Ah la vache Museelo, j'ai eu un de ces fous rire en lisant ta review XD. Bon, dommage qu'il y ait eu du monde autour de moi, mais bon... XD. Que d'enthousiasme !

Mode guimauve, pour ce chapitre, je préviens XD

Sur le parking du local, il y avait peu de voitures... Mais l'une d'elles, située sur la droite au fond, était assez remplie. A la place du conducteur, un petit chanteur occupé à machouiller un bâton de sucette, juste histoire de s'occuper. A sa droite, un guitariste qui regardait par la fenêtre comme s'il admirait le paysage -qui avait peu de chances de bouger, vu qu'ils étaient à l'arrêt-. Derrière, au milieu sur la banquette, un batteur qui donnait tous les signes extérieurs d'ennui, regardait vaguement devant lui... Depuis combien de temps étaient-ils là, dans la voiture de Hyde ? Voiture qui soit dit en passant, selon Ken, « sent toujours la bouffe, c'est dingue ! ». Ce dernier se tourna vers le chanteur et demanda en baillant, désignant le local droit devant eux de la tête :

Tu crois qu'on peut rentrer ?

Nan.

Mais...

J'ai dit non !

Ah, mais j'ai laissé mes clopes à l'intérieur... gémit Ken, qui en réalité, était dévoré par la curiosité, surtout.

Dans la boîte à gants... Sers-toi et surtout : tais-toi !

Hé Hyde ! Intervint Yukki en plaçant sa tête entre les deux sièges avant.Tu crois qu'il se passe quoi ?

Comment je pourrai le savoir ? Si je pouvais voir à travers les cloisons, crois-moi, ce don serait employé utilement...

Pervers ! Fit Yukki en souriant.

Mais c'est toi qui...

Est-ce qu'on a bien fait de les laisser seuls ? Renchérit Ken, sérieusement.

Et quoi ? Ils ne vont pas s'entretuer, que je sache.

Je me doute bien, mais... Tu as songé à l'éventualité que ça fasse plus de mal à Tetsu-kun ? Fit Ken, se ralliant à l'idée première du batteur. C'est vrai, je l'ai jamais vu dans un état si...

Tu sais, c'est tout à ton honneur, de t'en faire pour lui comme ça... Mais crois-moi, l'issue sera heureuse, assura Hyde en souriant.

Tu penses ?

Mais oui, je vous assure. Alors maintenant cessez de vous en faire, et pensez à autre chose.

Hyde avait l'air si serein, si certain de ses dires, que Yukki, pas plus que Ken, ne songea pas à le contredire. Après tout, quand on y repensait... Ils allaient si bien ensemble. Leur rupture était incompréhensible. Peut-être que Nakamaru était venu recoller les morceaux ? Pourvu que ça soit le cas... Ken eut un sourire un brin sadique. Bon, si Hyde voulait parler d'autre chose, il n'allait pas le contrarier, hein...

Alors ça avance, toi et Kamenashi-kun ? Fit-il sur un ton mielleux.

Ok... On revient sur Tet-chan alors, fit Hyde en levant les yeux au ciel.

Trop facile ! Lâcha Ken en éclatant de rire.

A l'intérieur, le temps semblait presque avoir arrêter sa course. Ils n'avaient pas bougé d'un pouce. Nakamaru était toujours blotti contre Tetsu, l'esprit vraiment confus... Passer du désespoir à la joie d'un coup a de quoi faire tourner la tête... Tetsu attendait calmement qu'il se calme, d'autant que lui-même avait besoin d'un peu de temps pour réaliser. Il le tenait vraiment dans ses bras ? Pour de vrai ? Il osait à peine y croire, et pourtant ça avait l'air bien vrai... Inlassablement, il continuait ses petits baisers sur sa tête, dans l'espoir de le calmer... Rien ne semblait avoir bougé depuis un bon moment... A ceci près, et c'était tout sauf un détail futile, que Nakamaru murmurait depuis plusieurs minutes le même mots : 'pardon'. Tout comme il avait du mal à comprendre que Tetsu ne le rejette pas, il ne pouvait s'empêcher de culpabiliser, pour le mal qu'il lui avait fait. Peu importe qu'il l'ait fait dans un but louable : il l'avait blessé. Alors que Tetsu avait fait tant d'efforts avec lui, il l'avait cruellement blessé. Que pouvait-il faire d'autre alors, sinon formuler des excuses entre ses larmes ?

