GENRE : Action, Fic écolière, tranche de vie et futur slash.

PARING : Bon allez, me detestez pas, d'accord ?

RATING : M voire Ma à venir

BÊTA : Blitzz, est la meilleure de chez meilleure d'abord ! \O/

NOTE : • Les personnes ne m'appartiennent bien sûr pas, tout est à notre grande et respectée J.K. - Enfin, il y a quelques OC qui sont de moi, hm. Vous verrez en temps voulus.

• Aux grands maux les grands remèdes, comme je l'ai déjà dit ^^'

Bonne lecture ~ !


- Chapitre 44-

Le lendemain, la rumeur de la rupture entre Harry J. Potter et John T. Rickers fut encore plus rapide à se propager que quand ils s'étaient mis ensemble. Et elle prit de l'ampleur, surtout quand les Gryffondors confirmèrent que Harry Potter était de retour dans le dortoir des septièmes années.

Là, ça prit des proportions incroyables, puisque les deux princes de Poudlard ne s'adressaient plus la parole. La relation qu'avaient eue Potter et Rickers aurait été avortée quand le Gryffondor avait supposément trouvé Rickers et Malfoy dans le même lit.

Le trio d'Or s'était reformé comme si rien ne s'était passé, Malfoy avait retrouvé ses marques auprès des Serpentards, et s'il n'y avait pas eu ce silence lourd de tension quand les deux groupes se croisaient au lieu d'insultes et d'échanges violents - physiquement comme mentalement - n'importe qui aurait pu croire que rien ne s'était passé depuis le début de l'année. Comme si l'amitié entre les deux Princes n'avait jamais existé.

À la table des Serdaigles, de nouveau seule, Luna observait le paysage avec un regard triste et hanté. La Magie chantait à son oreille, sanglotait sur la situation qui avait dégénéré. Peut-être que Luna aurait dû intervenir. Mais elle savait que Harry avait eu besoin de faire ce qu'il avait fait pour avancer, pour ironiquement faire la paix avec la guerre, et surtout avec son rôle dans celle-ci.

Les agressions et les tueries dans les villages moldus avaient repris, et Luna savait que Harry assistait à tout pendant la nuit. Malheureusement, si en espionnant Rickers - que Harry avait obliviaté - le Survivant pouvait prévenir Dumbledore avant quelques attaques, il n'était plus qu'un simple spectateur de ces douloureuses tueries.

La Serdaigle tourna son regard vers la table de Gryffondor, où Harry jouait avec sa nourriture sans réellement y toucher sous le regard soucieux de Hermione. Elle l'observait puis tournait la tête vers la table des Serpentards, s'inquiétant de nouveau. Luna en fit de même et regarda Draco Malfoy-Black remettre à place une Pansy Parkinson rouge d'embarras, avec toute la classe dont il avait habitué l'école depuis sept ans. Mais lui aussi faisait semblant, lui aussi ne touchait pas à sa nourriture. Il regardait partout sauf dans la direction de la table des Rouges et Ors ; et quand il le faisait sans faire exprès involontairement, son visage se décomposait le temps d'un fugace instant tandis que la douleur submergeait son visage.

Puis il passait à autre chose, mais ses mains tremblaient ou son regard ne se focalisait sur rien avant de longues minutes. Quant à Harry, il se retournait de temps en temps pour fusiller le profil ou l'arrière de la tête du Serpentard, puis reportait son attention sur son assiette avec encore plus de douleur en lui que dans toute l'Angleterre.

Luna soupira et se passa une main dans les cheveux alors que les élèves commençaient à quitter leur table pour partir. La jeune femme devait elle aussi suivre le mouvement, elle avait cours de défense après tout ; mais elle savait que Harry n'avait rien avant une heure, alors elle délaissa son assiette à peine entamée et se leva pour se glisser jusqu'à la table des rouges et ors. Là, elle jeta un regard entendu à Hermione, qui n'intervint pas quand la Serdaigle se pencha pour attraper le bras de Harry et le tirer doucement pour le mettre debout.

- Qu'est-ce qu'il y a, Luna ? Lui demanda-t-il en plissant les yeux.

Elle continua de le redresser puis enlaça doucement son bras pour le guider hors de la grande salle. Elle les conduisit tranquillement au travers des couloirs, Harry ayant bien essayé de lui faire dire quelque chose, mais elle gardait les lèvres closes.

