Titre : Un avenir pour le moins surprenant...

Auteur : BlackDeepShadow

Rating : M

Genre : Romance/Humour

Avertissement : SLASH DMHP donc homophobe s'abstenir

Disclaimer : Rien à moi, tout à J.K Rowling

Beta: Version non corrigée


Merci à : haruhi-kyouya ; marielamalice (x2); brigitte26 ; lily69230 ; melu49 ; nononekoo ; Roxie-Rix ; Haru-carnage ; Sorciere6174 ; sasu-hime ; Florence Baker ; Reapersis ; Lassa-Liam ; juju ; Chrome-chan96 ; Marjo76 ; amazonepotter (x2) ; sheinny sparrow ; Mini-Yuya ; Eichi ; Vampire1803 ; red lady death ; Guest ; umiko13 ; zalna ; Malia ; Visirarena ; elyne ; Tidda (x2) ; HyugaUchiwa ; Melissa-Lena ; gess ; jessy ; Samantha ; mili ; Liseron ; LoveHP221 ; rikokooo ; Blitzz ; pour votre review sur le chapitre précédent.

Ainsi que Yuni C. Lavoie (chap40, 39) ; Humeur Vagabonde (chap 37) ; MayaLys (chap1) ; Mlanie (chap 16)

.

RAR :

Nononekoo : L'important, c'est que tu me laisses une petite review de temps en temps pour me laisser savoir que je ne perds pas une lectrice ^^ Pour le mystérieux partisan de Voldemort, tu n'auras la réponse que vers la fin de mon histoire je pense... Et je commencerai à parler des lettres bientôt si tout va bien.

sheinny sparrow : C'est bien un B que Ron a découvert dans la tasse. Pour les lettres, je commencerai à en parler bientôt.

Tidda : Je ne pense pas mettre un exemple de lettre. Ce serait des trucs plutôt sadique et je n'ai pas trop envie de partir dans les détails ^^ Des extraits peut-être.

Il y est vrai que je galère assez pour jongler avec tous les personnages que j'ai créé. Surtout qu'il y en a pas mal qui sont très appréciés par mes lecteurs et qui sont donc pas mal sollicités ^^ Mais bon, je fais de mon mieux :)

Pour le moment je me concentre sur ma fic que j'espère finir par boucler un jour ! J'ai plusieurs idées éparses mais rien de concluant.

Samantha : Pour le lemon Val/Jay, je ne sais pas trop. Pour le moment, je me concentre sur les sujets que j'ai abordé et puis j'aviserai plus tard !

.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 43 : Douce Saint-Valentin

.

Blaise ouvrit la porte de son dortoir à la volée et son regard se posa immédiatement sur son meilleur ami qui était assis sur son lit et qui lui adressa un regard surpris ainsi qu'un haussement de sourcil. Quand le basané vit qu'il était seul, un petit sourire satisfait se dessina sur ses lèvres avant qu'il ne ferme doucement la porte. Une fois sûr qu'ils ne seraient pas dérangés, Blaise avança doucement vers le blond et s'assit tranquillement sur son lit.

Le regard pétillant de malice, son sourire s'élargit.

« Quoi ? lui demanda Draco alors qu'il tardait à prendre la parole.

_ …

_ Blaise, je suppose que tu n'es pas venu ici simplement pour pouvoir admirer mon joli minois en privé alors... Quoi ?

_ … C'était qui ? lui demanda abruptement le basané.

_ C'était qui quoi ? lui demanda Draco qui ne voyait pas du tout où son ami voulait en venir.

_ … Avec lequel des frères de Ron as-tu couché ? lui répondit Blaise, le plus sérieux du monde.

_ Excuse-moi ? s'étrangla Draco.

_ Ne joue pas à ça avec moi. Je te rappelle que j'étais là. »

Le Prince des Serpentard ouvrit aussitôt la bouche pour répliquer mais finalement il la referma avant même d'avoir prononcé un mot et il planta ses dents dans sa langue. Il n'aurait peut-être pas dû utiliser cette excuse...

FLASH-BACK :

« … Tout ce que je dis c'est que Ronald devrait en profiter tant qu'il est encore jeune~! argumenta Isabella d'une voix douce mais ferme, les yeux acides.

_ Et moi je dis que ce n'est pas approprié, grinça Molly entre ses dents avec un sourire aussi faux que celui de son interlocutrice. »

Il régnait une tension à peine supportable entre les deux femmes qui ne se lâchaient pas du regard. Un sourire faux sur les lèvres, chacune s'efforçait de rester calme et polie mais leur regard était froid et acéré.

Autour d'elles, personne n'osait ne serait-ce que respirer trop fort.

On aurait crut que leur trêve n'était jamais arrivée et qu'elles étaient revenues à leur point de départ. Et pourtant, la discussion avait bien commencé ! Une bonne partie des Zabini, Weasley, Malfoy et Potter s'étaient rencontrés dans les couloirs et, attendant les derniers membres de leur famille avant d'aller dîner, ils avaient commencé à discuter tranquillement. Se faisant, ils en étaient arrivés à un sujet plus que sensible : la sexualité. Depuis lors, Isabella et Molly se regardaient en chien de faïence en se disant des paroles acides sur un ton poli.

Une boule de stress coincé dans la gorge, Blaise et Ron regardaient, tendus, leur échange.

« Ils sont jeunes ! C'est tout à fait approprié ! répliqua Isabella. Ce n'est pas quand ils seront arrivés à votre âge qu'ils pourront se décider à se lancer ! »

Ayant un brusquement un très mauvais pressentiment, Blaise aurait pâli d'un seul coup s'il n'avait pas eu la peau noire.

« Mon âge ?! s'offusqua Molly. Vous voulez dire notre âge. »

Eh bah voilà ! Le mauvais pressentiment du basané se confirmait !

« Vous semblez peut-être intemporelle, poursuivit Molly, mais si je calcule bien, étant donné l'âge de votre fils et le nombre d'années qu'on entend parler de vous, vous devez avoir environ... »

Oulà ! Ça ne sentait vraiment pas bon !

À la seconde où Molly commença à parler de son âge, la mâchoire d'Isabella se serra et une aura noire émana d'elle. Son regard se fit encore plus sévère et, sentant le danger, les poils de Blaise se hérissèrent sur ses avants-bras.

Chez les Zabini, il y avait en tout et pour tout qu'une seule règle de survie : ne JAMAIS évoquer l'âge d'Isabella.

Le belle velane était extrêmement susceptible sur ce point et en parler était le meilleur moyen pour la mettre dans une colère noire et irréversible.

Affolé, Blaise chercha désespérément un moyen pour détourner l'attention de sa mère mais il était tellement paniqué qu'il n'arrivait plus à penser correctement. Ils avaient tellement galéré avant que sa mère et sa future belle-mère arrivent à un accord que s'il fallait tout recommencer depuis le début...!

Perdu, il adressa un regard suppliant à son meilleur ami afin de solliciter son aide mais, haussant les épaules, le blond ne voyait pas vraiment ce qu'il pouvait dire pour désamorcer la ''bombe Isabella''. Il était tout aussi affolé que son ami et pour le moment, rien ne lui venait à l'esprit !

Ron, lui, ne comprit pas vraiment ce qu'il se passait mais il pouvait clairement sentir le danger qui guettait ses futurs dîners de famille et il regardait son amoureux avec une expression intriguée et inquiète.

« Mon... âge..., répéta la velane entre ses dents.

_ Oui, poursuivit Molly sans voir le danger. Vous...

_ Et si on jouait à un jeu Weasley ! » la coupa brusquement Draco en se tournant vers Ron, une idée ayant brusquement germée dans son esprit. « Ça s'appelle... devine avec lequel de tes frères je me suis envoyé en l'air~.

_ Tu quoi ?! s'étrangla le roux alors que ses yeux sortaient de leurs orbites alors que toute l'attention se reportait sur eux deux. »

Devant le sourire goguenard de l'Héritier Malfoy, Ron resta un moment complètement interdit avant de se ressaisir.

« Malfoy, quand tu dis que tu as couché avec l'un de mes frères, tu veux dire qu'il était roux, c'est ça ?

_ Bah oui, confirma Draco alors qu'un soupir de lassitude franchissait les lèvres de Ron.

_ Malfoy, tous les roux ne sont pas des Weasley, se désespéra le Lion.

_ Ah non ? feinta le blond, un sourire amusé étira sur ses lèvres. »

Las, Ron se contenta de lever les yeux au ciel alors que Blaise adressa un regard... curieux à son ami souriant.

Fin FLASH-BACK

« Je répète donc ma question, avec lequel des frères de Ron as-tu couché ?

_ Aucun ! réfuta Draco. Il était simplement roux et j'ai dit ça parce que je savais que ça allait couper ta mère et ta belle-mère dans leur engueulade ! Alors au lieu de me harceler, tu devrais me remercier !

_ Merci, s'exécuta aussitôt le Serpentard. Merci beaucoup ! Vraiment, tu as sauvé la relation entre ma famille et ma belle-famille !

_ Je ne te le fais pas dire, agréa Draco avec un petit sourire suffisant.

_ Mais je sais que ce n'était pas des craques ! poursuivit le basané. Jamais tu n'aurais inventé un tel mensonge ! Tu détestes la famille Weasley, tu te considères comme mille fois supérieur à eux et tu passes ton temps à rabaisser Ron. Coucher avec l'un d'entre eux te mettrais donc au même niveau – chose que tu ne saurais tolérer ! Alors jamais, au grand jamais, tu n'aurais dit une chose pareille... Sauf si c'est la vérité... »

La mâchoire serrée, Draco déglutit avec difficulté. Il aurait voulu tout nier en bloc mais le regard ferme et pétillant de Blaise lui indiquait clairement qu'il ne goberait aucun de ses mensonges.

Foutu meilleur ami qui le connaissait comme sa poche !

Mais pas décidé à cracher le morceau pour autant, le Prince des Serpentard croisa les bras sur son torse dans une position clairement défensive.

Un sourire un brin moqueur étirant le coin de ses lèvres, Blaise ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais il la referma sans avoir dit un seul mot quand il réalisa brusquement quelque chose :

« Mais au fait, nota-t-il avec les sourcils froncés, jamais tu n'as parlé de... Jamais je n'ai vu que... Oh Merlin ! s'exclama-t-il brusquement. Oh Merlin, oh Merlin, oh Merlin, oh Merlin ! C'est lui le mec mystère de ton carnet ! réalisa-t-il enfin.

_ Quoi ? s'égosilla Draco d'une voix suraiguë. Non ! Non ! C'est vraiment... C'est trop... Tu imagines un peu si... »

Mais l'expression du visage du noir lui indiquait clairement qu'il n'achetait pas son excuse vaseuse.

« Je ne vais ni confirmer ni nier ces allégations, marmonna-t-il entre ses dents en se replongeant dans son magasine. »

Mais Blaise ne laissa pas tomber et il confisqua le magasine de son ami, les yeux pétillants d'excitation.

« Qui ? demanda-t-il fermement.

_ … Je ne te le dirai pas.

_ Qui ?

_ Je ne te le dirai pas.

_ Qui ? »

Draco roula des yeux.

« Je ne te le dirai pas, Blaise ! répéta-t-il avec lassitude. On s'est promit de le dire à personne. Et encore une fois, tu devrais me remercier d'avoir sauvé vos fesses au lieu de me harceler avec ça ! Si je n'avais pas fait diversion, ta mère aurait été définitivement en froid avec ta belle-mère alors...

_ Je sais. Merci, merci infiniment. Je ne te remercierais jamais assez mais je suis ton meilleur ami depuis qu'on a 4 ans ! On prenait des bains ensembles !

_ Inutile de me le rappeler, tout le monde est déjà au courant..., bougonna Draco.

_ Tout ça pour dire qu'on se dit tout. Absolument tout ! Alors je ne veux pas passer la dessus, surtout qu'il est question de l'un de mes futurs beau-frères ! Alors... c'était qui ?!

_ … On s'est promis de ne rien dire à personne.

_ Je ne suis pas personne ! argumenta le basané. Je suis ton meilleur ami !

_ Oui... mais non ! J'ai promis.

_ Mais Dray...

_ Non.

_ Mais...

_ Non !

_ Dray !

_ La réponse reste non ! N'insiste pas. »

Blaise fit la moue.

« Bon très bien, soupira-t-il.

_ Tu... laisses tomber ? lui demanda curieusement Draco.

_ Non. J'arrête de te prendre de front mais je vais deviner. »

Le blond poussa un gémissement plaintif en levant les yeux au ciel.

« Voilà comment je vois les choses, commença Blaise en l'ignorant, tu détestes les Weasley, tu n'aurais jamais eu dans l'idée de coucher avec l'un d'eux. Ce qui veut dire que c'est forcément lui qui t'a abordé en premier. Tu es franchement canon mais il sait exactement qui tu es, la relation que tu as avec son petit frère et ce que tu penses de sa famille. Pour t'aborder tout en ayant une idée coquine derrière la tête, il faut donc qu'il ait une sacrée paire de couilles.

» Il est bel homme, son culot te surprend dans le bon sens et pique ta curiosité. Tu le repousses gentiment, il insiste, ça t'amuse encore plus, vous discutez et... finalement tu craques et tu écartes les cuisses pour lui. »

Le basané marqua ensuite un temps de pause et scruta attentivement l'expression faciale de son ami mais ce dernier resta impassible.

Blaise grimaça. Qu'il le connaisse ou non depuis plus de 12 ans, ça ne l'empêchait pas d'être incapable de lire à travers son masque d'impassibilité quand le blond le mettait en place. Tout ce qu'il avait jamais pu faire, c'était essayer de le faire craquer. Et une fois craqué, , il pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. C'est pour cela qu'il ne se laissa pas abattre.

« Alors tout d'abord on a Fred et George, poursuivit Blaise sans se laisser démonter. Vous vous êtes connus au sein de Poudlard, ils ne t'ont jamais intéressé physiquement mais ils ont un putain de culot et ils n'abandonnent jamais avant d'avoir eu ce qu'ils veulent... Ils ont tout fait pour te pourrir la vie – et vice-versa – et, officiellement vous vous détestez et ils sont hétéros. Je ne les mettrais donc pas en haut de ma liste mais... tu m'as déjà surpris à de nombreuses reprises en couchant avec des pseudo-hétérosexuels qui te ''détestent''.

» Puis il y a Percy. Tu l'as croisé plusieurs fois au Ministère. Pas extraordinaire physiquement, plutôt coincé du cul et rat de bibliothèque, à la limite de l'homophobe et en froid avec sa famille, pas du tout ton style. Bien sûr, tu as déjà sauté des gars dans son genre pour le plaisir mais... Je continue à croire fermement que pour que tu écartes les cuisses pour un Weasley, il faut que ce soit lui qui ait le culot de t'aborder et de se frayer un chemin dans ton pantalon. Et Percy... eh bien je le place tout en bas de ma liste.

» Ensuite, nous avons Charlie. Il était là lors du Tournoi des Trois Sorciers, il est plutôt canon, un peu plus âgé, sympa et gay, ce qui le place en très bonne position dans ma liste. De premier abord, c'est le choix le plus évident mais je ne le connais pas assez pour savoir s'il a le culot nécessaire pour t'aborder. Mais après tout, pourquoi pas, il est tout à fait ton style.

» Pour finir, il y a Bill. Je ne sais pas trop à quelle occasion tu aurais pu le rencontrer mais ce n'est pas impossible. Il est canon à souhait, raisonnablement plus âgé, bisexuel, pétillant, je ne le connais pas personnellement mais il se peut tout à fait qu'il ait le culot nécessaire pour t'aborder. Il aurait pu t'intéresser... Le seul hic, c'est qu'il est fiancé à Fleur Delacour... Tu te fichais complètement du principe de fidélité avant de sortir avec Harry mais je suis persuadé que Bill ne le prenait pas à la légère, lui... Mais si je me souviens bien, il y a quelques temps, il y avait de l'eau dans le gaze dans leur couple... Et ils ont même rompu pendant une courte période... »

Blaise s'accorda une seconde pause et il observa consciencieusement son meilleur ami. Son masque d'impassibilité était toujours en place mais son léger tic à l'œil droit lui indiquait clairement qu'il était sur le point de se fissurer.

