Wanye ma petite Communauté d'Obsession, wanye à toutes et tous.
J'ai bien compris qu'il me fallait accélérer l'intrigue de ce récit, suite à mes précédents commentaires, aussi ai-je tenté de m'appliquer à suivre cette directive. Je ne peux cependant pas rogner sur certains dialogues qui expliquent les coutumes elfiques…tout ceci pour dire, que, une fois de plus, ce sera long, mais ne dit-on pas que plus c'est long, plus c'est bon ? Ou me serais-je tromper de registre ?
Enfin, un post par quinzaine, je pense que cette nouvelle allure de croisière devrait vous satisfaire. Une fois de plus, j'ai fait mon maximum en recherches, afin de coller au contexte et fait attention aux fautes. S'il en reste, je requiers votre indulgence…Hannon le. (Merci.)
Pour accompagner votre lecture, voici les musiques qui m'ont inspiré :
- Thomas Adam Habuda Lacrimosa (GRV Extented RMX)
- X – ray dog Final hour
- Lacrimosa Mozart
- Epic battle music
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une excellente lecture, et comme toujours j'adresse un grand merci à ces personnes de qualités qui me suivent régulièrment depuis bien longtemps à présent et sans qui je n'avancerais pas de façon aussi déterminée, à savoir :
Pour les Miss : Méliane, Baka Saru, Fanélia, Akiko-Tora (devenue rare ces temps-ci), Sirs : Alexandre, Evraldrym, Amrod.
Un grand Merci, également, à tous ceux qui viennent me lire. Je n'oublie pas que c'est une belle récompense pour moi. J'espère que la suite vous plaira…
Je vous souhaite un belle fin de semaine, portez-vous bien…aimez-vous…
A très bientôt.
Arakïell.
Chapitre 45
La Rébellion
Des Clans
Retour à Mirkwood…
Dans les appartements d'Aliénor, se tenait un Conseil de grande importance…du moins pour leurs glorieux membres :
Alachnÿ : Alors…je propose que nous mettions au point un plan d'action…
Jack : Toi, l'magicos, tu vas t'assoir peinard et te tenir tranquille parce que là, tu vois, j'ai décidé de prendre les rênes en main.
Alachnÿ : En ce cas, il est fort à parier que nous n'irons pas bien loin.
Jack : Merde !
Prince Charmant : Ce ne sont point là de belles manières !
Jack : On s'en…
Zorgûnn : Le temps presse.
Jack : Merci mon pote de m'faire recouvrer la raison. Il semblerait, qu'Orlyänne, Aliénor, Zorgûnn et moi, on soit les seuls gogos à avoir des cojones par ici, pardon Nimïel, (l'elfe leva la main d'un geste de compréhension), je parlais d'baston là. Qu'est-ce que j'raconte comme conneries moi…
Alors qu'Aliénor riait de bon cœur, l'elfine de feu plaçait ses mains en coupe, l'air d'en soutenir…une belle paire :
Jack : Ok, on va mettre au point THE Plan, et ensuite on vous f'ra part de notre trouvaille !
Mic Mac : Moi aussi j'ai une belle paire de coucougnettes. Petites, mais bosseuses ! Au fait, quèque c'est THE ?
Jack : Le temps de t'expliquer, y pleuvra comme vache qui pisse.
Mic Mac : Pourquoi d'l'a pisse de vache ?
Alachnÿ : Vous remarquerez aisément, combien, dans un grand élan de mansuétude, je n'ai point ajouté mes précieuses valseuses à cette glorieuse énumération, conservant, ainsi, calme et dignité. Seul un magicien de mon rang était en mesure de se le permettre.
Prince Charmant : Mais tout à fait mon ami. Je ne cesse de l'affirmer, votre charisme fait des merveilles où que vous vous trouviez. Quant à vos balloches…Je me pose soudain une question d'importance… dans un souci de contribution évidente, serais-je à même de poser, sur la balance, le poids de mes travailleuses?
Alachnÿ : Par Barbos, je vais vraiment finir par vous apprécier Prince !
Jack : Maintenant, c'est fini la rigolade, il faut passer aux choses sérieuses. Olana est dans de sales draps…
Chaperon Rose : En compagnie d'un mâle de tout premier acabit, fallait-il le préciser.
Alachnÿ : De cela, nous n'en savons rien, car enfin, tout monarque qu'il soit, l'ardeur à satisfaire Notre amie…
Jack : Notre amie ?
Alachnÿ : Seriez-vous devenu sourd ?
Jack : Non, parce que j'te rappelle mon pote, qu'aux dernières nouvelles, t'es pas venu traîner tes guêtres par hasard par ces contrées !
Alachnÿ : Vous tanner le cul était bien dans mes prérogatives de départ, mais il se trouve, que, par le plus grands des hasards, mes sentiments aient quelque peu évolué à vos égards. J'oserai même avouer, qu'un certain élan d'affection, m'a depuis rattrapé, et il a dû courir vite le bougre.
Prince Charmant : Oh, quelle délicate attention Magicien !
Orlyänne : Le temps pour vous d'énoncer ces paroles et le temps s'enfuit…
Zorgûnn : Je n'aurai pas mieux dit.
Aliénor : Enfin un peu de clairvoyance. Alors Jack, quel est ton plan ?
Jack : Mon plan…
Aliénor : Pourquoi, quand il est question de plan, tes propos ont tendance à être appuyer de la sorte ?
Jack : Tu t'rappelles pas belette ? Pas grave. Bon, alors voilà…le gros souci, c'est : et d'un de sortir de ces cavernes sans se faire repérer, et de deux, avoir des chevaux, et de trois, savoir se diriger sur ces terres…autrement dit l'impossible quoi !
Alachnÿ : Et c'est là, que mon génie intervient, une fois de plus, avec tout le panache de sa condition. Un magicien ne sachant tromper son monde avec la flamboyance qui est sienne, n'est pas digne de sa Corporation.
Aliénor : Tellement digne que vous en avez été exclu !
Alachnÿ : Ah, çà ? Rien d'important. Jalousie mes amis. Mon succès fulgurant, auprès des femmes, en aura aigri quelques uns. Il faut bien avouer que ma toute dernière invention, « Poudre à élévation dantesque », ne m'a pas valu que des amitiés. Cette diablesse, avait de quoi attiser toutes les convoitises. Ceci dit, la recette miracle se trouve, bien à l'abri sous mon chapeau, à l'intérieur de ce qui me sert à imaginer moult fantaisies afin de berner mon monde. Au moment où je vous ai rejoins dans cette aventure à tailler à la serpette, plusieurs nobles Seigneurs me coursaient telle une jeune vierge aux atouts prometteurs. Me retrouver parmi vous, mes nouveaux amis de toujours, m'aura au moins permis d'éviter la potence !
Jack : Ah voilà, je comprends mieux.
Chaperon Rose : Petit coquinou.
Alachnÿ : Encore un de vos petit mot doux, et je me sens de faire devant vous, public émérite, une démonstration de mes compétences hors normes en matière de fornication.
Mic Mac : Vieux grigou !
Alachnÿ : Attention demi-portion, grigou, peut-être, vieux, certainement pas ! Bien, ne nous égarons point et laissez-moi vous narrer l'étendu, ou du moins un petit aperçu, de mes grandioses pouvoirs.
Orlyänne : Grandioses ?
L'elfine cracha une petite boulette de feu. Sa période de rarlänen, approchant, le feu bouillant de ses entrailles ne demandait qu'à en sortir. Le lutin, toujours effrayé par les flagrantes démonstrations de cet être à part, fit un saut de côté :
Mic Mac : Eh, fais gaffe cousine ! T'as faillis m'griller.
Amélie, chagrinée, ne cessait de se lamenter :
Amélie : Ma pauv' pougne ! Quèqu'y lui a pris aussi d's'amouracher d'un roi…C'est-y què pouvait donc point croquer un bon gars d'par chez nous ? C'aurait été ben plus sage.
Aliénor demeura pensive quelques instants. Lorsqu'elle reprit la parole, sa réflexion se répandit au milieu de tous ses amis :
Aliénor : Amélie vient de soulever un point intéressant…
Prince Charmant : Ce serait bien la seule chose à soulever la concernant.
Opéca : Tu peux pas t'empêcher d'l'ouvrir pour rien dire toi !
Prince Charmant : Je souhaitais détendre un peu l'atmosphère un tantinet trop lourde à mon goût.
Alachnÿ : Prince, je crois vous l'avoir déjà dit, s'improviser bouffon du roi, n'est pas à la portée de tout le monde !
Prince Charmant : Diantre ! Me manquerait-on de respect à ce point ? Je m'en retourne, donc à mon raisonnement intérieur, lequel, je me permets de le préciser, n'en est pas à sa première illumination délibérée.
Le gentilhomme se rassit sur sa chaise, faisant virevolter, avec un luxe un peu trop ostentatoire, ses mains parées de nombreuses bagues en or, ce qui attira la convoitise, quasi immédiate du lutin.
Le gnome se redressa, posa ses deux pieds sur le sol et s'approcha du farfadet, un sourire mielleux sur ses lèvres :
Mic Mac : Eh, les écoute pas. C'est qu'une belle brochette de porte-poisse ! Moi, j'suis mignon tout plein et, juré, craché sur mes aïeux, qu'jamais j'dirai du mal d'ta bobine.
Alachnÿ : Prince, il serait souhaitable de garder un œil sur votre bimbeloterie…de si petites choses pourraient s'égarer si rapidement...
Prince Charmant : Le pensez-vous vraiment ?
Alachnÿ : Plutôt deux fois qu'une.
L'œillade adressée par Aliénor au magicien, suffit à le calmer pour un temps :
Aliénor : Comme bien souvent, la voie de la raison apparaît dans le chaos, Amélie m'a fait comprendre que cet amour soudain pour le roi Thranduil, n'était, sans doute, pas fortuit.
Zorgûnn : Pour quelle raisons ?
Aliénor : Parce que quelqu'un a orienté ses lectures, par exemple.
Mic Mac : Vouai j'vous l'avais dit qu'Gabriel trafiquottait dans not'dos ! Il est louche ces derniers temps.
Chaperon Rose : Mais enfin, Mic Mac, le manque d'activités frauduleuses te serait-il monté à la tête ? Gabriel est un être pur, venu des Cieux pour faire le Bien et non pour « trafiquotter », comme tu sembles l'insinuer.
Amélie : Ben, c'est-y sûr çà ! Jamais y nous planterai un couteau dans l'cervelas.
Jack : J'adore ta prose Amélie, et je suis d'accord avec Al.
Chaperon Rose : Al ? Ouuuh l'on utilise un petit diminutif à présent ? Excellente initiative Jack. Le mâle se doit d'utiliser une prose adéquate afin de parvenir à retenir l'attention de sa femelle…enfin, plaisanterie mise à part, je pense effectivement, et ce depuis le commencement, que notre petite choupette d'Olana a été comme…aimablement « aiguillonnée » dans cette direction et, bien des impressions, tendraient à appuyer la véracité de mes propos. Notre amie a fait l'objet d'un intéressement tout particulier, de la part de certaines personnes parfaitement intentionnées.
Opéca : Qu'est-ce que tu racontes encore la blonde ?
Chaperon Rose : Mais enfin…ouvrez les yeux ! Nous ne sommes que les rouages d'un vaste plan, auquel se sont ajoutés quelques imprévus.
Jack : Comme ?
Chaperon Rose : Comme le noir ennemi de Gabriel, par exemple.
Aliénor : Que veux-tu dire ?
Chaperon Rose : Lorsque nous nous trouvions dans la forêt de la Lothlorien, Gabriel m'a très sérieusement mise en garde contre un terrible danger rôdant autour de nous, sous les traits d'un elfe particulièrement retord.
Mic Mac : Quèque j'vous avais dit ? J'aime pas ces elfes…y ont trop d'cheveux. C'est louche !
Chaperon Rose : Ils sont surtout fort beaux et terriblement attirant. Celui qu'il m'a été offert d'admirer dans la forêt, en plein exercice de ses talents, ce jour-là, avait ajouté, à son actif, une fort belle capacité à offrir le plaisir à sa Dame. Je n'avais jamais remarqué autant de fougue pour…enfin…pour s'assembler en une seule et même personne !
Alachnÿ : Et vous m'avez caché cela ? La bougresse ! Vous mériteriez une punition à la hauteur de votre dissimulation.
Chaperon Rose : Mais je venais dans votre direction afin de vous faire part de ma glorieuse découverte, lorsque je fus stoppée dans mon élan par mon Gabinou, m'ordonnant de n'en rien faire, de prendre garde à ce mécréant et de le fuir autant se faire que peut.
Aliénor : Et pourquoi nous l'apprends-tu seulement maintenant ?
Chaperon Rose : Parce que Gabriel n'est plus là pour faire opposition à ma volonté de vous confesser ce fait, et puis, je pense qu'il est temps d'envisager ce danger rôdant autour de nous, car, sans véritablement le rechercher, nous pourrions tomber, inopinément, et dans inopinément, il y a…le suffixe « ment », chose à laquelle je me refuse désormais.
Nimïel, Prince et Alachnÿ se lançaient, malgré tout, quelques regards grivois. Même au cœur des interrogations les plus douloureuses, les transmissions de pensées, se faisaient toujours avec une fluidité exemplaire :
Aliénor : Au final, si nous réfléchissons bien à tout ceci, Alachnÿ, s'est fait écarter de sa Corporation, tout comme Mic Mac et Zorgûnn, bannis, eux aussi, de leur peuple, et, je peux m'inclure dans ce lot, hélas. La reconquête de mon titre m'a, depuis fort longtemps, éloigné des miens. Prince Charmant n'a qu'un désir, abandonner sa moitié à beau papa…
Prince Charmant : Bon débarras !
Aliénor : Amélie, n'a pas d'attaches, aucune famille sinon Rose…
Amélie : J'ai tout d'même mes fifilles.
Aliénor : Oui, mais rien qui ne te retienne dans ton monde.
Amélie : Voui, mon Aliénor, c'est vrai. J'ai t-y pu grand-chose par chez moi…
Aliénor : Jack, s'est volontairement soustrais de son univers, Opéca se moque de ne plus retrouver ses clients empestant la poiscaille, Chaperon Rose a toujours… « Travailler » en free lance, c'est-à-dire seule si j'ai bien compris son explication, Nimïel, de par sa fonction particulière de diplomate, requérant une disponibilité exemplaire, est, pour un long temps, éloigné des siens, quant à Olana, la principale intéressée, elle a été banni par sa propre famille, après un meurtre suivit d'un procès retentissant. Cela fait un beau ramassis d'orphelins, vous ne trouvez pas ? Aucun d'entre nous n'abandonnerait Olana à ses tourments, ce qui fait de nous, les Compagnons idéaux pour son aventure. Nous sommes tous liés à elle par nos solitudes…que nous le souhaitions, ou non.
