Auteur : Lonely Seira

Titre : Le temps d'une vie

Genre : Romance/Yaoi/UA/OOC

Rating : M

Pairing : Naru/Sasu (Autres couples secondaires)

Disclaimer : Naruto et ses petits camarades du manga portant le même nom sont la propriété entière et exclusive du divin Masashi Kishimoto.


Avant-propos : Hiyana, tu me demandais si j'avais lu les scans de l'histoire ? Effectivement, je les lis chaque semaine. Mais je ne suis pas sûre que ça m'aurait apporté énormément pour certains aspects de cette fiction puisque j'ai fini de l'écrire en Janvier dernier (raison pour laquelle j'ai commencé à la publier en Février seulement). Donc j'ai parfois eu du pif et parfois non. Voilà !^^


Chapitre 44 : Rencontres ...

Je serre enfin contre moi le petit corps vibrant d'énergie de mon rayon de soleil avant de me relever et de la porter à bout de bras devant moi. Elle me sourit à pleines dents alors que ses yeux pétillent de malice. Elle me ressemble vraiment trait pour trait, si l'on met de côté le fait qu'elle ne porte aucune marque sur ses joues et que son visage garde la douceur de celui de sa mère. Ses yeux sont d'un bleu ciel saisissant, et on peut aisément y voir toute l'espièglerie que je lui ai transmise. Elle porte un Furisode de soie noire sur lequel sont finement brodés des papillons mauves et bleus. Il est maintenu par un Obi jaune et un obi-jime mauve. Ses longs cheveux soyeux et ondulés blonds comme les blés sont rassemblés en un chignon élaboré sur la moitié de leur longueur, retenu par une pince en or ornée de deux pièces plus longues se dressant sur les côtés et auxquelles sont attachés de fins rubans de soie bleue cousue de papillons noirs. Le reste de sa chevelure est laissée libre et retombe gracieusement sur son épaule gauche. Elle est aussi mignonne et radieuse que dans mon souvenir.

- Bon sang ce que tu as grandi mon cœur ! T'es si immense que bientôt je ne pourrai même plus te soulever !

- Oh t'exagères Papa ! Me dit-elle de sa petite voix qui m'arrache un sourire encore plus gigantesque.

- Tu n'as pas eu trop peur pendant le voyage ?

- Pas du tout ! C'était même très marrant ! Claironne-t-elle avec amusement.

Je la rapproche de moi pour l'embrasser sur la joue avant de la reposer à terre. Elle lève son regard azur vers moi et je lui souris avec tendresse avant de lui caresser la tête. Puis elle lâche un petit rire joyeux avant de se mettre immédiatement à courir pour faire le tour du toit, et poser ses yeux partout où elle le peut avec une curiosité enfantine vraiment craquante. Un peu plus loin, Mamie Tsunade, Iruka, Kakashi et Sakura tirent des têtes pas possibles qui me font discrètement pouffer de rire. Les laissant en mode ''bugg'', je me dirige vers le sceau, la fumée totalement dissipée ayant révélé l'identité d'une autre forme apparue en même temps que mon bout d'chou. Une malle énorme est au centre alors qu'assis sur le couvercle, un petit bonhomme haut comme trois pommes avec des cheveux d'un noir de jais et portant un Kimono bleu foncé, un Hakama gris, et un Haori du même bleu que son Kimono, tape machinalement le bois de ses Zôri contre la malle.

Je m'approche du garçon et m'agenouille devant lui, parfaitement conscient que Sasuke nous fixe avec attention.

- Alors Kyosuke, comment vas-tu ? Demande-je d'une voix douce en relevant la mèche hirsute qui voile la partie gauche de son visage.

