Merci pour vos reviews et votre soutien, j'adore connaître vos opinions alors n'hésitez pas à me les dire! A très vite en bas!
chapitre 50: Catch me
Le motard le doubla par la gauche et se rabattit quelques mètres devant lui, il aurait pu foncer très loin devant, sa machine avait une puissance extraordinaire mais non, il était arrivé très vite derrière lui avant de le suivre pendant des kilomètres, John le voyait dans son rétroviseur intérieur chaque fois qu'il levait les yeux dessus et ça le rendait dingue! Après plusieurs coups de volant involontaires qui lui avait fait faire des embardées sur la 4 voies, heureusement sans dégâts, le motard, avait mis son clignotant et l'avait doublé en douceur, pour se rabattre juste devant son nez et il fulminait de plus bel, maintenant, il n'avait même plus à lever les yeux pour le voir, il dansait devant lui, le narguant sur sa belle moto.
Il en oubliait de vérifier ce qui se passait derrière lui et il s'aperçut de sa distraction quand il entendit un coup de frein brusque derrière lui, il vit alors un 4x4 dangereusement proche de lui et hurla en faisant de grands gestes énervés:
- Regarde ta route, espèce de crétin, va pas m'emboutir! T'as pas l'excuse d'avoir un pauvre con à moto devant toi, toi! Eloigne-toi bon sang, tu m'énerves! Manquerait plus que je doive freiner, tu me rentrerais dedans et j'écraserais ce crétin! Bon, pas que ça me dérangerait mais ça ferait une bosse dans ma voiture préférée !
Rageur, John accéléra et doubla l'objet de sa colère avec rapidité, suivant du regard dans son rétro le chauffard qui le suivait.
Le 4x4 contenait une bande de jeunes passablement agités et le conducteur accéléra pour coller à la moto qu'il venait de dépasser, John fronça les sourcils avec colère mais continua à conduire en alternant coups d'oeil dans le rétro et devant lui. Il tentait de contenir sa colère en vain et rechangea de voie comme pour doubler sauf qu'il ralentit, il arriva à la hauteur du motard surpris puis à celle du 4x4, le conducteur le regarda interloqué, s'il n'avait jamais vu doubler en marche arrière, c'était chose faite!
John donna un léger coup de volant qui le rapprocha de la voiture du crétin, le deuxième coup de volant fut plus brusque et le força à se décaler lui aussi pour éviter la collision.
John se remit en ligne et le jeune aussi, ils échangèrent un regard et John redonna un coup de volant provoquant une nouvelle embardée des deux voitures avant de revenir en ligne.
A la troisième embardée, le jeune conducteur freina et s'éloigna de plus de 10 mètres de la moto, il changea de voie précipitamment et prit la première sortie qu'il trouva pour quitter l'autoroute, ses amis se tenaient extrêmement tranquilles désormais.
John les regarda sortir avec un sourire satisfait et se rangea derrière le motard à vingt bons mètres derrière, il roula sagement derrière lui et sortit à la dernière seconde à la sortie suivante tandis que le motard était contraint de continuer sur l'autoroute jusqu'à la sortie suivante au moins.
John arriva au stade peu après et se gara tranquillement, son agacement s'étant apaisé sur le reste du chemin et il sifflota gaiement en sortant de sa voiture, sortant ses sacs et les posant au sol avant de verrouiller sa voiture quand une moto vient se garer à côté de lui.
Son motard, car il s'agissait bien du sien, coupa le contact et retira son casque en venant vers lui et sa colère remonta en bloc.
Randy avançait vers lui, superbe dans son blouson de moto et John serra les poings en le voyant avancer d'une démarche envoûtante qu'il avait tant aimé.
- Merci John.
- De quoi?
- Pour tout à l'heure avec le 4x4, c'était très...
- J'l'ai pas fait pour toi, ces crétins auraient fini par provoquer un accident, je leur ai fait peur avant qu'il ne tue quelqu'un, rien d'autre.
Il commença à s'éloigner avec dédain quand Randy le rattrapa par le bras en disant:
- John attends!
- Quoi? Tu crois qu'il te suffit de remettre ce blouson et de parader devant moi pour que je revienne ramper devant toi en frétillant de la queue?
