Chapitre 54 : Tom et Louis
J'avais erré pendant une semaine entière dans tous les lieux qui m'étaient chers. Je m'étais rendue devant les grilles de Poudlard, qui m'étaient désormais fermées à tout jamais, j'étais passée devant la grande maison de mes parents, mes premiers parents, puis devant celle de mes adoptifs. J'avais ainsi fais tous les lieux qui me tenaient à coeur.
A présent je devais retrouver Tom, c'était lui, c'était lui depuis le début. J'avais choisis l'immortalité et je ne pourrais donc jamais mourir. Quel lourd choix que nous avions pris trop à la légère... Mais tout ce qui était arrivé, était pour Tom. Il restait mon unique choix, même si désormais nous devrions rester et vivre cachés. Dans quelques siècles nous pourrions surement refaire surface, les sorciers auraient oublié nos visages et les amis que j'avais eus seraient déjà dans l'autre monde. Mon coeur se brisa à cet instant, je ne vieillirais pas avec eux, je resterais figée dans cette jeunesse.
J'avais finis par retourner au château. Tom y serait. Après tout, où d'autre aurait-il pu être ?
Quand j'arrivai ce fut Narcissa qui m'accueillit en essayant de m'offrir son plus chaleureux sourire. Je ne compris pas pourquoi elle éprouvait autant de compassion à mon égard jusqu'à ce qu'elle m'apprenne que Tom n'était pas là.
- Il est tout de même passé n'est-ce pas ? Demandai-je après l'avoir rejointe dans le salon.
- Oui, répondit-elle.
J'avais l'impression qu'elle portait le poids du monde sur ses épaules.
- Où est-il parti ? M'enquis-je.
- Il ne l'a pas dit.
Elle posa une main qui se voulait réconfortante sur mon épaule.
- Il a dit qu'il ne pourrait jamais t'offrir la vie que tu voulais, qu'il lui fallait du temps, ajouta-t-elle devant mon silence.
- Il a dit quand il reviendrait ?
Narcissa détourna les yeux tristes, en remuant la tête en signe de négation.
- C'est à cause de moi qu'il est devenu cet homme froid et méchant... C'est à cause de moi et de ma mort... Je ne peux pas lui en vouloir de ne pas avoir envie de me voir après tout ce que je lui ai demandé de faire pour moi.
- Il reviendra, le maître vous aime.
- Ne l'appelle pas comme ça. Ce n'est plus ton maître Narcissa.
Elle acquiesça d'un faible signe de tête.
Un long moi était passé sans que je n'ai la moindre nouvelle de Tom. Durant tout ce temps, j'étais restée au manoir Malefoy en compagnie de Narcissa essentiellement. Elle avait été d'un grand secours pour moi, elle avait été présente comme une mère l'aurait étée. Parfois, je me demandais même si ce n'était pas une manière de remplacer la lourde perte de son fils. J'avais l'impression qu'elle mettait un point d'honneur à s'occuper de moi et de ma tristesse. Peut-être qu'elle se sentait comme moi, comme une femme ayant perdu sa raison de vivre. Elle son fils et moi Tom. Je n'avais pas non plus rappelé mon frère. Après tout, il appartenait au monde des morts. J'aurais imaginé aller mieux, au fur et à mesure du temps qui passait, mais non. La douleur de la perte de Tom n'avait pas faiblit. Je m'attendais toujours à ce qu'il passe la grande porte du manoir d'un jour à l'autre, pourtant il était toujours affreusement absent. Par moment, je lui en voulais même. J'avais tout quitté pour lui, mais il refusait de refaire surface ! Ma seule consolation, mon seul espoir, était qu'il ne pouvait pas mourir, qu'il irait toujours bien. Mais ou était-il bond sang ! Que faisait-il ?
- Hermione, il faut que tu manges, murmura Narcissa en entrant dans ma chambre avec un plateau repas.
- Ne t'en fais pas, je ne peux pas mourir.
