Précédemment dans Plutôt à Serpentard :

"Peut-être que ça te montre juste ce que tu veux vraiment très fort, plus que tout au monde. Même si c'est impossible."

Un instant plus tard, une autre personne rejoignit la foule près de Harry, et il pouvait reconnaître Severus Snape entre mille. Sa Maman et son Papa accueillirent Snape, et lui serrèrent la main, et alors que sa Maman et son Papa posaient leurs mains sur les épaules de Harry, le Professeur de Potions baissa les yeux vers lui avec un sourire, et lui ébouriffa les cheveux, et ça semblait tellement vrai qu'il le sentit presque. C'était comme s'ils étaient tous là avec lui, comme s'ils étaient tous de sa famille, même Snape, et il se sentit réchauffé et triste et heureux en même temps, et crut qu'il allait exploser.

"Ouais," dit Ron, semblant triste. "Je suppose que tu as raison."

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Severus Snape passa ses vacances de Noël, cette année-là, d'une façon entièrement différente de ses précédentes années d'enseignement, plus de dix ans au total. En somme : il se socialisa. Il passa un ou deux après-midi animés avec Minerva, discussant officiellement des meilleures façons d'améliorer les résultats de B.U.S.E dans leurs matières respectives ; officieusement, ils se régalaient mutuellement de contes concernant les meilleures farces dont ils furent témoins au cours des dix dernières années, et parlant des étudiants depuis longtemps partis et de ce qu'ils devenaient. Il rejoignit également Filius Filtwick plusieurs fois à l'heure du thé, pour discuter la possibilité de former un Club de Duel. Ils décidèrent de lancer l'idée l'année suivante. Enfin, il resta également une soirée en compagnie de Dumbledore, discutant d'autre chose que du Pire Sorcier de Tous les Temps, comme par exemple la façon dont se passaient leurs vacances, les souvenirs des Noëls passés, et des sujets familiaux.

Ce dernier sujet surprit Severus immensément. Il n'avait quasiment jamais partagé de détails de son enfance avec qui que ce soit, même Lily Potter, et il s'était trouvé avec l'homme, dans lequel il avait placé ses espoirs pour être sauvé de façon permanente du caractère de son père. Ils avaient partagé une théière, aromatisée avec un petit quelque chose "pour se réchauffer," tout en discutant de l'amour de Tobias pour le billard et la bière brune.

Severus avait été libre pour la soirée, une fois que la leçon d'Occlumancie se fut terminée pour ce jour-là, parce que Harry avait filé avant qu'ils jouent aux échecs ou regardent les photos pour la première fois depuis le début des vacances. Le garçon était sûrement allé au lit plus tôt, ou avait peaufiné les derniers détails de ses devoirs pour le début des cours, qui se tenait le lundi.

C'était l'autre majeure différence, pendant ces vacances : Harry.

Severus avait enseigné l'Occlumancie au Gamin Qui Ne Le Laissait Jamais Seul presque chaque soir après le dîner pendant les deux dernières semaines, et l'étrangeté de toute cette histoire était que cela n'avait pas dérangé Severus. Normalement, des vacances scolaires étaient l'occasion pour Severus de fermer boutique et se retirer dans son endroit préféré - ses appartements et son laboratoire privé - où il ne voyait pas l'ombre de qui que ce soit d'autre pendant deux merveilleuses semaines. Cette année, cependant... Le Gamin l'avait fait sortir de sa coquille. Ils avaient tout deux regardé des photos de Lily, joué aux échecs, sorciers et Moldus, et avaient discuté de théorie magique, majoritairement à propos d'Occlumancie, mais aussi de Magie Elémentaire. Pour une raison étrange, Harry était intéressé par ce sujet, et c'était toujours agréable d'avoir un étudiant motivé et plein de bonne volonté.

Et Harry n'était pas uniquement plein de bonne volonté, il était aussi... brillant et amusant, et il avait quelque chose de charmant, tout particulièrement quand il essayait de dévier la conversation lorsqu'elle atteignait un sujet problématique. Severus était... heureux, oui, heureux d'avoir enfin vu au travers des évidences de l'héritage du garçon pour le voir comme un élève fait pour apprendre, avec toutes les qualités que cela apportait.

Il avait remarqué, cependant, une drôle de mélancolie chez le garçon ces derniers jours, et était allé voir Dumbledore ce soir-là pour savoir si le vieil homme - avec ses innombrables "intuitions" sur les gens (ce qui voulait dire : son espionnage) - pouvait l'aider à déterminer quel était le problème.

