Minerva McGonagall, horrifiée, se précipita vers la table de sa Maison pour constater que la presque totalité de ses élèves était à présent transformée en énormes canaris de taille quasiment humaine, qui piaillaient. Au milieu de cette volière improvisée, quelques garçons et quelques filles dont Jenna Stanton, éberlués, regardaient leur Directrice de Maison sans comprendre.
« Par Merlin ! Mais que se passe-t-il ? Paniqua le Professeur de Métamorphose. Miss Stanton ? Vous allez bien ? Vous n'êtes pas transformée en oiseau, comment ça se fait ?
-Professeur, gémit la jeune fille, je crois que ce sont les desserts, je n'en ai pas mangé, je suis au régime !
-Nous non plus, on n'en a pas mangé, firent quelques autres enfants.
-ALBUS ! Cria Minerva McGonagall.
-J'ai entendu, Minerva, fit le vieil homme, une lueur espiègle dans les yeux. »
Il agita sa baguette longuement en marmonnant plusieurs formules mais rien ne se passait. Il fronça les sourcils et soupira. « Nous n'avons qu'à attendre et espérer que ça ne durera pas trop longtemps.
-Mais, qu'allons-nous en faire, en attendant ?
-Allez chercher Hagrid, Argus ! Ordonna le Directeur à son concierge qui quitta aussitôt la Salle suivi de son odieux chat. Minerva, Hagrid s'occupera de vos oiseaux le temps qu'ils redeviennent des sorciers, nous ne pouvons pas les garder dans le château… Les fientes… voyez-vous… »
Minerva pesta rageusement à cette annonce et les Serpentards étaient à deux doigts de s'étouffer de rire. Regulus avait même avalé de travers et Sal avait du lui lancer un « arapneo » pour ne pas qu'il s'étouffe avec son gâteau.
« Bon… si vous avez fini de manger, faudrait qu'on se casse, conseilla Salazar. On sait jamais, les profs pourraient devenir suspicieux.
-Tu restes avec nous, ou bien tu vas retrouver ton cousin ? Tenta Mulciber, qui avait bien envie d'interroger Sal sur son fameux père qui avait une maîtrise en Magie Noire.
-Je reste ! Si je me pointe, Severus va m'avada kedavratiser, là ! Il doit être au pieu, tel que je le connais !
-Tu rigoles ? Pouffa Avery. Y a pas plus coincé que lui ! Quand les fêtes qu'on fait dégénèrent un peu trop avec les filles, il va se planquer dans le dortoir.
-Ah ouais ? Ricana Salazar. Il cache bien son jeu alors, parce que je peux te dire que c'est un sacré chaud lapin, ils n'arrêtent pas ! Combien de fois je les ai chopés dans de ces positions, même avant qu'ils se marient ! Merlin est témoin… je n'ouvre pas une porte sans frapper, quand il est dans le coin avec Ellie.
-On dirait que c'est de famille… renifla Wilkes. T'as l'air d'avoir le truc avec les filles. Mais tu ne peux pas battre ce connard de Black, il tire tout ce qui porte une jupe ! Excuse, Reg !
-Y a pas d'offense, Ed. Mon frère est un salaud, il déshonore le nom des Black, mes parents sont les premiers à le dire !
-Je ne connais pas ton frère, Regulus, affirma hypocritement Salazar en quittant la Grande Salle, Janet McNair accrochée fièrement à son bras, sous les mines dégoûtées de ses copines jalouses. Je ne sais de lui que ce que Walburga dit et aussi Severus. Je me doute à peu près du genre de mec que c'est. Je suppose que j'aurai tout le temps de faire sa connaissance et celle de ses potes quand ils auront cessé de faire cui-cui.
-On va fumer près du Lac ? Proposa Regulus à la cantonade. J'ai des cigarettes.
-T'en as ? Super, j'en ai plus ! Des moldues ou des sorcières ? Demanda Sal, intéressé.
- Ben, des sorcières, pas le choix, ma mère ne veut pas que je touche aux trucs des moldus.
-Te bile pas, Regulus, y a pas grande différence. Juste celles des Moldus sont plus chères et plus fortes. Mais bon, avec les cigarettes sorcières on n'a pas le cancer.
-C'est quoi le cancer ?
-Une maladie moldue qui tue en faisant souffrir pire qu'un Doloris.
-Merde ! Je n'achèterai que des cigarettes sorcières. Pesta Regulus Black qui songea en soupirant que sa mère n'avait pas tort, les moldus n'avaient que des inventions maudites. »
Sev', les cheveux collés par la transpiration, soufflait et gémissait les yeux fermés, son bassin s'activant en rythme. Merlin, qu'il était bien… faire l'amour et mourir, pensait-il. Il avait retrouvé ses souvenirs, Ellie, l'appartement où il avait été si heureux précédemment. Egoïstement, il en arrivait presque à souhaiter que son double du futur ne revienne jamais chercher Ellie. Presque… car il savait au fond de lui que c'était stupide, puisque c'était LUI. Et il n'avait pas envie de se suicider.
Ses mains moites glissèrent sur les cuisses soyeuses d'Ellie, il attrapa ses hanches pour la soulever un peu plus et changer son angle de pénétration. Il entendit sa femme pousser un petit cri et se cambrer. Sev' ouvrit les yeux et la vue d'Ellie abandonnée au plaisir lui donna le petit coup de pouce qui lui manquait. La vague de l'orgasme l'inonda et il éjacula, les deux mains accrochées fermement à la peau douce, qui aurait sûrement des bleus pour le lendemain. Epuisé, Sev' s'allongea contre Ellie sur le côté, le souffle court. Il laissa la jeune blonde caresser son dos, tout en sachant qu'il était trop maigre et qu'il devrait prendre un peu de poids s'il ne voulait pas devenir repoussant. « Chuis trop maigre, hein ? Je sais ce que tu penses… soupira-t-il, un peu honteux.
-En effet, là, tu l'es un peu trop. Mais avec ce que tu viens de traverser, je n'en suis pas vraiment étonnée. Il faut juste que tu remanges normalement, mon cœur. Et peut-être quelques potions de nutrition ? Non ?
-D'accord. Je vais m'en faire. Juste… hésita Sev', je n'ai pas assez d'or pour les ingrédients. Ma mère m'en donnait avant, mais maintenant… Tobias… Et puis, je ne veux pas aller demander à Pomfresh, elle fourre son nez partout.
-Je vais te donner de l'or. Chuuuut ! Ne proteste pas ! Ce ne sont pas quelques ingrédients qui vont nous ruiner, tu sais ! Je t'ai bien offert le Codex Septimus pour Noël. »
Sev' s'assit, interloqué et regarda Ellie les sourcils froncés. Elle le vit avaler sa salive et passer la main dans ses cheveux encore humides.