Chacune des personnes présentes, s'abîma dans un silence éloquent. Avoir appuyé sur des révélations aussi douloureuses qu'injustes, confirma leurs pensées, ils avaient tous été choisis.
Ces faits, mis à jour, leur fit entrevoir l'avenir sous un aspect différent :
Alachnÿ : Alors, puisqu'il doit en être ainsi, je montrerai, à qui de droit, qu'un tel choix était assez judicieux, voire, teinté de génie, tout comme celui que je m'apprête à offrir à cette Communauté qui est nôtre à présent.
Prince Charmant : Je suis abasourdi ! Comme toujours Ô magicien de grand renom, vous savez présenter le plat avec panache, avant qu'honneur ne lui soit rendu.
Alachnÿ : Cela suffira pour aujourd'hui, le sentimentalisme et moi faisons chambres à part, depuis pas mal de temps, et n'aimons pas trop nous rencontrer. Donc, Je vous propose Mon aide et, tenez-vous le pour dit, cela ne se représentera pas tous les jours, Foi de magicien ! Je vais nous rendre invisible afin de déguerpir de ces cavernes sans avoir les chevelus aux oreilles pointues à nos trousses.
Chaperon Rose : Je m'occuperai de détourner l'attention de ces charmants porteurs de boules grâce à Téti et Téta lesquels ont fait leurs preuves depuis longtemps déjà.
Nimïel : Et nous leurs rendrons grâce soyez en certaine ma douce amie, comme cela sera fait pour chacun d'entre nous apportant sa modeste contribution.
Opéca : Je garderai un œil sur la vieille et un autre sur la péronnelle.
Prince Charmant : Quant à moi, je veillerai à leurs biens-êtres. Que la peste emporte quiconque oserai se mettre en travers de mon chemin.
Jack : Voilà, j'me doutais bien qu't'allais pas trop t'mouiller, Molière !
Prince Charmant : Je peux être utile à bien des fins.
Chaperon Rose : Mais oui, mais oui, mon prinçounet…
Jack : Bref, les couillus dans not' genre, excusez Al. et Orlyänne, quoique, pour toi, on sait pas trop si on peut t'exclure, vu qu't'en aurai bien pour quatre ma belle, on va s'faire un plaisir d'retourner la situation à notre avantage. Comme toujours quoi !
Aliénor : Comme toujours Jack !
Un magnifique sourire s'afficha sur les traits du mercenaire. Finalement, il était sans doute temps de passer à l'action pensa-t-il :
Mic Mac : Ah cousins, vous r'montez dans mon estime. A vous entendre, moi aussi j'fais honneur à mes burnes !
Alachnÿ : Oui, enfin, tout est relatif ! Bien, il va nous falloir des chevaux et là…je sais bien qu'une écurie à pour principe d'en contenir, mais il va nous falloir ruser auprès des…
Mic Mac : J'détacherai les cordes, mais pas l'temps pour des selles, à moins qui en est qui soient déjà harnachés…
Orlyänne : Monter à cru ne m'a jamais dérangé.
Prince Charmant : j'avais cru remarquer mon amie !
Les dents de l'elfine se découvrirent en un rictus gourmand. Il leurs tardaient de mordre un tendron de premier choix. Son corps en feu le lui réclamait, question de génétique :
Aliénor : Il nous faudra quelques provisions de pains elfiques pour tenir.
Mic Mac : Pouah ! Au fait, j'viens ?
Jack : Pour une fois, je vais pas dire non. Qui sait ? Tu pourrais nous être utile.
Mic Mac : Vouai, c'est pas faux, on a toujours besoin d'un plus petit que soi. J'vous ai parlé d'mes dons pour disparaître au nez et à la barbe de tous ? J'étais le plus calé d'ma classe…combien d'fois j'leur aie fait les poches à tous ces bonzes.
Orlyänne : Tu volais tes propres pairs ?
Mic Mac : J'allais m'gêner !
Prince Charmant : J'aurai tout intérêt à avaler mes bagues. Elles seraient mieux à l'abri dans mon estomac.
Mic Mac : Eh, l'poudré, si j'avais voulu t'carotter, çà s'rait déjà fait.
Prince Charmant : Pourquoi ne l'avoir pas fait, en ce cas ?
Mic Mac : Parce que j't'aime bien.
Son sourire, torve, en disait long :
Mic Mac : Triple buse, où qu'c'est-t-y qu'j's'rais allé ? La grande perche m'aurait rattrapé et bastonné, moi un pauv, lutin sans défense.
La grande perche, en question, fit un quart de pas, et cela suffit à calmer la graine du gnome :
Aliénor : Tout semble prendre une belle tournure, sauf que…nous n'avons pas pensé à l'essentiel…une fois dehors, comment nous dirigerons-nous ?
Orlyänne découvrit l'intégralité de ses dents, ce qui au demeurant, en comptabilisait un certain nombre et désigna son nez :
Jack : 'Tain, j'avais oublié ! Un vrai chien renifleur cette poulette.
Orlyänne : Poulette ?
Jack s'approcha de l'elfine et tenta une petite manchette affectueuse…enfin tenter fut un bien grand mot. A peine son intention devinée, l'elleth le plaquait au sol sans qu'il n'ait rien vu venir :
Prince Charmant : Diantre ! Elle a faim, cela ne peut s'occulter !
Jack : Eh merde, j'me demande encore pourquoi j'me frotte avec ce dragon.
Orlyänne : Parce que tu espères gagner un jour ?
Jack : Ouais, on va dire çà.
Pendant qu'il s'époussetait, le magicien en profita pour ramener l'attention sur lui. Ce cabotin ne vivrait jamais que dans la lumière :
Alachnÿ : Bien, alors nous allons remettre les points sur les i et réajuster nos pensées. Nous allons donc, sortir de ces cavernes en catimini, enfin, en théorie faire faux pas à ces elfes pédants, traverser moult territoires aux dangers incertains, galoper dans les landes avec nos ennemis collés au cul, parvenir jusqu'au domaine de La Lothlorien, jeté de la poudre aux yeux à tous ces danseurs en collants et pour finir nous embarquerons la fée Clochette et son Prince Charmant…
Jack : Euh…c'est un drôle de résumé, mais çà colle bien à Mon plan. Pourquoi faut-il toujours qu'il ait le dernier mot celui-là ?
Alachnÿ : Parce qu'un Magicien digne de ce nom, se doit toujours de clore toute discussion de la façon la plus magistrale !
Aliénor : Pour ce qui de la magistralité…
Alachnÿ : Voilà ! Cette conclusion, éblouissante, est à mettre au crédit du Grand Maître que je suis, fallait-il le rappeler !
Contenté, comme il se devait, le magicien se sentit investit d'une force divine. Tandis qu'il se félicitait de ses heureuses interventions, Jack chuchota à l'intention d'Aliénor :
Jack : Tu sens pas comme un parfum là ?
Aliénor : Un parfum ?
Jack : Ouais, le parfum des emmerdes…
Aliénor : En effet, maintenant que tu m'en parles…
Un franc sourire éclaira le visage du mercenaire. Dans un élan d'amitié, il passa son bras autour du cou de la jeune femme et lui colla un baiser sonore sur la tempe :
Jack : Renifle à plein nez ma belette, parce qu'on est en plein d'dans. Vise-moi ce magicos…
Aliénor : Il est un peu cabotin, mais pas méchant.
Jack : Encore heureux ! Allez ma belle, c'est partit pour un tour.
Aliénor : On dirait oui, mais nous serons là l'un pour l'autre…n'est-ce pas mon ami ?
Jack : Eh, femme, j'suis pas l'mec à jeter l'eau du bain avec le bébé d'dans !
La jeune femme, haussa un sourcil. Que signifiait donc cette expression ? Jack, posa sa main sur les magnifiques cheveux blonds de son amie et les lui ébouriffa dans un geste fraternel, ce qui la fit rire.
Comme il aimait contempler ce visage s'éclairer…
Au cœur de la nuit, dans le royaume de la Lothlorien…
Allongée sur son lit, Olana observait avec attention les étoiles. Comme la première fois où elle s'était trouvée dans cette pièce, les branchages se déliaient avec souplesse, découvrant une majestueuse voûte étoilée, et comme la première fois où son regard avait été soumis à pareille splendeur, elle demeura, immobile, hypnotisée par le spectacle.
D'un geste machinal, ses doigts caressèrent sa bague de fiançailles, objet symbolique, témoin de son engagement…
Lorsque sa main s'éleva à hauteur de ses yeux, le bijou émis un bref éclat brillant, lui rappelant le serment la liant à son roi.
En son for intérieur, une force l'enjoignait à prendre confiance en elle. Il était temps d'avancer au cœur de la nuit…
Quelques temps plus tôt…la visite de l'archange Gabriel…
Celeborn conduisit, avec toute la bienséance elfique, le directeur de conscience de la fiancée du roi. Sans qu'il ne puisse se l'expliquer, cet être le troublait. Une certaine curiosité se mélangeait à une profonde déférence, l'incitant à se montrer humble devant lui. La parole devint superflue, alors qu'ils gravissaient les nombreuses marches en direction de la chambre céleste.
A l'intérieur, la jeune femme, devina la présence de son archange. Elle se dirigea vers la porte et attendit, immobile.
Le premier geste, lorsque Celeborn ouvrit la porte, fut pour Gabriel. L'elfe demeura stupéfait par la synchronisation parfaite de leurs mouvements. Tout en eux les poussaient l'un vers l'autre.
Front contre front, l'archange prononça enfin ses premiers mots :
Gabriel : Benedictus filius meus ! (Sois béni mon enfant !)
Olana : Pace cum te, angelus Gabriel. (La paix soit avec toi, ange Gabriel.)
Gabriel : Dominus vobiscum. Et avec ton esprit. Les événements se précipitent pour vous mon enfant.
Olana : Oui Gabriel, semblables à un écheveau placé entre mes mains dont je ne saurais en trouver ni le commencement, ni la fin. Tout n'est que confusion…
Gabriel : Si vous ne pouvez le défaire, ne tentez rien de répréhensible. La réponse se soumettra à votre esprit. Olana, je ne suis pas venu seul. L'autre moitié de votre âme se trouve en ces lieux. Il serait bon de lui parler. Sa patience ne tiendra pas l'éternité. Une sourde colère gronde en son cœur. Mon petit séraphin, la fusion de vos âmes en fait en sorte de vous octroyer ce pouvoir. Ce don de pénétration qui devient vôtre, va être la clef de voûte de votre avenir. Parlez-lui…maintenant.
Olana : Comment ? Je le sens si près…et pourtant, il m'échappe. Comment pourrait-il m'entendre ?
L'archange s'approcha et tendit les mains vers elle :
Gabriel : Pour quelques temps encore, je serai votre trait d'union, mais très bientôt, ma présence ne sera plus nécessaire. Seul votre don aura droit de cité. Mon enfant, laissez-vous guider. L'on vous y enjoint…
Olana : Qui çà, on ?
Gabriel : Toutes les réponses sont en vous Olana. Prenez mes mains, que par ma seule volonté, vos esprits se joignent…
Les douces paumes de l'archange, se couvrirent d'une huile aux effluves parfumées. Surprise, la jeune femme entrelaça ses doigts à ceux de l'archange, se laissant griser par le parfum doucereux de l'Amour.
Sentiment unique dont la puissance glorifie son porteur, attention exclusive, fusion de l'un dans l'autre, exaltation, transports, débordement, extases, autant de mots dont le sens exacerbé, frappait les deux amants de plein fouet, les emprisonnant dans un amour incandescent.
Ses paupières baissées, son esprit s'emplit de magnifiques visions. Le temps semblait suspendu, alors que les battements de son cœur s'intensifiaient.
Peu à peu, le néant fit place à une intense brillance d'où émanait, çà et là, des lueurs plus distinctes.
Leurs intensités la surpris.
Ce fut brutal, et elle faillit lâcher les mains de Gabriel, mais elle se reprit serrant d'avantage les phalanges de l'archange. Des accords de musique s'amplifièrent faisant naître un sourire sur ses traits, bouleversant ses sens…
Lorsque s'ouvrit son cœur, de simples mots s'en échappèrent.
Ils sont si pauvres, pensa-t-elle, contrite, pourtant, ils se chargèrent d'une richesse jamais inégalée. Son aimé en fut comblé. Lui qui, n'entrevoyait que doutes et inquiétudes, goûta ces mots comme un vin de grand cru.
L'archange, comme les nombreuses fois où sont esprit avait été confronté à cet Amour, s'en trouva ému. Toute communion était un don pour cet être de lumière, celle-ci ne fit pas exception à la règle. Le chant qu'il offrit à Olana glorifia les paroles adressées au monarque.
Et dans la nuit incertaine…elle lui parla…
La rencontre…
A l'intérieur des forges d' Angmar, frappaient les marteau sur le fer, produisant un son infernal. Tels les battements cardiaques d'un être en gestation, le rythme régulier se répétait inlassablement, diffusant la peur entre ces murs.
Azog devinait un acte d'importance, mais la vaillance avait un prix dont il n'était pas près de s'acquitter. Il préféra demeurer dans la chaleur et le bruit, à défaut d'en connaitre plus.
Satan, s'infiltra dans la forteresse. Lui, qui, auparavant doutait de sa venue en ce monde, s'en félicita une fois la crainte de sa présence, admirée. Que l'on se prosternât ainsi, devant lui, flatta sa vanité.
Il se trouvait, enfin, un être dont la démesure grandissait au même rythme que ses armées. Satan s'en trouva satisfait. Sauron haïssait les elfes autant qu'il avait l'humanité en horreur. L'on avait offert aux elfes le choix d'allégeance ou de désobéissance. S'unir pour détruire, voici qui devenait tentant. Cela devait être fait dans la douleur afin que l'on se souvienne de leurs puissances.
Assujettir les elfes, et les hommes devint une pensée unique. Sauron voulaient les lier avec un anneau, Satan préféra le serment. Chacun y trouverait son compte et tous y perdrait. Il en allait ainsi de ses vœux.
Attentif, Asmodée s'inclina, avant même que la présence de Son Maître ne soit visible.
Le feu de Sauron s'intensifia. Il ne lui était pas encore permis de se montrer tel qu'il l'avait été, avant qu'Isildur, fils d'Elendil, ne lui tranche le doigt, portant l'Anneau Unique, dans La Dernière Alliance des Elfes et des Hommes.
