan. « Tu ne peux pas…Peter ! »
Son cri fit se recroqueviller le petit sorcier.
« Tu m'avais dit que Lupin était un loup-garou ! Traître ! »
« M…mais non ! Je te jure que… »
C'est à ce moment là que tous entendirent un grand fracas.
« Forces de l'ordre ! Rendez-vous ! » s'écria une voix forte au rez-de-chaussée.
« Non, non ! C'est trop tôt ! » s'exclama Rabastan. « Tant pis pour la discrétion. »
Il pointa sa baguette sur sa victime principale mais celle-ci lui échappe des mains.
« Que… »
Mais déjà, il entendait les pas des Aurors dans les escaliers.
« Transporte-moi ! » ordonna-t-il à Peter qui sortit sa baguette.
« Il ne faut pas les laisser partir » dit Erik à ses amis.
Ils se concentrent à nouveau et réussirent à envoyer un sort de pétrification qui atteignit Peter de plein fouet. Rabastan jura et se dépêcha de ramasser la baguette du rat. Erik et les autres essayèrent de le figer à son tour mais il était déjà parti.
Au même moment, Kingsley Shaklebolt, Nymphadora Tonks et Sirius débarquèrent dans la pièce.
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Malgré le regard suspect qu'il lançait à Remus, Severus distribua à tout le monde un contrepoison commun qui dissipa les effets de la potion de Rabastan. Peter fut désensorcelé et on lui passa le même type de menotte qu'à Ombrage quelques heures plus tôt. Alors qu'ils sortaient de la Cabane et retournaient en ville, Sirius et Remus devaient se retenir de le frapper à cause de ses suppliques incessantes. Mais ils tinrent bon.
Les Aurors comptaient ramener le prisonnier jusqu'à château mais une mauvaise surprise les attendaient à la sortie du village, sur la route qui menait à Poudlard.
« Félicitations à mes chers Aurors » fanfaronna Fudge. « Je vais à présent m'occuper d ce prisonnier. »
Il était accompagné de deux détraqueurs dont l'influence se fit immédiatement sentir sur le groupe. Erik se mit à haleter alors qu'il voyait à nouveaux les deux soudards de Lord Alva tenter d'abuser de lui.
« Monsieur le Ministre » dit Kingsley qui hésitait à lever sa baguette contre les deux créatures. « La Directrice Bones… »
« C'est moi le Ministre ! Je décide de tout et j'ai décidé que Peter Pettigrow allait recevoir le baiser du détraqueur ! Allez ! » ordonna-t-il aux deux Créatures qui se mirent à flotter vers eux.
Fudge souriait triomphalement. Il allait enfin avoir le moment de gloire qui allait le sauver de sa défection prochaine. Son action rapide serait louée par tous et il serait Ministre pendant encore longtemps. Il ne ressentait pas l'effet destructeur des deux spectres sombres grâce à un talisman spécial qu'il portait autour du cou. Il en existait très peu comme celui-là et tous les autres étaient à la disposition des gardiens humains de la prison d'Azkaban afin qu'ils puissent supporter la présence des autres gardiens.
Kingsley et Tonks hésitaient encore à intervenir alors que Sirius et Remus commençaient à lever leurs baguettes mais Erik fut plus rapide. Malgré les voix dans sa tête et malgré la peur, il se précipita devant Peter et leva sa propre baguette que les Aurors lui avaient rendue.
« Je ne peux pas vous laisser faire, Monsieur le Ministre ! Non seulement Peter à le droit à un procès mais il doit être interrogé. Il sait des choses sur Voldem… »
« Pauvre petit idiot ! » cria Fudge. « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est mort ! »
« Alors pourquoi avez-vous peur de le prononcer, son nom ? »
« Sale morveux ! » cria Fudge. « Si tu interrompt le cours de ma justice alors c'est que tu es complice ! Détraqueurs ! Commencez pas lui ! »
« Non ! » s'écria Sirius. « Exp… »
Mais à nouveau, Erik fut plus rapide. Après tout, il s'était tellement entraîné pour réussir ce sort. Il avait pratiqué avec Remus, avec ses amis ou seul et maintenant il était prêt à lancer le sortilège du Patronus, le seul à pouvoir repousser les détraqueurs.