D'une façon ou d'une autre, ils en étaient venus à parler du billard, un jeu qui n'avait jamais intéressé Severus ; mais apparemment, Albus en connaissait un rayon. "Ce jeu a commencé chez les sorciers, je suis sûr que ton père en serait transporté de joie," dit Albus en reniflant, amusé.

"Transporté de joie, oui, c'est le mot," approuva Severus.

"Quand les Moldus ont commencé à jouer, bien sûr, les boules étaient immobiles sur une table de billard, et elles ne volaient plus comme des cognards partout. Bien sûr."

Severus sourit sèchement. "Bien sûr."

Albus babilla pendant encore quelques minutes à propos du jeu, puis ajouta soudainement, "Tu as déjà vu le Miroir du Risèd ?"

"Est-ce que je..." les yeux de Severus s'étrécirent lorsqu'il se souvint de l'artefact magique. Il déglutit. "Oui. Je l'ai cru perdu après..."

Avec un sourire aimable, Dumbledore secoua la tête. "Non, non, mon cher garçon. Il est à nouveau là, à Poudlard. Je voulais le déplacer jusque dans la Fosse, mais j'ai été trop long -"

"Est-ce que quelqu'un a pris la Pierre ?" l'interrompit Severus.

"Non, non, rien de tout ça... Simplement, j'ai bien peur que le miroir ait été découvert par deux de nos Première Année."

Puisqu'il n'y avait que deux Première Année actuellement à l'école, cela ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose. Il inspira profondément. "Potter et le garçon Weasley."

"En effet. J'ai bien peur que Harry Potter, en particulier, ait été particulièrement happé par ce que le miroir peut lui offrir."

En considérant ses conversations - et les innombrables heures passées à regarder les photos de sa mère - avec le garçon, il pouvait avoir une assez bonne idée de ce que cela signifiait. "Oui, j'en suis sûr."

"J'aimerais que tu t'en occupes, Severus."

Il y a bien longtemps, il avait été happé par le miroir lui aussi, et il comprenait ce que demandait Albus. "Bien sûr. Dites-moi où il est."

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Observant le garçon dans la salle du quatrième étage l'après-midi suivant, Severus s'installa sur le coin d'un des bureaux non-loin, la poitrine serrée. Plutôt que de dire quoi que ce soit immédiatement, il observa le garçon un petit instant, essayant de décider la meilleure façon d'aborder le sujet. Apparemment - probablement grâce à cette satanée cape d'invisibilité - Harry s'était débrouillé pour semer son gardien habituel, le Baron Sanglant, et Severus avait donc naïvement cru qu'il était dans son dortoir, en train d'étudier, pendant ses après-midis. Severus allait devoir avoir une discussion avec le Baron, pour savoir pourquoi il n'était pas en train de suivre sa pupille.

Au fond de la pièce poussiéreuse, Harry était accroupi devant le miroir, observant avidement ses profondeurs. Severus pouvait tout à fait imaginer les membres de sa famille qu'il voyait à l'intérieur. Il était probablement venu ici la nuit précédente également, plutôt que de jouer aux échecs ou de regarder des photos de personne qu'il ne connaîtrait jamais personnellement.

Severus eut un pincement au coeur en considérant cette idée. Enfin, il ne put en supporter davantage. "Harry. Eloigne-toi de là immédiatement."

La nuque du garçon se tordit comme s'il avait vu un épouvantard. Ses yeux étaient écarquillés, mais alourdis par des cernes sombres. Est-ce qu'il s'était faufilé hors de son dortoir la nuit ? Non... Ses alarmes n'avaient pas sonné. "Monsieur ? Je ne vous avais pas vu."

"Non, je suppose que non. Tu n'as d'yeux que pour le miroir."

"Je... euh, oui. Oui, monsieur." Harry se remit rapidement sur ses pieds et jeta un regard coupable à l'artefact, alors même qu'il s'en éloignait.

Severus glissa du bureau jusqu'au sol et s'approcha du garçon, essayant de ne pas froncer les sourcils. Il ne voulait pas l'effrayer, après tout. "Donc. Tu as trouvé le Miroir du Risèd."

"Risèd ? Qu'est-ce que..." Le garçon s'interrompit et jeta à nouveau un regard au miroir, tout particulièrement aux lettres runiques ornant le cadre. Risèd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. "Risèd," répéta-t-il doucement, et son visage se décomposa. "Désir."

"Oui," approuva doucement Severus. "Tu sais ce que fait ce miroir, je suppose."

Harry hocha la tête, fixant le sol. "Il montre ce qu'on veut vraiment, vraiment fort, mais qu'on ne peut jamais avoir."