Tant que l'anneau subsistait, son esprit pouvait réapparaître. Ce fut le cas, en l'an mille du troisième âge. Représenté sous la forme d'un unique et grand œil sans paupière, il lui arrivait, de temps à autre, de revêtir également une apparence fantomatique, sombre, d'où émanait une voix d'outre tombe.
Satan, dont l'érudition n'était pas un leurre, choisit de s'exprimer dans la langue du Maïar, ancien serviteur du Valar déchu. L'écho de leurs voix, s'entrechoquèrent tandis que chacun d'eux exprimait sa volonté :
Satan : Vous et moi, désirons la même chose…la suprématie. Ensemble, nous pouvons atteindre l'apogée. Seule notre union viendra à bout de nos adversaires.
Sauron : Je désire demeurer le seul et Unique.
Satan : Devait-il y en avoir un autre ?
Sauron : Mon Maître…je veux qu'il soit anéantit !
Un rire sardonique résonna au cœur de la forteresse :
Satan : La jouissance du pouvoir Sauron ! Est-ce ainsi que l'on récompense Celui à qui l'on dû prêter allégeance ?
Sauron : Son temps est révolu !
Satan : Si ce n'était l'urgence de cette quête, j'assisterai, avec complaisance, à vos pathétiques déchirements, cependant, je vous offrirai ce que votre démesure s'acharne à obtenir.
Sauron : Vous voulez la femme, je veux l'Anneau !
Satan : L'espoir et le pouvoir se rejoigne Sauron. Pour les obtenir, il faut nous emparer des deux. Quel est le dernier être à avoir porté l'Anneau ?
Sauron : L'Unique a été perdu par Isildur…
Satan : En ce cas…
Sauron : Mon esprit le cherche partout en ce monde. Je le sens…Il est là, tout près.
Satan : Tout près ne veut pas dire à portée de main. Le chercher sera hasardeux.
Sauron : Nous pouvons le retrouver.
Satan : Nous devrons nous entraider, ou cela ne sera pas.
Se faisant face, les deux puissances maléfiques scellèrent un accord, puis Satan prit une décision d'importance :
Satan : Ou se trouve-t-elle Asmodée ?
Asmodée : En Lothlorien. Son cas est débattu par les elfes Noldor.
Satan : Débattu ? Quelle délicatesse…Nisös est-il prêt ?
Asmodée : En attente de votre bon vouloir, Maître.
Satan : Parfait ! Lancez une attaque contre ces maudits elfes.
Asmodée : Ce royaume est protégé par un puissant charme.
Satan : Et alors ? Nisös à besoin d'exercice. J'ai besoin de quelques âmes…
Asmodée : Il en sera fait selon votre désir Maître.
La cape apposée sur cet être, suffit, tout juste, à recouvrir ses ailes. Une capuche dissimulait son visage. Il ne fallait pas se montrer…pas encore.
Néphéïs, la jument de Satan, au regard de feu, frappait la roche au sol, de ses sabots suintant de sang. Son impatience fit rire son Maître :
Satan : Oui, Néphéïs, nous y allons. Il est temps de sentir la mort d'un peu plus près…
Les larmes des Cieux…
La rencontre avec Gabriel, avait considérablement rasséréné Olana, mais à présent, elle se trouvait à nouveau seule. Parée d'un voile de mélancolie, son âme se torturait de savoir le monarque si près et si loin à la fois.
Malgré elle, ses mots s'enfuyaient, heurtant son cœur à leurs passages. La distance comme la séparation paraissait insoutenable. Les mains de son amant, l'intonation de sa voix, son regard, tout ce qui en faisant un être à part, lui manquait. Pour masquer ce malaise, elle sortit de son corsage la petite bourse de velours grenat, contenant les larmes, transformées en gemmes, versées dans le Mahanaxàr. Elle délia délicatement le cordon de satin et renversa les pierres dans la paume de sa main. Leur intensité, comme à chaque fois qu'elles les admiraient, la combla.
Elle soupira en repliant la main, afin de les remettre à leur place lorsqu'une force l'en empêcha. Les pierres, s'élevèrent lentement devant elle. Parvenu à hauteur de ses yeux, elles s'immobilisèrent formant un cercle parfait. La surprise lui fit pousser une exclamation. Une autre l'attendait…
Au pied de son lit, venait de se poser une colombe. D'une blancheur immaculée, elle demeurait immobile, ses ailes repliées. Elle prêta un peu plus d'attention aux yeux de l'oiseau. Ce regard, rouge rubis, d'où se détachait, très clairement, un cercle brun, sembla la sonder jusqu'aux tréfonds de son âme. Pour la seconde fois, cet animal se présentait à elle et, comme la fois précédente, ce n'était pas un hasard.
D'un geste bienveillant, elle tendit la main vers la colombe qui, cette fois, battit des ailes afin de se poser sur ses phalanges. Attendrie, Olana caressa le plumage de l'oiseau. Une odeur de lys flottait dans l'air…
Alors qu'elle tentait de s'adresser à ce qu'elle pensait être un signe…l'oiseau quitta le refuge de sa main, pour s'envoler prestement.
Sur la courtepointe du lit, était posé un infime morceau de rameau d'olivier…
L'esprit d'Olana s'éclaira de deux certitudes. L'on venait de lui faire parvenir, de chacun des deux mondes où elle se sentait emprisonnée, un signe.
Une flambée d'espoir l'irradia de toute part. Sa volonté fut telle qu'elle énonça une promesse à voix haute :
Olana : Je ne vous décevrai pas, je vous en fais la promesse. Demain sera un jour de gloire, car aucun de ces elfes ne doutera plus de moi.
Au petit jour, la brume enlaçait le paysage. Une brume persistante qui se perdait dans la vaste plaine du Rhovanion. Le temps avait fraîchi, et chacun des voyageurs se félicitaient d'avoir pensé aux mauvais jours s'annonçant avec la venue de l'automne. Ils abandonnèrent, sans aucun regret, la sombre forêt de Mirkwood derrière eux pour s'élancer vers le vaste horizon.
Grâce à l'odorat de l'elfine de feu, placée en tête du cortège, suivre la piste des elfes, malgré les quelques jours écoulés, fut une tâche moins rude que prévu.
Ce que redoutait le plus Orlyänne était la pluie. Avec elle, s'effacerait irrémédiablement les odeurs et cela compliquerait de façon ardu ce périlleux voyage. Il fut donc convenu de voyager le plus longtemps possible afin de contrer de mauvaises surprises dû aux conditions climatiques. Contre l'elleth, Mic Mac, n'en menait pas large, du moins, au début…mais il avait fini par s'habituer aux galops chaotiques et finalement, se retrouver si près d'un corps féminin n'était pas pour lui déplaire. Tout ce qui pouvait être pris par ce petit personnage l'était sans tergiversations. Au Diable l'avarice, pensait-il en levant, de temps à autre, la tête au dessus de lui. Placé à bonne hauteur, son crâne avait la fâcheuse tendance à balloter entre les seins de l'elfine, laquelle se chargeait, à l'aide d'une pichenette asséné sur son bonnet, à lui remettre les idées, comme sa tête, en place.
A part ce désagrément, la matinée se déroula sans encombre. Une halte pour déjeuner, rapidement, d'un morceau de lembas avec un fruit, fut suffisant pour tenir jusqu'à la fin de la journée.
Peu de temps après, à nouveau en selle, leurs courses repris à un rythme effréné.
La luminosité déclinait, lorsqu'un vent terrible se leva. Jamais il ne s'était déchaîné avec autant d'ardeur. Ils finirent par dénicher un abri coincé entre un amas de rocher et des arbustes rabougris. Les bourrasques emportaient dans leurs tourbillons, d'innombrables poussières, leur occasionnant pas mal de désagréments. Pour couronner le tout, le froid s'invita et cela mit le moral de tous, en berne.
Pour le plus grand bonheur d'Aliénor et Mic Mac, Orlyänne entrait dans sa vaste période de rarlänen et la chaleur prodigieuse de son corps fit au moins deux heureux.
Le lutin, pourtant si prompt à profiter de toutes les occasions offertes, se tint fort sage préférant la certitude d'une bonne nuit au chaud, à l'éventualité d'une quelconque séduction pouvant déboucher sur un bannissement et une mise à l'écart…au froid.
Tant bien que mal, la nuit s'écoula.
Au petit matin, les humeurs étaient massacrantes. Alachnÿ pestait à tout bout de champ, Jack, grognait après lui…seuls Zorgûnn et Nimïel recelaient des trésors de patience en montrant un comportement exemplaire, sans doute dû à leurs conditions elfiques.
Après une rapide collation, les amis reprirent la route. Le vent avait diminué en intensité, mais un froid piquant et désagréable, persistait. Malgré tout, ils finirent par rallier le domaine de la Lothlorien en fin d'après-midi. Ils mirent pieds à terre. Couverts de la poussière de leur voyage, toujours de mauvaises humeurs, il n'aurait pas été bon, qu'un grain de sable ne vienne perturber le fragile équilibre que chacun s'échinait à maintenir.
Jack s'approcha de Nimïel :
Jack : Cà va être à toi d'jouer mon pote. Cà ira ?
Nimïel : Ne vous inquiétez pas pour moi. J'en ai vu d'autres. Cependant, il va falloir me mettre en condition et cela commence par revêtir un habit en conséquence. Considérer que cette mise en lumière est incluse dans le procédé de la négociation. La formation de mes maîtres, m'aura, au moins, appris cela. Je possède le sens de la mise en valeur, ce qui représente une belle part de mes succès.
Jack resta bouche bée :
Jack : Tu vas m'dire que tu dois te faire mignon tout plein ?
Le lutin, quant à lui ricana :
Mic Mac : J'vous l'ai toujours dit…ces elfes…
Aliénor : Tais-toi. Laissons Nimïel à sa préparation. Lui seul sait de quoi il en retourne.
Sans plus attendre, et faisant abstraction des commentaires railleurs du gnome, l'elfe sortit de la sacoche accrochée à la selle, une chemise propre, un long manteau qui, quoique légèrement froissé, paraissait somptueux et…un peigne.
Aliénor vida, selon les recommandations de l'elfe, un peu d'eau de sa gourde dans ses mains afin de pratiquer quelques ablutions et ôter le surplus de poussière sur son visage. Orlyänne en profita pour cracher une boulette de feu. Cette elfine détestait l'eau, et la pensée d'en imaginer glissant sur sa peau brûlante augmenta sa mauvaise humeur.
Alors qu'il se débarrassait de sa chemise sale, l'elfe entrait, déjà, dans une espèce de méditation complexe et intense, dont beaucoup n'aurait pas compris le sens. Les deux représentantes du sexe féminin, et surtout l'une plus que l'autre, détaillèrent la musculature, toute en finesse de ce superbe corps.
Pour l'elleth de feu, la tentation fut trop grande. Encouragée par un rire graveleux, de la part du magicien, elle fit un pas chassé, méthode discrète selon elle, pour approcher l'air de rien cette tentation sur pattes. Bien évidemment, Aliénor connaissant par cœur son amie, stoppa net son élan :
Aliénor : Orlyänne ?
Comme sortit d'une certaine torpeur, l'elfine ouvrit de grands yeux :
Orlyänne : Quoi ?
Aliénor : Dois-je poursuivre ?
Obéissant à la jeune femme, elle abandonna sa tentative de rapprochement et se contenta d'offrir un splendide sourire à son acolyte masculin :
Nimïel : Je comprends qu'il vous soit difficile très chère de freiner vos ardeurs dans votre période…délicate.
Jack : Ouais, bon, on a pas la vie des rats, alors faudrait appuyer sur l'champignon !
Mic Mac : Pourquoi qu'tu veux écraser des champignons ? T'es bizarre toi.
Aliénor : C'est une expression de son monde.
Mic Mac : C'est bien c'que j'dit, vous êtes tous dérangés du carafon par chez vous…
Jack : Et un pain dans la gueule çà t'irait ?
Mic Mac : Je préfèrerais dans mon estomac mon Jacquot !
Prudent, le gnome se colla contre les jambes d'Aliénor :
Jack : 'Tain, j't'ai déjà dit de pas m'appeler comme çà !
Orlyäne saisit le lutin par le col de sa chemise et le porta à hauteur de son visage :
Mic Mac : Eh, salut cousine ! Mes roubignolles sont peut'êt pas d'la bonne dimension pour t'rendre service, mais j'veux bien m'dévouer pour calmer ta fringale.
Orlyänne : Mörnach pot enn dernnïnn frëchlinn mörbachh ! (Garde ta saucisse et tes noisettes dans ton garde-manger, morpion !)
Enfin apprêté, l'elfe mit la dernière touche à sa préparation en laissant les dents du peigne glisser sur sa longue chevelure. Son geste sûr, laissait entrevoir une pratique certaine. Disposés de part et d'autres de son visage, cette parure blonde faisait échos à la finesse de ses traits. Aliénor lui sourit :
Aliénor : Nimïel, tu pourrais donner des leçons à beaucoup de ces elfes, s'octroyant un titre de supériorité qu'ils ne possèdent pas.
Nimïel : Merci Gente Dame. Eh bien, il est temps pour moi de faire mon entrée.
Mic Mac : Vouai, vas-y et enfume-les avec tes discours. Saoule-les à mort ! Et dire qu'pendant qu'y t'écoutent, j'aurai pu leurs faire les poches !
Alachnÿ : N'oubliez pas de faire honneur à votre clan Nimïel. Le jour de Gloire est arrivé !
Jack : Ouais bon, faut pas exagérer non plus.
Alachnÿ : Nous feriez-vous une petite crise de jalousie ?
Jack : J't'ai sonné toi ?
Alachnÿ : Une fois de plus je suis tombé juste. C'est fou comme la finesse de mes interprétations…
Nimïel : Jack est un être de valeur, lesquelles se trouve justes différentes des miennes, c'est tout. Je vous laisse. Comme convenu, si je ne suis pas de retour avec Sa Majesté et Olana…
Jack : La cavalerie arrivera, t'inquiètes.
Mic Mac : Vouai et on foutra un beau bordel dans ce nid de rats…
Aliénor : Mic Mac ! Il serait peut être temps que tu surveilles un peu ton langage. Nous attendrons par ici Nimïel. Si le vent devait tourner, nous répondrons présent.
Zorgûnn : Comme toujours lorsqu'il s'agit de venir en aide à un ami.
Jack : C'est toi qu'on aurait dû envoyer là-bas, mon pote, trois mots et l'affaire aurait été réglée.
Zorgûnn : Le nombre est défavorable à mes meilleures intentions Jack.
