Coucou!

Encore merci pour vos commentaire, ça me fait vraiment plaisir d'en recevoir et d'y répondre ;-)

Angélique avait eu un peu de mal à reprendre le train de vie scolaire et Severus lui avait offert un chat pour son anniversaire.

Bonne lecture! ;-)


Chapitre 45 : Impero !

Le professeur Dumbledore, écoutant l'avis de madame Pomfresh et avec l'accord unanime de tous les professeurs de Poudlard, autorisa Angélique à garder son chat auprès d'elle en toutes circonstances, que ce soit en cours, aux repas ou autres, avec pour seule restriction de ne pas le laisser grimper sur les bancs et les tables.

L'infirmière avait en effet exposé au directeur les bienfaits que le chaton pouvait procurer à la jeune fille sur le plan social et relationnel et les autres professeurs ne considéraient pas la présence du chat gênante lors de leurs cours. En outre, ils firent remarquer que de nombreux étudiants emmenaient déjà bien leur rat ou leur crapaud avec eux sans leur demander leur avis.

Depuis ce jour, on ne pouvait plus croiser Angélique, qui déambulait dans les couloirs de Poudlard de classe en classe, sans son petit chat noir qui la suivait partout comme son ombre. Les autres élèves auraient sans doute été impressionnés de voir Rogue lui permettre de le garder auprès d'elle, même en cours de potions, s'ils n'étaient pas toujours traumatisés par le fait de savoir que leur redoutable maître des cachots avait adopté la jeune fille et que c'était lui qui lui avait offert le chaton pour son anniversaire.

Les effets combinés des philtres de Paix allégés, du chaton, des leçons d'occlumancie et du soutien sans faille de Rogue étaient plutôt encourageants : Angélique parlait plus volontiers avec ses amis, elle acceptait mieux la distance avec son père pendant la journée, elle supportait de mieux en mieux la présence de tous ses camarades autour d'elle et permettait même à Daphné, Sally-Anne et Hermione de lui faire la bise et de la toucher, du moment qu'elles ne la prenaient pas par surprise. Par contre, c'était encore loin d'être gagné avec les garçons, qu'elle évitait toujours malgré elle, mais elle faisait beaucoup d'efforts pour se contrôler et pour parvenir à dépasser sa peur du sexe opposé.

Rogue, fier de tous les progrès que sa fille faisait, entra dans une colère noire le jour où il apprit par ses collègues qu'Alastor Maugrey avait soumis chacun de ses élèves au sortilège de l'Imperium dans le but de leur montrer les effets et les sensations que produisait ce maléfice.

Sa cape noire virevoltant dans son sillage, il se rendit dans le bureau du professeur de défense contre les forces du Mal et poussa la porte, sans prendre la peine de frapper, en lui assénant directement :

« Vous êtes complètement cinglé !

- Rogue, le salua-t-il calmement en hochant la tête. Ravi de vous voir.

- Vous avez lancé le sortilège de l'Imperium sur ma fille ?

- Entre autres, oui, répondit-il, blasé. J'ai soumis tous mes élèves à ce sort.

- Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? s'écria Rogue en écumant de rage. Vous avez lancé ce sort à une jeune fille qui a récemment subi un violent traumatisme lors duquel elle ne contrôlait absolument pas ce qu'il se passait ! Vous êtes vraiment malade !

- Je sais très bien ce qui lui est arrivé, Rogue, mais il n'y a pas de favoritisme dans mes classes. Tout le monde est logé à la même enseigne, répliqua posément Fol Œil. Mieux vaut qu'ils apprennent les effets de ce maléfice dans ma classe plutôt que face à une bande de mages noirs sans scrupules.

- Lancez-leur le Doloris la prochaine fois, tant que vous y êtes ! s'énerva Severus.

- Oui, peut-être… Ce n'est pas une si mauvaise idée… approuva Maugrey en se grattant distraitement le menton tout en réfléchissant à la proposition.

- Je vais vous…

- Je serais vraiment enchanté de savoir ce que vous voudriez me faire, Rogue, mais je crois qu'il serait plus sage d'attendre un peu avant de prononcer des paroles que vous pourriez regretter par la suite, le coupa-t-il. Je vais vous apprendre une chose qui risquerait bien de faire retomber votre rage.

- Que voulez-vous dire ? » demanda Rogue, sourcils froncés, déconcerté.