Le petit reste de marbre, continuant à balancer ses pieds. Je soupire et passe avec tendresse la main dans ses cheveux ébène avant qu'il n'esquisse enfin un mouvement, relevant la tête pour la fixer en direction d'une seule et unique personne : Sasuke. Sans se soucier de quoi que ce soit d'autre, il descend de la malle et commence à marcher lentement vers celui qu'il semble avoir instinctivement reconnu comme étant son père. Ce dernier ne bronche pas d'un pouce et regarde avec une expression indescriptible le petit garçon marcher vers lui, jusqu'à ce qu'ils soient à moins de deux mètres de distance. Les deux bruns se dévisagent alors, aussi inexpressifs l'un que l'autre. La scène semble presque figée. Kyosuke ressemble à Sasuke de la plus frappante des façons. Que ce soit par ses profonds yeux noirs, par son visage fin, son nez droit, ses lèvres délicates ou ses cheveux couleur nuit qui, à la différence de Sasuke cependant, se dressent en tout sens sur son crâne avec une seule longue mèche hirsute qui retombe avec élégance sur le côté gauche de sa tête.

Le petit commence alors à lever la main vers Sasuke au moment même où celui-ci se recule avant de disparaître sans même énoncer le moindre mot, laissant encore plus pantois les quatre autres ninjas qui ont assisté à la scène avec la bouche grande ouverte et les yeux plus écarquillés que jamais. La main du petit redescend lentement, et il se retourne vers moi, toujours aussi inexpressif. Je sens bien qu'il est déçu et un peu blessé, mais le sang Uchiha ne coule pas dans ses veines pour rien. Ses grands yeux noirs sont restés tout le temps d'une rigidité surnaturelle tandis qu'aucun sentiment n'a, à un quelconque moment, modifié l'expression de son visage. Je vais à sa rencontre alors qu'il revient vers moi et je le prends dans mes bras avant de lui déposer un baiser sur la tête tandis que ses petites mains s'agrippent à mon Kimono.

- Au moins il est venu te voir, lui dis-je en souriant d'un air encourageant.

Il acquiesce de la tête. Je le sens alors soulagé ... bien que son visage n'exprime toujours rien et qu'aucun mot ne soit sorti de sa bouche. Autour de nous, ma petite furie blonde continue à s'agiter en parlant d'un ton surexcité.

- Dis Papa ! C'est grand Kona ! Maman aurait adoré pas vrai ?

Je ris en entendant sa petite voix enjouée.

- Il faut dire ''Konoha'' Seiran. Et oui, je suis sûr que Maman aurait adoré.

- Na...ruto, marmonne soudainement Mamie Tsunade en plantant ses ambres troublées dans mes azur. Tu ... nous expliques ?

- Bien sûr ... Seiran, arrête de courir et viens un peu par là, dis-je en direction de ma p'tite puce qui file alors vers moi à toute vitesse et se pelotonne contre ma jambe.

Je me tourne vers les quatre carpes qui me fixent toujours pour faire les présentations :

- Alors, tout le monde, je vous présente ma fille Seiran qui a fêté ses quatre ans il y a deux mois déjà.

- Bonjour ! Entonne-t-elle en souriant d'une oreille à l'autre.

- Et ce petit bonhomme-là s'appelle Kyosuke et il a eu deux ans le mois dernier, continue-je en posant mon regard vers le dénommé qui tourne alors ses yeux nuit profonds vers ces nouveaux visages pour les fixer ensuite avec la fierté propre à son clan.

- C'est ... ton fils ? Me demande Iruka.

- Ah non, il n'est pas de moi, mais Seiran et lui ont la même mère.

- Naruto ... pourquoi est-ce qu'il ressemble autant à Sasuke ? Me demande alors Sakura en ayant eu l'air de faire parfaitement le lien entre l'étrange manège des deux bruns tout à l'heure et leur ressemblance frappante.

- Pour une raison simple. Si ma petite puce s'appelle Uzumaki Seiran, ce petit bout d'chou s'appelle ... Uchiha Kyosuke.

Nouvelle dégringolade de mâchoires.

- C'est le fils de Sasuke ?! S'interloque la vieille.

J'acquiesce d'un signe de tête avant de reporter mon attention vers les enfants qui regardent le comportement des ''vieux adultes'' avec un certain intérêt ... enfin, Seiran les scrute d'un air curieux tandis que Kyosuke se contente de les dévisager avec une sorte d'indifférence polie.

- Alors regardez bien tous les deux, dis-je à leur attention alors que Seiran et Kyosuke lèvent la tête pour me regarder. Tout à gauche avec les cheveux gris et le masque, c'est ...

- Kakashi-oji ! (oji = Tonton) S'exclame ma blondinette.