Il avait comprit que pour le lancer, il ne fallait pas seulement penser à un souvenir heureux, mais il fallait éprouver le bonheur qu'on avait ressenti à ce moment là. Le sortilège du Patronus était un pur sortilège de Magie Noire, de Magie Viscérale. Il nécessitait de vrais sentiments pour bien fonctionner. Hors un souvenir, ce n'est pas des sentiments, ça ne fait que rappeler le moment où on a été heureux. Si on ne fait que se rappeler sans éprouver le sentiment, alors le sort ne fonctionnait pas. Erik, lui, ne se contentait pas de souvenirs, il essayait d'appeler à lui des sensations plaisantes, les bras de sa mère autour de lui, ceux de Wolf, ceux de Sirius, de Remus, de Draco et de tous les autres. Le bonheur de ces sensations commença à emplir son corps et il sentit la peur refluer.
« Expecto… »
Un lumière argenté s'alluma au bout de sa baguette et se mit à pulser fortement.
« Patronum ! »
Avec une force inouïe, la baguette projette une lumière argenté qui percuta les détraqueurs, les arrêtant net. Puis de la lumière émergea une forme, une forme immense qui marchait sur quatre pattes. Le loup géant se ramassa sur lui-même puis sauta sur les détraqueurs, la gueule ouverte. Les créatures voulurent lui échapper mais les mâchoires du loup se refermèrent sur l'un d'eux. Une sorte de cri perçant et inhumain s'échappa de la cagoule et le détraqueur se tortilla pour échapper à l'étreinte fantomatique. Quand enfin il réussit, il s'enfuit dans la même direction que l'autre avait suivit quelques secondes plus tôt.
Le loup se redressa puis marcha doucement chers Erik. Il le regarda quelques instants, sa tête au niveau de celle du jeune garçon puis poussa sur ses pattes avants. Sous les yeux ébahis des autres, le Patronus se transforma en ours qui s'assit sur son postérieur. Il pencha la tête sur le côté en regardant toujours Erik puis la baissa et passa son museau sur la joue du garçon avant de disparaître.
« C'est…c'est normal ça ? » demanda Erik, tout aussi surpris que les autres.
« Je n'ai jamais entendu parler d'un Patronus qui se transforme » dit Remus d'une voix un peu absente.
Mais rapidement, une voix criarde les fit revenir à la réalité.
« Non ! Non ! Non ! » criait Fudge en trépignent comme un gamin. « Sale morveux ! Je vais…je vais… »
« Vous allez quoi, Cornelius ? » dit alors une voix froide dans son dos.
Le Ministre se retourna et se trouva nez à nez avec la Directrice de la Justice Magique.
« Ma…Madame Bon…Amélia ? » balbutia Fudge en enlevant rapidement son chapeau melon et en se cachant presque derrière. « Que…que faites vous là ? »
« La question serait plutôt : est ce que je viens de vous voir essayer de faire embrasser un enfant et qui plus est l'un des plus puissants Héritier de ce pays ? »
« Mais…mais…mais c'est…c'est Potter qui… »
« Potter ? » demanda Amelia en haussant un sourcil. « C'est comme ça que vous appellez l'Héritier Gryffondor-Serdaigle-Peverelle-Potter-Fleamont ? »
« Oui ! Non ! Enfin je veux dire…il est coupable d'obstruction à la justice ! » s'exclama finalement Fudge assez fier de lui.
« Ça mon cher Cornelius, c'est votre délit. Vous n'êtes pas la justice, la justice c'est le Magenmagot, c'est lui qui peut décider si oui ou non la peine capitale peut être administrée, pas vous ! De plus vous avez mit en danger l'enquête faite sur M. Pettigrow. Le baiser nous aurait fait perdre toute chance de l'interroger… »
« Vous voulez parlez de ces imbécillités sur Vous-savez-qui ? Enfin, Amelia… »
« Je parle de son implication dans la mort de Lord et Lady Potter ainsi que de treize moldus et de l'enlèvement de lord Potter-Elsasson, de ses amis et de deux professeurs de Poudlard ! »
Amelia soupira et jeta un regard noir à Fudge qui essayait de se faire tout petit.
« Auror Shaklebolt, Apprentie Auror Tonks, veuillez amener le prévenu au Ministère pour interrogatoire. »
« Bien Madame » dirent Kingsley et Tonks d'une même voix.
« Je…je vais les accompagner » dit Fudge d'une petite voix.
Alors que les deux Aurors avaient déjà disparus avec leur prisonnier, le Ministre transplana à son tour, toujours sous le regard incendiaire d'Amelia Bones.
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Cornelius Fudge ne décolérait pas. Comment osait-elle ? Comment osaient-ils tous ? Il était le Ministre de la Magie, par Merlin ! Son pouvoir était absolu. Il fallait qu'il se débarrasse d'eux, de Potter, de Black, d'Amelia…tous ceux qui ne le respectaient pas et qui ne respectaient pas son pouvoir.
