Disclaimers : Uh... Uh Uh.

AN : Well, je suis désolée de ne pas avoir posté ce chapitre la semaine dernière, mais il n'était pas encore écrit :). Et je n'avais pas vraiment le temps de le faire le week-end dernier. Il est un peu triste, mais totalement... Une fois de plus, quand il s'agit de m'exprimer par moi-même, je ne trouve pas mes mots. (Ma seule inspiration a été un fond sonore exclusivement constitué de Patrick Wolf :) )


Je tremblai en m'approchant. Et pourtant, j'allai vite, très vite.

Je ne voyais pas les ombres des autres sur le sol, pas les mouvements fluides de leurs corps alors qu'ils avançaient vers la même cible que moi.

Mes yeux étaient rivés à lui, et à Bella.

Et son cri perça le silence qui jusqu'alors avait régné.

Je l'avais entendue parler, je l'avais entendue murmurer. Je l'avais écouté pleurer, alors même qu'elle aurait voulu le cacher. Vu les larmes sur ses joues, les sourires sur ses lèvres, la frayeur sur ses traits.

Mais ce cri était celui de la douleur, de la douleur et de la peur mélangées. Un son terrifiant, glaçant.

Je ne supportais pas de la voir souffrir.

C'est l'instant que choisit James pour poser les yeux sur elle. Et un sourire se dessina au coin de ses lèvres, heureux.

Je secouai la tête.

Il n'aurait pas du sourire à cet instant.

Je voulais lire la peur sur ses traits, la douleur, et le remords. Je voulais qu'il se rende compte qu'il tenait Bella dans ses bras. Il releva les yeux vers moi. Son sourire s'effaça aussitôt.

Et, trop vite pour que nous ayons le temps d'agir, il fondit sur Bella.

Ses mains bougeaient vite autour de son corps, son visage s'approchait de celui de Bella. Ses lèvres bougèrent, comme s'il lui murmurait quelque chose, doucement, à l'oreille.

Je secouai la tête.

Bella hurla. Plus fort.

Il releva les yeux, un instant. Une fois de plus. Son regard plongea dans le mien, et il y vit les images de mes frères.

Il ne les avait pas vus avant de croiser leurs reflets dans mes yeux.

Il grogna.

Tourna la tête.

Frustration.

Je profitai de cet instant pour fondre sur lui. Il grogna encore, de crainte cette fois. Il se redressa légèrement sur ses pieds. Trop tard.

Les quelques secondes qu'il avait mis à réagir avaient suffi à Jasper et Emmett pour être à quelques pas de lui, puis sur lui.
mes mains s'étaient refermées autour de la taille de Bella.

Sa chaleur sur mes mains, d'un coup. Elle criait toujours, les yeux clos.

James ne lâcha pas prise, pas immédiatement. Ses yeux se baissèrent de nouveau sur mon visage, et la déception que je pus y lire me choqua. Il n'avait pas peur, bien qu'il sache qu'il ne pouvait plus rien faire contre nous, nous étions trop nombreux. J'entendais Alice et Carlisle entrer dans la pièce, maintenant.

Et pourtant, il ne relâcha pas les bras de Bella qu'il tenait encore entre ses mains. Il gronda, fort. Dernière tentative d'intimidation. Je répliquai de la même manière, et les paumes de Jasper et Emmett se fixèrent sur ses épaules. Il grogna, se débattant. Ils le levèrent, et je restai sur place, mes yeux posés sur leur manœuvre.

Il trembla, tentant de se libérer, mais il ne pouvait rien contre eux. Mon regard était toujours rivé sur eux.

En une seconde, Alice vint s'asseoir à mes cotés.

Bella aussi tremblait. Je ne la lâchai pas, et son cri s'estompa, pour ne plus devenir qu'une plainte. Je baissai les yeux sur elle.

Quand je revins sur mes frères, ils avaient disparu. Mais les cris de James résonnaient toujours, sa douleur, maintenant, dans ma tête, autour de moi.

Je fermai les yeux un instant, entendant Carlisle se rapprocher de moi, ses pensées tournoyant dans son esprit, plus préoccupé que jamais.

Les cris de Bella le perturbaient.

Elle ne hurlait plus, maintenant, mais des sanglots sortaient de sa poitrine, emplis de douleur et de peur. Ses yeux restaient clos, et ses mains étaient froides contre les miennes.