« Tu m'as acheté… enfin tu lui as acheté le Codex Septimus ? Merlin… mon rêve… je n'ai même jamais réussi à le voir, ou à en lire un extrait. Il parait que c'est un truc de fou ce grimoire. Il… il est en latin ou en grec ?
-La copie en anglais, mon cœur. S'amusa Ellie qui entortillait une longue mèche de cheveux autour de son doigt, un petit sourire aux lèvres.
-Je veux mourir, gémit Sev'. Me dis pas que je vais devoir attendre vingt ans pour ça aussi !
-Ecoute… quand tu vas te voir, demande-toi de te le montrer…
-OUI ! S'écria Sev' excité, je vais lui demander de me laisser en copier des morceaux. Youpi ! Youpi !
-Chéri… tu as cours dans quinze minutes, tu devrais aller te rafraichir sous la douche parce que ton fils a le nez fin et si tu sens le sexe, il ne va pas se gêner pour te charrier…
-Tu as vu ce qu'il a dit à Janet McNair ? J'en reviens pas ! Fit Sev' en se levant pour se diriger vers la salle de bain. »
Ellie se leva aussi et passa un peignoir de bain. Comme Sev' avait laissé la porte de la salle de bain ouverte elle put continuer à discuter avec lui.
« Oh ! Mais il avait tout prévu avant qu'on arrive. Janet McNair chez nous, est mariée avec un certain Parkinson.
-Brutus ? Le frère de Patricia ?
-Je l'ignore Sev'. Je ne connais pas son prénom. Tout ce que je sais c'est que c'est un Mangemort.
-Alors c'est lui. C'est un ami de Lucius Malefoy. »
Le bruit de l'eau de la douche étouffa un peu les paroles de Sev' et Ellie dut tendre l'oreille. Elle entra finalement dans la salle de bain et regarda Sev' se laver tout en continuant sa discussion.
« Janet a une fille, Pansy Parkinson, poursuivit Ellie en conjurant un tabouret et en prenant sa brosse à cheveux. Salazar a couché avec elle au début de l'année scolaire. Pansy a pris la Marque des Ténèbres, le jour où Sal a refusé. Janet était là, il l'a repérée, il parait qu'elle est pas mal conservée. La première chose que ce fléau t'a demandé quand il a su qu'on venait en 1978, c'est si tu connaissais la mère de Pansy et son nom. Il veut la mettre dans son lit.
-Il est gonflé. La mère et la fille ! Dit Sev' en refermant son gel de douche.
-Rectification, chéri. La grand-mère, la mère et la petite-fille. En 2016, Pansy Parkinson qui grille à Azkaban depuis dix-sept ans a une fille, Artemisa, née de père inconnu, il parait. Enfin bref, la môme vit dans un orphelinat du Ministère de la Magie. Il s'est aussi tapé cette fille. En fait, il a envie de se faire les trois générations.
-Il est incroyable ! Harry m'avait bien prévenu, mais je ne m'attendais pas à ça. Sirius Black va avoir des soucis à se faire !
-De gros soucis… éclata de rire Ellie. »
Le cours de potions, dernier cours de l'après-midi, fut on ne peut plus calme. Il n'y avait qu'une seule Gryffondor de 7ème année, et c'était Jenna, tous les autres élèves étaient les Serpents d'Horace Slughorn.
Salazar et Severus brillèrent devant leur chaudron, ce qui arracha des soupirs proches de l'extase au vieux maître des potions. Janet collait Salazar tout comme Pansy avait collé Sevy dès son arrivée en 1997. Jenna Stanton, curieuse, délaissa pour une fois son chaudron pour mieux examiner « le nouveau », afin de tout répéter aux Maraudeurs, dès qu'ils auraient retrouvé forme humaine. Horace Slughorn dut la houspiller pour la tirer de sa rêverie et qu'elle termine sa potion.
Ellie, pendant ce temps, avait pris un long bain, et s'était fait coiffer par Dolly, puis elle était tranquillement descendue jusqu'au Lac Noir et s'était approchée de la cabane d'Hagrid, attirée par les curieux piaillements provenant d'un enclos où une quarantaine d'énormes piafs jaunes sautillaient en chantant.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? Hagrid a encore fait des croisements ? Jamais vu des trucs pareils ! Pouffa-t-elle de rire. »
Lorsque les cours se terminèrent, on vit un a un, les Gryffondors manquants de l'après-midi revenir au château, furieux. Pendant plusieurs jours, les autres Maisons ne manquèrent pas de faire cui-cui à chaque fois qu'un rouge et or passait.
Le troisième jour, alors que Sev' béat, roucoulait avec sa femme et que Salazar et son nouveau fan-club cogitaient le prochain tour pendable à faire aux Gryffondors en général et aux Maraudeurs en particulier, Severus Rogue le maître des potions, jugea qu'il était temps qu'il prenne enfin la porte temporelle pour rejoindre son épouse. La journée avait été plus que difficile et il ne se sentait pas bien du tout. Dès la nuit tombée, Albus Dumbledore l'aida donc à franchir la barrière de protection magique et la terreur des Gryffondors disparût dans un éclair aux yeux du vieux Directeur.
En 1978, l'alarme mise en place par le même Directeur fonctionna, et tranquillement, le vieil homme, sachant très bien qui arrivait, sortit de son bureau et se dirigea vers le jardin du cloitre, un bonbon au citron dans la bouche. Il trouva le Professeur Rogue qui reprenait ses esprits assis dans l'herbe humide de la nuit.
« Bonsoir, Professeur ! Avez-vous fait bon voyage ? S'amusa le vieux plaisantin.
-Si on veut, soupira le ténébreux visiteur. Ce n'est pas très agréable de se retrouver allongé par terre, dans l'herbe humide, à chaque fois, inconscient en plus.
-Venez, je vais vous conduire à l'appartement d'Hélèna. C'est le même que la dernière fois. Votre jeune moi est avec elle bien entendu, et votre fils dans le dortoir des Serpentards. Ah… Salazar… un drôle de numéro !
-Allez ! Dites-moi tout, soupira le père désabusé en entrant avec le Directeur dans le Hall. Qu'est-ce qu'il a encore fait ?
-C'est un leader, mon cher… Tous les Serpentards de 7ème année le suivent comme des petits sombrals suivraient un rôti bien saignant. Plus quelques 6ème année comme Regulus Black et ses amis.
-Je vois… Et les filles ?