Il commencerait par Amelia. Il pourrait ensuite la remplacer par un quelconque de ses suiveurs…peut-être Lucius et comme ça il aurait la main mise sur le Bureau des Aurors…mais il y avait encore ce vieil âne bâté de Scrimegeour…il faudrait donc le remplacer aussi. Comme ça, Dawlish pourrait enfin avoir la promotion dont il lui rebattait les oreilles depuis des années…
Il faudrait qu'il demande l'aide de Dolores pour…ah mais c'est vrai, cette idiote s'était faite piégée par ce sale morveux de Potter et ce trois fois maudit Dumbledore. Décidément, il était entouré d'incapables. Pourquoi fallait-il qu'il soit la personne la plus intelligente et censée de ce Ministère ?
Il rêvait d'un monde bien ordonné où son pouvoir serait absolue où tous les sorciers et en particulier les nobles (pas seulement Lucius) lui mangeraient dans la main. Sous sa houlette, le pays pourrait atteindre une gloire inégalée. Il serait débarrassée de toutes ces impuretés qui les affaiblissent et pourrait ainsi commencer, pourquoi pas, une expansion.
Avec une telle société, il ferait tomber la France et tous les pays d'Europe de l'Ouest. Ce ne serait pas bien difficile après tout. Puis ce serait au tour des autres pays d'Europe, ceux de l'est. Après tout, ce n'était qu'un ramassis de paysans illettrés et qui devaient à peine connaître trois sorts pour labourer la terre.
Après, c'est la que ça se compliquait. Que ce soit l'Asie ou l'Afrique, ils n'étaient peuplés que de sauvages mais ils restaient quand même assez puissants. C'est pour ça qu'il se tournerait vers l'Amérique du Nord. Ce n'était que des coloniaux dont la magie était trop désordonnée par rapport à la leur mais ils étaient nombreux. Une fois rallié à sa bannière, ils seraient une excellente chair à canon pour s'attaquer aux hordes de barbares nègres et aux multitudes grouillantes des bridés. Ce serait long, peut-être un an ou deux, mais ça en vaudrait la peine.
Et puis après ses conquêtes, le Magenmagot insisterait pour le couronner Empereur. L'Empereur Cornelius Ier.
A ce nom, Fudge riait sous cape. La tête pleine des projets qu'il ferait une fois sur le trône suprême, il se dirigea vers les cachots du Ministère. Il voulait assister à l'interrogatoire de ce maudit Pettigrow. A défaut de pouvoir l'arrêter, il pourrait donner l'exclusivité de ses révélations à la presse. Rita Skeeter était toute indiquée.
Comme il arrivait devant la cellule, il vit les deux Aurors qui avaient capturés Pettigrow lui administrer une dose de véritaserum comme c'était la procédure.
« Quel est votre nom ? » demanda l'Auror noir (une faute de goût selon Fudge).
« Peter Pettigrow » répondit l'homme d'une voix plaintive.
« Quand êtes vous né ? »
« Le 23 août 1960 »
Oh, qu'ils en viennent aux fait ! Se plaignait intérieurement Fudge. Qu'ils lui demandent ses allégeances pour qu'un en finissent une fois pour toute avec ces délires de résurrection de Vous-savez-qui. Il avait hâte de raconter à Rita comment il avait démantelé un complot visant à affaiblir la société sorcière du Royaume-Uni en agitant le spectre du Seigneur des Ténèbres. Grâce à cela il serait un héros.
« Pourquoi avoir enlevé Erik Potter-Elsasson ? » reprit Kingsley.
« C'était le plan de Rabastan…Lestrange. Il voulait qu'on tue Erik en l'enfermant avec Remus Lupin pendant la pleine lune pour qu'il se fasse tuer par le loup garou. »
« Remus Lupin est un loup-garou ? » s'exclama Tonks sous le regard noir de son supérieur.
Mais c'était trop tard, la question avait déjà été posée et Peter devait y répondre.
« Oui ! C'est un loup-garou ! Mais pourquoi il ne s'est pas transformé ? Pourquoi il ne s'est pas transformé ? »
Malheureusement pour lui, Fudge n'avait pas entendu ces derniers mots. Il était déjà parti.
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Plus personne ne faisait attention aux enfants. Après la disparition du Ministre, Sirius, Remus et Amelia les avaient ramenés à l'école. Comme aucun d'eux n'avaient mangés, ils les avaient amenés à la Grande Salle ou des en-cas avaient été préparés en vitesse pour les membres du Magenmagot qui avaient assistés au duel. S'en était suivis des discussions épiques entre eux, tant et si bien que personne ne faisait plus attention à eux.
