Bonjour, bonsoir à toutes! J'espère que vous allez bien!
Pour ma part, mes médicaments (pour les aphtes) semblent fonctionner, donc je rayonne x) Il ne reste qu'à voir si cela va continuer, mais j'avais presque oublié ce que cela faisait de parler ou de manger sans avoir mal (même si ce n'est pas miraculeux, j'en ai beaucoup moins).
Donc bon, ne plus avoir mal est aussi un bon élément pour retrouver l'inspiration XD (et ce n'est pas négligeable)

Concernant "Bloody Flu", j'ai récemment été prises de nouvelles idées, vraiment très intéressantes, donc j'ai retrouvé une super envie d'écrire! (faut croire que le karma existe vraiment, pour qu'il m'arrive autant de bonnes choses XD )

Bref bref, voici le chapitre 51, tant attendu... L'intrigue sera bientôt terminée! Mais bon, considérez que les chapitre 52 et 53 sont plutôt des épilogues, donc... C'est les derniers moments d'actions que vous verrez ici, et j'en suis désolée '-' (mais bon, de grandes révélations arriveront dans "Bloody Flu", donc ça compense =D )
J'espère que cette fanfiction vous plait toujours autant! (même si j'imagine que pour être restées jusque là, faut être vraiment persistantes XD ). Merci pour votre soutien, ça me fait hyper plaisir!


Ah, et n'oubliez pas, il ne reste que peu de temps avant que la FAQ soit faite! Donc si le chapitre 53 est posté aux environ du samedi 12, la FAQ sera enregistrée une semaine plus tard.

Donc je l'annonce enfin, la date FINALE pour les question de la FAQ : le dernier délai pour me poser vos question est le vendredi 18 décembre, jusqu'à minuit. Ensuite, le samedi 19, je tournerai la FAQ, ferai le montage, et la posterai dès que je pourrai. Si jamais le délai vous semble trop court, signalez-le, et je le rallongerais au besoin!
Merci d'avance!


Bref, après toutes ces joyeusetés, bonne lecture!

Katia


Chapitre 51


Misaki Takahashi
[-] Jour 13 [-]

Il était… Seul. Comme l'avaient annoncé ses craintes, son ravisseur s'était finalement décidé à quitter la pièce.
Le moment était donc venu… Usagi allait mourir. Il allait être tué, et ce, juste sous ses yeux, sur ces horribles écrans. Il ne voulait pas y croire… Et pourtant. Le départ de l'autre ne pouvait que briser ses espérances, peu à peu. Tout semblait… Irréel.
La simple pensée de voir Akihiko se faire tuer… Ne lui semblait pas possible, et malgré tout, il savait pertinemment que ses espoirs se feraient réduire en fumée.

Assis sur la chaise de son kidnappeur, immobilisé, il ne pouvait rien tenter pour empêcher l'horreur d'arriver. Attaché au dossier, les mains liées derrière lui, et bâillonné, il n'était pas en mesure de faire quoi que ce soit. Seules ses jambes étaient libres.
Il était… Si faible et pathétique. L'envie de pleurer ne cessait de refaire surface, alors même que le brun ne possédait plus les larmes pour le faire. Il n'en avait que trop versé dans les heures précédentes, si bien qu'il ne pouvait que respirer difficilement, inspirant et expirant lentement, pris d'une terrible angoisse.
Il ne pourrait pas supporter la mort de l'écrivain… Si tout cela venait à arriver, comme il le craignait plus que bien… Il était sûr de ne pas pouvoir s'en remettre, c'était une évidence.

Et le voilà dans cette pièce aux écrans, incapable d'esquisser le moindre mouvement… Tandis que l'autre se trouvait à l'extérieur, faisant lentement son chemin vers le romancier, qui ne se doutait de rien.
Sur les images, ce dernier était visible, explorant les lieux avec assiduité. L'étudiant pu même le voir explorer ce couloir noir, celui qu'il avait lui-même exploré quelques temps plus tôt. Et comme lui, l'auteur s'était empressé de fouiller les salles, ouvrant chacune des portes, et essayant de trouver le moindre indice.
Pourquoi Akihiko s'était-il laissé emporter dans un piège aussi simple…? Il allait se faire tuer, et Misaki était sûr que son amant le savait! C'était se diriger dans la gueule du loup, tout en connaissant les risques encourus!
Alors qu'Usagi pouvait simplement l'oublier… Pourquoi s'était-il décidé à prendre autant de risques?

Parce qu'il l'aimait…? L'étudiant connaissait la réponse. Et probablement aurait-il fait la même chose si la situation était inversée… Mais malgré tout, il ne pouvait comprendre la décision de l'écrivain.
N'importe qui aurait vu ce piège, et serait resté prudent!
Mais pas Akihiko.

Tandis que les yeux de Misaki l'observaient à travers les images, celui-ci terminant la fouille de la chambre, un mouvement attira son attention vers un autre écran.
Vladlen.
Le russe s'avançait dans ces couloirs blancs, laissant apparaître un sourire extrêmement mauvais à chaque passage devant une caméra : c'était comme s'il s'adressait à lui, indirectement. L'étudiant recevait ses regards avec atrocité.
Il ne pouvait que se sentir horrifié, alors qu'il savait très bien que la distance entre les deux hommes se réduisait peu à peu.

Combien de temps resterait-il, avant de voir Usagi se faire tuer froidement…? Il ne pouvait pas l'imaginer! Ce n'était pas possible!
Il ne pouvait pas l'accepter.
Son attention se portait sur son ravisseur, puis vers l'écrivain, tour à tour. La distance les séparant était mince, cela ne faisait aucun doute… De plus, il suffisait d'observer les regards et les sourires de ce psychopathe, emplis de folie, pour le comprendre.

Parallèlement, le romancier avait terminé les fouilles de la chambre, et était maintenant entré dans la fameuse pièce. Celle… Avec ce squelette.
Affichant une vision de nuit, l'écran lui permettait de discerner son bien-aimé, ainsi que les différents objets. Celui-ci sembla malgré tout trouver un interrupteur, changeant de ce fait la luminosité de l'écran.
Voilà que le scénario allait se répéter… L'auteur allait observer la salle, essayer –tout comme lui- de trouver des indices…
Et le russe surgirait derrière lui, avant de le viser avec son arme. L'histoire recommençait.
Quant à la fin… L'étudiant n'osait y penser : il n'arrivait toujours pas à l'accepter.

L'auteur allait mourir. Par sa faute. Voilà ce qui se répétait sans cesse dans son esprit, à mesure que ses yeux passaient en revue les différents écrans, essayant de repérer les chemins : combien de temps restait-il, avant qu'Usagi ne se retrouve face à ce monstre…?
Toutefois, son corps entier se figea : son kidnappeur se trouvait maintenant devant cette porte noire… Ladite porte menant au couloir, et ainsi, au romancier.
Il ne voulait pas le croire!