-Pareil. Janet McNair est accrochée à lui en permanence comme si sa vie en dépendait ! Pouffa le vieil homme que ces ragots délectaient au possible. »
Severus leva un sourcil amusé et commença à monter l'escalier. « Janet, hein ? Il est culotté ! Il est déjà sorti avec sa fille et sa petite-fille ! Le connaissant, il en aura une autre la semaine prochaine.
-Un nouveau Sirius Black ?
-Il est pire que Sirius Black…
-Dites-moi mon cher, est-ce que ça vous dit quelque chose, un dessert qui transformerait en gros canaris des élèves pendant toute une après-midi ?
-Crème Canari des Jumeaux Weasley, pourquoi ? Mais l'effet n'est que d'une trentaine de secondes.
-Je vois… Je me disais que ça ne pouvait être que lui. Seuls les Gryffondors ont été atteints. Ça a duré plus de cinq heures.
-Les Maraudeurs ?
-Non, Professeur Rogue, TOUS les Gryffondors, sauf trois ou quatre petits et une jeune américaine de 7ème année, à midi, le jour de leur arrivée.
-En bref, Salazar a annoncé la couleur. Et on dirait qu'il a amélioré la Crème Canari des jumeaux.
-On le dirait. Dites-moi… Par hasard ? Une langue bleue de trente cinq centimètres ?
-Praline Longue Langue des Jumeaux Weasley.
-Mais qui sont ces terribles jumeaux qui semblent fournir ce coquin en sucreries démoniaques ?
-Les 4ème et 5ème fils d'Arthur Weasley et Molly Prewett.
-Ah, oui… je vois… Mais il me semble que Molly a accouché il y a quelques jours, je ne me souviens pas si on m'a dit ce que c'était…
-Ce sont eux. Fred et George, vous savez ce qui vous attend dans onze ans, Professeur Dumbledore. »
Albus posa sa main ridée et lourdement baguée sur l'épaule du maître des potions qui s'arrêta un instant dans l'escalier. «Mon cher Severus, après les Maraudeurs, je crois que je pourrai tout supporter. »
Severus soupira et demeura silencieux. Le staff de Poudlard de cette époque avait toujours été odieusement laxiste avec les Maraudeurs, leur passant tous leurs méfaits, jusqu'à la tentative de meurtre que Sirius Black avait programmée et que James Potter atterré, avait empêchée in extremis. Severus savait malgré tout que Dumbledore était au courant des agressions sexuelles qu'il avait subies de la part de James et Sirius. Il était persuadé que le vieil homme les surveillait de près depuis son aveu, lors de sa précédente venue dans le passé.
Dans le silence des corridors plongés dans le noir, et juste éclairés par les lueurs de leurs baguettes, les deux professeurs s'arrêtèrent devant la toile de la sorcière sur son balai.
« Allez-y, Professeur Rogue, le tableau doit reconnaitre votre baguette depuis la dernière fois, je n'ai rien changé, juste rajouté celle de Salazar. Au fait, ici si on vous voit, vous êtes le Professeur Prince, père de ce brigand de Sal et collègue et ami d'Horace. Argus Rusard est prévenu de vous laisser passer et je lui ai donné cette identité. Vu votre ressemblance avec votre fils, il n'aura aucun mal à vous reconnaitre.
-D'accord, mais je n'ai aucune intention de déambuler plus que nécessaire dans les couloirs.
-Vous pourriez tomber sur nos Préfets-En-Chef, mon cher. Vous souvenez-vous de leurs identités ?
-Oh oui, soupira Severus en se décidant à toucher la toile de sa baguette, afin que la porte s'ouvre. Lili et Potter.
-Exact. Dites-moi, vous êtes fâché avec elle en ce moment, si je ne m'abuse… Est-ce que ça s'est arrangé ensuite ?
-Non, Professeur Dumbledore, jamais. Elle n'a jamais plus voulu m'adresser la parole.
-Ah, c'est bien dommage, bien dommage. Leur fils, ce petit Harry… très gentil garçon, calme et posé. Rien à voir avec James, si vous voulez mon avis. Et quelle cruelle destinée ! Enfin… je présume qu'on ne peut rien changer, c'est trop tard.
-Oui, normalement. Sauf si… c'est pire là-bas cette fois-ci que la fois de Salazar, si vous voyez ce que je veux dire…
-Parfaitement. Et cette fois-ci, je veillerai à tout changer, mon petit. Je ne vous laisserai pas devenir un Mangemort, et je ne laisserai pas Miss Evans et Monsieur Potter mourir non plus. Enfin… ne parlons pas de tout ceci, c'est très prématuré… Entrez. Je vous laisse, il est tard, je vous verrai demain matin, je suppose que vous aller repartir à l'aube pour la discrétion ? »
Comme Severus acquiesçait silencieusement, le vieil homme lui tapota une dernière fois l'épaule et retourna sur ses pas, baguette allumée et tenue en l'air comme un flambeau.
« Harry Potter, calme et posé ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! Pesta Severus Rogue en refermant le tableau derrière lui. »
Il frappa à la porte et ouvrit sans attendre. Il vit son moi-passé en train de lire dans un fauteuil et Ellie qui expliquait à Dolly quelque chose, en brandissant des vêtements de bébé. Aussitôt qu'elle vit la terreur des cachots, Ellie poussa un cri de joie et donna le pyjama de bébé à Dolly.
« Range-le, Dolly, s'il te plait, on verra ça demain. SEVERUS ! Je savais que tu arrivais, la pierre du bracelet commençait à foncer. Tu te sens comment ?
-Mieux depuis quelques secondes, ma chérie, murmura le Professeur Rogue en prenant Ellie dans ses bras pour la serrer contre lui et l'embrasser. Tu m'as manqué, tu sais…
-Toi aussi, mon cœur… mais tu es un peu avec moi quand même, puisque Sev' est là. »
Severus relâcha Ellie et s'approcha de Sev' qui le regardait sans rien dire, avec un petit sourire. Le maître des potions s'assit dans l'autre fauteuil et regarda dans les yeux son moi-passé. « Comment tu te sens ? Demanda-t-il très doucement.
-T'as oublié ? Répondit amèrement le jeune Serpentard.
-Oh non… justement.
-Alors t'as pas besoin de poser la question, soupira le jeune Sev'. Ça… ça sera long ? Je veux dire…
-Avant d'aller mieux ? Oui… Répondit le Severus du futur. Oui… Je ne te le cache pas. Tu as quand même de la chance par rapport à moi.
-Pourquoi ?
-Tu as Ellie, Sev'. Moi j'étais tout seul. Je l'avais même pas dit à Wilkes, enfin pas tout de suite.
-J'ai pas dit, en effet. Ed vient d'avoir la Dragoncelle, pour ça qu'Ellie le connaissait pas la dernière fois, il était à Sainte-Mangouste, tu te rappelles ?
