Le nouveau chapitre est arrivé, ouais ! Sans blague °

Alors, que dire ? On en sait un peu plus sur cet étrange personnage qu'est "Tonton", mais ça, vous le lirez. Quoi d'autre... ah oui, j'ai dépassé les 400 rewiews (ou plutôt, VOUS avez dépassé les 400 rewiews) et je suis surprise, touchée, épatée d'autant d'attention de votre part. Pour cette raison, j'espère que la suite vous plaira, même si j'ai eu du mal à écrire ces derniers chapitres, faute de temps ou d'inspiration...

Enfin, je m'excuse pour le pseudo-suspens du chapitre précédent, j'avais envie de faire une fin à la con comme ça... mais je le ferais plus, promis ! Pardon !

Et Bonne lecture !


Chapitre 49 : Passer le gué (Roy)

Quand, à minuit et quart, je regardais les rues désertées de la capitale à travers les vitres de la voiture sans prêter garde au babillage incessant de Hugues, je me disais uniquement que j'en avais plein les pattes, et que franchement, je n'attendais rien plus que retrouver mon lit et le petit blondinet qui s'y trouvait. En y repensant, j'esquissais un sourire. Le souvenir du sourire qu'il m'avait adressé me revint en mémoire, et je me sentis fondre comme le beurre dans sa poêle. Une douce chaleur m'envahissait. Enfin, j'étais en paix avec moi-même, et avec lui ; je pouvais enfin savourer mon bonheur, en toute innocence…

Du moins, c'est ce que je pensais. Le problème, c'est qu'en arrivant dans la grande salle de l'auberge, je m'aperçus qu'il y avait encore du monde debout, à commencer par Edward et Ambre, assis sur le canapé avec une troisième personne, totalement inconnue. A savoir un jeune homme de taille moyenne, avec des cheveux châtains juste assez longs et rebelles pour faire craquer les filles, des yeux noisettes qui brillaient d'une vivacité malicieuse dans un visage qui n'avait pas tout à fait perdu sa douceur adolescente. Je devinais instantanément que ce n'était pas un vulgaire client. Sinon, que ferait-il ici ? Cela faisait manifestement longtemps qu'ils discutaient ensemble…

Ambre se leva et nous rejoignit avec un sourire un brin crispé, et décida de nous présenter.

– Bien, lieutenant Hawkeye, Maes Hugues, Roy Mustang... fit-elle en nous désignant au fur et à mesure. J'ai le plaisir de vous présenter mon frère, Elvis Handwriting.

– Enchanté de vous rencontrer ! fit-il avec un large sourire, se levant à son tour pour nous serrer la main avec un franchise désarmante.

A croire qu'ils sont tous comme ça dans la famille, pensais-je en lui serrant la main avec un sourire, heureux de faire connaissance avec un homme si affable.

– Voulez-vous vous attabler pour discuter avec nous ? fit-il en nous invitant d'un large mouvement de la main.

– Non, merci, déclinais-je en gardant le sourire. Nous avons eu une dure journée, je pense que je vais me coucher dès maintenant. Mais un autre jour, peut-être…

– Bien évidemment, répondit-il avec un clin d'œil.

Je souris, amusé de son comportement enfantin, le soupçonnant d'avoir peut-être un peu trop bu. J'attendrais de l'avoir vu sobre pour me faire une opinion sur lui, pensais-je en me dirigeant vers les escaliers menant aux chambres. J'entrevis du coin de l'œil Edward quitter le canapé tandis qu'Elvis s'attardait à parler avec Hugues, inépuisable comme à son habitude. Visiblement, il n'attendait que moi pour se coucher. Je l'attendais dans la pénombre au pied de l'escalier ou il me rejoignis pour glisser un bras sur ses épaules et monter en même temps que lui. Personne ne nous regardait, le nouveau venu concentrait toute l'attention sur lui, et tant mieux, puisque NOUS, nous étions tranquilles. Je savais déjà que j'allais me glisser entre des draps de lin propres et soupirais d'aise à cette idée. Je relâchais Edward à contrecoeur pour ouvrir la porte de ma chambre.