Un sourire satisfait se dessina sur son visage.

« Donc, si je me base sur ce que je sais ainsi que mon instinct, je dirais... en dernière position Percy, puis les jumeaux et... Bill et Charlie en tête...

_ …

_ Allez quoi Dray, je suis ton meilleur ami ! argumenta Blaise. On ne s'est presque jamais rien caché et je sais que ça te démange de m'en parler ! Après tout, tu as couché avec l'un des frères aînés de Ron et tu as pris un pied du tonnerre ! Je sais que tu meures d'envie de m'en parler, je sais que ça te brûle les lèvres ! »

Comme pour confirmer ses soupçons, Draco se mit à mordiller inconsciemment sa lèvre inférieure.

Le basané connaissait vraiment son meilleur ami comme sa poche.

« Certes, tu as promis de ne rien dire mais maintenant je sais ! Je sais alors tu peux m'en parler à moi, non ?

_ …

_ Ou alors..., reprit Blaise sur un ton beaucoup plus sérieux, tu peux voir les choses de cette façon : si tu ne me dis pas tout, j'en parlerais à Ron qui en parlera à Harry qui t'en parlera à toi et... tu seras dans la merde. »

Après ces mots, le regard de Draco devint dur et acéré et le petit sourire de Blaise se fana aussitôt.

Merde ! Le confronter n'était pas une bonne idée. Il aurait dû continuer sur le plan de l'amitié...

Le regard du blond redevint presque aussitôt pétillant mais Blaise savait que ça ne changeait rien au fait qu'il l'avait piqué au vif. Et le sourire mi-malicieux mi-goguenard qui se dessina sur ses lèvres confirma ses soupçons.

« Tu ne vas rien dire à Weasley à propos de tout ça, lui dit-il d'une voix doucereuse. Parce que si tu lui dis l'un de mes secrets, je lui dirais l'un des tiens~...

_ L'un des miens ? pouffa Blaise. Je n'ai aucun secret pour Ron.

_ Bien sûr que si !

_ Bien sûr que non ! Tu peux lui dire tout ce que tu veux, je m'en fous. J'assumerai complètement et je sais que Ron ne m'en tiendras pas rigueur. Je n'ai honte de rien. »

Le sourire de Draco s'agrandit.

« Vraiment~ ? minauda-t-il. Alors dans ce cas, tu n'auras rien contre le fait que je lui dise... ton deuxième prénom, n'est-ce pas ? »

Si le basané n'avait pas la peau noire, son teint serait devenu livide. Surpris, ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'entrouvrit.

« Tu n'oserais pas, grommela-t-il d'une voix tremblante.

_ Tiens, je pensais que tu n'avais aucun secret pour ton rouquin adoré~..., minauda le blond. »

La mâchoire du basané se crispa.

« Relaxe, souffla Draco, je ne lui dirais rien si tu en fais autant. Quoique je ne comprends pas trop de quoi tu te caches, ajouta-t-il avec un sourire moqueur. Je trouve ça mignon, moi, le fait que tu t'appelles Blaise...

_ La ferme ! le coupa sèchement le basané. »

Parfois, il se demandait ce qui était passé par la tête de sa mère !

''C'est si mignon !''

C'était ce qu'Isabella lui répondait à chaque fois avec un large sourire.

Ouais, tellement mignon que ça lui donnait envie de se terrer six pieds sous terre !

« Ok, ça reste entre nous, lâcha-t-il finalement.

_ Parfait, souffla Draco avec un sourire.

_ … Mais je veux quand même savoir qui c'est...

_ Blaise...

_ Non ! Je ne dirai rien à Ron ou même à Ted mais je veux quand même savoir lequel de mes beau-frères tu te tapais ! Lequel a obtenu une note si élevée !

_ Blaise...

_ Ce que je disais avant reste vrai : tu meures d'envie d'en parler avec ton meilleur ami avec lequel tu partages absolument toutes tes coucheries... Un mot. Il te suffit d'un mot et on pourra en parler autant que tu voudras !

_ …

_ Alors… »

Draco ouvrit la bouche mais Blaise ne sut jamais ce qu'il voulait dire car la porte du dortoir s'ouvrit à ce moment pour laisser passer leur petit-ami respectif. Malgré tout, le basané adressa un dernier regard signifiant ''je ne lâcherai pas le morceau'' à son meilleur ami avant de reporter son attention sur l'élu de son cœur.

Il était bien décidé à lever le voile sur toute cette histoire.

HPDMHPDM

Pour la énième fois depuis qu'il était arrivé, un sourire mi-attendri mi-moqueur étira les lèvres de Remus.

« Quoi ? croassa Sirius quand il s'en aperçut en posant les deux verres ainsi que la bouteille de Bière-Au-Beurre sur la petite table entre eux avant de s'asseoir dans le fauteuil en face de celui de son ami.

_ Mais rien, nia le lycanthrope alors que son ami lui servait un verre. »

Peu convaincu, les sourcils de Sirius se froncèrent.

« Rem', tu me lances des sourires et des regards tous mous depuis que tu es entré dans mes appartements, fit-il remarquer en terminant de se servir.

_ Mais non !

_ Mais si. J'ai l'impression d'être un gamin devant son père fier de lui qui hésite à lui faire un gros câlin dégoulinant de tendresse. Alors... je repose ma question : Quoi ?

_ C'est juste que... tu as l'air... bien. Très bien même.

_ Très... bien ? C'est censé vouloir dire quelque chose ? se moqua l'animagus en se calant dans le fond de son fauteuil et en trempant ses lèvres dans son verre. »

Le sourire de Remus s'élargit.

« Tu as l'air beaucoup plus détendu, reprit-il. Calme, satisfait... Quand on sait l'état dans lequel tu te trouvais à peine quelques jours plus tôt et que...

_ Ah d'accord, j'ai compris ! le coupa Sirius. Tu veux que je te le dise maintenant ou plus tard ?

_ Hum... maintenant, c'est bien.

_ … Okay. Tu avais raison ! Travailler sur ma relation avec Severus m'a permis d'être... beaucoup moins sur les nerfs. Ça te va comme ça ?

_ C'est parfait~, minauda le lycanthrope avec un large sourire avant de boire la moitié de son verre. Et donc... avec lui ça se passe aussi bien que ça en à l'air ?

_ Mmm, je pense oui. On ne se parle pas pendant des heures et des heures et, bien évidement, on se lance toujours quelques piques mais... ça va mieux... ! Arrête de me regarder avec ces yeux-là ! »

Remus éclata d'un rire cristallin.

« Pardon, pouffa-t-il. Sinon tu... tu penses que vous pourrez... devenir ami ?

_ Devenir ami ? répéta Sirius. Oulà ! On en est pas encore là ! Pour le moment on a juste... un accord cordial alors parler d'amitié dès maintenant c'est vraiment...

_ Okay, okay ! l'interrompit Remus. »

Les choses se passaient tellement bien entre son ami et Severus qu'il préférait ne rien faire qui pourrait mettre de l'huile sur le feu. Valentin avait raison, la meilleure chose à faire c'était de laisser les choses se faire tranquillement. Et ce, même s'il mourrait d'envie de pousser un peu plus son ami dans la bonne direction afin qu'il puisse enfin trouver son bonheur dans les bras de l'amour de sa vie !

« Quoiqu'il en soit, reprit-il, c'est déjà génial que vous en soyez là. Scott et Valentin sont vraiment contents.

_ Oui, je sais. Ça rend les choses d'autant plus facile. »

Les deux adultes restèrent ensuite en silence pendant un moment en sirotant leur verre avant que Sirius ne reprenne la parole.

« Sinon, tu as pu avancer un peu avec l'histoire entre Christopher et Killian ? s'enquit-il. »

Le visage de Remus s'assombrit aussitôt et il s'affaissa dans son siège après avoir rempli son verre en poussant un long et profond soupir.

Avec ses vêtements élimés et sa posture avachie, il semblait horriblement fatigué !

« Non, murmura-t-il. Non, pas vraiment, non.

_ Tu ne voulais pas en parler avec Isabella ? »

Le visage du lycanthrope se renfrogna d'emblée.

« Si, grommela-t-il sombrement.

_ … Je rêve où elle te fait un peu peur la matriarche Zabini... »

Un éclat de colère passa dans les yeux de Remus, ce qui fit sourire Sirius.

« Elle ne me fait pas peur ! siffla-t-il. C'est juste que... Enfin tu sais comment elle est ! Tu t'es déjà retrouvé en sa présence !

_ Oui. Elle fait perdre la tête de quiconque se retrouve dans ses environs.

_ Exactement. Comme c'est une créature magique, elle met à chaque fois mon loup sans dessus dessous et il n'apprécie pas d'être autant troublé par une espèce dominante...

_ Isabella est une dominante ? s'étonna l'animagus.

_ Oh que oui ! Si elle s'était mariée à créature magique, elle aurait dû se trouver un mâle docile. »

Sirius fronça son nez. Il était vrai que comparé à Killian, qui était un docile, Isabella n'avait rien de mignon, fragile et d'innocent. Quand on voyait la velane, on n'avait pas du tout l'impression qu'elle avait d'une protection quelconque. Alors que tout le monde avait envie de prendre Killian dans ses bras et de le bichonner comme pas possible.

« Alors tu peux facilement imaginer que mon loup ne supporte pas de se retrouver en sa compagnie. Surtout en tête à tête ! Alors...

_ Tu traînes un peu les pieds.

_ Exactement. » Il poussa un profond soupir. « Enfin, si je veux en savoir plus à ce sujet, je n'ai pas trop le choix. Je n'ai plus qu'à espérer qu'elle ne soit pas d'humeur taquine quand j'irais la voir...

_ Isabella est toujours d'humeur taquine.

_ Par pitié, n'en rajoute pas. »

Les deux adultes restèrent un moment sans parler avant que Sirius ne reprenne la parole :

« Whisky-Pur-Feu ? proposa-t-il.

_ Volontiers. »

HPDMHPDM

« Réveille-toi, mon cœur... Mon cœur... »

Ledit cœur grommela dans son sommeil et se blottit encore plus contre son blond qui ne put s'empêcher de sourire.

« Débout mon ange, je t'ai déjà laissé dormir 10 minutes de plus.

_ Mmm... »

Harry poussa un petit gémissement de contentement en sentant des baisers parsemer son visage et son cou. Après quelques minutes de sollicitation, il finit par se décider à ouvrir les yeux. La première chose qu'il vit fut le visage doux et souriant de son petit-ami. La première chose qu'il sentit, fut quelque chose de doux et délicat un peu partout contre son corps nu. Il reporta aussitôt son attention dessus et il ne mit pas longtemps pour se rendre compte qu'il était recouvert de pétales de rose rouge.

« Joyeuse Saint-Valentin, amour, dit Draco en un souffle. »

Un large sourire s'épanouit sur les lèvres de Harry qui reporta son attention sur son petit-ami.

« Joyeuse Saint-Valentin, souffla-t-il à son tour avant de prendre tendrement possession de ses lèvres. »

Une fois le baiser terminé, Draco s'empara de l'une des nombreuses pétales qui parsemaient son lit.

« Ouvre-la bouche, lui ordonna d'une voix douce. »

Harry s'exécuta sans une seule hésitation et Draco glissa délicatement le pétale dans l'ouverture.

« Hum..., fit aussitôt Harry. C'est délicieux ! »

Le pétale comestible avait un goût très doux et fondit agréablement sur la langue du Lion.

Ravi, Harry s'empressa de s'emparer d'un deuxième pétale.

« Pourquoi il y a un 1 marqué dessus ? lui demanda-t-il avant de le fourrer dans sa bouche.

_ Parce que, répondit Draco avec un sourire grivois en glissant l'une de ses mains sur la taille de son brun, c'est la première.

_ La première quoi ?

_ …La première preuve de l'amour de que j'ai pour toi...

_ Aw~... Poufsouffle !

_ Par ta faute ! lui reprocha Draco avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres.

_ Combien il y en aura en tout ? s'enquit Harry une fois le baiser terminé. De preuve de l'amour que tu me portes ?

_ … Tu verras bien~, minauda le Serpentard avant de reprendre tendrement possession de ses lèvres. »

Les deux tourtereaux passèrent un moment à se câliner en douceur avant que Draco ne prenne la décision d'y mettre un terme. Après tout, ils avaient quand même cours aujourd'hui et que ce soit la Saint-Valentin n'était pas une excuse suffisante pour arriver en retard.

En sortant de leur cocon, après s'être vêtus décemment, ils purent tous les deux constater que le dortoir suintait littéralement l'amour. Blaise et Ron se cajolaient amoureusement sur le lit du basané, Hermione et Théodore faisaient de même – comme le ténébreux n'avait pas accès au dortoir des filles, la Lionne avait fait le déplacement – et il en allait de même pour James et Valentin. Draco aurait certainement lâché un commentaire acerbe à ce propos si son attention n'était pas à 100% focalisée sur son petit-ami et sur la surprise qui l'attendait dans la salle de bain.

« Je déteste la Saint-Valentin ! bougonna Alexis alors que Draco attirait son amant dans la salle d'eau.

_ Moi aussi, opina Frédéric. »

Il n'y avait pas à dire, être célibataire le jour de la Saint-Valentin alors qu'on était sans cesse entouré de couple craignait vraiment...

Secouant la tête de droite à gauche afin de chasser l'image de ses parents enamourés de son esprit, Alexis ferma les yeux et se blottit de plus belle dans ses couvertures. Il s'apprêtait à se concentrer de nouveau sur la fille qu'il convoitait depuis un certain temps quand il se rappela subitement d'un point important. Ni une ni deux, il sortit vivement de son lit, enfila rapidement un pantalon et un T-Shirt et s'élança vers la sortie.

« Qu'est-ce qui lui prend ? s'enquit Ron après avoir réussi à dégager sa bouche de celle de son amoureux qui s'attaqua à son cou.

_ Il est sûrement aller voir Killian, grommela Frédéric, la tête toujours fourré dans son oreiller. Comme Kil' est très apprécié, il est très souvent... submergé lors de la Saint-Valentin et Alexis craint à chaque fois que quelqu'un en profite pour aller un peu trop loin. »

Ron opina en silence alors que son Serpentard reprenait possession de ses lèvres.

Sans surprise, il fallut un petit temps pour que tout ce petit monde soit prêt pour se rendre dans la Grande Salle. Se retrouvant à être le seul célibataire, Frédéric n'avait pas hésité à laisser le reste de son dortoir derrière lui et aucun des couples n'était pressé.

« Arg, le célibat craint, bougonna Lily entre ses dents alors que les couples prenaient enfin place autour de la table des Serpentard.

_ Comme tu dis, confirma Gabriel. »

Surtout quand ils avaient le droit à une démonstration particulièrement guimauve de leurs deux parents adolescents...

Et il était clair que Maxime ressentait la même chose – les jumelles Zabini-Weasley et Narcissa étaient d'ailleurs ravie que leurs parents soient à table des Serpentard.

« Aw, Dray~ ! s'émerveilla Harry lorsqu'il vit le numéro quatre inscrit à la chantilly sur ses pancakes. »

Depuis qu'il s'était levé, son amoureux n'avait cessé de le surprendre !

« C'est adorable ! s'extasia-t-il avant qu'une petite moue embarrassée ne déforme les traits de son visage. Je vais avoir l'air vraiment nul avec mon cadeau, maintenant..., murmura-t-il tristement. »

Contre toute attente, le sourire de Draco s'élargit alors qu'il glissait ses mains en coupe sous le visage de sa moitié.

« 'Ry, tu sais très bien que si tu me donnes ce que je désire le plus comme cadeau, tu me feras très plaisir..., dit-il avec un sourire grivois.

_ Mais tu l'as tous les jours de l'année ça ! ronchonna Harry, toujours pas convaincu. Je veux t'offrir quelque chose de spécial pour l'occasion !

_ 'Ry, ce que je désire plus que tout, c'est ton corps nu, sans défense, soumis à la moindre de mes volontés, tu le sais très bien. Mais si tu veux m'offrir quelque chose en plus, tu sais également que quoique ce soit, ça me fera extrêmement plaisir. Tu n'as pas à te plier en quatre pour moi.

_ Toi non plus !