-Bien sûr.
-Severus, qu'est-ce qu'il est devenu Ed ? Tu le vois toujours ? Parce qu'Ellie ne connaissait pas son nom. »
Severus se mordit la lèvre et regarda son jeune double en soupirant. « Il a pris la Marque le même jour que moi, que Regulus, Evan et tous les autres. Actuellement je suis le seul survivant.
-Et merde… Fit le jeune en fermant les yeux.
-N'y pense pas, ça sert à rien, c'est du passé… enfin, pour moi ça l'est et normalement on ne changera rien. Sinon Albus m'a raconté le coup des canaris. Sevy a encore frappé, je vois !
-Oh la la ! On n'était pas dans la Grande Salle, on était ici tous les deux, mais les autres m'ont raconté en potions, j'étais mort de rire. Ellie les a vus aussi.
-Je me promenais dans le parc, pouffa la jeune blonde assise sur l'accoudoir du fauteuil de Severus adulte, et je les ai vus, un plein enclos, près de la cabane d'Hagrid. Je croyais que c'était encore un de ses élevages expérimentaux, tu sais bien… Mais non, quand Sev' et Salazar se sont pointés après les cours, et qu'ils m'ont raconté, je n'en revenais pas !
-Qui a mangé la praline longue langue ?
-Oh, je vois qu'Oncle Albus n'est pas dupe… Pettigrow bien sûr. Le seul qui pouvait manger n'importe quoi sans se poser de questions. Je me demande ce que Sevy a prévu pour les prochains jours… Tu sais qu'il sort avec Janet ?
-Albus m'a raconté.
-Mais tu sais tout ! C'est dingue ! S'amusa Ellie. Tu veux du thé, chéri ? Tu as mangé ?
-J'ai mangé, oui, et non je ne veux pas de thé. Je suis crevé, en fait j'ai plus beaucoup de forces là. Je suppose que Sev' dort ici, non ? On fait comment pour dormir tous ?
-On peut agrandir le lit non ? On dort ensemble. Toi, tu as besoin de moi, et pas question que Sev' soit rejeté. Je me mettrai au milieu. Ça te gène pas ?
-Moi non, mais Sev' ? Hein ? Sev' ? Ça te dérange pas ?
-Non bien sûr, puisque tu es moi, répondit le jeune Serpentard en haussant les épaules.
-Bon, c'est parfait. Si ça vous dérange pas, je me couche parce que la journée a été un peu dure. »
Severus en se levant, remarqua les vêtements que son double portait. Il siffla doucement, un peu étonné. « Merlin… t'es élégant, Sev'. D'où tu tiens ça ? Sevy ? Parce que j'avais rien de beau comme ça, moi…
-Oui c'est Sevy. Enfin… Salazar plutôt. Les Maraudeurs avaient déchiré mon pantalon alors...
-Le « diffindo », soupira Severus. J'avais oublié. Merlin, qu'est-ce qu'ils m'en ont fait voir. Pour moi, c'est McGonagall qui m'a arrangé ça. Elle a demandé aux Elfes de me réparer mes vêtements et elle m'a fourni un uniforme de rechange des stocks de l'école.
-Ouais… soupira la jeune version de Severus, encore un peu plus la honte ! Fait chier !
-Mais non, le rassura le maître des potions. Pas vraiment, puisque tu y as échappé !
-Severus, demanda le jeune, avidement. Ellie m'a dit que tu avais le Codex Septimus. Tu voudras bien m'en montrer des extraits ? S'te plaît… »
Severus éclata de rire. « J'aurais du m'en douter ! Je savais bien que tu ne résisterais pas ! C'est d'accord, je t'en donnerai des extraits, tu pourras t'amuser avec. Horace va être fou de voir ça…
-Génial ! Je proposerai à Slug qu'on bosse sur certaines potions avec Sal. Je parie que Lili va ramper et viendra me demander si elle peut venir aussi. Elle ne résistera pas ! On va voir si elle va faire encore la gueule ! AH HAAAAAA !!
-Je serais toi, j'y compterais pas trop, tu sais bien comment elle est têtue, hein ! Mais bon… essaie… ça coûte rien. Tu me diras… ça changera pas grand-chose, elle oubliera de toute façon, quand tout sera fini !
-Severus… tenta Sev'. Arrête d'emmerder Harry, Salazar dit qu'il faut te retirer la Marque des Ténèbres et qu'il est le seul qui peut. C'est un mec cool, tu sais. C'est pas James. Il aurait été comme son con de père, je ne lui aurais jamais parlé. »
Severus regarda Sev' un sourcil levé et soupira. « J'ignore ce qui s'est passé ici avec lui. Moi tout ce que je sais de lui, c'est que c'est un petit morveux qui fout son bordel, passe son temps à désobéir et à risquer sa peau alors qu'on s'acharne –que JE m'acharne- à le protéger depuis sept ans !
-Fait moi confiance ! Tiens, je lui ai fait un mot, tu n'auras qu'à lui donner. »
Sev' se dirigea vers la chaise où il avait posé son sac de cours et en sortit une enveloppe de parchemin qu'il tendit au maître des potions. « Tu me promets que tu lui donneras ? Fit-il timidement.
-D'accord, c'est promis. Donne ! »
Severus prit la lettre que son jeune moi-passé lui tendait et la mit dans la poche de sa cape noire. Puis il se leva et sans un mot, d'un geste de baguette il se déshabilla. Seulement vêtu de son boxer noir, le ténébreux professeur se dirigea vers le lit, ouvrit les draps et se coucha avec un soupir de bien-être. Ellie et Sev' le virent placer sa baguette sous son oreiller.
« T'es vraiment fatigué, Severus, s'amusa Ellie. Tu n'as même pas pensé à agrandir le lit et à rajouter un oreiller !
-Flûte ! Gémit la terreur des cachots en se frottant le visage d'une main lasse.
-Je vais le faire ! Le rassura Sev'. Mais faut que tu te couches avant moi, Ellie, parce que si tu veux être au milieu, je ne te vois pas faire de l'escalade. »
La jeune blonde se mit à rire et se dirigea vers la salle de bain pour se mettre en tenue de nuit.
« Où est Dolly ? S'inquiéta le Professeur Rogue qui n'avait pas envie d'avoir une Elfe curieuse les regarder tous les trois dans le même lit.
-Elle dort avec les autres Elfes aux cuisines. Révéla Sev' en agitant sa baguette pour agrandir le lit. Elle s'est fait une copine, une certaine Limny je crois, une petite jeune qui débute.
-Parfait ! Affirma Severus, ravi. Tu dors en pyjama, Sev' ?
