Disclaimer : Tous les personnages et les lieux que vous connaissez appartiennent à JK Rowling et à la Warner Bros. Seuls le scénario, Cloé, et quelques autres persos que vous n'avez sûrement pas remarqués sont à moi.

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Note de l'auteur : Salut tout le monde, et merci pour vos reviews ! Les observateurs auront remarqué qu'il y a désormais une couverture pour cette fic (la petite image à côté du titre), et que j'ai changé d'avatar. Pour info, mon nouvel avatar est tel que j'imagine le blason de la famille Potter dans cette fic. Vous en pensez quoi ? Bon, pour en revenir à l'histoire elle-même, voici enfin le chapitre que vous attendiez tant (et je pèse mes mots ^^), alors trêve de blabla et bonne lecture !

RàR anonyme : Merci à toto32000 pour sa review et ses encouragements.


Chapitre 55 : Trois semaines et pas un mot en réponse


Alors comme ça il n'y a pas que les Potter de sang qui peuvent lancer le Dragon, hein ? fit Daphné d'un air sournois.

— Bien entendu que non, tout le monde peut le lancer, c'est juste qu'on est les seuls à savoir comment faire. Mais avec un bon prof, c'est possible. Autrement dit, si tu connais un Potter disposé à te l'apprendre, il n'y a aucun problème.

— D'accord. Pourquoi tu lui as appris quelque chose d'aussi… radical ?

— Ginny m'a demandé de lui apprendre à se défendre, répondit Harry en haussant les épaules. C'est le meilleur moyen que je connais.

— Tu crois que je pourrai l'apprendre, un jour, Harry ? lui demanda timidement Cloé.

— Évidemment que je vais te l'apprendre, mais dans quelques années. En attendant, il va falloir me prouver que tu sais te débrouiller avec ta baguette.

— Hé ! J'ai plus de quatre-vingt pour cent de bonnes réponses dans toutes les matières, à part en Métamorphose, et j'ai toujours eu tout bon en Défense !

— J'espère bien, tu es ma sœur, quand même, répondit Harry en lui faisant un grand sourire.

Il savait déjà que Cloé se débrouillait plutôt bien au niveau scolaire, mais il n'aurait pas cru qu'elle était aussi performante. Elle devait être la meilleure élève de son année, et il ne sentait pas qu'un peu fier de constater sa réussite.

— Harry, tu sais comment vont réagir la plupart des gens en apprenant qu'une Weasley sait lancer un sort jusque là réservé à la famille Potter ? demanda Daphné.

— Ils vont encore s'imaginer qu'on sort ensemble, je suppose. Rien de nouveau, quoi.

— Je dirais plutôt que les gens vont réaliser que tu as l'intention de la faire rentrer dans la famille, si tu veux mon avis.

— Ce qui est totalement faux, répliqua fermement Harry. Bon, ce n'est pas tout ça, mais quelle heure il est, exactement ? Je commence à avoir faim.

— Il est presque midi, l'éclaira sa sœur, je vais retourner à la salle commune avant d'aller manger. Au fait, Harry, je pourrai être témoin à votre mariage ?

Il eut à peine le temps de se tourner vers elle qu'elle refermait déjà le tableau derrière elle en éclatant de rire, suivie en cela par Daphné.

— Je crois que je vais devoir me contenter d'être demoiselle d'honneur, alors. Tant pis, je m'en remettrai avec le temps, renchérit-elle avec un soupir à fendre le cœur très bien imité.

Un peu plus, et elle essuierait une larme…

— Bon, tu viens, on va manger, au lieu de raconter des idioties.

— Qu'est-ce que tu étais venu faire dans ta chambre, d'ailleurs ? J'aurais cru que tu aurais amené Weasley se reposer avec toi, mais pourquoi tu n'es pas allé directement à la salle commune si elle restait à l'infirmerie ?

— Je voulais prendre la Carte du Maraudeur pour chercher Weasley, expliqua Harry.

— Ah oui, c'est vrai, ta petite amie t'avait donné un message pour son frère. Depuis quand tu es soumis au point de jouer au hibou ?

— Soumis ? Moi ?!

— Oh, non, excuse-moi, ce n'est pas le bon mot, se reprit Daphné avec un sourire machiavélique alors qu'ils passaient la porte de la Grande Salle. On dit "amoureux" dans ton cas, c'est vrai.

Harry se figea sur place, hésitant à en croire ses oreilles. Alors, celle-là, on ne la lui avait pas encore faite. On avait déjà inventé que Ginny lui plaisait –ce qui n'était pas totalement faux–, qu'il voulait sortir avec elle –là encore, c'était plus récent mais il y avait des fondements–, même qu'il comptait l'épouser –d'où ça venait, déjà, cette idiotie, il n'en savait rien–, mais qu'il soit amoureux, ça, il y avait jusqu'ici échappé. Inutile de dire que ça ne lui avait pas manqué, loin de là.

— Qu'est-ce qui te prend de raconter des imbécilités pareilles ?

— Arrête de faire semblant, Harry. Tu es raide dingue d'elle et tu le sais, sinon tu n'aurais pas fait la moitié de ce que tu as fait pour elle aujourd'hui. Je ne pensais pas que tu pouvais risquer Azkaban pour qui que ce soit d'autre que pour ta sœur. Rien qu'à voir la réaction que tu as eue en apprenant qu'elle avait été attaquée par Greyback, c'est évident. Bon sang, tu lui as même enseigné le Dragon, si ce n'est pas une preuve, ça !

— Justement, tu te trompes, Daphné, j'aurais fait exactement la même chose pour Drago ou pour toi, objecta Harry en recommençant à avancer vers sa table.

— Non, pour Drago ou moi, tu aurais attendu qu'il n'y ait plus personne pour nous soigner discrètement. Quitte à prendre le risque que les blessures se soient aggravées entre-temps. Pas la peine de nier, Harry, je te connais. Même ta sœur s'en est rendu compte !

— Ah, vous voilà enfin ! les interrompit Drago quand ils s'assirent à côté de lui. Alors, Harry, qu'est-ce qui s'est passé à Ste Mangouste ?