Anomalie.

Que fait Havoc dans notre chambre, terré contre l'armoire avec l'expression du type qui a vu le fantôme de son père ?

A peine avais-je pensé ça que je sentis Edward faire un pas de côté, s'écartant de moi, tandis qu'Havoc se relevait précipitamment en se dirigeant vers nous. Il se raccrocha au col de ma chemise comme un marin à sa bouée tout en laissant échapper convulsivement quelques sons inarticulés

– Havoc ?

– G…

– Havoc, ça va ? demandais-je, soudainement inquiet.

– G… Gué… bafouilla-t-il avec un regard larmoyant.

– Gué ?

– Gué… gué… gué… marmonna-t-il avant de me relâcher et de continuer à avancer dans le couloir d'un pas hésitant, sans cesser de murmurer.

Edward et moi nous retournâmes pour le regarder partir avant d'échanger un regard interloqué.

– Il a manifestement perdu la raison, constata Edward d'un ton très sérieux.

– Y'a plus qu'à espérer qu'elle lui revienne assez vite… répondis-je avant de pousser doucement Edward dans la chambre.

La soudaine folie d'Havoc ne me concernait pas beaucoup, il avait sans doute un peu trop bu, comme souvent, et se plaindra demain d'avoir un mal de tête affreux. Voila tout. Je refermais la porte derrière moi et m'aperçus qu'Edward était cramoisi. J'ouvris la bouche pour lui demander la raison de sa gène, puis la refermais. Peut-être ne voulait-il pas le dire, après tout. Je n'allais pas le forcer dans ce cas. Je m'appelle pas Hugues, moi. Je déboutonnais ma chemise avec un soupir las, assis sur le rebord du lit, tandis qu'Edward de l'autre côté, faisait je-ne-sais-quoi, sans doute se déshabiller aussi.

Une fois débarrassé de ma chemise et du pantalon qui allait avec, je me glissais non sans plaisir entre les draps. En jetant un coup d'œil à ma droite, je m'aperçus qu'Edward était toujours debout, visiblement très mal à l'aise.

Non, là, il y a vraiment quelque chose qui cloche…

– Edward, ça va pas ? J'ai dit un truc qu'il fallait pas ?

Il secoua la tête, regardant fixement le tapis. Il avait l'air de quelqu'un dont les entrailles se prennent pour un grand huit et qui essaye de les empêcher de ressortir sans son consentement. Tétanisé. En fait, j'avais le sentiment qu'il était mort de peur. Cette constatation me mit mal à l'aise.

Qu'est-ce que t'as dit comme connerie encore ?

Hein ? mais rien !

Bon sang, mais réfléchis pour une fois dans ta vie !

J'eus beau fouiller dans ma tête, je ne trouvais rien qui justifie ce comportement. Qu'est-ce que j'ai encore fait comme bourde ?

– Pardon… murmura-t-il.

J'ai bien entendu ?

– Pourquoi tu t'excuses ?

– Pardon… j'ai… p-peur de toi.

J'eu l'impression qu'une brique me traversais de part en part. Je me sentis vraiment mal à ces mots, choqué. Je ne comprenais pas. Edward garda les yeux vrillés au sol, frottant légèrement un pied contre l'autre. Il rouvrit la bouche pour essayer de s'expliquer plus clairement, avec beaucoup de peine.

– J'ai peur de…

Il semblait chercher ses mots. Je devinais alors seulement de quoi il parlait.

Le sexe.

C'est tellement con, pensais-je un instant, presque soulagé, avant de me rappeler qu'il y avait des tas de bonnes raisons à ça. Je me levais sans brusquerie, fis trois pas vers lui, pour l'envelopper dans mes bras et le serrer contre moi. D'abord crispé, je le sentis se détendre contre moi en voyant que je faisait ce geste sans arrière-pensée.

– C'est bon, murmurais-je. Ne t'excuse pas pour ça. C'est normal.