Jack : La voie d'la sagesse ce mec !
Dans les appartements de Mirkwood…
Chaperon Rose, une chope de lait dans la main, entrait dans la pièce sombre. Seule une bougie brûlait elle formait un halo de lumière évanescente dispensant une ambiance fantomatique. Cela déplut à Chaperon. Cet endroit semblait sinistre. Au moment où elle pénétrait, un peu plus dans la pièce, elle l'aperçut.
Assise dans un coin, ses cheveux poivre et sel rassemblés sur le sommet de sa tête, ses rides marquaient profondément son visage doré par les faveurs d'un été ensoleillé. Sur ses traits s'était invitée la tristesse. La jeune femme posa la chope sur une table et s'approcha doucement de son aïeule. Une main se posa sur son épaule, provoquant un sursaut de la bonne vieille :
Amélie : Ma fifille, j't'avais pas entendu entrer.
Chaperon Rose : Pourquoi demeures-tu dans la pénombre Amélie ? Ce n'est pas bon de ressasser de vilaines pensées.
L'on toqua légèrement à la porte, et lorsqu'elle s'ouvrit, Chaperon Rose eut un sourire bienveillant. Opéca, venait d'avoir la même attention que la jeune femme, à ceci près qu'il ne s'agissait pas de boisson, mais d'un morceau de gâteau. Cette communion d'esprit, ravit la gourgandine. La brune, quant à elle, plissa son regard :
Chaperon Rose : Mais que voici qui voilà ? L'on dirait bien que les grands esprits se rencontrent !
Opéca : Grands…grands…c'est vite dit très chère !
Chaperon Rose : Ouuuhh ! Fais-moi penser, ma brune amie, à féliciter Ëlnar à propos de l'instruction dont il a bien voulu t'emplir. Oh, je ne sais pourquoi, ce mot me ravit. Je me demandais, à brûle-pourpoint s'il en était ainsi dans tous les domaines…Hum ?
Un léger bruit sur le bois de la porte fit cesser son babillage. La porte s'ouvrit et le visage de Prince Charmant fit son apparition dans l'encadrement :
Prince Charmant : Veuillez pardonner cette intrusion, j'ai pensé, à juste titre, me semble-t-il, qu'un peu de compagnie, de la part d'un gentilhomme, vous ferait plaisir Gentes Dames, puisqu'il me faut admirer trois splendeurs de la nature.
Un silence accueilli la phrase un tantinet redondante du farfadet, avant que la bonne femme ne laisse couler ses larmes. Ses pleurs, abondants, faisaient peine à voir. Aussitôt, les deux « fifilles » l'entourèrent d'affection. Prince se plaça au-devant d'elle et sortit, avec un léger temps d'hésitation, son précieux mouchoir de soie, bordée de dentelle. Amélie s'arrêta de pleurer, fixa le carré de tissus avant de renifler :
Amélie : Ben Dame, j'm'en voudrai ben d'me moucher d'dans. Il est bien trop beau pour moi, mais t'est gentil tout plein Mon Prince. Tant d'chaleur…tant d'amour pour moi, ben vous z'êtes-t-y des amours.
Chaperon Rose : Voyons ma bonne Amélie, ne sommes-nous pas une famille ?
Prince Charmant : Tout à fait, comme je dis toujours, très justement, liés comme les quatre doigts effilés et gracieux de ma délicate main, le cinquième étant réservé pour ce diablotin de Mic Mac, afin de répondre, comme il me l'a si bien enseigné, à ces fâcheux quolibets en tout genre.
Les trois femmes se mirent à rire de bons cœurs. Oui, à bien y regarder, et aussi incroyable que cela puisse paraître, ces gens venus de tous horizons, avaient bien finis par former une véritable famille, et cette joyeuse marmaille remplaçait, bien à elle seule, les enfants que cette femme n'avait jamais été en mesure de mettre au monde.
A nouveau, la bonne humeur régna dans la pièce. L'on alluma d'autres chandelles, l'on bu le lait chaud, l'on dégusta quelques gâteaux, et l'on se raconta des histoires où la joie transparaissait afin que chacun oubli, pour quelques temps, leurs avenirs incertains.
Aux abords du royaume de la Lothlorien…
L'ensemble des elfes, formait une société clanique fortement hiérarchisée. Sauf cas exceptionnel, le rang et la place de chacun était déterminé par sa naissance et rien ne pouvait modifier un tel fait.
Les Quendi, apparus en Terre du Milieu, se scindèrent en trois fratries, représentations des futurs clans.
Ceux qui se rendirent à Valinor, furent nommés les Calaquendi, elfes de lumière, ou plus communément, Eldar, et ceux qui refusèrent de s'y rendre, Moriquendi, les elfes de la nuit.
Les Vanyar, furent les premiers à entreprendre la grande marche vers l'Ouest, guidés par leur chef, Ingwë, considéré comme le plus grand roi des elfes. Ils s'établirent sur les pentes du Taniquetil et vécurent auprès de Manwë, car, ils étaient ses préférés. Ils passèrent Maîtres dans l'Art du dessin, de la musique, et du chant et possédaient une particularité physique, concernant leurs chevelures... une blondeur unique que beaucoup leurs enviaient. Cependant, il y eut une exception. Indis, une Vanyar, épousa le Noldo Finwë, et toute sa descendance se para de cheveux clairs, ce qui expliqua, celle, or pâle de Dame Galadriel.
Vinrent, ensuite les Eldar, dont faisaient partis les Noldor, considérés comme les « elfes sages », qui répondirent à l'appel d'Oromë, les invitant à se rendre en Valinor. Les Avari, quant à eux, le déclinèrent ce qui conduisit à une scission supplémentaire, écartant ces elfes de leurs frères de sang. Pour avoir craint le dangereux Melkor, ils préféraient ne pas se trouver au milieu de troubles incertains, convaincus, que le Vala déchu, punirait une telle initiative.
Ainsi, les descendants de ces elfes, ne furent jamais autorisés à voguer en Terres Bénies, malgré parfois, leurs volontés. Condamnés à demeurer en Terre du Milieu jusqu'à la fin des Temps certain en conçurent une profonde amertume. Mais il en était ainsi, le refus des premiers nés, fit le lit des insurgés. Certains d'entre eux, ne comprirent pas une telle détermination à les tenir éloignés des autres clans et on les considéra comme la base de la hiérarchie sociale elfique.
Malgré tout, lorsqu'un événement de grande importance devait avoir lieu, leurs présence étaient requises, comme les bénis des autres clans. Faire abstraction de ces positions hiérarchiques n'était pas concevable pour un elfe. Chacun se cantonnait dans son clan. Bien que liés en tant que « frères », tous ne furent pas avantagés par leurs liens familiaux.
En effet, non seulement, ce système de castes définissait la société elfique, mais la différenciation des elfes, se traduisait également, autant dans le domaine psychologique que physique.
Les Vanyar et Noldor, étaient plus résistants, plus sages et leurs regards semblaient plus lumineux. Pour avoir été bénis par la Lumière des deux arbres de Valinor, ils en avaient acquis ces avantages, aussi étaient-ils devenus fort « respectables ». Quant aux Avari, ces elfes « obscurs », demeuraient fort discrets ce qui en faisait en peuple assez méconnu.
En ce début de journée automnale, un Conseil, avec la présence des représentants de chacun des clans, avait été requis par Dame Galadriel. Tous, sans exception, se rendirent en Lothlorien, même les Avari, dont la considération semblait moindre vis-à-vis de leurs pairs.
Installés dans un hémicycle, les ellons échangeaient des propos à voix basses. Parmi eux, se trouvait une exception, Nessälda, fille du Seigneur Feanïr. Blessé au cours d'un curieux accident de chasse, ce dernier délégua, en toute confiance, son seul enfant, la Princesse. Apprêtée avec le plus grand soin, l'elfine se tenait bien droite contre l'assise de son siège, guettant la venue du roi sylvestre. Sa robe de velours pourpre, elle savait cette teinte aimée du monarque, allongeait un peu plus sa silhouette et ses longs cheveux noirs tressés avec application, s'agrémentaient d'un bijou de cheveux en argent.
Elle n'eut pas à attendre bien longtemps…
L'entrée du souverain fit grande impression. Il avait revêtu un somptueux manteau bleu nuit brodé d'arabesques délicates en fil d'argent sur un pantalon de lin noir, sur lequel tranchait une tunique d'une blancheur immaculée. Ses longs cheveux s'éparpillaient jusqu'au milieu de son dos, quant à sa posture, elle en disait long sur son désir de paraître et d'en imposer. Un instant de silence s'ensuivit, avant que le murmure ne reprenne.
Cirdan, Mithrandir et Gabriel, le suivait à une distance respectable. L'arrivée de l'archange surpris l'assemblée. Cet être dégageait une impression de calme absolu. Comme si les événements glissaient sur lui telle une ondée bienfaisante. La tête haute, Gabriel adressait, ici et là, un signe de tête avec déférence. Son salut lui fut rendu et tous prirent place. Nessälda, éblouie, se leva de son siège, s'avança en direction du roi et s'abîma dans une profonde révérence une fois parvenue devant lui.
D'un regard hautain, le roi ne prit pas la peine de joindre un seul mot à son acte de politesse. Vexée, elle décida de le faire pour lui :
Nessälda : Comme il est plaisant de vous revoir Majesté Thranduil. Je regrette que notre rencontre ne se déroule dans de telles conditions. Il aurait été souhaitable de l'envisager dans un moment de plénitude. Hélas, tant d'inquiétudes taraudent tous ces seigneurs.
Thranduil : Vous avez bien œuvré Nessälda, de cela nous ne pouvons que vous en féliciter. Tâchez, à l'avenir, de conserver vos désirs pour un autre que nous. Il n'est pas dans nos intentions d'y prendre part, comme nous vous l'avions confié il y a un certain temps. Comment se porte votre Père ?
Nessälda : Bien je vous en remercie. Majesté, il faut me croire sur paroles. Mon souhait de vous savoir hors de portée de tout stratagème, engage seul ma volonté d'assister à ce Conseil.
Thranduil : Nous en jugerons par nous-mêmes.
A nouveau, les conversations cessèrent. Un silence pesant s'installa. Olana faisait son entrée.
Son choix s'était également porté sur une robe de la même teinte que celle de la Princesse, à ceci près, qu'elle offrait un magnifique écrin à ses formes remarquables. Ses seins, que l'on devinait lourds de promesses, et de tentations, attiraient, inévitablement, le regard, alors que la finesse de sa taille en soulignait l'attrait.
Ses cheveux aussi blancs que les flocons de l'hiver, était remontés sur le sommet de sa tête, dégageant une nuque troublante d'où s'échappait quelques petites mèches folles. Son visage, quoique fort pâle, possédait un atout non négligeable…deux opales magnifiques qui, contrairement à l'inquiétude du monarque, reflétait la paix et la sérénité. Une telle beauté n'était pas courante parmi ces clans, aussi une certaine contemplation dura plus que ne l'exigeait la bienséance.
Dès qu'elle l'aperçut, son cœur se gonfla d'un amour irraisonné, accélérant le rythme de ses battements. Son regard balaya, alors l'assistance et découvrit, également, la Princesse Nessälda, sur laquelle son attention s'attarda. Rivales, elles s'affrontèrent avec ténacité. Aucune des deux ne capitula.
Le souverain pivota dans sa direction. D'instinct, ses pas le portèrent vers elle, mais un garde émit un geste. Le monarque le foudroya du regard et penaud, ce dernier hésita. La voix du roi s'éleva, grave et menaçante :
Thranduil : Devrons-nous quérir votre permission afin d'approcher Notre fiancée ?
Dame Galadriel fit un signe discret de sa main, congédiant le garde. D'un même élan, ces deux êtres, se dirigèrent l'un vers l'autre. Prisonniers, chacun, du regard de l'autre, aucun ne consentit à se sentir gêné devant l'assemblée. Il y avait une telle osmose entre ces deux êtres…Celeborn ne put s'empêcher d'en concevoir une réelle admiration.
Tout près d'elle, un doux chuchotement s'éleva entre eux :
Thranduil : Mon ange…
Olana : Meleth nin…
Thranduil : Avez-vous été traitée comme votre rang l'exige ?
Olana : Je n'ai manqué de rien Majesté. Thranduil…vous m'avez manqué.
Thranduil : Languir de vous revoir mon âme, m'a porté jusqu'à vous. Dès la fin de ce Conseil, nous rentrerons ensemble.
Olana : C'est également mon souhait Thranduil.
A regret, le roi sylvestre reprit sa place, alors qu'elle demeura debout. La Dame de lumière, ne brillait pas que de nom, son vêtement paré de pierreries étincelait à chacun de ses pas, tout comme sa somptueuse chevelure. Elle prit un soin tout particulier à tenter une pénétration de l'âme d'Olana, mais, là encore, elle se heurta à un mur infranchissable. Cette femme défaisait toutes ses convictions en bouleversant ses perceptions. Il fallait en avoir le cœur net. Ses premiers mots furent pour elle :
Galadriel : Ne soyez pas effrayée par ce cérémonial Dame Olana. Les temps, hélas pour nous, se sont assombris. Votre présence en ces lieux n'a fait qu'accentuer de douloureuses interrogations. Nous tous ici, avons été surpris par l'annonciation de vos fiançailles avec Sa Majesté Thranduil, fils du roi Oropher dont le destin tragique, s'est inscrit dans la mémoire de notre histoire. Il est pourtant un fait d'importance dont nous ne savons s'il a été porté à votre connaissance…
Face aux Seigneurs elfiques, Olana portait son amour haut et fier. Les mains jointes, la tête droite, le regard sage, elle patienta quelques instants avant de prendre la parole :
Olana : Heureuse rencontre Seigneurs elfiques. Mon nom vous est à présent connu, mais il me faut calmer vos craintes quant à mes intentions futures, puisqu'elles existent. Je ne suis pas une menace pour vos peuples. Je conçois, à mon grand regret, que beaucoup parmi vous m'entrevoit comme tel, alors qu'il n'en est rien. Ma condition d'humaine fait de moi, un être faible à vos yeux, et c'est ce que j'étais avant, mais depuis quelques temps, une force s'est infiltrée en moi. Mon apparence physique a changé. Pourtant, au fond de mon cœur, je suis toujours la même. Je suis venue en ce monde afin de vivre un rêve. Simple et compliqué à la fois, du moins pour ma condition de femme. Je suis profondément éprise de Sa Majesté Thranduil. Je n'aurai, certainement, pas poursuivis dans cette voie si j'avais été au fait de vos us et coutumes, mais il en est ainsi. Le roi m'a fait part de son passé et de l'existence de Dame Neryëlle, je suis donc consciente de l'affront que cela peut représenter pour vous, ces fiançailles, mais dans mon monde, les unions se font et se défont lorsque…
La princesse Nessälda l'interrompit brusquement :
Nessälda : Par quel mystère, l'usage de notre langue vous est-il connu ?
