Chapitre 44
Les Fruits de mon Labeur
Bonjour tout le monde ! J'espère que vous allez bien !
Merci à tous pour vos reviews, qui étaient majoritairement positives à propos de Ginny, ce qui m'a fait très plaisir ! Je l'aime bien la Ginny de cette histoire :)
Je n'ai pas grand chose à dire cette semaine, je réserve le blabla pour la prochaine :)
Alors bonne lecture et
Enjoy !
Disclaimer : Je ne possède que la traduction et mes heures passées à le faire (et c'est un paquet...)
Gras Italique: En français de le texte original
Ginny leur demanda de ne rien dire à son frère pour le moment et elles lui assurèrent qu'elles ne laisseraient pas échapper un mot. Ginny avait peur de la réaction de sa famille, en particulier de sa mère, si elle l'apprenait. Elle pourrait même essayer de la convaincre du contraire et la rousse ne pourrait pas supporter ça. Elle avait son propre secret désormais, pensa silencieusement la jeune fille. Et elle en profiterait un maximum.
Harry Potter passait une bonne journée. Non il passait une excellente journée. Il était présentement assis dans la véranda arrière de Silbreith, en train de lire la toute nouvelle édition de la Gazette des Sorciers. C'était celui du 6 juillet et le gros titre écrit en gras était :
LE TRAITEMENT DÉFINITIF CONTRE LA LYCANTHROPIE EST DEVENU RÉALITÉ : LE NOM DE L'INVENTEUR DE CETTE POTION TUE-LOUP RÉVÉLÉ PROCHAINEMENT, DANS LA SEMAINE !
Harry souriait à la réaction que produisait la nouvelle potion. Cela avait déjà eu lieu lorsque Severus était arrivé à grands pas dans le Ministère et avait rempli les papiers nécessaires pour démarrer les tests. Après que le Ministre en personne soit sorti de son bureau pour vérifier que ce n'était pas une blague, et après avoir été convaincu que l'homme en face de lui était effectivement Severus Snape – Harry était intérieurement plus que ravi d'avoir envoyé baladé, définitivement, tous les sorts de dissimulation qu'ils avaient utilisés – Le Ministre approuva immédiatement le début des tests et accepta sans soucis que chaque personne qui connaissait l'identité du créateur soit obligée de signer un contrat qui les empêcherait d'en parler jusqu'à ce qu'il décide de sortit de l'anonymat totalement.
Le Ministre en avait déduit que Severus voulait être certain des résultats. Le maître de Potions voulait, en réalité, seulement attendre qu'il soit temps. Et le bon moment serait l'anniversaire d'Harry, lorsque l'autre bombe serait lâchée. Harry tourna la page de son journal et fut accueilli par article développé sur la découverte du 'mystérieux créateur de l'Éclair de Feu'. Il récupéra Sorcière Hebdo, il avait aussi vu un article à propos de ça là dedans… Il commença à rire ouvertement dès les premières lignes. C'est ainsi que Severus le trouva, étendu sur le canapé en train de rire aux éclats.
« Je suis aussi content de te voir, fiston. » déclara Severus. Il avait l'air plus heureux qu'il ne l'avait jamais été l'année dernière, son sourire était plus naturel que jamais.
« Salut Papa. » le salua-t-il en retour, toujours le sourire aux lèvres.
« Qu'est-ce qui est si amusant ? » demanda-t-il, intrigué.
« Sorcière Hebdo a publié un article de Rita Skeeter. C'est à propos de l'identité des 'mystérieux inventeurs qui ont pris le monde sorcier par surprise'. Tu veux l'entendre ? » demanda Harry.
« Bien sûr. »
« Si vous n'avez pas entendu les nouvelles qui ont secoué le monde sorcier, c'est que vous avez vécu dans une caverne cette semaine. Et au cas où, laissez moi vous présenter les deux grands mystères de l'année, et probablement de la décennie. Le remède contre la Lycanthropie a été découvert. Des nouvelles surprenantes, nous sommes d'accord. Mais le grand mystère est surtout : qui en est le créateur ? » Severus renifla avec dédain.
« Heureux de voir qu'on apprécie mon travail… » ironisa-t-il et Harry le stoppa.
« Et ça continue. Comme mes lecteurs s'en rappellent peut-être, nous étions dans la même situation l'année dernière, lorsque l'Éclair de Feu était entré en production. Le balai le plus rapide et le mieux vendu à ce jour a été mis sur le marché sans le nom du créateur, donnant lieu à de nombreuses spéculations sur son identité. Et maintenant, venu de nulle part, les deux mystérieux inventeurs ont décidé de révéler leurs identités au monde. Mais pourquoi ce délai ? Était-ce un besoin de vie privée ? Possible. Mais mes sources me disent que la source du problème ait pu se trouver autre part. Je ne voudrais pas trop m'avancer, mais il y a une forte probabilité que les deux créateurs soient des membres des Langues-de-Plomb, l'unité la plus secrète du Ministère de la Magie. Quelle mission dangereuse ont bien pu les empêcher de se révéler, on peut se le demander. » Severus commença à rire avec l'adolescent, et finit par s'assoir à côté de lui sur le canapé.
« Harry, tu aurais dû me le dire plus tôt ! Je t'aurais aidé avec ta mission dangereuse ! » proclama Severus, donnant lieu à un nouveau fou rire.
« Un peu plus loin, elle dit qu'il y a aussi une chance qu'on soit une seule et même personne. » ajouta Harry, en essuyant quelques larmes de rire. « On a vraiment fait du bon boulot, personne ne nous suspecte pour l'instant. » Severus hocha vigoureusement la tête.