- Mange, insista-t-elle d'une voix autoritaire.
Voyant que je n'accordais pas la moindre attention au plat qu'elle me tendait, Narcissa le posa sur ma table de nuit.
- Tom a contacté Lucius, déclara-t-elle.
Je me levai subitement de mon lit pour lui faire face. Pourquoi contacter Lucius plutôt que moi ? M'en voulait-il à ce point ?
- Que lui a-t-il dit ? Où est-il ? Que fait-il ? Quand a-t-il contacté ton mari exactement ?
- Ce matin, mais je n'en sais pas plus. Lucius ne ma rien dit, mais tu devrais aller le voir pour lui poser tes questions. Il semblait... Il semblait angoissé.
- Angoissé ? M'étranglai-je presque.
Que se passait-il donc ? Par Merlin !
Je sortis en trombe de ma chambre pour rejoindre le bureau de Lucius. J'ouvris brusquement la porte sans frapper et retrouvais le maître de maison, face à la fenêtre de son bureau. Il semblait pensif.
- Ou est Tom ? Lui demandai-je.
Narcissa entra à son tour et adressa un regard désolée à son mari.
- Il est en sécurité, me répondit-il.
- Je n'ai pas envie de m'énerver, lui lançai-je d'un ton que je voulais mesurer. Alors réponds à ma question !
- Le maître ne m'a pas permis de te dire quoi que ce soit.
- Je suis avec Tom ! M'exclamai-je furieuse. Donne-moi la lettre que tu as reçue ! Ordonnai-je en tendant une main impérieuse dans sa direction.
- Elle s'est enflammée aussitôt que je l'avais lue. Le maître est ingénieux.
- Sort Narcissa, ordonnai-je en sortant ma baguette de ma robe de sorcière.
Cette dernière m'adressa un regard suppliant.
- SORT ! Hurlai-je à bout de nerf.
- Hermione, je t'en prie...
- Mlle Gryffondor a du courrier, fit une petite voix apeurée.
Nous nous retournâmes tous stupéfaits vers l'elfe de maison qui me tendait une lettre. Ne voyait-il donc pas que j'avais autre chose à faire que de m'occuper de ce stupide courrier ?!
- Faite-le sortir, où je l'étrangle !
Narcissa congédia aussitôt l'elfe en récupérant tout de même la lettre.
- Ca vient de Harry Potter, me signala-t-elle.
Je lui arrachai la lettre agacée pour vérifier par moi-même. Elle venait bien de lui. Que voulait-il donc ? Après tout, il n'avait pas daigné prendre de mes nouvelles durant tout le mois qui venait de passer ! J'ouvris la lettre avec humeur pour la lire. Elle était courte, très courte et lorsque j'eu finis, je relevai les yeux vers Lucius, puis Narcissa.
- Je crois qu'il est fou... murmurai-je.
- Je peux ? Me demanda Narcissa en tendant une main vers moi.
Je lui donnai la lettre et elle la lu à voix haute.
« Hermione,
Nous sommes tous ravies du chemin que tu as suivis et nous sommes très heureux de répondre par la positive à ton invitation.
Avec toute notre affection,
Harry, »
- Vous avez organisé quelque chose ici ? Une soirée ?
Lucius et Narcissa secouèrent la tête, dans un même mouvement.
- Non mais de quelle invitation parle-t-il ?! Comme si j'étais d'humeur à organiser quoi que ce soit !
- Peut-être devrais-tu lui demander directement, tenta Narcissa. Peut-être que c'est une erreur...
Je levais les yeux au ciel agacée. Une erreur ! La lettre m'était bien adressée, il n'y avait donc aucune erreur possible.
Après quelques secondes de silence, je fis revenir l'elfe de maison pour qu'il me dise quel genre de hibou était venu apporter la lettre. Après sa courte description, il n'y avait pas de toute, il s'agissait du stupide hibou des Weasley. Harry était encore chez eux.