Alors qu'ils finissaient de manger les sandwiches et les petits plats préparés par les elfes et dont ils avaient remplis leurs assiettes, la porte de la Grande Salle s'ouvrit brusquement pour révéler nulle autre que le Ministre Fudge.
Alors que quelques temps plus tôt il était parti la que entre les jambes, il avançait maintenant d'un air conquérant.
« Dumbledore ! » s'exclama-t-il. « Comment osez-vous mettre la vie de nos chers enfants en danger ! »
Tout le monde se dit pratiquement en même temps que décidément, leur Ministre ne manquait pas de culot. C'est lui après tout qui avait envoyé une sadique psychopathe pour enseigner à des élèves. De son côté, Fudge nageait dans le bonheur. Grâce à ce qu'il avait appris, il avait de quoi se débarrasser de Dumbledore et d'affaiblir Potter. C'était parfait.
« En tant que Ministre, j'accuse Dumbledore de mise en danger de la vue d'autrui pour avoir engagé un loup-garou comme professeur de Défense Contre les Forces du Mal ! »
Tous les regards se tournèrent alors vers Remus. D'abord surpris, celui-ci se mit alors à sourire.
« Prouvez-le » dit-il il alors.
Fudge se figea, les yeux grands ouvert de même que la bouche.
« Je…euh…quoi ? » balbutia-t-il.
« Prouvez que je suis un loup-garou » répéta Remus.
Il s'était préparé à cela toutes cette fin d'année au cas où Ombrage s'intéresserait à son cas. Après tout, il n'avait plus aucune des faiblesses et caractéristiques habituels des loup-garous. Il était donc impossible à prouver qu'il en était un.
« Le…le prouver ? Mais…mais c'est tes simple ! Il suffit d'un objet en argent ! »
« Comme celui-ci ? » demanda Remus en présentant l'un des coûteux qui formaient l'argenterie de l'école. Ce n'était pas les couverts de métal ordinaire utilisé dans l'année ni ceux fait d'or réservés aux fêtes et aux banquets mais c'était quand même un service en argent pur.
« Mai qui nous dit que c'est vraiment de l'argent ? » s'exclama Fudge qui commençait à paniquer.
« Soit » dit Remus en posant le couteau. « Mais qu'est ce que vous dite de ça ! »
Il pointa alors son doigt en l'air, sur le plafond magique de la Grande Salle sur lequel apparaissait le ciel nuageux mais où la lune, la pleine lune, était quand même bien visible.
« Vous pensez que ce n'est pas la vrai lune ? » demanda Remus sur un ton moqueur.
« Je…euh…je…je ne… »
« Maintenant il suffit Cornelius » s'exclama Amelia. « Je pense que vous dépassez les bornes. J'avais prévu cela pour une date ultérieur mais vous ne me laissez guère le choix. »
Elle se leva et monta sur l'estrade des professeurs.
« Puisque nous sommes tous, ou en majorité, présent, je demande un vote à main levée ! La motion est : pour ou contre une mise en place d'une procédure de destitution à l'encontre du Ministre de la Magie Cornelius Fudge. »
« Quoi ! Mais vous ne pouvez pas ! » s'exclama le Ministre. « Ces délibérations… »
« Ce ne sont pas des délibérations » l'interrompit Amelia. « C'est une motion. Elle peut être annoncée et enregistrée n'importe où tant que la majorité des membres du Magenmagot sont présent. Maintenant, que ceux qui sont contre lèvent la main. »
Lucius fut le premier et entraîna avec lui tous ceux de son groupe d'influence mais il n'y en eut que peu d'autres.
« Ceux qui sont pour ? »
Sirius leva la main bien sûr, ainsi qu'Amelia, Anthea, Balkis, Enguerrand, Anastasia et Anton et presque tout le reste des membres du Magenmagot.
Le décompte fut facile puisque le vote d'une motion se faisait par tête et non en fonction des titres.
« À la question « Faut-il engager une procédure de destitution à l'attention de l'actuel ministre ? » la réponse est : Oui. »
La solennité de la sanction avait été encore renforcée par l'immense éclair qui avait zébré le ciel juste à ce moment là. Fudge s'affaissa alors que les membres du Magenmagot (ceux qui avaient voté pour) applaudissaient. Un second éclair rapidement suivit par un coup de tonnerre éclaira la salle et il commença à pleuvoir.