« En parlant de Rita Skeeter, je viens de recevoir une lettre de Nagnok. » Harry regarda le maître de Potions, confus. Nagnok était le gobelin qui se chargeait de leurs finances et, par conséquent, avait pris en charge leur transition de l'anonymat à la célébrité, comme il l'avait dit lui-même.
« Quel est le rapport entre Nagnok et Skeeter ? »
« Il a programmé une interview avec elle, dans deux semaines, avec le shooting photo et tout le reste. Apparemment, il a trouvé l'article de la Gazette du Sorcier insuffisant. » expliqua Severus. Harry déglutit avec difficulté. Il ne l'avait jamais rencontrée mais cette Skeeter avait l'air terrifiante.
« Oh, joie. » ironisa-t-il sèchement. Severus eut un sourire en coin.
« M'en parle pas. Rien à voir, mais que dis-tu de partir pour le week-end et d'aller en Bretagne ? » demanda Severus soudainement.
« En Bretagne ? Bien sûr. » répondit Harry. « Pourquoi ? »
« Pourquoi pas ? » contra Severus.
« C'est pas faux. »
« En plus, il y a un tournoi organisé là-bas qui pourrait te plaire. À moi aussi d'ailleurs. » l'informa Severus, les yeux brillants.
« Un tournoi ? » demanda Harry, intrigué.
« Dis-moi, Harry, as-tu déjà entendu parler de joutes ? » questionna Severus, regardant avec amusement les yeux d'Harry s'agrandir sous le choc.
« Sur des chevaux ? »
« De quelle autre manière ? » demanda-t-il et Harry se mit à sauter de joie.
« On peut participer ? » Severus hocha la tête.
« À la joute et à tous les autres évènements. C'est assez commun dans les familles de Sang-Pur en Europe. Moi, j'y vois une chance de mettre une cotte de maille et de battre mes adversaires avec quelque chose de pointu. » Harry rit à sa plaisanterie puis courut vers l'écurie.
« Où tu vas ? » demanda Severus, amusé.
« M'entraîner ! » annonça Harry. Ils durent faire appel à Minnie qui, elle, savait où se trouvait l'équipement dont ils avaient besoin – Severus ne savait même pas qu'il l'avait – mais ils finirent par s'entraîner. La lance était plus lourde qu'il n'y paraissait, la cotte de maille et l'armure allaient probablement leur donner de bonnes courbatures et il leur fallut près de trois heures pour enfin commencer à toucher leurs cibles. Mais au final, les deux sorciers ne pouvaient pas être plus heureux lorsqu'ils s'arrêtèrent en fin de journée.
La semaine se passa de manière similaire, Severus continuait ses tests pour la Tue-loup, tous les résultats revenaient d'ailleurs positifs. La pleine lune était passée puis repartie et les loups-garous s'étaient simplement transformé en loup, ne sentant rien de plus qu'une transformation Animagus. Aucune douleur ou fatigue quelconque et Severus avait l'impression d'avoir décroché la lune. C'était d'ailleurs mot pour mot ce qu'il avait dit, pensa Harry, souriant au jeu de mot.
Vendredi arriva très rapidement et ils se retrouvèrent à réserver deux nuits à l'hôtel, utilisant leurs vrais noms pour la première fois à l'étranger. Severus les inscrivit au tournoi le jour même. Harry participerait dans la catégorie des mineurs puisqu'il avait moins de 17 ans, ce qui lui donnait un avantage. Au moins, c'est ce qu'il pensait, puisque la plupart des participants étaient ici pour le plaisir uniquement. Rien ne pouvait prévenir leurs adversaires de l'esprit extrêmement compétitif et les nombreuses années d'entraînement au combat à l'épée que Severus et Harry avaient apportés avec eux.
Le premier jour du tournoi comprenait tous les jeux sauf la joute. Étant donné que Severus et Harry s'étaient uniquement inscrits pour le un contre un à l'épée, en plus de la joute, qui se déroulait en début de journée, ils auraient tout le reste de la journée pour apprécier pleinement la fête. Des gens des quatre coins du continent s'étaient déplacés pour participer. La plupart étaient habillés en tenue d'époque, médiévales, et Harry insista pour qu'ils en fassent de même. Severus se laissa facilement convaincre.
Les mineurs passaient en premier et Harry se retrouva en armure, faisant face à un garçon de 16 ans qui faisait environ sa taille mais qui avait un égo disproportionné. Harry s'était contenté d'un sourire en coin avant de déchaîner des années de frustration contenue sur son adversaire. Cela s'avéra bien plus satisfaisant que de se battre contre une cible inanimée. Les deux sorciers anglais se battirent et se défendirent pour arriver à la première place tout les deux, avec deux expressions satisfaites assez similaires sur le visage. Severus avait dû combattre un homme qui faisait deux fois sa taille mais qui était aussi, heureusement, très lent. Plus ils étaient imposants, plus la chute était spectaculaire, avait pensé Harry lorsqu'il avait acclamé son père depuis les gradins, son propre trophée dans les mains.
« Votre père ? » demanda un homme au garçon aux yeux vert. Harry lui fit un sourire.
« Oui. Il est mon père. » répondit-il pendant que Severus recevait sa récompense. C'était son père et si quelqu'un osait le contredire là-dessus, et bien, il avait une épée aiguisée à sa ceinture et une baguette prête à le persuader du contraire. Mais l'homme hocha la tête, comme s'il comprenait. C'était probablement le cas.
« Qu'en as-tu pensé ? » demanda Severus joyeusement, son nouveau trophée dans les mains, en s'approchant d'Harry.