Je transplanai alors presque aussitôt au terrier, mais au lieu de frapper à la porte, je fis le tour de la maison. A en entendre leurs cris, ils étaient de nouveaux tous à faire un match de quidditch. Lorsque je les vis en effet dans les airs, j'annonçai ma présence aussitôt. Je ne voulais pas perdre de temps.
- JE SUIS LA !
Ils redescendirent au sol les uns après les autres, mais le premier à m'atteindre fut Harry. Il me serra chaleureusement dans ses bras, aussitôt suivit de Ginny.
- Je suis tellement heureuse pour toi ! S'exclama-t-elle. Je serais ton témoin n'est-ce pas ?
- Mon quoi ? Répétai-je en écarquillant les yeux.
Ginny n'eu pas l'occasion de me répondre, puisque le reste des Weasley vint me saluer. Ron me sembla plus détendu que les précédentes fois, mais il restait tout de même un peu distant.
- Je crois que Ron aurait préféré que ce soit lui que tu épouses, me murmura Fred à l'oreille.
- Mais on est tous content de ton choix, ajouta George en me donnant une tape amicale dans le dos.
- Mais qu'est-ce que vous raconter ? Demandai-je en les dévisageant comme s'ils étaient devenus fou.
Une silhouette que je n'avais pas encore saluée, s'approcha de moi.
- Je leur ai dis Hermione. Je leur ais dit que nous allions nous marier.
Tom sous l'apparence de Louis, venait de lâcher son ballais dans l'herbe et s'approcha de moi avec un sourire sincère.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? Demandai-je surprise.
- Il squatte depuis un mois, signala Blaise en riant.
- Comme toi, signala Ron avec humeur en jetant un œil réprobateur à sa sœur.
Leurs chamailleries me passaient complètement au dessus de la tête, je me contentais de fixer Tom, pour essayer de comprendre ce qu'il se passait.
- Je leur ais dit que tu avais finis pas comprendre que Voldemort n'était pas quelqu'un de bien pour toi et que d'une certaine manière, nous nous aimions tous les deux depuis plusieurs années. Je leur ais dis que nous nous étions finalement avoués nous sentiments respectifs et que nous souhaitions nous marier. Tu ne m'en veux pas d'avoir vendu la mèche hein ? Insista-t-il en bon comédien.
J'attrapai aussitôt Tom par l'épaule et l'éloignait le plus possible de mon groupe d'amis.
Lorsque nous fûmes suffisamment à l'écart je m'arrêtais pour plonger mon regard dans le sien. Il s'approcha de moi et posa ses lèvres sur le miennes. Cependant, je le repoussai vivement.
- Je croyais que tu ne voulais pas m'embrasser lorsque tu avais cette apparence ?
- J'ai changé d'avis.
- Il y a en effet beaucoup de choses qui ont changé, répliquai-je. J'attends des explications, je ne comprends rien !
- C'est pourtant simple Hermione, murmura-t-il en attrapant mes mains dans les siennes. Tom Jedusor ne sera jamais accepté par qui que ce soit dans le monde des sorciers. Par contre, Louis... Il n'est qu'un gentil moldu inoffensif. Nous allons pouvoir nous marier et vivre heureux Hermione. Personne ne saura jamais qui je suis réellement.
- Mais enfin Tom... Tu es complètement fou ! Tu crois qu'ils ne vont pas finir par te reconnaître ? Tu ne peux pas changer qui tu es Tom, et ce qu'il s'est passé l'autre soir, il y a un mois, se reproduira. Tu auras de nouveau une réaction qu'ils jugeront étrange. Tu n'arriveras jamais à t'entendre avec eux, vous êtes trop différents. Mais ce n'est pas grave Tom, c'est toi que j'ai choisis et ce pour toute ma longue vie. J'ai été bête de te demander de te rapprocher d'eux, nous n'avons qu'à nous enfuir et tout ira bien.