_ Ça me fait plaisir. Ça me fait extrêmement plaisir. Et te voir profiter de tout ça... ça fait aussi parti du cadeau de Saint-Valentin que je souhaite...

_ Oui mais...

_ Non. Harry stop.

_ Mais... »

Afin de couper court à la conversation, Draco choisit ce moment précis pour prendre amoureusement possession des lèvres de son brun qui s'empressa de lui rendre l'appareil.

« Erk ! gémit Ézéchiel en roulant ses yeux dans leurs orbites. Je hais la Saint-Valentin ! »

Mais comme pour les précédentes remarques, ses deux parents se contentèrent de l'ignorer et ils continuèrent à se bécoter tendrement.

En voyant la mine renfrognée de son meilleur ami et ayant la ferme intuition que l'habituel bisouillage de ses parents n'était pas entièrement responsable de sa mauvaise humeur, Scott ne put s'empêcher de sourire.

« Eh bien, eh bien, n'est-on pas grognon aujourd'hui~, minauda-t-il, les yeux pétillants de malice.

_ La ferme, cracha sèchement Ézéchiel sans lui adresser un regard.

_ … Est-ce que c'est parce que ton amoureux(se) secret(e) t'as encore envoyé un petit cadeau et que tu n'as toujours aucune idée de qui il s'agit~ ? »

Comme il s'y attendait, le visage d'Ézéchiel se renfrogna aussitôt et son regard devint froid et aussi tranchant qu'une lame de rasoir.

Les yeux du cadet Black-Snape se mirent à pétiller avec encore en plus d'intensité : il en était sûr ! L'admirateur ou admiratrice secret(e) de son ami avait encore frappé !

« Qu'est-ce qu'il ou elle t'a offert ? lui demanda-t-il.

_ Ça n'a rien à voir avec mon humeur, grommela le ténébreux entre ses dents.

_ Ben voyons !

_ Tu serais dans le même état que moi si tes parents se comportaient également comme des adolescents enamourés débordant de sucre ! Heureusement pour toi, les tiens n'en sont pas encore là... »

Le sourire de Scott s'agrandit. C'est vrai, ses parents n'en étaient pas encore là mais ils s'en rapprochaient petit à petit. Tout ce que Valentin et lui avaient à faire, c'était d'attendre patiemment qu'ils prennent conscience de leur sentiment respectif...

D'un côté, Scott regrettait un peu que son frère et lui n'aient pas pas l'occasion de mettre leur plan à exécution mais ce n'était pas plus mal.

« Tu verras, dès qu'ils commenceront leur période ''lune de miel'', tu te mettras aussitôt à regretter leur précédente animosité, poursuivit Ézéchiel. »

Scott fit la moue.

Il était vrai que dans le futur, voir ses parents lovés dans les bras l'un de l'autre ne le réjouissait pas plus qu'Ézéchiel devant les siens...

Mais avant que Scott n'ait le temps de le dire à voix haute, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent brusquement pour laisser passer un Killian à la mine boudeuse suivi de très près par son grand frère. Ce dernier braillait une flopée d'avertissements à son cadet qui semblait au bord de l'exaspération !

Les deux jeunes hommes s'empressèrent de s'installer à la table des Serpentard et Alexis arrêta enfin de lui prendre la tête quand le courrier fut délivré. Comme c'était la Saint-Valentin, la direction avait autorisé les échanges de courrier entre les élèves.

Harry eut sa part étant donné qu'il avait éveillé pas mal de curiosité depuis son relooking. Et il était sûr que Draco allait lâcher quelques commentaires acerbes à ce propos dès qu'il réussirait à décoller sa bouche de la sienne.

Côté enfants, James, Valentin, Gabriel, Alexis et bien d'autres eurent également leur part mais celui qui remporta la palme fut sans conteste...

« Woh ! fit Ron. Poussin, je savais que tu avais du succès mais je ne savais pas que c'était... à ce point... ! »

Les yeux écarquillés, le rouquin regardait avec incrédulité la quantité de boites de chocolats, petits gâteaux, cartes et peluches qu'une multitude de hiboux avait livré à son fils cadet.

« Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler poussin, grommela le concerné sans faire de commentaire sur les propos de son Papa. »

Alors que l'attention de Ron était attirée par une carte aux couleurs criardes, il marmonna dans sa barbe que ce surnom lui allait comme un gant et qu'il ne voulait pas arrêter de l'appeler ainsi. Réaction à laquelle Killian ne fit que lever les yeux au ciel et soupirer.

« Et encore, tu n'as pas vu ce qu'il y a dans son dortoir ! ajouta Alexis en bougonnant.

_ Parce que ce n'est pas tout ?! s'exclamèrent en chœur Ron et Blaise.

_ Arg ! On pourrait passer à autre chose, s'il-vous-plaît ! gémit Killian en cachant son visage entre ses bras croisés sur la table. »

Trouvant son fils incroyablement mignon, Blaise ne put empêcher un sourire d'étirer le coin de ses lèvres. Et alors qu'il laissait l'une de ses mains frotter tendrement le dos du métisse, son attention fut attiré par une boite de chocolat en particulier dont la réputation du fabriquant n'était plus à faire.

« En tout cas, dit-il avec un sourire en se saisissant de ladite boite et cessant ses caresses, il y en a qui ne lésine pas sur le prix...

_ Peut-être mais Killian n'y touchera pas..., grogna Alexis entre ses dents, un regard acéré posé sur son petit frère.

_ Je sais, s'exaspéra le métisse en sortant son visage de sa cachette. Je ne mange rien, ne bois rien, ne dors pas avec les peluches et blablabla, récita-t-il comme un bon petit écolier.

_ Sortilège ? devina Blaise.

_ Des tas ! confirma sombrement Alexis. Le pire c'est que parfois ils sont ratés et deviennent très dangereux. »

Les traits fins de Killian se déformèrent dans une mignonne petite moue quand ses yeux se posèrent sur un peluche en forme de lapin blanc qui semblait plus duveteux que jamais ! Il aimerait bien ramener au moins celui-là dans son lit...

« Il suffit de quelques sortilèges plutôt simples afin de vérifier si tes cadeaux présentent le moindre risque, dit Blaise en surprenant le regard de son fils. »

Killian adressa un sourire tendre à son Daddy en réponse et, suite à ces derniers mots, tout le monde tourna son attention sur les cadeaux que les uns et les autres avaient reçus.

Bien entendu, Draco proféra des menaces à l'encontre des jeunes hommes qui avaient envoyé des cadeaux à son amoureux et ledit amoureux rétorqua tranquillement qu'il avait reçu quasiment le double de ses cadeaux et que donc, il n'était pas le mieux placé pour piquer une crise. Sur quoi, le Serpentard se contenta de lever les yeux au ciel avant de rejoindre Blaise dans l'inspection des cadeaux qu'avaient reçu Killian tandis que Ron ne se remettait toujours pas du nombres de cadeaux que sa moitié avait reçus.

« Tu crois que toutes les personnes qui t'ont envoyé des cadeaux fantasment sur toi ? s'enquit-il brusquement en se tournant vers sa moitié.

_ Ron, pitié, on a déjà eu cette conversation des dizaines de fois ! se lamenta Blaise en levant les yeux au ciel.

_ Je sais mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser ! gémit Ron. »

Depuis que sa sœur lui avait dit que tout le monde fantasmait sur son petit-ami, il ne pouvait pas s'empêcher de regarder les personnes de son entourage avec un œil nouveau. Dès que quelqu'un regardait le basané un peu trop longtemps, avec un peu trop d'intensité, qu'il ne faisait ne serait-ce que l'effleurer, lui sourire avec un peu trop de sous-entendu, le Lion ne pouvait s'empêcher de se demander si cette personne fantasmait sur son futur mari une fois seule dans son lit. Combien de fois par semaine ? Pendant combien de temps ? Dans quelle position ? Quel taille avait-elle imaginé pour le pénis du Serpentard ? Était-elle proche de la vérité ? Que pensait-elle que le vert et argent aimait faire ?

Toutes ses questions le conduisaient à imaginer son amoureux dans des situations pour le moins compromettante avec des inconnus. Ces images lui donnaient ensuite une puissante nausée ainsi qu'un teint verdâtre. Blaise lui demandait ensuite ce qu'il avait, Ron lui répondait et il lui demandait s'il pensait que la personne qu'il avait en vu fantasmait sur lui et si oui, qu'est-ce que ça lui faisait que cette personne le fasse. Ce qui, bien sûr, agaçait à chaque fois prodigieusement son amoureux.

« Ron, je ne m'occupe pas du contenu des rêves des élèves de Poudlard et tu devrais faire de même ! Ça t'apporte quoi de te prendre la tête avec ses bêtises ?

_ Rien, je le sais pertinemment mais... »

« Oh. Merlin ! s'exclama soudainement Draco. »

Le blond resta un moment incrédule, les yeux écarquillés sur la lettre qu'il tenait entre les ses doigts, avant de reporter son attention sur Killian.

« Tu as reçu une lettre de Patrick Tilmor ? cracha-t-il. Patrick Tilmor ?!

_ Euh je... peut-être je... je n'ai lu aucune des cartes alors..., bafouilla le cadet Zabini-Weasley, plus que surpris par la soudaine colère du blond.

_ Tu es ami avec lui ?! lui demanda encore Draco.

_ Euh... on se parle plutôt bien, oui. Mais je ne pensais pas qu'on en était au point où il m'enverrait une carte pour la Saint-Valentin, ajouta-t-il un en murmure.

_ Dray, par pitié ne t'y met pas aussi ! soupira Blaise. Je vais devoir te dire la même chose que je répète à Alexis jour après jour : peu importe sa maison, son âge, ou sa famille, Killian a le droit de...

_ Peu importe l'âge ! s'indigna Draco. Ça ne te dérange donc pas qu'ils aient environs une vingtaine d'année de différence !

_ Quoi ?

_ Patrick Tilmor fait parti de notre génération, expliqua Draco. Il a redoublé une fois, est maintenant en septième année, il a donc aujourd'hui 18 ans et en considérant le fait qu'il a envoyé cette lettre à Killian alors qu'il a 15 ans...

_ Ew ! conclut Ron.

_ Tu ne vas plus lui adresser la parole, rugit Draco en reportant son attention sur le petit métisse. Tu ne vas même lui adresser un regard et je vais faire en sorte que cette enfoiré soit soulagé de quelques dents le plus rapidement possible ! Ça lui apprendra à faire un geste tout à fait déplacé... »

Pas le moins le monde impressionné par le brusque accès de colère du Serpentard, Killian se renfrogna dans son siège, croisa ses bras contre son torse et se mit à bouder. Il avait l'impression d'avoir cinq pères dans les situations de ce genre et il détestait ça.

« Tu n'es pas mon père, grommela-t-il entre ses dents même s'il savait pertinemment que c'était inutile. »

Un sourire aussi tranchant qu'une lame de rasoir étira le coin des lèvres du blond.

« Killian...

_ Je sais, l'interrompit le concerné. À partir du moment où je suis devenu ton filleul, c'est comme si mon nom de famille était devenu Malfoy-Potter-Zabini-Weasley et de ce fait, tu me considères comme l'un de tes fils...

_ Exactement, confirma le Prince des Serpentard avec un sourire satisfait.

_ … Zabini-Weasley-Malfoy-Potter, le corrigea Blaise après un silence.

_ Non, Malfoy-Potter-Zabini-Weasley, insista Draco.

_ Étant donné que je vais participer activement à la conception de Killian et que toi non, je pense que...

_ Blaise, le coupa Ron d'une voix douce, tu penses vraiment que tu arriveras à faire changer Malfoy d'avis même si tu passes une heure à argumenter avec lui ?

_ … Non, reconnut finalement le basané. Qu'importe les circonstances, mon meilleur ami reste une putain de tête de mule d'une mauvaise fois sans limite... »

Pour toute réponse, Draco lui adressa un sourire franchement arrogant avant de reporter son attention sur son futur filleul.

« Arrête de parler avec ce connard, lui ordonna-t-il.

_ Patrick n'est pas un connard, c'est quelqu'un de bien, le contredit le Serpentard.

_ Quelqu'un de bien qui éprouve des sentiments inappropriés pour quelqu'un qui est beaucoup plus jeune que lui !

_ Pour le moment on a quasiment le même âge et puis on est juste ami !

_ Est-ce qu'il éprouve ces mêmes sentiments pour toi dans le futur ?

_ Je... Je ne sais pas...

_ Est-ce que tu es proche de lui dans le futur ?

_ Je...

_ Malfoy, stop, intervint sèchement Ron. Arrête de le torpiller de la sorte, ce n'est pas la faute de Killian.

_ Vous n'êtes pas inquiet par tout ça ? Vraiment ? s'indigna Draco en regardant tour à tour Blaise et Ron.

_ Écoute, pour le moment Patrick est un adolescents de 18 ans qui a envoyé une carte parmi tant d'autres à Killian pour la Saint-Valentin. Il n'est donc pas plus une menace qu'un autre. Pour ce qui est du futur, je suis sûr que Ron et moi gérons la situation, quelle qu'elle soit. Donc pour le moment, laisse Killian tranquille... Parrain surprotecteur. »

La moue de Draco s'intensifia pour toute réponse mais il laissa couler alors que Killian s'autorisait un petit soupir de soulagement. Honnêtement, il adorait son parrain mais de tous les enfants du futur, c'était lui qui avait écopé du plus protecteur. Et parfois, il devait bien avouer que c'était quelque peu étouffant et il ne pouvait pas s'empêcher de penser que dans cette histoire de parrainage, il s'était en quelque sorte fait avoir...

xx

Le reste de la journée se déroula sous les mêmes auspices : douceur, tendresse et si dégoulinante de sucre que tous les célibataires se mirent à regretter amèrement leur statut... Tout particulièrement quand ils voyaient à quel point Harry était bichonné par son petit-ami tout au long de la journée !

Mais les plus à plaindre était certainement leurs professeurs qui devaient supporter le trop plein de niaiserie et qui devaient également se démener pour garder l'attention de leurs élèves enamourés.

Contre toute attente, c'était un travail épuisant !

C'était ce que Severus se répétait alors que la cloche sonnait la fin de son heure de cours avec les Serpentard et les Gryffondor de sixième année. Rejetant sa tête sur le dossier de son siège et fermant doucement les yeux, le potioniste s'autorisa un petit soupir de lassitude.

À présent, il avait une heure devant lui avant de donner cours au troisième année de Serdaigle et Gryffondor. Et il avait vraiment besoin de cette heure pour finaliser son cours étant donné qu'il avait le plus grand mal à se concentrer quand il rentrait dans ses appartements. Entre la venue des adultes à gérer, toute l'histoire avec Voldemort et les cauchemars de Potter, les allers et venues sans cesse de ses fils et... les allers et venues de Sirius...

Ces dernières étaient de plus en plus nombreuses et de plus en plus longues – ils avaient même réussi à parler sans animosité pendant plus de deux heures un soir ! Severus n'aurait jamais cru que se serait possible ! Supporter sa Némésis pendant quelques minutes passait encore mais pendant des heures entières... ! Mais étrangement, Sirius avait su... s'immiscer dans sa vie petit à petit, sans forcer et... Severus avait fini par s'habituer à sa présence. Il était devenu un peu comme ses fils : même s'il faisait sans cesse irruption dans son quotidien sans son accord et même s'il le titillait, il avait fini par s'y habituer alors ça ne le dérangeait plus trop...

Et oui, c'était étrange mais ça ne le dérangeait plus d'avoir sa Némésis dans les parages !

Quand il se rendit compte de ce à quoi il venait de penser, il ne put empêcher ses joues de rosir. Il secoua fortement sa tête de droite à gauche pour chasser ces idées et il essaya de focaliser son attention sur ses papiers.

Malheureusement pour lui, sa tête était trop pleine pour lui permettre de se concentrer.

Et c'est pour cela qu'au bout de plus de 20 minutes, il ferma de nouveau les yeux et rejeta sa tête en arrière.

« Tout va bien ? »

Severus sursauta en ouvrant les yeux. Il ne fut qu'à moitié surpris de voir que sa Némésis s'était glissée dans sa salle de classe. Les yeux pétillants de malice, l'ex-détenu referma doucement la porte avant de s'avancer et de s'asseoir sur le bord de son bureau. Severus haussa l'un de ses sourcils face à son geste mais il ne fit aucun commentaire.