- Il faut un blouson pour faire de la moto! Répondit-il comme en évidence.
- Et ça n'a rien à voir avec une autre de tes minables tentatives pour attirer mon attention?
- Bien sûr que non!
- Et tu t'es garé juste à côté de moi parce que les 200 autres places libres ne te convenaient pas c'est ça?
- John, je...
- Te fatigue pas, c'est non.
- Non quoi?
- Non, je ne suis pas ta pute, non, je n'écarterais plus les jambes pour toi et non je ne te laisserais plus jamais me toucher c'est clair. Je t'ai offert ta chance, tu l'as perdue, dommage, 200 dollars mal exploités mais bon, tu es riche, je suis sûr que tu vas te trouver un petit gars bien docile pour combler tes manques, hein dydychou?
- Va te faire foutre ! Dit Randy en le repoussant violemment.
- Pas par toi bébé! Dit John en lui faisant un clin d'oeil.
- Non, c'est sûr, faut que je trouve quelqu'un d'autre pour ça!
- Cherche pas, tu trouveras pas mieux bébé!
- Hum, n'en sois pas si sûr, niveau endurance et capacité, ça sera pas dur de trouver mieux! D'ailleurs, faut que je te laisse, j'ai pas fini mes repérages!
- C'est pour ça le blouson de moto? Pour attirer les ptits minets?
-Et pourquoi pas, j'ai souvenir que ça te laissait pas insensible, on n'a même pas pu finir notre tour en moto ce jour-là! Faut dire que ta libido hein!
- Quoi ma libido? Tu l'as toujours adorée!
- Quoi qu'il en soit, si tu veux la combler maintenant, tu sais quoi faire mais pense à revoir tes tarifs à la baisse, t'es très au-dessus de ta valeur là!
Randy tourna les talons et entra dans le stade d'une démarche fière dans le stade sous le regard furieux de John qui l'observa en serrant les dents.
John croisa Randy à plusieurs reprises dans les couloirs ce soir-là, la vipère ne lui prêtait pas la moindre attention, il discutait avec ses amis voir avec des inconnus et John grinça des dents en remarquant la majorité masculine qui composait ses rencontres. Il se surprit à penser qu'il aurait préféré qu'il parle avec des femmes plutôt que tous ces hommes, certains ne représentaient aucun danger pour lui, il le savait mais pour d'autres...
La soirée passa, ils firent leur match, John avec cette colère à fleur de peau qui le rendait plus intense sur le ring, Randy aimait son intensité d'ordinaire mais pas celle-là et il n'aurait pas aimé le voir comme ça sur le ring si seulement il avait regardé son match mais il avait cessé de le faire depuis quelques temps et il continuait à se promener dans les couloirs dans une apparente insouciance qui perturba Phil et Chris.
A la fin de la soirée, John regagna sa voiture et Randy vint chercher sa moto au même moment, John le dévisagea tandis que Randy saluait ses amis à distance avec un large sourire.
Randy se tourna vers lui et l'interrogea du regard, John répondit:
- Je vois que tu as enfin fini de pleurnicher et de bouder dans ton coin!
- Et oui! T'en valais pas la peine! Tu sais John:
I could be cold
Je pourrais être froid
I could be ruthless
Je pourrais être impitoyable
You know I could be just like you
Tu sais que je pourrais être comme toi
I could be weak
Je pourrais être faible
I could be senseless
Je pourrais être insensible
You know I could be just like you
Tu sais que je pourrais être comme toi
You thought you were standing beside me
Tu penses que tu es à mes côtés
Your were only in my way
Tu es seulement sur mon chemin
You're wrong if you think that I'll be just like you
Tu as tort si tu croies que je serais comme toi.
Randy mit son casque et monta sur sa moto, il mit le contact et recula avant de saluer John et de partir. John n'avait pas dit un mot, il était blême de rage, ses poings étaient serrés de toutes ses forces et sa mâchoire contractée à l'extrême, il le regarda s'éloigner dans la nuit et marmonna:
- T'en fais pas, je vais pas rester sur ta route, on verra qui rampera devant l'autre.