Misaki ne put retenir un fort hurlement, en voyant l'autre entrer dans le couloir. Même avec un bâillon, sa voix restait forte, et remplie de désespoir. Ses dents s'enfonçaient dans le tissu. Mais qu'espérait-il? Le déchirer?
Il ne fallait pas être particulièrement intelligent pour comprendre que ce n'était pas possible…

Et contrairement à ce qu'il croyait, il n'en fallut pas plus pour que les larmes lui reviennent, s'écoulant une énième fois sur ses joues. Qui aurait cru qu'il possédait encore assez d'énergie pour cela…?

Ses cris retentirent une nouvelle fois dans la pièce, lorsqu'il aperçut le monstre se diriger vers la porte de la salle. Tout cela… En laissant le plus mauvais des sourires à l'une des caméras. Un message que Misaki ne put ignorer : cet homme avait la ferme intention de tuer son amant. C'était indéniable.
Mais que pouvait-il faire, dans sa position?!
Il n'était qu'un garçon pitoyable, incapable de bouger, incapable de sortir aider son bien-aimé! Il avait beau se débattre, c'était inutile : les liens qui l'entouraient étaient bien trop solides pour être brisé aussi aisément…

Ses yeux s'écarquillèrent davantage, en apercevant l'autre sortir le fameux revolver de sa blouse : cela ne pouvait pas se passer comme cela, ce n'était pas possible!

Les pensées de l'étudiant ne purent que se stopper brutalement, cependant, lorsque son ravisseur appuya sur la poignée de porte… Et entra dans la pièce, brandissant son arme, qu'il pointa immédiatement sur Akihiko, celui-ci s'apprêtant justement à retirer le tissu couvrant le corps du disparu.

-"Eloignez-vous." Furent les premiers mots prononcés par l'homme. Des mots qui surprirent le romancier, ce dernier ne l'ayant certainement pas entendu arriver.
Tout comme lui… L'histoire ne faisait que se répéter, encore et encore.

Impuissant, le brun ne pouvait qu'assister à la scène, pleurant toujours plus devant la confrontation à laquelle il était forcé d'assister. Pourquoi…? Pourquoi cela se passait-il comme cela?

-"Je ne pensais pas réussir à vous attirer ici, monsieur Usami… En réalité, je ne pensais même pas vous convaincre avec un piège aussi simple."

Oui, pourquoi l'auteur s'était-il laissé avoir si facilement…? L'étudiant en était sûr, il savait que tout cela n'était qu'une mascarade, et pourtant…!
Pourtant il s'était décidé à le sauver.
Pourquoi, alors qu'on pouvait l'oublier? Alors que chacun pouvait continuer sa vie… Akihiko aurait peut-être trouvé quelqu'un d'autre, il aurait continué son existence normalement… Tout aurait été si simple, dans ce cas, et personne n'aurait été blessé, personne n'aurait pris de risques inutiles.
Certes, il connaissait l'amour du romancier à son égard, mais c'était bien évidemment quelque chose de temporaire… Cela pouvait disparaître, après tout.
Alors pourquoi…?

-"Où est Misaki?" demanda alors l'auteur, plus que sur la défensive. Cette question semblait correspondre à ses demandes : l'aimait-il au point de mettre sa vie en jeu…?
L'aimait-il au point… De ne pas plier, alors qu'il était lui-même face à une arme?

L'étudiant ne savait que penser, et observait la scène avec un immense désespoir : il souhaitait intervenir, il souhaitait réellement faire quelque chose… Empêcher l'horreur de se dérouler sous ses yeux.
Mais attaché et lié comme il était, en était-il seulement capable? Ses dents se serrèrent, à mesure que ses sentiments s'amplifiaient de plus en plus.
Si l'écrivain venait à disparaître… Son esprit en ferait de même : jamais il ne pourrait vivre avec cette mort sur la conscience!

-"Voyons, le jeu n'est pas encore terminé…

-Où est Misaki…?" La demande d'Usagi se fit plus ferme. Celui-ci était véritablement concentré, et déterminé à le reprendre, c'était indéniable… Mais Misaki ne souhaitait que son départ : s'il pouvait seulement partir! Car les intentions de son ravisseur étaient évidentes, et le brun était prêt à faire n'importe quoi pour que cela n'arrive pas.
Malheureusement, ce n'était pas aussi simple.

A cet instant, l'autre leva la main vers l'objectif de la caméra, comme pour la désigner :

-"Pour tout vous dire, Misaki nous regarde en ce moment même."

Il n'aurait jamais pensé que son kidnappeur révèle cette information… Mais probablement souhaitait-il blesser Akihiko également. C'était le meilleur moyen!
A ces mots, son amant leva la tête vers l'appareil, qu'il dévisagea quelques instants.
Et pour la première fois depuis un temps qu'il ne saurait définir, leurs yeux se croisèrent. Même si ce n'était que de manière indirecte, même si son bien-aimé ne pouvait le voir… Misaki avait pu croiser son regard, une chose qu'il souhaitait plus que tout.

"Usagi…!" Les larmes ne cessaient de couler sur ses joues, et lorsque le romancier détourna son attention de la caméra, pour la reporter vers ce psychopathe, le brun ne put retenir un gémissement pitoyable.

"Je veux le voir… Je veux voir ses yeux…!" Toutefois, c'était un souhait bien égoïste : comment même pouvait-il espérer une telle chose, alors que la mort pouvait frapper l'auteur à tout instant?
Il était tellement égoïste… Cela faisait terriblement mal.

-"En fait, je veux surtout vous tuer sous ses yeux." La voix du russe n'avait plus rien d'humain, tout comme ses propos. Cet homme était fou!
Mais ses dires ne purent qu'alarmer davantage Misaki, qui recommença à se débattre, de plus en plus fort. Il ne pouvait pas rester calme, il ne le pouvait pas! Essayant de balancer la chaise, sa panique recommençait à grimper, fortement : que pouvait-il faire, que pouvait-il faire?! Voilà la question qui se répercutait sans cesse dans son esprit.

Peu à peu, la chaise commença à perdre l'équilibre.
Mais qu'importait! Il s'en fichait!

-"Des derniers mots, pour Misaki?" Ces mots, lourds de sens, se gravèrent dans le crâne de l'étudiant, qui ne put retenir ses hurlements. Il ne l'accepterait pas, non, il ne l'accepterait pas!

Cependant, à force de mouvements brusques, le siège bascula, emportant avec lui Misaki, toujours attaché. Surpris par la chute, il ne put que lâcher un cri apeuré, étouffé par le bâillon. Néanmoins, contrairement à ce qu'il aurait pu croire, le contact avec le sol ne fut pas aussi brutal. La choc l'obligea malgré tout à ouvrir les yeux, et à reprendre connaissance de son environnement.
Mais son attention s'arrêta sur quelque chose.

