Titre : Eclipse Totale
Pairing : Grimmjow Jaggerjack/ Jûshiro Ukitake
Rating : M
Disclamer : Tous les droits des personnages sont à Tite Kubo-sama
Genres : Poetry/Romance
Note musicale : Je n'ai pas beaucoup débattu pour le choix de musique car N'Evoli est autant gamine que moi. Donc quand on s'y met, ça finit comme ça... On vous propose la chanson Stroll du film mon voisin Totoro ! (on ne la trouve sur YT que si on écrit "Stroll My Neighbor Totoro).
Notes diverses :
-Le titre du chapitre fait écho à un poème de Paul Eluard, "Liberté".
-Vous le devinerez sans doute mais le premier point de vue de Grimmjow.
Liberté, j'écris ton nom
Le trou du cul du monde. Jûshirô m'a embarqué dans le trou du cul du monde. C'est bizarre, il n'y a pas un bruit, juste les cris des piafs dans les arbres, le vent qui s'engouffre entre les feuilles, les bruits de nos pas. En fait, il y a du bruit, mais cela me paraît si léger, comparé au brouhaha incessant de Tokyo qui me vrillait les tympans comme une lancinante lamentation stridente.
La voiture de Shunsui emprunte un chemin de terre qui ne semble mener nulle part.
_Dîtes..., je lance.
_Un problème Grimmjow ? Encore malade ?, se moque Shunsui.
_Non ça va..., je réponds en le fusillant du regard, ce qu'il ne remarque pas, étant donné qu'il regarde la route. Juste... Vous nous faites un remake du Petit Poucet et vous allez nous perdre dans la forêt ?
Le vieux se marre. J'ai l'impression qu'il se fout constamment de ma gueule depuis qu'on est parti de Tokyo... Je sais pas pourquoi... J'ai pas une tête de con quand même ? Si ?
Jûshirô attrape ma main et me sourit.
_Ne t'inquiètes pas Grimm... On se perdra ensemble.
Il est trop mignon... Sérieux... Je suis grave...
_Arrêtez je vais vomir, demande Shunsui.
Je sens ma bouche s'étirer dans un sourire incontrôlé et j'embrasse Jûshirô à pleine bouche.
Alors le vieux ? Tu te marres toujours autant ?
Je détache mes lèvres de celles de Jûshirô et colle mon front contre le sien. Je plonge mes yeux dans les siens : son regard pétille comme celui d'un gamin qu'on emmène à la fête foraine.
_Je suis heureux..., chuchote-t-il.
Mais nous sommes obligé de nous séparer car le chemin est plein de trou et à chaque fois qu'une roue glisse dans l'un d'eux, nous nous cognons et j'assomme Jûshirô. Surtout que je recommence à me sentir mal, alors si je peux éviter de vomir sur mon petit ami, c'est aussi bien !
Après cinq interminables minutes, nous arrivons face à un chemin très étroit. Trop étroit.
_La voiture ne passera jamais...
_Félicitation Captain Obvious !, me répond Shunsui. Les amoureux, c'est ici que nos chemins se séparent. Allez chercher vos sacs et vos valises.
Ni une, ni deux je sors de la voiture et je vais ouvrir le coffre. Jûshirô me rejoint et je sors mon sac et ses trois valises. Trois ? Comment quelqu'un d'aussi simple peut avoir trois valises ? Et pourquoi...
_Jûshirô, elles sont pas légères tes valises... T'as mis quoi dedans ?
_Oh ! Deux ou trois bouquins, c'est tout...
Je hausse un sourcil, dubitatif. Mais encore ? Je n'ai pas le temps de demander des précisions, Shunsui est arrivé derrière Jûshirô et l'a emprisonné dans ses bras.
_Shun' !
_Tu vas me manquer toi... Tu sais ça...
_Mais tu reviendras nous voir, on s'appellera.
_Oui...
Jûshirô soupire et se retourne pour lui faire face. Il referme se bras dans son dos et cale sa tête contre son torse.
_Merci Shunsui. Pour ça, pour tout.
Je baisse la tête. Sa voix tremble d'émotion.
_Je serais toujours là pour toi. Tu te souviens ?
_Oui.
Je les regarde à nouveau. Shunsui a pris la tête de Jûshirô entre ses mains et dépose un baiser sur son crâne. Puis il me regarde. Il se détache de son meilleur ami et se plante face à moi. Il est plus grand que moi et a un regard très flippant. Je ne suis pas sûr d'avoir envie d'être l'ennemi de cet hurluberlu.