- Tout à fait, dis-je en lui passant une main sur la tête. Et à côté avec les cheveux châtains ?

- Papy Iruka ! S'exclame à nouveau la petite.

Le dénommé sursaute légèrement en me regardant avec un air un peu effaré. Je lui souris discrètement et hausse les épaules. Il me répond par un sourire ému, comprenant par cette simple appellation signifie que je l'ai présenté aux enfants comme s'il avait été mon père.

- Papy ? Murmure-t-il alors avec une voix chargée d'émotions. Et bien ... ça ne me rajeunit pas ! Ajoute-t-il en essayant de retenir quelques larmes.

Je resserre ma prise sur la main de Seiran qui affiche un air un peu étonné devant le regard d'Iruka. Sakura, Tsunade et Kakashi sourient également devant cette scène qui devient plus émouvante que tout ce que nous avons vécu.

« Je crois que j'ai besoin d'un mouchoir !

- Mets-la en veilleuse la carpette ! »

- Bien ! Et si nous passions aux dames ! reprends-je pour détendre un peu l'atmosphère allourdie par tous ces invétérés émotifs ... et plombée par cet invétéré rabat-joie de renard.

- Avec les cheveux tout rose c'est Tatie Sakura ! Répond immédiatement ma blondinette. Et la dame avec les gros seins c'est Mémé Tsunade !

- Seiran, ne dis pas ça ! Marmonne-je en fronçant les sourcils tout en réprimant un fou rire dans le même temps.

- Y'a pas de doute c'est vraiment ta fille, lâche alors Mamie Tsunade en soupirant avec découragement.

Je lui souris d'un air malicieux alors que je sens qu'on tire sur mon Hakama.

- Qu'y a-t-il poussin ? Demande-je en baissant les yeux vers Seiran qui continue à tirer sur le tissu.

- Dis Papa, c'est Grand-père Minato là-bas ? M'interroge-t-elle en levant son doigt vers la falaise des visages de pierre.

Je suis le point qu'elle m'indique puis lui réponds en souriant.

- Oui ma chérie, c'est bien Grand-père Minato. Tu as l'œil affuté.

- Dis dis ! Pourquoi sa tête est dans un caillou ?

- Ha ha ha ! Mais elle n'est pas dans un caillou voyons ! Le visage de Grand-père a été sculpté dans cette falaise parce qu'il a été le quatrième Hokage de Konoha.

- Hogake c'est celui qui commande c'est ça ?

- On dit ''Hokage'' chérie ... et oui, en gros c'est celui qui commande. Viens, je vais te montrer, dis-je en prenant sa main pour aller vers le bord de la terrasse et l'aider à grimper sur la rambarde.

Derrière nous, j'entends les murmures étonnés de Sakura :

- Comment ça ''Grand-père Minato'' ? Ça veut dire que ...

- Oui Sakura, dis-je en tournant la tête vers elle après avoir installé Seiran. Le Yondaime était mon père.

Pour la centième fois en vingt minutes, Sakura écarquille les yeux avant de marmonner :

- Et bah ... ça n'en finit plus les surprises avec toi !

Puis, tous les quatre se rapprochent de nous avant que je commence ma petite histoire.

- Regardez, Seiran, Kyosuke ... le premier visage à gauche c'est le Shodaime, le premier Hokage.

- C'est lui qu'a fabriqué le village hein ?

- C'est lui qui a créé le village en effet. À l'époque, les gens se battaient entre eux, mais il a instauré la paix grâce à son clan et à celui des Uchiha, qui ont alors créé Konoha.

- Oh Kyo t'entends ça ? C'est tes Pépés qu'ont fait Konoha !

Je souris devant l'enthousiasme de Seiran, qui fait également pouffer les autres spectateurs. Puis je poursuis sur ma lancée :

- Le deuxième visage, c'est le Nidaime. Et c'était le petit frère du Shodaime.

- Alors ça veut dire que si je deviendrais Hokage, Kyo il le serait après moi ?

- Non poussin, pas forcément. L'Hokage est choisi selon ses capacités tu sais ? Le troisième par exemple, c'est le Sandaime et il a été le meilleur élève de Shodai et Nidai. Et puis après, c'est Grand-père.