Luna le guida jusqu'en haut de la volière et pointa un perchoir bien en hauteur.

- Regarde, murmura-t-elle.

Harry leva la tête et fronça les sourcils.

- Euh...

- Tels oiseaux, tels maîtres, dit-elle doucement, comme elle l'avait fait quelques mois plus tôt.

Tout en haut, dans une petite alcôve bien à l'abri du vent, Hedwige et Aurelius roucoulaient l'un contre l'autre. Sa magnifique harfang des neiges était blottie tout contre le hibou grand-duc de Draco, pressant sa tête dans le cou de ce dernier. Les deux oiseaux avaient les yeux fermés et ne bougeaient qu'à peine, juste pour se frotter un peu plus l'un contre l'autre(*).

- Mais... Ils ne sont pas en période nuptiale pourtant... commenta Harry d'une petite voix.

Luna se blottit contre le jeune homme en tenant toujours son bras, sa tête sur son épaule.

- Hm... Ce n'est pas grave. Ces oiseaux s'adorent.

- Ils se battaient il y a encore quelque temps...

- Toi et Draco aussi.

Elle sentit Harry se crisper.

- Je ne veux pas en parler, gronda-t-il.

La jeune femme retint un soupir et le tira derrière elle pour quitter la volière. Quand ils retournèrent dans les couloirs de l'école, elle soupira d'aise alors que la magie de Poudlard l'enlaçait tendrement, et que celle de Harry lui... "tenait la main" - c'était difficile à expliquer, mais c'était comme ça qu'elle le ressentait, comme si la magie de Harry prenait la main de celle de Luna, comme des enfants meilleurs amis.

- Tu sais moi, quand j'ai peur, je parle pour ne rien dire. Et quand j'ai très peur, je me mets à pleurer.

Harry lui jeta un coup d'œil.

- ... D'accord.

- Hermione, elle lève le menton et fait face, les griffes et les crocs sortis, une vraie Lionne. Ginny en revanche , elle se met en colère. Quand elle a très peur, elle peut-être très dangereuse. Après le ministère, elle m'a traité de tous les noms et on s'est même battues avec les poings.

Elle s'arrêta et regarda Harry dans les yeux.

- Elle était terrorisée et c'était sa manière à elle d'extérioriser, lui dit-elle doucement. Elle m'a cassé le bras puis elle s'est mise à pleurer.

Harry la regarda, les yeux écarquillés.

- Sérieusement ?

Luna hocha la tête puis haussa les épaules.

- Tu sais, on réagit tous de manières différentes face à la peur. Quand on est concerné, on peut très rapidement perdre le contrôle de ce qu'on fait, de ce qu'on dit. Et puis, les autres ne peuvent pas toujours dire quand on a peur.

Elle pressa le bras de Harry en plantant son regard dans le sien.

- J'ai pardonné à Ginny, malgré le fait qu'elle m'ait dit que ma mère était morte à cause de moi, que c'était ma folie qui l'avait poussé à faire cette faute dans son laboratoire et que ça avait explosé à cause de moi.

Harry grimaça, le regard peiné.

- Tu as... Tu l'as vraiment fait ?

Elle hocha la tête et sourit avant d'embrasser sa joue.

- Tu devrais faire la même chose, tu sais.

Et elle le laissa là, plantée en plein milieu du couloir, la tête pleine de questions.

.*.

Harry sursauta alors qu'on l'appelait pour la troisième fois. Il cligna des yeux, un peu perdu et se secoua.

- Désolé Directeur, vous disiez ? Se racla-t-il la gorge en se redressant.

Le Directeur de Poudlard regarda l'élève qu'il considérait comme un petit fils, le regard pétillant et un doux sourire sincère sur les lèvres.

- Que se passe-t-il, Harry ? Est-ce l'idée d'avoir Théodore Nott de notre côté, qui te dérange ? S'enquit Dumbledore d'une voix conciliante. Ou est-ce la chasse aux horcruxes qui n'avance pas, qui t'inquiète ?

Le Gryffondor secoua doucement la tête et se frotta le crâne. Le Directeur le fixa puis fit apparaître un service à thé pour lui servir une tasse de ce liquide bien chaud. Il lui poussa la tasse jusqu'à lui avec un regard entendu. Harry esquissa un sourire puis se pencha pour prendre le récipient.