Il monta en voiture et démarra à son tour pour quitter la ville, on était trop près de St Louis à son goût et il roula jusqu'à la ville suivante de la tournée.
Arrivé, chez lui, Randy regretta amèrement l'absence de John à ses côtés, ils auraient pu passer la nuit dans sa maison, s'y forger de nouveaux souvenirs magnifiques, au lieu de ça, ils échangeaient coup sur coup comme des escrimeurs sauf qu'ils utilisaient la hache pour blesser l'autre.
Randy passa par la cuisine en chassant les souvenirs qu'il lui revenait; les lieux semblaient encore imprégnés de la présence de John, il lui semblait encore entendre ses gémissements et ses cris de plaisir et il ferma les yeux en se mordant la lèvre, il avait beau le nier de toutes ses forces, la douleur dans son coeur était toujours aussi à vif, il avait l'impression qu'on lui avait arraché de la poitrine pour le piétiner avant de remettre en place tant bien que mal.
Il éteignit la cuisine et passa dans sa chambre, l'atmosphère qu'elle détenait lui fit froid dans le dos, il sentait encore les brides de leur dernier conflit dans l'air, c'était la dernière fois qu'ils étaient venus ici, il s'était énervé alors que John ne comprenait rien et il lui avait dit des choses abjectes qu'il avait immédiatement regretté. John était parti, non, il l'avait laissé partir mais il avait couru après lui et John lui avait pardonné. Combien de fois John lui avait-il pardonné? Combien d'erreurs avait-il commis que John avait toujours effacées? Il ne savait pas mais cette fois avait été celle de trop et il comprit que John ne lui pardonnerait pas cette fois.
Passionné, oui, le camionneur avait raison, John était vraiment passionné, jusque dans sa haine.
La vision de sa chambre laissée en état après son propre départ précipité lui vrilla le coeur, la bassine et le gant étaient toujours sur la commode à côté de sa chaise et le lit n'était plus qu'un amas de couvertures chiffonnées, résultat de la lutte de John pour se sortir de cette fièvre. Il était si fort, il y était parvenu avant l'aube, une lutte acharnée pour lui revenir et lui n'avait retenu que 3 lettres, il gémit en se mordant le poing, ses yeux se posèrent sur la banderole et il éclata en sanglot avant de quitter la chambre précipitamment en claquant la porte derrière lui.
Il remonta sur sa moto et quitta sa maison, il ne pouvait pas rester ici.
John et Randy ne se virent pas les jours suivants, ils avaient des dates différentes à honorer et aucun des deux ne tenait à voir l'autre. Ils se retrouvèrent quatre jours plus tard à Philadelphie, John était arrivé le premier et Randy ne se gara pas à côté de lui, il était épuisé, les quatre derniers jours avaient été difficiles, il avait peu dormi et était à cran.
Il croisa John dans le couloir, il était en pleine conversation avec un homme qu'il ne connaissait pas encore et il semblait très heureux, Randy tenta d'ignorer la douleur qui s'était ravivée à cette vision et poursuivit sa route, il crut sentir le regard de John sur son dos mais quand il se retourna, John lui tournait le dos, il s'appuyait d'un bras sur le mur, regardant le nouveau avec convoitise et Randy tourna la tête brusquement pour cacher la montée de rage qui le prenait.
Il alla jusqu'à son vestiaire pour se changer et sortit s'entraîner, défouler sa jalousie, en sortant il était plus calme et il repassa au vestiaire chercher un carnet et un stylo avant de reprendre ses déambulations dans le couloir, parlant à de nombreuses personnes, essentiellement des hommes et John le vit passer à plusieurs reprises sans aller lui parler mais il voyait Randy prendre des notes chaque fois qu'il quittait une personne et malgré lui, il était intrigué.
Ils se croisèrent seul à seul au bout de deux jours de cet étrange manège, John continuait à se rapprocher du nouveau, Randy s'était renseigné, il s'agissait d'un technicien, David, il était là en remplacement pour le moment mais la vipère éprouvait une aversion pour lui plus grande à chaque fois qu'il le voyait, il lui avait souri et Randy avait eu envie de lui décrocher la mâchoire en retour mais il s'était contenu et était venu lui serrer la main en s'efforçant de ne pas lui broyer les doigts.