Harry bénit son meilleur ami et sauta sur l'occasion pour changer de sujet. Il raconta donc tout à Drago, expliquant du même coup à Daphné ce qu'il avait fait après avoir quitté la chambre de Ginny. Il remarqua parfaitement le sourire qu'ils eurent tous les deux quand il leur dit qu'il avait fallu que Ginny retire ses bandages pour qu'il puisse utiliser son contre-sort.

— Alors, Harry, c'est aussi bien que ça en a l'air, là-dessous ? demanda Drago.

— Franchement, tu crois vraiment que c'est mon genre de profiter de la situation comme ça ? J'avais autre chose à foutre, je te signale ! s'énerva Harry.

— C'est bon calme-toi, je suppose que tu l'as soignée sans regarder où elle était blessée, après tout. Et Harry, oui, c'est ton genre d'en profiter pour te rincer l'œil.

Harry ne répondit pas et ne dit d'ailleurs plus rien pendant le reste du repas, malgré les différentes relances de ses amis. Il avait la désagréable impression que s'il parlait, ce serait pour leur dire quelque chose qu'il regretterait. Ils commençaient sérieusement à devenir insupportables. Après manger, ils passèrent tous les trois une bonne partie de l'après-midi à réviser, motivés en cela par Daphné, et le reste à aller jouer un peu au Quidditch. Le soir, après le dîner, Harry ouvrit la Salle-sur-Demande et resta un moment à la fête avant de s'éclipser discrètement, se rendant à l'infirmerie. Ou plutôt, "s'infiltrant" dans l'infirmerie aurait été un terme plus exact.

Il s'approcha du lit de Ginny, le seul occupé dans la salle. Il fut déçu de voir qu'elle semblait endormie, mais pas excessivement étonné, maintenant qu'il y pensait : puisque les visites n'étaient plus autorisées à cette heure, en théorie, il ne restait plus à la jeune femme grand-chose d'autre à faire, d'autant plus que ses affaires étaient toujours chez elle. Il s'apprêtait à s'en aller, décidé à revenir le lendemain avant qu'elle ne parte, quand elle se tourna dans son sommeil. Elle ouvrit ensuite les yeux, et sursauta violemment en voyant qu'elle n'était pas seule :

— Harry ? Tu m'as fait peur, qu'est-ce que tu fais là ?

— À ton avis ? Je suis venu voir comment tu vas, bien sûr.

— Tu es bien placé pour savoir que mes brûlures vont parfaitement bien, sourit-elle en se redressant dans son lit. Regarde, Madame Pomfresh m'a même enlevé tous mes bandages. Je pourrais sortir, mais elle insiste pour me garder en observation pour la nuit.

— Je ne parlais pas de ça, répondit Harry en s'asseyant sur une chaise qui trainait à côté du lit.

Ginny perdit immédiatement son sourire et Harry vit qu'il avait deviné juste : elle était encore profondément choquée par ce qui lui était arrivé la veille.

— Comment tu fais, Harry ?

— Pour quoi ?

— Je veux dire, hésita-t-elle, toi aussi tu as… tu as… tué quelqu'un.

C'était donc ça le problème, songea Harry. Il aurait dû s'en douter, il savait parfaitement qu'elle était beaucoup plus sensible qu'il ne le serait jamais, ce qui n'était d'ailleurs pas bien difficile.

— Ginny, tu n'avais pas le choix, c'était toi ou lui. Je connais Greyback de réputation, et crois-moi, Ginny, tu n'as absolument rien à te reprocher.

— Mais…

— Tu m'as demandé comment je faisais, coupa Harry. Eh bien à chaque fois que je me sens coupable, je me rappelle de ce qui se serait passé si Nott était toujours là.

— Et qu'est-ce qui se serait passé ?

— Pas difficile à imaginer, il a passé la moitié du duel à me raconter ce qu'il comptait faire à Cloé. Et à toi, ajouta-t-il après un instant de réflexion.

— Ne me fais pas de dessin, ce n'est pas la peine, frissonna-t-elle, avant que les larmes commencent à couler de ses yeux. Mais pour Greyback, il ne serait rien arrivé, je serais juste devenue un loup-garou, je…

— Ça, je n'en suis pas si sûr. Toutes les victimes de Greyback ne sont pas retrouvées mordues, si tu vois ce que je veux dire. Ginny, je te l'ai dit, tu n'avais pas le choix.

— Si, j'aurais pu le stupéfixer, ou…

— Arrête, Ginny, tu sais très bien qu'un loup-garou transformé est aussi dur à immobiliser magiquement qu'un troll. Il fallait bien un sort aussi puissant que le Dragon pour qu'il le sente passer. Et un Dragon très réussi, à mon avis.

— Ne le prends pas comme ça, Harry, il est mort ! Et c'est uniquement à cause de moi !

Elle éclata ensuite en sanglots, et Harry n'hésita qu'une demi-seconde avant de s'asseoir juste à côté d'elle sur son lit et de la prendre dans ses bras. Elle essaya instantanément de se dérober, mais il la serra un peu plus fort contre lui.

— Tu peux me pousser autant que tu veux, Ginny, je ne te laisserai pas. Et si Greyback est mort, ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas de ta faute s'il a décidé de t'attaquer, mais de la sienne. Pas de ta faute non plus si Ste Mangouste ne sait pas soigner le Dragon, ou si le sort a mal réagi avec la lycanthropie. Ça, ce serait plutôt le Potter qui a inventé ce maléfice qui est responsable. Toi, tout ce que tu as fait, c'est te défendre alors que tu risquais de mourir, Ginny. Alors rentre-toi ça dans le crâne : tu n'as rien fait de mal.

— Comment peux-tu encore accepter de me parler après ce que j'ai fait ?

— Peut-être parce que je suis exactement pareil ? Comme tu l'as dit tout-à-l'heure, j'ai déjà tué quelqu'un. Et c'était parfaitement volontaire, contrairement à toi hier, Ginny. S'il y a quelqu'un qui a une raison d'avoir mauvaise conscience, ici, c'est moi.