« Tout va bien, confirma Severus sans relever sa tête de son siège.

_ Vraiment ? Pourtant tu as l'air... plus fatigué que d'habitude.

_ Ce sont ces stupides élèves amoureux qui commencent à me sortir par les yeux... »

Sirius éclata d'un rire cristallin.

« Allez ! Ils sont mignons tous ces jeunes en plein dans la fleur de l'âge !

_ Mignon ?! s'indigna Severus. Ark ! Ça se voit que ce n'est pas toi qui doit te démener pour attirer l'attention de ces idiots ! Déjà qu'en temps normal ce n'est pas évident... Tu aurais dû voir nos filleuls ! J'aurais cru que Potter était à deux doigts d'avoir des ailes en sucre qui lui poussent dans le dos !

_ Et tu peux l'en blâmer ? Tu as vu toutes les choses que Malfoy junior a faites pour lui ?

_ Ne m'en parle pas ! J'étais là pour... les pétales de fleurs qui apparaissent sur le sol dès que Potter fait un pas, le lâcher de ballons, la sérénade à l'heure du déjeuné – même si elle n'était pas chanté par Draco – et... même si je ne serai pas là pour leur cours de Soin aux Créatures Magiques, je sais pertinemment ce que Draco a concocté !

_ Vraiment ? s'enquit l'animagus, les yeux pétillant de curiosité. Et qu'est-ce que c'est ?

_ Mmm, tout ce que je peux dire c'est que ça implique des petits animaux duveteux, un message plus que guimauve et les chocolats préférés de Potter, minauda le potioniste avec un regard plus que blasé.

_ Aw ! s'extasia Sirius.

_ Erk ! le corrigea Severus. Tout cet excès de niaiserie me donne la chair-de-poule ainsi qu'une abominable la nausée ! Et si tu avais vu Weasley ! Depuis qu'il a accepté d'écarter les cuisses pour Blaise, on ne le tient plus celui là ! »

La visible mauvaise humeur de son interlocuteur ainsi que sa petite mine boudeuse fit rire Sirius.

« J'ai toujours adoré la Saint-Valentin, moi, commenta-t-il pensivement.

_ Tu m'étonnes ! Avec toutes les nanas désespérées qui retiraient sans hésitation leur petite culotte pour toi...

_ Mmm, je dois bien avouer que j'ai souvent profité de ces petits moments de faiblesse...

_ Et c'est très Serpentard de ta part~ » minauda Severus, un petit sourire sur les lèvres en posant ses coudes sur son bureau et en se servant de ses mains pour y reposer son menton. « Non que tu aies particulièrement besoin de leur désespoir pour leur faire retirer leur petite culotte.

_ C'est pas faux, confirma Sirius d'une voix faussement modeste. Allez ! Tu ne peux pas détester la Saint-Valentin à ce point !

_ Tu m'as bien regardé ? maugréa Severus en haussant ses sourcils. Est-ce que j'ai l'air d'être l'une des ces personnes qui frémissent d'impatience des jours à l'avance et qui tiennent un journal de bord afin d'organiser ce jour si spécial avec leur amoureux ? termina-t-il en battant faussement des cils.

_ Euh non mais... ça a bien dû t'arriver d'être en couple pendant la Saint-Valentin, non ? s'enquit Sirius d'une voix brusquement sèche. Alors... Tu as bien dû prendre du bon temps avec ton... petit-ami... »

Severus sourit.

Il s'agissait d'un sourire un peu triste mais... Sirius trouva quand même qu'il éclaira son visage d'une façon qui lui rendait vraiment justice.

C'est également à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il s'était penché en avant et qu'à présent, son visage était vraiment près de celui de sa Némésis. Il pouvait donc voir en détail le visage de cette dernière. Sa peau blanche, ses yeux de biches, sa bouche rosée et charnue... Et son odeur corporelle envahissait ses narines sans aucune difficulté. Sirius avait toujours trouvé que sa Némésis sentait particulièrement bon – même s'il ne l'avait jamais dit à voix haute. Il ne savait pas comment il s'y prenait, mais depuis qu'il le connaissait il avait toujours dégagé une fragrance douce et sucrée qui lui donnait une impression... de chaleur et de sécurité qui lui donnait envie de fermer les yeux et de...

« Je te rappelle que j'étais un paria à Poudlard, répondit Severus indifférent au fait que son interlocuteur était un peu perdu dans ses pensées. Même si j'étais en couple lors de la Saint-Valentin, on faisait attention à rester discret donc mes conquêtes ne m'ont jamais fait de... grands gestes romantiques en public...

_ Aaaw ! Et c'est donc pour cela que tu n'aimes pas la Saint-Valentin ? lui demanda Sirius en sortant de ses pensées. Parce que tu as accumulé beaucoup de frustration au fil des années parce que tu n'as pas eu le droit à des démonstrations d'amour en public ?

_ Quoi ? croassa Severus. Non ! Non, non, non, c'est n'importe quoi ! Ce n'est pas parce que je ne l'ai jamais expérimenté que j'en ai envie ! Comme je l'ai déjà dit, voir mes élèves se comporter ça me donne la nausée alors je ne veux pas... Veux-tu... Veux-tu arrêter de sourire bêtement comme ça... ? Et je peux savoir ce que tu fabriques ? »

Ignorant les dires du potioniste et souriant d'un bout à l'autre de ses oreilles, Sirius sortit sa baguette ainsi qu'un drôle d'objet des plis de sa robe de sorcier. L'objet en question était en cristal, avait de multiple faces en forme de losange et elle était d'un bleu marine si profond, qu'il donnait l'impression qu'on pouvait s'y perdre en le fixant trop longtemps. Elle lui donnait aussi un côté un peu... froid et inaccessible. Mais malgré tout, l'objet dégageait un petit quelque chose qui éveillait la curiosité.

Il était vraiment fascinant.

Avant qu'il n'ait le temps de s'étendre plus sur le sujet, Sirius pointa sa baguette sur l'objet en question et il murmura quelques mots. Le sortilège fit aussitôt effet : l'objet s'affina, s'arrondit à une extrémité et se moula jusqu'à ce qu'il prenne la forme d'une superbe rose.

Elle avait gardé sa couleur bleue intense ainsi que l'impression de légèreté et de fragilité tout en dégageant quelque chose de distant et d'insaisissable. Elle ressemblait à une vraie fleur jusqu'au moindre détail : des épines aux plis des pétales en passant aux gouttes de rosées qui y étaient accrochées. Elle dégageait même un doux parfum. Mais sa couleur et sa brillance, la rendait... tout simplement majestueuse et irréelle.

Un sourire taquin sur les lèvres, Sirius la tendit à son interlocuteur avec une once de fierté.

Severus, quant à lui, roula des yeux dans ses orbites.

« Non merci, grommela-t-il. Je ne suis pas une de ces filles en manque d'affection et désespérée d'avoir un petit-copain, prête à écarter les cuisses au moindre compliment et/ou cadeau.

_ Non, bien sûr~, minauda l'animagus. Je sais qu'il me faudra plus qu'une rose pour te faire écarter les cuisses pour moi~. »

Le potioniste répondit à sa pique par un nouveau roulement des yeux et un sourire un coin.

« Allez quoi ! C'est juste une rose ! l'encouragea Sirius.

_ Pourquoi est-ce que tu insistes pour me la donner ? Et puis qu'est-ce que tu faisais avec de toute façon ? Tu avais dans l'idée de rencontrer quelqu'un~ ?

_ Ne dis pas de connerie, je suis entouré d'adolescents ! Avec qui veux-tu que je sorte ?

_ Bah je ne sais pas. Pourquoi tu l'as fabriquée alors ? »

Sirius haussa négligemment les épaules.

« Comme ça, répondit simplement. Valentin m'a donné l'objet et j'ai eu cette idée. C'est plutôt jolie, non ? Elle me fait penser à toi.

_ Je ne dis pas qu'elle n'est pas jolie, dit Severus en ignorant la dernière partie de sa phrase. Valentin te l'a donné ?

_ Oui. Il a fait une potion, il lui restait ça au fond de son chaudron et il n'en avait pas l'utilité. En jetant des sortilèges au hasard, c'est l'une des formes que j'ai réussi à obtenir.

_ Ah. Joli coup.

_ Merci... Mais n'essaye pas de changer de sujet ! Prends-la, dit Sirius en lui tendant la rose de plus belle.

_ Je ne suis toujours une jeune fille dans la fleur de l'âge...

_ Mais là n'est pas la question ! J'essaye juste d'être gentil ! Il s'agit d'un geste spontané et gentil ! Tout ce que tu as à faire, c'est de te conduire comme une personne normale et de l'accepter !

_ Non, c'est un geste spontané, bizarre et... un peu romantique, rétorqua le potioniste. Ce qui, dans la situation actuelle, est tout à fait déplacé. Et il ne change rien à mon expérience de vie puisque ce n'est pas une démonstration d'affection en public ! »

Severus sut qu'il avait dit une bêtise à la seconde même où il prononça les derniers mots de sa phrase. Son teint devint livide alors qu'un sourire narquois se dessina sur le visage de sa Némésis qui se redressa de toute sa hauteur.

« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! se rattrapa-t-il aussitôt. Oublie ça je...

_ Alors comme ça tu veux que ce soit fait en public...

_ Bien sûr que non ! s'horrifia Severus. Ça n'a...

_ Très bien ! Je n'ai rien contre le fait de te l'offrir euh... quand tu seras en plein cours ! Ou dans un couloir bondé. Ou même dans la Grande Salle, choisis !

_ La ferme ! Tu... Tu ne peux pas tu... Tu n'oserais pas !

_ Ah non~ ? Tu veux parier ?

_ Euh... »

Non.

Non, le potioniste ne voulait pas parier. Il connaissait suffisamment bien sa Némésis pour savoir qu'elle n'hésiterait pas à le faire juste pour l'emmerder.

« Ne le fais pas, okay ? capitula-t-il. Juste... ne le fais pas. »

Mais il ne se sentit pas rassuré quand le sourire narquois de Sirius s'élargit et que ses yeux se mirent à pétiller. Signe que Severus n'allait pas aimer sa prochaine idée...

« Eh bien je suppose qu'il n'y a qu'une seule façon pour toi d'être sûr que ça n'arrivera pas~..., minauda-t-il en lui tendant la rose en souriant de toutes ses dents. »

Pris au piège, Severus poussa un grognement plaintif en fermant les yeux.

« Tu es impossible, grommela-t-il entre ses dents. »

Sirius éclata d'un rire sonore.

« Hé ! C'est toi qui m'a donné l'idée ! rétorqua-t-il.

_ Mouais..., grommela le potioniste. »

Il posa ensuite un regard las sur la rose qui se trouvait à quelques centimètres à peine de son visage et poussa un second soupir.

« Je suppose que je n'ai pas le choix..., capitula-t-il.

_ Effectivement~. Fais attention aux épines en la prenant. »

Severus opina en silence avant de s'exécuter. Il frissonna quand ses doigts se posèrent sur la tige : elle était très froide. Il se remit néanmoins rapidement de sa surprise mais Sirius raffermit sa prise quand l'ex-Serpentard essaya de tirer dessus.

« Quoi ? lui demanda-t-il. »

Seul un sourire narquois répondit à sa question.

« Non ! s'exclama-t-il aussitôt. Je ne vais pas te remercier alors que tu me me fais du chantage pour me forcer à accepter une fleur !

_ C'est vraiment trop te demander de te comporter comme une personne normale ? se plaignit l'animagus. Quand quelqu'un te fais un cadeau, tu souris et lui dis merci.

_ Depuis le temps qu'on se connaît, j'aurais cru que tu aurais appris que je ne suis pas une personne normale, répliqua le potioniste avant de tirer fortement sur la tige. »

Connaissant néanmoins suffisamment sa Némésis pour savoir qu'elle était aussi têtue qu'une mule, Sirius préféra laisser tomber.

Une fois la rose en main, Severus se laissa tomber contre le dossier de son siège, mettant ainsi une distance non négligeable entre eux. Étrangement, ne plus pouvoir observer le moindre détail du visage de son vis-à-vis et ne plus pouvoir sentir son agréable odeur sucrée donna à Sirius une sensation... désagréable de vide...

Il se força cependant à mettre ses réflexions de côté et reporta son attention sur sa Némésis. Cette dernière ne faisait plus du tout attention à lui. Les yeux rivés sur son présent, Severus l'observait en passant son index sur chacune de ses courbes avec application. De là où il était, Sirius ne voyait de ses yeux que ses longs cils et la bouche de Severus formait une petite moue qu'il qualifierait volontiers... d'intéressante.

L'ex-détenu passa ainsi un moment à regarder son vis-à-vis jusqu'à ce que ce dernier ne détache son regard de la rose et lève ses yeux vers lui.

« En tout cas, c'est du très beau travail, le complimenta-t-il.

_ Merci, lui répondit Sirius avec un sourire satisfait. »

Severus opina en silence et avec un mi-goguenard mi-provocateur, il tira le deuxième tiroir de son bureau et y rangea le présent avant de le refermer tranquillement.

Il haussa ensuite un sourcil et défia Sirius du regard de dire quoique ce soit. Bien sûr, l'animagus ouvrit aussitôt la bouche pour riposter mais finalement, il décida d'en rester là et il se contenta de faire la moue.

« Tu es impossible, dit-il en un soupir.

_ Je fais de mon mieux, rétorqua Severus avant de jeter un rapide coup d'œil à sa montre. Bon, tu m'excuseras mais mon prochain cours commence dans un peu plus de cinq minutes alors... »

Sirius hocha la tête.

« Bien sûr, dit-il en descendant du bureau du professeur. »

Il fit quelques pas en direction de la porte avant de s'arrêter.

Il semblait hésiter à dire quelque chose. Après plusieurs secondes de réflexion, il se tourna vers le maître des potions.

« On se voit ce soir pour dîner ? osa-t-il enfin lui demander. Je cuisinera quelque chose de spéciale pour l'occasion.

_ Tu n'as pas à faire ça.

_ Je sais. J'en ai envie, c'est tout. »

L'ex-détenu fronça les sourcils devant la mine dubitative de Severus.

Il leva ensuite les yeux au ciel.

« Je ne te fais pas la cour, Severus ! s'exaspéra-t-il. Je me montre tout simplement gentil. C'est un jour spécial, on a personne tous les deux personne alors... je me suis dit qu'on pourrait peut-être...

_ Remus non plus n'a personne à voir, lui rappela Severus. Comme Tonks n'est pas là, tu pourrais passer la soirée avec lui.

_ Pour la énième fois, j'essaye de me montrer gentil avec toi ! Alors comporte-toi comme une personne normale et dis-moi simplement merci ! »

Sur ces derniers mots, l'ex-détenu sortit en coup de vent de la salle de classe sans laisser le temps à Severus de décliner une nouvelle fois son invitation.

Il ne put donc pas le voir quand Severus sourit. Il resta immobile pendant un moment avant de rouvrir le deuxième tiroir de son bureau et il regarda la rose posée au milieu de son fouillis avec grand intérêt. Elle était vraiment magnifique. Délicate, elle dégageait quand même quelque chose de puissant et d'intense. Sa curiosité étant de nouveau piquée, il se saisit du présent et la porta à la hauteur de son regard.

Il l'observa pendant quelques minutes avant de sourire une nouvelle fois.

« Merci, souffla-t-il à mi-voix. »

xx

« Encore une fois je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé ! »

La petite mine inquiète de son petit-ami fit sourire Xavier.

« Et encore une fois ''ce n'est pas ta faute'', répéta-t-il. »

Les cours s'étaient terminés assez tôt ce jour-là et le couple avait décidé de profiter de ce moment libre pour se balader dans le parc. Il faisait plutôt frais pour un mois de février et ils avaient tous les deux revêtus un manteau chaud. Killian avait en plus un foulard noué autour de son cou – sans quoi, Alexis aurait refusé qu'il sorte – et la main qui n'était pas enfoncée dans sa poche était dans celle de Xavier.

