Chapitre 51 : Adieu ?
« Papa acceptera ma décision quoi qu'il
arrive ? », la question trottait depuis cinq minutes dans la
tête d'Hideyuki. L'adolescente avait à présent
ses mains posées sur ses genoux. Ce jour-là elle
portait une jupe en velours marron. Il s'agissait en réalité
d'une jupe-culotte mais qui faisait très bien illusion. En
haut elle portait un pull à colle roulé brodé
sur les manches. Ses cheveux étaient attachés et fixés
sous un bonnet blanc qu'on lui avait demandé de ne pas
enlever et enfin des lunettes de soleil. Malgré tout ça,
il voyait à ses sourcils qu'elle était inquiète.
Il voulait la rassurer.
En réalité Hideyuki, même
si Ryo lui avait dit qu'il voulait pas qu'elle parte chez son
frère et sa sœur. Tous les deux étaient rassurés
d'ailleurs, la décision de Mélina était
correcte quand on songeait à son quotidien. Gabriel leur avait
quand même dit pour relativiser que ce n'était pas
tous les jours qu'ils se faisaient enlever, de même que
c'était quand même rare qu'on trouve une bombe sur
leur voiture. Mais il ne fallait pas nier le fait que ce soit déjà
arrivé à plusieurs reprises…
- Je pense que Ryo acceptera ta décision, seulement il devra lui aussi prendre une décision si tu décides de rester.
Il la vit serrer le tissus de sa jupe et lui dit :
- N'y pense pas ! Aujourd'hui c'est journée à la montagne.
Depuis ce que sa sœur lui avait dit, Ryo et lui
l'avaient observée elle était un peu perturbée.
Ils se doutaient de ce que le combat intérieur était
des plus importants. Surtout que Ryo lui avait confié qu'elle
était venue à certain moment dormir sur le canapé
de sa chambre.
Il la retrouvait régulièrement
endormie à cet endroit, surtout qu'il avait reprit ses
habitudes de fêtard. Il l'avait laissé faire mais
veillait toujours à ce qu'elle soit bien habillée.
Mélina était installée derrière
le siège du passager avant ou était installé son
frère. Son regard était tourné vers l'extérieur.
Il fallut au moins deux heures de routes pour atteindre le petit
chalet perdu dans la montagne enneigée, elle se demandait
notamment comment cette minuscule voiture faisait pour passer.
Elle
rigola quand la voiture s'embourba en disant un simple « je
m'en doutais ».
Quand le nettoyeur lui dit de venir
l'aider elle lui dit qu'elle n'était qu'une faible
jeune fille et qu'elle lui laissait donc le soin de se débrouiller.
Cependant, elle était absente perdue dans ses pensées.
Au bout d'une demi-heure, ils réussirent à sortir de
là et se remirent en route.
Un peu avant d'arriver Mélina fronça les sourcils et demanda au nettoyeur :
- Vous avez parlé avec Mathias tout à
l'heure…
- Oui .
- Que lui avez-vous dis ?
- Que vous
partiez qu'après-demain.
- Je vous demande pardon ?
-
Je voulais que vous passiez un week-end « tranquille » en
présence de Kerry.
- Et de quel droit ? Je veux dire nous
avons nos cours…
- Si ça fait déjà un mois
que vous êtes là, vous n'êtes pas à un
jour près…
Ryo observa la jeune fille avec attention, mais à part les sourcils froncés montrant nettement son mécontentement, rien ne transparaissait. Mais il se doutait qu'elle faisait exprès de montrer son mécontentement, peut-être pour s'épargner de dire son mécontentement. Elle finit par soufflé et déclara :
- Je suppose qu'on est pas à deux jours
près… mais contrairement à ce que vous pensez, nous
sommes allés en cours pendant notre présence au Japon.
Des cours sont dispensés dans des bâtiments gérés
par l'ambassade de France au Japon.
- En quelle classe ?
-
Hum moi, en équivalence je dirais que ça fait en 5ème
année et Gabi en 6ème année.
- 4ème
année pour toi petite sœur… rectifia Gabriel.
le regard noir de sa sœur lui disait fortement ce qu'elle pensait de cet aveux. Heureusement ils étaient arrivés au parking enneigé. Là-bas Mélina aperçut la voiture d'Hideyuki et alla à leur rencontre évitant ainsi de parler.
- Pourquoi est-elle qu'en quatrième année
? demanda le nettoyeur à l'adolescent.
- Y'a deux ans,
ma sœur a été tellement malade et absente bien 6 mois
sur l'année scolaire. Et même si elle avait passé
le reste de l'année avec de bonnes notes, les professeurs
ont décidés qu'elle devait doubler.
Gabriel eut un regard un peu tourmenté quand il ajouta :
- C'est injuste, car ma sœur n'est pas «
surdouée » comme le pense la plus part des gens, elle a
même des difficultés sur certaines matières…
surtout les langues à l'écrit entre autre. Mais cette
décision motivée en partie par notre mère, était
vraiment pas juste. Car même si elle a passé un moment à
l'hôpital et autres endroits, Lina avait rattrapé non
seulement son retard mais en plus avait prit de l'avance. Ce qui
explique pourquoi elle était pas très contente de
manquer des cours… elle ne veut pas qu'on lui refasse le même
coup.