— Tu faisais ça uniquement pour protéger Cloé, ce n'est pas pareil.

— Et toi, tu as fait ça pour te protéger toi, sans même savoir à quel point tu allais le blesser. Explique-moi en quoi c'est différent, vas-y.

Ginny ne dut rien trouver à répondre, et Harry continua à la bercer alors qu'elle se calmait progressivement. Les pleurs de la jeune femme finirent par s'estomper complètement, mais Harry ne cessa pas pour autant de passer sa main dans ses cheveux, vaguement conscient qu'elle ne dormait pas, vue la façon dont il l'entendait respirer.

— Est-ce que ça t'arrive de rêver de… de ton duel, Harry ? chuchota-t-elle au bout d'un moment.

— Non, répondit-il sincèrement. Par contre, de ce qui serait arrivé si jamais il était revenu…

— Tu ferais n'importe quoi pour Cloé, pas vrai ?

— Bien sûr, c'est ma petite sœur, acquiesça-t-il en fronçant légèrement les sourcils. Dis, tu te rappelles la fois où tu m'as dit qu'il serait temps de me rendre compte qu'il n'y a pas que Cloé qui tient à moi ? demanda-t-il brusquement.

— Euh, oui, vaguement, pourquoi ?

— Parce que ça marche dans l'autre sens, aussi.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? interrogea-t-elle, perplexe.

— Qu'il serait temps que tu te rendes compte que je tiens aussi à d'autres personne que Cloé, lâcha-t-il.

— Écoute, Harry, je…

— Non, je ne suis pas venu pour te demander une réponse en avance. Je voulais juste que tu saches qu'il m'arrive aussi d'être supportable avec des gens autres que Cloé, c'est tout.

— J'étais déjà au courant, Harry, sourit-elle en s'écartant un peu de lui.

— Il y a des fois, j'ai un doute.

Quand il croisa son regard, Harry ne put résister à la tentation et se pencha pour déposer une bise sur ses lèvres en lui soufflant un "bonne nuit". Il se leva ensuite pour partir, avant qu'elle ne réalise vraiment ce qu'il avait fait et qu'elle ne se décide de lui mettre une gifle –ou de lui jeter un sort, il en avait fait l'expérience et c'était rarement plus agréable. Aussi, quand elle le rappela juste quand il posait la main sur la poignée de la porte, il s'attendit au pire :

— Oui ? répondit-il sans se retourner.

— Merci d'être passé me voir, j'avais vraiment besoin de quelqu'un.

— À ton service, jolie Ginny. À demain.

— Oui, à demain, Harry.

-~~O~~-

— Alors, Harry, où tu étais passé ? lui demanda Daphné dès son retour à la Salle-sur-Demande.

— J'étais passé voir ma sœur, j'avais un truc ou deux à lui dire.

— Vraiment ? La même sœur qui s'est encore débrouillée pour s'incruster ici depuis une bonne heure et demie ? fit-elle innocemment.

— QUOI ? s'étrangla Harry en regardant tout autour de la salle. Où est-elle ? Elle m'avait juré qu'elle ne mettrait plus les pieds ici. Si je l'attrape, celle-là…

— Je n'arrive pas à croire qu'il se soit fait avoir aussi facilement, entendit-il la voix amusée de Drago derrière lui.

— Et dire que je croyais que Harry Potter était intelligent, renchérit une autre voix, plus jeune.

Harry réalisa alors qu'il s'était fait piéger et maudit sa paranoïa, à chaque fois que sa sœur était concernée. Bon sang, ce n'était simplement pas possible de se faire avoir comme un bleu comme ça !

— Je suppose que vous n'avez jamais vu Cloé ? demanda-t-il quand même confirmation en se tournant vers ses amis.

— Bien sûr que non, et si tu avais vraiment été avec elle tout ce temps, tu n'en aurais jamais douté.

— Alors dis-nous, qu'est-ce que tu lui as dit, à ta petite Weasley ? s'enquit Drago.

— J'espère que vous n'avez pas parlé, en plus, parce qu'avec ta réputation, j'aurais cru que tu durerais plus longtemps que ça, lança Astoria. Ou alors, Daphné exagérait quand elle parlait de tes performances.

— Je te demande pardon ? Mais tu peux vérifier ses dires quand tu veux, Greengrass, quand tu veux. Tu verras ce qu'elles valent, mes "performances".

— Vous le dites, si on vous dérange, avec Daphné, intervint Drago en plaçant sa main sur les épaules de sa petite amie d'un air possessif.

Harry foudroya encore un peu du regard la jeune Greengrass pour la forme, puis détourna les yeux sous peine d'éclater de rire. Drago avait pioché un sacré morceau, en tout cas, il n'y avait pas que physiquement que Harry l'avait fait gagner au change en le débarrassant de Parkinson.

— Alors, Harry, raconte nous.

— Si vous voulez vraiment savoir, Ginny s'en veut d'avoir débarrassé le monde de Fenrir Greyback.

— Et toi, qu'est-ce que tu penses du fait d'avoir une tueuse sanguinaire comme petite amie ? plaisanta à moitié Drago.

— Ce n'est pas ma petite amie, mais j'aurais fait exactement la même chose si j'en avais eu l'occasion. Je lui aurais simplement laissé le temps de me dire le nom de son complice.

— Celui ou celle qui a jeté l'Impérium à Weasley ? comprit Daphné. Les Aurors n'ont aucune piste ?

— Non, ça fait des années que le Bureau des Aurors essaie de les coincer. Mais crois-moi, si jamais j'apprends qui étaient ces types, même Azkaban ne les protégera pas.

— Dites, on pourrait parler d'autre chose ? fit Astoria, mal-à-l'aise. C'est censé être une fête, pas un dîner d'Aurors en herbe.

— Désolé de t'apprendre que contrairement à l'opinion la plus répandue, tu ne sors pas seulement avec le plus grand dragueur de l'école, ma belle, mais avec un gars capable d'être sérieux de temps en temps, se vanta Drago.

— Deuxième plus grand dragueur, vieux, corrigea Harry, seulement deuxième.