Il se rapproche de moi et pose sa main droite sur mon épaule gauche. Il pose sa bouche contre mon oreille et murmure :
_Fais lui le moindre mal et je t'arrache la peau pour la mettre devant ma cheminée.
Puis il se recule et me sourit.
_Prenez soin l'un de l'autre. Vous le méritez. Et ne m'oubliez pas !
Il ébouriffe une dernière fois les cheveux de Jûshirô puis monte dans la voiture, fait demi-tour et s'en va. Mon compagnon, regarde là où le véhicule a disparu.
_On y va ? On a une maison pour tout les deux et je compte bien en profiter à fond !
Un rire léger lui échappe.
_Porte donc mes valises au lieu de raconter des bêtises !
_Oui mon Capitaine ! Tout de suite mon Capitaine !
Je me saisis donc de deux de ses valises dont l'une a un poids inimaginable et de mon sac que je place en bandoulière.
_Deux ou trois bouquins, hein ?
Il marche à côté de moi, en traînant sa dernière valise.
_C'est ça..., fait-il en rougissant.
Nous marchons quelques minutes et nous trouvons enfin notre nouvelle maison. Je regarde dubitatif la vieille bâtisse construite dans le style japonais traditionnel. Elle est en bon état, assez belle mais certaines poutres soutenant le porche sont abîmées et la peinture est à refaire. Les portes semblent neuves en revanche.
_Alors c'est ça ?
_Oui. C'est là... ça te plaît ?
_C'est... différent de Tokyo. Très différent.
Le jardin est immense, il y a une pompe à eau avec un petit bassin sous un petit abri. Les arbres qui bordent la propriété semblent millénaires. J'ai pas l'impression d'être dans le vrai monde...
_Tu vas rester là longtemps, où tu veux rentrer ?, me lance Jûshirô qui a déjà ouvert la porte d'entrée.
_J'arrive !
Je m'avance vers le baraquement et entre derrière Jûshirô. Je pose les valises dans l'entrée et il se jette dessus immédiatement. Il ouvre la plus lourde d'entre eux et ce que je vois me sidère.
_T'as emporté ta bibliothèque ?!
_Non ! J'en ai laissé une partie chez Shunsui. Il doit me les apporter quand il reviendra. Il n'y en a que cinquante-deux.
_Que cinquante-deux ?!
_Ils me rassurent...
_T'es un grand malade toi...
_Bon ! Et si on allait mettre un peu de lumière là-dedans ?
_Il va me tuer... Celui qui a ouvert le moins de fenêtre doit se mettre tout nu !
_Grimmjow !
Au bout de quelques minutes, toutes les fenêtres sont ouvertes, et malgré les ronchonnements de Grimmjow, je refuse d'ôter mes vêtements. C'est avec tout de même un sourire aux lèvres que je lui explique ce que nous allons faire de cette vieille baraque :
_Je propose de tout nettoyer. Ensuite on pourra la retaper, faire quelques petits travaux, et on y sera bien !
Un éternuement retentissant me répond.
_Grimmjow ?
_Eh merde ! Foutue allergie !
_Tu es… allergique à la poussière ?!
_Ben d'habitude non… 'Fin ça avait disparu…
_Ah mince… Bon écoute, il ne vaut mieux pas que ce soit toi qui t'occupes de la poussière… Si tu remplissais deux seaux d'eau pour nettoyer tout ça ? Ils doivent être dans le placard là-bas.
Il s'exécute en haussant les épaules. Planté au milieu de la pièce principale, je commence par me demander où est ce vieil aspirateur que Shunsui m'a dit laisser ici. Et où je peux le brancher… Parce que cette maison est vieille, et si mon meilleur ami a eu l'excellente idée d'y installer l'électricité, il n'a pas forcément mis des prises dans tous les coins.
_Euh… Jû ?
_Oui ?
_Pourquoi y'a pas de robinet ni d'évier dans la cuisine ?
_Grimm… Je crois que j'ai une mauvaise nouvelle pour toi…
_Je sens que j'vais pas aimer ça…
_Tu vois la pompe dehors ? C'est là que tu vas aller tirer l'eau. Il n'y a pas l'eau courante.
_C'EST UNE PUTAIN DE BLAGUE ?!
Sa mâchoire est à deux doigts de se décrocher. J'étouffe un rire.