"Que…?"

Etait-ce… Un bouton? Un bouton sous le bureau?

-"Non? Eh bien…" Les paroles du monstre ne cessèrent de parvenir aux oreilles de Misaki. Mais celui-ci ne quittait pas le bouton des yeux.
Il devait faire quelque chose! Mais le mécanisme pourrait-il seulement sauver Akihiko?! Et que ferait-il, si tout cela n'avait servi à rien?

Ses jambes étaient libres, si bien qu'il tenta de les approcher dudit bouton, avec difficulté. Qui aurait cru que cela soit si dur…?
Cela restait malgré tout possible, il le savait!

Toutefois, les paroles du fou le ramenèrent bien vite à la réalité :

-"Adieu, monsieur Usami."

Il ne pouvait pas perdre plus de temps!

Clic!

Jamais le brun n'aurait cru parvenir à appuyer sur ce bouton… Mais il avait réussi, en usant de ses dernières forces pour lever ses jambes, ce qui était loin d'être aisé dans sa position. Mais il avait réussi. Et en lui, il gardait l'infime espoir que cela ait une incidence sur la confrontation de ce fou, et de son amant… Même s'il n'osait réellement y croire.

Cependant, un vif son vint à ses oreilles, alors que l'éclairage changea brutalement.

"Quoi?" La surprise s'empara de lui, tandis qu'il essayait de comprendre, essayant dans le même temps de capter le son de tout coup de feu. Son angoisse n'avait évidemment pas disparu.

Les sons s'apparentaient à une alarme. Une alarme très forte, déchirant presque ses oreilles. La lumière, quant à elle, était soudainement devenue rouge.
Qu'avait-il déclenché…?

Et alors qu'il essayait toujours de comprendre, l'étudiant l'entendit. Ce terrible bruit…
Un coup de feu.


Akihiko Usami
[-] Jour 13 [-]

Il pensait que tout se terminerait à cet instant… Il le pensait réellement. S'il s'était vraiment préparé à mourir, le fait de se retrouver face à un revolver lui donnait un sentiment particulièrement puissant.
Sa défaite semblait évidente, à présent.
Mais ce ne fut pas le cas, à sa plus grande surprise. De même pour son opposant, sans nul doute possible.

Alors que l'arme de ce dernier était pointée sur lui, prête à tirer, et porter un coup fatal, l'atmosphère changea brutalement, stupéfiant les deux hommes : de vifs et brusques sons répétés vinrent à leurs oreilles, résonnant dans la pièce, tandis que la lumière prit une teinte radicalement différente, rouge.
Etait-ce… Une sirène d'alarme?
L'écrivain leva la tête, déconcerté. Un geste rapidement suivi par le russe, qui lui, posa son attention vers la caméra, les yeux écarquillés.
Il s'était fait surprendre, c'était évident. Son visage le montrait plus que bien! Ce monstre avait été déstabilisé, et de justesse, avait été interrompu dans sa volonté de tuer.
Devant l'intérêt de l'autre pour la caméra, le cerveau du romancier comprit : cette alarme… Etait-ce l'œuvre de Misaki, qui les regardait?
Etait-ce réellement possible?

Toutefois, il reporta son attention vers le psychopathe : il avait une chance, à présent! S'il ne la saisissait pas, il perdrait son unique possibilité de remporter ce combat! Après tout, il était désavantagé, devant un homme armé.
Et plus particulièrement, devant un monstre qui n'éprouverait aucun scrupule à tuer quelqu'un.

Tandis que le ravisseur reportait ses yeux vers lui, visiblement énervé et irrité, l'auteur ne put qu'en profiter. Il se trouvait face à une faille, il devait agir!
Ne réfléchissant plus un seul instant, Akihiko commença à charger, espérant que le russe n'ait pas le temps de le viser à nouveau. Ou du moins, de viser un point fatal.
Sinon… Sa défaite serait de nouveau évidente.

Le kidnappeur parut surpris de sa tentative, esquissant un pas en arrière, alors qu'un nouveau son s'ajouta à ceux de l'alarme : un coup de feu.
Ressentant une vive douleur dans son épaule, il n'en fallut pas plus à l'écrivain pour comprendre qu'il s'était fait toucher. Ce n'était certainement pas mortel, mais il ne pouvait pas nier qu'il se trouvait déstabilisé à son tour. Toutefois, pris dans son élan, et dans un minime espoir de victoire, il ne stoppa aucun mouvement. Continuant de charger, il heurta de plein fouet le ravisseur, celui-ci ne s'attendant sûrement pas à une telle éventualité. Le choc fut assez puissant pour permettre à l'écrivain de plaquer le russe au mur : il avait une chance, il avait une possibilité de gagner!
Devant l'attaque de l'auteur, le russe laissa tomber son arme, qui glissa légèrement sur le sol.

Ils étaient maintenant à forces égales!
Ou du moins, c'était ce que l'écrivain croyait. A présent, il s'agissait d'un combat de force, une lutte qui s'engageait entre les deux hommes. Cependant, Akihiko ne pouvait qu'être désavantagé : son épaule avait été touchée, et la force de ce psychopathe ne faisait qu'accentuer sa douleur. Les traits de son visage se crispèrent, grimaçant devant cette souffrance, intense.
Et face à lui, ce fou qui le comprit, laissant apparaître un sourire mauvais, à mesure qu'il concentrait en priorité sa force sur l'épaule du romancier.

"C'est pas vrai…!" Ses traits se durcirent plus encore.
Il faisait de son mieux pour ne pas plier, mais il était bien conscient que cette position ne pourrait pas s'étendre sur la durée. Il ne supporterait pas cette douleur bien longtemps… Et bien évidemment, le russe le savait tout aussi bien que lui, comme en témoignaient ses yeux, remplis d'une folie certaine.
Cependant, bien trop concentré à essayer d'ignorer la douleur, l'auteur perdit son avantage, et ne put se protéger de son opposant, qui l'éloigna d'un rapide coup de poing.
Reculant de quelques pas, légèrement sonné, Akihiko tenta de ne pas perdre de vue le combat actuel : tout n'était qu'une question de temps! Et avec l'arme au sol, il ne suffirait que de quelques secondes pour que l'autre ne puisse la récupérer!
Ayant porté la main à son visage, encore douloureux, il se força à rester attentif, et s'efforça de garder les yeux ouverts. Mais ce qu'il vit ne put que confirmer ce qu'il savait déjà : le russe s'empressait de ramasser son arme.

Il ne pouvait pas le laisser faire!
S'il y parvenait, alors sa défaite serait réellement signée.