-Heuuu… nan… pas avec Ellie… mais puisque t'es là, je vais dormir en caleçon. C'est quoi ces trucs que tu portes ? C'est bien ! Ça n'existe pas encore ici, non ?
-Aucune idée, franchement. Je ne me souviens pas depuis combien de temps j'achète ces trucs. Et ça s'appelle un boxer. C'est un croisement entre un caleçon et un slip et j'avoue que c'est très confortable.
-Au moins avec ça, t'as moins la honte quand les Maraudeurs te déshabillent ! Pesta Sev' que le souvenir de ces évènements rendait malade. »
Severus bougea le bras qui cachait son visage et regarda son jeune moi-passé qui baissait les yeux, la bouche pincée. « Ils continuent ? S'inquiéta Severus qui ne se souvenait plus trop des détails de cette époque.
-Ils n'y arrivent plus, je leur envoie des sortilèges pas tristes. Et McGo est sur leur dos au moindre faux pas.
-La prochaine fois, essaie un « reducto sexum » sur Black ou Potter ! Ça les fera réfléchir !
-SEVERUS ! Râla Ellie qui avait entendu. Pas de mutilations, je te prie ! Tu oublies qu'Harry n'est pas conçu et qu'Hermione doit épouser Sirius ! Si tu fais ça à Remus, ton fils ne te le pardonnera pas, car Remus ne pourra pas concevoir Teddy !
-Bon, ben tu fais un « reducto sexum momentum » ça devrait les occuper un moment ! Ricana Severus qui voulait à tout prix avoir le dernier mot.
-Rhhhooo ! Oui ! Excellent ! Sal va adorer ! Et la bande de Mulciber aussi ! On va se marrer ! S'extasia Sev' le visage soudain illuminé. »
Ellie sortit de la salle de bain en secoua la tête de désapprobation. Au fond d'elle, elle était écroulée de rire, mais ne voulait pas avouer devant ces deux brigands qui lui servaient d'époux, qu'elle donnerait cher pour voir ça. Elle s'obligea à prendre un air sévère.
« Lequel de vous d'eux est l'ado, hein ?
-Hééééé ! Je suis pas un ado ! Pesta Sev' vexé. Je suis plus vieux que toi d'abord !
-Alors prouve-le ! Répliqua Ellie en se glissant dans le lit près de Severus. »
Elle prit l'oreiller de Sev' en lui tirant la langue et le jeune homme leva les yeux au ciel et sans rien dire en conjura un de remplacement, puis il se coucha près d'elle.
« Sev', tu éteins, s'il te plait ? Puisque tu as ta baguette, moi j'ai laissé la mienne sur la table.
-MMmm, MMmm, se contenta-t-il de faire en obéissant et en rangeant sa baguette sous son oreiller. »
Ellie se coucha tout contre Severus qui en profita pour la serrer dans ses bras et l'embrasser à pleine bouche. Sev' qui se doutait de ce qui se passait, poussa un soupir. Ellie glissa sa main derrière elle et lui toucha la cuisse pour lui montrer qu'elle ne l'oubliait pas. Le jeune homme, encouragé, se mit sur le côté et passa sa main sous la fine chemise de nuit.
« Sev'… Fit la voix de son double du futur. Si tu crois que je sais pas ce que tu fais, tu te goures, mon vieux.
-Je fais rien de plus que toi ! Pesta le jeune.
-DORMEZ ! Gronda Ellie. C'est pas possible de voir ça ! Deux Severus Rogue et pas un pour racheter l'autre ! Il ne manquerait plus que le troisième se réveille et je passe une nuit blanche ! »
Le maître des potions se mit à rire doucement, malgré sa faiblesse. Il venait de repenser au fantasme qu'il avait déjà eu la dernière fois qu'il était venu dans le passé. Sev' avait été intéressé par le fait de prendre un bain avec Ellie, lorsque lui-même y avait songé.
L'occasion faisant le larron, c'était bien connu, la chauve-souris des cachots prit mentalement note de ne pas laisser passer l'opportunité. Dès qu'il serait en forme, il essaierait. Il savait très bien que s'il commençait à entreprendre quelque chose de sexuel avec Ellie, alors que Sev' était à côté, le jeune ne résisterait pas et voudrait participer. Normal… Etant lui, ils avaient obligatoirement les mêmes fantasmes. Sur cette pensée ô combien séduisante, Severus s'endormit dans les bras d'Ellie et Sev' qui avait toujours la main sous la chemise de la jeune femme le suivit rapidement.
Ellie soupira, Sevy venait de se réveiller et avait décidé que sa mère ne devait pas dormir et qu'il était plus agréable pour lui de s'étirer et de prendre ses intestins comme cibles de ses coups de pieds. La nuit allait être longue s'il ne se calmait pas…
Dans la salle commune des Serpentards, les hublots sous-marins donnant sous le lac n'étaient plus que des écrans noirs. Les lampes magiques aux globes verts ne dispensaient plus qu'une faible lueur sinistre qui donnait un teint blafard aux retardataires qui trainaient encore, vautrés dans les vieux canapés. Salazar avait été surpris le premier jour, de voir que les canapés Chesterfield qu'il connaissait en 1998 et en 2016 n'étaient pas là en 1978. L'éclairage était également plus modeste et vétuste, seuls les lits des dortoirs semblaient parfaitement neufs. Il savait que la Magie ne pouvait pas tout réparer et qu'au bout d'un moment, les « reparo » n'étaient plus envisageables et qu'il fallait remplacer le mobilier.
Une grosse boite de chocogrenouilles attendait sur la petite table, le bon vouloir de l'équipe qui complotait avec Salazar, le prochain méfait dont les Maraudeurs allaient être victimes.
« Je veux un truc qui affecte les fringues, avait décrété le petit démon venu du futur. Vous comprenez, ils arrêtent pas de foutre Sev' à poil pour se foutre de lui et ça, c'est une question d'honneur familial, je ne laisserai pas passer !
-Ouais, soupira Ed Wilkes. Surtout que Sev' est vachement pudique, il a même du mal encore au bout de sept ans, pour les douches communes.
-Je sais, oui, confirma Sal en hochant la tête. C'est parce qu'il se trouve trop maigre et trop pâle, il est comme ça à la maison avec moi, aussi. Je me balade torse nu l'été et ben lui, il a la chemise à manches longues et la robe de sorcier, y a rien à faire, mais mon père est pareil alors qu'est-ce que je peux dire, hein !?
-Il devrait pas avoir honte, pouffa Regulus. Je l'ai vu dans les douches, ben mon vieux, Merlin l'a gâté !
-Oh ! Tu parles de ça, s'amusa Sal, en déballant une chocogrenouille. Je sais, c'est de famille…
-Toi aussi ? Demanda Evan Rosier, un sourcil levé.
