Hello !

Ouais, j'ai tout reçu aujourd'hui ! J'espère donc que mes MP vous sont arrivés tout chauds - enfin tout froids - sur votre mail.

Voici la décision de Shaka, Ikki qui récupère Shun, et l'affreuse découverte.

Bonne lecture !


Titre: L'heure des découvertes

Couple: Milo x Camus

Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Sauf le piercing, le tatouage, et la théière de Mü...


L'heure des découvertes

Shaka de la Vierge, évitant toujours soigneusement de se souiller au contact du sol d'une chambre de luxe trois étoiles, s'apprêtait à répondre à la dernière question pointue proposée par son jeune ami Phénix.

- Ce baiser, entama Ikki, l'œil luisant de paillardise, t'a-t-il dégoûté ? As-tu été remué au plus profond de toi par le même genre de nausée qui me saisit quand je vois Athéna et Seiya se bouffer la langue, ou Milo aspirer celle de Camus ?

- Mais Mü n'a pas touché à ma langue ! se récria la réincarnation de Bouddha, comme si cette précision était capitale pour la suite de ses affaires sentimentales.

L'oiseau de feu chassa l'argument d'un geste négligent de sa main carrée.

- Peu importe, cela t'a-t-il retourné les tripes ou pas ?

- Je ne dirais pas… réfléchit le sixième gardien dont la carnation pâle s'empourpra de plus en plus tandis qu'il repassait l'audacieuse prise de contact de l'Atlante dans sa tête blonde. Je n'avais pas de nausée, Ikki, juste un balancement très agréable.

- Yes ! clama incontinent le Phénix en se relevant et en claquant des mains, tout frétillant d'avoir mis le doigt sur le pot d'encens.

- Quoi donc, mon jeune ami ? interrogea l'Indien subjugué par l'aisance avec laquelle Ikki voletait dans les odieux entrelacs de tous ces bassesses humaines et ces tracas romantiques.

- Voyons, Shaka, c'est évident ! décréta le Japonais en balançant une claque de connivence dans le dos de son pair, qui en cessa de flotter pour reprendre une posture debout. Tu es amoureux de Mü du Bélier, qui correspond parfaitement à tes désirs sentimentaux.

- Je n'ai jamais eu aucun désir sentimental, objecta Shaka qui ne paraissait pas convaincu par la belle assurance de son cadet.

- Tu as une part humaine, soutint le Phénix qui n'entendait pas être privé d'une si belle occasion de foutre le bordel et de jouer les marieurs. Tu as forcément quelque désir d'amour, même si tu l'as soigneusement occulté de part ta condition de mec à qui Bouddha fait des grands discours…

- Je suis la réincarnation de Bouddha…

- Oui, bon, peu importe, s'emporta Ikki, qui n'aimait pas les pinailleurs.

- Je devrais donc poursuivre Mü à Jamir et lui dire… que j'accepte son offre ?

L'oiseau immortel se fendit d'un petit rire de gorge devant la timidité d'un homme qui lui avait autrefois fichu la plus grande trouille de sa vie.

- Ce n'est pas un contrat d'assurance non plus… C'est comme tu le sens, Shaka, mais vous feriez un parfait couple de… de mystiques, là…

Il avait failli dire " de raseurs frigides " mais se retint par amitié pour l'Indien.

L'homme le plus proche des dieux eut un sourire rare et calqué sur ceux de la Vierge Marie et la Joconde réunies, et remercia abondamment le Phénix de ses bons conseils, dont il saurait tirer profit.

Ikki le vit disparaître dans un élégant éclair doré, ricana à l'idée que le hautain et pédant Shaka de la Vierge allait suivre les instructions d'un mécréant comme lui.

- Je me demande s'ils arriveront à se dépuceler l'un l'autre, murmura-t-il, égrillard.

Un gémissement féminin le tira de ses peu charitables réflexions, et le Chevalier de bronze se précipita, prêt à jouer un grand numéro d'illusionniste pour recommencer à emballer sa conquête d'une nuit.


Shiryu du Dragon rentra dans une chambre solitaire, et se hâta de se mettre en pyjama et d'éteindre la lumière.

Ce décalage horaire dans lequel ils vivaient depuis le début des vacances le perturbait, tant il appartenait à la catégorie " couché tôt, levé tôt " – ce n'est pas comme si avec leur rude entraînement ils avaient eu le choix non plus.