Les mots du garçon fut comme un coup de pied dans son estomac. Ces mots étaient si vrais, et pourtant... "D'une certaine façon, Harry. Tel que l'on me l'a expliqué, quand j'étais enfant, le miroir ne montre rien d'autre que le plus profond, le plus désespéré désir de nos coeurs." Il marqua une pause et s'empêcha de regarder dans le miroir. Rien de bon n'en sortirait. Le plus doucement possible, il dit, "J'imagine que tu vois ta famille autour de toi quand tu le regardes."

Le garçon jeta un nouveau regard coupable au miroir, puis se tourna vers Severus, les larmes brillant sur ses cils, dont il se débarrassa rapidement en clignant des yeux avant qu'elles ne tombe. Severus pouvait comprendre, intimement, ce qu'il ressentait. Il avait vu de la famille, lui aussi, lorsqu'il avait trouvé le miroir pendant sa quatrième année, mais rassemblée autour de lui d'une façon qui ne serait jamais arrivée dans la vraie vie. Son père lui avait tapé dans le dos d'un air fier et sa mère avait embrassé son front... Et puis, Lily était à ses côtés, leurs mains fermement entrelacées, même lorsqu'ils s'embrassaient...

"Oui," murmura Harry.

"Je sais," dit Severus. Et il le pensait de tout son coeur. "Mais un homme sage m'a dit un jour, que le miroir ne donnerait jamais la vérité ou la connaissances. Certains ont gâché leur vie devant lui, envoûtés par ce qu'ils voyaient, ou rendus fous, ne sachant pas si ce qu'il montre est réel ou même possible."

"Est-ce que c'est possible ?" chuchota Harry. "Est-ce que ça peut se produire un jour ? Ce que je vois ?"

Se demandant ce que le garçon pouvait bien voir à part sa famille morte autour de lui, Severus secoua la tête. "Non, Harry. Il n'y a aucune façon de ramener les morts à la vie, pas même avec la magie."

Le visage de Harry se décomposa, et Severus fit un pas vers lui, ne sachant pas vraiment ce qu'il pouvait faire, mais se disant qu'il se devait d'essayer d'adoucir la douleur du garçon d'une façon ou d'une autre. Mais tout ce qu'il put dire fut, "Le Professeur Dumbledore va déplacer le miroir demain, et il te demande de ne pas essayer de le retrouver."

"Le Directeur ?" Harry leva les yeux vers lui, les yeux brillants. "Qu'est-ce que ça peut lui faire ?"

"Il se soucie de tous les élèves ici," répondit Severus, même s'il n'était pas tout à fait sûr de la véracité de son affirmation, vu la façon dont ses serpents étaient traités par rapport aux chouchous de Gryffondor. "Mais, plus important encore, je me soucie de toi, Harry, et je ne veux pas que tu gâches ta vie à courir après des rêves. Comme on me l'a dit lorsque j'ai trouvé le miroir, il n'est jamais bon de s'apesantir sur des rêves et d'oublier de vivre."

Il attendit jusqu'à ce que le garçon hoche lentement la tête et récupère sa cape avant de parler à nouveau. "Je souhaiterais que tu restes après l'Occlumancie ce soir, pour que nous puissions en parler plus avant. Mais pour l'instant, tu ferais mieux d'aller travailler sur tes devoirs de vacances, d'accord ?"

Sans regarder Severus dans les yeux, le garçon secoua la tête. "Je les ai déjà finis, monsieur."

"Alors peut-être que tu veux venir jouer aux échecs avec moi."

Le garçon haussa légèrement les épaules, et dit, "D'accord. Merci, monsieur."

"Viens, Harry." Il montra la porte et suivit le garçon dehors.

Plus tard dans la soirée, comme Severus s'y était attendu, Harry dit, "Monsieur, je peux vous poser une question ?"

"Tu viens de le faire," remarqua-t-il. "Mais tu peux m'en poser une autre."

Harry lui offrit un sourire en coin, le premier que Severus voyait depuis plusieurs jours. "Je peux vous demander, euh, je veux dire, ce que vous voyez dans le miroir ?"

Severus lui offrit un de ses propres petits sourires, alors qu'il détournait les yeux et prenait une longue gorgée de son verre de vin, qu'il appréciait pendant les soirées d'hiver. Il ne voulait pas répondre. Il ne voulait pas mentir non plus. Enfin, il dit, "Tu ne peux pas deviner ?" et fut récompensé lorsque le garçon hocha la tête, rougissant légèrement. Même si Harry ne connaîtrait jamais la vérité, il pouvait probablement deviner une partie.