Il enfouit un peu plus sa tête contre mon torse, son visage caché par la masse de ses cheveux ébouriffés. Je lui tapotais doucement la tête en tentant de le réconforter. Je voulais lui dire en toute simplicité que je l'aimais trop pour lui sauter dessus, mais c'était un peu…

– Prend ton temps, va…

J'en suis plus à ça prêt… pensais-je en pouffant de rire.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

– Je me disais juste qu'on en était plus à ça prêt.

Edward éclata de rire, pour le coup totalement détendu. J'avais peur un instant qu'il se vexe, mais je savais que nous étions d'accord à se sujet : nous ne sommes pas doués. Cela dit, ça ne nous empêchait pas de nous aimer, la preuve. Cinq minutes plus tard, nous nous étions glissés dans le lit, Edward pelotonné contre moi comme un chaton dans une prolongation de câlin. J'avais le sentiment que rien ne pouvait aller mieux. Au diable le sexe et toutes ses conneries. J'avais fréquenté assidûment beaucoup de femmes, mais aucune ne m'avait apporté autant de joie que ce petit blond-là.

C'est sur cette dernière pensée que je m'endormis, souriant, apaisé par la présence d'Edward.

oOoOoOo

Nooooooooooooooooooooon pas ce foutu réveil ! pensais-je tandis que la sonnerie matinale m'extirpait des profondeurs de mon cerveau endormi. Je poussais un vague grognement, détestant ce son qui brisait mon repos et m'arrachait Edward du même coup. Celui-ci se leva, les cheveux en pétard, et se frotta les yeux d'un air fatigué.

– Mmmmmm… marmonna-t-il pour bien faire sentir sa réprobation à l'égard des réveille-matin et de leur manque de douceur.

Je me jurais intérieurement de le réveiller en douceur au moins une fois pour lui épargner cette sonnerie… même si ça voulait dire qu'il vaudrait que je me réveille avant lui. Je me redressais malgré ma fatigue pour l'embrasser sur le front avant de le serrer dans mes bras. Il s'arracha à contrecoeur à mon étreinte pour aller prendre une douche, manifestement mal réveillé. En parlant de douche, ça me fait penser à une certaine baignoire, et à une certaine paire de chouchous à boule.

J'eus une bouffée nouvelle de colère à ce souvenir.

– Edward.

– Oui ? fit-il en se retournant avec un sourire cotonneux.

Une idée germa perfidement dans mon esprit.

– Pour les chouchous à boules…

Son sourire s'évanouit immédiatement.

– Tu m'en veux encore ?

– Oui, répondis-je en toute franchise.

– Mais je me suis excusé ! répondit-il d'un air catastrophé.

– Je me disais juste que pour qu'on soit quittes, tu n'avais qu'à les porter aujourd'hui.

– Quoi ?! grogna-t-il, comme si quelque chose de gros était resté coincé dans sa gorge, accentuant mon sourire carnassier.

– Mais oui, après tout… toi, au moins, tu sauras ce que tu portes, ce n'est pas une attaque en traître.

– Mais pourquoi je ferais ça ? !

– Tu n'en es pas capable ?

Plutôt que sortir des arguments, qui risquaient d'être fallacieux, je le laissais méditer avec cette phrase assassine et le fixais avec un visage que je savais par expérience irrésistible. D'ailleurs il ne résista pas sous l'attaque de mon expression sardonique et de mon sous entendu qui titillait son honneur ; il haussa les épaules, hésitant encore un instant, mais je sentais déjà qu'il allait céder. Comme quoi il y avait au moins deux choses sur lesquelles je pouvais continuer à compter : son sens de l'honneur et mon sourire. (Et je vous interdit de dire que c'est pas grand-chose ! )

– Bien sûr que si j'en suis capable ! répondit-il avec une moue sérieuse.

– Prouve-le, fis-je d'une voix chantante.

Voila, maintenant que c'est un question d'honneur, il est obligé de le faire… Je suis trop méchant.