Mon père s'agenouilla, fronçant les sourcils, et Alice me poussa légèrement pour prendre ma place.

Je ne m'écartai pas, tenant à ma place près de Bella.

L'écoutant, la contemplant.

Et c'est alors que je perçus ce qui me dérangeait depuis quelques secondes déjà.

J'étais tellement habitué à être auprès d'elle, toujours. J'avais appris depuis longtemps le rythme de son cœur, ses battements désordonnés.

Ils n'avaient pas disparu, mais il étaient faibles. Trop faibles.

Et ils diminuaient encore.

Je murmurai, sans me comprendre moi-même les mots qui sortaient de ma bouche. Je criai, sans les entendre.

Le sang nous entourait. Je n'y avais pas prêté attention d'abord, trop occupé à me fixer sur Bella. Mais ce sang étai le sien, et je ne pouvais plus l'ignorer maintenant.

L'odeur était plus qu'enivrante, flottant dans l'air, et sur mes mains. Je baissai les yeux un instant, continuant à appeler le nom de Bella sans vraiment m'en rendre compte. Fixai mes mains.

Elles étaient rouges, mais pas de ce rouge imprudent, guerrier. Comme si un mince rideau les couvrait, les protégeant. Je ne sentais pas mes doigts bouger sous le contact, et pourtant ils le faisaient. Ils tremblaient, autant que le reste de mon corps.

Carlisle me secoua l'épaule, vivement, et je me rendis compte que j'avais délaissé Bella un instant, pour me concentrer sur son sang.

Je dardai mes yeux sur mon père, et je ne doutais pas qu'en cet instant ils étaient plus noirs qu'ils ne l'avaient jamais été. Comme aux premiers jours.

La soif me rongeait, la soif du sang de Bella, si près de moi, si atteignable. Je n'avais pas bu depuis si longtemps… Tout me semblait si lointain. Son corps, les battements de son cœur…

Et puis, elle murmura mon nom.

-Bella !

J'avais parlé, plus fort que je ne le pensais, répondant à son chuchotement. Mes yeux maintenant se fixaient sur son visage, tordu dans la douleur. Je ne sentais plus rien, d'un coup. Etonnant comme mes sens réagissaient ainsi, me détournant à chaque instant des objets de mes attentions… Bella, Edward. Bella.

-Elle a perdu beaucoup de sang, mais la plaie n'est pas profonde.

Si calme, la voix de Carlisle. J'étais tombé dans l'irréalisme. Une blessure… Et tant de sang.

Mon esprit allait et revenait, tantôt entièrement préoccupé par Bella… Et puis, je revenais à mes instincts. Je secouai la tête. Bella.

-Attention à sa jambe. Elle est cassée.

J'inspirai, profondément. Mauvaise idée, mais je ne pouvais plus m'en empêcher.

-Quelques côtes aussi, j'ai l'impression.

Les doigts de Carlisle parcouraient le corps de Bella, doucement, et elle tremblait à leur contact. Si froids contre sa peau…

-Edward.

Et c'était mon nom qu'elle prononçait, encore. Mon nom qui revenait à ses lèvres, toujours.

J'approchai mon oreille de son visage, puis mes lèvres de ses cheveux.

-Tout va s'arranger, Bella. Bella. Je t'aime.

Elle était consciente, et j'espérai qu'elle puisse comprendre mes mots. Je les détachai les uns des autres, lentement. Son ton aussi était saccadé, mais elle était consciente. Elle ne devait pas abandonner, elle devait rester éveillée. Je parlerai, je lui parlerai tant que Carlisle aurait besoin de temps.

Elle déglutit, difficilement, et mon cœur se serra. Ses yeux étaient clos, et le haut de son visage recouvert d'une mince pellicule de sang. Je ne respirai plus, et me contentai de l'observer. Une fois de plus, elle paraissait si fragile…

-Edward…

Elle ne m'entendait pas, elle ne sentait pas que je lui parlais.

Je devais continuer, pourtant.

-Je suis près de toi.

M'avait-elle entendu ? Sa respiration sembla se calmer un peu. Elle essaya d'ouvrir les yeux, doucement, avant de renoncer. Les doigts de Carlisle palpaient son crâne, doucement. Tout était trop doux.