- Grand-père il est parti au ciel quand il a mis Kyuu-chi dans ton ventre hein ? Me demande alors mon petit soleil, déclenchant des exclamations étouffées dans mon dos.

C'est vrai qu'il y a de quoi surprendre. Non seulement ma fille sait pour Kyuubi qui est scellé en moi, mais en plus elle l'appelle Kyuu-chi (Elle utilise ''chi'' comme diminutif de ''chichi'' qui veut dire ''Papa'' ... en gros, elle considère que comme Kyuubi est en moi, il a aussi valeur de père pour elle).

- Oui c'est ça ... tu te souviens drôlement bien des histoires que Maman te racontait dis-moi.

- Moi j'aimais bien les histoires de Maman ... mais pourquoi Grand-père il a fait ça déjà ?

« Parce qu'un connard s'est foutu de ma gueule !

- Du calme boule de poils. Je sais que tu digères encore mal cette histoire mais quand même !

- Oui bah je digère mal parce que ça va encore finir par être moi le dindon de la farce ! L'éducation des jeunes de ce village a été une belle plantade pour ce qui est des cours d'Histoire alors refais pas la même boulette avec tes gosses ... ils sont mieux partis que les nabots de Konoha.

- Je ne vais pas leur mentir ne t'inquiète pas ... mais tu oublies qu'ils ne sont pas les seuls à m'écouter.

- Justement ! Rétablis un peu les choses dans leur bon droit. Je me suis déjà fait niquer en débarquant ici pour me faire coincer après, alors qu'on ne m'avait même pas demandé mon avis ... me faire mettre en boîte une fois ça suffit ! Faut quand même pas pousser mémé dans les orties !

- Relax boule de poils ! Ça va finir par s'arranger, mais de toute façon, ils sont encore tous les deux trop jeunes pour que je leur raconte toute cette histoire. Ils en savent bien assez comme ça. Mei pensait que c'était une mauvaise idée de leur cacher ce que j'avais dû endurer dans mon enfance alors je leur en ai dit le minimum ... mais le reste c'est encore trop.

- ... Alors juste un petit résumé ! Ça suffira non ? Hein ? Hein ? »

Capitulant devant le désespoir flagrant qui transparaît dans les propos du Kitsune ...

« Dis donc, exagère pas ! J'suis pas au bord de la dépression quand même ! »

Bon ... me résignant face à la demande suppliante du sac à puces ...

« Je t'ai pas supplié non plus ! Je t'ai juste demandé une faveur gentiment pour changer ! »

D'accord ! Acceptant d'accéder au souhait de la carpette dans mon grand élan de mansuétude ...

« Pfff ! Qu'est-ce qui faut pas entendre comme connerie ! »

... dans un grand élan d'amitié ...

« Amitié ? Bah tiens ! Et mon cul c'est du poulet ? »

... me soumettant à l'ordre autoritaire de Kyuubi-sama, je parviens enfin à répondre à la question de ma petite puce (Et putain si c'est comme ça chaque fois qu'elle m'interroge sur la peluche, j'suis pas rendu).

- Et bien tu vois ma chérie ... c'est parce que quelqu'un a fait faire des bêtises à Kyuu-chi et du coup, Grand-père a dû le punir. Alors il l'a mis à l'intérieur de moi pour que je le surveille.

« Mouais ça va ... c'est toujours mieux que rien. »

- Bah moi j'voudrais bien en avoir un tout pareil ! Ça ferait comme si j'avais une grosse peluche dans mon corps !

« En voilà une personne enthousiaste ! C'est en elle que j'aurais dû être ! Elle a l'air bien moins débile que son père déjà ...

- Je t'entends au cas où tu l'aurais oublié !

- Sans blague ! Toujours est-il que ta fille me paraît beaucoup plus coopérative que tu ne saurais l'être.

- C'est parce qu'elle est trop jeune pour réaliser le fardeau que c'est de partager son corps avec un furoncle comme toi !

- Sois un peu poli morveux ! C'est pas un exemple pour les gosses ça !

- Parce que tu penses être un bon exemple toi ? Rappelle-moi un peu qui a fait de moi un accro-maniac du sexe à 16 ans à peine ?

- ...