Mais qu'est-ce que ça fait du bien d'avoir cette petite vengeance pour le coup des chouchous à boule, pensais-je en me laissant retomber sur le lit tandis qu'il fermait la porte de la salle de bain en fulminant. Je me laissais à avoir un petit sourire victorieux en pensant que, parce que j'avais su le prendre, il allait être ridicule toute la journée au nom de l'honneur.

Tu es machiavélique…

Oh oui, oh oui, dis-le moi encore que je suis un méchant sadique sans cœur qui se réjouit du malheur des autres, fit une voix tremblante d'excitation.

Comment tu fais pour te réjouir du malheur des autres si tu n'as pas de cœur ?

Mais tais-toi, toi, tu comprends rien ! fit la petite voix aigre à l'intention de la petite voix candide qui alla, comme à son habitude, pleurnicher dans un coin obscur.

Oh non, pas vous…

Mais si, ça faisait longtemps, avoue… fit la petite voix Hugues avec un sourire ravi.

Oui, j'aurais bien aimé que ça dure… Je crois qu'il n'y a rien que je déteste plus que d'entendre des petites voix chtarbées avoir des trips sado-masochistes dans ma tête.

Allez, tu râles, mais tu seras bien content quand vous ferez des trucs bizarres, toi et ton petit blond, et qu'on te soufflera des trucs pour que ce soit plus amusant…

Je vous préviens que si vous vous tapez l'incruste dans ses moments-là… je…je…

Tu nous étripes ?

Tu nous exploses ?

Tu nous pulvérises ?

Tu nous massacres ?

Tu nous déchiquettes ?

Mais Roy… tu sais bien que tu peux rien faire contre nous. Si on a décidé de t'embêter, tu seras forcé de nous entendre, que tu le veuilles ou non ! fit remarquer la plus bavardes de mes petites voix, expliquant l'ironie générale.

Sauf si tu t'assommes.

Rhaaaaaaaaah je vous déteste… pensais-je, agrippant l'oreiller de mes mains crispées en souhaitant comme jamais que ces petites voix soient des personnes réelles que je puisse bourrer de coups de poings au lieu d'être condamné à les entendre se foutre de moi.

J'étais en train de passer ma colère passagère sur ledit oreiller, à défaut de mettre la main sur un corps correspondant à ces emmerdeuses de voix, quand Edward poussa la porte de la salle de bain et s'autorisa un regard interloqué. Je rougis violemment, surprit une fois de plus en flagrant délit de ridicule.

Mais Edward avait une paire de couettes avec les chouchous à boule roses.

Un partout.

Mais passé le premier choc, il était… mignon.

Cette constatation se fit insidieusement dans mon esprit. Quand j'avais vu mon reflet dans la glace, avec les élastiques à pâquerettes, j'étais horrifié. J'étais surtout ridicule. Même bien coiffé, avec les deux couettes à la même hauteur, j'aurais été terriblement ridicule. Mais Edward, et bah… Il était coiffé comme une fille, ça lui donnait l'air un peu tarte, mais avec son visage adolescent, ça ne choquait pas non plus. En fait, ça lui allait plutôt bien. Je tiltais que ses cheveux avaient poussé depuis le début du séjour (le truc con qui arrive tout le temps quand les personnes qu'on fréquente changent de leur coiffure habituelle.) et eus envie de glisser mes doigts dans ses mèches blondes. En fait, il était, vraiment, adorablement ,terriblement… irrésistible.

C'est injuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuste ! Moi qui voulait une vengeance, me voila face à un de mes défauts !

Sérieux, c'est si grave que ça que les chouchous à boule t'aillent mal ? demandas la petite voix la plus posée, assise sur mon épaule tandis que je dissimulais ma frustration extrême dans le creux de mon oreiller.

– Roy ? qu'est-ce qu'il y a ? demanda Edward d'un ton inquiet.

Voyant que je ne bougeais pas, il traversa la pièce pour me tirer par l'épaule et me forcer à le regarder dans les yeux que survolaient des sourcils froncés, convaincu sans doute que j'avais eu un fou rire à sa vue. Ce n'était pas le cas, puisque je lui lançait un regard de cocker triste.