Shiryu se demandait comment Camus parvenait à s'adapter, car il avait visiblement pris le rythme de son amant Milo, qui comme Seiya était du style " au plus tard couché, au plus tard levé ".

On devait s'habituer à tout, le corps humain étant rempli de ressources inconnues et négligées.

Ou il y avait la méthode Saori Kido : couchée tôt, levée tard, plus la sieste.

La jeune fille était-elle encore en pleine croissance, réclamant nourriture et repos en abondance ?

Le pensées devenues vagues et absurdes du Dragon furent interrompues par des bruits qu'il ne connaissait hélas que trop bien, et qui cette fois ne provenaient pas du tandem infernal Milo/Camus, mais d'Ikki du Phénix.

Le malheureux Shiryu gémit de désespoir à cet injuste destin, avant d'enfouir sa tête en dessous de l'oreiller de plumes.

Ikki du Phénix appartenait sans contredit au cercle des " hurleurs ".


Hyoga du Cygne avait été sauvé in-extremis par Shun d'Andromède, qui avait continué cette mission de sauvetage en désaltérant son camarade blond d'une grande boisson glacée.

Requinqué par le liquide froid, le Chevalier des glaces regarda le souriant Andromède, qui lui semblait muter de "gamin chouineur " à " rebelle permanent ".

La partie de gènes " Ikki du Phénix " paraissait s'être éveillée d'un long coma.

- Regarde, Hyoga, sourit le rebelle, j'ai un piercing à l'oreille.

Le Cygne partageait la réticence de son maître Camus à toute mutilation de ce genre, et frémit de répulsion à la vue de l'oreille massacrée, rouge et un peu gonflée.

- Tu as mal ? interrogea-t-il, compatissant.

- Un peu, mais ça va disparaître. J'aurais peut-être du le faire au nombril…

Le Russe en contracta instinctivement le ventre d'horreur.

Devant le sourire radieux de Shun, il se força cependant à admirer l'ornement d'argent que son ami exhibait complaisamment à la lueur des lumières de toutes les couleurs de la boîte de nuit.

- Tu as pensé à la réaction de ton frère ? soupira prudemment Hyoga.

- Mmm… se rembrunit Andromède, oui, mais c'est mon choix, j'ai le droit de vivre pour moi-même, Hyoga, devenir adulte !

- Ça va chauffer… prédit funestement le Cygne en agitant son verre rempli de glaçons.

- Flûte, je veux m'amuser, on danse ensemble, Hyoga ?

Cela avait déjà été signalé que Hyoga du Cygne ne savait pas refuser, même quand il n'avait pas envie, et à plus forte raison quand il avait envie, ce qui était le cas présentement.

Les deux adolescents se démenèrent comme de jeunes démons sur la piste durant de longues minutes, se frôlant à peine mais s'envoyant de grands sourires complices d'amitié et de quelque chose en sus que le Russe ne parvenait pas à définir.


Vers quatre heures du matin, Ikki du Phénix avait conclu tout ce qu'il y avait à conclure, avait poussé la galanterie jusqu'à raccompagner la fille à son hôtel – permettant ainsi à l'infortuné Dragon d'enfin s'endormir -, et était retourné à la discothèque, plein de confiance envers le sensé et ennuyeux Saga des Gémeaux.

L'oiseau de feu aurait du continuer à appliquer ce qui avait été la règle première de son credo personnel et misanthrope : ne faire confiance à personne d'autre qu'à lui-même.

Il tomba douloureusement de son nid de sentiments fraternels en voyant son cadet se déhancher sur la piste couplé au Cygne maudit, tout cela sans la moindre surveillance de Chevalier d'Or raisonnable.

Sa bonne humeur incitée par son rendez-vous galant plus que réussi s'évapora aussitôt comme l'eau trop bouillante d'une casserole oubliée sur le feu.

- Shun ! éructa Ikki, se précipitant pour pousser son petit frère au comptoir, histoire de lui remonter les bretelles blanches qu'il ne portait plus.

- Ô Ikki, mon frère, je savais que tu viendrais m'aider, se parodia lui-même Andromède, affichant un rictus moqueur dont son aîné avait eu jusqu'à cette nuit l'apanage.

Ils avaient quand même un très léger air de famille de temps en temps…

- Où est cet enfoiré de Saga ? insulta l'oiseau immortel qui ne se contenait plus.

- Il s'est fait virer par les videurs, informa serviablement Hyoga, en sueur.

- Il y a longtemps ?