— J'attends toujours que tu prouves que tu peux réussir là où j'ai échoué, pour ça.

Ça, Drago, ce n'est plus qu'une question de temps, se dit Harry, sans rien laisser paraître sur son visage.

-~~O~~-

Le lendemain, Harry arriva plus tôt qu'à son habitude dans la Grande Salle, pour un dimanche –autrement dit, le petit déjeuner y était encore servi, même si on devait approcher de la fin du service. Il eut cependant à peine le temps de préparer ses toasts que Dumbledore s'arrêtait près de lui :

— Mr Potter, voulez-vous bien venir dans mon bureau, maintenant si possible ? invita-t-il, son ton ne laissant aucun doute à son Préfet-en-Chef sur la latitude qu'il avait dans ce choix.

— Très bien, je vous suis, directeur.

Dumbledore voulait probablement encore le voir pour savoir s'il avançait dans l'organisation de sa soirée de fin d'année. Harry avait vu Goldstein et Susan à ce sujet la veille, et leur avait demandé de passer le voir dans la semaine pour qu'ils puissent commencer à y réfléchir. Au pire, si Dumbledore voulait vraiment savoir ce qu'il avait prévu, il n'aurait qu'à inventer sur place. Le vieux fou n'en serait que plus surpris, ça lui apprendrait à essayer de piéger Harry Potter. Il en était là de ses pensées quand il entra dans le bureau directorial à la suite de l'actuel résident, et qu'il se figea sur le seuil.

Il y avait foule dans le bureau exigu, ce qui contredisait sa première idée sur la raison qui avait conduit Dumbledore à le convoquer. Harry vit d'abord Tonks, qui était cette fois en compagnie de son collègue Shacklebolt, avant de remarquer le guérisseur Prince, l'idiot qui avait essayé d'empêcher Harry de soigner Ginny. Celle-ci était d'ailleurs présente et lui sourit nerveusement en le voyant, tandis que les parents Weasley discutaient avec McGonagall, dos à la porte. Vue l'assemblée, Harry crut deviner la raison de sa présence, et finalement il aurait préféré se faire harceler à propos du festin de fin d'année.

— Salut, Ginny ! entama-t-il avec une joie feinte. Comment tu vas depuis hier ?

— Très bien depuis que mes brûlures sont guéries, sourit-elle en regardant Prince d'un air sournois.

— Messieurs les Aurors, arrêtez ce jeune homme, il a enlevé ma patiente pour lui lancer des sorts interdits ! se plaignit immédiatement ce dernier.

— Allons, allons, que tout le monde se calme ! intervint puissamment Dumbledore. Maintenant que toutes les personnes concernées sont présentes, nous allons tirer tout cela au clair. Auror Shacklebolt, à vous l'honneur.

— Bien, commença le susnommé de sa voix profonde caractéristique. Nous sommes ici à la suite de l'hospitalisation de Miss Weasley et de son départ… peu conventionnel de Ste Mangouste. Miss Weasley, avez-vous à un moment ou à un autre été emmenée quelque part contre votre volonté ?

— Bien sûr que non, j'ai accepté une bonne dizaine de fois d'aller avec Harry avant de partir.

— Ton père et moi t'avions interdit de partir ! la sermonna sa mère avant de se tourner vers les Aurors. Elle est encore mineure, il n'avait aucun droit de l'enlever sans notre permission !

— C'est marrant, je ne me rappelle pas avoir entendu Mr Weasley interdire quoi que ce soit, fit pensivement remarquer Harry.

Cela provoqua un nouvel accès de cris de la part de la matriarche, tantôt à son encontre, tantôt à l'intention de son mari qui tentait de la calmer. Il eut le temps d'échanger un sourire amusé avec Ginny avant que Dumbledore ne provoque un grand bruit d'explosion pour ramener le silence.

— Légalement, si Mr Potter avait l'accord préalable de Miss Weasley, il n'a rien fait de mal. Oui, même si elle est encore mineure, Molly, ajouta Shacklebolt d'une voix un peu plus forte pour couper aux protestations.

— Mais…

— Arrête, maman, tu ne crois pas que tu devrais le remercier, plutôt ? Regarde-moi, je n'ai plus rien, même pas un pansement ! Si j'étais restée à l'hôpital, je serais restée une momie le reste de ma vie, alors je ne vois vraiment pas ce que tu reproches à Harry.

— Il vaut mieux ça qu'utiliser la magie noire ! insista encore sa mère, butée jusqu'au bout.

— Je vous demande pardon ? intervint Tonks qui n'avait rien dit avant cela. Qui a utilisé de la magie noire ?

— Lui, accusa Prince en montrant Harry du doigt. Il a avoué lui-même que son prétendu contre-sort relevait de la magie noire.

— Vraiment ? Je ne me rappelle pas avoir dit ça, c'est bizarre.

Harry se doutait que son mensonge risquait fortement de ne pas passer avec autant de témoins capables de le percer à jour, mais au moins ça allait les faire tous discuter un moment pendant qu'il réfléchissait. Il n'aurait jamais cru que les Weasley seraient assez stupides pour porter plainte contre lui après qu'il ait sauvé la vie de leur fille. Heureusement pour eux qu'il avait toujours une dette envers eux pour ce qu'ils avaient fait pour Cloé, sinon il ne savait pas ce qu'il leur aurait fait.

— Comment ? N'essayez pas de mentir, jeune homme, je vous ai entendu moi-même !

— Vous avez dû mal entendre, je parlais du sort avec lequel Ginny a été touchée, mentit Harry sans hésiter, pas de celui avec lequel je l'ai soignée. Ce n'est pas tout ça, mais je peux y aller, maintenant qu'il est clair que je n'ai rien fait d'illégal ?

— Bien entendu, vous pouvez partir tous les deux, vous et Miss Weasley.

— Minute, jeune homme, l'arrêta le guérisseur. Puisqu'apparemment Miss Weasley est réellement guérie, je vous somme de me dire ce que vous avez fait. Ce sort est peut-être interdit, mais je pourrai en créer un autre qui soit autorisé et qui ait les mêmes effets, si je pouvais l'étudier.

