Note de l'auteur: Merci à supereveuse pour sa mise en favoris de ma fic'. J'espère ne pas te décevoir.
Dimanche 20 Février 2000
On était le 20 et la pleine lune ne s'était pas bien passée, j'avais dû refaire de la potion tue-loup quelques jours plus-tôt car il n'y en restait pas suffisamment pour deux.
Je l'avais loupée. Je ne dormais plus assez et je manquais de vigilance.
Il m'avait répété pendant plus de deux heures que ce n'était pas ma faute mais je ne le croyais pas.
Lorsque j'étais sous ma forme Animagus et que je l'avais vue se tordre de douleur pendant qu'il se transformait, j'avais compris. Je m'en voulais tellement que toutes les phrases qu'il avait pu me dire ne suffisaient pas à me racheter à mes yeux.
Flash Back: Quelques heures auparavant.
Je l'avais entendu hurler tellement fort que mon cœur ne l'avait pas supporté.
Ils avaient repris forme humaine depuis quelques temps maintenant, mais lui et mon père restaient endormis. Je les avais recouvert d'une couverture chacun. J'étais assise à même le sol et j'attendais.
Je vis en premier mon père se réveiller, les yeux encore ensommeillés, il ne manqua pourtant pas de voir mes yeux rouges. J'avais pleuré autant sous ma forme humaine qu'Animagus. J'essuyais les dernières larmes d'un geste rageur. Ce n'était pas à moi de pleurer.
Rémus se leva, m'embrassa sur le front et partit, nous laissant seuls.
Je ne sais combien de temps il lui fallut pour se réveiller, j'attendais. Je l'entendis gémir et je ne pus réprimer mes sanglots. Il leva la tête vers moi. Je voyais son front plissé de ne pas savoir ce qui me faisait pleurer, ses yeux gris songeur. Il se leva, laissant la couverture derrière lui, seulement vêtu de vêtements en haillons.
Il se mit à genoux devant moi et me força à lever la tête. Ce fut de trop pour moi, je ne pouvais le regarder en face. J'enfonçai ma tête dans son cou pour sentir son odeur encore lupine.
-Je suis désolée, sanglotai-je.
Il me força à m'écarter. Ma vue se brouillait sous les larmes. Il me les essuya du revers de la main.
-Je ne t'en veux pas, m'affirma-t-il. Lynn, regarde moi je t'en prie.
Je m'efforçai de le regarder.
-Tu t'es trompée, mais cela arrive à tout le monde. Regarde-moi je t'en prie.
C'était tellement dur de soutenir son regard. Comment pouvait-il ne serait-ce que songer à me pardonner ?
-Je t'en prie ne sois pas désolée, Lynn, regarde-moi. Je t'aime.
Il prit mon visage doucement entre ses deux mains.
-Tu m'entends ? Je t'aime ! Et ce n'est pas parce que tu t'es trompée dans une potion que cela changera. Sans toi je souffrais le martyr, mais tu restes à mes côtés et tu essayes de m'aider. C'est plus que tout ce que j'aurais pu espérer.
- Je suis tellement désolée, tu souffrais tellement. Je ne le supporterai plus, je ne veux pas que tu souffres par ma faute.
-Lynn, tu es pour moi un analgésique à n'importe quelle douleur, Tu-sais-qui pourrait me torturer sur place que cela n'y changerait rien. Je t'aime. C'est toi qui m'a aidé à sortir des ténèbres. Je ne pourrais vivre dans un monde ou tu n'es pas. Tu m'as donné une petite fille ! Tu m'as aimée alors que tu savais qui j'étais. Je suis un loup-garou mais pourtant avec toi j'ai l'impression que ce n'est rien. J'avais toujours cru que jamais personne ne m'aimerait. Tu m'as donné une famille alors que la mienne avait disparu.
Il m'embrassa et je me raccrochai à lui comme à une bouée.
Fin du Flash Back
Je sortis du lit, ses bras autour de moi me hantaient.
Pour la première fois, je ne me sentais pas à ma place.