Les cris de James résonnaient encore, et ses grognements. Les signes d'une lutte, les grondements de Jasper. Je fixai de nouveau mon attention sur Bella.

-J'ai mal.

-Je sais, Bella.

Ma voix tremblait aussi, maintenant. Carlisle s'était arrêté, le menton dans un paume, pensif. Je le fixai.

-Tu ne peux rien faire ?

Mon ton avait été plus violent que je ne l'aurais souhaité, mais il sembla comprendre, et me pardonner sans un mot. Je n'avais plus le courage d'entrer dans ses pensées, dans l'esprit de personne.

-Passe-moi ma sacoche.

Je la lui tendis, faisant le moins de gestes possible.

Il me remercia d'un signe de tête, avant de se tourner vers ma sœur. Ses yeux étaient écarquillés au-dessus du corps de Bella, ses lèvres closes, comme si elle se retenait de rire. Mais en l'occurrence, ce n'était pas rire dont elle avait envie.

-Retiens ton souffle, Alice, ce sera plus facile.

L'une des mains de Bella serrait mon bras, sa prise ridiculement faible. J'étais toujours penché sur elle. Je m'écartai légèrement quand Carlisle me le demanda. Je ne pouvais pas lui rendre son ersatz de sourire.

-Alice…

-Elle est là aussi. Elle savait où te trouver.

-Ma main… Elle brûle.

Je la regardai sans comprendre un instant, avant de desserrer ses doigts, qui s'étaient enroulés autour de mon poignet. Son visage ne se décrispa pas.

-Carlisle va te donner de quoi calmer la douleur.

Son visage sembla hésiter un instant. Je ne comprenais pas, je ne savais pas. Je secouai la tête.

Et ses yeux s'ouvrirent, rapidement, violemment. Le sang de son front coula sur eux, obscurcissant leur couleur. Je me mordis la lèvre. Quelque chose n'allait pas. La douleur que je lisais dans ses prunelles n'était pas naturelle.

-Ma main brûle !

Elle avait crié, et sa voix était tourmentée. Dans une seule exclamation, elle avait réussi à arrêter les gestes de Carlisle et le souffle d'Alice. Ils la regardaient, presque effrayés.

Je regardai la main qui reposait maintenant à coté de la mienne sur le sol. Elle ne bougeait pas, ne tremblait pas. Et mon regard se porta de l'autre coté de son corps.

-Bella ?

Son bras entier était secoué de spasmes désordonnés. Ses doigts se refermaient sur le vide, tentant d'accrocher un objet insaisissable.

-Le feu.. Arrêtez le !

Et mes yeux de se poser sur le dos de sa main, comme j'aurais du le faire bien plus tôt.

Une marque simple, propre. A peine rougie par le sang, terriblement banale.

Terriblement banale pour nous.

Mes yeux ne pouvaient s'en détacher. Je ne sentais plus le sang autour de moi, je n'entendais plus les battements de son cœur, ni le soudain hoquet de Carlisle. Pas les sanglots sans larmes d'Alice.

J'avais envie de me détourner, ne plus voir cette image. Ni ce qu'elle signifiait.

On distinguait encore nettement les traces des dents, légèrement écartées, et non pas une plaie unique. Tel un croissant de lune sur sa main, parsemé de minuscules piqûres.

Il l'avait mordue.

Mes mains tremblaient aussi, à présent.

-Carlisle. Sa main.

Il ne me regarda pas. Ses yeux étaient emplis de tristesse.

-Elle a été mordue.

Je voulais gronder, laisser éclater ma colère mais je ne le pouvais pas. J'étais diminué, affreusement seul. La voix de Carlisle n'était pas assurée.

-Tu dois le faire, Edward.

Je relevai le visage. Secouai la tête.

Les yeux de Bella s'étaient refermés, elle semblait tombée dans une nouvelle inconscience.

Je devais le faire…

Mon esprit ne fonctionnait plus comme il aurait du le faire. Je comprenais les mots de Carlisle, chacun séparément, mais n'arrivais pas à trouver de sens à sa phrase.

Tu dois la laisser devenir l'une des nôtres, Edward. Elle est blessée.

Non. Je ne pouvais pas faire ça.

Elle survivra.

Oui. Oui, certainement. Comme j'avais survécu, moi.

Elle survivrait, mais elle ne vivrait plus.