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Après les vacances, l'emploi du temps de Severus fut à nouveau rempli de préparations pour ses cours et par les cours eux-même pendant la journée, puis corriger des devoirs et des examens et organiser de fréquentes retenues pour les Gryffondor - surtout des Weasley - pendant la soirée. Autant que possible, il s'arrangeait pour se réunir avec ses cinq étudiants d'ASPIC pour les préparer pour leurs examens. Il voyait toujours Harry deux soirs par semaine pour ses cours d'Occlumancie, et environ une fois par semaine pour jouer aux échecs, mais tous leurs rendez-vous se tenaient après les entraînements de Quidditch de Serpentard, puisque Marcus sortait l'équipe sur le terrain presque tous les soirs.

Le temps était devenu pluvieux, humide et froid. Heureusement, les enfants magiques étaient moins prompts à tomber malade que leurs homologues Moldus, ainsi, Madame Pomfresh n'eut pas besoin de réapprovisionnement particulier en Pimentine, alors même que les différentes équipes de Quidditch rentraient au château en ressemblant plus à des Fléreurs noyés qu'à des élèves. Si Rusard n'en profitait pas pour geindre à propos de l'état des couloirs à chaque fois qu'il en avait l'occasion, il trouverait cette vision terriblement amusante... Non, en fait, il trouvait tout cela amusant. Pas que les gamins s'en rendraient compte un jour ; Severus arborait toujours son regard le plus méprisant lorsqu'il les regardait.

Il remarqua, cependant, durant leurs divers rendez-vous, que Harry semblait plus calme qu'avant sa rencontre avec le Miroir du Risèd. Occasionnellement, il semblait même embarrassé. Severus l'aiguilla sur ce sujet une fois ou deux, mais Harry refusa immédiatement de verbaliser ce qui le dérangeait, et Severus refusait d'abuser de sa confiance en lui extirpant la vérité durant leurs leçons d'Occlumancie.

Quand même, ils n'étaient pas aussi à l'aise ensemble qu'au début des vacances, et Severus, étrangement, en était attristé.

Il refusa d'en considérer la cause.

Quelques semaines après la victoire de Gryffondor contre Poufsouffle lors du match de fin février, Severus insista pour arbitrer le prochain match entre Serpentard et Poufsouffle, malgré les objections de Minerva, criant au favoritisme.

"Favoritisme !" tonna-t-il, rendu furieux, comme d'habitude, devant l'accusation. Ils se tenaient nez à nez dans le bureau de Dumbledore. "Cela n'a rien à voir avec la victoire de Serpentard ! Si vous pensez que vous pouvez protéger le garçon dans les airs mieux que moi, alors allez-y !"

McGonagall leva le menton. "Je ne vole plus, Severus. Vous le savez."

"Bien sûr," approuva-t-il. "C'est pour cela que c'est à moi de m'assurer que personne n'essaie de le tuer cette fois."

"Je suis sûr que votre réaction est disproportionnée-" commença le professeur.

"J'ai dû psalmodier des contre-sorts pendant un quart d'heure durant son dernier match," dit-il raidement. "Sans aucune pause. Vous avez vu ce que faisait son balai. Il a eu de la chance de ne pas être envoyé au sol. Si j'avais été sur un balai, j'aurais pu l'aider bien plus efficacement."

Minerva le fusilla du regard, les bras croisés sur sa poitrine. Elle semblait croire qu'il voulait lui voler la Coupe de Quidditch ! Ce n'était pas comme si Gryffondor avait la moindre chance de toute façon, sans Charlie Weasley. Enfin, elle hocha raidement la tête. "Si Pomona est d'accord, alors je n'ai rien à dire. Mais je pense que Rolanda devrait être là aussi."

"D'accord," dit Severus, heureux d'en avoir fini avec ce débat. Il détestait immensément devoir élever la voix en la présence de Dumbledore. Cela ne s'était produit qu'une poignée de fois en plus de douze ans. A chaque fois ou presque, réalisa-t-il subitement, c'était lié de près ou de loin à un Potter.

"D'accord," répéta McGonagall. Elle sortit du bureau, la tête haute, probablement avec le projet de monter Pomona Chourave contre lui.

"Comment vas-tu, mon garçon ?"

Severus se retourna, ayant observé la Directrice du Gryffondor se retirer, et fit face au Directeur. "Je vais bien, Albus. Je vous remercie."

L'homme sourit dans sa barbe. "Bien, bien. J'étais... Préoccupé, il y a quelques temps, que tu avais outrepassé tes responsabilités vis-à-vis de Harry Potter."

"Outrepassé mes responsabilités ?"