Je marchais doucement vers la salle de bain pour ne pas le réveiller et fermai derrière moi. Je me laissai tomber adossée contre le mur le plus éloigné de la porte, de peur qu'on m'entende, et j'évacuai toutes les larmes que mon cœur pouvait verser, tout l'amour que j'aurais porté à ce nouveau bébé se transformait en larmes.
Je n'entendis ni la porte s'ouvrir ni ses pas pressés. Je ne me rendis compte de sa présence que lorsque je sentis ses lèvres contre les miennes, une de ses mains dans mon dos l'autre dans mes cheveux tandis qu'on percutait le mur brusquement.
Il m'embrassa alors plus violemment tandis que je répondais à ses baisers, que le loup en lui rendaient plus brutaux. Mes mains cherchèrent sa nuque pour s'accrocher, lorsqu'il enleva la sienne de mon dos pour l'appuyer au mur. Ses lèvres descendirent sur ma joue, ma mâchoire puis mon cou. Je sentais l'odeur de ses cheveux mêlée à la mienne. Sa main gauche descendit de mes cheveux pour se placer dans mon dos, m'appuyant un peu plus contre lui. Ma main droite descendit dans son dos pour le rapprocher de moi.
On s'arrêta un instant, nos souffles étatiques, nos cœurs battants si vite qu'on aurait dit qu'ils faisaient une course. On n'était qu'à quelques millimètres l'un de l'autre, plus près que nous l'avions jamais été depuis des mois. Il me souleva avec ses deux bras et me plaça sur ses jambes en tailleur. Les miennes vinrent s'emmêler autour de sa taille. Il passa une main dans mes cheveux, plus délicatement il m'embrassa les lèvres puis le cou. J'enlevai son t-shirt, retraçai ses cicatrices avec mes mains. Il s'arrêta dans l'intention d'enlever le mien.
Mes mains se séparèrent de son torse nu pour s'accrocher à mon t-shirt. Il me regarda sans comprendre. Une unique larme coula sur ma joue. Il l'essuya avant de retracer, avec son pouce, ma cicatrice sur ma joue. Je laissai retomber mes bras le long de mon corps et regardai dans une autre direction tandis qu'il enlevait mon vêtement.
Je la savais là, barrant mon ventre. Partant de ma côte gauche pour arriver au niveau de mon appendice.
Il se pencha pour embrasser mon ventre maintenant vide. Je le laissai continuer toujours plus loin pour oublier à quel point j'étais brisée.
Vendredi 17 Mars 2000
Je venais de me réveiller seule, dans mon lit après un cauchemar. Je me levai, m'habillai et sortis bien éveillée.
Je passai devant la chambre ouverte de Chloé, elle lisait sur son lit. Elle leva la tête de son livre et me sourit.
-Lily est en train de déjeuner, je les ais vu passer tous les deux.
-Tu viens manger avec moi ? demandai-je en tendant la main.
Elle acquiesça et prit ma main.
La cuisine était remplie de toutes les personnes de la maison. Lily semblait occupée avec un pot marron.
Hébétée, j'ouvris grand les yeux pour être sûre d'avoir bien vu. Après tout on était en Angleterre, ce n'était pas possible !
-C'est du Nutella ?
Ils se retournèrent alors vers moi, apparemment ils ne m'avaient pas vu.
Papa donna un coup de coude à Maman et celle-ci prit le pot imperceptiblement, tentant de le cacher à ma vue.
Je tapai du pied.
-J'ai vu ce que c'était pas la peine de le cacher !
Ils soufflèrent et Meda se retourna vers Léo, celui leva les mains en signe de paix.
-Je pensais qu'elle dormirait encore longtemps.
-Vous espériez faire un coup monté contre moi, bande de traîtres !
Chloé se mit à rire et c'est ainsi que je mangeai du Nutella pour la première fois depuis mon départ de France. Certaines habitudes ne changeront jamais.
Plus tard lorsque les jumeaux firent leur entrée, ils goûtèrent le chocolat avant de décréter qu'à partir de maintenant ils en mangeraient tous les jours !