Olana : J'allais y venir, si la bienséance, qui aurait dû être vôtre, ne m'avait permis de poursuivre plus avant. Il s'est produit, en ce royaume, un événement d'une grande importance. Je n'ai su mettre des mots dessus, jusqu'à ce que Sa Majesté, elle-même, ne m'en parle…nos âmes ont fusionné.
Aussitôt un brouhaha s'éleva dans la salle. Fascinés, les Seigneurs elfiques la regardaient sans retenu, perdant la notion du temps. Dame Galadriel ne pouvait s'en empêcher également. C'était donc cela ? La raison pour laquelle son don de pénétration ne pouvait s'exercer auprès de cette femme, était donc une fusion des âmes. Aussi rare qu'imprévu, la nature de cet événement devenait un privilège et n'allait certainement pas demeurer sans conséquence pour leur peuple. Gandalf se leva à son tour :
Gandalf : Allons, reprenez-vous. Bien que surprenant, un tel fait est à interpréter avec prudence. Il ne m'a jamais été permis d'assister à un tel privilège, mais si cela s'est produit pour cette Dame, les Valar ont certainement leurs raisons.
Thrörinn du clan des Noldor : Il ne peut en être ainsi. Ce n'est qu'affabulation. Seul le couple mythique, Beren et Lùthien a été bénis par une telle faveur. Les Valar n'accorderaient un tel privilège pour une simple…humaine, car au fond, elle n'est qu'une adaneth* !
Thranduil se leva d'un bond. Ses yeux reflétaient une colère difficilement contenu. Gabriel émit un début d'apaisement en dispersant des ondes bienfaitrices, ce qui apporta un soulagement tout relatif :
Thranduil : Nous vous prions de mesurer vos propos Seigneur Thrörinn, nous tenons à remettre à votre souvenance le lien sacré nous liant tous deux désormais, nous ne supporterons pas une autre défaillance de votre part.
Thrörinn : Pour ce qui est de Votre Dame, la sacralité dont vous faites état, Thranduil, n'entre pas en ligne de considération. N'avez-vous pas sacrifié sur l'autel du désir, un lien indéfectible pour nous elfes ?
Fïrnam du clan des Moriquendi : Et qui porte le nom de Mariage ?
Appuyé de façon ostentatoire, ces mots furent perçus comme une atteinte à la dignité de sa fiancée et une attaque personnelle contre le roi. Ce dernier, s'emporta plus que de raison :
Thranduil : A qui pensez-vous vous adresser ? Personne ne se mettra en travers de notre chemin. L'honneur de notre Dame est en jeu.
Gandalf : Veuillez reconsidérer vos positions et éteindre le feu d'une telle discorde. Nous ne sommes pas en guerre que je sache !
Thranduil : Cela pourrait le devenir si la rancœur de certains demeurait vivace.
Galadriel : Le trouble jeté sur cette assemblée ne résoudra point nos interrogations.
La princesse Nessälda jeta son dévolu sur Olana. Jamais elle ne l'avait autant haïe qu'en cet instant. L'insistance du monarque pour sauvegarder l'honneur de son aimée la brûlait tel un tison rougi dans les flammes, et l'écho de sa jalousie raisonnait dans son esprit pervertit. Asmodée s'était, bien entendu, occupé de distiller ce qu'il fallait de poison pour exacerber un tel sentiment. Sa hargne s'échappa bien malgré elle :
Nessälda : Voyez déjà, comment elle divise avant que ses mots n'expliquent.
Galadriel : Princesse Nessälda !
Bien que désireuse d'attiser la haine, l'elfine s'interrompit et la tempête se calma enfin.
Galadriel : L'objet de votre confession soulève, je le crains, bien des peurs. Il est un fait, dans notre histoire, relatant le cas d'un remariage…et il fut, hélas, la source de biens des malheurs.
Olana : Je connais bien cela Dame Galadriel. La nécessité de m'intéresser au passé des vôtres me taraudait sans cesse ces derniers temps, aussi m'y suis-je, humblement, attelé. Pas plus que vous, je ne comprends les raisons des Valar pour m'avoir offert un tel présent, cependant, je ne puis le nier…ils m'ont choisi aux seules fins de l'accomplissement d'un dessein dont je ne détiens pas encore toute la finalité. Je souhaiterai tant calmer vos peurs…Le cas dont vous parliez, à l'instant, présente, en effet, bien des aspects troubles, cependant doit-on rendre responsable de tous vos maux l'envie pour cet elfe, de reprendre une épouse ?
Nessälda : Parfaitement !
Celeborn : La loi de Mandos, Dame Olana, telle qu'il l'a énoncé, à savoir : « Ils doivent chacun choisir un compagnon,uniquement, et ne pas en avoir d'autres dans leur vie, tant qu'Arda perdure. » est très claire. Nous nous y sommes toujours conformés.
Olana : Comment pourrait-on emprisonner un être dans une solitude évidente, quant l'un des deux conjoints ne désire nullement reprendre le cours de son existence à ses côtés ? Ce serait une bien vilaine punition pour celui qui ne fait que subir.
Celeborn : C'est ce que beaucoup ont pensé. Mais le choix ne nous appartient pas. Ainsi en a décidé Eru, Notre Père. Vous nous aviez confié venir des territoires du Nord.
L'archange se leva de son siège. Sa voix, calme et pondéré, charma l'assistance :
Gabriel : Il est à mettre à mon crédit, l'énonciation de ces mots. Parfois, taire certaines vérités permet de poser les jalons d'une difficile confession, comme cela a été le cas pour cette âme pure. J'en suis le protecteur attitré. Mes intentions ne sont pas belliqueuses. Regardez-moi, car en moi se trouve la parole des justes, voyez ce que je suis, vos esprits s'emplissent des bienfaits que, par son Nom, je dispense aux bienheureux. Dame Olana, ses amis et moi-même, venons d'un monde parallèle où se tient le même combat contre le Mal. Cette enfant du Très Haut a désiré vivre son rêve et je l'y ai aidé. L'amour conduit à bien des sacrifices, abandonner le monde où est née cette enfant, me parait être une belle oblation*. Offerte à l'Amour du divin, comme à celui de Sa Majesté Thranduil, elle est la preuve éloquente de sa parfaite innocence.
Un silence recueillit cette ode à l'Amour, qu'aucun être présent ne souhaita rompre. Seul le roi ajouta la pierre angulaire :
Thranduil : Je réponds de son Amour comme de ma propre existence.
Nessälda plissa les yeux. Le serpent n'en était qu'aux premiers de ses sifflements :
Nessälda : Sans vouloir prétendre être investit d'une connaissance frôlant l'orgueil, le sacrement du mariage dans nos traditions elfiques relèvent d'un choix libre et consentit. Votre Majesté, votre préférence s'était bien porté, comme il se devait de l'être, sur Dame Neryëlle, elle-même dans l'acceptation de son désir…
Tous les Seigneurs se tournèrent vers le roi, déstabilisé. Ce fut à Cirdan le Charpentier, d'apporter sa contribution :
Cirdan : Le fils de mon ami, Oropher, a été induit dans l'erreur par quelque imagination dû à son jeune âge. Bien qu'inné à l'ensemble des ellons, un tel choix ne lui a pas été imposé, mais suggéré par le désir de plaire à un père aimé et admiré. Beaucoup d'elfines évoluaient autour du jeune prince à cette époque. Je me souviens de son ressentiment à y donner suite.
Un sourire bienveillant naissait en même temps qu'un flot de souvenirs ressurgissait dans son esprit :
Cirdan : Le père et le fils se disputaient, avec l'inconstance de la jeunesse, à ce sujet. Sa Majesté a-t-elle émis le souhait de répondre à un désir ardemment espéré par son parent ? Avait-il pleinement conscience de son choix ? J'ai ressenti, dès l'annonce de cette nouvelle, qui se devait d'être heureuse, un profond sentiment d'inconfort. Il devint évident, par la suite, que cet ellon d'importance avait fait fausse route.
Galadriel : Confirmez-vous les dires du Seigneur Cirdan ?
Thranduil : Bien que l'évocation, de cette affreuse vérité, devant mes pairs, ne provoque en moi un sentiment néfaste, je me dois d'avouer mon désamour envers Dame Neryëlle. Il me revient le devoir, de porter, en personne, à la connaissance des Valar cette troublante confession, et déposer aux pieds de ma défunte reine, pour peu qu'il me soit accorder la permission de la rencontrer dans le royaume de Mandos, le poids de ma honte et, espérer, si elle le souhaite, l'obtention de son pardon.
Valrïn du clan des Avari : C'est un acte courageux de votre part Roi Thranduil, qui tendrait à prouver que nous autres, elfes, ne sommes pas exempts de commettre des erreurs, malgré une propension à le croire.
D'un infime mouvement, le souverain hocha la tête en signe d'assentiment. Membre du clan de base de la hiérarchie elfique, l'ellon n'en demeurait pas moins un être empli de sagesse. La volonté de ces elfes à refuser l'appel des Valar, les avaient dotés d'un libre arbitre. Cette faculté à agir par eux-mêmes, faisait opposition au fatalisme des autres clans elfiques, déterminés à suivre la volonté des Valar en un acte d'obéissance absolu.
Paradoxalement, ils leurs arrivaient de souffrir d'un fort sentiment de regret de n'avoir pas connu ce qui les attendaient en Terre Sacrée, mais il était trop tard pour réécrire l'histoire, du moins le pensaient-ils. Cela les rendaient-ils pour autant plus humble ? Il était fort probable que oui, d'après le sentiment de Thranduil :
Nessälda : Je persiste à penser qu'un tel acte sera perçu comme une provocation adressé aux Valar. Il ne peut subsister un tel fait en ce monde.
Elrond : Il ne nous est pas acquis d'en juger par nous-mêmes.
Nessälda : Mais d'y mettre fin, cela nous le pouvons.
Olana fixa intensément sa rivale. A aucun moment elle n'eut la moindre volonté de mettre fin à cet affrontement. Ses iris foncèrent tandis qu'un cercle blanc commençait à se distinguer. Gabriel sentit sa colère. C'était imprudent de sa part, mais Asmodée avait bien œuvré en amont. Les Seigneurs elfiques s'interrogeaient sur cette soudaine hargne. Avoir été la maîtresse du roi ne devait pas lui faire oublier son rang. Par la force des choses, Gabriel, mit fin à ce duel en prenant la parole :
Gabriel : Ma protégée et moi-même nous en remettons à votre sens de l'équité. Qu'il nous soit pardonné notre ignorance.
La voix d'Olana s'éleva, claire et, fait surprenant, teintée d'un soupçon d'agacement :
Olana : Le fait d'avoir été la maîtresse de Sa Majesté ne vous octroie nullement le privilège de prévaloir sur vos droits, Princesse Nessälda.
Gabriel baissa les paupières en soupirant. La rivalité féminine était un domaine inconnu pour cet être pur. La confrontation entre elles, créa un malaise au sein de l'assemblée. Le roi prit la décision de s'interposer :
Thranduil : Ce n'est ni le lieu, ni le moment pour ce genre d'échanges.
Toutes deux se tournèrent vers lui. Surprise, Olana redressa son menton. La fierté se disputait avec l'incompréhension. Elle faillit laisser transparaître un sourire narquois que devina malgré tout le roi. Sans qu'il ne puisse se l'expliquer, son ego de mâle s'en trouva flatté. C'était assez inconvenant de le reconnaitre, mais en cet instant, cette femme recelait en elle, un fort pouvoir attractif.
Un garde s'avança vers Dame Galadriel :
Garde : Un elfe, s'est présenté aux abords du royaume. Il désire s'entretenir avec vous Dame Galadriel. Il déclare connaitre Sa Majesté Thranduil et Sa Dame.
Galadriel : Qu'il nous soit présenté.
Gabriel haussa un sourcil. Ils n'avaient pas mis bien longtemps à réagir !
Connaissant les amis d'Olana, cela restait à prévoir. Cependant, cette venue soulagea ses peines, car de tous, Nimïel semblait le plus doué pour mener à terme toutes sortes de négociations. Son entrée fit beaucoup d'effets. L'on s'attarda sur sa grâce et son maintien. Après un sourire à l'attention d'Olana, l'elfe s'inclina devant Dame Galadriel :
Nimïel : Je me présente à vous, Noble Dame, tout contrit de ma faute d'avoir osé enfreindre une sérénité qui est vôtre et que, dans un seul souci de prévoyance, vous tenez à préserver, mais un fait d'importance m'a poussé jusqu'aux abords de ce royaume. Dame Olana, ici présente, et moi-même, sommes lié par une indéfectible amitié, et la savoir seule sans l'un des siens, minait mon être de douleurs lancinantes. Porter haut et fier un tel sentiment ne m'accorda plus la grâce de me savoir en vie quant il était question de la sienne. Veuillez trouver un soupçon de grâce à ma démarche et m'ôter le poids de la honte d'avoir, à ce point, failli à tous mes devoirs de bienséance.
Ce discours énoncé en westron, eut le mérite de démontrer à cette noble Dame, combien le parler de cet elfe, gagnait en admiration. Une telle musicalité dans les mots, la prononciation, jusqu'à l'intonation, heurta sa sensibilité extrême. Bien que méfiante, elle accorda, tout de même, à cet ellon, une place parmi les siens :
Galadriel : Je lis en vous, tant de détermination. Vous aura-t-il fallu beaucoup de courage pour guider vos pas jusqu'à notre royaume.
Nimïel : Un peu de courage, et une bonne monture, je me dois de le confesser. Cette dernière, s'en est pourtant allée vers de plus nobles pâturages, n'en déplaise à la personne la chevauchant. Je ne saurai lui en tenir rigueur tant la vélocité de son galop m'a permis de retrouver au plus vite ma chère amie.