Dumbledore hocha la tête, faisant un geste de sa main gauche. "C'est un enfant engageant, évidemment. Je l'admets moi-même. Mais lorsque tu as commencé à lui apprendre l'Occlumancie, lorsqu'il avait besoin de garder Voldemort loin de sa tête, j'ai cru que peut-être tu t'étais rapproché un peu trop de lui. Trop pour faire ce qui est nécessaire."

Severus garda soigneusement le froncement de sourcils loin de son expression. "Je ne vous suis pas," dit-il, bien qu'il était presque sûr de suivre parfaitement.

"Harry Potter n'est pas juste un élève de cette école, Severus," dit lentement Albus, comme s'il parlait à un enfant particulièrement optus. C'était une intonation qu'il semblait réserver pour les occasions spéciales, et Severus le haïssait, tout comme il haïssait les fois où il avait utilisé cette façon de parler. "C'est aussi celui qui a été prophétisé, pour défaire Voldemort pour toujours."

"C'est un enfant, Albus."

"C'est le Garçon qui a Survécu. Il aura besoin de plus que d'un entraînement s'il doit survivre jusqu'à l'âge adulte."

"Je vois."

Dumbledore sourit à nouveau. "Je suis sûr que oui, mon garçon. En tant que son Directeur de Maison, et l'une des personnes en qui j'ai le plus confiance, tu seras en charge de la majorité de son entraînement. Il aura besoin de challenges que seul toi peut lui apporter."

Severus pinça les lèvres. "Souvenez-vous, Albus, de ce que je vous ai demandé la dernière fois que vous avez fait pression pour que j'entraîne le garçon. L'Occlumancie n'est pas comme les Sortilèges. Je ne peux pas forcer le talent. Ces dernières semaines, quand j'ai travaillé avec lui, je n'ai pas fait beaucoup plus que de l'aider à bloquer son esprit aux intrusions lorsqu'il est endormi, puisqu'il n'est pas prêt à apprendre plus. Mais si je dois l'entraîner plus avant, je veux la garde totale du garçon pendant les vacances d'été, de même qu'un accès à lui sans obstacles pendant l'année scolaire."

"D'accord. Tu peux l'avoir."

Une émotion indescriptible se souleva dans la poitrine de Severus. Il ne pouvait pas attendre avabt de dire au garçon qu'il n'aurait pas besoin de rentrer dans sa famille -

"Après au moins quatorze jours sous la garde de son oncle et de sa tante, bien sûr."

Severus fixa un regard interdit sur le vieux fou. "Je vous demande pardon ?"

"Harry doit retourner chez eux pendant deux semaines chaque été, pour renouveler les barrières contre Voldemort et ses Mangemorts." Les yeux bleus de Dumbledore pétillèrent, comme s'ils pouvaient voir le coeur de Severus se briser. "Tant qu'il sera élève ici, le garçon doit toujours avoir cet endroit pour se retirer en toute sécurité si cela s'avère nécessaire. Le seul endroit où il sera toujours en sécurité est la résidence des Dursley."

"Il sera en sécurité, aucun Mage Noir ne pourra l'avoir là-bas."

"Oui, bien sûr."

"Mais seulement les Mages Noirs. Sa famille Moldue n'aura aucun problème."

"Pas encore, Severus. Quelques mots difficiles envers le garçon ne le tueront pas. Il n'est peut-être pas venu à nous aussi bien nourri que prévu et en suffisante santé, du moins selon mes espérances, mais il est en vie, et ils s'occupent de lui -"

"Ils s'occuperaient mieux d'un chien !"

Dumbledore était sur ses pieds, la voix tonitruante. "SEVERUS ! Harry Potter DOIT retourner chez les Dursley pendant deux semaines chaque année ! Tu peux l'accepter, comme cela est nécessaire, ou me laisser peu d'alternatives. Je trouverai quelqu'un d'autre pour l'entraîner."

Se sentant pâlir, Severus s'empressa de secouer la tête. "Non, non, vous avez raison, Monsieur le Directeur. Ce sera comme vous le voulez. Il retournera chez eux pendant deux semaines." Il aurait juste besoin d'être proche de chez lui pendant cette période, au cas où les Moldus faisaient un peu plus que 'quelques mots difficiles'.

"Excellent. Je suis heureux que tu approuves." Dumbledore se rassit et fit un geste pour le congédier. "Bonne chance pour le match de Samedi, Severus."

"Merci, Monsieur le Directeur." Severus le salua en sortant, plus si impatient de partager les nouvelles avec Harry.

A suivre...

NDT : Merci, comme toujours, de votre soutien.