Essayant d'oublier la douleur pendant quelques instants, le romancier chargea une nouvelle fois, en direction du revolver : il ne lui laisserait pas cette chance!
Il ne le laisserait pas gagner.
La vie de Misaki se trouvait entre ses mains, il ne pouvait l'oublier.

Avec une rapidité qui l'étonna, il put frapper l'arme de justesse, l'envoyant valser à l'autre bout de la pièce. Il venait de désarmer son adversaire, une seconde fois!
Et s'ils n'étaient pas à forces égales, avec cette blessure à l'épaule… L'auteur possédait encore quelques tours dans son sac.

Et dans ce cas présent, dans une poche de sa veste.

Son opposant parut surpris, une fois encore. Et si l'étonnement avait teint son visage, pendant quelques secondes, la colère et la rage s'empressèrent de le remplacer.
Le russe était hors de lui, c'était une évidence!
S'étant abaissé pour ramasser son arme, le russe était dans une position de faiblesse.

Et Akihiko comptait bien en profiter…

Se préparant à utiliser son couteau, ce fut à son tour d'être surpris. L'autre s'élança vers lui, avec une vitesse qui l'étonna. Sans doute avait-il utilisé le mur à ses côtés, pour se relever plus vite. Néanmoins, avec une main dans sa veste, le romancier venait de perdre un précieux atout : comment pourrait-il repousser ce monstre, avec sa main valide déjà occupée? Quant à l'autre, il peinait à bouger le bras, de peur de réveiller la douleur présente dans son épaule.
Voilà qu'il se trouvait désavantagé à nouveau! Il n'avait pas le droit de perdre!

Repoussé à nouveau, il évita de peu un nouveau coup de poing. Akihiko s'empressa de faire quelques pas en arrière, tandis que sa main trouvait enfin le manche de sa lame, prête à être utilisée.
Le moment était enfin arrivé.

Son opposant recommença à foncer vers lui, une rage sans nom peinte sur le visage. Mais Akihiko était prêt. Il avait attendu ce moment pendant des mois, s'était imaginé comment cela se déroulerait, et le bonheur qu'il en tirerait… Et tout cela arrivait à présent.
L'aurait-il cru, quelques jours plus tôt…? Il ne savait pas. Son principal intérêt était de faire, enfin, ce qu'il souhaitait depuis des jours!

Tandis que l'autre s'approcha de lui une fois de plus, dans la probable intention de le frapper à nouveau, l'écrivain ne put attendre plus longtemps.

Profitant de la proximité avec ce fou, l'auteur resserra sa prise sur son couteau, et le dirigea vers le ventre de l'agresseur, le plus vite qu'il put.
Tout avait été… Si simple.

Ce monstre s'était laissé aveugler par la colère, et avait baissé sa garde… Le blesser avait été si aisé, si facile! L'homme aux yeux améthyste avait profité de cette faille pour agir, et avait porté le coup décisif.
La lame n'avait rencontré aucune résistance, et devant lui se trouvait ce démon, dont le visage avait soudainement changé d'expression : la surprise et la stupéfaction avaient remplacé toute notion de rage. Et plus bas, ses vêtements prenaient peu à peu une couleur rouge, à mesure que le couteau pénétrait son ventre, de plus en plus. Il avait réussi.
Tout s'était arrêté. Les mouvements du russe s'étaient stoppés, et ses yeux se levèrent vers lui, affichant un sentiment indéfinissable : colère, étonnement, horreur? L'écrivain ne savait pas.
Il avait gagné. Il avait porté le coup fatal.
Devant lui, le ravisseur ne put retenir quelques toussotements, crachant quelques gouttes de sang.
C'était… Terminé.

Lentement, l'écrivain retira peu à peu la lame, se reculant de ce fou dans le même temps. Ce dernier ne parut pas résister davantage, et se laissa tomber sur le sol, lourdement.
Mais qu'en avait-il à faire…? Comment se préoccuper de l'état d'un tel monstre?
Toutes ses pensées s'orientaient vers l'étudiant, et rien de plus : allait-il bien? Où était-il?

Toutefois, de nombreux bruits s'échappèrent de la porte : pas de doutes à avoir, il y avait une agitation certaine de l'autre côté!
Que se passait-il…?

Néanmoins, il jeta un rapide coup d'œil vers le psychopathe, maintenant au sol : celui-ci devait avoir des clés sur lui… Exactement ce qu'il souhaitait.
Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne retrouve Misaki!


Misaki Takahashi
[-] Jour 13 [-]

Le brun se trouvait à terre, toujours lié à cette maudite chaise. Il avait appuyé sur un bouton, quelques instants plus tôt : lançant une sirène d'alarme, ainsi qu'un nouvel éclairage, il ne savait pas ce qu'il avait enclenché.
Cependant, il savait parfaitement ce qu'il avait entendu : un coup de feu. L'arme de son kidnappeur avait été utilisée, et des bruits de lutte avaient suivi : que s'était-il passé…? Usagi avait-il été…?
Il refusait de le croire! Et malgré tout, il ne pouvait pas s'empêcher d'espérer vainement. Pourtant, il savait que le pire était arrivé, et qu'il ne faudrait que quelques minutes avant que ce fou ne vienne le voir… Avec le sang de son bien-aimé sur les mains. Tout semblait si évident… Mais il ne pouvait se résoudre à le croire. C'était… Bien trop irréel.

La lutte s'était finalement arrêtée. Il ne craignait que d'entendre la voix de ce malade, qui ne ferait que lui confirmer ses doutes, ses horribles doutes. Mais rien. Il n'y avait que le silence. Peut-être l'autre souhaitait-il le voir espérer, naïvement…? Afin de mieux le briser, encore une fois?

Sa respiration s'accéléra, tandis qu'il essayait tant bien que mal de se redresser, sans succès : lié à cette chaise, ses essais étaient voués à l'échec.

Mais alors qu'il tentait de trouver un autre moyen, un son parvint à ses oreilles : à travers l'écran, à travers les haut-parleurs… Une porte s'était refermée.
Quelqu'un sortait.
Inévitablement… Quelqu'un se dirigeait vers lui. A cet instant précis, un grand sentiment de panique prit place dans son esprit : son ravisseur se rapprochait… Sans nul doute, son agresseur était sorti de la salle, et allait le rejoindre!
Comment le supporterait-il…? Lorsqu'il apprendrait la mort d'Akihiko…? Et pourtant, il ne voulait cesser d'espérer! Il ne pouvait pas le croire, il n'arrivait pas à l'envisager une seule seconde!

"Non… Non…!" L'étudiant recommença à se débattre, toujours plus fort. Il devait sortir d'ici, vite!