- Bonjour moi c'est Randy.
- Je sais, moi c'est David.
- Bienvenu David! Dis-moi, tu veux que je te fasse visiter ou que je te présente? Y a pas mal de monde et les premiers jours, c'est pas facile.
- Merci, c'est très gentil mais John s'en est déjà chargé.
- John ?
- Monsieur Cena, il m'a dit de l'appeler John.
- Vous semblez déjà très proches déjà!
- John est très amical, il est venu directement vers moi, je ne m'y attendais pas et je ne m'en plains pas bien au contraire.
- Tu m'étonnes! Grogna Randy.
- Hein?
- Non, je disais que je comprenais ta joie!
- Ah? Euh oui, on peut dire ça.
- T'as l'air d'un chic type! Et en pleine forme en plus de ça! Fait gaffe à le rester!
- Pardon?
- On l'a perd vite ici, très, très vite.
David le regarda interdit quand une main se referma sur son épaule et qu'une voix familière lui dit:
- Alors David! Comment va?
- John? Ça va merci et toi?
- Super bien, je discutais avec euh Randy et ...
- J'ai vu ça!
- Bon, ben je ferais mieux de vous laisser les gars!
- Fais donc ça oui! Dit John en le renvoyant d'un geste de la main impatient.
Randy commença à s'éloigner et John passa son bras autour des épaules de David en disant suffisamment fort pour que la vipère l'entende:
- Si Monsieur Orton t'ennuie mon grand, n'hésite pas à me le dire, je m'occuperais de lui.
- Il ne m'ennuyait pas mais il est un peu...
- Timbré?
- Etrange plutôt.
- Mouais, c'est un psychopathe, crois-moi ne t'approche pas de lui, ça vaut mieux.
Randy avait continué son chemin sans se retourner mais il bouillait intérieurement, il entra dans son vestiaire et commença à tout balancer, le banc, les casiers, tout vola à travers la pièce et il finit assis par terre, hors d'haleine dans un champ de ruine.
- Et ben! C'est Katrina ou Sandy sur ce coup-là? Demanda Chris depuis l'entrée.
- Aucun des deux, je chassais une souris.
- Une souris? En pleine ville dans un stade?
- Ben qu'est-ce que tu veux que jte dise, c'est infesté de nuisibles ici!
- Et la souris, elle s'appellerait pas John par hasard?
- Non, elle s'appelle pas John, mais si je devais lui donner un nom avant de l'écraser, ça serait plutôt le tien!
- Oh, le sale caractère!
- Tu sais quoi? Va demander à ton Phil s'il a pas vu cette souris, vous pourriez la chercher de votre côté et si tu la voies, n'hésite pas à l'exterminer au pire, vous serez déjà en position pour régler d'autres affaires que les miennes!
- ça va j'ai compris.
Chris fit demi-tour et Randy se rendit compte de son erreur.
- Chris!
- Je sais! La souris s'appelle David mais jsuis désolé de te dire que jpeux pas l'écraser et toi non plus; va falloir que tu t'y fasses. Ah, une dernière chose, remets ton vestiaire en ordre parce que le coup de la souris, y a qu'une diva pour y croire!
Randy remit le tout en ordre et ressortit, il reprit ses discussions et ses notes comme avant sa discussion avec David et le surlendemain de cette conversation des plus étranges, John et Randy se trouvèrent nez à nez et totalement seuls pour la première fois depuis des jours. Randy avait le nez plongé dans son carnet, une fois de plus et John, n'y tenant plus, lui demanda:
- C'est quoi ce stupide carnet que tu trimballes partout avec toi?
- ça? C'est mon carnet de note, faut bien que je prenne des notes, jfinis par plus m'y retrouver avec tous mes prétendants! Alors, je note sur le physique, sur la conversation, l'athlétisme...
- Contente-toi de prendre un jeune, il sera plus docile, plus malléable, prêt à accourir au moindre coup de sifflet!
- Ben, tu ne m'as pas posé beaucoup de problèmes là-dessus, un bon petit chien chien, dis-moi tu sais encore japper pour réclamer une caresse?