Fol Œil fit un rictus, qui avait sans doute dû être un sourire en coin autrefois, avant de répondre en détachant bien chacun des mots de sa phrase :

« Votre fille, Rogue, est la seule élève à avoir totalement résisté au sortilège de l'Imperium. »

Le directeur des Serpentard le fixa intensément de ses prunelles onyx et l'écouta poursuivre :

« Elle a bloqué et rejeté mon Imperium avec une force inouïe. Je n'ai pas réussi à lui faire faire la moindre petite chose.

- Elle a résisté à l'Imperium ? interrogea-t-il, étonné.

- Parfaitement. Une volonté de fer. Jamais vu ça.

- Et elle n'a pas eu peur ?

- Oh si ! Elle avait peur mais quand elle a vu qu'elle parvenait à résister, elle a arrêté de paniquer. »

Rogue réfléchit un instant aux paroles de Maugrey, qui l'interrogea, sarcastique :

« Alors, Rogue, on est toujours fâché ? »

Le maître des potions souffla en levant les yeux au ciel sans répondre quoi que ce soit.

« Refermez la porte quand vous partez », déclara le professeur de défense contre les forces du Mal en se penchant sur des copies éparpillées un peu partout sur son bureau tout en fixant Severus de son œil bleu magique.

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Ce soir-là, Angélique rentra avec Severus dans leurs appartements en compagnie de Salem, qui trottinait gentiment à côté de sa maîtresse, en lui racontant sa journée de cours.

Après s'être assise sur le canapé en accueillant Salem sur ses genoux, elle expliqua à son père ce qu'il s'était passé en défense contre les forces du Mal :

« C'était vraiment dingue comme cours ! Le professeur Maugrey lançait l'Imperium et tout le monde faisait les trucs stupides qu'il leur ordonnait. Drago a imité une poule en faisant le tour de la classe, Daphné a enchaîné des pas de danse classique alors que normalement elle danse comme un pied, Blaise a sauté sur un banc en poussant le cri du gorille et en se frappant la poitrine, … C'était vraiment n'importe quoi !

- Oui, je connais les effets de ce sort… répondit-il. Ça devait être spécial.

- Vraiment spécial, oui !

- Et, toi, tu n'as pas eu peur quand ça a été ton tour ?

- Oh si, j'étais terrifiée ! Quand Fol Œil s'est tourné vers moi, j'étais tétanisée par la panique.

- Je suis allé le trouver cet après-midi pour le gronder de t'avoir soumise à ce sortilège… lui avoua-t-il soudain.

- Ha oui ? demanda-t-elle, surprise.

- Bien sûr ! Il n'aurait pas dû vous infliger ça ! Que ce soit avec l'accord de Dumbledore ou pas. Ce n'est pas pour rien que ces sortilèges sont impardonnables ! » répliqua-t-il avec véhémence avant d'ajouter en se radoucissant : « Mais il m'a dit que tu étais la seule à avoir résisté…

- Oui, il n'aurait pas dû… Je suis d'accord avec toi », répondit-elle avant de demander, incrédule : « C'est vrai ? Je suis la seule à avoir résisté au sortilège ?

- La seule et unique, confirma Rogue en la fixant dans les yeux.

- Harry aussi a résisté, lui dit-elle.

- Non, il a essayé de se battre et de contrer les ordres mais il n'est pas parvenu à le bloquer totalement, contrairement à toi. »

La jeune fille rougit un peu de savoir qu'elle était la seule élève à avoir repoussé l'Imperium de Fol Œil et entendit Severus lui demander :

« Tu t'es servie de l'occlumancie ?

- Oui… répondit-elle en hochant la tête. Je n'aurais pas dû ?

- Si, tu as très bien fait… C'est aussi à ça que servent les leçons que je te donne, déclara-t-il, satisfait. Je n'aurais bientôt plus rien à t'apprendre dans ce domaine, si tu arrives à bloquer un Impero… ajouta-t-il, à la fois fier et impressionné.

- Oh mais je veux que tu continues à me donner des cours d'occlumancie ! J'adore cette matière ! s'exclama-t-elle, déçue.

- Je le sais et je vais continuer, ne t'inquiète pas », la rassura-t-il en caressant sa joue.

L'adolescente lui sourit, heureuse, et sur les conseils de Severus elle partit chercher ses affaires pour faire ses devoirs au même bureau que lui avec son petit chat sur les genoux.