- C'est bien ce que je pensais ! »

Boutant les jérémiades de la carpette hors de mes pensées, je me concentre à nouveau sur mon petit récit.

- Alors, vous voulez que je continue à vous raconter l'histoire ? Dis-je à l'attention des deux bouts d'chou.

- Oui !

Tandis que Seiran s'exclame en levant les bras, Kyosuke se contente d'un discret hochement de tête.

- Bon, alors. On en était au Yondaime. Seiran, est-ce que tu te souviens qui a été son professeur ?

- C'était Pépé Jiraiya ! Et pi même que Pépé il écrivait des livres sur les cochons et que Kakashi-oji il les aime beaucoup !

- Euh ... Oui, on va dire ça comme ça, dis-je un peu mal à l'aise en sentant plusieurs regards accusateurs brusquement braqués sur moi.

- Naruto ! Chuchote vivement Mamie Tsunade à mon oreille. Mais qu'est-ce que tu lui as raconté comme stupidités ?

- Pas de ma faute ! Souffle-je entre mes dents pour que les enfants ne m'entendent pas. Elle a dû m'entendre quand je parlais à Mei. Je lui avais dit que Kakashi aimait les livres cochons qu'écrivait ce vieil ermite pervers ...

- Papa ... ça veut dire quoi pervers ? Me demande subitement la blondinette.

- Euh ... rien poussin, c'est juste un nom gentil que je donnais à Pépé Jiraiya. Bon, revenons à nos moutons, dis-je en m'éclaircissant la voix bruyamment. Donc Pépé Jiraiya a été le sensei de Grand-père Minato. Et le sensei de Pépé c'était le Sandaime. D'ailleurs dans son équipe à l'époque il y avait aussi l'actuelle Godaime. Et ça c'est ... ?

- Mémé Tsunade !

- Exact. Et vous savez ce qui est marrant ? C'est que Mémé Tsunade est la petite fille de Shodai-sama.

- ... Shodaime c'est son Papy ?

- Oui c'est ça.

- Mais Konoha ça existe depuis super longtemps non ?

- Depuis 100 ans à peu près, réponds-je en réfléchissant brièvement.

La petite blondinette fronce les sourcils avant de tourner son regard interrogateur vers Tsunade-baachan. Cette dernière hausse alors un sourcil, surprise que ma fille la dévisage comme ça.

- Oh ! Bah si c'est de si longtemps ... t'es une vieille alors ? Pourquoi que t'as pas la peau toute fripée ?

« Mort de rire comment ta gamine met les pieds dans l'plat de la même façon que toi ! Je l'adore cette gosse ! »

- Seiran ! M'exclame-je en retenant à grand peine le plus grand éclat de rire que j'aurais jamais sorti.

- Quoi ? C'est pas une vieille ? Demande-t-elle avec une innocence désarmante.

- Si bien sûr mais faut pas le dire devant elle parce que ça la vexe ! Lance-je en décochant mon plus beau sourire de malice à Tsunade-baachan qui ne peut s'empêcher de me répondre par un...

- Baka ! T'as pas honte d'apprendre des choses comme ça à une enfant de son âge ?

- Euh ... non pas vraiment.

Étouffant un nouveau pouffement, je dépose ensuite Kyosuke à terre puis m'accroupis, plaçant les deux enfants devant moi.

- Papa doit parler de choses sérieuses avec les adultes, vous devriez aller jouer un peu en attendant. Mais ne vous éloignez pas et ne grimpez pas sur la rambarde tout seul d'accord ?

- D'accord ! Lâche ma tornade blonde avant de prendre la main de son frère et de le tirer derrière elle.

Je les regarde s'éloigner avant de me retourner vers les autres.

- Je pense que vous avez des questions à me poser non ?

- Tellement que je ne sais même pas par quoi commencer, me répond la vieille en me dévisageant avec insistance. Tout ce que je peux dire pour le moment c'est que ta réputation du ninja le plus imprévisible de Konoha n'est pas surfaite !

- Je voudrais savoir, commence Iruka en hésitant un peu. Quand tu es revenu à Konoha, pourquoi n'as-tu pas emmené ta famille avec toi ? Et puis où est la mère des petits ?