- Au moins deux heures, hein Hyoga ? dit Shun qui n'avait pas assisté à la scène inédite, et pour cause puisqu'il était à la boutique de tatouages en train de commettre son acte de rébellion contrôlé .

- Oui, tu aurais dû assister à ça, Ikki, s'enthousiasma le Cygne qui avait commandé une autre boisson glacée, Saori a acheté de la came à un dealer, et Seiya l'a laissée agir sans rien comprendre – normal de sa part tu me diras -, et puis Saga s'est interposé furieux, il a rendu le type cinglé avec son illusion, et il a grondé la déesse comme une sale gamine, elle pleurnichait, mais à ce moment Seiya s'est réveillé et s'est jeté sur Saga. La bagarre a attiré la sécurité, et hop, sur le trottoir.

Hyoga du Cygne reprit haleine après ce long exposé des faits manqués par le Phénix, Phénix qui étala un sourire de pur sadisme sur ses lèvres.

- Voir la greluche malmenée par Saga et pleurnicher, dommage que j'ai raté ça ! Et les autres ?

- Mon maître et Milo ont disparu de la circulation…

- Partis baiser sans doute… décida vulgairement Ikki.

- Ikki ! beugla un Cygne froissé dans son respect envers son mentor.

- Et toi aussi tu as disparu, grand frère, attaqua sournoisement Shun, ses yeux émeraude papillotant d'une fausse candeur. Je ne savais pas si tu allais revenir me chercher !

Frappé dans son cœur fraternel, Ikki du Phénix se sentit comme un parâtre indigne qui avait abandonné trop longtemps son enfant à la garderie sans prévenir les éducatrices.

Hyoga sourit, remarquant avec un plaisir mesquin se troubler l'oiseau de feu, culpabilisé en beauté par son frangin manipulateur.

- Bon, on rentre maintenant ! imposa le Phénix d'un ton beaucoup moins impérieux.


Mü du Bélier se versa une quatrième tasse de thé au jasmin, s'enroulant dans une fourrure pour contrer les effets refroidissants du climat de haute altitude qui sévissait à Jamir.

Les traces d'ouzo s'étaient au fil des heures diluées dans le liquide salubre, et l'Atlante avait pris conscience de son affreuse audace, qui l'avait malignement poussé, tel un démon mal intentionné, à embrasser l'homme le plus proche des dieux, l'être le plus éloigné possible de l'amour physique, et même de tout sentiment humain.

Il avait, en langage basique, pété les plombs.

Comment avait-il pu penser une seule fraction de seconde toucher Shaka de la Vierge par sa déclaration ?

Il avait tellement honte qu'il n'oserait plus jamais téléporter le pied au Sanctuaire - et encore, le Tibétain ne savait pas le pire, qu'il était désormais au centre de la rumeur numéro deux, honneur qui achèverait de lui ruiner le mental.

Il n'avait non seulement rien gagné, mais tout perdu.

Au moment où il envisageait de léguer son armure précocement à Kiki, et Kiki à un pair, Saga par exemple - réputé pour son habileté avec les enfants - son tourment apparu dans une bulle dorée de méditation, ses yeux azurés ouverts de façon sublime, arborant en outre un sourire de pitbull exposant toutes ses dents nacrées et pointues.

- Sha... Shaka ! s'étouffa le premier gardien en jaillissant si brusquement de la couverture que cela renversa la théière archaïque sur le tapis de laine et sur le sol de pierre.

- J'ai étudié ta proposition, Mü du Bélier, mon compagnon d'armes et mon ami, détacha nettement chaque syllabe l'Indien qui avait décidé de ne pas perdre de temps en circonvolutions, et j'y souscrit totalement.

- Shaka ! geignit Mü, tirant nerveusement une mèche de cheveux lilas dans son angoisse, veux-tu dire... Puis-je oser espérer...

- Si ton amour est sincère, et pas uniquement basé sur ces dégradantes tentations charnelles, je serai ton compagnon à jamais, cher Mü, confirma Shaka d'un ample balancement de chevelure dorée. Tu en es digne.

Estomaqué, le Bélier vit sa bonne fortune confirmée par une pression très chaste des lèvres du sixième gardien sur les siennes.

C'était un début.

L'heureux Tibétain se jeta dans les bras de son tout nouveau petit ami, qui lui rendit maladroitement l'étreinte, puis se recula, rouge de confusion.

- Assieds-toi et sers-toi bien de thé, Shaka, je reviens de suite...

Ces maudites tasses multiples de thé au jasmin descendaient, ce détail trivial ne pouvant pas tomber à un plus mauvais moment pour le romantisme de la chose.


