Cher journal
Chapitre 53 :
« 27 décembre :
Cher journal,
Depuis hier nous apprenons à Roy à danser avec Jean. J'avoue que c'est pire que ce que je pensais. Oui se dandiner sur des rythmes technos, n'est pas ce que je qualifierais de danse. Bref, autant ne pas décrire le désastre, je ne pense pas que tu comptes assez de pages pour pouvoir tout noter.
Jean passe ses journées à rire, et moi à me masser les pieds. Alors autant dire qu'entre les talons et les pieds de Roy … les miens souffrent. Demain c'est décidé, c'est Jean qui prend ma place. J'en ai marre d'avoir les pieds en crêpe.
Ah j'allais oublier, j'ai envoyé un message à Elric, le remerciant de son cadeau et lui souhaitant une bonne fin d'année. Je ne m'attends pas à avoir de réponse mais ma bonne conscience me dictait de le faire. Et puis après tout … c'est comme ça que je suis. »
Des coups sur la porte me poussent à grogner et ouvrir un œil difficilement.
- C'est pour quoi ? baragouinais-je
- Winry debout ! il est 10h passées ! et le cours de Roy tu y penses ?
- Ouais … ouais, soupirai-je en me frottant les yeux. C'est bon j'arrive.
J'ai pas vu la nuit passer … tss … sortant de mon lit en m'étirant je glisse un regard sur mon portable. 10h15 … effectivement Jean n'a pas menti. Passant rapidement des vêtements, je sors de ma chambre et me rend au salon, où les deux garçons sont en train de parler.
- Enfin te voilà ! rouspète Roy.
- Si t'es pas content vas voir ailleurs si j'y suis. Aujourd'hui tu danses avec Jean !
- QUOI ? s'insurge mon meilleur ami.
- T'as bien compris Jean. Et arrête de crier je viens de me lever, je te signale que je me suis couchée tard parce que j'ai révisé.
- Mais pourquoi je devrais danser avec lui ? grommelle le noiraud.
- Parce que si tu lui marches sur les pieds, il n'hésitera pas à te coller son poing dans le nez.
- Je danse si mal que ça ?
- T'es souple … mais question coordination zéro. Ça je suis pas un mec moi et je peux pas te l'apprendre.
Jean soupire au moment où la porte s'ouvre sur mamie qui nous regarde en souriant.
- Ma chérie, j'ai entendu que vous vouliez lui apprendre à danser.
- Hum oui pourquoi ?
- On pourrait ressortir Pinakin tu ne crois pas ?
- NANNNNNNNN ! hurla Jean. PAS QUESTION MAMIE !
- C'est quoi Pinakin ? me souffle Roy à l'oreille.
Je crois qu'il est en droit de se poser la question, surtout vu la tête de Jean. Comment le décrire … voyons, blanchâtre … tremblant … apeuré … oui bon bref, pas présentable quoi. En réalité, Pinakin est une invention de mamie qui était censé apprendre à danser … un robot quoi. Quand je disais Frankenstein, j'étais vraiment très près de la vérité.
- Pinakin, c'est un robot de mamie. Mais il a rendu l'âme après avoir été battu par Jean. Il était censé apprendre à danser mais ne faisait que frapper la personne en face de lui. Bref … il était pas au point.
- Pinakin était parfait. C'est Jean qui ne savait danser, intervint mamie.
- Non mais ohhh ! je te permets pas mamie ! t'as vu le monstre que tu nous avais créé ?
Jean … laisse tomber, tu sais très bien comme est mamie. Son bidule était parfait cherche pas plus loin.
- On peut commencer ? murmure Roy en se demandant bien où il était tombé.
- Ouais, allez y les garçons. Moi je vous regarde.
Quinze minutes plus tard, Roy se prenait une raclée de la part de Jean qui pestait en se tenant le pied. Y'a de quoi rire.
- Aieee, mais tu m'as fait mal ! grogna Roy en se frottant le crâne
- Toi aussi ! ouh non de non que ça fait mal. Crétin on avait dit à deux pas à un !
C'est pas gagné … vraiment pas gagné … prenons notre mal en patience, c'est tout. Bon au moins il a progressé un peu voyons le bon côté des choses, il connait les pas … sauf qu'il ne sait toujours pas les accorder.
- ROY MON PETIT ! hurle la voix de mamie depuis le hall nous faisant sursauter.