« Tu t'es battu avec courage, Sire Papa. » le félicita-t-il de sa meilleure voix pompeuse. « J'oserais vous proposer de fêter votre victoire dans la taverne la plus proche. Qu'en dites-vous ? »
« Mais oui, Sire Harry. » répondit Severus avec un grand sourire. « Je me dois de reconnaître que j'approuve vos dires. » La plus proche taverne se révéla être la représentation fidèle de l'image qu'on se faisait d'une auberge médiévale. Et selon la tradition médiévale classique, les vainqueurs du tournoi payèrent une boisson à tout le monde. Ce qui finit par se transformer en fête de célébration agréable, qui se termina par le départ des deux gagnants en question, quittant l'endroit quelques heures plus tard, sous un tonnerre d'applaudissements.
Ils firent un détour par les écuries pour être sûr que leurs chevaux étaient entre de bonnes mains. Severus avait insisté que, puisqu'ils s'étaient inscrits pour le tournoi, ils devraient participer à la compétition avec une certaine classe et avait arrangé le transfert de Titan et Ares, les plus grands – et plus vicieux – étalons des écuries de Silbreith. Alfie, le mari de Minnie et superviseur des écuries, avait bien fait attention à ce qu'ils arrivent en sécurité et prêts pour le tournoi. L'elfe de maison avait été extatique, marmonnant que les chevaux avaient enfin une chance de faire partie d'une compétition, comme ils le devraient. Et vu comment ils avaient eu l'air heureux à chaque fois que leurs cavaliers avaient fait tomber leurs cibles durant l'entraînement, Harry avait tendance à croire que les chevaux pensaient la même chose.
Le lendemain matin, le soleil se leva, brillant et les concurrents se rassemblèrent sur le terrain. Les noms de chaque participant dans les deux catégories furent annoncés, de même que la récompense. Il fut annoncé qu'il y aurait un bal dans le château local cette nuit, pour célébrer la fin du tournoi et que les deux vainqueurs gagneraient le droit d'être accompagné par deux Lady d'extrême beauté, comme le disait héraut. Harry était déjà amplement satisfait d'être uniquement un chevalier, donc Severus dut attirer son attention sur les deux Lady en question. Harry essaya de ramasser sa mâchoire qui venait de se décrocher. Les deux femmes étaient des Veelas. Une Fleur Delacour et une Amélie Ferrier étaient assignées respectivement à la catégorie d'Harry et de Severus et elles souriaient à la foule rassemblée.
« Harry ? » demanda Seversus.
« Oui, Papa ? »
« On gagne ce truc. » décida le maître de Potions.
« Oui, on va le gagner. » acquiesça Harry, en jetant un coup d'œil à un participant un peu rond de sa catégorie qui sifflait les deux femmes. « Rien que pour sauver l'honneur de ces demoiselles d'ordures comme lui, au moins. » Severus se tourna vers le garçon avec un regard de dégoût et hocha la tête.
Les premiers à commencer furent de nouveau les mineurs. Les 14 concurrents passèrent à cheval devant les deux Lady. Harry était avant-dernier de la file et il se jura de ne pas baver comme un idiot. À sa plus grande fierté, il réussit à garder sa promesse et hocha la tête poliment vers Fleur, qui lui rendit un sourire malicieux. Il allait tellement gagner cette compétition.
Pour son plus grand régal, son premier adversaire fut le garçon rondelet qu'il avait aperçu plus tôt. Il ne fit pas attention à son nom. Il le baptisa Voldemort et chargea. L'astuce sembla fonctionner, puisque le garçon finit au sol. La foule l'acclama, tout comme Fleur, qui, après sa seconde victoire, lui lança son mouchoir. Harry eut un sourire en coin avant de se tourner férocement devant son troisième adversaire. Il ne savait pas si c'était le mouchoir qui le poussa à la fin, ou la fait qu'il visualisait chaque cavalier contre qui il sa battait comme étant un certain Seigneur des Ténèbres, mais il finit par gagner. Il eut le droit à une standing ovation, que Fleur rejoignit. Il eut un grand sourire en retournant vers les écuries et souhaita bonne chance à Severus, lorsqu'ils se croisèrent, sur leurs chevaux.
Le maître de Potions le félicita avec un gentil coup de poing dans l'épaule et sortit pour aller dans l'arène. Les choses prirent un mauvais tournant au bout de son troisième combat. L'homme qui lui faisait face avait un coup de cœur pour Amélie, depuis un moment et avait donc décidé de ne pas être fair-play. Il lança son cheval au galop avant que le signal ne soit donné, et cela finit avec les deux lances trouvant leurs adversaires. L'homme chuta de son cheval et fut banni de tous les tournois à partir de ce jour pendant que Severus s'en sortait avec une épaule gauche endommagée.
Puisque les règles du tournoi étaient claires et stipulaient qu'un participant ne pouvait soigner aucune blessure avant la fin de la joute, Severus dut continuer dans cet état. La situation avait donc pris, de fait, un tournant personnel pour lui et les adversaires suivants se retrouvèrent face à un Severus Snape extrêmement en colère. Personne ne voulait faire face à un Severus Snape enragé, et les participants découvrirent rapidement pourquoi. Six lances brisées et un adversaire évanoui plus tard, Severus avait gagné, pour le ravissement d'Amélie qui l'acclama et se dépêcha avec Fleur de sortir des gradins lorsqu'il fut temps de distribuer les trophées.
Comme ils le découvrirent plus tard, les deux filles étaient cousines. Et Harry apprit par Fleur, après que Severus et Amélie aient disparus Merlin seul savait où – et après avoir demandé la permission à Harry qui avait levé les yeux au ciel et chassé Severus avec ordre de ne pas le revoir avant le lendemain matin – qu'elle allait à Beauxbâtons et était sur le point de rentrer dans sa septième et dernière année. Elle ne crut pas Harry immédiatement lorsqu'il lui dit qu'il n'avait que quatorze ans.