- Alors c'est la situation avec le jeune Black, je me trompe ?

Harry se renfrogna et détourna le regard, jouant avec le thé à l'aide de sa cuillère.

- Est-ce que tu veux en parler, Harry ? S'enquit doucement le Directeur.

Le Gryffondor prit une inspiration puis ferma les yeux.

- J'ai... Enfin, il... On a été en désaccord sur certains points, je...

Le jeune homme pressa violemment ses lèvres et se redressa. Le Directeur le regardait mais sans aucun jugement dans les yeux. Dumbledore était la seule personne à qui Harry avait expliqué à demi-mot ce qui se passait avec Rickers - après tout, les informations qu'il lui avait données pendant trois semaines devaient bien provenir de quelque part - alors le Gryffondor posa sa tasse et se frotta les paumes de sa main sur ses genoux.

- Ça a commencé la semaine dernière. Blaise Zabini est arrivé dans les appartements un peu paniqué parce qu'il avait vu Black et Nott marcher ensemble dans un couloir - en fait, ils venaient ici mais Zabini ne le savait pas. Bref, j'ai cherché Malfoy et je l'avais vu avec Rickers et...

Il se figea, la bouche entrouverte. Le Directeur attendit mais comme Harry ne continua pas sa phrase, Dumbledore fronça les sourcils et se redressa.

- Harry ?

- J'ai regardé la carte du maraudeur... murmura enfin le jeune homme. Monsieur, est-ce que vous savez comment elle fonctionne ? S'enquit-il en se redressant dans son siège.

Le Directeur haussa un sourcil mais secoua la tête, les yeux pétillants d'amusement.

- Je dois reconnaître que j'ai toujours admiré l'œuvre, mais je ne me suis jamais penché sur sa création et son fonctionnement. Pourquoi ?

- Eh bien...

Le regard de Harry était fixé sur un point sur le bureau, amorphe, alors qu'il était plongé dans ses pensées, réfléchissant à toute vitesse. La conversation qu'il avait eue avec le Directeur juste après être entré dans le bureau tournait dans sa tête, des pièces de puzzles s'imbriquant sans qu'il ne le réalise.

- Je me demandais si... Si c'était un sort sur tout Poudlard qui faisait fonctionner la carte, ou si c'était totalement différent...

- Pourquoi cela t'intéresse-t-il ? Partage-moi tes pensées, Harry, s'amusa le Directeur avec une voix douce.

Harry plissa des yeux.

- Et si, avec les arrangements qu'il fallait, on pouvait faire une carte... Plus grande ? Et qui ne ciblerait pas seulement les personnes, mais aussi... les bouts de personnes ?

Le directeur fixa son élève, qui commença à se mordiller la lèvre quand le silence s'éternisa.

- C'est une mauvaise idée ?

- Est-ce que tu es en train de... d'imaginer une carte pour trouver les horcruxes ? S'enquit Dumbledore avec une voix distante.

Harry bougea sur sa chaise, un peu mal à l'aise.

- Eh bien, je... euh... oui, termina-t-il dans un souffle, sentant son visage rougir de gêne.

Dumbledore caressa sa barbe alors que son regard se faisait lointain puis se laissa aller dans son siège, poussant un petit bruit de consternation.

- Hummmm...

Harry cligna des yeux et soupira.

- C'est irréalisable, conclut-il plutôt qu'il ne demanda.

- Je ne dirais pas ça... Commença le Directeur. En fait, je n'en ai aucune idée, il faudrait voir avec Sirius et Remus ; mais en théorie, il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas. C'est même une très bonne idée. Je contacterai Sirius dès ce soir.

Le Gryffondor se gratta la tête alors que Dumbledore lui souriait.

- C'est une très très bonne idée Harry ! Si elle fonctionne, ce sera une avancée extraordinaire pour les horcruxes !

Le jeune homme se gratta la joue.

- Il va falloir que je les mette au courant... constata-t-il.

Le Directeur hocha la tête - il comprenait que Harry avait espéré que le moins de personnes possible soient au courant, d'ailleurs c'était aussi le cas de Dumbledore. Il y avait beaucoup moins de risques.

- Je le ferais après manger... Marmonna Harry en grimaçant, réalisant qu'il lui faudrait donc retourner dans les appartements.