_Non, non, je suis sérieux. Évidemment, l'eau chaude, elle ne connaît pas la pompe…
Mince, je crois que je l'ai vexé… Le voilà qui sort de la maison, le visage fermé, visiblement contrarié. Je l'entends marmonner :
_Dans quoi je me suis fourré, bordel… Si c'était pas pour Jûshirô…
Je tente de le rattraper.
_Grimmjow ! On fera chauffer l'eau dans la cheminée ! Ça sera drôle !
_Tsss, tu parles !
_Ne fais pas la tête, s'il te plaît…
Nos pas nous ont menés au bord du petit bassin, et il lâche négligemment les seaux à l'intérieur. Je le sens contrarié. C'était censé bien commencer, pourquoi y'a-t-il déjà un problème ?
_J'fais pas la tête.
_Si.
_Non.
_Si.
_T'es sérieux ?! On dirait deux gamins…
_Grimm…
Il me tourne le dos, et actionne la pompe. La bonne nouvelle, c'est qu'elle fonctionne parfaitement. Un flot clair et puissant jaillit du bec métallique. Grimmjow prend un seau et le remplit. Je tente encore une approche.
_Tu vois, elle n'a pas de défaut, elle fonctionne parfaitement. Ça sera un jeu d'enfant de venir en chercher. En plus c'est l'été, on ne viendra pas sous la neige. Je te jure, une fois que tu es habitué, tu as du mal à revenir au robinet classique !
Joli petit mensonge. J'ai toujours été ravi de retrouver l'eau courante, la tuyauterie et le confort de mon appartement. Mais il faut savoir faire des concessions…
Il se retourne, le seau rempli à ras bord, qui menace de se renverser. Ses yeux ont perdu l'éclat contrarié de tout à l'heure. J'y distingue une note… joueuse ?
_En tout cas, j'vais me venger !
_Te venger ?
_Ouais, parce que tu me l'as pas dit avant !
_Et comment tu vas faire ça ?
_Comme ça !
Et vlan ! Je me prends au moins quatre litres de flotte en plein visage. Je suis trempé, c'est glacé, je vais attraper un rhume… Merci Grimmjow ! Mais je souris quand même. Je ne peux pas m'en empêcher.
_Ah bah bravo ! Je vais devoir me changer maintenant !
_J'te l'avais dit ! Celui qui ouvre le moins de fenêtres, à poil !
_Grimmjow !
Pour m'empêcher de le déshabiller, Jûshirô m'a envoyé un nuage de poussière dans le nez, me freinant direct. J'aurais l'air de quoi avec les yeux gonflés et le nez tout rouge ?!
À la place, je commence une inspection minutieuse des poutres pendant que Jûshirô se charge la poussière. Il fait tellement chaud qu'en quinze minutes il est sec, et moi, j'ai fait tomber le tee-shirt.
J'ai cru voir des sortes de grosses bébêtes noires dans les pièces, mais j'ai dû les rêver... pas une trace. Sinon tout à l'air de tenir debout mais j'ai trouvé des termites dans le plancher. Elles par contre, je ne les ai pas rêvées.
Alors que je refixe une étagère dans la chambre (j'ai réussi à trouver des clous, assez costauds dans une sorte de débarras), je sens Jûshirô dans mon dos qui vient faire la poussière. Je reste concentrer sur ma tâche mais je sens son regard sur moi. Il me brûle le dos et les fesses. Je suis persuadé qu'il me mate...
_Hey Jûshirô ! Viens m'aider s'teuplait.
Il pose son plumeau et s'approche de moi.
_Tiens moi la planche en place, ouais comme ça, bouge pas.
Je me saisis de mon marteau et de mes clous de fortune et je refixe la planche qui s'était écroulée dans ce qui semble être une petite bibliothèque. En même temps à y regarder de plus près, on dirait un meuble en kit qui aurait été monté par un type avec deux mains gauches. Il est récent et a été épargné par les termites.
_Qui a monté cette chose ?
_Shunsui, c'est lui a réaménagé la plupart des choses.
_J'imagine que l'option bricolage existait pas dans sa fac de droit ?
_Pas vraiment, non. Et Shunsui n'a jamais eu besoin de bricoler plus que ça...
_Ça explique le massacre de cette étagère... Tiens-moi celle-là aussi... Hey ! T'es doué !
_C'est toi qui fait tout le travail.
_Ouais, pas faux. Attention les doigts. Voilà, j'ai fini !