— Vous pouvez toujours essayer, mais il faudrait pour ça que vous connaissiez le Dragon en profondeur, ce qui n'est malheureusement pas le cas.

— Excusez-moi, mais je suis un expert reconnu dans ce domaine ! J'ai travaillé sur toutes les victimes de ce maléfice ces vingt dernières années, j'ai lu absolument tous les livres où il n'est ne serait-ce que mentionné ! Personne ne connait mieux ce maléfice que moi !

En entendant cela, Harry ne put s'en empêcher, il éclata de rire. Franchement, ce type devait être complètement cinglé pour dire une ineptie pareille en présence d'un Potter. Eh bien il allait apprendre qui était "l'expert reconnu" dans cette pièce, foi de Harry Potter.

— Vous pouvez avoir lu autant de livres que vous voulez, il n'y en a qu'un qui explique en détails le fonctionnement du maléfice du Dragon.

— Vraiment, Mr Potter ? s'étonna le directeur. J'ignorais qu'un tel ouvrage existait. Comment s'intitule-t-il, si ce n'est pas trop demander ?

Le Journal d'un Sorcier trahi, par Aymeric Potter. Ne le cherchez pas dans aucune librairie, c'est une édition unique, qui se trouve être en ma possession.

— Oh, oh, voilà un nom que je n'ai pas entendu depuis bien longtemps ! Alors comme ça, tu as enfin trouvé son journal, Potter ? Est-ce que tu l'as lu en entier ?

Tous sursautèrent en se tournant vers l'étagère d'où provenait cette voix. Même Dumbledore resta ensuite abasourdi en constatant qu'elle n'appartenait à nul autre que le Choixpeau magique, que Harry n'avait jamais entendu s'exprimer en dehors de la Répartition –en même temps, il faisait de son mieux pour venir dans ce bureau le moins possible, donc ceci expliquait peut-être cela.

— Je ne vois pas en quoi ça regarde un vieux chapeau racorni, rétorqua Harry avec insolence.

— Même un vieux chapeau racorni disposant de tous les souvenirs de la vie de Godric Gryffondor ? Il me les a offerts quand lui et les autres fondateurs m'ont doté d'un cerveau et du don de Légilimancie, mais tu connais déjà l'histoire, n'est-ce-pas ?

Harry tiqua à cela, faisant de son mieux pour ne pas montrer ouvertement sa surprise ou son appréhension. Le Choixpeau n'allait quand même pas révéler son ascendance ici, comme ça ? Harry voulait que cette vérité sorte quand il l'aurait décidé, pas avant. Et surtout, il voulait être là pour voir l'horreur envahir le visage de son père quand il l'apprendrait.

— Ne t'inquiète pas, héritier d'Aymeric, ton secret est en sécurité avec moi, poursuivit le Choixpeau. Cependant, j'ai très envie d'avoir une longue discussion avec toi, je suis certain que cela s'avérerait… intéressant.

— Peut-être un autre jour, alors, dit fermement Harry, je n'en ai ni le temps ni l'envie pour l'instant. En tout cas, Prince, vous pouvez toujours courir pour que je vous montre ce contre-sort.

— Aurors, il est en train de retenir des informations qui peuvent potentiellement sauver des vies ! se récria le guérisseur. Il doit bien exister une loi qui interdit ça !

— Malheureusement pas à ma connaissance, répondit Tonks, même si d'un point de vue moral, c'est totalement abject de laisser des gens mourir quand on sait comment les sauver.

Elle avait bien entendu dit cela en lançant un regard noir à Harry, qui s'en moquait royalement. La personne qui le ferait culpabiliser n'était pas encore née, et il y avait peu de chances qu'elle naisse un jour.

— Voyons les choses de ce point de vue : le maléfice du Dragon est fait pour tuer, pas la peine de se leurrer là-dessus. Et comme les seuls à le connaître, ou presque, sont des Potter, ceux qui le reçoivent sont logiquement des ennemis de la famille. Tu peux m'expliquer pourquoi je voudrais soigner des ennemis de ma famille ?

— Tu as dit " presque", Potter, fit-elle remarquer. Qu'est-ce que tu en penserais si quelqu'un n'ayant rien à voir avec ta famille apprenait ce sort et blessait quelqu'un avec ?

— Aucun risque. En un millénaire d'existence, il n'y a eu qu'une personne n'étant pas de ma famille qui a appris à le lancer, et elle est dans cette pièce en ce moment. Et pourtant, Ginny est loin d'être la première à avoir essayé, je vous le garantis. Arrêtez d'essayer de me convaincre, rien ne m'oblige à apprendre ce contre-sort à qui que ce soit, et je n'en ai pas l'intention.

— Mais… commença à protester Prince.

— Bonne journée à vous tous, vous m'excuserez mais j'ai plus intéressant à faire que de me faire traiter de mage noir pas des gens qui ne savent pas de quoi ils parlent. Au revoir.

Il se retourna et passa la porte avant que quiconque n'ait pu le retenir, profitant du fait qu'il ne s'était jamais vraiment éloigné de l'entrée pour sortir sans que personne n'ait eu le temps de l'en empêcher. Il n'avait aucune envie de continuer une conversation sur le Dragon avec ces personnes, surtout en présence du Choixpeau Magique. Qui savait ce que pouvait raconter le vieil artefact à propos d'Aymeric ? Il avait bien dit que le secret de son ascendance ne risquait rien, mais Dumbledore était suffisamment retors pour lui soutirer des informations qu'il préférerait garder secrètes.

Harry marcha d'un pas vif, réfléchissant à un moyen de trouver les responsables de l'attaque sur Ginny. Il n'avait pas pris le temps d'y penser la veille, mais maintenant qu'il était complètement débarrassé de son inquiétude pour Ginny, il pouvait réfléchir clairement. Depuis le temps qu'il entendait son père s'en plaindre, il savait parfaitement que Greyback et sa petite bande n'auraient jamais pris le risque de s'attaquer à Ginny sans une bonne raison. Ou plus exactement, quelques dizaines de milliers de bonnes grosses raisons dorées.