Dumbeldore vit sa grimace et sirota son thé en haussant un sourcil par-dessus sa tasse. Harry lui jeta un regard et se renfrogna.

- Oui, je sais... Il va falloir que j'aille parler avec Malfoy...

- La situation est si mauvaise que ça avec monsieur Black ? S'enquit doucement le Directeur.

Le Gryffondor grinça des dents et soupira.

- Il est allé trop loin... mais je crois que je comprends sa réaction... Du moins, Luna m'a dit quelque chose qui... qui m'a fait réfléchir. Mais je sais pas si j'ai envie de lui pardonner...

- La véritable question, c'est de savoir si tu as le courage de lui pardonner, la force, dit Dumbledore d'une voix sage.

Harry prit une grande inspiration avant de relâcher sa respiration d'un grand coup, un soupir douloureux contractant sa poitrine.

- J'en sais rien...

- Et là est donc la question.

Le Gryffondor ferma les yeux et se frotta le visage d'une main, y réfléchissant sérieusement. Est-ce qu'il pouvait pardonner à Malfoy ses propos dégradants ? Ces pics acerbes qui avaient dépassé les limites ?

Il sirota son thé, le regard dans le vide une nouvelle fois.

Mais est-ce que ça avait été vraiment pire que tout ce qu'il lui avait fait vivre toutes ces dernières années ? Était-ce vraiment pire que tout ce qu'il lui avait dit ?

Harry plissa des yeux, ses doigts se resserrant sur sa tasse.

Ce n'était pas une question d'être pire ou non. La différence notable, c'était qu'avant, Draco n'était pas son ami. Parce que merde, aujourd'hui Draco était son ami ! Voire même... Peut-être un peu... plus, Harry n'en savait rien. A vrai dire, il l'avait espéré mais peut-être qu'il avait tout fait foirer avec Rickers... Mais est-ce que ça avait été une raison de lui parler de la sorte ?

Harry termina son thé et reposa sa tasse dans sa coupelle, sur le bureau face à lui. Il resta encore quelques instants dans le bureau de Dumbledore, face au Directeur qui le regardait avec bonhomie.

De nouveau, les paroles de Luna lui revinrent en tête et il soupira en se levant.

- Monsieur, je... je vais y aller. Je vais aller remonter les bretelles à un certain Serpentard.

Le regard de Dumbledore s'éclaira mais il ne dit rien, si ce n'était qu'il pouvait revenir quand il le voulait pour discuter des avancements ou encore pour prendre un simple thé.

Harry hocha la tête en souriant légèrement avant de quitter le bureau directorial.

Les mains dans les poches, le Gryffondor s'avança doucement dans les couloirs, la tête encore dans la lune et les paroles de Luna - aha.

Puis il s'arrêta à un croisement, ferma les yeux et soupira furieusement. Cette histoire allait mal finir, il le sentait... Mais, malgré tout ce qu'il avait dit, ça lui faisait du mal de ne plus avoir sa petite routine avec Draco. Alors il se remit en marche d'un pas rapide et assuré qui n'était définitivement que feint. Quand il s'arrêta face au tableau qui menait aux appartements qu'il partageait avec Draco, il prit une petite inspiration avant de rentrer.

Ça faisait une semaine qu'il n'était pas venu une ici et ça faisait une semaine que tous les jours, Dobby ramenait des affaires propres à Harry : Le Gryffondor avait laissé toutes ses affaires là, et n'avait même pas pensé à venir les récupérer. Quand il avait laissé Draco Malfoy en sang dans la salle sur demande, Harry était juste repassé pour prendre ses affaires d'écoles et était retourné dans la chambre qu'il partageait avec Ron, Neville, Seamus et Dean.

D'ailleurs, Harry avait compris pourquoi Seamus était si méchant avec lui, à lui cracher au visage et à lui casser du sucre sur le dos : Il était amoureux de Dean depuis des années mais ce dernier ne voyait que Ginny, surtout depuis qu'elle n'était plus avec Harry. Du coup, dans sa jalousie aveuglante, Seamus voyait en Harry la cause de tous ses soucis. Si Harry était resté avec la jeune femme, Dean aurait abandonné la Weasley et Seamus aurait peut-être eu sa chance.

C'était une idée tordue, mais Seamus était d'une jalousie maladive.