D'autres bruits attirèrent toutefois son attention, le forçant à pivoter sa tête de l'autre côté. Mais ce qu'il vit lui provoqua une grande surprise : la porte de la pièce était ouverte.
Comment l'autre pouvait-il être ici aussi vite…?! Il venait juste de passer la porte là-bas! Comment pouvait-il se retrouver devant la salle de surveillance, aussi rapidement?
Malgré tout, contrairement à ce qu'il craignait, aucune silhouette ne s'introduisit dans le bureau, aucune forme ne se démarqua à travers l'ouverture.
La porte… N'était plus fermée. Voilà ce qu'il venait de comprendre.
Que s'était-il passé…?

Peu à peu, d'autres bruits résonnèrent dans les couloirs, retenant toujours plus son attention : étaient-ce… Des bruits de pas?
Cette simple constatation le fit frémir d'horreur : il ne pourrait pas voir son kidnappeur! Il ne pourrait pas le supporter!
Car le voir… Signifiait la défaite d'Usagi. Et l'étudiant ne pouvait pas s'empêcher de garder espoir, encore et encore.

Mais petit à petit, le brun perçut davantage les sons émanant du couloir : il n'y avait pas qu'une seule personne… Non, il y en avait plusieurs!
Qu'est-ce que cela signifiait…? Sa peur se transforma doucement en un sentiment de confusion, à mesure que les pas se faisaient de plus en plus distincts des autres, certains plus forts que les autres.
Il ne comprenait pas.

Etait-ce parce qu'il avait appuyé sur ce bouton…? Mais qu'avait-il déclenché?!

Cependant, pris dans ses pensées et ses réflexions, il fut interrompu par une forme se déplaçant dans le coin de sa vision. Horrifié par la possibilité de voir son kidnappeur le retrouver, avec la plus mauvaise expression, l'étudiant ne put que risquer un regard vers la porte ouverte, sa peur reprenant le dessus. Mais il ne s'attendait certainement pas à apercevoir l'un de ses compagnons d'infortune, passer lentement devant la pièce, habillé du même T-shirt blanc, couvert de blessures, et titubant à chaque pas.

"Quoi…?!" La surprise de l'étudiant était telle qu'il n'osa faire le moindre bruit, bien trop interloqué par ce qu'il venait de voir.
Quelqu'un… S'était échappé! Mais comment était-ce possible? Avait-il profité de la négligence de ce fou pour essayer de sortir? Avait-il, comme lui, mémorisé le code de sa cellule?
Les questions se bousculaient dans son crâne, à mesure que l'autre s'échappait lentement de sa vision, continuant son chemin, sans même lui adresser un seul coup d'œil.
Il ne l'avait pas vu?

Soudainement, la pensée d'une possible échappée lui vint à l'esprit : c'était sa seule chance! Avec une porte ouverte, des liens de cordes, aisés à détacher, il n'aurait pas d'autres opportunités!
De plus, le temps lui était compté… Jusqu'au retour de ce psychopathe, il n'avait que très peu de temps à sa disposition.
Il ne fallait pas attendre plus longtemps!

A travers son bâillon, l'étudiant s'efforça de crier le plus fortement possible, afin d'être entendu. Une fois, deux fois, et même trois fois, il hurla contre le tissu, espérant l'aide dudit captif.
Toutefois, de nouveau disparu dans le couloir, l'autre sembla continuer son chemin, doucement, comme en témoignait le bruit de ses pas, qui s'éloignaient.
Misaki était sûr d'avoir été entendu… Mais d'un autre côté, il était évident que la majorité des garçons qu'il avait pu rencontrer avaient déjà perdu leur santé mentale. C'était probablement le cas pour celui-ci.
Dans ce cas, cependant, comment aurait-il pu s'échapper? Certes, il avait fait la même chose, et en gardait un très vague souvenir… Mais il se rappelait bien avoir retrouvé une partie de son humanité.
Comment ne pas accorder un seul regard à un autre dans le besoin…?

Pris d'un brusque sentiment désespéré, le brun recommença ses cris, espérant que le garçon change d'avis. Néanmoins, au fond de lui-même, il savait déjà que toutes ses tentatives étaient vouées à l'échec.
Dépité, il laissa sa tête heurter le sol, doucement, observant la porte ouverte d'un œil attristé : il aurait pu s'échapper, certes… Mais le sort en avait décidé autrement.
Tout allait donc se finir comme cela…? Le monstre allait revenir, souriant de toutes ses dents, avant de s'amuser avec lui jusqu'à la fin de sa misérable vie? Et c'était tout?

Misaki serra les dents : cela ne pouvait pas se terminer de cette manière! C'était… Trop simple!

Au bout de quelques secondes, toutefois, l'étudiant perçut de nouveaux bruits de pas.
Le garçon avait-il changé d'avis…?
Il reporta son attention sur l'entrée de la salle, écoutant le son des pas sur le sol : des pieds nus. Pas des chaussures. En revanche, le son semblait parvenir du même côté que précédemment. Le cœur du brun manqua un battement à cette simple constatation.
Y avait-il quelqu'un d'autre? Voilà ce que cela signifiait.
Comment était-ce possible? La respiration de Misaki continua à s'affoler, à mesure qu'il réalisait ce qu'il se passait : des captifs s'échappaient… Mais si tout cela était vrai, comment?
Comment étaient-ils parvenus à sortir? Etait-ce possible d'avoir deux tentatives d'échappatoires, en même temps…?
Il ne comprenait plus rien… Néanmoins, lorsque Misaki entendit les pas se rapprocher, de plus en plus, il recommença à crier, espérant attirer le nouveau venu. Peut-être possédait-il encore une once d'humanité…? Il ne pouvait qu'y croire, peut-être vainement.
Avec difficulté, il tenta de bouger la chaise, essayant de faire du bruit, tout en continuant de hurler : il devait trouver l'aide de quelqu'un, et vite! Qui pouvait bien savoir quand reviendrait ce fou…?!

Peu à peu, la forme d'un nouveau compagnon d'infortune se dessina au travers de la porte ouverte. Habillé, lui aussi, de l'uniforme, il semblait moins blessé que le précédent. S'avançant avec prudence, il jeta finalement un coup d'œil en sa direction, avant de se stopper, comme pour mieux le dévisager.
Misaki l'imita, espérant attirer son attention, son aide : on ne pouvait pas le laisser comme ça!
De plus, il suffit à l'étudiant de l'observer, de plonger ses yeux dans les siens, pour comprendre qu'il avait gardé sa santé mentale. Depuis combien de temps se trouvait-il ici…? Le brun n'avait pas tenu six mois, la première fois…

Il ne put retenir un gémissement de soulagement, en voyant l'autre se décider à avancer dans la pièce, en se dirigeant vers lui.
Peut-être allait-il s'échapper! Il n'avait que cette chance, à présent!