Un sourire illumina les traits de Dame Galadriel. Cet amour était bien vivace, en effet, comme ses intentions, à classer dans ses meilleurs souhaits. Une place lui fut accordée. Dès lors, l'elfe demeura silencieux, s'emplissant du moindre détail dont il aurait à se servir pour sa plaidoirie, car il devenait évident, à présent, qu'Olana subissait un jugement. Intempestif, certes, mais un jugement tout de même. Cirdan reprit la parole en westron afin d'être compris par Nimïel :
Cirdan : Dame Olana, les elfes sont par nature permanents dans la vie d'Arda, cela signifie, que tant que perdure cette Terre, nous suivons son destin par notre vie, nos us et coutumes s'y emploient, comme le mariage immarri*, ce qui signifie, le mariage tel qu'Eru, Notre Père, l'avait souhaité, avant le cas particulier de Finwë et Miriel. Toutefois, lorsqu'une interruption de la vie se produit pour l'un des deux conjoints, alors il doit en être de même de leur mariage. Le fait est que Dame Neryëlle se trouve dans les cavernes de Mandos, suite à son décès, au seul jugement du Vala. Le mariage est donc considéré comme « suspendu ». Il est peut-être temps d'en demander la « dissolution », afin de régulariser vos fiançailles. Voici ce qu'il serait souhaitable de faire, mais derrière cette procédure, se trouve une reine dont la seule erreur a été d'accorder son cœur à un roi lui-même, perdu dans l'écheveau de ses propres sentiments. Un bien triste malheur pour tous.
Nerëm du clan des Lindor : Avez-vous perdu l'esprit Cirdan ? Un elfe ne peut faire état d'une telle demande ! Démettre un mariage, n'est plus concevable !
Galadriel : Cirdan, le Seigneur Nerëm dit vrai. L'acceptation de la demande de Finwë par le roi Manwë, de reprendre une épouse pour combler sa solitude après la perte de son épouse, nous a conduit à de biens triste événements pour nos peuples. Si leur unique enfant, Fëanor, n'avait pas quitté son père, suite à la mésentente avec ses demi-frères, son destin aurait été tout autre.
Olana : Comment pourrions-nous le déterminer de façon certaine. Peut-être était-ce seulement son destin ? En ce qui me concerne, vous me pensez intrigante et usurpatrice, mais je vous conjure de croire en ma bonne foi. Mon Amour est pur. Son poids est tel, que parfois, j'en souffre, et je ne peux freiner cet élan fougueux. Il me torture et me consume à la fois. J'aime Sa Majesté Thranduil et je jure sur ma vie, ne pas avoir eu à ma connaissance de ces révélations lors de notre rencontre. J'implore votre indulgence à mon égard, car seule ma volonté de l'aimer est coupable, mon ignorance à ce sujet, signait mon innocence.
Nessälda : Je ne peux croire en de telles paroles. Vous deviez en être consciente.
Olana : Comme vous l'étiez de vos torts, lorsque vous vous immisciez entre ses draps royaux ?
Un murmure de désapprobation s'éleva. La princesse serrait les poings de colère. Gabriel, tenta une fois de plus de calmer ces fureurs assassines, mais la jalousie féminine se heurtait à son incompétence. Ce n'était pas le genre de combat dont il avait l'habitude. Dame Galadriel éleva la voix. Elle n'aima pas l'intrusion de cette humaine dans les actes des siens :
Galadriel : Nous ne sommes pas ici pour juger l'attitude de la Princesse Nessälda.
Olana : J'oubliais que je n'étais pas des vôtres…du moins pas encore.
Thrörinn : Le devenir vous sera malaisé.
A nouveau le roi se leva :
Thranduil : Vous pensez-vous au-dessus de tous jugements ?
Thrörinn : Je suis un Noldo, obéissant à une monarchie établie par grâce divine dont la représentante est la Dame de lumière Galadriel.
Thranduil : Ce qui veut dire ?
Thrörinn : Que je ne reconnais aucune de vos monarchies non entérinée par les « dieux », qu'elle ne soit vôtre Seigneur Thranduil, comme celle du Seigneur Valrïn !
Olana : Après le serment de Feänor lancé, lors de la reconquête des Silmarils, les Noldor n'ont eut de cesse de se lier contre le Mal et ce malgré la condamnation des Valar. La dégradation des solidarités elfiques s'en est trouvée accentuée, nous en avons une magnifique représentation aujourd'hui.
Dame Galadriel : Nous condamneriez-vous pour notre courage ? Vous manquez de discernement Dame Olana !
L'elfine et l'humaine se firent face. Dans leurs yeux se lisaient une farouche détermination à emporter la partie. Olana ne s'était jamais autant investit dans cette discussion. Il lui semblait, quelque part, revivre son propre jugement devant la Cour :
Olana : Si j'ai manqué de discernement, veuillez m'en excuser. Par opposition, je me suis défaite d'un sentiment de culpabilité me torturant sans cesse. Je n'ai pas à rougir de mon amour, seulement de ne pas avoir connu plus tôt vos coutumes. Cependant, ma condition…d'adaneth, ne m'offrira pas l'éternité. Les Valar, à mon grand regret, ne me l'ont pas permis.
Le regard du roi s'attarda sur sa fiancée. La tristesse y transparaissait :
Nessälda : Retournez dans votre monde, laissez cet ellon à son elfine, et conservez le peu de dignité qui demeure en vous.
Thranduil : Cela suffit !
Olana : En ce cas, retrouvez la vôtre et ôtez de votre esprit cette volonté de reconquête Princesse. Il ne sera jamais à vous.
Nessälda : C'est une atteinte à mon honneur.
Olana : Non, c'est une mise en garde !
La voix d'Olana s'éleva. Dans ses yeux le cercle gris fonça. Gabriel tenta d'apaiser sa colère, mais elle semblait s'éloigner de son emprise. Elle demeura un instant figée, avant que ses mots ne s'échappent, heurtant l'ouïe délicate des elfes. Les sons résonnèrent dans l'hémicycle provoquant un inconfort certain. Tous portèrent leurs mains à leurs oreilles.
Seul Gandalf comprit ce qu'elle prononça. La menace, exprimé en valarin fut perçu comme un coup de semonce :
Olana : Tu n'outrepasseras plus tes droits, car telle est ma volonté ! Malum est in vos ! (LeMalin est en toi !)
Effrayés, tous s'observaient en silence. Certains pensèrent avoir entendus le parler noir. Gandalf soupira. D'autres mots échappaient à sa connaissance :
Gandalf : N'ayez crainte, ce n'était pas le parler noir, mais une langue qui vous a été soustraite depuis le premier âge. Son audition est aussi désagréable que le parler de notre ennemi, mais il est pourtant d'appartenance divine. Le valarin !
Un désordre indescriptible agita l'assemblée. Qu'une adaneth, puisse connaitre ne serait-ce qu'un seul mot de la langue des Valar, paraissait inconcevable. De son côté, la Princesse Nessälda fut, un moment, décontenancé. Sa tête lui tournait, ses mains tremblaient. Quelque chose l'avait heurté…
Le regard porté sur Olana par Dame Galadriel, avait de quoi surprendre. D'où lui venait cette force ? La suspicion enflamma le cœur de la Noldor :
Galadriel : Quels ont été les mots énoncés Mithrandir ?
Le mage sembla hésiter. Il intercepta le regard de l'archange et comprit qu'apaiser valait mieux qu'attiser :
Gandalf : Dame Olana a émis son intention de prouver son repentir et non vous mentir. C'était empli de sincérité.
Gabriel lui adressa un signe de la tête. Les mots en latin seraient de sa seule traduction. Il ne fallait pas joindre la peur à la colère, cela n'amenait jamais rien de bon. Une protection sainte fut apposée à l'aide de quelques mots susurrés par ses soins.
Olana, encore sous le choc de ce commandement, reprenait son souffle. Elle vacilla et se retint de justesse à Thranduil, accouru auprès d'elle :
Thranduil : Meleth nin…
Olana : Ce n'est rien, un étourdissement. Je n'ai pas déjeuné…
Thranduil : Vous tremblez…
D'un geste, il ôta son manteau et en recouvrit ses épaules. Il ne put empêcher un geste de réconfort en posant avec douceur ses lèvres sur son front. Déjà, un garde s'avançait vers lui. Les yeux noirs du monarque, stoppèrent dans son élan, le pauvre ellon :
Thranduil : Qu'on apporte un verre d'eau, ainsi qu'un siège ! Immédiatement !
Voici ce que l'on risquait à provoquer Sa Dame. A la fois surpris et fier de sa fiancée, le monarque l'entourait d'un puissant amour, calmant son désarroi :
Thranduil : Vous n'avez pas à vous en vouloir Mon Ange, l'attaque dont vous avez fait l'objet, de la part de tous, méritait votre courroux.
Olana, captivée par les traits du monarque surprit l'ellon par sa réplique. Loin de lui témoigner un remerciement, elle se contenta d'appuyer une allégation prononcée par son fiancé lors de l'échange entre les deux rivales. Parfois, était dissimulé, dans les mots, la susceptibilité d'une femme. Dès lors qu'on la titillait…
Olana : Ce n'est ni le lieu, ni le moment, pour un tel échange ? L'intimité de votre boudoir s'y serait-il prêté d'avantage ?
Etonné, le roi mit quelques instants à reprendre contenance. Dans l'attente de sa réponse, la jeune femme caressait, de son doigt, les lèvres entrouvertes de son monarque, le fixant avec insistance. Elle choisit délibérément de répondre à sa place :
Olana : Je me promets de remettre à votre souvenance vos paroles Majesté. Nous aurons, ainsi, tout le loisir d'en débattre… à notre aise. Cependant, il se pourrait que mes arguments ne soient teintés d'un soupçon d'indécence. En ferez-vous abstraction le moment venu ?
Troublé, Thranduil, hésita avant d'affirmer de sa voix grave :
Thranduil : Soit ! Je prendrai en considération vos doléances et vous inviterai, avec la volonté qui sera mienne, à vous donner audience en un lieu, par mes soins, choisit…
Olana : La salle au trône ?
Thranduil : Son apparat siéra à votre requête Meleth nin.
Olana : Je m'en réjouis Majesté.
L'impétuosité d'un tel échange, captiva le roi. Cette femme le surprenait de jour en jour. Son assurance, comme sa hardiesse le comblait un peu plus, chaque fois.
L'agitation se calma alors que Nimïel, reprenait les débats :
Nimïel : Il est illégal d'avoir deux épouses, je l'ai compris à vos dires, mais dans le cas de Sa Majesté Thranduil, il nous faut faire une exception. Avoir aimé Dame Neryëlle avec la sincérité de son jeune âge, et éprouver en ce jour, une véritable passion pour Dame Olana, soulève un fait d'importance. Le respect éprouvé pour sa première épouse ne l'effacera pas de son cœur, mais le destin en a décidé autrement. Aujourd'hui, les sentiments de cet ellon sont destinés à une autre. Faudrait-il, pour autant porter un jugement ? Condamner ? Au nom de quel principe devrait-on priver deux êtres d'un amour au-delà de la raison ? Afin de respecter les traditions elfiques, obligation nous serait faite, à nous, juges parmi les juges, d'étouffer, museler, briser, ce qu'au plus profond de ces deux cœurs s'y trouve ? Aimer n'a jamais été affaire de facilité, du moins pour les grandes passions. La douleur se lie à l'exaltation, et bien mal en soit celui qui s'en dédit. Soyez magnanimes. Offrez une chance à ces deux êtres. L'immortalité de Sa Majesté la dessert…Dame Olana n'en bénéficiera pas selon ses dires. Laissez-là vivre sa Passion avant qu'elle ne soustraie de son horizon, peut-être alors le roi, emploiera-t-il le reste de son existence à porter le poids de sa faute et Sa première Dame lui accordera-t-elle l'absolution. Elle aura tout son temps pour le faire…Que représente quelques années quant l'éternité vous est acquise ?
Les larmes d'Olana furent le plus bel hommage rendu à cet ellon, dont les mots nimbés d'un enchantement dû à ses dons, venaient de faire mouche. Un silence éloquent s'attarda en ces lieux. Neryëlle, calmée par les incantations muettes de l'archange, semblait vivre cet instant à travers le voile de sa possession. Elle ne put agir et se contenta de subir.
Asmodée, vivait à distance ce Conseil. La rage de savoir sa proie muselée, accentua sa détermination. Il redoubla de malice et sa lutte avec l'archange fut intense. Satan se tenait à ses côtés.
L'Amour était un sentiment dangereux. Eblouissant, d'une puissance inégalée, il devenait difficile à combattre dès lors qu'une proie en était atteinte. La lutte, âpre, prenait une ampleur sans pareille. Il défit Asmodée de son emprise et prit le partit d'intervenir, même s'il en connaissait les risques.
L'effet fut foudroyant. Nessälda releva le menton, ses yeux brillaient d'une lueur malsaine, Gabriel eut un sursaut, malgré ses forces, il ne parvint à endiguer le flot de fiel se déversant d'entre les lèvres de l'elfine :
Nessälda : Mes Seigneurs, accordons à cette humaine l'autorisation de détourner un monarque de Sa reine et louons le fait de les savoir s'unir sous le sceau d'une mortalité promise, ainsi, la faute s'en trouvera-t-elle amoindrie ?
Nimïel, jusque là, fier de son allocation, fut si déstabilisé, qu'il en demeurera coi. Jamais on ne l'avait battu sur son propre terrain. Des années de pratique et les félicitations de ses pairs l'avait conforté dans sa gloire, or, cette elfine venait des réduire à néant son réquisitoire et ce malgré les effets de magie enrobant chacun de ses mots.
Il se mit à détailler cette Princesse que l'on pensait magnifique et soudain la noirceur de son âme lui apparut dans son entière malveillance. Un regard de Gabriel, suffit à consolider son ressentit. Seule, l'intervention d'une force phénoménale pouvait apporter un semblant d'explication…
A nouveau, le désaccord, et la tempête souffla en Lothlorien.
Sur les Terres sacrées de Valinor…
Un conclave fut précipitamment quémandé par les Valar. Tous avaient ressentis la noirceur. La peur engendrait la méfiance et Manwë dû apposer, lui-même, un baume sur ces douleurs diffuses.
Le Màhanaxar fut nimbé de l'anneau de brume.
Les Vanyar, surprit par la sacralité émanant de l'édifice en conçurent un réel ressentiment. L'on tenait un Conseil extraordinaire à l'intérieur du Temple béni pour la seconde fois depuis peu. Cela ne ressemblait guère à la quiétude et la paix régnant sur ces Terres Bienheureuses. Quels dangers menaçaient le Monde ?
A l'intérieur, Mandos montrait sa colère. Les mots roulaient se répercutant avec une force incroyable contre les murs de marbre. Pour lui, seule la présence d'Olana en était responsable. L'humanité ne devait croiser le destin des elfes. Un tel fait lui semblait contradictoire. Il fallut toute la sérénité du Roi pour éteindre le feu :
Manwë : Son destin est lié au nôtre, il en est ainsi. Le temps de décider autre, est révolu. Nous ne pouvons défaire ce qui s'est lié par-delà notre compréhension. Acceptons ce que Notre Père Illuvatar a, en son âme et conscience, a décidé pour nous tous.