Un tic de rage traversa le visage de John mais il se composa soigneusement un sourire amusé.
- Ceci dit, plus jeune, c'est plus endurant aussi, ça sait respirer quand on l'embrasse et pis ça maximise le temps qu'on peut passer ensemble, parce que je suis pas du genre à passer d'un gars à l'autre moi, ça se passe bien de ton côté? T'as pensé à revoir tes tarifs pour te rendre abordable à David ? Parce qu'un technicien, ça gagne pas lourd hein! Si tu comptais prendre ta retraite en devenant pute au foyer, va falloir envisager d'autres gars et une bonne mutuelle pour couvrir les frais de docteur pour cause de mal au cul!
- C'est ça, amuse-toi, tu vois, c'est pour ça que j'ai pris plus âgé moi cette fois, les gamineries et les caprices de mômes, j'en ai marre de les supporter, rappelle-moi quand tu seras sorti de la maternelle, jtrouverais peut-être un trou dans mon emploi du temps pour te caser!
- Sans façon non, les vieux rachitiques bourrés d'arthrose c'est pas mon kiff, après libre à toi de t'y essayer, pense juste à investir dans un déambulateur assez vite!
- A défaut de table ou de mur, ça peut toujours servir!
- En tout cas, si tu parviens à son lit avant d'avoir 70 ans, évite de te barrer au milieu de la nuit ça fait mauvais genre au réveil de l'autre! A moins que tu aies une passe urgente à accomplir, auquel cas, laisse un mot, jsuis sûr qu'il sera assez mature pour comprendre, s'il fait pas une crise cardiaque avant!
John l'observa, son expression était indéchiffrable et Randy lui rendit son regard une minute entière avant de rajouter:
- Bon, pas que la vue ne soit pas fascinante, même si un poisson rouge a plus de conversation mais j'ai encore à faire, ma liste n'est pas finie!
Les jours suivants devenaient routiniers, John traînait auprès de David, se montrant plus proche, plus entreprenant avec lui jour après jour, surtout quand Randy était de passage et ce dernier s'accrochait à son carnet comme à une bouée de sauvetage, il écrivait inlassablement mais son visage montrait de plus en plus de signe de fatigue, ce jeu commençait à l'épuiser, il n'en pouvait plus de faire semblant de ne plus s'intéresser à lui alors que chaque geste qu'il faisait, chaque mot qu'il prononçait lui vrillait le coeur. Il ne dormait que quelques minutes par ci par là, chaque fois son inconscient recréait une image si fidèle de John qu'il croyait pouvoir le toucher mais quand il prononçait son nom de sa voix si magnifique et que lui, tendait la main pour l'attraper, il se volatilisait sous ses doigts, s'évaporant comme s'il n'avait jamais existé et il se réveillait en sursaut, hurlant son prénom à s'en casser la voix. Alors il refusait de se rendormir mais l'épuisement ne le lâchait plus et chacun pouvait le voir désormais sur son visage.
John le rencontra trois jours plus tard, il était appuyé contre le mur, lessivé après son dernier match, il n'était pas capable de bouger pour le moment, il avait besoin de se reposer deux minutes sous peine de s'effondrer et Cena vint vers lui avec un sourire narquois.
- Alors bébé, t'as pas eu tes douze heures de sommeil? Tu sais qu'à ton jeune âge, tu devrais dormir beaucoup, t'en as besoin pour tenir debout tout seul sans un mur.
- Ah John! Que veux-tu c'est mon nouvel amant, je l'ai pris jeune comme tu me l'as conseillé mais il est fougueux et insatiable, il me prend beaucoup de temps mais bon, il apprend vite, bien plus vite que toi d'ailleurs, c'est l'histoire de quelques jours avant qu'il ne soit totalement formé et docile, un bon petit chiot hein! Comme tu l'as été!
- Tu sais ce qu'on dit, chien qui aboie ne mords pas!
- J'en sais quelque chose, tu n'as pas arrêté d'aboyer toi et il t'a toujours manqué le cran de mordre, pas assez de caractère, petit toutou! Dit-il en lui tapant sur la tête.