« Mais tu es aussi grand que moi! » se plaignit-elle, ce qui fit rire Harry avant qu'il ne lui fasse remarquer que sa taille ne voulait rien dire. Il détourna également la conversation sur un sujet moins scolaire, lui faisant rapidement oublier son âge. Peu de temps après, la discussion dériva sur le fait qu'il était le premier à ne pas lui écraser les pieds pendant la danse – elle avait occupé la même place dans le tournoi ces deux dernières années – et le fait qu'ils étaient tous les deux intéressés par les Sortilèges.
Le bal se termina un peu après minuit et Severus n'était nulle part en vue. Harry rit pour lui-même, et fut une fois de plus soulagé d'avoir insisté pour qu'ils aient deux chambres d'hôtel séparés, et ce, depuis qu'il avait 11 ans. Fonce Sev, fut tout ce qu'il put penser, alors qu'il escortait Fleur dehors. Son amusement fut probablement la raison pour laquelle il ne remarqua pas immédiatement Fleur se rapprocher de lui, et ne s'en rendit compte que lorsqu'elle fut bien trop proche pour être évitée. Mais il ne s'en plaignait pas, au contraire.
Il eut son premier baiser dans le jardin d'un château, à la fin d'un bal, après avoir remporté un tournoi de joute. Avec Fleur, qui était non seulement une Veela, mais également une personne très intéressante en soi. Pas mal du tout, pensa-t-il. Et, même s'il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait, son instinct prit le dessus et le premier baiser devint rapidement un second, le second un troisième, jusqu'à ce qu'il arrête de les compter. Ce fut un Harry Potter très joyeux, bien qu'un peu ébouriffé qui rentra dans sa chambre cette nuit-là.
Il revit Severus le lendemain matin au petit-déjeuner. Le maître de Potions avait l'air encore plus fatigué que la nuit dernière et une griffure était assez visible sous le col de son T-shirt. Harry revêtit son plus beau rictus pour l'occasion et se laissa tomber sur la chaise à côté du professeur de Potions.
« Bonjour ! » le salua-t-il joyeusement. Severus eut un grand sourire et le salua.
« Bonjour. Et comment était ta nuit ? » Le rictus d'Harry s'élargit.
« C'était très sympathique. » Il retint un petit rire. « Je vois que tu as pris mon ordre au sérieux et que tu t'es bien occupé cette nuit. » Les yeux de Severus se rétrécirent en lui lançant un regard mauvais. « J'étais vraiment sérieux ! Je t'aurais mis un coup de pied aux fesses si tu étais revenu ! » Severus savait pertinemment que la dernière partie n'était pas une blague. Cependant, il n'était toujours pas totalement à l'aise d'avoir ce genre de conversation avec son fils innocent. Puis son regard tomba sur le cou d'Harry et ses yeux s'écarquillèrent. Innocent restait à débattre.
« Je n'ai pas l'air de t'avoir trop manqué non plus. » déclara-t-il, déroutant le plus jeune.
« Pourquoi tu dis ça ? » demanda-t-il.
« Parce que ça, » dit Severus en pointant de sa fourchette la marque incriminante « n'est pas un bleu. » La main d'Harry se plaqua sur son cou immédiatement. Il avait pensé que son T-shirt l'aurait caché. « Donc, laisse moi te le redemander. » commença Severus avec un sourire en coin. « Comment s'est passée ta nuit ? »
« Moins remplie que la tienne. » répliqua Harry, en pointant à l'égratignure du professeur de Potions. « Au moins je n'ai pas été griffé vivant. » Severus soupira et leva les yeux au ciel.
« Qu'est-ce que tu dirais d'abandonner cette conversation avant qu'on ne finisse par choquer tout les autres visiteurs ? » Harry se mit à rire en guise de réponse.
« Touché ? »
« Ouaip. » répondit Severus en insistant sur le 'p'.
« Non mais sérieusement, ça a dû te faire mal. » ajouta Harry en regardant l'égratignure encore une fois. Severus grogna et laissa tomber sa tête sur la table. Harry éclata de rire.
La semaine suivante apporta l'interview tant redoutée avec Rita Skeeter. Ils avaient déjà discutés avec quelques journalistes de la Gazette des Sorciers et, mis à part quelques regards perplexes, tout s'était déroulé correctement. Ça n'allait pas pouvoir être différent, pas vrai ? pensa Severus lorsqu'ils entrèrent dans les locaux de Sorcière Hebdo, dans le Chemin de Traverse. Ils avaient été guidés par une secrétaire, plus que désireuse de se rendre utile, dans la pièce du shooting photo – Harry en avait encore un petit sourire sur le visage – où Rita Skeeter les attendait. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'ils tombèrent sur eux et son visage devint prédateur. Les deux sorciers partagèrent un regard de pure terreur alors qu'elle s'approchait d'eux.
« M. Potter et Professeur Snape ? » demanda-t-elle d'une voix mielleuse. Harry hocha la tête essayant de ne pas laisser voir son humeur renfrognée. Est-ce qu'elle était sérieuse ? Ses cheveux blonds étaient relevés en un chignon compliqué et ses lunettes donnaient à son visage déjà angulaire un air de renard. Qu'elle soit en train de les détailler de haut en bas n'aidait pas non plus.
« Oui. » confirma Severus. « Bonjour, Mademoiselle Skeeter. » La femme eut un grand sourire, faisant remonter momentanément le souvenir de Lockhart à Harry. Ce qui n'était pas un bon souvenir.