-Non.

Alice sourit légèrement, posant ses doigts sur le front de Bella pour le débarrasser du sang qui y avait figé.

Je soupirai.

-Il y a peut-être une autre solution.

Les cris de Bella étaient plus faibles. Comme si elle était endormie et qu'elle se contentait de parler, doucement, dans son sommeil. Comme je l'avais vu faire tant de fois auparavant.

Et comme je voudrais la voir faire encore. Encore, et encore.

Je ne voulais pas qu'elle devienne comme nous, Carlisle.

Je me tournai vers mon père. S'il avait… autre chose.

-Quoi donc ?

Il se mordit les lèvres, comme s'il hésitait. Non. Il n'y a pas à hésiter.

Je suis prêt à tenter n'importe quoi, à ce moment là.

-Essaie de sucer le venin. La blessure est propre.

Les mots firent écho dans ma tête avant de trouver un sens, un sens quelconque.

Je m'étais apprêté à être prêt à tout faire, tout pour sauver Bella.

Mais cela…

-Ça va marcher ?

La voix d'Alice était claire, épargnée par la souffrance.

Je secouai la tête. C'était à moi de prendre la décision, c'était à moi que revenait le droit de souffrir, n'est-ce pas ?

-Je ne sais pas. Mais il faut faire très vite.

Le venin va pénétrer plus encore dans le sang, Edward. Si tu veux le faire, c'est maintenant.

-Je ne suis pas sur d'y arriver, Carlisle.

Moi, j'étais faible. J'avais peur, sans doute plus que Bella.

-Il le faut, Edward. Je dois stopper le saignement… Je ne peux pas t'aider. Si tu lui tires du sang par la main…

Le sang. A la fois ma plus grande faiblesse et mon plus grand désir. Son sang.

-Edward.

Mes yeux sur elle, une fois de plus. Elle était consciente. Elle souffrait.

J'entendis en bruit de fond Carlisle et Alice parler.

Bella souffrait.

Je voulais qu'elle arrête de souffrir. Même s'il n'y avait qu'une seule condition à cela.. Si je devais souffrir pour qu'elle vive…

Je me penchai vers elle. La contournait, doucement.

Mes genoux raclaient le sol, mais je n'en avais que faire.

Je pris sa main dans les miennes. Elle était brûlante. Pour moi, pour elle.

Je fixai son visage. Avais-je pris la bonne décision ? En tout cas, j'avais pris la seule qui m'était offerte.

Je posai mes lèvres contre sa peau.

Je n'avais encore jamais été aussi près de son sang, pas même quand je lui avais effleuré le cou, quelques jours avant.

Sous mes lèvres, le sang battait, faiblement. Les gouttes qui avaient ruisselé sur la peau après la morsure de James étaient maintenant emprisonnées dans la chaleur de mon souffle.

D'abord, j'eus peur. Comment ne pas avoir peur ? J'effleurais sa peau de mes lèvres, sentant la chaleur de mon expiration se répandre sur sa main.

Et puis, d'un coup, ce fut l'inverse. Ce n'était plus moi qui contrôlait, c'était elle.

Un appel, un seul. Rien ne m'atteignait plus. Le goût de son sang me parvint.

J'avais pu rêver, des heures durant. J'avais espéré, essayant de me battre contre mes envies. Et maintenant, cela m'était donné.

Si son odeur était attrayante, elle n'avait pas pu me préparer à ce que j'étais maintenant en mesure de faire mien.

Il coulait entre mes lèvres, encore brûlant de la chaleur de son corps. Sensation grisant pour qui n'a plus été en mesure de sentir le chaud et le froid depuis des années. Il coule, et il coule encore.

Je pourrais rester ainsi des heures.

J'ai essayé de me leurrer, pendant des années, me nourrissant exclusivement de sang animal. Chassant de moi le souvenir de celui des hommes.

C'était plus qu'un souvenir, maintenant.

Son sang semblait être fait pour m'appartenir.

Il glissait le long de ma gorge, doucement, réchauffant chacune des cellules de mon corps.

Comme si mon cœur battait, maintenant aussi, une fois de plus. Je secouai la tête contre sa main.

J'avais eu faux. J'avais eu faux en croyant que je pourrais résister à un tel appel.

Maintenant qu'il était en moi, je ne voulais pas m'en arracher. Je ne pouvais pas. Il m'en fallait, encore.