- Qu'est ce que ta grand-mère me veut encore ? me demande-t-il
- Je sais pas … mais attends-toi au pire
Oui, quand on connait le personnage qui va débouler il vaut mieux s'attendre au pire. Et je crois que j'avais raison. Surtout vu ce qu'elle porte.
- Ma … mamie ? c'est quoi ça ? articulai-je avec difficulté
Là j'ai pitié de lui autant que je me fais du souci pour l'état mental de mon aïeule. Y'a de quoi aussi ! la voir débarquer sur des échasses vêtue d'un costume de mon père alors qu'elle porte sur son bras une robe de grossesse de maman avec des chaussures à talons, moi sérieusement ça me fait peur.
- Mwahahahahahahahaha ! explose Jean en s'écroulant dans le canapé de rire.
t Je vais aider mon petit fils à apprendre à danser pardi. Tiens gamin, enfile ça !
Lui lançant la robe et les chaussures elle nous regarde en souriant. Jean ne se retient pas de rire comme un con à mes côtés, Roy devient aussi pâle qu'un fantôme et moi je ne bouge pas. Ah oui non, je suis pas folle, ça risque de me retomber dessus.
- Qu'est ce que tu attends ? rugit mamie en le fusillant du regard.
- R-RIEN ! J'Y VAIS ! J'Y COURS ! panique Roy en sortant avec ce que vient de lui lancer mamie.
Et Jean qui rigole encore et toujours … elle est flippante quand elle veut. Promis, sur ses échasses, on dirait un géant prêt à nous sauter dessus, c'est moins intimidant lorsqu'elle a sa taille réelle : trois pommes assises. Même si elle nous regarde toujours avec l'air de vouloir nous sauter dessus pour tester ses expériences.
- MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAGLARP AIEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUH
- MWAHAHAHAHAH ! explosai-je à mon tour en le voyant se tenir la tête
Un coup d'échasse ne doit pas faire du bien. J'avais oublié qu'elle avait l'équilibre si facile … dangereux … très dangereux. La porte s'ouvre à nouveau sur Roy qui a enfilé la robe par-dessus son pantalon. Il a également passé les chaussures.
- MWAHAHAHAHAHAHAHAH ! reprend Jean en se laissant glisser à terre tellement il rigole. OH QU'IL EST BEAUOHOHOHOHOHOH
- Ça suffit, siffle le noiraud alors que je pince des lèvres pour m'empêcher de rire.
- Bien, tu es parfait mon petit chéri. Allez viens on commence, s'extasie mamie.
Ah oui, parce que là, ni moi ni Jean ne sommes capable de l'aider. Sortant tous les deux en les laissant seuls, nous refermons calmement la porte derrière nous avant de nous regarder en coin et d'exploser de rire.
- CA SUFFIT ! rage Roy derrière la porte.
- Ne t'occupes pas d'eux ! tu verras je suis meilleure qu'eux, c'est moi qui leur ait appris à danser. Allez on y va !
Montant les escaliers à quatre pattes sous notre fou rire, nous rentrons dans ma chambre et nous laissons tomber sur le lit. Bon sang j'ai mal aux abdos à force de rire. Mamie est vraiment déjantée … attrapant mon portable, je regarde l'heure avant d'apercevoir une enveloppe. Ouvrant le message je cesse tout rire et redeviens grave.
« Joyeux noël à toi aussi Winry, bonne année. Edward. »
Comment dois-je le prendre ? dois-je seulement lui répondre ?
- Winry ça va ?
Sursautant je me retourne vers mon meilleur ami et le regarde un peu affolée avant de me reprendre.
- Oui tout va bien Jean. Dis moi, ça fait un moment qu'on a pas été voir les chevaux. On y va ?
- Si tu veux … de toute façon on reverra pas notre élève de la journée. Tu connais mamie.
- Oui …
Oui, ça je connais … mais ce qui m'intrigue pour le moment, ce n'est pas la méthode d'apprentissage de mamie, mais ce message. Pourquoi m'a-t-il répondu ? N'était-il pas censé simplement l'ignorer ? bien sûr que si, c'est le personnage … alors pourquoi ? Parce que de ce que j'ai vu et de ce dont je me suis souvenu, l'Edward d'aujourd'hui, n'est plus le petit Edward que j'ai connu à Ishbal … loin s'en faut même
- Décidément les hommes sont trop compliqués, grommelai-je
- Pardon ? s'étonna Jean
- Rien … ce n'est rien.