Il ne s'arrêta qu'une fois arrivé dans la salle commune de ses appartements, alors qu'il faisait mentalement la liste des gens suffisamment riches qui étaient susceptibles de rentrer en contact avec Greyback, et d'avoir une raison d'en vouloir à Ginny à ce point. Harry eut un ricanement de dérision en ayant cette pensée, de qui se moquait-il ? Il n'y avait aucune chance que Ginny, ni aucun Weasley d'ailleurs, ne se soit fait un ennemi aussi puissant. Ce qui amenait donc logiquement la question suivante : lequel, parmi ses riches et puissants ennemis personnels, lui en voulait assez pour engager Greyback afin de s'en prendre à une de ses amies ?

— Ah, Harry, je savais bien que tu serais là ! entendit-il venant de l'entrée.

Il tourna les yeux pour voir Ginny entrer et porter une main à sa poitrine en grimaçant.

— Qu'est-ce qui t'arrive ? s'inquiéta-t-il. Ça te brûle encore ?

— Non, ce n'est rien, juste les griffures de loup-garou qui me lancent de temps en temps. Madame Pomfresh m'a dit que ça passerait d'ici quelques semaines, même si je garderai sans doute les marques.

— Qu'est-ce qui s'est passé quand je suis parti ?

— Pas grand-chose, haussa-t-elle les épaules en s'asseyant en face de lui. Prince a encore un peu râlé après toi, mais il est vite parti en voyant qu'il ne pouvait rien faire. Après, les Aurors ont dit qu'ils voulaient nous poser des questions séparément, donc mes parents sont partis avec l'un deux, et l'Auror Tonks m'a posé quelques questions dans le bureau. Quand elle m'a enfin laissé, je suis venue directement ici.

— Elle voulait savoir quoi ?

— Si je n'avais rien oublié, si je me rappelais d'autre chose depuis hier. Ah, et un truc bizarre, aussi : elle m'a demandé si je connaissais quelqu'un qui m'en voulait au point d'essayer de me tuer. C'était comme si elle cherchait qui m'avait attaquée, mais c'est idiot, non ?

— Bizarre, comme tu dis, répondit pensivement Harry.

Au moins, il avait la confirmation de ce qu'il pensait : le Bureau des Aurors n'était pas dupe et recherchait bien celui qui avait payé Greyback. Avec un peu de chance, la mort du chef rendrait les complices plus faciles à coincer, mais il en doutait.

— Bon, je ne sais pas pour toi, changea-t-il de sujet d'un ton plus enjoué, mais je n'ai pas eu le temps de manger ce matin, à cause de Dumbledore. On y va ?

— Excellente idée, ça m'occupera l'esprit, accepta-t-elle en se levant. Par contre, on doit être juste pour le début du déjeuner. J'en profiterai pour montrer à Ron que je suis sortie.

— Oui, fais ça. Et si tu pouvais lui faire gentiment remarquer que tu es encore entière et qu'il n'y a pas besoin de mobiliser la moitié du Bureau des Aurors, ce ne serait pas de refus.

— Ah, oui, désolée pour ça, mais je ne crois pas que Ron y soit pour quelque chose, cette fois.

— Vraiment ? douta-t-il. Je pense plutôt qu'il serait capable de n'importe quoi pour essayer de m'attirer des ennuis.

— Je ne sais pas, il est… bizarre, en ce moment.

— Bizarre dans quel sens ?

— Eh bien, ne le prends pas mal, mais ça doit faire plusieurs semaines qu'il ne t'insulte plus quand on parle de toi, y compris quand Cloé n'est pas dans les parages. Je l'ai même entendu te faire un compliment, l'autre jour ! D'accord, c'était à propos du Quidditch, mais quand même, tu ne trouves pas ça étrange ?

Harry mit quelques instants à enregistrer ce que son amie venait de dire. Weasley, le complimenter ? Il y avait quelque chose qui clochait avec le rouquin. Ils s'étaient pour ainsi dire haïs mutuellement dès le premier jour d'école et leur rencontre dans le Poudlard Express, alors que Harry parcourait le train à la recherche de gens convenables avec qui passer du temps. Weasley n'avait apparemment pas apprécié qu'il lui demande pourquoi il portait les vêtements de sa petite sœur –vu les chevilles qui dépassaient du pantalon du rouquin, le doute était légitime– et cela avait posé les bases de leur relation à Poudlard.

À moins que ce ne soit parce que Harry, contrairement à lui, avait réussi à teindre son rat en jaune du premier coup, et qu'il avait malencontreusement oublié de le faire revenir à la normale ? Quoiqu'il en soit, leur animosité mutuelle n'avait jamais faibli, même à la fin de l'année dernière, quand Harry avait empêché Zabini de s'en prendre à lui et à Granger. Si c'était possible, le fait d'avoir une dette envers lui avait encore plus dégoûté Weasley, donc qu'est-ce que c'était que cette histoire de ne plus profiter de la moindre occasion pour l'enfoncer ?

— Si tu veux mon avis, ou bien ton frère est encore plus cinglé que je le croyais, et crois-moi, c'est difficile, ou bien il a décidé de suivre ses tendances féminines et il veut lui aussi sortir avec moi, plaisanta-t-il. À part ça, je ne vois pas.

— Idiot, sourit-elle, en lui frappant légèrement l'épaule. Allez, viens manger, au lieu de dire des bêtises plus grosses que toi.

–~~O~~–

Afin d'avoir la paix, Ginny décida de ne pas retourner chez elle, y faisant seulement un bref passage pour récupérer ses affaires. En tout cas, c'était la raison qu'elle avait donné à Harry, tandis que la plupart des gens croyaient que c'était pour des raisons médicales. Heureusement qu'il n'avait pas un égo surdéveloppé, ou il aurait pu penser qu'elle était restée uniquement pour lui, surtout au vu du temps qu'ils passèrent ensemble pendant la seconde semaine de vacances. En fait, pratiquement tous les soirs, elle s'invitait dans son appartement, tout comme Drago et les deux sœurs Greengrass.