-Moi, mon père, Sev', la même tous les trois ! Héritage familial !
-Piège à filles, oui ! Pesta Mulciber en secouant la tête. Je te préviens si tu t'en fais une seule ici, elles vont se passer le mot… T'es prévenu !
-Oh, j'ai l'habitude, répondit Sal, l'air blasé en lisant la carte de chocogrenouille qu'il venait de trouver dans la boite. Darren O'Hare… Je l'ai déjà, qui la veut ? »
Avery tendit la main et Sal lui donna la carte. « Putain, le mec… « J'ai l'habitude » singea Wilkes, tu doutes de rien toi ! Tu t'en es fait beaucoup des filles ?
-Plus que Sirius Black, d'après Sev'. J'ai pas compté, plus d'une centaine, c'est clair, fit Salazar en haussant les épaules.
-Vantard ! Ricana Regulus avec un large sourire hilare.
-Piège à filles, Reg ! Elles résistent pas, s'amusa Salazar en lui faisant un clin d'œil.
-Combien ? Hein ? Tu fais combien, fit le petit frère de Sirius, le rouge aux joues.
-Trente centimètres, mais c'est pas le plus important, Reg. C'est la manière de s'en servir !
-Bordel ! Reg ! Ça se demande pas des trucs comme ça, t'es gonflé ! Pesta John Mulciber.
-Méééééé ! C'était juste comme ça… Trente centimètres ! Merlin ! Tu crois que les sangs-purs en ont des plus grosses ? Parce que j'en suis loin…
-Mal barré, Reg, dit Ed Wilkes en faisant la moue, Sev' est un sang-mêlé et Salazar dit qu'il a la même. Et on est tous des sangs-purs et on n'a pas ça !
-Mais Sal a dit que Sev' ressemble plus aux Princes qu'à son moldu de père.
-On n'est pas là pour comparer la longueur des queues de tout le monde, Regulus ! Râla Evan Rosier. Salazar veut qu'on trouve une idée qui concerne les fringues.
-Exact ! Trancha Sal. Revenons donc à nos chaudrons.
-Ben j'avais pensé un truc, tenta Regulus. On pourrait leur faire rétrécir les fringues dans la journée, comme ça petit à petit, mais faudrait un sort qui marche sur leur corps comme ça s'ils se changent, et ben ça rétrécirait encore. Je vous dis pas la tronche qu'ils feraient…
-Pas mal ! Regulus ! Tu vois quand tu veux ! Siffla Mulciber ravi. Quelqu'un a une autre idée ?
-On les habille en filles avec un sort ? Proposa Avery.
-C'est un classique ça, trancha Sal, et ils l'ont fait à Sev' déjà, il me l'a dit.
-Ouais, soupira Ed. En 5ème année. C'est l'année où ils ont commencé à lui retirer son caleçon. A l'époque je le connaissais pas bien, j'ai quand même trouvé ça dégueu. McGonagall leur a pratiquement rien dit quand Slug a gueulé. Comment voulais-tu qu'ils se calment ? Ils ont tous les droits !
-Et leur teindre leurs fringues en rose ? Proposa Mulciber. C'est pas mal, ça aussi !
-Ouaiiiiiis ! S'écria Regulus, enchanté. J'adore cette idée aussi !
-Bon, les mecs, fit Salazar en se levant, je suis naze je vais me pieuter. On retient l'idée de Regulus, faut maintenant qu'on mette le sort au point s'il n'existe pas. On se donne une semaine pour trouver un truc à la bibliothèque, même s'il faut le modifier, Ok ? Si on trouve pas, on leur teint les fringues en rose en attendant. De toute façon on fera les deux…»
A l'aube, Severus quitta l'appartement d'Ellie pour rejoindre la porte temporelle. Pendant que Sev' dormait, il avait trouvé le moyen de s'isoler avec sa femme dans la salle de bain afin de lui prouver, dans la baignoire, combien elle lui avait manqué pendant ces trois jours. Lorsque le jeune Serpentard se réveilla, Ellie était de nouveau dans le lit avec lui et Severus reparti. Il fut surpris que son double ne l'ait pas réveillé pour lui dire au revoir, mais ne protesta pas car il manquait de sommeil de toute façon. Le décès de sa mère l'avait ébranlé, bien qu'il s'efforçait de le cacher et ses nuits avaient été courtes et pleines de cauchemars. Il commençait à se sentir un petit peu mieux, grâce aux présences de Salazar et d'Ellie.
Sev' prit son petit déjeuner avec Ellie, elle lui promit de descendre à la Grande Salle pour le déjeuner afin qu'ils se changent les idées et profitent un peu de tout le monde.
Le premier cours du lundi étant le traditionnel double cours de potion Serpentard/Gryffondor, Sev', pressé, se précipita afin de raconter à Salazar le sortilège que lui avait proposé son moi-futur. Lorsqu'il arriva en courant dans le couloir des cachots où les autres élèves attendaient, les joues rouges et les yeux brillants d'excitation, les Maraudeurs le regardèrent de travers.
« Servilus a baisé toute la nuit ou quoi ? Vociféra Sirius Black, le regard haineux.
-SIRIUS ! Râla Lili. Arrête ça tout de suite ! »
Salazar qui tenait Janet McNair par le cou, s'approcha des Maraudeurs. Il les toisa, le regard dur style « Professeur Rogue devant un chaudron fondu par Neville Londubat ».
« Un problème, Black ? On est jaloux ? Au fait, son prénom est Severus. Si j'entends autre chose, ça ira mal ! C'est le prénom de mon père et aussi un des miens. Si tu insultes Sev', tu m'insultes également. Tu n'as peut-être aucun sens de la famille, mais nous si. Pigé ? »
Comme Sirius ne répondait pas, retenu par Remus qui lui serrait le bras, Salazar poursuivit sur sa lancée. « Tu as une copine, alors tu la baises et tu fais pas chier Sev'. Il a une femme et un bébé, il a autre chose à penser que tes petites mesquineries de gamin trop gâté. Alors tu prends tes p'tits copains et tu vas jouer dans le sable avec ton seau et ta pelle ! »
Sirius Black était pâle et serrait la mâchoire. Jenna, Lili et Remus l'entrainèrent en arrière au bout de la file d'élèves qui les regardaient en silence. James Potter détailla Salazar avec mépris, Peter Pettigrow caché derrière lui comme à son habitude. Lorsque Cornedrue tourna les talons pour rejoindre Patmol, Queudver, soudain à découvert, se mit à piailler de peur, et courut rejoindre ses camarades en tortillant son gros derrière. Salazar et tous les Serpentards se mirent à rire.
La porte de la classe s'ouvrit et le Professeur Slughorn apparût.