Je l'attrape par la taille et lui colle un bisou dans le cou.
_J'ai très envie de tester le lit..., je lui susurre dans l'oreille.
_Grimmjow, je suis pas sûr que ce soit une bonne idée...
_Pourquoi ça ?
Je pose le marteau sur l'étagère et prend son visage en coupe dans mes mains pour l'embrasser. J'approche mes lèvres des siennes quand j'entends un énorme BOUM à côté de moi qui nous fait sursauter tous les deux.
L'étagère vient de tomber. Elle est à nouveau en kit.
Et mon sex-appeal est niqué.
Merde.
J'explose de rire devant la mine déconfite de mon compagnon, et le laisse à nouveau râler, cette fois pas sur l'absence d'eau courante mais sur la « fabrication merdique de ces putains d'étagères en kit de merde ». Tout le charme et la finesse de Grimmjow…
Je reprends en main mon plumeau et continue mon ménage. Comme tout à l'heure, je ne me prive pas pour jeter un œil au dos nu de mon fauve. Pourquoi se priver ? On est rien que tous les deux, et je suis sûr qu'il a fait exprès d'enlever son T-shirt juste pour me donner envie… Ah, ces épaules… Et ce cou…
_Tu sais, Jû, t'es pas discret.
Le petit surnom, glissé mine de rien, m'émeut plus que la remontrance.
_Tu m'as appelé comment ?
_Ben… Jû… ça te gêne ?
_Non… c'est juste que… tu ne m'avais jamais appelé comme ça avant…
_Bah j'avais envie et tu m'appelle bien Grimm, toi !
_C'est vrai…
Un nouveau sourire naît sur mes lèvres. Ce sont ces petits gestes, ces petits mots, que les autres ne remarquent pas, mais que l'amour nous fait voir, qui me touchent le plus dans mes relations. Et si Grimmjow n'a pas l'air d'être le genre à répéter qu'il m'aime à tout bout de champ, je sens bien qu'il partage un peu de mes sentiments dans sa façon d'être avec moi. Tiens, ça me donne une idée de poème…
_Eh, le vieux, bouge-toi ! La poussière va pas s'enfuir comme par magie !
Sa voix moqueuse me tire de mes réflexions et je me remets au travail. La chambre est étonnamment meublée à la française, avec un lit immense, dont la tête est en bois ouvragé. Grimm s'approche, avec ce petit air de voyou qu'il a quand il va me jouer un mauvais tour ou faire une allusion pour tenter de me choquer (air que j'ai découvert il y a peu, mais que je commence déjà à craindre…).
_Ca va pas grincer un peu, c'te vieillerie ? Heureusement qu'on a pas de voisins, parce qu'avec ça et le reste…
Je lui jette un regard mi-amusé, mi-excédé, puis je secoue les draps pour en chasser la poussière, et lui désigne le matelas.
_Eh bien vas-y, je t'en prie. Teste-le.
La méfiance se lit dans ses yeux. Je prends mon air le plus innocent :
_C'est toi qui voulais le faire tout à l'heure. Je t'en prie. Assieds-toi.
Il pose prudemment ses fesses sur le matelas.
_Ça a pas l'air très solide…
Voyant que la maison ne s'écroule pas, il tente un petit rebond et…
CRAC !
Le sommier s'effondre sous son poids, soulevant un nuage grisâtre qui fait immédiatement éternuer Grimmjow.
_Merde !
_Je t'avais dit, que ce n'était pas une bonne idée de le tester à deux tout à l'heure. Tu nous as démontré qu'il valait mieux le changer, merci Grimmjow !
_Mais où on va dormir, putain ?
Il se relève tant bien que mal, en se tenant le bas du dos.
_Tu ne t'es pas fait mal ? je demande, un peu inquiet tout de même.
_Non ça va…
_Il y a un futon deux places dans un des placards de la cuisine, il me semble. Ça ira bien.
_Dans la cuisine ?!
_Shunsui a toujours été quelqu'un de très ordonné…
_Eh ben, on est pas rendus…
Après s'être débarrassés du lit réduit à l'état de miettes, nous avons dépoussiéré et aspiré pour Jûshirô et passé la serpillière pour moi, successivement dans l'entrée, le salon, la chambre et la salle de bain. On en a profité pour placer le futon. Nous sommes épuisés et nous avons décrété qu'un bon bain ne nous ferait pas de mal.
