Voilà voilà, bande d'impatients, j'abrège le suspense ;-) Par contre, vous devrez patienter un peu pour le prochain chapitre, car je pars en vacances mardi.
Merci à tous ceux qui ont laissé des reviews, de nouveau ! ^^ Je vous adore !

Zoro avait fondé de gros espoirs sur sa nouvelle école, mais il était finalement assez déçu. Les cours étaient ennuyeux et difficiles à suivre. L'enfant avait développé une technique qui lui permettait de dormir en classe sans que personne ne s'en aperçoive mais malheureusement, ça ne l'aidait pas vraiment à mieux comprendre les cours. En plus, il n'avait pas d'amis, car ses camarades de classe avaient très vite commencé à se moquer de lui, en partie parce qu'il répondait souvent à côté de la plaque quand on l'interrogeait, mais aussi et surtout à cause de ses cheveux verts. Les garçons plus âgés avaient également commencé à lui chercher des noises dès le premier jour, et avaient été agréablement surpris en constatant que Zoro ne s'écrasait pas, mais au contraire se défendait bec et ongles quand on l'attaquait. A partir de là, ils avaient commencé à s'en prendre à lui de manière régulière, et le plus souvent en bande.

Ce jour-là, ils avaient été une dizaine à se jeter sur lui dès la sortie des cours, et Zoro n'avait pas fait le poids face à autant d'adversaires. Il était donc par terre, recroquevillé sur lui-même pour tenter de protéger son visage et ses parties vitales, lorsqu'il entendit un petit cri étouffé. Aussitôt, la pluie de coups s'interrompit brutalement. Levant la tête prudemment, Zoro put constater qu'un vieil homme, qui pourtant ne payait pas de mine, était en train de mettre une véritable raclée à ses agresseurs, malgré qu'il se battait à mains nues contre des individus plus nombreux et plus jeunes. Le garçonnet tenta de se relever, mais était encore bien trop endolori pour ça – il choisit donc pour finir de rester assis et de regarder la fin du spectacle. Le vieillard s'approcha bientôt de lui, et le considéra un instant d'un air indéchiffrable.

- Ça va, gamin ? demanda-t-il d'un ton bourru.

- Ou-oui, m'sieur. Merci beaucoup ! répondit Zoro, un peu nerveux.

- Où habites-tu ? Je vais te ramener chez toi. Tu n'arriveras pas à marcher tout seul, de toute façon.

Zoro voulut protester, mais force était de constater que le vieux avait vu juste : seul, il mettrait un temps considérable à boitiller jusqu'à l'immeuble de son oncle Washi. Le vieillard renifla avec dédain en le voyant tituber, puis décida arbitrairement de le soulever et de le porter sur son épaule jusqu'à destination, malgré les plaintes sonores du garçon indigné.

- Voilà, dit le vieil homme une fois arrivés à bon port. Tâche de ne plus te laisser surprendre, la prochaine fois.

- M-merci, bredouilla l'enfant tandis que l'inconnu tournait les talons.

Ce ne fut que lorsqu'il eut disparu au coin de la rue, que Zoro se rendit compte qu'il ne connaissait même pas son nom.

Il réussit néanmoins à se renseigner sur le mystérieux inconnu, en interrogeant la concierge de l'immeuble, qui lui apprit qu'il s'agissait d'un ancien Marine à la retraite, fort respecté par tous les gens du voisinage. Elle lui fournit même son adresse, et Zoro se retrouva, le jour suivant, à frapper à sa porte avec détermination.

- Encore toi ? fit le vieux Yaten après avoir ouvert la porte. Qu'est-ce que tu veux ?

- Je veux devenir l'homme le plus fort du monde ! Et je veux que vous m'appreniez à me battre ! claironna Zoro, l'air sûr de lui.

Le vieil homme lui claqua la porte au nez, mais Zoro ne se laissa pas abattre. Le lendemain, il était de nouveau là. Et le surlendemain. Et les jours suivants. Jusqu'au moment où…

- Pourquoi tu veux devenir l'homme le plus fort du monde ? soupira le vieux Yaten en s'adossant au chambranle. Pour te venger de tes petits camarades ?

- Ils l'ont bien mérité ! répondit Zoro d'une voix forte.

A nouveau, il se retrouva devant une porte close.

Quelques jours plus tard, Zoro venait de nouveau de se faire rosser par un groupe d'élèves plus âgés, et il gisait au sol, prostré. Toute la journée, il avait entendu des insultes et des moqueries concernant ses cheveux verts. « Tête de chou », « tête de laitue », « face de brocoli », « sale artichaut », « espèce de mutant »… Tout y était passé. Et Zoro en avait assez. Depuis sa naissance, les gens le jugeaient à la couleur de ses cheveux, avant même de chercher à le connaître. Qu'est-ce qu'il y pouvait, lui, si ses cheveux étaient verts ? Est-ce qu'il avait choisi ? Non ! Frappant des poings sur le sol, il laissa libre cours à sa fureur et à sa frustration.