Encore une fois, ils avaient souvent été interrompus par des élèves qui voulaient donner leur cadeau en main propre au métisse – sans aucune gène vis-à-vis à Xavier ! Bien sûr, ce comportement agaça fortement le Lion et embarrassa Killian qui du coup, ne savait plus trop où se mettre et ne cessait de s'excuser auprès de son petit-copain mais ce dernier ne lui en avait, bien sûr, pas tenu rigueur. Ce n'était pas de sa faute et puis il avait fini par en quelque sorte... s'habituer à être sans cesse interrompu par des sans gènes.

« Je sais, gémit Killian, mais...

_ Arrête de te prendre la tête avec ça tu veux bien ? »

Il invita ensuite son petit-ami à s'asseoir sur un banc non loin et poussa un petit soupir discret dans le but de se calmer un peu.

« Tout va bien ? s'enquit Killian en notant la nervosité qui se reflétait sur son visage.

_ Heu... oui. Oui, tout va bien, mentit Xavier du mieux qu'il put. »

Dans la besace pendue à son épaule, le cadeau de Saint-Valentin qu'il avait choisi pour Killian se fit brusquement lourd. Pour être tout fait honnête, il redoutait un peu la réaction de son petit-ami quand il le lui donnerait... Le connaissant, son visage allait s'éclairer, ses yeux se mettraient à pétiller et il le remerciera avec un large sourire... ! Mais ça n'aiderait pas Xavier à savoir si oui ou non son cadeau lui faisait vraiment plaisir. S'il dépassait tous les présents qu'il avait reçu de la part des autres élèves. S'il avait su le cerner correctement ! Parce qu'après tout, c'était comme ça qu'il réagissait avec tout le monde !

« Tu es sûr ? insista néanmoins Killian.

_ … Eh bien en fait, bafouilla le rouge et or en tripotant nerveusement la anse de son sac, je... »

« Salut vous deux ! »

Pour la énième fois depuis le début de la journée, Xavier eut des envies de meurtre. Il essaya autant qu'il le put de cacher son énervement alors que Killian levait des yeux brillant vers...

« Chris ! Salut ! »

L'envie de meurtre de Xavier revint aussitôt avec force, accompagnée d'une bonne dose de jalousie. Néanmoins, il essaya de paraître le plus calme possible quand il leva à son tour les yeux vers le Gryffondor.

Un faible sourire étirait les lèvres du demi-lycanthrope. Contrairement à eux, il portait seulement une veste mais il ne semblait pas avoir froid pour autant. Il avait également un sac sur son épaule.

« Vous passez un moment en amoureux ? demanda-t-il sur un ton enjoué.

_ On essaye en tout cas, grommela Xavier un peu plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu. »

Il écopa aussitôt de deux regards surpris mais il fit de son mieux pour ignorer celui de Killian et soutenir celui de Christopher. Peut être un peu plus fermement qu'il ne l'aurait voulu...

Il n'y pouvait rien. Depuis la seconde où Killian avait accepté de sortir avec lui, il se sentait... en compétition perpétuelle avec le Gryffondor. Même s'il savait pertinemment que c'était complètement stupide, il profitait malgré lui de chaque opportunité pour avoir... en quelque sorte le dessus sur lui. Que ce soit avoir le dernier mot dans une conversation, le dernier à détourner le regard, le dernier à complimenter le métisse... C'était débile et pitoyable. Il avait parfaitement conscience que ça ne suffirait pas pour chasser Christopher du cœur de son amoureux et que ça le faisait seulement paraître bizarre mais... il ne pouvait pas s'en empêcher. Il devait montrer qu'il était... en quelque sorte le mâle dominant !

Merlin que cette pensée était stupide !

Il poussa un petit sourire discret et se dit pour la énième fois que supporter la relation plus que fusionnelle qu'avait Killian avec Christopher était de plus en plus difficile.

Au tout début, quand le Serpentard l'avait averti que Christopher se montrait très... collant avec lui quand il passait par ses différentes phases, le Gryffondor avait cru qu'il aurait pu s'y faire assez facilement. Qu'il serait très jaloux mais qu'il le supporterait. Après tout, Christopher se montrait déjà très collant avec son meilleur ami en temps normal alors il ne voyait pas trop ce qui allait changer !

C'était ce qu'il se disait quand il voyait les deux amis s'enlacer étroitement dans les couloirs. C'était ce qu'il se disait quand il voyait Christopher caresser tendrement la joue de son ami, le saisir par la taille et déposer un chaste baiser sur ses lèvres. C'était ce qu'il se disait quand il faisait des visites surprises à son petit-copain dans son dortoir et qu'il le découvrait presque toujours étroitement enlacé par le demi-lycanthrope et que ce dernier glissait ses chocolats préférés dans sa bouche. C'était ce qu'il se disait quand il voyait Christopher et Killian sortant en même temps de la salle de bain. Et c'était ce qu'il s'était dit quand il s'était glissé dans le dortoir de son petit-ami un matin afin de le réveiller en douceur et qu'il l'avait trouvé blotti dans les bras d'un Christopher tout aussi endormi que lui.

Mais là, il commençait vraiment à saturer. Il avait presque l'impression que c'était lui l'intrus quand ils se retrouvaient tous les trois !

Il jalousait beaucoup leur complicité, leurs petites blagues, le fait qu'ils pouvaient tenir une conversation de plusieurs heures complètement incompréhensible pour un tiers... Le fait qu'ils pouvaient tout aussi bien rester silencieux pendant des heures blotti l'un contre l'autre, profitant simplement de la présence de l'autre.

Tout cela le rendait malade de jalousie.

Mais malgré tout, il ne voulait pas laisser tomber. Non, il était trop fou amoureux du métisse pour abandonner si facilement. Il voulait créer une relation aussi pure entre eux et il était bien décidé à ne pas laisser Christopher s'immiscer entre eux !

« Oh, fit Christopher. Je dérange on dirait...

_ Mais non...

_ Un peu oui. »

Xavier savait que sa phrase un peu brusque avait encore plus surpris son petit-ami. Il savait qu'à présent il le regardait avec ses yeux tout mignons, écarquillés plein d'incrédulité et que sa bouche était un peu entrouverte mais il se força à ne pas quitter Christopher des yeux. Il savait que s'il se tournait vers la petite bouille adorable de son petit-ami, il allait se rendre compte de la stupidité de ses actions et qu'il allait se mettre à fondre complètement devant Christopher. Et ça, il ne le permettrait pas.

Ledit Christopher ne semblait pas du tout comprendre ce qu'il lui arrivait et il le regardait avec surprise et incrédulité.

« Je ne voulais pas rester longtemps de toute façon. Je voulais juste – il se mit à fouiller dans son sac – te donner ça, dit-il en tendant au Serpentard un petit paquet enveloppé dans du papier cadeau sobre. J'ai beaucoup aimé le tiens par ailleurs. Très bien pensé. »

Après coup, il adressa un large sourire à son meilleur ami, qui le lui rendit, avant de partir – non sans avoir adressé un dernier regard dubitatif à l'intention de Xavier qui le fixa jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un petit point au loin.

« Xavier, l'interpella Killian alors que les minutes s'éternisaient, est-ce que tout...

_ Vous vous offrez des cadeaux pour la Saint-Valentin ? lui demanda un peu sèchement le rouge et or toujours sans le regarder.

_ Euh... Oui, je... depuis toujours c'est... c'est quelque chose qu'on... qu'on a toujours fait. »

Sa voix était peu assurée, un peu tremblante et inquiète. Et il était sûr que son visage reflétait exactement ça.

« Bien sûr..., marmonna-t-il sombrement. Et qu'est-ce qu'il t'a offert ? lui demanda-t-il en se décidant à reporter son regard sur lui. »

Comme il s'y attendait, son petit-ami arborait une petite mine coupable tout simplement adorable et ses grands yeux bleus étaient devenus un peu tristes et inquiets.

« Ce n'est pas important, dit Killian.

_ Si, ça l'est. Ouvre-le.

_ Non je...

_ Vas-y ! »

Le Serpentard avait la désobligeante impression de se faire piéger et il détestait ça.

« Xavier, qu'est-ce que tu cherches à prouver ? »

Son visage devint alors presque... douloureux. Ses jolis traits se tordirent et ses yeux semblaient le supplier de s'arrêter là. Mais même si son cœur se serra douloureusement, Xavier ne pouvait pas s'arrêter.

« … Que je ne suis pas à la hauteur, dit-il en souffle.

_ Xavier... »

Le Gryffondor lui fit signe de se taire d'un geste de la main avant de sortir son cadeau de son sac et de le lui donner.

« J'espère qu'il te plaira quand même...

_ Xavier...

_ Je sais, soupira le concerné. Ce n'est pas juste parce que Christopher te connaît depuis toujours, vous avez pris vos petites habitudes, ça ne veut rien dire, ce n'est qu'un ami, tu es désolé que ce soit si dur pour moi... Je sais. »

À ces mots, les yeux de Killian devinrent un peu plus torturé et Xavier sut qu'il était à deux doigts de craquer, de le prendre dans ses bras et de mettre un terme à tout ça.

« Xavier... »

Okay, il allait craquer.

Mais au moment où il s'apprêtait à prendre son craquant petit-ami dans ses bras afin de le réconforter, un élève de Serdaigle apparut devant eux, un grand sourire sur les lèvres et un cadeau dans les mains.

« Salut Kil' ! Est-ce que... tu aurais un moment ?

_ Euh... je n'ai pas vraiment...

_ Si. Si, il est libre, intervint Xavier.

_ Xa...

_ On avait fini. »

Il adressa ensuite un petit sourire à son petit métisse.

« On se voit plus tard, okay ? »

Sur ce, il posa un léger baiser sur la joue de Killian avant de se lever du banc et se dirigea vers le château sans un regard en arrière.

xx

« Quoi ? »

Le sourire de Harry s'élargit.

« J'ai le plus génial des petits-amis, murmura-t-il en nouant ses bras autour de son cou avant de prendre amoureusement possession de ses lèvres.

_ Je sais, souffla Draco une fois le baiser terminé. Je suis vraiment incroyable, hein ?

_ En tant normal, je te dirai que tes chevilles sont un peu trop enflées mais je dois bien avouer que tu as géré.

_ Mmm, je sais~. »

Le couple s'embrassa pendant un moment avant que Harry se sépare de son petit-ami et pousse un profond soupir avant de s'asseoir sur le lit de sa moitié.

« Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit l'Héritier Malfoy en prenant place à ses côtés. »

Le Gryffondor leva vers lui un petit regard triste.

« Mon cadeau est vraiment nul comparé au tient..., gémit-il. »

Draco sourit.

« 'Ry, souffla-t-il en glissant une main tendre dans les cheveux désordonnés de son brun, si tu me donnes ce que je veux, tu sais très bien que tu ne peux pas te planter~. »

Sa main pâle descendit ensuite sur le visage du Lion puis dans son cou, dans le creux de sa clavicule, où il savait qu'il était particulièrement sensible.

« Tu pourrais être un peu sérieux ! grommela Harry en chassant sa main d'un simple mouvement d'épaule.

_ Mais je suis très sérieux ! Et tu le sais ! »

Peu convaincu, Harry fit la moue. Oui, il savait qu'il était sérieux. L'Héritier Malfoy pourri gâté, superficiel et avide, ne voulait en tout et pour tout qu'une seule chose comme cadeau de la Saint-Valentin : son corps. Chose à laquelle il avait accès tout au long de l'année...

Le brun n'y pouvait rien : quand il pensait à tous les efforts que son Serpentard avait fourni, il ne pouvait s'empêcher de se dire que son cadeau n'était pas suffisant...

« Mon cœur, l'interpella Draco, montre-moi. Allez. »

Après une moue et un petit soupir, Harry se décida. Il fouilla un moment dans son sac et il en ressortit ainsi un cadeau de forme rectangulaire. Il hésita encore quelques secondes supplémentaires avant de le lui tendre.

« Merci, fit Draco sur un ton détaché en s'en saisissant avec un sourire satisfait. »

Un sourire sur les lèvres, il s'empressa de déchirer le papier cadeau plutôt sobre sous le regard un peu anxieux de sa moitié. Le blond ne pouvait pas s'empêcher de trouver son homme absolument craquant à stresser comme ça ! Surtout que, comme il l'avait assuré plus tôt, son cadeau ne pouvait que lui faire plaisir !

Enfin !

Il ne mit que quelques secondes pour déballer son présent. Il s'agissait d'un livre pas très épais doté d'une couverture d'un rouge profond, très douce au touché. Il n'y avait ni titre, ni image d'illustration.

Voulant faire durer le suspense un peu plus longtemps, Draco balada tranquillement ses doigts le long de la reliure et de la bordure doré sans pour autant chercher à l'ouvrir.

Livre de potion rare ou livre coquin ?

Il retraça les rainures brodés de noir du bout des doigts avant de lever les yeux vers son petit-ami. Ses joues étaient roses, il triturait nerveusement la manche de sa chemise et il évitait effrontément son regard...

Un sourire satisfait et grivois étira ses lèvres. Livre coquin à 100% !

Immédiatement très curieux, Draco se pressa d'ouvrir enfin son cadeau et quand son regard se posa sur la page de garde... OH. MERLIN ! Son bas-ventre commença aussitôt à frétiller et il eut littéralement l'eau à la bouche. Devant ses yeux, les mots ''Joyeuse Saint-Valentin'' étaient écrits dans une très jolie calligraphie avec de l'encre rouge et... Harry était appuyé dans une position très suggestive contre ces lettres. Dans une tenue très dénudée, les joues roses, la peau ruisselante de sueur et... Oh Merlin, qu'est-ce qu'il faisait avec ses doigts à cet endroit précis !

« Je... Je sais que c'est un peu cliché comme cadeau mais je... je n'avais pas d'autre idée et... je savais que ça allait te faire plaisir et... »

Draco ignora complètement les bégaiements de son brun et il tourna la page, avide d'en voir plus. Sur la deuxième page, Harry était entièrement nu, allongé sur le dos sur un lit majestueux aux draps en soie, les jambes écartées – donnant par la même occasion au Serpentard une vue imprenable sur son sexe. D'une main, il se masturbait à une vitesse qui devait être une véritable torture pour lui. Et au vu de ses traits tirés, de ses gémissements silencieux, de la crispation de ses muscles et de la délicieuse cambrure de ses reins, Draco était dans le vrai... Et il regrettait d'autant plus de ne pas avoir le son...

L'Héritier Malfoy ne remarqua même pas qu'il enfonça ses dents dans sa lèvre inférieure en voyant son âme-sœur appuyé un peu plus contre son gland rougi provoquant une nouvelle cambrure de la part de ses reins ainsi – il en était sûr – d'un cri lascif. Merlin qu'il avait envie de lui donner un coup de main !

Mais il était vrai que le brun s'en sortait merveilleusement bien tout seul. De son autre main, il caressait méticuleusement chacune de ses testicules et titillait en même temps son anus. Pas trop cependant. Juste ce qu'il fallait pour l'exciter et... allumer Draco en même temps.

En parlant de Draco justement, son sexe était à présent bien gonflé et commençait à être douloureux, ainsi comprimé dans son pantalon.

La bouche sèche – et sans même remarquer les gouttes de sang qui perlait de sa lèvre inférieure – le Serpentard jeta un coup d'œil à la troisième page et... OH. MERLIN ! Cette fois-ci, Harry se trouvait dans salle de bain des préfets. Peu vêtu, il utilisait un certain objet qui ne lui était pas inconnu... Sauf que, même s'il avait pris un pied du tonnerre, Harry lui en avait beaucoup voulu pour l'avoir utilisé parce qu'il ne lui avait pas vraiment demandé son avis au préalable... Alors ça le surprenait beaucoup de le voir avec ! Comment il avait pu se le procurer de toute façon ?

Le blond n'eut pas à réfléchir longtemps avant de trouver : Blaise. Il allait devoir le remercier chaleureusement pour son aide...

Alors qu'il détaillait la photo avec la plus grande attention, Draco sentit son érection devenir encore plus douloureuse dans sa prison de tissus. Inconsciemment, il glissa sa main droite sur son entrejambe, déboutonna son pantalon et commença à masser doucement son sexe à travers le tissu de son boxer.

« Tu veux que je te laisse seul avec ton cadeau~ ? »

Draco sortit brusquement de ses pensées impures et posa un regard hébété sur son petit-ami goguenard.