Rogue avait en effet libéré de l'espace sur son grand bureau en ébène et avait ajouté une chaise de l'autre côté face à lui pour qu'Angélique et lui puissent travailler en même temps et qu'elle ne soit pas obligée de faire ses devoirs toute seule dans sa chambre.

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Quelques jours plus tard, un samedi, Angélique rejoignit ses amis Gryffondor dehors dans la cour de récréation et s'assit juste à côté d'Hermione, après lui avoir fait la bise, son chat s'immobilisant à ses pieds sans tenir compte le moins du monde de Pattenrond qui voulait l'inciter à partir faire un tour avec lui.

« Il est marrant ton chat, il ne te lâche pas d'une semelle ! s'exclama Hermione, amusée.

- C'est vrai que c'est un petit pot de colle, approuva Angélique en se penchant pour lui gratter le menton.

- Oh et au fait : salut Angie ! Nous aussi, on est content de te voir… déclara Ron, ironique.

- Salut les garçons ! répondit-elle simplement, sans relever le sarcasme.

- Angie ?

- Oui, Harry ? dit-elle en se tournant vers lui.

- Tu peux nous expliquer pourquoi tu fais la bise à Hermione et à tes amies de Serpentard mais pas à nous deux ? demanda-t-il en désignant Ron et lui-même.

- Ouais… Et aussi pourquoi tu m'as giflé en début d'année ? Parce que je ne vois toujours pas ce que j'ai fait pour mériter ça… ajouta Ron, maussade.

- Je… heu… Je ne me sens pas très bien, pour le moment… expliqua-t-elle vaguement, les joues roses.

- Ouais, on avait remarqué… fit Ron en roulant des yeux.

- Qu'est-ce que Ron et moi t'avons fait ? interrogea Harry, réellement désireux de savoir pourquoi son amie ne voulait plus l'approcher.

- Vous… vous ne m'avez rien fait… répliqua-t-elle en se tortillant les mains.

- C'est parce que Rogue t'a adoptée que tu ne veux plus être amie avec nous ? demanda Ron en fronçant les sourcils.

- Ne sois pas stupide, Ronald ! Angie est toujours notre amie, c'est évident ! intervint Hermione, agacée.

- Severus ne m'interdit pas de vous voir, au contraire, il m'encourage même à passer plus de temps avec vous, déclara Angélique en défendant son père contre eux.

- Ça n'a rien à voir avec le fait que tu sois devenue sa fille alors ? questionna Ron.

- Non… répondit-elle, de plus en plus mal à l'aise avec toutes leurs questions.

- Et il… il se comporte bien avec toi ? Il est gentil ? persista Harry, inquiet.

- Bien évidemment ! s'énerva Angélique qui ne supportait pas qu'on s'en prenne à lui et qu'on le soupçonne d'actes abominables. Que voudrais-tu qu'il me fasse ?

- Ben, je n'en sais rien… Je… balbutia Harry, désolé de l'avoir mise en colère.

- Je sais bien que ça ne veut pas entrer dans vos cervelles mais je vous le répète : Rogue est mon père ! Il m'aime et je l'aime ! Ensemble, nous formons une famille ! Comme Hermione avec ses parents ou Ron avec son père, sa mère et tous ses frères et sœur ! rétorqua-t-elle, rouge de colère, en interrompant le brun.

- Ne… Ne te fâche pas… l'implora Harry. Je voulais juste essayer de comprendre ce qui ne va pas… C'est tout…

- Arrêtez un peu de l'embêter, tous les deux ! s'exclama Hermione. Elle vous a dit qu'elle n'était pas très bien pour l'instant. Fichez-lui un peu la paix ! » ajouta-t-elle avant de vouloir la prendre par les épaules.

Mais Angélique, surprise par le brusque rapprochement d'Hermione, repoussa aussitôt ses bras, se leva du banc et fit quelques pas rapides pour s'éloigner d'elle, suivie de son chat qui était toujours à l'affût de ses moindres faits et gestes.

Les trois Gryffondor observèrent avec des yeux ronds la petite Serpentard qui se tenait maintenant à quelques mètres d'eux, les yeux brillant de larmes.

« Je… Je suis désolée… s'excusa-t-elle auprès d'eux, le souffle court.

- Tu as dit que, nous, on ne t'avait rien fait… déclara Harry après quelques minutes de silence.

- Oui, c'est vrai, vous ne m'avez rien fait, répéta Angélique en secouant sa tête.