Milo du Scorpion se retourna dans le lit, dérangé dans son sommeil profond par un bruit indéfinissable.

Il grogna, mais le bruit s'amplifiait, le tirant sans aucune pitié de son rêve.

Toc, toc, toc…

On frappait à la porte de leur chambre.

Le Grec se redressa d'un bond, criant aussitôt son état d'alerte.

- Le Sanctuaire est attaqué ! Protégez Athéna !

- Mmm, Milo, geignit la voix pâteuse de Camus, je te rappelle encore une fois que nous sommes en vacances, inutile de te mettre sur le pied de guerre…

- Quel médiocre chevalier tu fais, mon amour, gouailla le Scorpion.

- La ferme, Milo, comment oses-tu ? râla le Verseau, qui tenait dans ses bras le pingouin, détail qui émut Milo mais qui embarrassa incroyablement le Français.

Cet enfantillage ne cadrait pas du tout avec sa réputation.

Toc, toc, toc…

- Encore ! Quel est l'enfoiré qui nous réveille à cette heure ci ? brailla Milo fâché.

- Il est tout de même plus de midi, mon Milo… Va voir !

Le Scorpion se dirigea à grands pas félins vers la porte, qu'il ouvrit d'un coup sec.

- Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Le long cri strident les renseigna immédiatement sur l'identité du mystérieux perturbateur de leur grasse matinée.

Athéna en personne, en tenue estivale rose à fleurs mauves, et le rouge aux joues devant l'indécente absence de tenue de son huitième gold au saut du lit.

Embarrassé comme il ne l'était jamais ordinairement d'arborer ses atouts virils, Milo claqua férocement le battant au nez de sa déesse, pour courir enfiler un slip et un tee-shirt, sous le rire pour une fois très franc de son compagnon congelé.

Camus enfila à son tour un caleçon blanc à petits orques, un jeans de Milo – donc trop large -, et une chemise noire.

Présentable, il rouvrit à une Saori Kido choquée, mais qui, le premier coup passé, avait tout de même vicieusement laissé couler un regard curieux entre ses cils maquillés pour comparer la nudité de la statue grecque avec celle du bourricot japonais.

Bourricot qui se tenait, violet de rage jalouse, derrière sa bien-aimée réincarnation divine à qui on venait de faire inexcusablement outrage.

- Pardonnez Milo, Déesse Athéna, tenta d'arrondir les angles le subtil Verseau.

- Bien sûr, bien sûr, agréa Saori qui avait bien profité de l'offense. Vous venez déjeuner ? Camus, j'aurais des conseils à te demander.

- Et moi à cet exhibitionniste de Milo, marmotta un Pégase en glissant ses mains dans les poches déjà déformées de son pantalon neuf.

- Milo, présent ! clama le Grec, à qui le mot magique " déjeuner " rendait une vague de bonne humeur.

Les amants descendirent à la suite de leur supérieure et de son canasson, se lançant des mimiques interrogatives : que voulaient leur quémander comme conseil les deux adolescents bourrés d'hormones ?


Ikki du Phénix ouvrit un œil morne et englué d'excessives agapes pour sourire à la vue de son petit frère encore tout plongé dans les bras de Morphée.

Cette satanée teinture, songea-t-il en pratiquant une élongation des bras et en baillant à en exhiber ses amygdales, il devrait supporter ça encore une semaine…

Le sourire du Phénix se tordit tout à coup vers le côté gauche tant le détail qu'il remarquait lui semblait odieux, insupportable, impossible.

Les cheveux teints d'Andromède, qui s'étalaient sur l'oreiller en un désordre de boucles, dégageant son cou et ses oreilles…

Une oreille surtout, une oreille rose vif et gonflée, mutilée de ce qu'on appelait en terme de mode : piercing.

Non, c'était encore une mauvaise farce de ce gredinet de Shun, c'était bien sûr un bête clip détachable, n'est-ce pas ?

L'oiseau immortel s'approcha tout doucement de son cadet ronflant légèrement pour tirer délicatement l'horrible accessoire.

Shun gémit et se retourna en grognant, laissant Ikki plongé jusqu'au bout de ses plumes dans l'atroce réalité : c'était un vrai piercing trouant son oreille.

- SHUN ! rugit-t-il, réveillant non seulement son frère mais les deux occupants de la chambre voisine, Hyoga et Shiryu pour ne pas les nommer...

Le drame allait être consommé.