« Je crois... que j'ai une meilleure idée, susurra le blond, les yeux pétillants de lubricité. »

Sur quoi, il ferma le livre, le posa sur sa table de chevet et se rapprocha de son amant dans une démarche féline qui fit frisonner ledit amant des pieds à la tête. Langoureusement, il s'assit à califourchon sur ses cuisses, prit son visage en coupe dans ses mains et lui roula une pelle qui mit littéralement le feu dans son pantalon.

Très vite, leur corps s'échauffèrent et leurs vêtements devinrent gênants. C'est la raison pour laquelle les mains de Draco quittèrent bientôt son visage pour déboutonner sa chemise avec empressement. Une fois cela fait, il passa amoureusement ses mains sur ses pectoraux et s'attarda plusieurs minutes sur ses tétons jusqu'à ce qu'ils soient durs. Il se délecta d'entendre les gémissements lubriques de son brun et il se hâta ensuite de s'attaquer à la braguette de son pantalon.

Leurs deux langues étaient brûlantes au contact l'une de l'autre. Elles s'enroulaient et se goûtaient avec fièvre.

Harry ferma les yeux. Merlin qu'il ne se lasserait jamais de goûter à la langue de son amoureux. Très impatient d'avoir de nouveau rapport sexuel avec son blond, Harry avait déjà retiré la chemise du Serpentard, son sexe de son boxer et ses mains étaient à présent occupées à le masturber. La verge tendue dégageait une chaleur familière dans sa main et le brun avait appris à en connaître la moindre parcelle ainsi que la réaction qu'avait son homme quand il les touchait. De son autre main, il massait étroitement ses testicules toutes aussi chaudes.

Draco finit par laisser sa bouche pour son cou qui se mit à sucer avec ferveur.

« Han... Dray..., se mit-il à gémir alors que le concerné jouait avec un point sensible.

_ Tu aimes ? lui demanda Draco entre deux baisers.

_ Elle est débile ta question... »

Draco sourit dans son cou. Effectivement, elle était débile sa question. Harry était parcouru de frissons, il haletait et il s'était mis à gesticuler inconfortablement, signe que son érection était de plus en plus demandeuse d'attention.

« Je vais t'en poser une moins débile, souffla-t-il en aidant son Lion à se débarrasser de son pantalon et de son boxer.

_ Hun. »

Harry poussa ensuite grognement de frustration quand Draco cessa toute attention afin de plonger son regard dans le sien.

« Qui a pris les photos ? »

Sa voix était dure et sèche, et son regard glacé. Malgré tout, Harry ne put s'empêcher de sourire devant sa petite crise de jalousie. Et il frissonnait de plus belle.

« Moi, bien sûr. Je... Je me suis débrouillé avec des sortilèges. »

Rassuré, les traits de Draco se détendirent et il reprit rudement possession de ses lèvres. Pressé de sentir le gabarit de son homme en lui, Harry dégagea ses jambes d'entre celles de Draco, les plaça de part et d'autre de sa taille et noua ses bras autour de son cou afin de l'obliger à se rapprocher de lui.

Tout d'abord à genoux, Draco s'assit et entraîna son brun à s'asseoir sur ses cuisses. À présent, leur position initiale s'était inversée.

Harry profita de sa nouvelle position pour glisser l'une de ses mains dans les fins cheveux blonds et pour rapprocher leur sexe l'un de l'autre. Quand ils se collèrent, un brasier envahi aussitôt leur deux corps. Un brasier intense qui semblait se calmer uniquement quand leur peau se collait. Quand leur érection brûlante était plaquée l'une contre l'autre et leur torse était proche au point de pouvoir sentir le moindre frémissement de la part de leur amant. Dès qu'ils s'éloignaient, ne serait-ce que de quelques millimètres, ils ressortaient d'emblée une sensation de vide qui les poussaient à s'étreindre avec encore plus de passion.

Draco se dépêcha de retirer à son tour son pantalon et son boxer et, une fois complètement nu, il se fit une joie de rapprocher son bas-ventre de celui de son brun, de coller son sexe contre le sien et de les faire se frotter licencieusement.

Harry gémit aussitôt tout contre sa bouche, surtout lorsque les mains de l'Héritier Malfoy agrippa ses fesses et les malaxèrent fermement. Ce fut pire lorsque l'une de ses mains s'aventura dans la fente et glissa jusqu'à son anus impatient.

Merlin qu'il aimait se sentir aussi proche de lui ! Merlin qu'il aimait cette sensation de brûlure qui s'emparait de sa verge tendue à sa friction ! Mais il aimerait se sentir encore plus proche de lui...

« S'il-te-plaît, gémit-il en décollant sa bouche de celle de sa moitié. S'il-te-plaît... »

Il n'eut pas à en dire plus pour se faire comprendre. Draco savait pertinemment ce qu'il voulait.

Le front moite de sueurs collé contre celui de son brun, l'Héritier Malfoy profita avec délice du regard vague de son amour. De son souffle court, de ses joues roses, de sa bouche rougie à cause de ses baisers...

« Combien de fois as-tu joui ? lui demanda-t-il brusquement.

_ Quoi ?

_ Combien de fois as-tu joui ? répéta Draco en se saisissant de leur deux érections et en les massant étroitement.

_ Han... Dray..., gémit Harry alors que sa tête se mettait à rouler sur ses épaules, que ses reins se cambraient délicieusement et que son anus se contractait involontaire sur les doigts que Draco avait commencé à enfoncer en lui. Dray...

_ Combien de fois ? Vu la quantité de photos, tu as dû te soulager toi-même un bon nombre de fois, non ?

_ O... Oui...

_ Combien de fois ? Combien de fois t'es-tu branlé en pensant à moi ? demanda-t-il en accélérant le rythme et la pression et en enfonçant la moitié de deux de ses doigts dans son intimité.

_ Oh, Merlin Dray... ! gémit Harry en se cambrant délicieusement et en se trémoussant indécemment afin d'en avoir plus.

_ C'était bien à moi que tu pensais ?

_ O... Oui...

_ Combien de fois ?

_ Je... Je ne sais pas... Oh putain ! s'écria-t-il. » Draco s'attarda un peu plus sur son gland sensible et poussa la totalité de ses doigts en lui avant d'en enfoncer un troisième. « Oui, oui ! Oh putain oui ! s'enthousiasma Harry. » Il s'empalait vivement sur les doigts de sa moitié sans que le blond ne délaisse leur deux érections pour autant. « S'il-te-plaît ! S'il-te-plaît oui !

_ Combien ? insista Draco.

_ Je... J'en ai... aucune... aucune idée... ! Oh oui ! Là, juste ! Continue !

_ C'était bon ? lui demanda l'Héritier en continuant à solliciter sa prostate.

_ C... C'était... insuffisant. Dray, par pitié ! »

Harry avait le regard fou et sa voix était montée dans les aiguës.

Le front toujours collé et cessant momentanément toute caresse – malgré les supplication de son brun – Draco réfléchit pendant plusieurs minutes.

« Est-ce ça fait toujours parti de mon cadeau ? s'enquit-il finalement.

_ De... De ton cadeau ? »

Relâchant momentanément leur érection, le blond tritura amoureusement l'un des tétons douloureux ignorant les gémissements immédiat du Gryffondor.

« Est-ce ça fait toujours parti de mon cadeau ? dit-il en enfonçant ses doigts aussi profondément que possible dans l'intimité du Survivant.

_ Mon... Mon cadeau n'était pas... suffisant ?

_ Si, amplement~. Je me demandais jusque s'il était possible que j'en ai... un peu plus...

_ P... Plus... Qu'est-ce que... tu veux ? »

Draco plongeant son regard dans le sien et un sourire pervers étira ses lèvres.

« Page 2, dit-il simplement.

_ … Tu pourras tenir ? lui demanda Harry en comprenant où il voulait en venir.

_ Et toi ?

_ … Je risque de jouir avant même que tu me pénètres..., avoua le brun.

_ … Je risque de jouir rien qu'en te regardant...

_ …

_ …

_ On essaye quand même ? proposa néanmoins Harry. »

Le sourire pervers de Draco doubla en intensité.

« Si tu savais comme je t'aime, dit-il en un souffle.

_ Joyeuse Saint-Valentin, lui répondit tout simplement Harry en se mettant en position. »

Au final, l'Héritier Malfoy allait quand même avoir ce qu'il voulait depuis le début : son corps nu à son entière disposition.

xx

Le ventre plein, c'est complètement repus que Severus prit place sur son canapé en prenant avec lui un verre ainsi qu'une bouteille de vin rouge. Il n'y avait pas à dire : le dîner avait été tout simplement divin ! Il n'y avait eu que des plats dont il raffolait réalisés à la perfection. Et le dessert ! Le potioniste avait encore le goût de la tarte au chocolat à la crème anglaise sur le bout de la langue !

Les quantités avait été parfaites de telle sorte qu'il était totalement rassasié mais qu'il pourrait quand même dormir comme un bébé ce soir. Et pour finir en beauté : deux bouteilles de vin de grand cru, dont l'une qu'ils avaient terminé lors du dîner.

Il n'y avait pas à dire, Sirius avait fait très fort. Il avait tout géré à la perfection de l'apéritif au dessert ! Mais ça...

« Tu pourrais au moins me remercier ! bougonna Sirius en prenant place à ses côtés. »

Un sourire discret étira le coin des lèvres du potioniste. Sourire qu'il essaya de dissimuler en buvant une gorgée de vin.

Ça, il ne l'avouerait jamais à sa Némésis... !

« Je ne t'ai jamais demandé de me faire à dîner, lui répliqua sèchement Severus.

_ … Tu sais qu'elle est ton problème ? lui demanda Sirius après un silence.

_ Quel est mon problème ?

_ Tu as un sérieux problème avec le mot ''merci''.

_ Je n'ai pas de problème avec le mot ''merci'', le contredit le professeur de potion. Je ne te le dis pas parce que tu n'as rien fait qui le justifierait~...

_ Sérieusement ?! s'esclaffa Sirius. Sérieusement ?! Non mais j'hallucine ! Je n'ai rien fait qui... » Il s'interrompit dans sa lancée en voyant le sourire moqueur de Severus. « Tu es impossible... »

Severus pouffa de rire.

Et même s'il l'agaçait tout particulièrement, Sirius ne put s'empêcher de le trouver... plutôt craquant. Avec son petit sourire et ses cheveux sombres qui retombaient négligemment sur ses épaules et devant ses yeux sombres...

Secouant précipitamment sa tête de droite à gauche, Sirius s'empressa de se forcer à penser à autre chose.

« Je peux avoir un peu de vin au moins ? demanda-t-il en lui tendant son verre. »

Severus fit la moue.

« C'est une blague ! s'insurgea Sirius. Je ne peux même pas goûter au vin que j'ai apporté !

_ Tu as goûté à la première bouteille !

_ C'est celle-là la meilleure, tu le sais autant que moi !

_ Mais tu as dit qu'elle était pour moi~..., minauda Severus en battant faussement des cils.

_ C'était une formule de politesse et tu le sais ! rétorqua Sirius avant de s'emparer par la force de la bouteille. »

Il fit ensuite mine de se servir un verre mais il se ravisa au dernier moment et posa un regard railleur sur Severus.

« Quoi ? s'enquit ce dernier.

_ Tu sais quoi ? Peut-être que je vais te laisser terminer la bouteille à toi tout seul après tout... Ça me dit bien de te voir bourré...

_ Bourré ? pouffa Severus. Bourré ? Mon pauvre vieux, je te verrais bourré bien avant que tu ne me voies bourré !

_ Je ne crois pas, non ! J'ai un foie en béton ! Entraîné par toutes les soirées bien arrosées auxquelles j'ai participé depuis mon adolescence.

_ Crois-moi, j'ai moi aussi un foie en béton. Et je suis sûr qu'il l'est bien plus que le tiens...

_ Oh, vraiment~ ? »

Oh, oh.

C'est ce que Severus se dit aussitôt : il reconnaissait le ton de sa voix et... il savait que ça ne présageait rien de bon pour lui.

« Tu es prêt à parier là-dessus~ ? termina Sirius.

_ Oh non. Non, non, non, non, non ! On ne va pas faire ça !

_ Eh bien, on dirait que tu n'as pas une aussi grande confiance que ça en ton foie après tout.

_ J'ai une confiance absolue en mon foie ! le contredit Severus. Mais je ne pense pas que se bourrer la gueule pour savoir qui de nous deux tient le mieux l'alcool soit le plus approprié à notre âge.

_ À notre âge ? pouffa Sirius. Qu'est-ce qu'il a notre âge ?

_ Black, ce n'est pas parce qu'on est entouré d'adolescents qu'on doit se comporter comme eux.

_ Je ne vois vraiment pas où est le problème de faire une petite compétition à notre âge...

_ Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas, soupira Severus.

_ Arrête de me regarder comme si j'étais un adolescent attardé...

_ Arrête de te conduire comme si tu étais un adolescent attardé, répliqua moqueusement le potioniste avant de prendre une nouvelle gorgée de vin. »

Pour toute réponse, Sirius lui adressa un regard blasé.

« Allez quoi ! l'encouragea-t-il quelques instants plus tard. Se sera marrant !

_ Non mais ça va pas ! Même si tu passes tes journées à rien faire, je te rappelle que moi j'enseigne ici ! Tu imagines si je me ramène en cours avec la gueule de bois ?

_ Pitié ! s'esclaffa l'animagus. Avec toutes les potions que tu as, tu auras la gueule de bois pendant quoi ? Cinq minutes ? Moi je l'aurais, au minimum, pendant toute la matinée. Et puis on ne le fera pas un lendemain de cours ! On pourrait le faire samedi par exemple !

_ …

_ Allez ! Ça ne te dit pas d'avoir l'occasion de me voir bourré~ ?

_ Mmm..., je dois avouer que c'est tentant... Mais j'ai des tas de chose à faire pour les cours, j'ai accumulé beaucoup de retard et...

_ C'est des conneries ! le coupa Sirius. Tu as peur de ne pas tenir face à moi. De finir complètement torché et de me laisser une chance de découvrir tes petits secrets~... »

Severus éclat de rire.

« Tu ne me verras jamais suffisamment bourré pour que j'en vienne à me trahir !

_ Eh bien prouve-le moi ! le défia Sirius. Prouve-moi que j'ai tort !

_ Pas en faisant un concours d'alcool avec toi !

_ Pourquoi ?

_ Parce c'est un comportement immature !

_ Mais bordel Servilus ! Retire le putain de balais que tu as dans le cul et lâche-toi un peu ! C'est juste une soirée pour déconner ! »

Sirius devint livide à la seconde où il se rendit compte du mot tabou qu'il avait utilisé. Mais il se détendit quand il vit Severus sourire. Ça faisait un bon moment qu'il ne l'avait plus appelé ainsi mais à la façon dont il l'avait dit, ça ne l'avait pas vexé.

« D'accord, lâcha-t-il finalement.

_ P... Pardon ? bafouilla Sirius, plus que surpris.

_ Samedi soir.

_ Je...

_ Prépare-toi à me dévoiler tous tes petits secrets~, minauda le professeur avant de prendre une autre gorgée de vin. »

Les deux adultes passèrent ainsi quelques instants à se regarder en souriant faiblement avant que Sirius ne finisse par détourner le regard afin de remplir son verre de vin.

« C'est ce qu'on verra, répliqua-t-il en posant la bouteille sur la table basse. »

Ils se mirent ensuite à parler de tout et de rien alors que la bouteille de vin baissait progressivement de niveau. C'était la première fois qu'ils passaient toute une soirée ensemble et, curieusement, ni l'un ni l'autre ne vit le temps passer. L'ambiance était complètement détendue, calme et, d'un point de vue extérieur, on jurerait qu'il s'agissait de deux amis profitant d'une soirée ensemble.

Ils étaient tellement bien tous les deux que Sirius ne se rendit compte qu'ils étaient très proche l'un de l'autre uniquement lorsque qu'un faible soupir s'échappa la bouche de Severus et qu'il sentit sans problème son souffle sur son visage.

Un verre à moitié rempli dans une main, Severus était assis en travers du canapé. Une jambe pliée et sur le fauteuil, l'autre détendu et posé sur le sol, il avait posé négligemment sa tête sur le dossier du divan. Les yeux mi-clos et les joues légèrement roses, il avait sans aucun doute l'esprit quelque peu alangui par l'alcool.