Pardon...

Si tu ne t'arrêtes pas de pleurer, tu vas finir par dépérir... fit doucement Tetsu.

Nakamaru bougea un peu, pour la première fois depuis un moment. Il s'écarta suffisement pour le regarder. Il eut un petit rire nerveux, et il tenta de maîtriser sa respirations, redue rapide à cause de cette crise de larmes. Fatigué, il essuya ses yeux en demandant :

Comment tu peux plaisanter dans un moment pareil ?

Sans ça, je vais pleurer aussi et on aura l'air fins tous les deux, lâcha Tetsu avec des tremblements dans la voix.

Pardon... répéta Nakamaru, inlassablement.

Tu veux bien cesser de faire ça ? Murmura Tetsu en lui soulevant le menton. Je donne l'impression de t'en vouloir ?

Non...

Alors c'est bon. Ne crois pas que je sois indifférent... C'est juste que... Je ne réalise pas encore que... Je crois que j'ai un peu peur de m'autoriser à être heureux. Comme si tu allais partir après...

Je ne recommencerai pas, je te le jure ! S'écria Nakamaru.

Pas besoin de jurer... Mais... On ne sait pas... Il se peut qu'un jour, on ait à faire face à un grave problème... Où tu serais tenté d'agir de nouveau ainsi... murmura Tetsu en le regardant bien dans les yeux.

Je t'en parlerai ! Je n'agirai plus de façon si brutale !

Tu penses ?

Je ferai n'importe quoi pour que tu me crois ! Je te jure que c'est vrai ! Je ne ferai pas deux fois la même erreur !

A le regarder, on sentait bien qu'il était sincère. Tetsu ne pouvait en douter. A l'évidence, Nakamaru avait aussi mal vécu ces derniers temps que lui. Et puis il était revenu, après tout... Rien ne l'y obligeait. Alors... Ca allait être difficile, mais il décida d'effacer ses propres craintes. Enfin à dire vrai, il n'en avait qu'une : que Nakamaru le laisse à nouveau. Il le serra ànouveau contre lui en un geste un peu possessif. Et il s'autorisa à se détendre un peu.

Tu sais... dit-il enfin. Quand j'y repense, rien dans cette histoire n'est normal, à commencer par le début.

Comment ça ?

Je veux dire... Dès le début, tu m'as attiré. Je pense que même quand j'avais 15 ans, je n'étais pas à ce point déboussolé et émoustillé... Ca a été vite... Tu es devenu la personne la plus importante de ma vie en quelques mois... non, à peine quelques semaines, même. Tu es vraiment étrange.

Tetsu...

Ca va prendre... quelques temps, je pense. Pour que j'intègre le fait que tu ne t'en iras pas, avoua Tetsu. Aussi pardonne-moi d'avance, si je mets du temps à être sûr.

Ne t'excuse pas, s'il te plaît. Mais... Si tu ne m'en veux pas et si ma présence ne te dérange pas, alors j'aimerai bien rester avec toi... Ok ? Demanda timidement le jeune homme.

Question idiote.

Tu... commença Nakaamru, hésitant. Tu... accepterais qu'on reparte comme avant ?

Non, pas comme avant, rectifia le bassiste. Avant, tu avais peur et je ne le savais pas. Il faut que ça soit mieux qu'avant.

D'accord. Je ne mérite vraiment pas ça...

Ah tais-toi un peu.

Tetsu se fit un plaisir de le faire taire, avec une méthode qui avait déjà fait ses preuves. Et puis au bout d'un long moment, trois paires d'yeux tapies dans une voiture les virent sortir du bâtiment. Détail qui n'échappa à personne : ils se tenaient la main. Trois sourires satisfaits et un peu incrédules se mirent en place, tandis qu'ils s'efforçèrent de regarder ailleurs, alors que le couple se dirigeait vers la voiture de Tetsu. Lorsqu'il démarra et sortit du parking, Ken souffla à son voisin :

Tu crois qu'ils nous ont vu ?