- Tu ne comprends pas Hermione... Nous n'avons plus besoin de nous cacher avec l'apparence que j'ai ! Nous allons pouvoir nous marier et vivre heureux aux yeux de tous. Tout sera parfait, surtout que je m'entends bien avec tout le monde. Il n'y a eu aucun dérapage depuis un mois !
- Comment ça depuis un moi ? Répétai-je ne comprenant pas.
- Tu te souviens d'où soir où on était là tous les deux et que tu m'as forcé à sortir de table ? J'y suis presque aussitôt retourné. J'ai vécu avec eux pendant un mois.
- Tu as vécu en moldu ? Demandai-je surprise. Comme si c'était possible !
- Et pourtant je l'ai fais Hermione. Je l'ai fais pour toi, parce que je t'aime. Nous serons heureux, je te le promets. Rien ne changera, mis à part mon apparence en public.
Je n'arrivais pas à emmagasiner tout ce qu'il me disait, je n'arrivais pas à le croire et pourtant il était là, avec mes amis et ce, depuis un long mois. Comment avait-il pu autant changer ? Comment pouvait-il réellement vouloir se faire passer pour un moldu le restant de sa vie ?
- Je ne peux pas te faire endurer ça Tom, c'est comme si tu renonçais à ta véritable identité.
- C'est le cas, mais je le fais parce que je t'aime. Nous savons tous les deux que c'est notre unique chance d'être ensemble et eux. Tu auras tout le monde avec toi Hermione, tu auras tes amis !
- Vous parlez de la date du mariage ? S'enquit Ginny en nous rejoignant. Je propose septembre.
Je ne pus m'empêcher de sourire devant tant de joie autour de moi. Même Tom semblait heureux.
- Mêle-toi de tes affaires Ginny, intervint Blaise en levant les yeux au ciel. Et on n'a pas finit le partie !
- Je ne remonte pas sur mon ballais si Fred continue de tricher, fit remarquer Tom à ma grande surprise
- Je ne triche pas, répliqua le concerné.
- C'est moi qui reçois tous les cognards !
- Vous jouez avec des cognards ? M'exclamai-je effrayée.
- Je te rappelle que je suis un moldu moi, insista Tom sans se préoccuper de mon intervention.
- Un moldu qui est meilleur que Ron, fit remarquer George en riant à gorge déployée.
- Je vous entends, fit Ron avec humeur.
Je voulus insister sur la dangerosité de l'utilisation des cognards, mais me retins. En réalité, j'étais même subjuguée par la scène qui se déroulait devant moi. Tom ne discutait pas seulement avec eux, il s'amusait, riait... Il se comportait comme un garçon normal entouré de ses amis. Et si tout devait finalement se finir comme ça ? Peut-être que c'était pas une mauvaise idée, peut-être même que c'était la seule qui me permette d'avoir véritablement tout ce que je voulais. Après tout, Tom n'aurait à conserver cette apparence qu'en public. En privé il redeviendrait le vrai Tom et au bout de quelques siècles, il pourrait recouvrir totalement son apparence.
- Tu te mets dans mon équipe Hermione, m'ordonna Ginny. Tu es contre Louis, donc pas de favoritisme, je vous préviens, nous lança-t-elle en nous regardant tour à tour.
- Je ne joue pas, répondis-je avec fermetée.
- Allez Hermione, insista Tom. Si un moldu peut jouer toi aussi !
Il avait l'air de vraiment y tenir, comme si jouer était devenu l'une de ses occupations préférées... Mais après tout, il n'avait jamais vraiment eu d'enfance ou d'adolescence digne de ce nom.
- Bon d'accord, finis-je alors pas céder. Mais c'est vraiment pour faire plaisir à Louis. Et si je tombe, vous me donnez tous dix galions de dédommagement.
Ils acquiescèrent tous d'un signe de tête et j'enfourchais un ballais que me tendis Fred.