- Shukumei était une femme très particulière et très attachée à son pays. Et moi, je devais tout le temps rester en mouvement pour ne pas me faire repérer par l'Aka. Alors je ne revenais les voir que quelques jours par-ci par-là. Quand je suis revenu au village, je devais d'abord m'y réintégrer sans faire trop de vagues ... distiller les révélations sur mon compte c'était plus prudent. Et puis ... enfin disons que c'est encore un peu compliqué pour le moment.

- Pourquoi dis-tu que ''c'était'' une femme particulière ? Me demande Sakura qui a immédiatement tiqué sur l'emploi du passé dans ma phrase.

- ... Parce que Mei est morte hier après-midi, lui réponds-je le plus simplement du monde en souriant tristement.

- Oh quelle horreur ! lâche-t-elle alors en se plaquant une main sur la bouche et en regardant les deux enfants qui jouent un peu plus loin la seconde suivante.

- C'est pour ça que tu les as fait venir maintenant ? M'interroge Kakashi.

- Mei se savait mourante et nous nous sommes organisés en conséquence. J'avais espéré pouvoir m'éclipser un temps du village pour retourner la voir, mais avec tous les évènements qui se sont succédés ici depuis mon retour ça n'a pas été possible. Au cas où ça devait se produire comme ça, il était prévu que je fasse venir les enfants auprès de moi par une invocation, à 10h le lendemain matin de son décès, explique-je calmement alors que mon cœur se serre encore un peu par moments.

- Mais ... qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Reprend Iruka. Tu vas t'occuper des deux enfants ? Enfin j'veux dire ... le garçon est le fils de Sasuke alors ...

- Kyosuke est autant mon enfant que Seiran. Pendant ces deux dernières années, je me suis préoccupé de lui comme si nous partagions le même sang. Et je continuerai à faire ainsi jusqu'à ce que Sasuke se sente prêt à le reconnaître ... je me mets à sa place aussi. Il n'a appris qu'hier qu'il avait un fils alors je ne vais pas trop lui en demander non plus.

- C'est quand même bizarre que vous ayez tous les deux fait la connaissance de la même femme dans un laps de temps si court, s'étonne Sakura en fronçant un peu les sourcils.

- Tu dis ça parce que tu n'as pas connu Mei ... mais dans son monde, les coïncidences n'existaient pas, réponds-je d'un air mystérieux.

Pendant que tous me fixent de nouveau d'un air interrogateur, je décide de couper court à la conversation en retournant vers ma blondinette et le petit brun. Je ne leur ai pas appris grand chose, mais suffisamment pour l'instant. Après tout, le seul à qui je doive raconter toute l'histoire c'est Sasuke, et il n'est pas question que qui que ce soit d'autre l'entende avant lui. Même si je ne sais absolument pas quand il aura assez calmé sa colère envers moi pour que nous puissions discuter sans que je ne me prenne son poing dans la figure (Et encore, c'est ce qui se passe dans ma version la plus optimiste des choses ... pour les autres, on ne retrouverait certainement jamais mon corps).

Alors que je souris en regardant mes petits s'amuser, je sens quelqu'un s'approcher derrière moi.

- Il y a quelque chose d'autre que vous voulez savoir Tsunade-baachan ? Demande-je sans même me retourner pour la regarder.

- Il y a encore beaucoup de mystères et d'ombre qui planent sur ton passé, et si tu ne veux pas en parler, je ne te demanderai rien, me répond-t-elle alors.

- Mais ?

- Mais je me pose des questions sur le présent ... sur ce que tu comptes faire maintenant. Vas-tu vraiment les élever tous les deux ici ?

- Vous croyez quoi ? Que je vais les abandonner alors que leur mère vient juste de mourir ?

- Bien sûr que non ! répond-t-elle vivement comme si elle était choquée que j'ose la croire capable de penser une telle chose. Mais tu viens de passer Juunin, tu vas bientôt devoir accomplir des missions dangereuses et tu es père célibataire ... mince, je n'aurais jamais cru te dire ça un jour ... surtout pas si tôt.

- Je suis devenu père à 17 ans Tsunade, dis-je alors en plongeant mes azur dans ses yeux écarquillés.