Si tu veux mon avis, rétorqua Hyde, tout content, vue leur attitude, ils ne voient plus grand chose d'autre que l'autre...

J'avais tort de m'en faire ? Marmonna Yukki avant qu'on ne le lui dise.

On dirait bien.

Une bonne chose de faite ! Conclut Ken avec satisfaction. Bien, si on allait manger entre célibataires convaincus ?

Mais il est encore tôt ! Protesta Yukki.

Et ben venez à la maison, on trouvera bien à s'occuper...

Ok !

Ca me va !

Chez Tetsu, dans son salon pourtant grand, deux silhouettes étaient littéralement collées l'une à l'autre. Pourtant, aucun des deux ne risquait de s'envoler, mais peu importe... Nakamaru remarqua enfin :

Tu as l'air fatigué...

Tu n'as pas très bonne mine non plus...

C'est rien. Tu veux que je te prépare quelque chose ?

Tu ferais ça ? Demanda Tetsu, les yeux brillants.Ta cuisine m'a manqué.

Et bien je suppose que tes placards sont encore vides... Mais je devrai me débrouiller.

Super. J'ai... faim, dit Tetsu, comme s'il n'avait pas éprouvé cette sensation depuis un moment.

Nakamaru eût tôt fait de prendre possession de la cuisine et de préparer quelque chose de simple. Il aimait ça, cuisiner. Contrairement à Tetsu, il ne prenait pas ça comme une corvée, mais comme un plaisir. Et cuisiner pour les autres, c'était encore meilleur. Tetsu était déjà attablé, il le regardait s'affairer en se limitant, lui, à mettre la table. Ca au moins, c'était dans ses cordes. Puis il s'assit et attendit. Subitement, alors qu'il surveillait la cuisson de son plat presque prêt, Nakamaru lança sans se retourner :

Dis...

Oui ?

Je t'aime. Tu le sais, hein ?

Oui.

Sa voix si craintive avait interpellé Tetsu. Effectivement, ça prendrait un peu de temps pour que la culpabilité chez l'un, et l'angoisse chez l'autre, ne s'effaçent... Le jeune homme se retourna et lui adressa un grand sourire heureux auquel Tetsu eut bien du mal à résister. S'il s'écoutait... Ce n'est pas qu'il lui sauterait dessus au milieu de la cuisine, mais enfin... Chaque chose en son temps, se corrigea-t-il tandis que Nakamaru s'occupait de les servir. Quand ils eûrent terminé, Tetsu avait tant mangé que se lever semblait être un défi impossible à relever. Il se contenta de le féliciter sincèrement :

C'était délicieux. Tu ne perds pas la main, à ce que je vois !

Merci. Dis, si l'on faisait un marché ? Demanda Nakamaru avec l'air de celui qui vient d'avoir une bonne idée.

Un marché ?

Je pourrai t'apprendre à cuisiner... C'est vrai après tout, suppose qu'un jour je sois malade, par exemple. Si jamais c'est toi qui fait à manger, je suis sûr d'y rester.

C'est méchant !

Tetsu se sentait vraiment guilleret... Un instant, il eut en tête cette fois qui semblait remonter à des siècles, où il l'avait raccompagné à la gare. Ce soir où il s'était jeté à l'eau, en quelque sorte. A ce moment là, l'atmosphère était électrique à souhait... Aujourd'hui, ce genre de sensations lui revenait. Ils ne repartaient pas de zéro, mais enfin c'était un début, en quelque sorte. Tetsu fut heureux de ressentir ça. Et à l'évidence, Nakamaru était dans le même état d'esprit.

Oui, mais pas faux.

Hum. Donc tu me donnerais des cours de cuisine ?

Pourquoi pas ?

Où est le piège ?

Y a pas de piège.

