Bon, c'est l'avant dernier chapitre. Celui du mois passé à du vous laisser sur votre faim, j'espère que celui là vous plaira.

Bonne Lecture


Daryl arrive à Alexandria, le corps meurtri de Matthieu dans les bras. Le voyant arriver, Maggie aide Aaron à ouvrir la grille, le laissant passer. Rick arrive quelques secondes plus tard, suivit de Logan, qui était visiblement allé le prévenir. Ils voient le chasseur continuer à avancer, le visage stoïque, comme s'il ne réalisait pas ce qui se passait. Le chef de la ville tente de l'arrêter, essayant de lui parler. Mais le redneck ne répond pas et prend la direction du cimetière, presque machinalement.

Une fois là-bas, il dépose le corps au sol et l'observe, ne sachant plus quoi faire. Daryl sent une main se poser sur son épaule, il ne se retourne pas.

« Daryl ? Demande la voix de Rick. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Le chasseur ne répond toujours pas, son regard reste fixé sur le corps mort de Matthieu. Il a l'impression que son cerveau va exploser, tant de choses se passent dans sa tête.

« Rick, commence la voix de Maggie. Laisse-le. »

La main quitte alors l'épaule du brun, puis des bruits de pas se font entendre, le laissant seul. Il tombe alors à genoux au sol, il commence à pleurer.

Une fois que les larmes ont finies de couler, il fait nuit. Des pas se font entendre dans le dos du chasseur. Il se redresse alors, essuyant ses joues du revers de sa manche.

« J'ai pensé que tu voudrais le faire toi-même. » déclare la voix de Maggie.

Daryl se retourne, la jeune femme lui tend une pelle. Il la prend en hochant la tête, murmurant ce qui ressemble à un ''merci''. À son tour, elle hoche la tête, déclarant :

« Je suis désolée. Si je l'avais su avant, j'aurais voulu qu'il te le dise.

-Je sais, fini par dire le chasseur avec une voix amère. C'est pas de ta faute. »

Il avance ensuite en direction d'un bout de terre vide, se mettant à creuser. La jeune femme le laisse alors.

Au bout d'une bonne heure, la tombe a fini d'être creusée. Daryl s'approche alors du corps de Matthieu. Il vient détacher la plaque militaire autour de son cou, il sent ses mains trembler. Il la serre dans sa paume, si fort que les caractères manquent de s'incruster dans sa main. Il la met alors dans sa poche, avec la lettre qu'il lui a laissée. Il déglutit difficilement, puis prend son courage à deux mains. Il place le corps de son compagnon dans la terre. Il l'observe une dernière fois, puis il le recouvre.


Logan descend les marches craquantes des escaliers de la maison, ajustant la bandoulière de son sac. Une fois arrivé dans la cuisine, il entend la voix de Rick, il est visiblement en train de parler avec Daryl à travers la porte de la chambre.

« Tu es sûr ? Demande l'ex-flic. Je … »

Il s'arrête de parler laissant visiblement le chasseur prendre la parole.

« D'accord, je comprends. Ah, et on a fait mettre une croix gravée de son nom sur la tombe que tu as creusée hier, comme ça tu le sais... »

Le garde sort alors rapidement, ne voulant croiser personne dans la maison.

Il marche d'un pas rapide, le tout en essayant de garder les idées claires. Il arrive à l'infirmerie, la contourne, grimpe les barreaux et se retrouve de l'autre côté. Logan respire alors lourdement, s'appuyant au passage contre le mur de taule. Il sort une pomme de son sac, mordant à pleines dents dedans. Un goût âpre lui vient alors en bouche. Il recrache sa bouchée et observe la pomme, le milieu est moisi. Il la lance alors dans le bois, et se met en marche vers son but initial.

Il y arrive rapidement, Logan s'arrête alors et réfléchit longuement.

« Tu comptes rester là à observer longtemps ? »

Le garde relève légèrement la tête, trouvant Nienor, appuyée à sa fenêtre.

« Je peux monter ? » demande-t-il au bout de plusieurs secondes.

La femme hoche la tête et va ouvrir la trappe. Le plus jeune grimpe alors l'échelle et va machinalement s'asseoir sur un des coussins. La faucheuse l'observe rapidement, puis se décide à lui servir un verre et un pour elle au passage.

« Qui est mort ? Questionne-t-elle d'un ton détaché en lui tendant son verre de whisky.

-Quoi ? Demande-t-il avec un air surpris.

-La dernière fois que tu es venu avec cette gueule tu m'as dit que ton meilleur ami était mort. Alors, qui est mort cette fois ? Et tu comptes prendre ce verre ou je vais devoir te le placer dans les mains ?