« Entrez, entrez, mes enfants, fit-il aux élèves de sa Maison qui se trouvaient le plus près de la porte. »
Severus se précipita vers lui. « Professeur Slughorn, je vais avoir des extraits du Codex Septimus avec le père de Salazar ! Lui cria-t-il avec excitation.
-Par Merlin ! Fit le vieil homme, dont la toque menaça de tomber sous l'émotion. Severus a le Codex Septimus ?
-Maman lui l'a offert pour Noël, s'amusa Salazar.
-Et il ne m'a rien dit ? Pesta le gros homme.
-Héééé ! Sev' ! Papa était là cette nuit et tu le dis que maintenant ? Râla Sal.
-Il a dormi chez nous, mais il revient dans la semaine, tu sais bien, se justifia Sev' en entrant dans la classe. Il veut savoir si on va bien…
-Je sais, mais la prochaine fois tu envoies Dolly me chercher ! »
La conversation n'avait pas échappé à Sirius Black et aux autres Maraudeurs. Lili était verte. « L'oncle de Sev' possède un Codex Septimus ? Merlin… mais ce grimoire vaut un prix fou et est rarissime. Chuchota-t-elle à Jenna Stanton très intéressée également.
-Servilo n'a pas fini de frimer ! Ce sale con ! Grinça Sirius dégoûté. Il va passer tout son temps avec Slug et son m'as-tu-vu de cousin ! Je te parie qu'il sera à la prochaine soirée du Club de Slug sans souci.
-Mais nous on y va, Lili et moi… au Club de Slug, fit Jenna avec candeur, s'ils en parlent du Codex Septimus là-bas, on saura tout.
-Mais pourquoi je cause plus à Sev' moi, gémit Lili, tu vas voir qu'ils vont étudier des potions géniales et qu'on n'en sera pas…
-Je t'interdis de t'abaisser à ramper devant ce sale Mangemort, Lili ! Pesta James qui sentait que sa petite amie allait ravaler sa fierté et supplier son ancien meilleur ami pour voir ses notes. »
Lili le toisa les sourcils froncés, soupira, regarda Jenna et alla s'installer avec elle à l'écart des Maraudeurs, pour leur montrer sa désapprobation. Sev', amusé, fit un clin d'œil à Salazar qui se pencha vers lui afin d'entendre ses explications sur le comportement des filles.
Janet qui s'était installée près de Sal, regarda Lili et Jenna avec hostilité, craignant qu'on lui vole peut-être son nouveau petit-ami. La bande de Mulciber buvait du petit lait en voyant les têtes déconfites de Black et Potter. James, agacé, passa plusieurs fois une main dans ses cheveux pour les ébouriffer.
« Rends-toi intéressant, Potter, ricana Sev' à mi-voix. La seule chose que tu feras de bien dans ta misérable vie, c'est ton fils. Et crever ! Je rectifie ! »
Salazar pouffa derrière sa main et se pencha vers Sev'. « Chhhuuuttt… Déconne pas ! Si on t'entend, on va avoir des soucis pour expliquer ça… On a prévu un truc avec les serpents hier soir, deux en fait. Reg a trouvé un mauvais coup à faire et John un autre… Je pense faire celui de John à midi, l'autre est plus compliqué, j'aurai besoin de toi pour le sortilège. Je te raconterai à l'intercours. »
Sev' baissa le nez vers son chaudron, un mince sourire sadique aux lèvres. Horace Slughorn demanda le silence et leur annonça qu'ils allaient faire du Véritasérum.
« Je te parie que ces fumiers vont en piquer et faire des conneries avec. Murmura Sev' à Salazar.
-Laisse-les donc… je les attends au virage. Le tranquillisa Sal, en posant une main sur sa frêle épaule. »
Le Professeur Slughorn devait de douter que les Maraudeurs essaieraient de voler du Véritasérum car il ne les lâcha pas du regard et aucun d'eux ne pu dérober la moindre petite fiole contenant le précieux liquide, soigneusement soumis au contrôle très strict du Ministère de la Magie. Les quatre animagus faisaient une tête déconfite en arrivant à l'heure du déjeuner dans la Grande Salle. Les Serpentards qui étaient déjà installés, les attendaient de pied ferme.
Regulus bondit sur le banc. « Les mecs, les voilà !
-Vous êtes chiés, quand même ! Murmura Ellie à son fils et son mari. »
-Chuuuut ! Ordonna Sal à mi-voix. Le compte à rebours est commencé ! Dans moins de trente secondes ils seront… vous verrez bien ! »
Sev' mordit sa serviette de table à pleines dents. Il hoquetait, essayant de réprimer un fou rire naissant et tentait de le faire passer pour une quinte de toux. Sal, compatissant, lui tapa dans le dos, ce qui aggrava encore le fou rire de Sev'. Ils furent néanmoins distraits par le brusque changement de look des Maraudeurs. En un instant, tous leurs vêtements devinrent roses. Des nuances de roses différents d'ailleurs, selon la matière et la couleur d'origine du vêtement.
Tous les élèves des autres tables se mirent à rire. Jenna Stanton afficha une mine de dégoût et poussa un magnifique « beurrrckkk » en voyant son Sirius ainsi attifé. Alice et Frank, déjà installés à la table des rouge et or se mirent à hurler de rire également, ce que n'apprécia pas du tout James Potter qui leur darda un regard tueur derrière ses lunettes rondes.
« C'EST ENCORE UN COUP DE ROGUE ET DE SON COUSIN ! Tempêta Sirius, baguette à la main. POUSSE-TOI REMUS ! JE VAIS LES TUER TOUT DE SUITE !
-Arrête Patmol ! Tenta le loup-garou. Bordel, on est dans la Grande Salle, et tu profères des menaces de mort devant tous les Profs. T'en as pas déjà fait assez avec Servilus ? Le moindre truc qui lui arriverait à l'école, tu serais le coupable idéal. Cette fois-ci Dumby nous ferait pas de cadeau !
-Siri, viens, on bouffe et on va se changer, murmura Cornedrue. On se vengera discrètement plus tard. Laisse-tomber pour l'instant.
-Jamesie, gémit Sirius. On peut pas laisser passer ça, merdeuuuuu ! Et mon standing ! Putain ! Jenna se fout de ma gueule avec Alice et Lili !
A la table des Serpentards, c'était la liesse. Geraldine Goyle se pencha vers le centre de la table en se levant un peu du banc de façon à apercevoir Salazar et Sev', devinant très bien d'où venait ce coup fumant.
« C'est quoi le sortilège pour faire ça ? J'ai une robe grise un peu défraichie je voudrais bien la mettre en rose, ça serait chouette.