John le repoussa sèchement et s'empara de son carnet qu'il tenait toujours à la main, Randy n'eut pas le temps de réagir et John s'écarta de deux pas avant de l'ouvrir triomphalement.
- Si c'est le nom de mon amant que tu cherches, tu ne le trouveras, je suis pas assez stupide pour l'écrire dedans mais vas-y amuse-toi!
- 12 Octobre! Lut John. Ses yeux brillent intensément aujourd'hui, ils possèdent toute la lumière de son âme si belle mais le sait-il seulement? Très joli, tu fais dans le lyrisme? Commenta-t-il.
- Certaines personnes sont capables de sentiments à la différence de toi!
Il a souri en se retournant, je l'ai regardé partir, son corps est tellement magnifique, j'aimerais pouvoir l'enlacer, le sentir contre moi, sa chaleur, la douceur de sa peau et son parfum si envoûtant! [...] Il a un cul parfait aussi! Ouh là! On bascule dans le roman érotique là! Laisse-moi deviner, tu racontes tes exploits sexuels dans les pages suivantes! Pathétique!
- Ben si tu faisais la même chose ça tiendrait sur un timbre!
John lui jeta son carnet à la figure et commença à s'éloigner avant de dire:
- Oh! J'y pense, tu veux le déambulateur? Vu ton état, ça pourrait servir!
- Très amusant Cena! je t'en suggérais bien une autre utilisation pervers que tu es, mais on risquerait de devoir appeler les pompiers et ça ferait désordre dans les journaux: " Le grand John Cena hospitalisé d'urgence... avec un pied de déambulateur dans les fesses" " Polémique, Cena héros ou zéro" ou encore " Les déviances sexuelles de Cena révélées au grand jour!"
John tourna les talons et quitta le couloir, Randy se redressa difficilement en grimaçant, combien de temps encore pourrait-il jouer ce jeu?
Une semaine, puis deux, deux semaines complètes qu'ils s'étaient séparés, que John était parti rectifia Randy mentalement, ils n'avaient jamais passé autant de temps loin de l'autre sans se parler ou presque depuis le début de leur histoire, John lui manquait terriblement, chaque jour un peu plus mais leurs échanges étaient toujours aussi agressifs, des réparties dignes d'une feud télévisée bien que de tels propos ne seraient pas admis à la WWE mais chaque coup qu'ils se portaient affaiblissait un peu plus Randy, il détestait faire du mal à John mais c'était tout ce qu'il lui laissait comme prise sur lui désormais, il avait tout essayé, John refusait d'écouter autre chose que cette guerre des mots.
Il se rapprochait chaque jour un peu plus de David, d'ailleurs Randy ne les voyait quasiment jamais l'un sans l'autre et il se demandait ce que John avait fait de ses autres amis, les avait-il jeté aux oubliettes en même temps que lui et leur histoire?
Il n'en savait rien, mais une chose était claire, il ne supportait plus de voir John avec ce technicien, il ne pouvait pas le laisser faire ça sans réagir!
Il vint vers lui au bout de trois jours de silence total entre eux, il marcha droit vers lui sans se préoccuper du regard des autres et John se tourna vers lui, visiblement agacé en stoppant sa discussion avec Phil. Il se planta devant lui et dit:
- Phil, tu permets que je te l'emprunte cinq minutes?
- Bien sûr!
- Moi pas! Répondit John.
- Vous devez discuter.
- Aucune envie, j'ai rien à lui dire et si tu penses à faire autre chose pendant ces cinq minutes, Randy, jte préviens tout de suite que c'est pas négociable, je suis peut-être insatiable et ouvert à toutes les visites mais je me déplace pas pour 5 minutes.
- Quoi faut que je te paye pour te parler aussi?
- Euh les gars, si vous comptez vous échanger vos amabilités, vous verriez mieux de choisir un endroit privé pour ça, ça fait désordre ici!
- Pas la peine non, Randy allait justement partir!
- Je ne pense pas non! Je reste, j'ai des choses à te dire et tu les écouteras que ce soit ici ou ailleurs, je m'en moque totalement, je peux même prendre un micro pour te le dire si tu veux!