– C'est pas juste… murmurais-je.

– Quoi ?

– Pourquoi t'es aussi mignon avec des couettes ?

Edward me relâcha avec une teinte rouge tomate, incapable de répondre à cela, et même d'esquisser le moindre geste. J'agitais ma main gauche devant ses yeux, mais il ne sembla pas réagir. Espérant qu'il ne faisait que jouer, je l'embrassais doucement, espérant le réveiller de sa paralysie soudaine, sans succès. Je caressais sa nuque maintenant dénudé, la chatouillais, et là seulement, il secoua la tête et revint à la réalité en glapissant.

– Me chatouille pas, je déteste ça, fis-t-il en fronçant les sourcils, composant une mine boudeuse qui lui allait à merveille avec cette nouvelle coiffure.

– Désolé, c'est dur de résister… C'est si drôle de te voir te tortiller comme un ver…

– QUI EST TELLEMENT PETIT QU'ON LE PREND POUR UN VER DE TERRE QU'UNE TETE DE PIOCHE A DERANGE DANS SON SOMMEIL ?!

– Ah, ça faisait longtemps, fis-je avec un soupir de joie.

Edward grogna donc pendant tout le trajet jusqu'à la table du petit déjeuner, tandis que je restais souriant. Je me gardais bien de répéter qu'il était mignon, quoique chaque seconde me confirme cette pensée. La réaction qu'il avait tout à l'heure m'avait inquiété, peut-être plus qu'elle le méritait, mais cette sensation de vide étrange que j'avais ressenti à ce moment-là n'était pas des plus rassurants. Même s'il était de mauvais poil, je préférais le voir bien vivant, comme il l'était à cet instant.

oOoOoOo

Après un petit déjeuner trop rapide à mon goût (quoique sûrement trop long pour Edward qui subissait à chaque seconde des remarques sur sa coiffure) vint l'heure de se séparer. Je dus me contenter d'un signe de main à son adresse, gêné par la présence des autres, mais l'expression qu'il me renvoya me réconforta largement. Je n'arrivais définitivement pas à résister au sourire qu'il m'adressait. Pourquoi y résister de toute manière ? J'étais vraiment heureux qu'il soit à mes côtés. D'ailleurs, j'aimerais être à ses côtés plus souvent.

Est-ce que ce serait possible de demander à changer les groupes ?

Mais les autres militaires se douteront de quelque chose si tu demandes ça, non ?

Comme s'ils doutaient encore de quelque chose ! fit une voix moqueuse. D'ici que Hugues aie fait tourner le carnet de notes dans toute l'auberge, il n'y a qu'un pas !

Houlà, ne parle pas de malheur !

– Hello ! fit alors une voix inconnue tandis que quelqu'un s'asseyait à côté de moi.

Je sursautais par surprise et me tournais vivement vers lui. Il me fallut quelques secondes pour retrouver le nom du type aux cheveux châtains qui me souriait aimablement.

Elvis.

Mais bien sûûûûr !

– Bonjour… Elvis, c'est ça ?

– Yep, répondit-il nonchalamment. Et vous, c'est Roy, non ?

– Oui. Répondis-je simplement, décidant de ne pas me formaliser du fait qu'il m'appelle par mon prénom, j'avais commencé par l'appeler par le sien après tout.

– Marrant comme nom… commenta-t-il comme pour lui-même

Il est ironique ou pas ? pensais-je en me pinçant la lèvre inférieure.

– Ca fait classe… je suis sûr que ça plait au filles.

– Mais…

– C'est pas vrai ? fit-il d'un ton inquiet.

– Ehm… si.

– Je le savais ! s'exclama-t-il en claquant dans ses mains. Vous êtes un lover, hein ?

– Quoi ?

Qui c'est ce type ? On parle pas comme ça aux gens qu'on connaît pas ! C'est pas que je sois contre ce genre de discussions, mais ça surprend, quand même ! Pourquoi il fait ça ?