J'entendais les voix de Carlisle et Alice au dessus de moi.. M'exhortant de rester prudent. Je ne les écoutai pas. Ils ne pouvaient pas savoir.

Le but de mon action m'échappait au fur et à mesure. J'avalai son sang, goulûment, maintenant. Je ne percevais plus le goût qui m'avait dérangé au départ.

Le venin de James. L'idée qu'un autre que moi eut pu toucher à ce sang… Bella.

Il n'avait pas touché qu'au sang, mais aussi à Bella.

Bella, dont la main tremblait maintenant sous mes lèvres.

Je m'arrêtai un instant. Elle ne bougeait plus.

Je voulais savoir comment elle allait, je voulais savoir ce qui se passait…

Et pour cela il me faudrait abandonner le sang. Je ne pouvais pas.

Elle ferma les yeux.

Murmura mon nom, doucement. Du bout des lèvres.

Et alors, je réalisai.

Je voulais entendre le son de sa voix, encore.

Le sang coula une dernière fois entre mes lèvres, et je m'arrachai à sa main.

Non.

Je tombai en arrière, le dos contre le sol de marbre.

Son odeur était partout en moi.

Je voulais, je voulais encore sentir son sang en moi. Pourquoi avais-je arrêté ?

Je ne me redressai pas. Comme si m'éloigner de sa blessure avait vidé mes forces.

Je me sentais épuisé, comme jamais encore je ne l'avais été.

-Reste, Edward, reste avec moi.

J'ouvris les paupières que j'avais fermées.

C'était elle.

Elle souriait, mais à peine.

La main d'Alice recouvrait la sienne, me cachant la vue de la plaie.

Je me redressai.

J'avais réussi. Elle ne souffrait plus. Et moi… J'irais bien.

-Je ne te quitte pas, ne t'inquiète pas.

Elle soupira. Carlisle hocha la tête, un sourire aux lèvres. Je passai l'une de mes mains contre la joue de Bella, lentement.

-Tout est sorti ?

La voix de mon père me parut lointaine. Je hochai la tête.

-Oui.

Je ne pouvais pas parler autrement qu'en un murmure.

-Oui. J'ai perçu le goût de la morphine.

Très légèrement, entre autres choses.

-Bella ?

Elle ouvrit les yeux en entendant la voix de mon père. Souleva les paupières, plutôt.

Ma main caressa mes lèvres, doucement, se souvenant de la sensation qui m'avait habité quelques minutes avant.

-Le feu a disparu ?

-Oui.

Je souris.

-Merci Edward.

Je haussai les épaules. J'avais failli ne jamais plus entendre ces quelques mots.

-Je t'aime.

Elle hésita quelques instants. Se battant contre le sommeil qui tentait de s'emparer d'elle.

-Je sais.

Je ris.

-Où es ta mère, Bella ?

Carlisle, toujours pragmatique. Mon regard passa la pièce en revue.

Les cris de James avaient disparu. Jasper et Emmett se tenaient dans le coin de la salle. Une nouvelle odeur montait de leur coté. Je fronçai le nez. Je ne la connaissais que trop bien.

Il fallait fuir avant que les flammes ne parviennent jusqu'à nous.

Je n'entendis pas la réponse de Bella. Elle murmura quelque chose à l'oreille d'Alice, avant de fermer les yeux. Le visage de ma sœur ne trahit aucune émotion, et je n'avais pas la force de percer les barrières de son esprit.

-Il est temps de nous éclipser, souffla alors Carlisle.

-Je veux dormir.

Un sourire exténué était apparu sur les lèvres de Bella. Je poussai légèrement Alice sur le coté, et glissai un bras sous la nuque de Bella, l'autre derrière ses genoux.

-Dors. Je vais te porter.

Je me relevai rapidement, et, en quelques secondes, sa tête reposa sur ma poitrine.

Les autres étaient déjà debout.

Nous courûmes.


Bon, alors nous voilà au moment des révélations. Ce week-end, c'est à la fois l'anniversaire de cette fiction (un an déja !), et le mien. Malheureusement, je suis maintenant bien plus âgée qu'elle... Bref. J'ai l'impression que mon écriture et ma façon d'appréhender cette fiction ont bien changé depuis avril dernier !

A bientôt, Elve.