Maintenant agenouillé à ses côtés, le garçon s'efforçait de desserrer ses liens, de les arracher, du mieux qu'il pouvait. Une opération délicate, mais qui, au bout de quelques minutes, se révéla fructueuse. Doucement, Misaki pouvait sentir la tension des cordes diminuer, jusqu'à finalement retrouver l'intégralité de ses mouvements. Libre, la première chose qu'il fit fut de retirer son bâillon, avant de prendre une longue respiration.
Il ne pensait pas qu'un tel miracle arriverait… Et pourtant.

Le brun se releva aussitôt, avant de dévisager l'autre captif, d'un regard qu'il espérait rempli de reconnaissance :

-"Merci." Dit-il simplement. Ils n'avaient pas le temps de discuter : qui pouvait bien savoir le temps qu'il leur restait, avant de voir surgir ce psychopathe? Il ne fallait pas tarder! Mais il ne pouvait pas le nier : la présence d'un compagnon le rassurait, et ce, principalement lors d'une énième échappée.

L'autre se contenta de hocher la tête, répondant à son regard. A présent, Misaki pouvait l'examiner plus aisément… Et revoir ses précédentes pensées à son sujet : peut-être était-il plus blessé que le précédent garçon, finalement… Ses bras étaient recouverts de coupures, plus longues les unes que les autres, tandis que son crâne portait un léger bandage sur le côté, ensanglanté. Comment avait-il pu ne pas le remarquer? Cependant, le bandage semblait rouge, presque noir peut-être, si bien qu'il s'était probablement confondu dans sa chevelure.
Et pour le plus grave… C'étaient ces points de sutures, au niveau de la gorge : l'étudiant n'osa imaginer ce qu'il avait dû vivre. Mais cela avait été sans nul doute très douloureux…

Essayant de ne pas lancer de regards indiscrets, il détourna les yeux. Il savait bien ce que cela faisait, d'être épié… Il n'avait jamais aimé cela, que ce soit par tous les médecins, par les policiers, ou même par Usagi. Il ne pouvait donc que détourner son attention.
C'était la moindre des choses!

Cependant, son regard se porta un peu plus haut, en direction des très nombreux écrans accrochés au mur : il n'aurait pas pu le croire… Dans d'autres circonstances, il aurait cru à une très mauvaise plaisanterie.
Mais l'impossible se produisait sous ses yeux.

Sur de très nombreuses images, il était possible de distinguer des formes humaines, avançant difficilement le long des couloirs.
Des captifs. Des compagnons d'infortune. Tous dehors, tous marchant le long des murs, lentement… Ils étaient tous hors de leur cellule, évoluant dans le reste du laboratoire.
Que se passait-il…?

Mais une hypothèse surgit dans son esprit : et s'il avait ouvert les portes…? Et si c'était lui, en ayant appuyé sur ce bouton, dissimulé, qui avait ouvert toutes les cellules?
Misaki ne pouvait le croire! Toutefois, il ne pouvait que considérer cette idée, avec un grand sérieux : c'était très probable, après tout… Tout était trop proche, pour que cela ne soient que des coïncidences!

Néanmoins, alors qu'il laissait ses yeux s'aventurer le long des écrans, espérant repérer son ravisseur… Il se figea, en apercevant une forme particulière.
Un sentiment immense de joie et de soulagement prit place dans sa poitrine, tandis qu'il essayait de se persuader que tout cela n'était pas un rêve : Usagi.
Usagi se trouvait dans le laboratoire, avançant aux côtés de certains captifs, avançant à travers les couloirs… En vie.

Akihiko était vivant.


Akihiko Usami
[-] Jour 13 [-]

Il était de retour dans ces longs passages blancs, toujours sans aucun moyen de se repérer. Mais au moins, il avait pu neutraliser cet homme… Peut-être même l'avait-il tué. D'une certaine manière, il n'y portait pas un grand intérêt : le plus important était de retrouver Misaki. De plus, il éprouverait un certain plaisir à avoir éliminé un tel monstre.

Les mêmes questions se bousculaient dans son crâne, encore et encore, toujours à propos du brun : allait-il bien? Que se passait-il de son côté?

Après de longues minutes de marche, l'écrivain avait pu commencer à percevoir des mouvements, lors de certaines intersections : il semblait s'agir d'autres kidnappés. Il s'était empressé d'aller le vérifier, d'aller voir si Misaki n'était pas dans ce groupe… Mais il n'y avait aucun signe du jeune homme. L'auteur en avait presque arrêté quelques uns, en croyant voir son amant, de dos. Mais ses essais s'étaient révélés infructueux. La plupart avaient même hurlé de peur, entraînant les cris, et les gémissements chez les autres dans les alentours : il n'y avait pas de doute à avoir, la grande majorité était traumatisée.
Il savait parfaitement que Misaki avait dû atteindre cet état de fragilité mentale… Mais le voir, se retrouver avec le fait même en face de soi, cela n'avait plus rien à voir.

Une grande partie des portes s'étaient ouvertes, pour une raison qui lui était inconnue. D'une certaine façon, il imaginait que tout cela, ajouté à l'alarme et l'éclairage, soit l'œuvre de Misaki.
Qui pouvait bien le savoir? Mais si c'était le cas, le brun lui avait sauvé la vie, c'était une évidence. En créant une faille dans le raisonnement de ce malade, il lui avait donné l'occasion d'attaquer, de désarmer son adversaire.
Il ne restait plus qu'à le retrouver, à présent…

Tout en poursuivant son chemin, le romancier remarqua la multiplication des garçons, tous dans les plus horribles états. Certains possédaient parfois le triple, ou le quadruple des blessures de l'étudiant : c'était à se demander comment pouvaient-ils tenir debout! Mais ils continuaient leur route, eux aussi, plus ou moins vite en fonction de leurs blessures.
Etait-ce Misaki, qui avait ouvert toutes ces portes…? Il ne pouvait pas s'empêcher de le croire.

Cependant, en observant les nombreux prisonniers libres, la pensée de voir le jeune homme présent parmi eux se fit plus présente, à chaque pas.

Et si c'était possible…? Et si le brun se trouvait actuellement dans les couloirs, à déambuler sans savoir où aller…? L'auteur ne pouvait que l'imaginer, avec horreur.

Portant une main à son épaule, sentant la douleur se faire plus forte, il s'efforça d'appuyer sur la plaie, dans l'espoir que cela calme sa souffrance. Puis, avec une voix forte, il commença à appeler son amant, espérant une réponse :

-"Misaki!" Le nom de celui-ci sembla résonner entre les murs, alors que l'homme aux yeux améthyste continuait d'avancer, d'un pas plus pressé.
Il doit essayer! Qui pouvait bien dire si son bien-aimé ne se trouvait pas déjà près de lui…?