Un verre récemment rempli à la main, Sirius avait étendu ses jambes devant lui et les avait croisés au niveau de ses chevilles. Le bras posé sur le dossier et sa main libre posée contre sa tête, son visage n'était qu'à quelques centimètres de celui de sa Némésis. Encore une fois, il pouvait voir chaque détail de son visage et le potioniste pouvait faire de même. Il était sûr que les effets de l'alcool était également visible sur lui mais il s'en fichait. Ce qui le préoccupait, c'était l'haleine de son vis-à-vis. L'ex-détenu ne put réprimer un petit sourire d'étirer ses lèvres : si on lui avait dit, il y a quelques semaines, qu'un jour il se retrouverait assez près de son ennemi de toujours pour sentir son haleine et que pas une seule remarque acerbe ne lui traverserait l'esprit... ! Non, l'haleine du maître des potions sentait l'alcool et le chocolat et... Sirius aimait bien. Et il trouvait que ça s'accordait parfaitement avec son odeur corporelle si sucrée et familière sur laquelle il avait tant de mal à mettre un nom !

Quoiqu'en y réfléchissant bien...

« Mais qu'est-ce que tu fous ? tempêta Severus en sursautant quand Sirius fourra brusquement sa tête dans son cou, sans aucune raison valable. »

Un agréable frisson parcourut l'échine du potioniste quand Sirius inspira profondément l'odeur qu'il dégageait, le nez collé contre son cou. Il se remit cependant rapidement de sa surprise et repoussa doucement l'animagus.

Ce dernier se laissa faire sans broncher mais il s'arrêta encore plus près de son visage qu'il ne l'était déjà. À présent, ils étaient si près l'un de l'autre que leur nez était à quelques millimètres de se toucher.

Sirius fit en sorte de capter le regard un peu vague de son interlocuteur et sourit, pas le moins du monde gêné par son geste.

« J'ai trouvé ! se réjouit-il.

_ Trouvé quoi ?

_ Tu sens… la cannelle et le caramel.

_ Pardon ?! s'étouffa le potioniste.

_ Tu sens la cannelle et le caramel, répéta tranquillement l'ex-détenu.

_ Quoi ? fit Severus, qui ne comprenait pas du tout d'où sortait une telle allégation.

_ Ton odeur corporelle me rappelait quelque chose mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus, explicita Sirius. Mais j'ai finalement trouvé : tu sens la cannelle et le caramel... Un peu comme le pain d'épice caramélisé que ma voisine nous apportait de temps à autre...

_ Je ne sens pas le gâteau !

_ C'est un compliment Sevy ! soupira Sirius en roulant des yeux. Quoique je me demande comment c'est possible étant donné que je doute que tu passes tes journées à faire du pain d'épice... À moins que...

_ En quoi est-ce que comparer l'odeur de quelqu'un à un gâteau est-il un compliment ?

_ Oh Merlin, tu as aussi un problème avec les compliments ?

_ Je n'ai pas de problème avec les compliments !

_ Pour faire simple Sevy, comparer l'odeur de quelqu'un à de la merde est une insulte, la comparer à quelque chose d'agréable comme un gâteau est un compliment.

_ Arrête de m'appeler Sevy ! râla le potioniste.

_ Alors accepte le compliment... Sevy.

_ C'est pas un compliment c'est... C'est une phrase sans queue ni tête que tu as lâché en plein milieu d'une conversation dans le but de te moquer de moi !

_ Bah bien sûr ! Tout le monde est contre toi, Sevy.

_ Ferme-la, Black, siffla le professeur de potion sur un ton acide. »

Il avait à présent le visage et le regard fermé.

Mais contre tout attente, Sirius sourit.

« Tu sais quel est ton problème, Sevy ?

_ … Je vais finir par t'arracher les yeux, grommela le concerné.

_ Ton problème, reprit Sirius, c'est que tu n'arrives pas à exprimer la gratitude. Mais ne t'inquiète pas, je t'apprendrai à dire ''merci''.

_ … Et tu sais quel est ton problème, Blacky ?

_ Je t'écoute.

_ Tu n'arrives pas à respecter l'espace personnel des autres. Mais ne t'en fais pas, je vais t'apprendre à respecter le mien. »

Sur ces derniers mots, il poussa vivement son vis-à-vis qui reprit sa position du départ : près mais pas trop.

« Tu trouves que j'envahis ton espace personnel ? s'indigna Sirius, pas vexé pour un sous.

_ Ton visage était à quelques millimètres du mien, bien sûr que je trouves que tu envahis mon espace personnel !

_ Mmm, d'accord. Dis-moi où est la limite alors. Là ? demanda-t-il en se rapprochant un peu.

_ Tu n'es pas loin de la franchir, grommela Severus.

_ Ah oui ? Et là ? s'enquit-il en s'approchant encore.

_ Tu l'as franchi.

_ Tu es sûr ? Et là ?

_ Eh bien...

_ Là ?

_ Tu...

_ Et là ?

_ Je...

_ Et là ? »

Désormais, la seule raison pour laquelle leur visage ne se touchait pas, c'était parce que Severus avait penché au maximum sa tête en arrière. Sirius s'était penché au-dessus de lui au point qu'il avait dû mettre sa main sur le fauteuil derrière son dos afin de ne pas l'écraser de son poids. Malgré tout, leur torse se touchait quand même. Aucun des deux ne pouvaient ignorer ce fait mais aucun des deux ne fit de commentaire à ce sujet. Sans doute pour ne pas ajouter à l'étrangeté de la situation...

« Tu es exaspérant, tu le sais ça ? se lamenta le potioniste. Un vrai gamin ! »

Souriant de plus belle, Sirius se décolla de lui et se remit à quelques millimètres du visage de sa Némésis.

« Comment tu vas faire avec ton mari et tes enfants ? lui demanda-t-il.

_ Comment ça ?

_ Ils vont forcément envahir ton ''espace personnel''. Comment tu vas faire pour le supporter ?

_ Je… J'aviserai. Mais comme tu n'es ni mon mari ni l'un de mes enfants, tu n'as pas à l'envahir. »

Le ton de sa voix était ferme et sans équivoque mais pourtant, les yeux de Sirius se mirent à pétiller.

Et merde ! Qu'est-ce qu'il avait bien pu trouver encore !

Severus n'eut pas à attendre longtemps avant que sa Némésis ne glisse ses doigts dans ses cheveux afin de les rejeter en arrière. Une fois son action terminée, il ne retira pas sa main et la laissa au niveau de la ligne de sa mâchoire, les doigts refermés sur sa nuque.

« Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda Severus.

_ Hum ? Rien, tu avais quelque chose dans les cheveux, c'est tout.

_ Oh... Maintenant que tu l'as retirée tu peux enlever ta main de là, non ?

_ … Tu as aussi un problème avec le contact physique, hein ?

_ Tu le sais très bien, bougonna le potioniste en essayant de retirer la main de sa Némésis de sa main libre. Alors...

_ Pourquoi ? l'interrompit l'ex-détenu en résistant à sa tentative.

_ Pourquoi ? répéta Severus.

_ Qu'est-ce qu'il y a de mal avec... un peu de contact physique ? »

En disant ces mots, Sirius caressa doucement sa joue de son pouce, ignorant l'immédiat crispation de ses muscles.

« Tu me connais suffisamment pour en avoir une petite idée..., lui répondit sombrement le potioniste. »

Le visage assombrit, Sirius opina en silence.

Ils passèrent ainsi quelques minutes sans trop bouger. De temps à autre, l'ex-détenu bougeait son pouce sur le visage de sa Némésis mais, apparemment, cette dernière avait renoncé à le déloger. Ils étaient toujours aussi proches l'un de l'autre mais Severus gardait les yeux rivés sur son verre qu'il vidait par petites gorgées, de sorte que leur regard ne se croisait pas. Encore une fois, Sirius avait une vue imprenable sur ses longs cils et, encore une fois, il se demanda comment un homme pouvait en avoir naturellement de si long...

Même s'il avait un peu d'alcool dans le sang, Sirius se rendait bien compte que la situation était quand même bizarre. Après tout, il y a quelques semaines à peine, ils manquaient encore de s'arracher les yeux dès qu'ils se croisaient mais à présent..., ils se tenaient suffisamment près l'un de l'autre pour que son souffle caresse le visage de son ennemi de toujours. Quoique... est-ce que ce terme était toujours exacte ? ''Ennemi de toujours'' ? On ne pouvait pas vraiment qu'ils se comportaient comme tel ! Mais, comme il l'avait dit à Remus, il trouvait qu'il était un peu trop tôt pour parler d'amitié. Alors... qu'est-ce qu'ils étaient ?

Raffermissant son emprise sur la ligne de la mâchoire de Severus, Sirius en profita pour rapprocher encore leur deux visage. Désormais, leur nez se touchait clairement et c'était à présent leur bouche qui se trouvait à quelques millimètres l'une de l'autre.

Sa bouche...

Sirius resta focalisé un moment sur ce dernier détail. De là où il était il ne pouvait pas la voir mais il l'avait regardée d'assez près pendant suffisamment de temps pour qu'il puisse s'en souvenir dans les moindres détails. Au fond de lui, il sentit la chose s'éveiller lentement. Sans brutalité, sans hargne, mais en douceur. Calme, elle le faisait de se sentir... tout bizarre. Mais d'une manière plutôt agréable. Elle voulait... quelque chose de bien précis. Quelque chose en rapport avec sa bouche...

Et son odeur... ! Si sucrée ! Elle envahissait sans problème ses narines, atteignait son cerveau et alanguissait son esprit encore plus efficacement que tout le vin qu'il avait bu. Tout cela lui donnait envie de...

« Dégage, Black, siffla Severus entre ses dents. »

Apparemment, le potioniste en avait marre de la proximité et il essaya de se dégager de l'emprise de l'animagus mais ce dernier raffermit aussitôt sa prise sur sa nuque.

« Tu sais quoi, Sevy ? souffla l'ex-détenu alors que ledit Sevy essayait tant bien que mal de se soustraire à son étreinte en bougonnant. Comme je suis quelqu'un de magnanime, je vais t'aider avec tes problèmes.

_ Mes problèmes ? répéta Severus en poussant un petit soupir de contentement quand il arriva enfin à l'éloigner de quelques centimètres même s'il le tenait toujours par la nuque.

_ Oui. Avec ton espace personnel et le contact physique.

_ Alors... Tu vas me coller ? devina le potioniste.

_ Jusqu'à ce que tu sois complètement immunisé, confirma Sirius en récupérant les centimètres que le professeur avait gagné.

_ Non merci, grommela Severus en penchant sa tête en arrière autant qu'il le pouvait.

_ Ce n'est pas une proposition négociable~, se moqua doucement l'ex-détenu. »

Sirius s'amusa pendant un instant des bougonnements contrariés de son vis-à-vis avant de se décider à le laisser tranquille. Relâchant donc sa prise, il but plusieurs gorgées de son verre de vin, un petit sourire sur les lèvres.

« Tu es impossible, bougonna Severus avant de l'imiter. »

Une fois son verre vide, il le reposa sur la table basse, s'assit en tailleur et de travers sur le canapé et étendit ses bras devant lui, en les mettant dans le trou que formait ses jambes. Son geste fit glisser son haut de l'une de ses épaules. Épaule par laquelle le regard de Sirius fut captivé pendant un moment. Quand il s'en rendit compte, il ne put s'empêcher de se sentir un peu gêné et il but plusieurs gorgées de vin afin de le cacher.

« C'est plutôt bizarre, dit le potioniste.

_ Hum ? fit Sirius en arrêtant de siroter son verre.

_ Que ça ne te dérange pas de... d'avoir à me coller d'aussi près.

_ Pourquoi est-ce que ça me dérangerait ?

_ … Tout simplement parce que tu m'as souvent répété que... plus tu étais près de moi, plus tu devenais nauséeux... »

S'il voulait casser l'ambiance, Severus n'aurait pas pu mieux s'y prendre. Le regard de son vis-à-vis se voila aussitôt, un intense malaise s'empara de lui et il ne put soutenir le regard du potioniste plus longtemps. Il baissa donc les yeux et s'éloigna de lui de quelques centimètres de plus.

« Severus je...

_ Arrête-toi là, le coupa le maître des potions en passant une main nerveuse dans ses cheveux ondulés. Je... Tu ne vas sans doute pas me croire mais je... Je n'ai pas dit ça pour te mettre mal-à-l'aise ou te faire chier ou pour entendre tes excuses pour la énième fois je... J'ai dit ça pour... pour... Je ne sais même pas pourquoi je l'ai dit ! soupira-t-il. Je... C'est comme ça, je fous le bordel dès que les choses se passe bien ! Je... je suis un fouteur de merde ambulant. »

Contre toute attente, Sirius sourit.

« Je sais, dit-il d'une voix douce. Mais comme je suis d'une incomparable générosité, je vais t'aider avec ça aussi. Quand tu rencontreras ton mari, tu seras devenu le parfait petit époux. Et tu me remercieras pour ça~.

_ … Idiot, souffla Severus avec un petit sourire sur les lèvres. »

Les deux adultes discutèrent ensuite pendant un long moment avant qu'il ne commence à se faire vraiment tard. Après un coup d'œil à l'horloge du salon, Sirius termina ainsi son verre, se leva du canapé et, après lui avoir rappelé que leur petite compétition avait lieu samedi, il laissa le maître des potions seul.

Severus resta un moment immobile, se demandant si oui ou non il pouvait vider le fond de bouteille qu'il restait. Finalement, il se dit qu'il avait suffisamment bu pour la soirée. Il débarrassa donc la table basse avant de se brosser les dents, d'enfiler son pyjama et de s'installer dans son lit.

Cette soirée était vraiment à peine croyable. Lui et Sirius, dînant ensemble, partageant une bouteille de vin, discutant... On se croirait en plein délire ! Et maintenant voilà que l'ex-détenu voulait le coller afin de le ''guérir'' de sa quasi phobie des contacts humains !

Il flirtait avec lui.

C'était plus qu'évident, il flirtait avec lui depuis... depuis qu'ils avaient arrêtés de s'engueuler pour tout et n'importe quoi. Il avait commencé doucement et plus le temps passait, moins c'était dissimulé. Mais ça ne l'étonnait pas trop, l'animagus faisait toujours ça : il flirtait avec absolument tout le monde. Ce que le potioniste comprenait moins, c'est pourquoi il était rentré dans son jeu. Ça ne lui ressemblait absolument pas de flirter avec une personne avec laquelle il n'avait pas l'intention de coucher. Mais pourtant, il avait répondu à chacune de ses paroles. Non seulement ça mais il avait aussi accepté de faire une soirée de totale beuverie avec lui ! Le potioniste ne s'amusait jamais à se bourrer la gueule ! Et encore moins quand il y avait quelqu'un qui pourrait en témoigner après !

Il poussa un petit soupir. Sa Némésis était entrain de rentrer dans sa tête et il commençait déjà à ne plus se reconnaître !

Mais quelque chose en lui soufflait que s'il était si compliant, c'était peut-être parce que Sirius avait toujours été connu comme quelqu'un sachant comment se détendre et s'amuser et que... peut-être qu'au fond de lui, le professeur de potion avait lui aussi envie de se détendre et de s'amuser au lieu d'être toujours aussi sérieux et plongé dans une montagne de bouquins !

Oh Merlin ! Est-ce qu'il venait vraiment de penser ça ?

Severus gémit de plus belle.

Bon, apparemment il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil !

Le potioniste s'enroula dans ses couvertures. Il s'apprêtait à éteindre la lumière mais il hésita au dernier moment. Après quelques minutes de réflexion, il ouvrit le tiroir de sa table de chevet : la rose s'y trouvait. Il la saisit après quelques hésitations supplémentaires et l'observa pendant un moment. Elle était la preuve de ce qu'il avançait : l'animagus flirtait effrontément avec lui. Quant à pourquoi il l'avait déplacée dans sa chambre...

Un mot très grossier s'échappa de la bouche de Severus qui lâcha précipitamment la rose dans son tiroir avant de le fermer d'un coup sec, de s'enrouler de nouveau dans ses épaisses couvertures et de fermer les yeux.

Il avait vraiment, vraiment besoin d'une bonne nuit de sommeil !

