Je fais surtout des textes de cent mots pour ce recueil parce que tant que j'arrive à placer les idées et thèmes que je veux, je préfère le faire en peu de mots.
Ici, je n'arrivais pas à raconter tout ce que je voulais alors je suis montée à deux cents.
Se souvenir du passé était difficile. Shinobu ne voulait pas y penser. Sans surprise, elle avait remarqué qu'il en allait de même pour Arata. Après tout, ils étaient semblables.
Un jour cependant, il lui dit en souriant que même si cela était dur, il faisait de son mieux pour se forcer à se souvenir. Elle détestait ce sourire compatissant qu'il lui dédiait si souvent, car elle n'était jamais sûre de savoir s'il était sincère ou non.
Arata assurait que garder son passé dans son cœur permettait de comprendre ses erreurs. Shinobu préférait le jeter aux ordures et marcher de l'avant, oubliant ceux qu'elle avait piétiné. Il n'y avait pas d'intérêt à retenir leurs visages. soit ils l'indifféraient, soit ils la blessaient.
Elle aurait voulu que le fils de l'ancien Meijin oublia toutes les parties qu'elle avait perdu contre lui, de même qu'elle scellait dans sa tête tous les jeux qui ne valaient plus la peine qu'elle y pense. Shinobu était forcée de se souvenir encore et encore des victoires d'Arata lorsqu'ils étaient enfants, cela faisait déjà suffisamment mal, il n'avait pas besoin d'en rajouter.
Paradoxalement, elle ne voulait pourtant pas qu'il l'oublia car ses victoires futures n'en seraient que meilleures.