Il recommença ses appels, plus fort, tout en passant à côté d'autres garçons. Certains vomissaient sur le sol, s'effondraient de faiblesse, ou essayaient d'avancer jusqu'à trouver la sortie.
L'écrivain devait faire face à une réelle vision cauchemardesque, essayant d'enjamber les quelques corps jonchant le col, horrifié par de telles atrocités.
Comment était-ce possible…? Comment un homme avait-il pu éprouver du plaisir avec tant de monstruosité?! Cela ne semblait même pas réel!
Et Misaki avait vécu dans cet endroit pendant plus de six mois… Il n'arrivait pas à croire que le brun ait survécu, ait gardé sa santé mentale.

-"Misaki!" Ses appels continuaient, tandis qu'il avançait, encore et encore. Depuis combien de temps l'appelait-il? Il avait cessé de compter. Il ne pouvait qu'espérer que sa voix lui parvienne.
Et s'il était blessé? Et s'il était coincé quelque part? L'écrivain ne pouvait empêcher ces pensées d'infiltrer son esprit. Son angoisse ne cessait de monter, dans le même temps : il devait trouver l'étudiant, et vite!

Toutefois, alors qu'il enchaînait les pas, toujours plus rapides, une voix, légèrement lointaine, parvint à ses oreilles :

-"Usagi!" A cet instant, tout son corps se figea, brutalement. Avait-il… Bien entendu?
Il stoppa sa course, son regard fixé sur un point invisible, comme s'il n'en revenait pas. Son souffle s'était coupé, tant la stupeur et l'étonnement étaient grands : il ne pouvait pas y croire… Et pourtant…!

Misaki était dans les environs. Sa voix était lointaine, certes, mais aisément perceptible. L'étudiant était là, et encore en état de parler, de répondre à ses appels.
A cette simple pensée, son cœur manqua un battement : tout allait se finir… Enfin!

Ses jambes commencèrent à agir d'elles-mêmes : sans qu'il puisse exécuter le moindre geste, il se surprit à courir, devant lui. Il se dirigeait vers la provenance de la voix, vers le possible lieu où se trouvait son bien-aimé.
Bousculant les garçons à sa proximité, il ne pouvait s'arrêter. Il avait beau ressentir une réelle pitié pour ces victimes, il ne pouvait pas le nier… Mais devant une telle situation, il ne pouvait pas rester calme. Il devait trouver Misaki, vite!
Et après cela… Tout serait enfin fini. La vie reprendrait son cours, et l'étudiant retrouverait peu à peu sa joie de vivre. L'écrivain ne souhaitait que son rétablissement… Et son sauvetage, bien entendu.

Ses pieds l'amenèrent finalement à une énième intersection : il se trouvait face à deux possibilités, à droite et à gauche. S'il souhaitait retrouver le jeune homme, il ne pouvait évidemment pas avancer sans réfléchir.
L'hésitation avait presque gelé ses muscles, l'empêchant de faire le moindre mouvement : et s'il se trompait? Et s'il prenait la mauvaise direction?
Lui qui était si sûr de lui, quelques secondes plus tôt… Voilà que son comportement changeait brutalement.

Comment savoir…? Peu sûr de lui, il réitéra un appel, espérant que la voix de son amant puisse lui donner une quelconque indication.
Il ne fallut que quelques instants, avant que son bien-aimé ne réponde, sa voix semblant peut-être plus proche.

-"Usagi…!" Aussitôt, la tête du romancier pivota vers la droite, élimant toute trace d'incertitude. C'était par là, il n'y avait aucun doute à avoir.

Recommençant sa course, les jambes d'Akihiko reprirent un rythme soutenu, essayant d'éviter les corps des victimes sur le sol, tout comme celles qui titubaient devant lui.
Combien de garçons avaient été kidnappés…? Le romancier ne pouvait qu'émettre des hypothèses, de plus en plus affolantes : s'il n'avait aperçu qu'une infime partie du bâtiment, alors qu'en était-il du reste? Certes, peut-être ces garçons avaient-ils tous été enfermés au même endroit… Mais comment en être sûr?
Toutes ces vies… Elles avaient été détruites. Pour le plaisir d'un seul homme.
Et Misaki avait été l'un d'entre eux.

Ne pouvant plus contrôler sa vitesse, et ne portant plus aucune attention à sa fatigue grandissante, associée à sa blessure dont le sang continuait à couler peu à peu, il ne put que hurler le nom de l'étudiant, une nouvelle fois :

-"Misaki!" Ses pieds continuaient d'avancer, encore et encore. Il ne pouvait qu'être certain de se rapprocher du brun, petit à petit.
Tout cela n'était qu'une question de temps! C'était inévitable.

Mais soudainement, il commença à entendre de nouveaux bruits, qui ralentirent sa course, avec l'apparition de nouvelles émotions en lui : étaient-ce… Des bruits de pas? D'une personne qui… Courrait?
Repris par sa fatigue, l'écrivain continua à ralentir, essayant de porter plus d'attention à ces sons : il n'avait jamais croisé de captifs en état de courir… Alors était-ce…?

Il continua à courir, plus lentement qu'auparavant cependant, avant d'arriver à un nouveau croisement. Cet endroit était un réel labyrinthe… Toutefois, lorsqu'il s'avança dans l'intersection, observant chacun des passages, il le vit.
Son corps se figea une fois de plus, à mesure qu'il découvrait, au loin, la silhouette de son amant tant recherché, tenant un autre garçon par l'épaule, comme pour l'aider à avancer.
Ses yeux améthyste s'écarquillèrent, dévisageant avec une joie immense la personne qui se trouvait près de lui : Misaki. Misaki était ici, juste à ses côtés.
Il l'avait trouvé! Il avait gagné le jeu de ce fou!

Le cœur de l'écrivain fit un bond, tandis qu'il s'avança peu à peu vers le jeune homme, dont le visage affichait la même expression que la sienne : une surprise sans nom, accompagnée d'une joie certaine, d'un soulagement infini. Voilà ce que tous deux ressentaient.
Ce sentiment… Etait incommensurable.

Le brun s'éloigna doucement du second captif, qui n'opposa aucune résistance : il suffisait de regarder ses yeux pour comprendre qu'il n'avait pas encore perdu la raison. Probablement comprenait-il donc la situation. Aussi, ce dernier s'adossa au mur voisin, alors que Misaki continuait à marcher dans sa direction, aussi stupéfait que lui.
Ils avaient gagné… Voilà ce que cela signifiait! Les jeux de ce fou étaient terminés, enfin!
Qui aurait cru que cela arrive un jour…? Aurait-il pu le croire, lors du premier enlèvement de son bien-aimé?

Qu'importait. Tout cela était fini.