« Et vous vous connaissez ? » demanda-t-elle, plus que ravie. « Vous avez l'air bien plus à l'aise l'un avec l'autre que ce que les rumeurs m'ont laissées croire. Mais vous semblez différents aussi. » Elle agita ses sourcils et Severus déglutit, en essayant de se rappeler qu'il avait fait face au Seigneur des Ténèbres et ses Mangemorts pendant la guerre. Il ne se laisserait pas intimider. « Richie ! » appela-t-elle. Un homme apparut de derrière le coin. Il était habillé vraiment à la mode et était probablement le photographe, si la pellicule qu'il tenait à la main pouvait être une indication.
« Tu as trouvé ce que je vais devoir transformer en personnes présentables, après de nombreux efforts, très chère ? » demanda-t-il avant que son regard ne tombe sur les deux sorciers. « Oh, mais c'est bien tout ça ! Dis-moi que c'est eux ! » Rita sourit et hocha la tête, faisant exploser Richie de joie. « Oh mon dieu ! Restez assis ici tous les deux, et finissez vos interviews, je gère tout le reste ! » Et il les laissa seuls avec la journaliste. Harry avait l'impression d'avoir débarqué dans une maison de fous, mais essaya poliment de ne rien laisser transparaître.
« Vous n'avez jamais répondu à ma question. » chantonna Rita. Harry prit la parole pour la première fois. Ils avaient déjà parlé de leur relation mentor-élève à la Gazette, décidant qu'il était temps que le sujet soit clarifié. Harry était aussi persuadé que ça aiderait également pour la réputation de Severus à l'école.
« Severus et moi, on se connaît depuis des années. » répondit Harry, insistant à moitié sur le prénom de Severus plutôt que son nom pour bien faire comprendre ce point. « Il s'est occupé de moi alors que je n'étais qu'un bébé. On pourrait presque dire que j'ai grandi dans sa maison. » Rita semblait prête à exploser de joie face à la nouvelle.
« Donc, ça ne vous dérangerait pas de faire une double interview ? » demanda-t-elle, en tapant dans ses mains. La seule chose qui traversa l'esprit d'Harry et de Severus en même temps fut qu'ils auraient à passer deux fois moins de temps avec elle. Ils acceptèrent sur le champ. « Excellent ! » s'exclama-t-elle avant de les conduire vers un bureau qui avait été installé exprès pour l'interview. « Commençons par le commencement, d'accord ? Quand vous-êtes vous rencontrés pour la première fois ? »
« Au deuxième anniversaire d'Harry. » répondit Severus.
« C'était donc il y a un long moment ! » s'écria-t-elle, les yeux brillants. « Et comment en êtes vous arrivés à presque élever Harry ? » Ayant déjà déterminé la réponse à la question, Harry commença son explication.
« J'avais quatre ans, non, plutôt cinq, je crois ? » demanda-t-il à Severus, pour éviter qu'elle ait l'impression que tout ait déjà été répété.
« Plutôt cinq. » confirma Severus.
« J'étais à Poudlard avec mes parents pour rendre visite au professeur Dumbledore. J'avais déjà revu Severus plusieurs fois, mais là-bas, je l'ai attrapé en train de brasser une potion… »
« Et il a commencé à poser des question… » intervint Severus avec un sourire, se rappelant de la scène. Ça ne s'était pas exactement passé ainsi, mais presque.
« Et je n'ai jamais arrêté. » termina Harry en riant. Rita battit des paupières et s'empressa de tout écrire.
« Après ça, dès que ses parents travaillaient, je me portais volontaire pour m'occuper de lui, et après quelques années, il a fini par passer la majorité de son temps chez moi, pendant qu'il grandissait. » Rita sourit encore et griffonna les réponses.
« Et vous vivez à Londres, si je ne me trompe pas ? » Severus eut un léger sourire en coin, la faisant se stopper dans sa prise de notes pour les fixer.
« Non, ça fait un moment que je n'y vis plus. » admit-il. Il avait espéré que quelqu'un pose cette question.
« Alors, où vivez-vous ? »
« Vous en avez peut-être entendu parler ? Ça s'appelle Silbreith. » déclara le maître de Potions.
« Le château des Prince en Écosse ? » demanda Rita, les yeux écarquillés. Harry se recula un peu, dérangé par la voix quelque peu stridente de la journaliste.
« Oh, donc vous en avez entendu parler. » commenta l'adolescent.
« Mais n'est-il pas censé être transmis uniquement à un descendant de la lignée Prince ? »
« Une lignée dont – grâce à ma mère – je suis le dernier descendant en vie. » confirma Severus légèrement, comme s'il s'agissait de la chose la plus simple au monde. Rita avait la bouche grande ouverte et le regardait avec intérêt pendant qu'elle se hâtait d'écrire sa réponse. Severus avait exigé qu'elle utilise une plume générique pour l'interview et il était heureux de voir qu'elle s'était soumise.
« Donc, Harry, comment c'était, de grandir à Silbreith ? »
« Oh, indescriptible ! » s'exclama Harry, choisissant d'être parfaitement honnête. « La bibliothèque est gigantesque, les terrains sont incroyables et il y a même un lac. Le terrain de Quidditch est également aux mesures professionnelles. Et nous avons fait de l'équitation aussi longtemps que je puisse m'en souvenir. » expliqua Harry.
« On s'était dit que vivre dans un château allait de paire avec quelques activités spécifiques. » admit Severus avec un sourire. « Alors nous avons commencé avec l'équitation puis on a rajouté le combat à l'épée.
« Et la joute, plus récemment. » ajouta Harry avec un petit rire.