- John, écoute-le! Ça ne te coûtera rien et tu sais très bien qu'il ne partira pas avant de t'avoir parlé de toute façon!
John se tourna vers Randy avec un regard dédaigneux et lui fit signe de parler comme s'il accordait un privilège à la plus misérable espèce d'insecte qui soit, si la situation n'était pas aussi dramatique, Phil aurait ri, leur jeu de scène était parfait, trop d'ailleurs!
- John, je sais ce que tu es en train de faire avec David et..
- Ah ? Tu sais? Tu te souviens encore comment on entre dans une relation normale?
- S'il te plait...
- Quoi? Le coupa-t-il. Tu veux quoi?
- Que tu m'écoutes, j'ai des choses importantes à te dire! Je t'aime John! Je t'aime!
- Tu t'es déjà lassé de ton nouvel amant? Il était trop difficile? Trop fatiguant peut-être! T'as pas réussi à le dompter? Ou c'est lui qui s'est lassé et qui s'est barré?
- Non, John...
- Non? Ah j'y suis, il t'a trompé avec le lustre! T'aurais dû te méfier quand même! Y avait un moment qu'ils se tournaient autour ces deux-là! Non plus? Alors il s'est enfui! Tu avais oublié de lui mettre son collier? Pas très consciencieux sur ce coup-là!
- Tu vas m'écouter?
- T'oses pas appeler la SPA pour le retrouver? Attends, je vais t'aider. Les gars! Cria John. Randy a perdu quelque chose, vous pouvez nous aider à le chercher?
- Bien sûr! C'est quoi?
- A toi Randy, on attend la description! Dit John.
- Mais tu vas la fermer oui? Laissez tomber les gars, c'est une blague de notre Johnny national, il en rate pas une hein!
Les autres catcheurs retournèrent à leurs affaires mi souriant mi râlant et Randy fusilla John du regard qui éclata de rire en retour.
- John, sois cool et écoute-le! Demanda Phil.
- Pourquoi le ferais-je? Rien de ce qu'il a à me dire ne m'intéresse.
- Il t'a dit qu'il t'aimait.
- Et j'en ai rien à cirer, je ne l'aime pas moi, je suis passé à autre chose, qu'il fasse pareil, qu'il sorte ses mensonges à d'autres gars suffisamment cons pour y croire, j'ai donné, ça suffit.
- Je ne t'ai jamais menti à ce sujet John!
- ça ne m'intéresse pas, va chercher ton amant, David m'attend.
Randy tourna les talons et partit, il se tenait droit, trop droit et Phil comprit qu'il cachait sa peine de toutes ses forces des avis des autres, il se tourna vers John avec un froncement de sourcil et lui dit, profondément agacé:
- C'était inutilement cruel et stupide! Il était venu te dire qu'il t'aime toujours et tu le renvoies comme un vulgaire crève la faim galeux, tu as montré plus de respect aux pires vermines de la planète! Jte reconnais plus là John, ça c'est pas toi!
- Qu'en sais-tu?
- Je te connais depuis des années et si l'homme que j'ai devant moi est le vrai John Cena alors c'est que je me suis trompé sur lui pendant tout ce temps et que je n'ai plus rien à te dire moi non plus!
John le laissa partir sans bouger, déchiré au fond de lui et il quitta le couloir à son tour, il trouva David qui vint à lui en le voyant si sombre et le technicien le prit dans ses bras en toute amitié en lui demandant ce qu'il se passait.
John enfoui sa tête dans sa nuque comme il le faisait avec Randy mais ce parfum, ce toucher, l'étreinte de ses bras, ce n'était pas Randy, il se raidit contre lui et sentit David en faire de même, l'homme avait relevé la tête brutalement et lâché John qui se tourna pour voir ce qui avait provoqué cette réaction, il aperçut Randy qui les regardait tétanisé, la douleur se voyait tellement sur son visage qu'elle transperça le coeur de John et de son nouvel ami.
La vipère fit demi-tour bouleversée et David le héla en vain.
- John? Tu m'expliques?
- Euh, Randy est ...
- Ton ex? C'est ça?
- Oui. Ça te choque?
- Non, ça ne me pose aucun problème John, je suis hétéro mais je suis très ouvert d'esprit.