Un truc pareil... ca dégénérerait vite... lança Tetsu avec un sourire équivoque.

Quoi ?... Oh... Pervers !

Oh mais tout de suite... Hé, attends une petite seconde !

Oui ?

Tu as dit « marché ». Donc il y a une contrepartie ?

...

Je le savais ! S'exclama Tetsu. J'ai peur... Vas-y.

En échange... Tu m'apprends à jouer de la basse.

Mais tu as déjà un prof ! protesta-t-il.

Et il est bon. Mais ce n'est pas le meilleur.

C'est pas moi non plus.

Cause toujours... alors ?

On n'en a pas déjà discuté ? J'avais dit que je ne voulais pas... J'ai appris tout seul, par conséquent je dois certainement faire plein d'erreurs. Il vaut mieux que tu aies de bonnes bases...

C'est ça, on lui dira, s'entêta Nakamaru. Moi je veux le meilleur. Alors ?

Tu as décidé qu'en fait, tu mènerais notre couple ? S'amusa Tetsu.

Et pourquoi pas ?

Petit prétentieux... Le pire, c'est que je suis en train de me faire avoir et que je le sais.

Ca veut dire oui ? Demanda Nakamaru, les yeux brillants d'imaptience.

Comme si je pouvais te refuser quelque chose...

Youpi ! Je t'ai eu !

A mon avis, ne crie pas victoire trop vite... Je suis mauvais élève. Tu sauras jouer les yeux fermés, quand moi j'apprendrai encore à faire cuire du riz...

Mais non, ne sois pas si pessimiste. Je vais faire de toi un cuisinier de compétition.

L'espoir faut vivre, il paraît...

Tout en lui répondant, Nakamaru était venu s'installer sur ses genoux pour lui voler ça et là quelques baiser dont, il en était sûr, il ne saurait se lasser. Cet échange avait été très important, mine de rien. Leur sens de la répartie et leur humour en commun, ça avait toujours tenu une grande place entre eux. C'était la preuve de leur complicité, de leur fusion même, parfois. Ce dialogue vif qu'ils venaient d'avoir était donc le signe que les choses étaient réellement reparties. Nakamaru n'aurait pas pu être plus heureux, à cet instant. Au bout d'un moment, il remarqua de nouveau :

Tu es fatigué ?

C'est que... s'excusa Tetsu. Ma dernière nuit de sommeil réparateur remonte à... longtemps.

Pareil.

Si on allait dormir ? Désolé, ça aurait peut-être été mieux de fêter nos retrouvailles autrement... s'excusa-t-il de plus belle.

Non, c'est parfait. Je n'en espérais pas tant.

Dormir avec Tetsu. Et ce dernier qui s'en excusait ? Quelle blague ! Nakamaru était aux anges, oui ! Pas besoin d'autre chose, aujourd'hui... Tout était parfait. Vraiment parfait. Bon, Nakamaru savait bien que la perfection était quelque chose d'abstrait, mais n'empêche... C'était ce qu'il ressentait. Il n'avait besoin de rien de plus que d'être avec lui. Le reste pouvait attendre. Ils allèrent donc se coucher bien qu'il soit encore tôt, et Nakamaru se blottit contre lui, assuré de bien dormir, cette nuit.

En me réveillant ce matin, remarqua-t-il, je n'imaginais pas que la journée se finirait ainsi. Je suis... vraiment heureux.

Moi aussi...

Pardon... murmura le jeune homme à nouveau, en enfouissant sa tête dans son torse.

Arrête...

Tetsu n'était pas sadique, entendons-nous. Mais il était plutôt... pas content au sens propre du terme, mais... satisfait de ça. Pas que voir Nakamaru culpabiliser le réjouisse, mais c'était la preuve qu'il regrettait vraiment son geste. Donc la preuve aussi qu'il ne recommençerait pas. Voilà pourquoi les regrets de son amant, loin d'agaçer Tetsu, le rassurèrent... Néanmoins et parce qu'il n'aimait pas le voir mal, il l'embrassa et passa un long moment à caresser ses cheveux, avant que le sommeil ne l'emporte à son tour.