Les yeux du brun étaient larmoyants, et il ne fallut que quelques secondes avant qu'il ne l'entende sangloter, tout en murmurant doucement son nom, entrecoupé par ses respirations, trop rapides.
Le romancier ne pouvait plus attendre. Ce n'était plus possible!

Il commença à courir. Sans retenue, il s'empressait de rejoindre le jeune homme, qui ne tarda pas à l'imiter, titubant légèrement durant sa course.
C'était fini… Tout était terminé.

La distance entre les deux hommes se réduisait, seconde par seconde. Et peu à peu, les pleurs de Misaki éclatèrent, celui-ci tendant ses bras vers Akihiko.
Jamais il n'avait vu l'étudiant dans un tel état… Pas même lors de ses thérapies.

Leurs corps se heurtèrent enfin, les bras du jeune homme s'enlaçant immédiatement autour de sa taille. La tête de ce dernier se colla à sa veste, laissant ses sanglots s'étouffer à travers le vêtement.

-"Usagi… Usagi!" Malgré le tissu, l'auteur put clairement entendre l'étudiant, qui continuait de resserrer son étreinte, pleurant toujours plus. Quant à lui, il ne put que faire de même, passant l'une de ses mains dans les cheveux bruns de son amant, le serrant davantage contre lui.
Qui aurait pu croire que ce jour arriverait…?
L'auteur ne put que porter son attention vers le corps de son amant, cherchant toute trace de blessure. Il ne fut pas surpris de trouver de nouvelles lignes rougies, sur ses jambes, ainsi que sur ses bras : étaient-ce… Des coups de fouet? Des coupures…?
Il n'osait l'imaginer… Néanmoins, il ne put que ressentir une extrême jouissance, en se rappelant du sang de ce monstre sur ses mains. Il l'avait tué.
Ce qu'il souhaitait depuis des mois était enfin exaucé…

Lorsque l'étudiant tenta de bouger ses bras, légèrement, l'auteur ne put qu'émettre un gémissement de douleur. La souffrance de sa blessure s'était finalement réveillée…
Interloqué, Misaki se retira immédiatement, cherchant à comprendre, à travers le visage du romancier. Toutefois, son regard se porta assez vite sur la tâche brune qui avait pris place sous ses vêtements, qui avait traversé le tissu : il n'en fallut pas plus pour que ses yeux se remplissent d'horreur, tout en se rendant compte qu'il se trouvait avec le sang d'Akihiko sur le bout de ses doigts.
Ses pleurs avaient cessé, et il fixait maintenant la blessure avec un air absent, malgré tout choqué et horrifié.

Ce fut un détail qui n'échappa aucunement à l'écrivain, qui s'empressa de tendre sa main vers lui, pour le rassurer :

-"Misaki… Ce n'est rien, je t'assu-
-Pardon…" Mais il n'eut pas le temps d'en dire plus : l'étudiant l'avait coupé, commençant doucement à trembler. "Pardon… Pardon, je suis désolé…!" Ses sanglots reprirent, incontrôlables.

Que pouvait-il faire…?

Sans réfléchir une seule seconde, Akihiko le reprit dans ses bras : que pouvait-il faire, si ce n'était que cela…? Il savait pertinemment que les paroles n'auraient aucun effet sur le jeune homme : il était en état de choc. Seuls les gestes pourraient l'aider à se calmer, il le savait.
De sa main valide, l'auteur reporta la main à ses cheveux, cherchant désespérément à le sentir près de lui : cela ne faisait que deux semaines… Et pourtant!
Il avait tellement eu peur de le perdre à jamais.

-"C'est fini…" commença-t-il, d'une voix qu'il espérait être la plus douce possible. "C'est fini, ça va aller…" Son ton s'assombrit, à mesure qu'il sentait les pleurs de Misaki redoubler, tandis qu'il répondait peu à peu à l'étreinte : "Je vais te faire sortir d'ici."

L'écrivain jeta alors un coup d'œil à l'autre garçon, adossé faiblement au mur, qui ne les avait pas quittés des yeux : combien de victimes y avait-il…? C'était ce que pensait l'écrivain, à mesure qu'il tentait de calmer son bien-aimé, doucement.

Il allait le faire sortir… Lui, comme tous les autres. Cet endroit n'était qu'un enfer, un terrible enfer.

Mais c'était terminé, à présent.


Et voilà, le dernier acte de cette fanfiction est à présent terminé! Il ne reste maintenant que deux chapitres d'épilogues, qui je l'espère, vous plairont!
Je vous remercie infiniment pour tous les commentaires ou reviews que j'ai reçus. Je suis tellement heureuse de voir que cette fanfiction plait, et qu'elle a autant de succès. Après tout, qui aurait pu prévoir qu'une fanfic avec un OC puisse intéresser qui que ce soit?
Dès le début de cette fiction, je me disais que Vladlen ferait tâche. Moi-même ne supportant pas les OC s'incrustant dans d'autres univers, j'étais certaines que la présence de Vladlen poserait un frein.
Mais à ce que je peux voir à présent, j'ai eu tord. Et je vous remercie de votre soutien malgré la présence d'un OC intrusif. Merci beaucoup.

N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre, et du déroulement des événements! Je reconnais que c'était un peu cliché, mais j'avoue que je ne voyais pas comment terminer cet acte autrement...
Notez d'ailleurs que le chapitre 52 donnera quelques révélations sur le futur de notre fameux couple!

Et n'oubliez pas la FAQ!
DATE FINALE DES QUESTIONS : VENDREDI 18 DÉCEMBRE, JUSQU'À MINUIT!

A plus tard pour le prochain chapitre!

Merci encore pour votre intérêt!


Réponses aux Reviews!


Okami Shiroi : J'ai promis de poster davantage pour la fin de la fanfiction, donc je tiens bien mes promesses! ^^ Et j'espère que ce chapitre t'as rassuré pour Akihiko! (de toute façon, malgré ce que je disais, je ne pouvais pas me permettre de faire une Bad End, je me serais faite trucider! xD )
J'espère aussi, et je vous tiendrais au courant au moindre changement. Merci beaucoup du soutien, vraiment.
Et merci pour la review!

Katsuya Madoka : Coucou!
Eh oui, la fin se rapproche! J'imagine que ça prendrait du temps et de la motivation pour tout relire, non? x) En tout cas, merci, ça me fait plaisir de lire ça!
Oui, et j'essaie de ne pas y penser, le temps que mes problèmes restent tels qu'ils sont. J'ai des contrôles sanguins toutes les deux semaines, donc les médecins restent en alerte. Si jamais ma santé se casse la figue, je le saurais de suite!
Et ce qui me plait, c'est l'écriture, alors je ne suis pas prête de déserter ce bon loisir!
Merci pour la review, et les encouragements, vraiment.