« Quel orage » murmura Remus à Sirius alors qu'on entendait parfaitement le bruit des gouttes tombant furieusement sur le toit ainsi que le roulement du tonnerre.
C'était le premier orage depuis des mois. Il y avait eu des pluies bien sûr, mais ce n'était que du crachin. Puis en hiver il y avait eu de fortes chutes de neiges mais c'était la première fois de l'année que la foudre était au rendez-vous.
« En tout cas, la petite devait avoir très sommeil » dit Sirius en caressant la tête de sa fille que son compagnon avait récupéré. « L'orage ne la réveille même pas. »
« En parlant d'enfants et de dormir, il faudrait peut-être envoyer les jeunes se coucher, non ? »
« Oh, ils peuvent bien rester encore un peu » dit Sirius en haussant les épaules.
« Ils ont eut une grosse journée et puis c'est bientôt les examens. »
« D'accord, d'accord, professeur » dit Sirius sur un petit ton moqueur.
Tout les deux se retournèrent alors vers l'endroit où ils avaient laissés Erik et ses amis quelques temps plus tôt. Un nouvel éclair illumina la pièce et en particulier les assiettes et les verres abandonnés.
Les enfants étaient partis.
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« Mon Seigneur, veuillez m'excuser, j'ai échoué » dit Rabastan, un genou au sol.
« C'est vrai, tu as échoué…et tu as permis à l'un des notre d'être pris » dit une voix râpeuse et sifflante provenant d'une forme noire assise sur un trône de pierre. « Endoloris »
Un rayon rouge et sinueux sortit de la baguette que tenait la forme sombre de Voldemort et percuta Rabastan qui se mit à se tordre de douleur alors que le des éclairs rouges serpentaient sur son corps. Heureusement pour lui, la torture s'arrêta rapidement.
« Mais au vue des dernières informations, j'ai décidé d'être clément » ajouta Voldemort.
« Mon Seigneur est trop bon » dit Rabastan due voix légèrement voilée.
« Il semblerait que finalement, Potter me soit plus utile vivant que mort. Il te faudra donc le capturer. »
« Comme il plaira à mon Seigneur » répondit humblement Rabastan. « Cependant, puis-je me permettre de vous demander d'où viennent ces informations ? »
Voldemort ricana.
« Vois-tu, ton…coup d'éclat a permis à l'un de mes plus fidèles Mangemort de revenir vers moi. »
Surpris, Rabastan leva la tête. C'est alors que de l'ombre qui se trouvait près du trône émergea la haute silhouette de Severus Rogue.
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« Tu es sûr que c'est très prudent de monter là haut ? » demanda Hotun.
Quand Blaise et Théo étaient allés le chercher à l'infirmerie, ils avaient été heureux de voir qu'il était enfin sortit de son espèce de transe admirative pour le gland d'arbre sacrée. Ils avaient réussit à le faire sortit en douce et avaient attendu les autres dans la grande cage d'escalier.
Bientôt, ils étaient enfin revenus de leur cachette et Erik portait sous son bras un gros coffret. C'était celui qui contenait les potions Animagus. L'orage étant enfin là, ils devaient passer à la dernière étape du rituel : boire la potion.
Erik voulait faire ça bien, il voulait que ce soit grandiose. C'est pour cela qu'il avait insisté pour qu'ils se transforment pour la première fois en haut de la Tour d'Astronomie, au milieu de l'orage.
Enfin, ils arrivèrent au sommet. La structure en bois et en métal qui recouvrait la plateforme de la tour craquait et grinçait au rythme de la tempête. La seule lumière venait des éclairs dont l'éclat se réverbérait sur les nuages.
Erik posa le coffret au sol et l'ouvrit avant de distribuer à chacun sa fiole. Le mélange étrange était devenu parfaitement liquide et d'une couleur rouge sang.
Les jeunes sorciers se mirent alors en cercle, à genoux et ouvrirent leurs fioles. Ils se regardèrent les uns les autres une dernière fois puis burent intégralement la potion.
A suivre…
Et voilà ! Alors ? Vous en avez pensé quoi ? C'est un super chapitre plein d'action, de rebondissements, de déceptions (celles de Fudge) et de mise à mort politique (toujours celles de Fudge).
Je sais que vous êtes déçus de ne pas connaître les formes animagus de nos petits chéris mais ça va venir…au fur et à mesure…oui, je sais, je suis diabolique.
Donc voilà, je vous dis à la semaine prochaine…si vous lisez Check Mate DxD. Sinon, c'est deux semaines (mon sadisme atteint de sommets, non ?)
Bisous !