« La Joute ? » questionna Rita de sa voix stridente. « Comme dans la joute du tournoi de Rennes ? » précisa-t-elle. Les deux sorciers partagèrent un regard et se mirent à rire.
« C'est amusant que vous en parliez. » s'expliqua Severus devant son regard curieux.
« On est rentrés de ce tournoi la semaine dernière. » compléta Harry.
« Vous avez participé ? »
« On a gagné. » répondirent-t-ils en parfaite synchronisation. Rita avait un air ravi, comme si Noël était arrivé en avance.
« Puisque le temps nous presse, » déclara-t-elle en faisant la moue « dites-moi ce qui vous as conduit à vos inventions. Commençons avec Severus ? » Oh, on est passé aux prénoms ? se demanda le maître de Potions.
« Ça a été un projet en continu pendant de plusieurs années. J'ai été témoin des effets que la lycanthropie pouvaient avoir sur un sorcier, et de près, donc j'ai décidé de faire quelque chose. Cela m'a pris des années, beaucoup d'efforts ratés et de patience, mais j'y suis enfin arrivé. » Il se tourna vers le sorcier aux yeux vert à côté de lui, fièrement. « En fait, Harry m'a aidé. »
« N'importe quoi ! » protesta ce dernier.
« Il ne l'admettrait jamais par contre. » continua le professeur de Potions. Rita les regarda tous les deux avant de recommencer à écrire.
« Et pour l'Éclair de Feu ? » demanda-t-elle. « Un balai créé par un garçon de 13 ans est une première. »
« Ça a commencé lorsque j'avais 11 ans à Silbreith. J'ai toujours adoré le Quidditch… »
« Tu es l'Attrapeur de Gryffondor à Poudlard, c'est correct ? Le plus jeune Attrapeur du siècle ? » le coupa-t-elle. Le garçon hocha la tête, impassible.
« C'est bien ça. Bref, Severus a proposé de me donner tous les vieux balais du château pour pouvoir les démonter. La création est venue naturellement et avant que je ne m'en rende compte, l'Éclair de Feu était là. Qui n'aurait jamais paru sur le marché si Sev ne m'avait pas convaincu de montrer mes designs, si je puis me permettre. » La journaliste griffonnait avec de plus en plus de frénésie.
« C'est… » Elle s'éclaircit la gorge. « Donc, des plans pour le futur ? »
« Et bien, nous allons retourner à Poudlard en septembre, moi, pour enseigner et Harry pour continuer avec ses études, mais nous avons déjà eu une idée dont vous entendrez parler bientôt. » précisa le maître de Potions. De la publicité gratuite, c'est comme ça que Nagnok l'avait désigné.
« Vraiment ? » demanda-t-elle.
« Oh oui. » commença Harry. « C'est un projet commun, appelé Sphères de Mémoire. »
« Hmm. Intriguant. »
« Vous en serez le juge. » déclara Harry avec un sourire.
« Comment ça ? » s'enquit-elle, flattée.
« Nous n'en avons jamais parlé avant. » expliqua Severus. Rita émit un petit cri et se prépara à noter tous les mots qui allaient sortir de leurs bouches.
« Une Sphère de Mémoire, honore son nom. » éclaira Harry. « Ça marche comme une petite Pensine mais n'enregistre et ne repasse que le souvenir qui s'est produit lorsqu'elle a été activée. Il y a de la place pour un équivalent de 6h de souvenirs et le produit sortira juste à temps pour la Coupe de Monde de Quidditch. »
« Par la barbe de Merlin ! » s'exclama-t-elle. « Vous avez été bien occupés. » Ils hochèrent la tête devant l'euphémisme. « Maintenant, j'aimerais savoir… »
« Rita, très chère, qu'est-ce que tu as fait de mes mannequins ? » La voix de Richie le photographe les sauva de questions supplémentaires. « On est en retard. »
« Je ne peux pas avoir 5 minutes de plus ? » demanda-t-elle, en boudant, en regardant les deux sorciers comme si elle voulait les enchaîner à une chaise et les garder ici.
« Cinq minutes de plus ne sont jamais cinq minutes avec toi. » contredit Richie et s'approcha pour venir chercher Harry et Severus. « Oh, tu as fait une double interview ? Parfait ! On fera rentrer ça dans le shooting photo. Maintenant, venez ici ! Vous devez encore vous changer et on n'a pas toute la journée ! » leur ordonna-t-il et ils se levèrent avec obéissance de leurs chaises pour le suivre. Rita les arrêta alors qu'ils essayaient de partir.
« Je vous reverrais tous les deux, mes chers. » affirma-t-elle en rajustant le col d'Harry et en tapotant la poitrine de Severus. « Dans peu de temps, j'espère. » Et elle se tourna et partit, laissant derrière elle deux sorciers pétrifiés et un peu perturbés.
« Est-ce qu'elle vient de… ? » demanda Harry, en déglutissant.
« Oui. Elle l'a fait. » confirma Severus.
« Allez, mes deux beautés ! Je vous ai dit qu'on n'avait pas toute la journée ! » s'exclama Richie.
« Et maintenant il va le faire aussi, pas vrai ? » demanda Harry, perturbé.
« Très probablement. » acquiesça Severus, en redressant les épaules face à son destin. À la nuit tombée, ils étaient à Silbreith, cloîtrés dans la bibliothèque, en d'autres termes, en train de se cacher du monde.
« C'était horrible. » se plaignit Harry pour la dixième fois. Et pour la dixième fois, Severus acquiesça.
« Ça l'était. » Il en profitait pour ranger tous les livres qu'il avait utilisés durant ses recherches sur la Tue-loup à leurs places.