Plus de titre honorifique, plus de pincette, je ne suis définitivement plus le même gamin qu'elle a autrefois connu et avec ce qui se profile encore à l'horizon, elle doit pouvoir me faire confiance sans hésitation. Alors que Sakura discute avec Kakashi et Iruka un peu plus loin, je décide de parler enfin sans contrainte avec ma ''Grand-mère'', comme il se doit de l'être.

- Vous n'avez pas la moindre idée de tout ce qui s'est passé pendant ces années. J'ai vécu des choses que vous ne pourriez même pas imaginer dans vos rêves les plus fous. Et vous en avez d'ailleurs un aperçu. J'ai rencontré une femme formidable, j'ai eu une fille avec elle et, même si je n'étais pas aussi souvent à leurs côtés que je l'aurais voulu, je me suis quand même bien occupé d'elles ... et de Kyosuke aussi après sa naissance. Mon mode de vie vous déplaît peut-être, vous pensez que ce ne sera pas juste d'élever des enfants comme ça, mais ne les sous-estimez pas. Ils sont beaucoup plus éveillés que vous ne le croyez ... et ils comprennent bien plus à cette situation que vous ne le pourriez. Ils connaissent les enjeux et ils les ont acceptés, parce que c'est ainsi que leur mère et moi les avons élevés.

Il n'y a pas là matière à discussion et elle semble le comprendre. Hochant simplement la tête pour m'indiquer qu'elle ne m'ennuiera plus avec ses inquiétudes quant à mes projets, elle reporte alors son attention sur les deux piles électriques qui se chamaillent, esquissant un sourire.

- Au fait Naruto, reprend alors Mamie Tsunade.

- Quoi ?

- Félicitation. Ta fille est magnifique, me dit-elle en me regardant avec ce que je crois déceler être de la fierté dans les yeux.

- Merci, réponds-je simplement alors que tous deux replongeons dans le silence, regardant les enfants qui continuent à s'agiter.

Tsunade-baachan lâche alors un petit pouffement de rire, attirant une nouvelle fois mon attention sur elle. Je l'interroge du regard.

- Ces deux gamins sont exactement comme leurs pères, me dit-elle alors.

Je souris en entendant cela. En effet, en voyant Seiran si espiègle et dynamique, essayant de faire réagir un Kyosuke taciturne qui préfèrerait rester tranquillement dans son coin, je ne peux m'empêcher de repenser à ma propre enfance avec Sasuke.

Sasuke ... en ce moment je sais à quel point le conflit intérieur qu'il mène est rude. Il m'en veut de lui avoir menti alors que j'étais la seule et unique personne en qui il avait confiance, et je sais que cela ne peut que le replonger effroyablement dans son passé. Tout ce que j'espère, c'est qu'il ne se refermera pas sur lui-même de nouveau, comme cela s'était produit à ses 8 ans. Il faut que je lui explique tout ... il faut qu'il comprenne pourquoi j'ai fait ça ... il faut qu'il accepte le fait que maintenir le silence depuis mon arrivée était l'attitude la plus sage.

Mais je crains aussi que lorsque la nouvelle va se répandre dans le village, cela ne devienne encore plus compliqué. Parce qu'il va de nouveau falloir nous confronter au regard impitoyable des gens. Ces gens qui jugent sans même savoir et qui assènent des blessures par leurs mots, plus meurtrières qu'elles ne le seraient avec une lame. Sasuke est encore un peu fragile face à cela, et je voudrais au moins être à ses côtés pour le soutenir, car après tout, cela me concerne tout autant que lui. Mais me laissera-t-il seulement faire ?

- Papa ? Pourquoi tu fais cette tête ?

Une petite voix fluette et deux billes océan qui me fixent me sortent brusquement de mes pensées. Je réalise alors que mon visage s'était figé dans une expression assez sombre et triste, que je m'empresse de faire disparaître sous un radieux sourire.

- Pour rien poussin, Papa était juste en train de réfléchir.

- Tu réfléchissais à quoi ?

- Et bien en fait, je me disais qu'il faudrait que je m'achète un nouvel appartement pour que Kyosuke et toi puissiez avoir chacun votre chambre ... je ne donne pas cher de ma peau si jamais je vous laissais tous les deux dans la même pièce trop longtemps !