– Hehehe… on est de la même espèce, alors, fit-il avec un sourire d'adolescent.

Ah, d'accord… c'est un type comme ça...

Ca me donne aussi l'impression que j'ai beaucoup changé.

– Excusez-moi, fit-il en se grattant le crâne à travers sa masse de cheveux châtains, j'adore me la jouer Sherlock Holmes quand je rencontre d'autres personnes… Même si Ambre m'a toujours tapé sur les doigts pour ça, il paraît que ça met les gens mal à l'aise, je peux pas m'en empêcher.

Quel type bizarre… pensais-je en le regardant d'un air songeur.

– Et là, vous êtes convaincu que je suis fou à lier, hein ? fit-il avec un demi sourire.

– Je n'irais pas jusque là.

– Bah, vous pouvez, j'ai l'habitude que personne ne me comprenne… fit-il en baissant les yeux vers le carrelage de la pièce, avec un sourire mélancolique. Il parait que je suis trop blagueur, du coup, personne ne me prend au sérieux quand je le suis vraiment…

Tiens, c'est exactement moi à une certaine époque, pensais-je, étonné de trouver un point commun avec cette personne si étrangère.

Et Hugues, aussi

Non, Hugues, il n'est jamais sérieux.

T'es sûr ?

Depuis le temps que je le connais, je l'ai jamais vu sérieux plus d'une minute à la suite…

A cette pensée, je sentis poindre une once de regret. Peut-être que je pourrais mieux le comprendre s'il ne se caparaçonnait pas toujours dans son personnage.

– EHOOOOO ! Y'a du vague à l'âme dans l'air ! s'exclama Elvis en approchant brusquement son visage du mien et en agitant la main devant mes yeux sans une once de délicatesse.

Je sursautais à cette attaque, manquant de crier sous le coup de la surprise.

Uah, il est fou ce type de me faire des peurs pareilles ! Un instant il déprime (ou fait semblant), deux secondes après, il me saute dessus avec un sourire béat pour me réveiller… Y'a pas un plan de construction, quelque chose comme ça qui permettrait de comprendre ce qu'il y a dans sa tête ?

– Excusez-moi, j'ai pas pu m'en empêcher… marmonna-t-il en se grattant la tête.

– Pourquoi vous venez me voir, comme ça, pour m'embarquer dans cette conversation à piège ? demandais-je en toute franchise.

– Bah… vous aviez l'air sympa et c'est ma manière à moi de faire connaissance… Il y a ceux qui se présentent superficiellement, et ceux qui tirent les ficelles… Je préfère faire partie de la seconde catégorie, répondit-il avec un petit rire. Mais si ça vous intéresse, plutôt que vous tourner en bourrique, ce que j'ai beaucoup de mal à m'empêcher de faire (mais ce n'est pas contre vous) je peux vous présenter l'envers du décor…

– L'envers du décor ?

– Je suis sûr que vous ne connaissez pas le dixième de ce que je connais dans cette ville, répondit-il avec un sourire de chat. Ca ne vous intéresserait pas de voir un peu du pays ?

C'est tentant…Ca risque d'être folklorique.

– Pourquoi pas ?

Non, je ne me laisserais pas embobiner par ce type… Il a l'air fou, mais si c'est le frère d'Ambre, il ne peut pas être foncièrement mauvais, n'est-ce pas ? Et puis, je ferais gaffe… à mon portefeuille, s'il m'emmène dans des coins louches… et à pas trop faire attention à ce qu'il dit dans l'absolu.

Et pris comme ça, j'ai l'impression qu'il peut être plutôt sympa.

La connerie de Hugues ne l'a pas empêché d'être mon ami que je sache, pensais-je en pouffant de rire

– Pourquoi vous riez ? Je n'ai pas encore rien dit de stupide ?

– Je pensais à quelqu'un qui vous ressemble, répondis-je avec un sourire.


La suite dans quinze jours ! d'ici-là, j'aurais passé une grande partie du bac ;) et peut-être même qu'après ça je pourrais reprendre mon rythme de publication précédant, qui sait...