Officiellement, Drago venait juste pour pouvoir retrouver sa petite amie en-dehors d'une de leurs salles communes respectives, mais il arrivait fréquemment à Harry d'en douter. À chaque fois qu'il croisait le regard narquois de son meilleur ami, pour être précis. Si on ajoutait Daphné, Astoria et Cloé, Ginny était la seule personne à qui Harry parlait régulièrement qui n'avait pas ce petit sourire en coin qu'il détestait totalement quand ce n'était pas lui qui l'arborait. Ce qui, quand on connaissait leurs raisons, n'avait rien d'étonnant.

Ces rencontres journalières eurent au moins le mérite de confirmer à Harry ce qu'il savait déjà : que Ginny allait à coup sûr accepter dès qu'elle se serait décidée à arrêter de le faire languir. Si ce qu'elle avait sous-entendu à propos de son frère était vrai, elle n'avait même pas à s'inquiéter de sa réaction, mais il craignait quand même qu'elle soit capable d'inventer une nouvelle excuse pour repousser l'inévitable. Cette fois, il n'était pas certain de l'écouter, et il n'avait pas envie de devoir parlementer pour sortir avec elle –il était Harry Potter, il avait une fierté quand même !

Comme il avait promis de la laisser en paix jusqu'à la fin des vacances, il s'appliqua donc à retenir les petites remarques à double sens qu'il sortait d'habitude, restant parfaitement amical avec elle –ce qui était complètement contre-nature, mais bon, un Potter digne de ce nom tenait toujours ses promesses. De toute façon, même sans cela, il se serait retenu de lui reparler de la possibilité de sortir ensemble avec un tel public, et ils ne purent discuter seul-à-seule avant le dernier vendredi des vacances, lors de leur petit cours de duel.

Harry avait décidé, contrairement à la fois dernière, de lui donner quelques conseils en même temps qu'ils échangeaient des sorts, ce soir là, et Ginny l'écoutait la plupart du temps. Elle n'était toujours pas d'un niveau suffisant pour l'inquiéter, mais il commençait à devoir se concentrer pour ne pas se faire toucher –bon, s'il était un peu honnête, ça faisait un moment qu'il en avait besoin, mais il ne l'aurait jamais avoué. Quoiqu'il en soit, dire qu'il était fier de ce qu'il lui avait appris aurait été un bel euphémisme.

— Pourquoi tu souris comme ça ? lui demanda-t-elle à un moment avant de lui envoyer un Chauve-Furies plus puissant que la moyenne.

— Rien, je me disais simplement que j'allais bien rire quand tu ridiculiserais ton frère pendant le tournoi de duel du cours de Défense.

— Il faut encore que je tombe contre lui, ce n'est pas gagné.

— Avec un peu de chance, les adversaires seront désignés par ordre alphabétique. Ne t'arrête pas de bouger, ce sera plus simple d'esquiver si tu es déjà en mouvement, répéta-t-il pour ce qui lui semblait être la millième fois en envoyant un sort de Stupéfiction aisément Dévié.

— Pas la peine d'esquiver quand je reçois des sorts aussi simples. Ignianguis !

— Aguamenti ! répliqua-t-il automatiquement, visant le jet de flammes qui venait vers lui quasiment en ligne droite.

Contrairement à ce qu'il attendait, Ginny n'arrêta pas son sort, et il en résulta donc un affrontement de puissance pure entre eux, les deux sorts élémentaux se rencontrant et s'annulant parfaitement, provoquant un épais nuage de vapeur. Harry ne voyait plus d'elle qu'une silhouette floue à travers le brouillard, mais il ne s'inquiéta pas outre mesure, sachant qu'en termes de pouvoir magique brut, son entraînement précoce lui avait donné de bien plus grandes réserves qu'à Ginny. Elle dut également s'en rendre compte, parce qu'elle finit tout de même par arrêter le Serpent de feu, ce en quoi il s'apprêta aussitôt à l'imiter, après avoir maintenu la Fontaine un instant pour tremper son adversaire.

— Aïe ! hurla-t-il en ressentant un violent choc dans son bras droit, manquant de peu de lui faire lâcher sa baguette.

Reconnaissant le maléfice qu'elle avait utilisé, il eut tout juste le temps de changer sa baguette de main avant de devoir se défendre contre la volée de maléfices envoyée dans sa direction. Harry était loin d'être aussi doué de la main gauche, mais son bras droit serait encore agité de spasmes incontrôlables pendant quelques minutes au moins, et il devrait donc se débrouiller. Se servir de son propre Aguamenti pour le toucher avec un maléfice de Foudre, c'était tordu à souhait, et il en aurait sans doute été particulièrement satisfait s'il n'était pas aussi occupé à donner tout ce qu'il avait pour ne pas perdre la face.

Heureusement pour lui, la réussite de son petit tour avait rendu Ginny légèrement suffisante, et elle ne s'attendait pas à ce qu'il puisse récupérer l'usage de son bras droit après seulement deux ou trois minutes. Après cela, Harry cessa de se retenir et ceci, combiné à la fatigue qui commençait à se faire ressentir, fut suffisant pour rapidement désarmer Ginny. Il mit ensuite un point d'honneur à l'immobiliser d'un Incarcerem bien placé avant de lui dire que leur entraînement était terminé et de lui rendre sa baguette.

— Tu étais obligé de faire ça ? J'avais déjà perdu ma baguette, je te signale.

— Peut-être, mais ça ne veut pas dire que tu étais complètement battue. Le but de ce duel était de te faire travailler ton esquive, je te rappelle.

— Ouais, bon. Il n'empêche que tu ne peux plus dire que je suis au même niveau que tous les autres, maintenant, rétorqua-t-elle fièrement. Je parie que tu ne t'attendais pas à recevoir ce Faldra, pas vrai ?

— C'est vrai que c'était plutôt bien trouvé, admit-il. Mais tu aurais dû garder ça pour le tournoi, parce que si tu tombes contre moi, laisse-moi te dire que je ne ferai pas avoir deux fois par le même tour de passe-passe.

— J'en aurais bien trouvé un nouveau à ce moment là, si j'en ai besoin.