« Papa ? » demanda Harry, quelques instants plus tard, les yeux parcourant rapidement les titres des livres encore au sol. Il avait l'air pensif, ce que Severus avait remarqué plusieurs fois depuis la fin du trimestre.
« Oui Harry ? » Le garçon déglutit et regarda le maître de Potions, comme s'il doutait. « Tu peux tout me dire, Harry. Tu le sais. »
« Le problème n'est pas de te dire… » murmura le garçon et Severus eut un sourire en coin lorsqu'il comprit. Ça n'avait pas dérangé Harry de décider ce qu'il pourrait dire ou non à sa famille. Ce qui serait prudent et ce qui causerait des réactions hilarantes était souvent revenu dans les conversations de ces dernières semaines, sans qu'Harry ne soir perturbé. La seule chose dont il n'avait jamais parlé était Neville. Et bien, c'était sur le point de changer.
« Tu veux le dire à Neville, pas vrai ? » Les yeux d'Harry s'écarquillèrent.
« J'étais si transparent que ça ? » demanda-t-il, avec un doux sourire.
« Non, mais tu es mon fils. Je ne vois pas comment tu pourrais me cacher le fait que tu sois perturbé par quelque chose. À partir de là, le raisonnement était de la simple logique. »
« Je vois. »
« Et qu'est-ce que tu voudrais lui dire ? » demanda Severus, anticipant déjà la réponse.
« Serais-tu en colère si je te répondais 'tout' ? » demanda Harry, les yeux rivés sur le sol. Le maître de Potions soupira, se rapprocha d'Harry et lui prit l'épaule de manière rassurante.
« Je te rappellerais que ton secret doit être protégé. Je te dirais que tu devrais quand même rester prudent. Que tu devrais bien y réfléchir, mais si j'imagine que tu as déjà réfléchi à tous les scénarios possibles. Mais non, je ne serais pas en colère. » Harry releva vivement la tête pour regarder le maître de Potions dans les yeux.
« Pas du tout ? »
« Non. » lui assura Severus. « Neville a été toujours été là pour toi et il fait partie de ces rares personnes qui sont férocement loyales sans être excessivement têtues. Enfin, pas tout le temps en tout cas. » Harry rit en entendant la fin.
« Oui, c'est vrai. Et, Papa, » commença Harry, en se pinçant l'arrête du nez, prenant une grande inspiration « il a été comme un frère pour moi, cette année. Plus qu'Adrian ne l'a jamais été. C'est triste non ? » se demanda l'adolescent, mettant pour la première fois des mots sur la conclusion qu'il avait tiré de cette année. « J'ai envie de le lui dire. »
« Je comprends, je crois. Mais sois vraiment prudent Harry. Si tu lui dis, j'aimerais lui apprendre les bases de l'Occlumencie. Je ne pense pas quiconque essaierait de lire dans l'esprit de Neville mais je ne veux même pas prendre le risque. » Harry lui fit un grand sourire et courut dans les bras de son père d'adoption.
« Tu ferais vraiment ça ? »
« Tu en doutes ? » demanda Severus en se reculant légèrement pour ébouriffer les cheveux de son fils, les yeux brillants joyeusement. « Envoie lui un hibou rapidement et invite-le ici. Je serais juste à côté lorsque tu lui diras. » Le sourire qu'Harry lui fit en guise de réponse était aveuglant.
« Merci Papa ! » s'exclama-t-il, serrant une fois de plus le professeur de Potions dans ses bras.
« Pas de quoi. » lui assura Severus. « Et merci de m'avoir prévenu avant toute chose. Si tu avais tout déballé à Neville sans réfléchir, j'aurais été furieux, sans aucun doute. » Harry eut un sourire en coin et hocha la tête.
« Tu sais que je ne ferais jamais ça. » Severus hocha la tête à son tour.
« Maintenant, est-ce que tu voudrais aider ton père avec ce bazar, » proposa Severus, en pointant les livres étalés au sol « ou tu préférerais écrire ta lettre tout de suite ? »
« Je pense que je vais rester pour te donner un coup de main un peu plus longtemps. » décida Harry, en se penchant pour ramasser un pavé imposant sur les plantes. « Je n'avais même pas réalisé combien de livres tu avais pu lire ces 7 dernières années ! » Severus hocha la tête et regarda autour de lui, se demandant la même chose.
Vu le temps qu'il avait mis à enfin perfectionner sa potion, ce n'était que maintenant qu'il arrivait à la fin de son rangement, il arrivait enfin au bas des piles de livres qu'il avait collecté au fil des années. Il en profita pour regarder les livres qu'il avait rangés ici et oubliés, des livres qu'il n'avait pas vus depuis des années. Un, en particulier, attira son attention. Il l'avait enfoui dans un recoin de sa mémoire, quelques années auparavant, lorsqu'il jugeait qu'il ne méritait pas l'espoir qu'il lui offrait. Mais maintenant ? Maintenant il sentait le besoin de le relire. Mais pour cela, il devrait être seul. Harry lui donna une excuse parfaite, lorsqu'il bailla quelques minutes plus tard. Même s'il voulait rester aider plus longtemps, leur journée remplie l'avait fatigué.
« Merlin, je suis crevé ! » s'exclama le garçon.
« Alors file au lit. » ordonna Severus. Harry se leva et s'étira avant de pointer la pile de livres restante devant Severus.
« Tu es sûr que tu n'as pas besoin de mon aide pour ceux-là ? »
« Non. » affirma Severus, ramassant encore un livre pour le ranger à sa place. « Je vais probablement faire le choix raisonnable de finir demain. Maintenant file et va te reposer. Demain va être une grande journée pour toi ! » Harry rit et souhaita bonne nuit au maître de Potions. Severus resta immobile et attendit de ne plus entendre l'écho des bruits de pas de l'adolescent avant d'ouvrir le livre qu'il fixait. C'était le fameux livre sur les emblèmes qu'il avait offert à Harry, il y avait 7 ans de cela. Il tourna les pages doucement jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. L'incantation nécessaire pour créer un emblème était juste là, comme dans ses souvenirs.