Harry s'avança lentement dans le couloir et pénétra enfin le salon. Rien n'avait changé, tout était à sa place, et ses affaires n'avaient même pas été rassemblées à un endroit bien précis ou balancées dans sa chambre non, c'était juste comme si Harry n'avait quitté l'endroit que le matin même. La cape de Draco était posée sur un des fauteuils, signe qu'il était dans les appartements, mais apparemment, il n'était que dans sa chambre.

Harry allait grimper les escaliers quand il aperçut un bout de parchemin bien connu sur la table basse. Enfin, bien connu... C'était surtout un de ces bouts déchirés de parchemin qui auraient pu leur servir quelques semaines plus tôt, alors que Draco s'introduisait dans la vie privée de Harry pour poser des questions avec la délicatesse, la finesse et le tact d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Alors le Gryffondor s'approcha et s'assit dans le canapé pour prendre le parchemin. Alors qu'il lisait les quelques mots écrits à la plume, il entendit le Serpentard descendre les escaliers - enfin, il jeta un rapide coup d'œil en arrière pour vérifier que c'était bien lui. Et comme Draco lui lança un regard surpris de le trouver ici, Harry baissa le regard sur la calligraphie du Serpentard.

« Je ne suis qu'un crétin, je suis désolé. »

Harry plissa des yeux alors que Draco allait s'installer à son bureau, lui tournant le dos.

- T'es sérieux, Malfoy ? Cracha Harry en se tournant vers lui.

S'il se crispa, le Serpentard ne se retourna pas pour autant, penché sur son parchemin, une plume dans la main.

- T'as même pas le courage de me le dire en face ?!

Draco tourna la tête, offrant seulement son profil au jeune homme.

- Comment j'aurais pu, tu m'évites comme la peste, siffla-t-il.

Harry sauta sur ses pieds, prêt à aller frapper Malfoy sur le coin du bec, mais inspira pour tenter de reprendre son calme. Il serra et desserra les poings, rouvrant doucement les paupières.

- A qui la faute ? Asséna-t-il d'une voix calmement feinte.

Draco arrêta d'écrire, posa sa plume et soupira.

- Je suis allé trop loin, déclara-t-il simplement et après un certain temps.

Harry ricana amèrement.

- Non, tu crois ?! Que c'est étonnant ! Pourtant, j'aurais dû m'y attendre, putain, gronda-t-il en commençant à faire les cent-pas, les épaules nouées et le cœur battant lourdement dans sa poitrine.

Draco repoussa ses affaires sur son bureau, tout aussi tendu que lui, et se retourna vers le Gryffondor pour l'observer faire. Ce dernier sentit son corps se crisper un peu plus sous le regard du Serpentard et regarda partout ailleurs sauf vers lui.

- J'aurais dû le savoir pourtant ! Tu tapes toujours là où ça fait mal, gronda-t-il.

Le Serpentard soupira.

- Je sais... Je sais.

Il se frotta le visage en grondant furieusement.

- Ça m'a surpris.

- Surprit ?!

Harry se tourna vers Draco, les bras écartés et l'air interloqué.

- Mais tu n'as pas été surpris, tu as été un véritable connard ! Comment t'expliques ça ?! Pesta-t-il.

Draco ferma les yeux et ses lèvres blanchirent et se serrèrent jusqu'à ne former qu'une simple ligne tellement il les pressait, énervé. Harry le fusilla du regard, plissant des yeux.

- Je vais te poser une question Malfoy, une seul. Et je veux que t'y répondes sincèrement.

Le Serpentard le fixa, les sourcils froncés puis hocha la tête d'un geste sec. Harry cessa de faire les cent pas, glissa ses mains dans ses poches et fixa son ami dans les yeux, émeraude contre mercure.

- Est-ce que tu t'es inquiété pour moi ?

Draco cligna des paupières surprises, avant d'écarquiller les yeux. Il ouvrit la bouche mais Harry leva la main pour le couper.

- Avant de répondre... réfléchit, s'il te plaît, souffla Harry, comme vidé de toute son énergie.

Harry observa Draco presser ses lèvres et se mordre l'intérieur des joues, les poings serrés sur ses genoux - et il inspira, détournant le regard. Le gryffondor s'avança à grands pas et se pencha sur le Serpentard, attrapant son menton pour tourner sa tête vers lui, le regard dur.