Irmo : Elle ne faillira pas. Son Amour est immortel.
Mandos : Pas sa vie !
Elentàri : Je ressens sa souffrance…
Mandos : L'insignifiance des humains ne peut se dresser contre la puissance elfique.
Vairë : Mon époux, ta colère n'apaise pas tes inquiétudes, mais elles les intensifient. Garde-toi d'un tel ressentiment. Notre Père à ses raisons. Louons sa prévoyance à nous tenir écarté, désormais, des maux perdurant en ce Monde.
Manwë : Illuvatar m'a enjoint à ignorer la noirceur. Elle n'est que passagère et quittera la Terre du Milieu.
Estë : Mais…quelle est-elle, qu'il ne faille la soustraire ainsi de nos pensées ?
Manwë : Une graine cherchant à germer.
Yavana : Alors je rendrai cette terre stérile s'il le fallait, car aucun autre végétal ne saurait croître sans mon amour.
Vairë : Une opposition se dresse contre cette force obscure…
Manwë : Elle a été portée à notre connaissance. Il est dit que son nom est Archange, il est dit qu'il a pour fonction d'intervenir sur la dimension mentale de l'être humain, il est dit qu'il est porteur de la connaissance et met la vérité à la portée de l'homme, il est dit, enfin, qu'il réunira la Voie Mystique de la foi et la voie Héroïque des œuvres…
Mandos : Quelles œuvres ?
Manwë : Celles décidées par celui qu'il nomme, le Très-Haut et tient lieu de Commandeur, comme Notre Père l'est pour nous, dans ses décisions.
Alors le calme régna à nouveau, car de tous ces maux, les Valar surent qu'aucun ne les atteindraient. Les voix s'apaisèrent, les chants s'élevèrent et l'on loua ces forces dont, enfin, tous les Valar prirent conscience.
Le conclave se dissout, alors que pour chacun renaissait l'espoir…
A l'intérieur de son palais, au sommet du Tanniquetil, Manwë, face au vaste horizon se prêtant à sa contemplation, laissa échapper ses mots. Loin de s'élever avec grâce, ils peinaient à trouver leur destinataire :
Manwë : Ils ne sont pas conscients de ce qui les attend…
Alors, une voix s'infiltra en son cœur. IL lui parla, comme on parle à un enfant, ce qu'il était depuis sa création, et l'intonation rassurante d'Eru, nimba le cœur de Manwë de miséricorde.
Miséricorde, un mot par lequel, le Créateur de ce monde, ouvrit son cœur à toutes les misères enfouies en cet être. IL l'écouta et lui parla :
Eru : Je t'ai entendu Manwë. Ne t'abandonne pas à la peur…car Je serai là !
Dans le royaume de la Lothlorien…
Olana porta la main sur son cœur, avant de la tourner en direction de l'elfe. Par ce geste d'affection, elle témoigna toute son affectation à Nimïel. Il avait fait ce qu'il pouvait, seul le Malin pouvait contrer le pouvoir de ses mots, ce que Gabriel lui expliqua succinctement entre les éclats de voix s'élevant dans la pièce. Le roi laissait éclater sa fureur :
Thranduil : Princesse, vous êtes allée trop loin dans vos allégations, j'exige vos excuses envers notre fiancée !
Nessälda : Mais enfin Majesté, il est de mon devoir de vous ouvrir les yeux sur les intentions, néfastes de cette femme venue d'un monde dont nous ignorons jusqu'à son nom.
En un sens, ce n'était pas faux, et Elrond cru bon d'appuyer sur ce point :
Elrond : Bien que présenter d'une façon condamnable, ces affirmations ne sont point erronées…
Olana : Mes intentions sont louables et le monde d'où je viens s'appelle La Terre, comme celle sur laquelle mes pieds reposent. Il n'y a là aucune malice ni fantaisie.
Gandalf : Nous en sommes conscients Dame Olana, mais votre venue, ne peut empêcher de soulever certaines interrogations suspicieuses pour nombre d'entre nous. Malgré tout, je vous crois innocente du moindre sentiment néfaste envers n'importe lequel d'entre nous.
Thranduil : Ayez souvenance de ce qui a été dit à Finwë par Manwë lui-même : « Tu as entendu la sentence qui a été prononcée. Si Miriel, ton épouse, ne veut pas revenir et te libère, votre union est dissoute, et tu es libre de prendre une autre femme. ». Je dois me rendre en Valinor et demander audience auprès du roi. Lui seul comprendra ma requête.
Elrond : Et si Dame Neryëlle choisissait de revenir vers vous ? Qu'en serait-il ?
Le monarque baissa la tête. Le poids lui semblait si lourd. Sa fiancée prit la parole à sa place :
Olana : En ce cas, je m'en retournerai dans mon monde et me soustrairai de l'existence de Sa Majesté. Je ne saurai me dresser contre la volonté de son épouse…
Thranduil : Ce qui a été délié ne se renouera jamais !
Galadriel : Elle et vous êtes unis pour le temps de votre immortalité.
Thranduil : Dois-je lui faire espérer une éternité de mirages ?
A court d'arguments, beaucoup s'abîmaient dans un silence pesant. Seul le Seigneur Valrïn, eut les mots adéquats pour le rompre, du moins le pensait-il :
Seigneur Valrïn : Et s'il était temps pour le changement ? Faisons preuve de courage. Osons briser une loi obsolète. Tout lien peut être dénoué. Ne vaut-il pas mieux inviter l'honnêteté en lieu et place d'un principe devenu désuet ? Les sentiments évoluent au rythme de l'existence. Des milliers d'années de vie commune tendraient à le prouver. Ne demeurons point enfermer dans nos convictions, nous n'en ressortirions pas grandis…Cela doit-il se maintenir en l'état rêve ?
Les mots de l'archange, enrobés de miel, s'infiltrèrent dans l'esprit de cet ellon. Sa clairvoyance s'apparentait, à s'y méprendre, à de la piété, fait surprenant pour un elfe, considéré comme peu glorieux par ses pairs. La curiosité de Gabriel, s'en trouva grandit. Comme souvent, la sagesse n'était pas l'apanage du plus fort. La petitesse recelait parfois des trésors.
Dans les pensées de l'être de lumière, la sacralité même du mariage, ne pouvait être compromise. Pourtant, dans le cas de son petit séraphin, il n'avait plus le choix. Le grain de sable introduit dans le rouage du plan céleste l'avait amené à reconsidérer ses principes.
Si seulement, Olana s'était présentée au Prince Thranduil, avant qu'il ne se lie à Neryëlle, cela aurait été tout autre. Une fois encore, l'on avait bien œuvré parmi les forces du Mal.
Une fois de plus, ce fut le féminin qui l'emporta sur le masculin en assenant le coup de grâce :
Nessälda : Le courage ? Celui d'écarter une épouse de la vie de son mari, roi de surcroît, afin qu'une autre n'usurpe sa place, les mains rougies du sang d'un autre ? Une meurtrière, est-ce donc ce que vous souhaitez offrir à votre peuple ? Assoir une intrigante sur Votre trône est un sacrilège !
Thranduil pâlit. Comment ces faits pouvaient-ils être portés à la connaissance de la princesse ? Gabriel, soupira. Ainsi, ce qu'Asmodée avait tenté par la séduction, Satan, l'osait par la force. Comme toutes les tentatives de l'ange déchu, cette dernière, déloyale, porta ses fruits. Tous dévisagèrent le monarque. Ses traits tendus, trahissaient la connaissance de cette douloureuse confession :
Olana : Ne l'accusez point de mille mots. Je suis la seule responsable. Oui, j'ai assassiné mon époux. Il en allait de ma propre vie. Je me suis défendue de sa perfidie et du mal qu'il n'a cessé de me prodiguer. De son trépas je plaide coupable, de l'intention de mon acte, je clame mon innocence. Après avoir provoqué la mort de l'enfant que j'ai mis au monde dans la souffrance, il m'aurait tué ! Je me suis sauvée de la noirceur de mon destin.
Il ne pouvait y avoir de plus monstrueuse révélation. Les visages reflétaient l'horreur, autant que l'empathie chez certains. Le Seigneur Valrïn, fut tenté de poser sa main sur l'épaule du roi, en un geste de réconfort, mais il s'en abstint, se contentant de lui adresser un regard compatissant.
Nessälda portait haut son triomphe. Galadriel, quant à elle, perdit sa contenance. Il y avait fort longtemps qu'un tel fait ne l'avait atteint aussi profondément. Bouleversée, ses mots peinaient à se mettre en ordre. Tout n'était que confusion. Il lui semblait revivre de bouleversants événements lorsque décision fut prise de quitter Valinor, il y a bien longtemps de cela :
Cirdan : Assez ! Ma hanyalyen ! (Est-ce que vous me comprenez ?)
Percevoir de la colère dans la voix du Seigneur Cirdan, était rarissime. Le chaos était compréhensible, certes, mais ce n'était pas digne d'un elfe qu'il soit adan ou niss (homme ou femmes elfes).
Cirdan : Reprenez-vous ! Allons ! Nous ne sommes pas en droit de juger de tels faits. Commis hors de ce monde, seuls les juges du peuple dont est issue Dame Olana, en on été pourvus. Je rappellerai que les fiançailles sont un temps privilégié, pour le dialogue, l'appropriation des différences, et en ce cas, elles sont énumérables et complexes. Seule la qualité des dialogues entres fiancés leur permettront de conditionner leur vie future, s'il devait en exister une. S'aimer, c'est se respecter, construire un espace durable, serein ou la poursuite d'un tel sentiment sera plus entière et totale. Sa Majesté Thranduil était dans la confidence, cela ne fait aucun doute, ce qui signifie, que Dame Olana n'a pas fait preuve de traîtrise. Nous en resterons là pour aujourd'hui, quant à vous Princesse Nessälda, puisse les Valar faire preuve de commisération envers un tel comportement. La honte m'accable ! Que la paix revienne en vos cœurs. Nous reprendrons ces discussions plus tard.
Dame Galadriel posa un regard étrangement sombre sur le vieil elfe :
Galadriel : Nous louons votre sagesse Cirdan, cependant, il va de soi que ces révélations, demandent réflexion.
Thranduil : Nous partons immédiatement pour Mirkwood !
Galadriel : Cela ne se fera pas Thranduil. Dame Olana demeurera en ce royaume. Vous et moi en avons bien conscience.
Thranduil : Prenez garde ! Vous outrepassez vos pouvoirs Gente Dame !
Gandalf eut un mouvement de recul. Les débats prenaient une ampleur démesurée. Celeborn tenta de calmer son épouse :
Celeborn : Gardons l'esprit clair et serein. L'émoi nous submerge. La sagesse nous impose de prendre du recul.
Galadriel : Bien entendu mon époux, vous avez mon appui.
Celeborn : Nous ne pouvons statuer sur le sort de Dame Olana dans un tel état d'esprit.
Galadriel : Je m'en remets à votre bon sens. Demain la sérénité sera redevenue nôtre.
Gabriel répandit un voile d'apaisement à l'aide de puissants psaumes, occultant le don pénétrant de Dame Galadriel, laquelle s'en trouva dépossédée pour un temps indéfini. L'urgence de la situation l'y avait enjoint. Fatiguée, l'elfine prit appui sur le bras de son époux et quitta les lieux.
Thranduil se précipita vers Olana, que deux gardes encadraient. Cirdan émit un ordre bref :
Cirdan : Accordez-leur quelques instants et cette Dame vous suivra.
Olana saisit les mains du roi, mais ce dernier, dans un élan passionnel, la prit dans ses bras. Ses lèvres baisèrent son front, et ses mots apposèrent le réconfort sur le cœur meurtri de son amante :
Thranduil : Gardez confiance Mon Ange, demain, le temps sera plus clair.
Olana : Je sème le chaos partout…
Thranduil : Il n'en est rien. Vous êtes Ma fiancée et deviendrez Mon épouse quoi qu'il m'en coûte. Reposez-vous meleth nin et promettez-moi de vous alimenter.
Olana : Oui, Majesté. Demain sera un autre jour.
Les gardes émirent un geste et Olana, ne souhaitant aggraver la situation, les suivit. Le regard de l'ellon la suivait toujours, alors qu'elle disparaissait derrière les portes. A son tour, il prit congé de l'assistance sans prêter la moindre attention à Nessälda qui, dans un moment de lucidité, laissez couler ses larmes de repentir…
L'archange se détourna de ses hôtes. L'elfine avait séché ses pleurs, et attendait sa venue, c'était parfaitement clair. Une étrange lueur brillait dans son regard. Accompagné, d'un sourire lubrique, elle fit glisser sa langue sur ses lèvres. L'indécence de ce geste n'atteignit nullement l'archange, habitué à de telles provocations. Les Seigneurs elfiques, bien trop occupés à échanger leurs vifs ressentis, ne prêtèrent guère attention à cet étrange duo. Gabriel en profita, pour s'adresser à qui de droit :
Gabriel : Ex hoc corpus Asmodée ! (Sors de ce corps Asmodée !)
Une voix rocailleuse lui répondit. Le contraste avec la finesse des traits de la princesse, était saisissant :
Nessälda : In tempore suo Michaeli Archangelo ! En son temps archange Gabriel !
Devenues indispensables, les paroles sacramentelles, sortirent, en flot continu, d'entre les lèvres de l'archange. Ses mains emprisonnèrent celles de l'elfine, laquelle résista les premiers temps, en persiflant, avant de s'abandonner à cette puissance céleste :
Gabriel : Je parle en ton nom jeune fille…Sanctus, fortis, immortalis, adjuva me Nessälda, famulam tuam indignam. Ab omni periculo, a morte aeternâ animae et corporis, ab insidiis inimicorum, visibilium seu invisibilium eripe me. (Seigneur, puissant, immortel, délivrez-moi, Nessälda, votre servante, toute indigne que je sois. Délivrez-moi de tous dangers, de la mort de l'âme, et de celle du corps, et des embûches de mes ennemis, tant visibles, qu'invisibles.)
Nessälda : Macte animo ! (Bon courage !)
Gabriel : Tua mano si è appesantita su lei. Tu affili la lingua come un serpente… (Ta main s'est appesantie sur elle. Tu aiguises ta langue comme un serpent…)
Nessälda : Sono il serpenti. (Je suis le serpent.)
Gabriel : Vai ! Va-t-en !
Nessälda : Sono partito. (Je suis parti.)