« Il arriva un temps, après la guerre, où les sorciers furent marqués comme des esclaves avec l'emblème de leurs adversaires. Cette magie sombre s'infiltrait dans leurs os et y demeurait jusqu'à la mort dudit adversaire ou bien à la création de leur propre emblème. Aucun sorcier ou sorcière ne peuvent graver magiquement deux emblèmes distincts sur leurs corps, puisque les deux sources de magies représentées se battraient pour la dominance du corps… » Severus continua de lire lentement ce passage qu'il avait découvert il y avait longtemps. « … Les sorciers portant le symbole de leurs maîtres pouvaient choisir de le faire disparaître à l'aide d'un sort, en faisant apparaître leur propre emblème. Le processus cause une douleur insoutenable, comme la plupart des… » Severus relut l'incantation et s'assit doucement au sol, en posant le livre ouvert devant lui. Il releva sa manche avec précaution.
La Marque des Ténèbres était là, le narguant comme depuis toujours, partiellement effacée mais toujours présente. La seconde guerre se rapprochait, pensa le maître de Potions, et ses compétences d'espions auraient pu être utiles, si les circonstances avaient été différentes. À ce stade, il aurait du mal à convaincre Voldemort de sa loyauté et, plus important encore, il ne pensait pas être capable de le faire. Sa place dans cette guerre n'était plus de se cacher dans l'ombre. Ce n'était plus sa place dans la vie non plus. Cette fois-ci, il se battrait ouvertement, que cela fasse de lui une cible plus recherchée ou non. Il regarda encore une fois la description du processus. Douleur abominable. Donc, en résumé, tordez-vous sous la douleur et ça ira mieux ? pensa-t-il, sarcastique. J'ai déjà vécu ça, se rappela-t-il et il sortit sa baguette. C'était le dernier chapitre de sa vie en tant que Mangemort, si jamais il réussissait. Bien évidemment que ça allait faire mal, tout avait un prix.
Il jeta le sort avant de trop réfléchir et de fini par avoir des doutes. Une fumée blanche délicate sortit de sa baguette et vint entourer sa Marque des Ténèbres. Il ne ressentait aucune douleur, et le sort-brouillard se rapprochait de plus en plus de sa peau et, pendant un instant, il crut s'être trompé. Il n'avait pas besoin de s'inquiéter, la douleur arriva très rapidement. Il hoqueta face au changement abrupt de sensations, 'un léger engourdissement à une souffrance de martyr. Le brouillard toucha sa peau comme si des millions d'aiguilles brûlantes pénétraient sa chair et s'enfonçaient de plus en plus loin, Severus finit par tomber sur le tapis épais, les yeux vers le plafond, qu'il ne distinguait même pas, tant la douleur était forte.
Il avait l'impression que son sang avait pris feu, qu'on l'écorchait vif, le nerf central de sa douleur étant son avant-bras gauche. La seule chose qui lui permit de ne pas hurler fut toutes ces fois où il avait souffert en silence sous le sortilège de Doloris, mais même là, il faillit céder. Il était sur le point d'abandonner et de crier son agonie lorsque, après une dernière poussée de douleur qui lui donna l'impression qu'il venait de perdre son bras, la douleur s'arrêta.
Il resta allongé sur le tapis, essayant de reprendre son souffle, ne bougeant pas un seul muscle de peur de déclencher une nouvelle série de douleurs. Quelques minutes plus tard, il tourna légèrement la tête. Bonne nouvelle, son bras était encore là. Mauvaise nouvelle, il allait devoir bouger pour vérifier que le sort avait bien fonctionné. Réveillant un à un et lentement tous ses muscles plaintifs, il leva sa main du sol, n'osant pas encore regarder. Il semblait avoir conservé une mobilité totale, et cela l'encouragea à jeter un bref coup d'œil. De la fumée émanait encore de la zone, signe qu'une incantation pour le moins puissante venait d'être jetée. Ses veines étaient gonflées comme s'il avait combattu à l'épée pendant des heures, et tous ses muscles étaient douloureux.
Et, là où se trouvait auparavant la Marque des Ténèbres, apparut soudainement un symbole noir fait d'arabesques, ressemblant au croisement d'une croix Celtique et d'une étoile, avec quatre points qui s'évadaient depuis le milieu de la croix. Il faisait à peine 10 cm de long et 5 cm de large, et il pouvait distinguer les marques de ses Maîtrises en Potions, Arts Sombres, Métamorphose et Sortilèges accompagnée de nombreuses marques d'apprenti, placées de manières stratégiques. Tout était là, jusqu'à la rune le désignant comme un Animagus incorporée dans le motif central de son emblème. Severus souleva un peu plus son bras et le colla à sa poitrine, la main sur son cœur qui battait à toute allure.
Il commença à rire, un rire de pur soulagement, les yeux levés vers le plafond en serrant son bras gauche avec son bras droit, jusqu'à ce que les larmes n'arrivent. Et il demeura ainsi, sur le sol de la bibliothèque, riant et pleurant, pour tout ce que représentait cet emblème, jusqu'à ce qu'il ne tombe progressivement dans le sommeil.
Désolée encore une fois, ce n'est pas le chapitre tant attendu... Mais on s'en rapproche encore ! Ce chapitre est quand même assez important pour la suite alors j'espère que vous appréciez et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A la prochaine !