-Geraldine, c'est « vestis rosae », amuse-toi bien ! Répondit Salazar avec un grand sourire.
-Oh ! Merci Sal, c'est super ! Janet, Patricia, on essaie tout à l'heure dans le dortoir ? »
Sal se tourna vers la bande de Mulciber, un sourcil levé. « Et en plus on fait plaisir aux filles de chez nous, c'est pas beau ça, les enfants ?
Ellie, rêveuse, demanda à Sal. « On n'est pas le vingt-trois aujourd'hui, Sal ?
-Si pourquoi ?
-Ben, t'as oublié ? Demain c'est l'anniversaire de Ted.
-Merde !
-C'est qui ? Demanda Sev, les sourcils froncés.
-Un mec de ma classe dans mon ancienne école, Sev', répondit Salazar. On était toujours ensemble là-bas. On s'est un peu… comme qui dirait… perdu de vue ! »
-Tu le reverras pour les vacances d'été, de toute façon. Le tranquillisa Ellie, en servant un verre de jus de citrouille à son époux. »
En 1998, le double cours de potion Serpentard/Gryffondor venait de se terminer.
Neville avait fêté le retour du maître des potions en faisant exploser son chaudron…
Les Serpentards avaient chaleureusement exprimé la satisfaction de voir leur Directeur de Maison et Professeur préféré de retour, se plaignant tous en même temps de la scandaleuse attitude du Professeur Black qui ne songeait qu'à favoriser les Gryffondors en général et Harry Potter en particulier.
En les entendant, Harry avait levé les yeux vers le plafond vouté du cachot en se demandant s'ils ne se moquaient pas du monde car ils étaient d'habitude les bénéficiaires de ce genre d'attitude.
Au moment où le Survivant allait sortir pour rejoindre ses amis dans le couloir des cachots, le Professeur Rogue l'interpela. « Monsieur Potter ? Un moment, je vous prie. J'ai deux mots à vous dire. »
Harry poussa un soupir et se retourna. Il toisa le maître des cachots sans répondre et attendit. Celui-ci sortit sa baguette de sa poche et ferma la porte de la classe d'un sort informulé.
« J'ai quelque chose pour vous, Potter. »
Severus Rogue sortit une lettre cachetée de sa poche et la tendit à Harry qui le regardait sans comprendre. « Il m'a donné ceci pour vous, Monsieur Potter. Prenez la et foutez-moi le camp, je ne veux pas savoir de quoi il est question ! Je me demande ce qu'il peut bien vous trouver ! Lança-t-il, vénéneux. »
Sans se démonter, Harry prit la lettre, regarda le nom qui était écrit dessus et reconnaissant l'écriture de son Professeur détesté, il comprit aussitôt qu'elle venait de Sev'.
Harry leva les yeux vers la terreur des cachots qui le toisait, méprisant. Sans se démonter, il répondit, avant de tourner les talons et de sortir de la classe : « Et moi je me demande ce qui lui est arrivé, pour qu'il change autant. Non, rectification… qu'il disparaisse ! Au revoir, Monsieur ! »
Harry quitta la pièce, laissant un Severus Rogue, songeur, retourner s'asseoir derrière son bureau pour corriger ses copies. « Merlin, pesta le monstre des cachots, mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien avoir à se raconter, ces deux-là ! Je déteste ce petit crétin de Potter ! »
Il y avait un intercours de quinze minutes. Harry alla s'enfermer dans les toilettes des garçons du rez-de-chaussée, sans prendre même le temps de prévenir Ron et Hermione qui étaient déjà hors de sa vue. Fébrilement il décacheta la lettre venue du passé et s'assit sur le couvercle fermé de la cuvette des toilettes.
Harry
Je suis content d'avoir eu de tes nouvelles. T'inquiète pas pour moi, ça va. Enfin, ça va mieux, j'ai eu des moments difficiles mais depuis qu'Ellie est revenue et Salazar avec elle, tout va pour le mieux. Ah oui, ici, on l'appelle Salazar, c'est vrai que deux Severus Rogue ça ferait bizarre.
Les Maraudeurs… Tu ne sais pas ce que tu rates, mon vieux ! Sal est un génie ! Il a fait bouffer à cette larve puante de Queudver une sorte de bonbon longue langue, fait par des jumeaux dont le nom m'échappe, mais que tu dois connaitre. Ce connard s'est retrouvé avec une langue bleue de trente cinq centimètres au moins. Le midi, ils ont mangé des crèmes dessert canaris, Sal dit qu'il a modifié leur composition car ça a duré plus de cinq heures. Toute la table des Gryffondors était des gros canaris. J'ai raté ça, Ellie et moi on mangeait dans l'appart, mais elle m'a raconté les avoir vus dans un enclos chez Hagrid dans l'après-midi.
Tout ça s'était le premier jour.
Je ne sais pas ce qu'il a prévu de faire encore, je m'attends à tout. Sirius Black est fou de rage de me voir avec Ellie, James aussi tu t'en doutes. La prochaine fois que Severus revient il me ramène des extraits du Codex Septimus, c'est trop génial, je vais pouvoir faire des nouvelles potions avec Sal. Dommage qu'Hermione ne soit pas ici avec nous, elle aurait adoré aussi.
Il parait que c'est Black qui remplace Severus chez toi ? Misère ! Si le château n'explose pas où qu'il n'y a pas trois morts par cours, t'auras de la chance.
Je me dépêche, faut que je lui donne la lettre.
A bientôt et passe le bonjour à Hermione.
Sev
PS : T'avais raison, Salazar est incroyable avec les filles. Il sort avec Janet McNair, je crois que chez toi, tu dois la connaitre sous le nom de « la mère de Pansy Parkinson ».
Harry se mit à rire doucement, et replia la lettre qu'il mit dans son sac de cours. Il en profita pour utiliser les toilettes avant de s'en aller, puisqu'il y était et poursuivit lentement son chemin vers la classe du Professeur Lupin au premier étage, pour le cours de Défense Contre Les Forces du Mal. Son esprit vagabondait comme il montait l'escalier, la rampe de pierre glissant sous ses doigts.
°Sevy s'amuse avec les Maraudeurs en 1978, pendant que moi ici, j'attends que l'autre tache de Face-De-Serpent se décide à bouger son cul et venir me tuer… C'est cool. Je me sens légèrement seul depuis qu'il est parti. Enfin… il a fait sa part, je suppose. Manquer de se faire tuer, c'est pas rien. °
Harry s'approcha de la salle de classe de Remus pour voir et surtout entendre, que Ron et Hermione avaient encore entrepris une de leurs querelles futiles et stupides. Il soupira, et accéléra le pas, prêt à affronter les deux fauves.