- Regarde-moi et répond-moi, Draco, pesta-t-il entre ses dents serrées.

Le Serpentard le fusilla du regard au début puis se détendit.

- T'avais changé, Potter, déclara-t-il enfin à voix basse. Avec Neville, on a commencé à s'imaginer tout un tas de... Et puis soudainement, Nott vient me voir pour me dire qu'il est marqué mais qu'il regrette, il me raconte ce que les autres apprentis mangemorts ont a faire et là... Il me dit que je dois te garder à l'œil parce que Rickers est venu supplier pour la marque... Je ne me suis pas inquiété, Potter... J-J'ai paniqué, d'accord ?

Le Serpentard ferma les yeux et soupira. Harry observa son visage un instant, un visage défait de tout masque, juste un peu tremblant, une grimace un peu fatiguée sur les traits, et il dut y mettre toute sa volonté pour ne pas se pencher et l'embrasser plus doucement que la semaine précédente. Harry frissonna le repensant à ce qui s'était passé, au plaisir brut et à la passion qui l'avait étreint alors que Draco l'avait plaqué contre le mur. Bien entendu, ça n'avait pas été une très bonne idée, de très loin même, pas avec la situation et pas avec... eh bien, pas avec toute cette rage qui les avait animés à ce moment-là...

Harry se redressa et se recula. Draco plissa les lèvres et rouvrit les yeux, lui jetant un regard.

- Alors oui, j'ai été surpris... Je ne pensais que ... Enfin non, je ne te voyais pas... faire ça.

Harry retira ses lunettes et se frotta les yeux.

- Écoute... J'ai pas choisi d'être sur le devant de la scène pour cette guerre. Voldemort m'a pris en grippe, il s'est mis dans l'idée de me tuer, ce n'est pas comme si j'avais vraiment le choix. Je n'ai pas le choix, pas pour ça.

Il remit ses lunettes et passa une main dans ses cheveux pour se frotter la nuque.

- Je n'ai le choix non plus pour mon habilité, pour le fait que je sois un legimens naturel. Mais... Mais pour une fois, j'avais le choix d'agir ou non avec. Agir en conséquence, ou pas. Pour une fois, j'ai fait le choix de m'investir de mon plein gré dans cette guerre, expliqua-t-il maladroitement.

Draco l'observa et soupira en se penchant, posant ses coudes sur ses genoux et liant ses mains entre.

- J'ai fait le con, marmonna-t-il. J'ai trop tendance à te voir comme... Je ne sais pas, soupira-t-il en secouant la tête.

Il se mordilla la lèvre puis eut un petit rire tout en souffle.

- Je suis un peu bête tout de même, parce que c'est très Serpentard comme démarche. Tu as vu une opportunité d'avoir le pouvoir et le contrôle, tu l'as saisi... Et au fond, c'était plutôt bien joué. Je n'aurais pas dû réagir comme ça alors que tu fais honneur à ma maison, ricana-t-il.

Harry esquissa un sourire, le poids sur sa poitrine se faisant un peu plus léger.

- D'ailleurs, tu me dois toujours une faveur, rappela-t-il d'une voix narquoise.

Draco ouvrit de grands yeux et fixa le Gryffondor. Cette fois-ci, Harry eut un véritable sourire mesquin.

- Quoi ? Tu pensais vraiment que j'avais oublié ?

- Sincèrement ? Pendant deux secondes... oui, je dois avouer que j'y ai cru, répondit très sincèrement Draco.

- Ooooh non, c'est très mal me connaître, Malfoy.

Harry se tapota la tempe.

- C'est toujours là, même si je n'ai pas encore d'idée. Je me réserve le droit de te demander quelque chose plus tard.

Draco l'observa puis haussa les épaules.

- Ça me convient.

Il cligna des paupières puis fronça les sourcils.

- Enfin, je crois, marmonna-t-il.

Harry leva les yeux au ciel puis se rassit sur le canapé, attrapant le dernier mot de Draco. Il le fixa, jouant avec quelques instants. Il sentait Draco observer son profil.

- Alors ? Qu'est-ce qu'on fait ?

Harry le regarda, ayant juste envie de le pardonner dans l'instant et peut-être même de reprendre leur... eh bien, leur rendez-vous - qui n'en était pas vraiment un - avorté de Pré-Au-Lard, ou même attraper Draco par le col et le plaquer contre le mur pour voir s'il embrassait toujours aussi bien même quand il n'était pas énervé... Mais c'était trop.

