28) "Conduisez prudemment."


Conduis prudemment.

Jasper, ça le saoulait de devoir partir pour le boulot pour tout le week-end. De devoir prendre la voiture et de devoir faire des tas de kilomètres seul (ou avec des collègues de boulot). Il aurait bien voulu rapetisser Monty et le glisser dans sa poche, pour l'emmener avec lui. En attendant il râlait, la tête sur la table, à côté de son café à moitié bu :

– J'ai paaaaaaaas envie d'y aller.

Monty se pencha pour embrasser sa tempe :

– Ça va aller, ça va passer vite, tu seras à peine parti, tu seras déjà rentré.

– Mouais.

– Allez Jasper, tu peux le faire.

Jasper releva la tête d'un air suspicieux.

– T'as l'air bien pressé de me voir partir. T'as ton amant ou ta maîtresse qui vient à la maison ou quoi ?

Monty appuya sa main à plat sur la tête de Jasper :

– Mais oui, bien sûr, alors dépêche-toi de partir.

Jasper gonfla les joues et but son café.

– Il ou elle s'appelle comment ? Je peux pas le ou la rencontrer ?

– Elle s'appelle « télévision et dvd », répond Monty. Mais elle est trop timide pour être présentée, désolé.

Le sourire de Jasper s'étira :

– T'es con, dit-il.

Monty lui tira la langue.

– Moi aussi j'ai pas envie que t'y ailles Jasp', mais c'est pas comme si t'avais le choix. Et tu adores ton boulot d'habitude.

– C'est vrai, marmonna Jasper.

– Alors vas-y et reviens moi vite.

Jasper hocha la tête, se leva et vint prendre Monty dans ses bras, longtemps.

– Je charge mes batteries pour le week-end.

Monty embrassa son cou.

– Tu vas me manquer.

– Toi aussi.

Ils restèrent un moment ainsi, puis Jasper prit le volant.

– Conduis prudemment, ordonna Monty.

– Promis.

Monty resta debout dans le jardin, Jasper le regarda dans son rétroviseur le plus longtemps possible. Tellement longtemps qu'il ne vit l'arbre que quand la voiture fut encastrée dedans.

Monty se mit à courir vers lui alors que Jasper se battait avec l'airbag. Quand Jasper expliqua à son compagnon ce qu'il s'était passé, celui-ci fut plus mort de rire que mort de peur. Il prit Jasper dans ses bras.

– T'es pas doué.

– Je suis trop amoureux, c'est pas ma faute.

Jasper partit donc avec un peu de retard et avec la voiture de Monty. Et cette fois-ci, il fit attention à ce qui se passait devant lui.

Fin.

L'autatrice : pas terrible, mais bon, le thème m'a inspiré ce truc.