- ça me rassure.
- Par contre, ce que j'aimerais savoir c'est si tu te sers de moi pour le rendre jaloux.
- Non, jamais de la vie, je t'ai trouvé sympathique au premier coup d'oeil et je ne cherche pas à le rendre jaloux au contraire!
- Tu veux le repousser c'est ça? Et tu t'es dit que je pouvais te servir à ça, tu savais dès le début que j'étais hétéro pas vrai?
- Oui.
- C'est pour ça que tu m'as choisi? Parce que tu t'es dit qu'avec moi tu ne risquais rien?
- Je suis désolé David, je veux pas que tu penses que je me suis servi de toi, c'est juste qu'avec toi je suis bien et j'étais sûr de ne pas retomber dans une autre histoire dont je ne veux plus.
- Votre rupture est récente pas vrai?
- Deux semaines.
- Vous êtes toujours dingues l'un de l'autre ça se voit!
- N'importe qu...
- Ne nie pas! Je le vois, vous deux vous êtes le véritable amour, celui que rien ne peut détruire malgré tous les coups durs et je refuse de me mettre au milieu de ça, je ne serais pas celui qui a ruiner le bonheur qui devrait encore exister entre vous et qui va revenir parce que vous deux c'est pour la vie, je le sais et je ne me trompe jamais quand je dis ça!
- David, je ne t'ai pas utilisé et tu ne vas rien ruiner du tout, Randy et moi c'est fini, pas pour cinq minutes ni pour quelques secondes, c'est fini pour la vie, je lui ai donné bien assez de chance comme ça! Et si je me montrais aussi proche de toi devant lui c'était pour le convaincre de laisser tomber une bonne fois pour toute!
- Tu peux nier autant que tu le veux John mais ton bonheur c'est lui et personne d'autre et si tu refuses de le croire, tu passeras à côté de ta vie.
- David, je...
- Je vais partir John.
- Quoi?
- Je n'étais ici qu'en remplacement, on m'avait demandé de rester un peu plus longtemps mais une autre place s'est libérée pour moi et je vais saisir cette opportunité. Ne gâche pas la tienne d'être heureux John, tu es un gars bien, tu mérites le bonheur toi aussi quoi que tu en penses.
David lui serra la main et lui tapa sur l'épaule avant de partir, il ramassa son sac et quitta le stade, John ne le suivit pas.
Il se demandait comment une journée aussi tranquille en apparence au réveil pouvait tourner de façon aussi catastrophique en un rien de temps, le coeur passablement meurtri, il alla chercher ses propres affaires et regagna le parking quand une voix empli de haine lui demanda:
- Tiens! Tu es sorti des bras de ton vieux? Ça va confortable? Pas trop osseux?
- C'est quoi ton problème? Tu supportes pas de me voir heureux c'est ça ? Tu peux pas supporter que quelqu'un me donne enfin le bonheur que toi tu n'as jamais su me donner? Lui il aurait eu confiance en moi, lui il n'aurait pas joué les enquêteurs de bas étage en posant sans arrêt des questions sur où je vais, lui n'aurais pas douté de moi dès qu'il ne me voyait plus à ses côtés, lui n'était pas un crétin jaloux incapable de laisser l'autre vivre! Lui ne lançait pas des accusations sans rien savoir ni comprendre et enfin, le plus important, il n'était pas toi et rien que pour ça, il valait tout l'or du monde et bien plus encore! Et toi tu m'en as privé! Il est parti à force de sentir ta jalousie et tes regards assassins en permanence sur son dos! Jusqu'à quel point va ta psychose pour que tu croies que je t'appartiens toujours? Je n'ai jamais, ne suis et ne serais jamais à toi tu m'entends Randy? Jamais!
John le laissa là, son regard n'exprimait que dégoût et mépris pour lui, il semblait prêt à lui cracher dessus ou à le piétiner quand il fit demi-tour comme s'il ne valait même pas la peine de cette fatigue. Le monde s'écroula autour de Randy, il avait tout perdu cette fois, il ne s'en relèverait pas
Fin du chapitre 50
A vos claviers mes chéwies, bisous
lilou