- Tu as fait fort, quand même, dit-il doucement.

Draco hocha la tête et se leva, glissant ses mains dans ses poches pour fixer la pointe de ses chaussures.

- Je sais, soupira-t-il une nouvelle fois.

Il se rapprocha et s'assit sur le canapé à droite de Harry, gardant une certaine distance de sécurité.

- Écoute, je suis vraiment désolé, d'accord ? Je me suis comporté comme un goujat.

Harry rit légèrement.

- J'adore ce mot... "goujat"... se murmura-t-il.

Il secoua la tête pour revenir sur terre et lâcha un petit " Hum... " - Il froissa le parchemin en le fourrant dans sa poche puis s'étira en croisant ses doigts vers le plafond avant de faire tomber le tout sur sa tête, faisant craquer sa nuque. Puis il pencha un peu la tête pour observer Draco du coin de l'œil.

- Je ne suis pas sûr de... Enfin, tu vois.

Il aperçut du coin de l'œil le visage de Draco se décomposer avant qu'il ne reprenne un masque neutre.

- Oui, je vois oui. Alors... Bon retour chez les Gryffons.

Harry fronça les sourcils et gronda en lui frappant l'épaule. Draco le fusilla du regard, à moitié surpris.

- Aïeuh ! Pesta-t-il en se frottant ses muscles meurtris.

- Pas pour pardonner, pour oublier, abruti !

Le Gryffondor se redressa pour s'asseoir en tailleur sur le canapé.

- Je vais te le ressortir tous les Noëls, tu vas voir.

Draco le regarda, ne sachant visiblement pas comment réagir. Harry soupira et se tourna vers lui.

- C'est bon, d'accord ? Tu t'es excusé, on s'est expliqué... C'est bon, on passe à autre chose. Mais... Je n'oublie pas.

Le Serpentard le scruta et le bord de ses lèvres frémit mais il tenta de refouler le plus possible son sourire. Malheureusement, il semblait ne pas avoir main mise sur son regard, qui se peignait de soulagement et de joie douce. Harry se retint de sourire à son tour, jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Il reporta son attention sur la cheminée en souriant narquoisement.

- Et puis bon. Tu me dois toujours vingt mornilles, susurra-t-il.

Si Draco s'étouffa avec sa salive avant d'éclater d'un rire libérateur, Harry en fut le seul témoin et plaiderait le cinquième.

.

Quelque part dans Poudlard, une Serdaigle soupira de soulagement et se replongea dans son chicaneur à l'envers, un sourire léger sur les lèvres.


(*) Je ne connais aucunement le comportement des chouettes et des hiboux quand ils sont en période nuptiale, alors j'improvise totalement... Même pas désolé.

Message de Blitzz, future éthologue de renom : ajoutons surtout que tu nous fais une parade nuptiale entre deux espèces totalement différentes, ce qui ne peut arriver que sur le papier - rendons les gens plus intelligents ;) Merci Blitzz :P


REPONSE AUX REVIEWS :

Flo : Blaise et Harry savent tous les deux qu'ils sont en temps très sensibles. Et c'est exactement ça, marque de confiance pour se rapprocher de Mione ;)

Non mais ce n'est pas parce qu'ils ont muris et prit des décisions compliquées QU'ILS sont pas toujours des idiots xD C'est exactement ça, Rickers était celui dans l'infirmerie. Harry voulait un moyen de se rapprocher de lui pour accéder à ses pensées et, une chose en entraînant une autre, il s'est retrouvé dans une situation qu'il ne voulait pas vraiment. Mais il était prit dedans, alors... Alors il a laissé faire les choses pour sauver des vies. Et sa première expérience ne s'est pas avérée désastreuse, pas vraiment. Mais ça s'est mal terminé, c'est vrai :)

C'est Luna qui le comprend le mieux :) J'espère que ça te conviens comme explications :)

Guest : Héhéhé ^^' pas vraiment désolé en fait. Mais oui, ces deux là vont être ensembles :P


*kofkof* Booooon. Bon, eh bien voilà. Ils ne se font plus la tête au moins. Ouf, non ?

J'espère que cela vous a plus :p A jeudi pour la suite !

xoxo, 'Win