- Mais quelqu'un d'autre oui », poursuivit Harry qui avait bien réfléchi au comportement étrange de son amie.

Angélique le regarda dans les yeux, abasourdie, avant que les siens ne débordent de larmes et elle hocha la tête de bas en haut avant de cacher son visage dans ses mains et de se mettre à pleurer pour de bon.

Hermione, Ron et Harry s'observèrent alternativement tous les trois, leurs visages laissant transparaître l'horreur qu'ils éprouvaient en se doutant de ce que leur amie avait dû subir, indécis sur la manière de se comporter avec elle.

Finalement, Hermione fit un pas vers la Serpentard, hésitante, et lui demanda gentiment :

« Angie ? Je… Je peux m'approcher et te prendre dans mes bras ? »

Toujours incapable de les regarder à cause de la honte qu'elle ressentait en sachant qu'ils avaient découvert son secret, elle fit « oui » de la tête. Hermione enlaça alors doucement son amie et caressa ses cheveux pour essayer de l'apaiser, la laissant pleurer sur son épaule.

« Angélique, je suis désolé… déclara Harry, qui s'était approché des deux filles, en voulant poser une main sur son épaule mais en suspendant son geste à la dernière minute.

- Ouais, moi aussi… » ajouta Ron, en se grattant l'arrière de la tête sans trop savoir quoi faire, profondément peiné de voir sa Serpentard préférée dans cet état.

Ils attendirent ensuite en silence qu'elle se calme et arrête de pleurer toute seule puis, lorsque Angélique se fut détachée d'Hermione et eut essuyé ses yeux, elle décida de leur expliquer :

« Le directeur de mon orphelinat a mis de la drogue dans un verre de vodka qu'il m'a obligé à boire… Ensuite, il… il a laissé un homme entrer dans ma chambre et il… l'a laissé avec moi, après avoir pris de l'argent… Il… Cet homme, il… il m'a…

- On se doute de ce qu'il t'a fait… la coupa Harry, profondément peiné et révolté, pour lui éviter d'avoir à leur dire.

- Je n'ai rien pu faire pour l'en empêcher… ajouta-t-elle, comme pour se défendre.

- On est vraiment désolé pour toi, Angie… dit gentiment Ron en faisant une petite grimace de gêne, ne sachant pas vraiment quoi dire d'autre.

- C'est… C'est pour ça que je suis comme ça… Surtout avec vous, les garçons… Mais je n'y peux rien, j'ai peur… Je n'arrive pas encore bien à me contrôler… se justifia-t-elle.

- Ce n'est rien, Angie, on comprend, assura Harry.

- Maintenant, je sais pourquoi tu m'as collé une gifle au moins ! s'exclama Ron.

- Ronald ! » le gronda Hermione.

Mais Angélique se mit à rire ce qui fit immédiatement cesser le regard assassin que Hermione lançait à Ron et l'atmosphère se détendit un peu quand les Gryffondor joignirent leurs rires au sien.

« Tu l'as dit à quelqu'un ? demanda ensuite Harry, redevenant sérieux.

- Oui, Severus est intervenu tout de suite. Le directeur de l'orphelinat et les Moldus – parce qu'il n'y en avait pas qu'un – sont en prison. Tous les profs sont au courant mais pas les élèves. Je ne l'ai dit qu'à vous trois et je voudrais que ça reste entre nous, répondit-elle en les regardant tous les trois.

- Ouf ! Heureusement qu'ils sont tous en prison ! s'exclama Hermione. On ne dira rien !

- Ouais, on est de vraies tombes ! confirma Ron.

- Pas de risque que je parle de ça à quiconque, promit Harry, très sérieux.

- Merci, répondit-elle en faisant un léger sourire.

- Bon ! C'est pas tout ça mais, si Rogue nous trouve tous les trois ici avec toi en larmes, il va nous tuer directement sans passer par la case retenue ! s'exclama Ron en croisant les bras sur son torse tout en examinant la tête d'Angélique.

- Oui, ce n'est pas vraiment faux… approuva Hermione en jetant un œil à son amie. Viens ! On va passer aux toilettes pour mettre un peu d'eau sur ton visage puis on rejoindra les garçons dehors pour faire un petit tour dans le parc avant que tu ne rentres chez toi », ajouta-t-elle en emmenant Angélique et son chat vers le château.


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu!

A la prochaine ;-)