L'échange fut interrompu. L'archange apposa un signe sur le front de l'elfine. Ses yeux clairs semblaient se noyer dans les iris bleus pâles de Gabriel. Il crut y apercevoir une larme perler :
Gabriel : Comment vous portez-vous princesse ?
Nessälda : Pardon…que m'est-il arrivée ?
Gabriel : Un étourdissement. Princesse, demeurerez-vous quelques temps en Lothlorien ?
Nessälda : Le temps d'éclaircir…euh mes pensées sont confuses…
Gabriel : Ce n'est rien. Prenez un peu de repos.
Nessälda : Je ressens tant de bienfaits à vos côtés…
Gabriel : J'en suis conscient. Allez dans la paix, mon enfant.
Parvenu à la hauteur de l'archange, Nimïel salua humblement la princesse, avant qu'elle ne s'éloigne :
Nimïel : Elle est très pâle.
Gabriel : Sa vie la quitte.
Nimïel : Ne pouvez-vous intervenir ?
Gabriel : Je crains qu'il ne soit trop tard…hélas.
Un battement d'aile, attira l'attention de Jack et Zorgûnn. Un point noir se dirigeait droit vers eux. Aliénor se leva promptement. Sa vue, excellente, distingua très nettement Roäc. Le corbeau décrivit un large cercle avant d'atterrir en catastrophe sur l'herbe jaunie. Il secoua ses ailes et sautilla jusque vers la jeune femme, laquelle venait à sa rencontre :
Aliénor : Vous êtes Roäc, le corbeau de Sa Majesté Thranduil, non ?
Le volatile pencha sa tête sur le côté avant d'ébouriffer son plumage, ce qui fit rire le lutin :
Roäc : C'est exact, noble Dame. Votre compagnon de voyage, Gabriel, m'envoie solliciter votre aide. Dame Olana est retenu au royaume de la Lothlorien. La liberté lui est refusée. Le Conseil a été fort mouvementé et tous se méfient d'elle.
Jack : Je m'en doutais ! Fallait qu'çà foire !
Roäc : Cette noble personne m'envoie vous prévenir… un grand danger guette la fiancée du roi. Elle doit fuir, tout comme le roi, et vous devez les y aider.
Mic Mac : Comment qu'on va s'y prendre ?
Roäc : Il a parlé d'un magicien de grand renom…
A l'annonce de ces mots, Alachnÿ se leva tel un ressort. Son sourire s'étirait jusqu'aux oreilles, et l'on perçut un léger trémolo dans l'intonation de sa voix :
Alachnÿ : Mihi gloria ! Barba non facit philosophum… mais… l'auréole de prestige ! (Gloire à moi ! La barbe ne fait pas le philosophe…). Par Barbos, mon latin est quelque peu rouillé, j'espère ne pas vous avoir énoncé les nombreuses qualités de mon concombre galant ! Enfin, l'on me place en tête de cortège…il était temps ! Allons-y mes amis. Je vais sauver notre Olana et son galant de cette catastrophe imminente. Oh et puis tiens, au diable l'avarice, je vais sauver tout le monde !
Jack : Eh, oh ! Ou tu vas comme çà l'ancêtre ? Qu'est-ce que c'est qu'ces conneries ?
Alachnÿ : Vous l'avez entendu ? Je dois faire sortir, au nez et à la barbe de tous ces elfes précieux, la fée et son prince charmant afin de les délivrer de leur prison. Vaste programme, mais réalisable pour une sommité telle que moi ! Bien, qu'attendons-nous ?
Zorgûnn : Doit-on faire quelque chose de spécial ?
Alachnÿ : Quoi ? Mais non voyons ! Je me charge de tout.
Jack : 'Tain, j'aime pas çà !
Déjà, le magicien s'avançait vers la forêt. Jamais personne ne l'avais vu courir aussi vite. Ses mains, agrippées à son manteau, soulevaient vaillamment le lourd tissu, dévoilant deux mollets poilus. Le lutin ricana. C'était bien le moment ! Lui, exultait littéralement :
Aliénor : Mais…
Elle faillit buter contre le mage dont l'arrêt brutal avait surpris tout le monde :
Alachnÿ : Ah, j'avais oublié de vous préciser…plus aucune parole. Je viens de disperser une brume de magie qui devrait nous rendre invisible. Ceci dit, un seul mot, et nous serions repérés. Je sais, c'est un manquement à ma formule, un oubli fâcheux lors de sa conception. Enfin, rien qui ne puisse entraver ma détermination. Souvenez-vous, aucune parole ou nous nous retrouverions comme des glands, face à ces trublions et ce n'est pas du tout l'image que je souhaite laisser à mes admirateurs.
Orlyänne souriait de toutes ses dents. Elle adorait la fantaisie de ce curieux personnage et un peu d'action n'était pas pour lui déplaire.
Les chants s'étaient tus, comme il se devait au moment où les elfes prenaient leurs repas.
Ce fut avec circonspection que le petit groupe s'avança plus avant à l'intérieur du domaine elfique. Le puissant charme protecteur en compliqua d'avantage les manœuvres du magicien.
Sans cesse à l'affût, tous les sens d'Alachnÿ étaient en éveil. Orlyänne et Aliénor n'en revenaient pas de se déplacer ainsi sous le nez de tous ces elfes. Bien que la majorité d'entre eux se trouvait à l'intérieur de leurs talans afin de savourer leurs déjeuners, quelques uns demeuraient à l'extérieur, vaquant à leurs occupations.
Seul, l'un d'entre eux releva la tête de son ouvrage en scrutant devant lui. Jack crut s'étouffer en stoppant net sa marche, mais le magicien, confiant, l'enjoignit à poursuivre. Comprenant que son triomphe était certain, et impatient de le savourer, une fois sa mission accomplie, il souriait sans discontinuer et posait, de temps à autre, son index sur ses lèvres afin de leur remettre à l'esprit sa recommandation.
Gabriel, droit et fier, attendait assis sur une branche, en compagnie de Cirdan et Gandalf, lesquels discutaient âprement. A la vue du mage, l'archange haussa un sourcil. Comme toujours, ce personnage fantasque était aussi incontrôlable qu'une horde de barbares. L'istari, dont les pouvoirs le hissaient au même rang que l'archange, sentit leurs présences et sa conversation cessa net. Gabriel fit un effort immense pour contrer ses pensées et les diriger dans une autre direction. Il n'était pas évident de se mesurer à un maïar dont les compétences équivalaient presque les siennes.
Pourtant, la petite troupe finit par s'éloigner. Avant que ce ne fût fait, Gabriel désigna discrètement le chêne où le talan du roi se trouvait. Jamais Alachnÿ ne lui avait autant sourit, il se permit même une petite révérence. Un seul être avait le don de mettre en émoi l'archange et il se trouvait là, dans un périmètre un peu trop restreint à son goût.
Posé sur la table, le repas du roi attendait, intact. L'appétit n'était pas au rendez-vous. Seul le vin, disposé dans une carafe de cristal, trouvait grâce à ses yeux. Alors qu'il se servait un troisième verre, il entendit un bruit persistant sur la terrasse…comme un gratouillis. Sans doute un oiseau ou un autre petit animal, pensa-t-il en se dirigeant sur la plateforme, sauf que la bête en question possédait deux longues oreilles pointues tombant avec malice sur les côtés d'une frimousse sale, agrémentée de deux gros yeux l'observant avec curiosité.
Il reconnut immédiatement le lutin qui se hâta de poser son index sur ses lèvres en secouant vigoureusement la tête :
Thranduil : Que faites-vous là, petite personne ?
Une fois de plus, le lutin secoua la tête posant sa main sur sa bouche :
Thranduil : Vous ne pouvez pas parler ?
Le gnome acquiesça en désignant la corde sur laquelle il était accroché. Il l'enjoignit à faire de même, et sans se poser la moindre question, le roi enjamba la terrasse et se laissa glisser le long du cordage.
Parvenu en bas, Alachnÿ chuchota une formule complexe, ressemblant à un vague borborygme d'ours mal léché. Cependant, cela fit effet, car le souverain devint, lui aussi, invisible de ses pairs.
A force de signes, il finit par se faire vaguement comprendre du monarque. Il devait, en sa compagnie, délivrer Olana. Tous deux se présentèrent devant le mallorne où deux elfes montaient la garde.
Là encore, le curieux personnage barbu, officiait avec une assurance incroyable, n'omettant, à aucun moment, de sauvegarder sur ses lèvres un sourire de circonstance.
Il y eut un moment ou le monarque douta de lui, mais vu la tournure que prenait les événements, il finit par y croire lui-même. A un moment, ils faillirent buter contre une elfine qui descendait le repas d'Olana. Thranduil pu s'apercevoir, qu'il était intact. Seul une pomme avait été consommé, et encore, pas dans sa totalité.
Le mage, quant à lui, fut beaucoup plus intéressé par la beauté de l'elleth. Néanmoins, il se reprit et tous deux parvinrent enfin devant la lourde porte. Alachnÿ produisit un léger bruit, éloignant le garde en faction quelques secondes, le temps de pénétrer à l'intérieur de la chambre.
Olana tournait sa tête dans toutes les directions. Elle aussi sentait une présence. Le roi s'approcha doucement et l'enserra par la taille en plaquant sa main sur sa bouche, puis, il colla ses lèvres contre son oreille :
Thranduil : Chuuut…c'est moi Mon ange. Je suis avec le magicien de votre monde. Il nous a rendus invisible et va faire de même pour vous.
Elle sentit un léger trouble l'envahir et petit à petit se dessina le contour de deux silhouettes. La première chose qu'elle vit d'Alachnÿ fut ses gros yeux l'intimant expressément de se taire, ce qu'elle se résolut à faire docilement, avant de se saisir de la main royale et y déposer un baiser ardent.
Le mage pencha sa tête sur le côté en souriant de plus belle. Ah, l'Amour !
Lorsqu'il désigna la porte, les amants comprirent qu'il était temps de prendre la fuite. Ni une, ni deux, le grand barbu tira le lourd battant vers lui d'un coup sec, provoquant la stupéfaction du garde. Une telle vision le décontenança. Il n'y avait personne et la porte, grande ouverte, demeurait béante sans qu'il ne se passe quoi que ce soit.
Avant de commettre son crime de lèse majesté, du moins le pensait-il, le mage haussa les épaules dans un geste de dépit devant le monarque, puis, il serra son poing et frappa avec une force surprenante sur le visage de l'ellon, lequel s'écroula comme une masse.
Inquiet, il se pencha vers sa victime, s'assurant qu'il n'avait pas trop souffert de ce coup de traître, avant d'enjamber son corps et disparaître dans l'escalier…
Des bruits épars leurs parvenaient au fur et à mesure qu'ils descendaient. Ils hâtèrent leurs pas.
La vision qui les attendait, au-dehors, était indescriptible. Les elfes, affolés, couraient dans toutes les directions. Les amis d'Olana attendaient, non loin de là, en cherchant de toutes parts, la cause de pareil affolement. Soudain, l'elfine de feu renifla, puis leva la tête vers le ciel.
Il n'y avait rien, du moins pour ceux qui tentaient d'y apercevoir quelque chose, mais pour cette elleth doté d'un sens inné de l'odorat, c'était la mort …
Lorsqu'elle baissa son visage vers eux, ses yeux exorbités brillaient. Alors, elle hurla :
Orlyänne : A dräkor, a dräkor !
Il ne fut pas utile de traduire ses paroles. Aussitôt, elle devint visible aux yeux de tous, mais peu lui importait. Gabriel, attiré par le danger, s'avançait vers eux en courant :
Gabriel : Fuyez ! IL la cherche. Mettez-là à l'abri. Je vous retrouverai !
Un à un, les amis de la jeune femme apparurent et tous, se mirent à courir dans la direction d'où ils étaient venus.
Sur la colline faisant face au royaume de Dame Galadriel, Satan admirait le survol de Nisös, encore invisible pour tous sauf lui et son fidèle lieutenant Asmodée. Admiratif, ce dernier observait son maître à la dérobée. Il l'apostropha :
Satan : Que se passe-t-il ?
Asmodée : Pourquoi est-elle si importante à vos yeux, Maître ?
Sa réponse fut cinglante :
Satan : Elle est l'espoir…le devenir que je me dois d'anéantir…
Ses ongles noirs griffaient les flancs de sa monture. Le sang perlait :
Satan : Je pars. Cela fait trop longtemps que je suis ici…
Le passage entre les deux mondes, se fit en un lieu où régnait une nuit perpétuelle. Une brèche ouverte, en ce monde, que l'illustre ange déchu, emprunta à la hâte, avant de disparaitre dans un panache de fumée.
Plaire à son Maître…cela avait toujours été dans les prérogatives du démon, aussi s'attela-t-il à scruter l'horizon à la recherche du monarque et de cette femme dont la valeur semblait sans limite.
A force de détermination, il finit par les distinguer parmi le désordre, franchir les limites du royaume.
Les cavaliers fuyaient vers l'ouest à vive allure. Une grimace déforma ses traits. Avant que ses mains n'aient eu le temps de saisir son arbalète, sa décision était prise.
Il banda ses muscles…
Son tir fut un succès.
Le plaisir de contempler le roi se courber sur son cheval, tandis que celui-ci s'élançait dans une folle chevauchée, fut intense !
Olana se mit à crier :
Olana : Le roi a été touché !
Zorgûnn, empoigna la bride de la monture de l'ellon et la tint fermement dans sa main afin de guider l'animal.
Leur course fut épique, et le roi fit un énorme effort afin de conserver sa posture. Il lutta un temps avant de sombrer dans l'inconscience et chuter à terre. Aussitôt tous firent halte. Olana se précipita en courant vers son fiancé, fit pivoter son corps, se pencha sur sa poitrine…
Les larmes coulaient sans retenue alors qu'elle hurlait :
Olana : Son cœur a cessé de battre !
* Adaneth : veut dire humaine, femme, mais mortelle.
* Oblation : action par laquelle, on offre quelque chose à Dieu.
* Immari(e) : ce terme, fait partie du triptyque Tolkiennien, Arda Immarri(e) – Arda Marrie – Arda Guérie, en anglais Arda Unmarred – Arda Marred – Arda Healed, et en Quenya Arda Alahasta – Arda Sahta/Hastaina – Arda Envinyanta.
Arada Immarri(e) est Arda telle qu'elle aurait dû être avant la profanation de Melkor, mais elle n'a jamais existé en dehors de la Grande Musique. Arda Marrie est l'Arda dans laquelle le Légendaire se déroule. Quant à Arda Guérie, c'est ce qu'Arda deviendra lorsque le Marrissement (ou souillure), sera défait, après la défaite de Melkor le Marriseur.
Le mariage Immari(e), est donc considéré, comme pur.