Avec la chaleur, il est hors de question de faire chauffer de l'eau. Nous avons donc rempli des seaux d'eau que nous avons laissé tiédir à la chaleur avant de nous mettre en maillot de bain et d'improviser un bataille d'eau savonneuse en plein milieu du jardin.
Nous relâchons la pression totalement, nous courant après comme des gamins. Il rit, il n'arrive pas à s'arrêter. Il est beau, ses yeux pétillent de malice. Je ne l'ai jamais vu aussi vivant.
Je finis par l'attraper et l'embrasse sauvagement. Il me répond avec la même fougue. J'ai chaud putain... mon désir monte, sa peau encore humide appelle mes lèvres. Soudain un bruit étrange m'interrompt brutalement.
_C'est quoi ça ? Ça va tonner ?
_Non Grimmjow... C'est mon estomac... Je crois que j'ai un petit creux.
_J'aurais préféré te manger toi, mais ok ! A table ! D'ailleurs... Il y a quoi de comestible dans cette bicoque ?
_Shunsui nous a laissé quelques boîtes de conserve et de la nourriture déshydratée. Parce qu'un en plus d'être organisé, Shunsui est prévoyant !
_Je te prépare ça, va t'habiller tu vas être malade sinon.
_Merci... J'ai tout rangé dans la cuisine t'a plus qu'à te servir.
_D'ac ! Et Jû...
_Oui ?
Je prend son menton entre mon pouce et mon index et l'embrasse aussi doucement que je peux, mais je sais pas si je suis très doué pour ça. Alors je rajoute :
_Je suis content d'être là, avec toi.
Raaah ! Je suis grave !
Lorsque je rentre dans la cuisine, Grimmjow a mis le couvert. Une boîte de ce qui ressemble à des haricots est ouverte, et son contenu mijote dans une casserole. Pas le meilleur repas du monde, mais ça nous suffira bien à tous les deux.
Je m'assieds en face de lui, un sourire aux lèvres. Il ne s'est passé qu'une journée, mais une journée de rêve. Quel bonheur… Je n'ose même pas imaginer comment va se dérouler le reste de notre séjour. Bon, je redoute quand même la réaction de Grimmjow quand il apprendra qu'il n'a pas le droit de sortir, mais j'arriverai à gérer.
Pour l'instant, je me laisse porter par le commencement d'une routine tout sauf ennuyeuse.
_Longue journée, hein ? je lance.
_Ouais ! J'espère que demain on aura plus le temps de profiter !
_Il y a encore quelques trucs à retaper, mais on pourra peut-être aller se baigner en fin de journée.
_On est si près de la mer que ça ?
_A deux pas ! Et la plage est totalement déserte.
_Cool. Ça nous laissera un peu d'intimité…
Son ton est mi-joueur, mi-sérieux. Je sens dans sa voix quelque chose qui vibre, et ça me donne des frissons. Il est beau, avec son T-shirt noir, ses cheveux encore humides, son sourire en coin. Il est beau…
Nous dévorons notre repas sans prendre le temps d'en savourer le goût un peu trop fade. Il y a un je-ne-sais-quoi dans l'air de pressé et fiévreux. Entre deux bouchées, nos regards se croisent. J'entrevois dans ses yeux la même lueur de désir que tout à l'heure. Et je ne doute pas que les miens brillent du même feu.
Le repas est trop vite fini. Une angoisse étrange me serre l'estomac. J'attends ce moment de solitude avec lui depuis longtemps, mais j'en ai également peur. Je ne me sens pas capable de l'arrêter, mais je ne veux pas me forcer.
Pourtant, lorsque ma main attrape la sienne et que je l'attire vers la chambre, tout est naturel dans mes gestes.
C'est chaud...
L'air est lourd comme s'il venait subir l'explosion d'un volcan. Nos yeux ne se quittent pas. Ils se disent tout ce que nos bouches ne peuvent prononcer. Ses doigts entremêlés aux miens sont assurés.
Le doux foyer rassurant qui animait ses yeux se transforme petit à petit en incendie qui me consume. Il ravage mes veines de l'intérieur et me fait frissonner. Il se loge dans mon ventre pour ne plus le quitter.
J'étouffe. Je plonge sur ses lèvres. Je sais que c'est lui qui possède l'air que je respirerai cette nuit.
Hourra ! J'ai réussi à publier ! Prochain chapitre aux prochaines vacances ! Non je plaisante... J'espère !
En espérant que vous avez aimé. A vous de nous le dire. ! Bisous !