- Un jour ! Un jour vous verrez ! articula-t-il à travers ses larmes de rage. Je deviendrai l'homme le plus fort du monde, et alors vous verrez ! Je vous prouverai à tous que je suis plus qu'un parasite, un bâtard, ou un attardé ! Et mon père… Mon père reviendra vers moi, parce que je serai célèbre. Il me suppliera de lui pardonner de m'avoir abandonné. Et je pourrai lui dire à quel point je le déteste, et que c'est sa faute si Okasan s'est suicidée. Pas la mienne : la sienne ! Et j'espère qu'il se sentira coupable toute sa vie !

Brusquement, l'enfant sentit qu'on l'empoignait par le bras, et qu'on le remettait sur ses pieds. Levant les yeux, Zoro s'aperçut qu'il s'agissait de Yaten, qui le traînait à présent sans ménagement.

- Eh ! Où vous m'emmenez ? protesta-t-il.

- Chez moi. Tu as gagné. A partir d'aujourd'hui, je vais t'entraîner. Mais tu ferais mieux de te tenir prêt, mon petit, parce que je ne compte pas te ménager !

- Sanji… Je t'aime aussi, espèce d'imbécile, avait lâché Zoro, forçant péniblement chaque mot à franchir le seuil de ses lèvres.

Le blond en resta bouche bée. Heh. Zoro avait trouvé un moyen de lui clouer le bec, visiblement. Il avait l'air encore plus stupide que d'habitude !

- Que… Quoi ? Tu… Gfuh ? Hein ? bredouilla Sanji avec éloquence, avant de retrouver le contrôle de sa langue. Tu veux dire que… Tu serais prêt à tenter le coup avec moi, alors ? Être en couple ?

- Non, répondit Zoro en croisant les bras sur sa poitrine.

- Comment ça, non ? s'énerva Sanji, se redressant à moitié dans son lit et grimaçant aussitôt de douleur.

Zoro posa une main sur l'épaule du cuistot et poussa, l'obligeant à se recoucher. Celui-ci soupira, résigné, et opta pour faire de grands gestes avec les bras à la place.

- Je t'aime, tu m'aimes. Qu'est-ce qui nous empêche d'être ensemble ?!

- Réfléchis sur le long terme, cuistot de merde, soupira Zoro. Tu veux trouver All Blue, ouvrir un restaurant, fonder une famille… Une vie paisible, en somme. Moi, je veux devenir le meilleur sabreur du monde, et combattre tous ceux qui se présenteront pour m'arracher mon titre, sans jamais être sûr de la victoire. Je pourrais mourir à n'importe quel moment. Est-ce que tu t'imagines un avenir avec moi, sachant que je disparaîtrai régulièrement, et parfois pour de longues périodes, sans que tu ne puisses jamais être certain de me revoir en un seul morceau, ou même de me revoir tout court ? Je ne veux pas t'imposer ça, stupide cuistot. Je ne veux l'imposer à personne.

- Mais… Mais c'est stupide ! fit Sanji, l'air réellement consterné. Tu veux passer le reste de ton existence tout seul, simplement parce que tu risques de mourir un jour ? Tu sais quoi ? C'est la même chose pour tout le monde ! Je pourrais mourir demain, étouffé par un os de poulet, ou empoisonné après avoir goûté un nouvel ingrédient. La vie est courte, marimo ! C'est ce qui fait tout son charme : c'est qu'elle est éphémère. Et toi, tu voudrais gâcher le temps qu'il te reste en le passant tout seul ? Si c'est vraiment ce que tu penses, alors tu es encore plus bête que ce que j'aurais cru… Même Luffy est conscient du fait que, avec la vie qu'on mène, on pourrait mourir du jour au lendemain, et qu'il faut donc profiter un maximum du temps qui nous est imparti. On a un jour eu une longue conversation sur le sujet.

- Une conversation philosophique avec Luffy ? répéta Zoro, dubitatif. Notre capitaine m'étonnera toujours… Soit. Ce n'est pas le seul problème, cuistot de merde. Tu serais prêt à former un couple avec moi, sachant que je serai absent la grande majorité du temps ? Parce que je me connais, et je sais bien que je suis incapable de rester trop longtemps au même endroit, même s'il s'agit du plus bel océan du monde. J'ai besoin de trouver sans cesse de nouveaux challenges, de nouveaux adversaires à combattre…

- Oh, et tu penses t'ennuyer sur All Blue ? ricana Sanji, moqueur. Crétin. Tous les indices que j'ai récoltés jusqu'ici semblent indiquer que cet océan est situé en plein milieu du Grand Line, et on sait tous les deux à quel point cette région peut être dangereuse et imprévisible. En plus, même sur East Blue, les pirates n'arrêtaient pas d'attaquer le Baratie. Tu crois vraiment qu'ils vont se gêner pour prendre mon restaurant pour cible ? Ce serait un peu vexant !