- Mais euh ! C'est pas vrai ! On s'entend bien avec Kyo, me rétorque-t-elle avec une mine boudeuse.

Je ris de bon cœur et me tournant à nouveau vers l'Hokage, toujours à côté de moi.

- Vous auriez peut-être une suggestion pour mon déménagement ?

- Moui ... possible. Je crois me souvenir qu'il y a un logement assez grand qui est en train de prendre la poussière pas loin de la rivière dans le quartier nord. Ça pourrait peut-être vous convenir.

- Pourquoi personne ne l'occupe-t-il ?

- Parce que Kurenai et Asuma avaient décidé de s'y installer après la naissance de leur enfant, mais à la mort d'Asuma, Kurenai n'a pas voulu y aller. Cet endroit était devenu trop chargé de souvenirs. Il est resté à l'abandon depuis.

- Tiens maintenant que j'y pense, je n'ai revu ni Kurenai ni son fils depuis que je suis revenu. Shikamaru ne m'en a même pas parlé. Pourtant je me souviens qu'il y a quelques années, il était content de dire que ce gamin deviendrait son futur élève ... pauvre gosse, marmonne-je pour finir.

- Kurenai a pris deux mois de congés pour profiter de son enfant. Elle a effectué pas mal de missions depuis quelques temps. Ils devraient revenir d'ici un ou deux jours d'ailleurs ...

- Dites lui qu'elle n'en fasse rien, dis-je le ton redevenu subitement grave.

- Pourquoi ça ? Me demande Mamie Tsunade, visiblement troublée.

- Parce qu'elle et son fils sont comme Gaara ... ils ont déjà trop donné dans cette bataille, réponds-je en ancrant mon regard assombri dans ses yeux ambre.

- Qu'est-ce que tu veux dire Naruto ?

Je reste silencieux et me baisse pour reprendre Kyosuke dans mes bras. Elle continue de me fixer d'un air interrogateur.

- Naruto ? Pourquoi as-tu dit ça ? Insiste-t-elle sans pour autant parvenir à m'arracher une réponse.

Éludant sa question, je me contente de lui lancer :

- Vous pourrez faire le nécessaire pour que je puisse déménager dès cette après-midi ?

- Bien sûr, me répond-t-elle un peu désarçonnée avant de froncer les sourcils. Mais je voudrais bien que tu répondes aussi à ma question, continue-t-elle sur un ton presque autoritaire.

- Chaque chose en son temps. Faites-moi confiance ... Sakura ? Appelle-je alors en direction de la Kunoichi et des deux sensei qui ont apparemment jugé préférable de me laisser parler tout ce temps seul avec l'Hokage.

- Oui ? Me répond la jeune femme aux cheveux roses en courant doucement vers moi.

- Je vais montrer le village aux petits, ça te dirait de venir ?

- Oh ! Euh ... bien sûr, avec plaisir !

- Parfait. Allez les grabots ! On décolle ! Dis-je joyeusement en attrapant la petite main de Seiran qui rayonne toujours comme un mini soleil.

Saluant mes anciens sensei et mon Hokage, je m'engouffre ensuite dans les escaliers pour me diriger hors du bâtiment, suivi de ma douce coéquipière qui semble se remettre lentement du choc de me savoir Papa, choc que vont subir bon nombre d'autres personnes d'ici peu d'ailleurs. Cette petite excursion en ville promet d'être riche en émotions elle aussi ... j'en mettrais ma main au feu !


Note de l'auteur : Bon, que ceux qui pensent que je ne me suis pas foulée pour trouver le prénom de la petite Uzumaki lèvent la main ! ... Mais euuuuh ! pas tous en même temps j'arrive pas à compter ! XD
M'enfin, que voulez-vous que j'y fasse ? J'adore le prénom Seira ainsi que tous ses dérivés alors voilà ! Mais quand même, vous les trouvez pas mignons ces deux gamins ? J'espère que leur personnalité vous plaît en tout cas ! A ce stade, ils sont loin d'avoir rencontré tout le monde et la petite promenade de Naruto va encore être riche en amusements !

On se retrouve Dimanche 9 Août pour le chapitre 45 "Adaptation houleuse...".

Passez une bonne semaine !