HPDMHPDM

Les cheveux dégoulinants d'eau, Killian passa un moment à observer son visage dans le miroir de la salle de bain. Le visage qui l'irritait tant depuis plusieurs années mais qui faisait des ravages parmi les adolescents de son âge.

Entourant ses cheveux d'une serviette sèche, Killian fit une moue que tous ses amis auraient volontiers qualifié de très mignonne. Plus le temps passait et plus son joli minois l'agaçait. Il trouvait qu'il aurait beaucoup moins de problème s'il ne l'avait pas.

Le métisse jura à mi-voix avant de se mettre dos au miroir. Il détestait avoir ce genre de pensées. Ça lui donnait l'impression d'être égocentrique et superficiel ! Des tas de personnes devaient faire face chaque jour à de très durs problèmes et lui, il se plaignait d'être trop mignon et d'avoir beaucoup de succès !

Il continua à bougonner dans sa barbe tout terminant de sécher ses cheveux. Une fois terminé, il passa négligemment une main dans sa chevelure encore humide et il s'arrêta un moment sur sa barrette. Christopher faisait toujours la sourde oreille quand il lui demandait de la retirer et de ce fait, il devait encore se balader avec ! Tout au long de la journée, il avait ainsi arboré un melon... Killian se demanda un instant à quoi il aurait droit demain... Et puis, au bout d'un moment la barrette aura fait tous les fruits. Qu'est-ce qu'il se passera alors ? Elle recommencera depuis le début ou elle fera autre chose ?

Secouant sa tête de droite à gauche, il laissa sa barrette de côté et attrapa son pyjama. Il repensa furtivement au cadeau que son meilleur ami lui avait offert et il ne put empêcher un large sourire d'étirer le coin de ses lèvres. Comme d'habitude, il avait touché dans le mille ! Il arrivait toujours à se surpasser chaque année ! Mais, sans vouloir se venter, le Serpentard aussi réussissait à se surpasser chaque année en cadeau !

Le sourire du métisse perdit beaucoup en intensité quand il repensa au cadeau que Xavier lui avait offert. Qu'on ne s'y méprenne pas, il était vraiment magnifique et Killian l'avait beaucoup apprécié mais... ce qui le chagrinait c'était les circonstances dans lesquelles il le lui avait donné. Il n'avait pas revu son petit-ami depuis lors et il se sentait vraiment mal. Il sentait qu'il devait se faire pardonner mais il ne savait pas trop comment... Il savait que le problème était que Xavier se sentait toujours comme obligé de rentrer dans une sorte de compétition avec Christopher. Pour lui prouver qu'il était à la hauteur ou quelque chose du genre. Killian avait beau lui répondre que ce n'était pas nécessaire, c'était plus fort que lui. Et d'une certaine manière, le Serpentard comprenait pourquoi il essayait à tout prix à montrer qu'il était... le mâle dominant.

Poussant un profond soupir de lassitude, Killian se prépara à sortir. Quoiqu'il en soit, il espérait que son cadeau, qu'il avait laissé sur le lit de Xavier, lui avait plu. Et qu'ils n'allaient pas tardé à se réconcilier parce qu'être en froid avec lui, lui donnait le cafard.

Le métisse sortit ensuite de la salle d'eau avec l'intention de se mettre au lit sans attendre mais il s'arrêta dans sa lancée en voyant qu'il y avait déjà quelqu'un sur son lit : Xavier. Le visage anxieux, se tordant nerveusement ses doigts, il était sûr qu'il l'attendait. Quand il le vit sortir de la salle de bain, ses joues rosirent et une esquisse de sourire se dessina sur son visage.

En baladant son regard dans son dortoir, le regard de Killian se posa sur son ami David qui lui adressa un sourire narquois et un clin d'œil avant de pousser tous les autres occupants vers la sortie.

« Hey, le salua doucement Xavier.

_ Hey, lui répondit Killian en s'asseyant à ses côtés. »

Les deux adolescents restèrent un moment dans un silence gêné pendant lequel ils cherchèrent leurs mots avant que Xavier ne se décide à prendre la parole :

« Merci pour ton cadeau ! Je l'aime vraiment beaucoup.

_ Ah oui ? Tant mieux ! se réjouit Killian. Je... J'aime beaucoup le tient aussi. »

Un sourire triste se dessina sur les lèvres de Xavier, la dernière phrase de Killian leur ayant rappelé de mauvais souvenirs à tous les deux.

« Écoute Kil', à propos de ce qu'il s'est passé cet après-midi...

_ Xavier, tu n'as pas à...

_ Si, le coupa Xavier. Si, je dois m'excuser. Je dois m'excuser même platement. Je... Je m'en suis pris à toi injustement... Je m'en suis pris à Christopher injustement ! Je... excuse-moi mais avec tous les cadeaux que tu n'as pas cessé de recevoir tout au long de la journée, ça a contribué à augmenter mon stress et mon énervement et... Christopher a été la goutte d'eau. »

Killian se rendit compte que son petit-ami ne le regardait plus. À présent, ce dernier avait les yeux posés sur l'empilement de cadeaux divers et variés qui s'entassait au pied de son lit.

« Oui heum... j'ai beaucoup de succès, bafouilla-t-il.

_ Je sais, souffla Xavier en reportant son attention sur lui. Kil', tu dois certainement être dans le top 3 des mecs les plus convoités de Poudlard...

_ Oh arrête..., soupira le concerné en levant les yeux au ciel.

_ Tu es dans le top 3 des mecs les plus convoités de Poudlard, insista Xavier. La quantité de cadeau que tu as reçu en est la preuve ! Et, je ne sais pas si tu en as conscience mais sortir avec toi... c'est beaucoup de pression, si je peux être entièrement honnête avec toi.

_ De pression ?

_ Oui. Vis-à-vis des autres mecs sexy qui sont intéressés par toi et avec qui tu t'entends super bien...

_ Xa...

_ Je sais, tu vas dire que ce ne sont que des amis, que tu n'es intéressé que par moi et je te crois. Je te jure que je te crois... Mais je ne peux les empêcher ni de te faire la cour, ni de te draguer, ni de penser que si je ne suis pas au niveau, un jour tu succomberas sous le charme d'un autre... ! Je sais que je ne devrais pas me préoccuper autant du futur et me focaliser plus sur le présent parce que sinon je risque de foutre le bordel entre nous deux et te pousser à me quitter, mais dès que je vois l'un de ses abrutis te draguer je... Je ne peux pas m'empêcher d'être jaloux.

» C'est beaucoup de pression vis-à-vis de l'épaisse muraille que forme tes proches. L'espèce de clan Zabini-Weasley-Malfoy-Potter-Nott-etc qui scrute le moindre de mes mouvements et qui n'hésiteront pas à m'infliger mille tortures si jamais je nuis ne serait-ce qu'à un seul de tes cheveux... ! »

Killian sentait qu'il allait étrangler son grand-frère et son parrain...

« … et qui me donnent sans cesse l'impression d'être jugé afin de savoir si je suis à la hauteur de leur petit trésor ! Je sais que c'est faux, tes parents par exemple sont vraiment gentils avec moi mais... j'y peux rien, quand je les vois, j'ai toujours un peu peur qu'ils me déclarent indigne de toi... !

» C'est beaucoup de pression vis-à-vis de Christopher... Avec qui je ne peux pas m'empêcher de rentrer en compétition même si je sais que c'est complètement stupide étant donné qu'il a passé une grande partie de ces quinze dernières années à apprendre à te connaître par cœur dans les moindres détails et que donc, je n'ai aucune chance face à lui... !

_ Xavier...

_ Mais ça n'a aucune importance parce que c'est ton foutu meilleur ami et qu'il n'y a donc aucune raison logique pour que je me mette en compétition avec lui... ! Mais j'y peux rien parce que tu es amoureux de lui depuis que tu es tout gamin et qu'une voix dans ma tête ne cesse de me répéter inlassablement que si je veux être à la hauteur pour toi, je dois lui ressembler autant que possible ! Ce qui, bien sûr, est impossible... »

Xavier se tut enfin.

Étrangement à présent il se sentait... vraiment soulagé d'avoir dit tout ce qu'il avait sur le cœur. Maintenant ce qui l'inquiétait, c'était la réaction de son petit-ami en réponse à tout ça.

Les sourcils un peu froncés, il avait glissé ses mains entre ses cuisses afin que Xavier ne les voit pas trembler et il avait la gorge sèche.

« Wouha, dit-il enfin à mi-voix. Je ne savais pas que sortir avec moi était une telle source de stress.

_ Killian, s'il-te-plaît ne le prend pas mal, lui dit Xavier en lui prenant la main. »

Le Gryffondor s'aperçut à ce moment là que son petit-ami tremblait et il sut que son monologue l'avait secoué.

« Viens par là, lui dit-il en le prenant dans ses bras. Je n'ai pas dit ça pour te faire de la peine, loin de là. Je suis amoureux de toi depuis des lustres alors depuis que tu as accepté de sortir avec moi, je nage dans le bonheur !

_ Et tu t'approches peu à peu de l'ulcère de l'estomac, grommela Killian. »

Xavier sourit et il glissa son index sous le menton de Killian afin de le forcer à le regarder dans les yeux.

« Je suis un peu stressé parce que je veux absolument être digne de toi.

_ Tu es digne de moi !

_ Tu ne comprends pas Kil', soupira Xavier. Tu ne veux pas l'admettre mais tu es... quelqu'un d'incroyable.

_ Xavier...

_ Non, tu es sensationnel ! insista Xavier. Et si tu rencontrais ton clone, tu comprendrais pourquoi autant de personnes t'adorent !

_ …

_ Tu es absolument génial et il est tout naturel que je cherche à être aussi génial pour rester à ton niveau ! Tout ce que je voulais dire en te disant tout ça, c'est que tout ça me stresse un peu et que donc... parfois je pète un petit plomb - comme cet après-midi... Ce que je te demande, c'est d'être indulgent avec moi et de ne pas trop m'en tenir rigueur... Tu veux bien ? Oublier ce qu'il s'est passé et qu'on reprenne là où on en était ?

_ … Bien sûr. Mais tu ne devrais vraiment pas trop t'en faire à propos de... ma famille, mes amis ou bien Christopher. Quoiqu'ils disent, moi je reste à fond sur toi~... »

Killian lui adressa ensuite un sourire un peu taquin et il se redressa un peu afin de pouvoir embrasser son petit-ami. Il ne mit d'ailleurs pas longtemps avant de le sentir se détendre enfin !

Le métisse était également content qu'ils se soient réconciliés mais jamais il ne se serait douté que sortir avec lui était aussi... anxiogène !

Malgré tout, il sentait qu'ils avaient du boulot à faire s'ils voulaient que leur relation perdure... Enfin, il comptait sur la soirée organisée par les enfants du futur qui aurait lieu le samedi pour travailler dessus !

HPDMHPDM

« S'i... S'il-te-plaît... S'il-te-plaît... »

Ses suppliques eurent l'effet inverse que celui escompté et excitèrent encore plus Sirius qui poussa plus fortement dans l'intimité de son amant. Les reins de ce dernier se cambrèrent indécemment et il se mit à gémir de plus belle.

« Sirius..., le pressa-t-il. Sir... »

Il termina par un hurlement de jouissance quand sa prostate fut de nouveau violemment assailli par le sexe gorgé de sang de l'ex-détenu. Il voulut bouger un peu ses mains mais Sirius resserra aussitôt sa prise sur ses poignet, l'empêchant ainsi tout mouvement. Il garderait certainement des marques mais l'animagus s'en fichait. Il s'en réjouissait même ! Qu'il garde des marques de leurs nuits passées ensemble, qu'il sache bien à qui il appartenait.

L'animagus se repositionna afin d'avoir un meilleur angle puis il s'enfonça vigoureusement dans l'intimité étroite.

« Sirius ! s'extasia son amant alors que son corps était parcouru de puissants frissons. Sirius...

_ Plus fort, lui ordonna Sirius en poussant encore plus violemment en lui. Dis mon nom plus fort ! Dis-moi à qui tu appartiens...

_ Si... Sirius !

_ C'est ça. Tu es à moi ! grogna l'ex-détenu en cognant violemment la prostate de son amant. À moi seul, tu m'entends ?

_ Sirius !

_ Il n'y a que pour moi que tu as le droit d'écarter les cuisses...

_ Si...

_ Il n'y a que moi qui ait le droit de baiser ton cul étroit...

_ Sirius...

_ Que moi qui ait le droit de te faire hurler de jouissance... !

_ Tu... me fais... mal..., gémit son compagnon. »

A ces mots, Sirius arrêta momentanément ses rudes va-et-vient et reporta son attention sur le visage de son amant. Comme d'habitude, il ne put voir son visage car sa chevelure – un peu trop abondante – en recouvrait quasiment l'ensemble. Tout ce qu'il pouvait voir, c'était sa bouche rosé, un peu gercée, entrouverte, qui laissait passer quelques soupirs et gémissements.

Sirius lâcha l'un des poignets de son amant et posa sa main libre sur son cou couvert de morsures et de suçons. Son corps entier en était recouvert d'ailleurs ! L'animagus sourit : plus de preuve qu'il était à lui.

« Ah oui~ ? minauda Sirius en appuyant sur sa pomme d'Adam. Je te fais mal... »

L'ex-détenu pouvait le sentir frémir de tous ses membres.

« Lai... Laisse-moi... j... jouir..., bégaya-t-il. »

Sirius baissa les yeux sur le sexe gorgé de sang à l'extrême de son amant, qui semblait au bord de l'explosion. Un anneau à sa base l'empêchait de se libérer que sa hampe érigée semblait attendre avec impatience ce moment. Ses yeux furent attirés pendant un instant par l'anus de son compagnon où son sexe était entièrement gainé et d'où un peu de sperme, d'un précédent rapport, perlait un peu. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres avant qu'il ne revienne à son visage.

« Non, répondit-il simplement en exerçant plus de pression contre son cou.

_ S... S'il-te-plaît..., supplia son compagnon. C'est... dou... loureux...

_ Ah bon~ ? feignit l'ex-détenu en appuyant un peu plus contre son cou même si ce n'était pas l'endroit dont il parlait. »

Le ténébreux posa sa main libre sur la main autour de son cou. Sirius ne savait pas ce qu'il voulait faire, mais il était clair qu'il n'avait pas la force de faire quoique ce soit.

Sirius ne put s'empêcher de sourire en voyant les marques de doigts qui entouraient déjà son poignet. Son amant allait vraiment se retrouver avec des marques partout... !

« Tant mieux~..., minauda-t-il finalement. »

Sur ces mots, il reprit ses brusques va-et-vient.

« S'i... S'il-te-plaît... S'il-te-plaît... Sirius... ! »

Mais Sirius s'en fichait de ses supplications. Tout ce qui l'intéressait, c'était de fourrager vivement l'intimité de son amant. Lui faire comprendre qu'il était à lui et à lui seul !

C'était douloureux, hein ? Eh bien ce n'était qu'un juste retour de bâton !

« Sirius ! pleurnicha le ténébreux. »

Pour toute réponse, il plongea dans sa tête dans son cou et il s'enfonça avec encore plus de férocité dans son intimité chaude. Il sentit vaguement son amant glisser sa main dans son dos et ses ongles se mettre à le labourer à chaque coup porté contre sa prostate, il sentit vaguement ses cuisses se resserrer contre sa taille, il entendit vaguement ses gémissements, mais il s'en foutait. Il s'en foutait complètement.

Complètement dans son élément, certain d'être à sa place ainsi entre ses cuisses, il respira profondément l'odeur qui se dégageait de son amant. Mêlée au relent de sexe et de sueur, elle dégageait quand même un petit quelque chose de sucré et doux qui l'excitait encore plus. Un petit quelque chose qui ressemblait beaucoup à... du pain d'épice caramélisé.

HPDMHPDM


J'espère que ce chapitre vous a plu ! N'hésitez pas à le commenter !

Prochain chapitre : Mes vacances sont terminées et j'ai repris le chemin de la fac :'( Enfin, j'espère poster le prochain chapitre d'ici la fin du mois. Je vous tiens au courant sur mon profil !

Question : Si vous avez des idées pour des petites scènes avec des personnages secondaires, n'hésitez pas ;)