— Arrête tout de suite de frimer. Je te signale que je viens de te battre de la main gauche, au cas où tu n'aurais pas remarqué.

— Faux, on était à égalité quand tu utilisais ta mauvaise main, corrigea-t-elle en souriant de plus en plus largement. Tu m'as battue avec ta main habituelle.

— Un détail, balaya-t-il. Plus sérieusement, c'était presque bon, ce soir, Ginny. Encore un peu et tu n'auras plus besoin que je te donne ces cours. Tu commences à comprendre les grandes règles.

— Vraiment, je commence ? Parfait, alors j'ai vraiment hâte de voir ce que donnera notre duel dans le petit tournoi du professeur Black.

— Tu as l'air bien certaine qu'on se rencontrera à un moment.

— Eh bien, à moins que tu te débrouilles pour perdre un match, on sera bien forcés d'arriver l'un contre l'autre, au pire en finale.

Elle n'a pas tort, se dit Harry en réalisant qu'il y avait peu de chances pour qu'un autre élève que lui ne la batte avec le niveau qu'elle avait atteint, à moins qu'elle ne devienne vraiment trop sûre d'elle. D'accord, il était maintenant de notoriété publique qu'il lui avait donné des cours, mais peu de gens, selon lui, s'attendrait à de tels progrès. Même lui avait failli être pris par surprise tout-à-l'heure, et il lui avait appris presque tout ce qu'elle savait, c'était dire…

— On verra bien. J'espère pour toi que tu ne perdras pas avant que j'ai eu le temps de te montrer comment ça fait quand je suis sérieux. Parce que si tu continues comme ça, il va falloir que je monte au niveau que j'avais en deuxième année, ça me changerait !

— Idiot, répondit Ginny en lui frappant "amicalement" l'épaule.

— Bon, si c'est comme ça que tu me remercies, moi, je m'en vais. On se reverra demain à la soirée, je suppose ?

— Oui, sans doute.

Harry s'éloigna vers la sortie sans remarquer en apparence le ton hésitant qu'avait son amie, mais comme il s'y attendait, elle le rattrapa avant qu'il ne passe la porte :

— Attends une minute, Harry. Je peux te parler ?

— Bien sûr, de quoi ?

Il avait une petite idée de ce dont elle voulait l'entretenir, mais malgré sa propre impatience, il comptait se venger un peu. Ginny le faisait poireauter depuis trois semaines, alors elle ne devait pas s'attendre à ce qu'il lui facilite la tâche à présent qu'elle s'était enfin décidée à lui répondre. Il fut particulièrement surpris et déçu –même s'il ne voulait pas se l'admettre dans ce dernier cas– quand elle lui donna la raison de son appel :

— De la soirée de fin d'année que tu nous as demandé d'organiser, avec Bones et Goldstein. Je voulais t'en parler cette semaine, mais je ne savais pas si Malefoy et Greengrass étaient au courant, comme tu as dit que tu voulais que ça reste un secret.

— Tu as bien fait. Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

— Pourquoi tu as voulu notre aide à tous les trois ? Tu serais largement capable de tout faire tout seul, non ?

— Évidemment, répondit Harry comme s'il trouvait insultant qu'on puisse imaginer le contraire. Mais j'aime bien avoir un peu de temps libre parfois. En plus, ça fera plaisir à Dumby que toutes les maisons participent.

— À mon avis, il avait une autre idée, sinon il ne l'aurait pas demandé à toi tout seul pour commencer.

— Je crois qu'il voulait m'occuper tellement que je n'aurais plus le temps de m'entraîner pour le duel contre Nott, et que ça me forcerait à annuler.

— C'est stupide, fit-elle abruptement remarquer, même sans nous demander de l'aide, tu avais largement le temps de t'occuper de tout après le duel, donc ça ne servait à rien.

— Qu'est-ce que tu veux que je te dise, je n'ai jamais dit que c'était une bonne idée. Il doit se faire vieux, pour inventer des trucs pareils.

— Ou alors, tu as mal compris ses intentions, et ce n'était qu'un hasard qu'il te demande ça pendant que tu te préparais pour le duel.

— Peut-être, haussa-t-il les épaules sans grand intérêt.

Honnêtement, il n'avait pas grand-chose à faire des machinations tordues de son directeur. Il n'avait pas réussi à l'empêcher de régler ses comptes avec Nott, et n'avait pas essayé de contrecarrer ses plans concernant Cloé, donc du point de vue de Harry, tout allait bien. Alors qu'ils arrivaient devant le tableau marquant l'entrée des quartiers des Préfets-en-Chef, il s'avisa que Ginny avait fait un sacré détour juste pour lui demander une banalité pareille. Juste quand il se rendait compte de cette bizarrerie, Ginny lui demanda brusquement :

— Harry, demain, est-ce que tu accepterais de venir à la soirée ?

— Hein ? Évidemment, c'est un peu moi qui l'organise, je te rappelle ! rit-il de bon cœur, se demandant ce qu'elle entendait par là.

— Non, je veux dire… avec moi ?

Harry se retourna pour la regarder en face, et put donc admirer de près le rougissement qui s'étendait sur son visage alors qu'elle détournait timidement le regard. Il fit exprès de ne pas comprendre où elle voulait en venir, retenant son instinct premier qui se rapprocherait plus de lui sauter dessus :

— Qu'est-ce que tu veux dire, exactement ? Tu veux que je te tienne la main depuis la salle commune des Gryffondor pour pas que tu te perdes ?

Elle respira profondément une unique fois avant de relever la tête vers lui, toujours aussi rouge mais le regard déterminé. Elle ne répondit rien et se contenta de se mettre sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

Harry ne put s'empêcher de sourire encore plus largement en lui rendant son baiser.


Je prends les paris, est-ce que vous pensez qu'il y aura un duel entre Harry et Ginny pendant le tournoi de DCFM ? Et si oui, quel en sera le résultat ?

Et puis n'oubliez pas de me dire ce que vous pensez de la couverture de la fic : est-ce que le blason est comme vous l'imaginiez ?

À la prochaine pour la suite !

Goten Askil