-Hein ? Ouais, non, dit-il en prenant le verre sans le goûter. Tu te rappelles celui dont t'as gardé la machette ?

-Ouais.

-C'est lui qui est mort. »

Son vis-à-vis n'ajoute rien, hochant vaguement la tête. Le garde l'observe pendant quelques secondes, puis boit son verre d'une traite. La faucheuse sourit alors, buvant tranquillement le sien. Essayant d'esquiver son regard, Logan observe la cabane. Il note alors que l'étagère à côté de l'échelle est vide. Son regard glisse alors en direction de la fenêtre, remarquant les sacs empilés à côté.

« Pourquoi tu ... commence-t-il. Tu …

-Tu remarques enfin. C'est pas trop tôt.

-Pourquoi tu organises tes affaires ?

-Je pars.

-Quoi ? Demande-t-il en écarquillant les yeux.

-Je pense retourner vers les villes, quelque part vers Louisville. Il doit plus y avoir tant de rôdeurs que ça et c'est les zones qui seront le plus simple à réhabiliter.

-Tu veux rebâtir une ville ?

-Ça fait quoi ? Trois, peut-être quatre ans que ce bordel a commencé ? Il est temps que les choses reprennent leur cours.

-Tu veux faire quoi ?

-Cultiver des terres, filtrer l'eau. Je sais survivre. Puis, je suis sûre que d'autres pensent comme moi, les villes sont un bon point de rencontre.

-Tu pars quand ?

-Demain, dans la matinée. »

Logan reste perplexe, fixant son verre vide. Nienor sourit alors à nouveau, finissant le sien.

« Tu sais, reprend-elle en posant son gobelet, tu pourrais venir.

-Je ... pourquoi ?

-Ton meilleur ami est mort, un autre de tes proches aussi, ta communauté est à moitié détruite, puis t'as pas vraiment l'air de t'y plaire. Dans une autre ville, avec d'autres gens, tu pourrais recommencer à zéro.

-Repartir de zéro... » murmure le garde, perdu dans ses pensées.

Il jette un coup d'œil aux sacs entassés dans un coin, puis son regard se dirige vers la fenêtre, observant l'extérieur.

« Tu es sûre que c'est une bonne idée de partir alors que l'hiver approche ?

-Que je parte maintenant ou dans quatre mois, ça changera pas grand-chose. Au moins en partant maintenant, je serai prête pour préparer la terre quand le printemps reviendra.

-Hum... »

La faucheuse sourit en voyant l'expression perplexe de son vis-à-vis. Elle lui tourne ensuite le dos, se resservant un verre.

« Je devrais y aller, fini par dire le garde. J'imagine que c'est là qu'on se dit au revoir, définitivement. »

La noiraude n'ajoute rien, hochant la tête.

« En espérant que tu t'en sortiras bien là-bas, ajoute Logan en ouvrant la trappe.

-En espérant que ta communauté arrivera à se reformer. » poursuit Nienor en levant son verre.

Le garde sourit fadement et hoche la tête, puis il descend l'échelle, une dernière fois. Il fait ensuite quelques pas dans l'herbe, mais hésitant à se retourner, à ajouter quelque chose.

« Je pars à l'aube et je ne t'attendrai pas, déclare alors la voix de la faucheuse dans son dos.

-Quoi ? Demande-t-il en faisant volte-face, constatant que la noiraude est à la fenêtre.

-Je te préviens, au cas où tu changes d'avis. »


Logan, perdu dans ses pensées, pousse la porte de sa maison, tombant nez à nez avec Rick. Les deux hommes sursautent, reculant d'un pas.

« Tu tombes bien, je te cherchais, déclare le flic.

-Euh... Okay. Pourquoi ?

-On va vider la maison, on est plus que quatre dedans. La répartition va changer. Je te préviendrais quand tout sera décidé.

-Okay. », répond le garde d'un ton las.

Le chef d'Alexandria hoche la tête et quitte l'endroit. Le garde soupire longuement et regarde la porte se fermer. Il fait alors demi-tour, prenant la direction du cimetière.

Une fois arrivé, son regard sa pose immédiatement sur la nouvelle tombe. Il s'en approche alors, remarquant que sur la croix gravée se trouve un collier, la plaque militaire du mort. Logan sent un poids se poser sur sa cage thoracique. La tombe juste à côté ne l'aide pas, c'est celle de son ancien meilleur ami. Il s'appuie alors contre le mur de tôle, respirant lourdement.

Qu'est-ce que je suis sensé faire ?