- Huh. C'est pas faux, fit Zoro, troublé.

- Evidemment ! renchérit Sanji avec emphase.

- Eh ! Ce n'est pas tout ! contra le sabreur, un peu vexé de voir tous ses arguments réduits à néant. Moi, je ne fais pas dans la romance. Les fleurs, les chocolats, tout ça, ce n'est pas mon style. Et si tu m'énerves, je te le dirai. Tu m'énerves la plupart du temps, de toute façon… N'espère pas que je retienne mes coups contre toi, non plus.

- Sentiment amplement partagé, marimo, gronda Sanji entre ses dents. Et si tu avais commencé à me traiter comme une fleur fragile et délicate, tout d'un coup, tu te serais pris mon pied dans les dents, de toute façon ! Je ne suis pas une fille, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué !

- Oh, crois-moi, je l'ai remarqué…

Le regard brûlant que Zoro adressa au blondinet lui fit monter le rose aux joues, et se tortiller entre ses draps. Le sabreur dut réprimer un petit sourire d'auto-complaisance. Ah ! Il allait bien s'amuser, avec Sanji…

- Alors, c'est bon ? demanda celui-ci en levant vers lui des yeux pleins d'espoir. On est en couple ?

- Ouais, ouais, grommela l'épéiste. On peut essayer, en tous cas. Si jamais ça ne marche pas, y aura plus qu'à te virer de l'équipage, et puis c'est tout.

- Ah ! J'aimerais bien te voir essayer, tiens ! le taquina Sanji, tout en se rapprochant légèrement.

- Une dernière chose : si tu commences à me demander d'être plus prudent, et à perdre les pédales dès que j'ai la moindre égratignure, ça va mal se passer, grogna Zoro en se rapprochant lui aussi.

- Oh, je n'y comptais pas ! Je sais que tu considères une bataille comme un échec tant que tu n'as pas perdu au moins deux litres de sang, plaisanta le cuistot en jetant un regard d'invitation au sabreur. Mais ça vaut pour toi aussi.

Le regard de Sanji signifiait : « Bon, et alors ? Tu m'embrasses ?! ». Et Zoro n'avait aucune raison de le lui refuser, aussi il se pencha au-dessus du lit du blessé et approcha son visage du sien avec lenteur… Mais le stupide cuistot, visiblement, ne l'entendait pas de cette oreille, et il empoigna l'épéiste par ses vêtements pour l'obliger à franchir les derniers centimètres qui séparaient leurs lèvres. Eh. Zoro allait vraiment bien s'amuser, à l'avenir, si le blondinet se montrait toujours aussi impatient ! Il imaginait déjà les possibilités… Sentant une langue lui caresser la lèvre supérieure, le sabreur revint au présent, et entrouvrit la bouche pour lui céder le passage. Le baiser devint rapidement plus intense, et plus passionné. Sanji, qui avait à présent ses deux bras autour du cou de Zoro, replia une jambe pour avoir un meilleur appui, et le second du Sunny s'empressa de poser une main sur cette cuisse offerte afin de la caresser, plus haut, toujours plus haut… Jusqu'à ce que…

- SANJIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! hurla Luffy en se jetant sur le lit comme un boulet de canon. J'ai entendu des voix, alors j'ai su que tu étais réveillé ! PREPARE-MOI DE LA VIANDE !

- Triple idiot ! gronda Zoro en repoussant l'homme-caoutchouc. Tu vois bien qu'il est encore blessé, qu'est-ce qui te prend de te jeter sur lui comme ça ?!

- Hey ! Qu'est-ce que j'ai dit, si jamais tu me traitais comme une petite fleur fragile ? protesta Sanji, vexé.

- Shishishi ! Je suis content de voir que vous vous êtes réconciliés, en tous cas ! fit Luffy avec bonne humeur. Alors c'est bon, je peux annoncer aux autres que vous êtes ensemble ?

Sanji et Zoro échangèrent un regard perplexe, avant de hausser les épaules.

- OUAIS ! bondit Luffy. Je vais vite leur annoncer la bonne nouvelle, alors !

Et sur ces bonnes paroles, il repartit aussi vite qu'il était venu. Après avoir complètement pourri l'ambiance. Abruti de capitaine…