Sa main valide, qui s'était machinalement mise à jouer avec l'herbe, attrape quelque chose. Le regard du garde s'y porte alors. Au creux se trouve un mégot de cigarette, probablement laissé-là par Daryl la veille. Sans qu'il s'en rende vraiment compte, il vient porter le bout anciennement brûlé contre son autre bras. Il dessine alors une trace noire, partant du milieu de son avant-bras, traversant sa paume, s'arrêtant juste avant l'emplacement de ses doigts manquants. Il finit par lâcher le mégot, observant pensivement la trace.

Est-ce qu'au moins quelque chose me retient ici ?

Son regard se pose à nouveau sur les deux tombes. Il soupire alors et secoue légèrement la tête.

Logan se redresse et rabaisse ses manches de veste. Il rejoint ensuite sa maison, montant directement à la salle de bain. Il y prend une douche rapide et profite du fait qu'une paire de ciseaux traîne sur le bord du lavabo pour couper un peu ses cheveux. Il va ensuite dans sa chambre, enfilant un pantalon et un sweat à capuche brune avant de s'asseoir sur son lit. Il remarque alors que le coin de Carl a déjà été rangé, toutes ses affaires sont dans des cartons, même le sac de couchage est emballé. Le garde se redresse alors et prend sa sacoche qu'il vide à même le sol. Il ouvre ensuite son placard, trouvant, en plus de ses vêtements, un gros sac à dos. Il sort le tout et le place sur son lit.

Il retourne alors là où il a laissé ce qu'il y avait dans la sacoche. Il en fait l'inventaire : Ses deux carnets de dessins, un carreau d'arbalète cassé, un stylo, un chargeur de munitions, un pistolet, un crayon, une gomme, quelques bars de céréale et la lettre de Carl. Il met les carnets de dessins, le stylo, le crayon, la gomme et la lettre sur sa table de nuit. Il met le carreau dans la poubelle et place le pistolet, le chargeur et les bars de céréale dans la poche avant du sac. Il prend ensuite un des cartons qui a été mis de côté pour lui et y met ses vêtements, puis sa sacoche. Ensuite, il reprend ses carnets de dessins qu'il met au fond de son sac et place le crayon, la gomme et le stylo dans une des poches sur le côté.

Il ne reste alors qu'une seule chose à ranger : La lettre de Carl. Logan la prend et l'ouvre à nouveau.

« Tu m'avais dit que Alexandria avait beau paraître protégée, ses murs pouvaient s'effondrer en un rien de temps. » relit-t-il à voix haute.

Il arrête sa lecture et réfléchit.

Qu'est-ce qui se passerait si je partais ? Je laisserais Aaron seul, mais il ne veut pas de mon soutien de toute manière. Même si je reste, cette fois je ne pourrais pas aider Daryl à aller mieux. Peut-être que je manquerais à Rosita, Maggie, voire d'autres mais …. Est-ce qu'au moins, ça ferait une différence pour le reste de la communauté ?

Ses yeux retombent sur le texte :

« Fais ce qui te semble juste, même s'ils ne sont pas de ton avis. »

Non, ça ne fera probablement pas de différence. D'ailleurs quelle différence un gamin de dix-neuf ans peut faire ici ? Aucune, alors que là où tout est à faire, je ne peux qu'être utile.


Logan avait très peu dormi mais malgré tout, l'adrénaline le maintien plutôt bien éveillé. Il revérifie une nouvelle fois que son sac est bien sanglé et jette un coup d'œil à Carter qui fait la garde devant la porte. L'homme regarde alors sa montre, puis la grille et hoche finalement les épaules, puis se dirige vers chez lui. Le châtain en profite alors pour se faufiler jusqu'à l'entrée. Il l'ouvre alors en faisant le moins de bruit possible et la referme autant qu'il le peut derrière lui. Il soupire alors de soulagement. Il ne se voyait pas expliquer aux prochains gardes pourquoi il part seul et si tôt, où l'expliquer à Sidiq qui se dirige à l'infirmerie en ce moment même. C'était bien plus simple de laisser une note sur la table de la cuisine et de ne pas se faire remarquer.

Logan prend ensuite la direction de la cabane de Nienor, espérant ne pas y arriver trop tard. Il a de la chance, la jeune femme se trouve en bas de sa cabane, en train de refermer la trappe derrière elle.

« Tu as failli être en retard, commente-t-elle en se tournant vers lui avec un sourire narquois.

-Je sais.

-Tient, porte ça, continu la faucheuse en lui lançant un sac.

-On part vraiment maintenant ?

-Pourquoi attendre ? Louisville n'est pas à côté. »