- Pourquoi votre mère a-t-elle fait ça ?
-
Je ne crois pas que c'était une mauvaise intention de sa
part, elle voulait juste permettre à ma sœur de se faire
peut-être des amis. Ça a totalement échoué
évidemment ma sœur est trop différente des autres…
Ce que Mélina ne sait pas c'est que si elle finit l'année
en beauté comme elle l'a commencé, son professeur m'a
dit qu'il avait l'intention de la faire entrer en sixième
année l'an prochain. Sa prof a dit à mon frère
aîné que ma sœur à défaut de s'être
fait des amis, s'était concentrée sur ses cours et
qu'elle avait dut lui trouver des cours de cinquième année.
Mais ces facilités sont dues au fait que ma sœur a quand même
quatorze ans, et de ce fait avait déjà suivit ce niveau
de cours à l'époque…
- En gros y'a que pour
les armes à feux qu'elle est très douée c'est
ça ?
La boule de neige qu'il évita de justesse
toucha une branche d'arbre pesante par la neige accumulée et
cette dernière tomba sur le nettoyeur. Il ne fallait pas qu'il
se demande qui était responsable de son enneigement : Mélina.
Elle avait sourire ironique l'air de dire « tu as vu tu
t'es fait avoir ».
Kerry rigola doucement tout en se
tenant au bras gauche de sa sœur.
Une partie de boule de neige
s'engagea.
Qui la gagna ? A votre avis ? Et bien contre toute
attente, ce fut Kerry.
En fait, elle n'avait pas envoyé
de boules de neige mais elle était cependant celle qui avait
été la moins touchée.
Dans l'ordre cela
fut Gabriel, Hideyuki, Mélina et Ryo. Le grand nettoyeur avait
un peu triché sur la fin puisque alors qu'ils auraient dut
finir ex æquo, ce dernier avait profité de leur arrivée
au chalet pour fourrer une boule de neige dans le col de la jeune
fille qui avait hurlé de surprise. Du coup, le grand city
hunter s'était prit par inadvertance un coup de coude dans
les bijoux de famille et il avait lui aussi hurlé à la
mort.
Kerry éclata de rire et entra la première
puisqu'elle n'avait que ses chaussures à changer. Kotori
lui avait acheté des après-skis donc elle n'avait pas
eut froid. Les deux autres enfants étaient gelés et
Mélina eut le droit à prendre sa douche la première,
pourtant elle avait dit à son frère de se réchauffer
avant mais il avait refusé.
Heureusement, Ryo avait eut la
présence d'esprit de garder deux des sacs de voyages des
jumeaux, seulement dans son choix judicieux il n'avait pas fait
attention et ils se retrouvèrent avec deux valises de Gabriel.
Contrairement à ce qu'Hideyuki aurait pensé,
Mélina fut toute contente de pouvoir mettre les vêtements
de son frère malgré la proposition de partager ceux de
sa sœur. Très vite ils découvrirent qu'elle prenait
un véritable plaisir à être habillé en
jogging, elle avait doublé avec un collant en laine noir de
Kerry et un sous-pull et une veste de jogging, bien sûre elle
ne sortirait pas comme ça mais ça lui allait plutôt
bien. Elle avait remonté ses cheveux à l'aide d'une
barrette et les mèches s'échappaient autour de son
visage qu'elle cala derrière ses oreilles.
En attendant
que son frère soit lui aussi réchauffé, elle
s'approcha du feu de cheminés que les deux adultes avaient
allumé. Elle prit un livre et commença à lire
tranquillement gentiment installée dans un fauteuil les genoux
posés sur les accoudoirs.
Kerry de son côté observait sa sœur
qui ne l'ignorait pas, sans pour autant la faire rentrer
complètement dans son cercle, un peu comme son père qui
ne lui avait jamais rien promis. Elle aurait pu s'en offusquer de
la part de son protecteur, mais il l'avait sortit de l'enfer. En
fait, elle avait décidé de rester avec Ryo.
L'adolescente était persuadée que tous savaient
pour cette décision, si elle avait sortit qu'elle voulait
aller là-bas, elle aurait surpris. Mais elle ne voulait pas
surprendre, elle voulait faire ce qui lui tenait le plus au monde,
rester avec celui qui à ses yeux était son père
: Ryo Saeba.
Bien sûr il était toujours aussi
lointain qu'au début de leur cohabitation mais les quelques
gestes étaient tellement protecteur et gentil qu'elle ne
pouvait pas ignorer le fait qu'il avait la place du père. Et
sa sœur ? Elle la sentait concentrée, Kerry sentit son frère
aller vers sa sœur et s'installer à côté
d'elle, elle l'entendit vaguement parler de « théorème,
Pythagore » et autres mots étranges, il lui murmurait
doucement des réponses. Leur complicité était
évidente, Kerry se sentit un peu exclue de cette communauté.
Ryo qui observait sa fille la sentit perdue dans ses
pensées et en étudiant son visage, il comprit qu'elle
se sentait étrangère à leur complicité.
Puis son regard se posa sur Mélina, il vit qu'elle étudiait.
Elle était concentrée sur son livre et visiblement
avait un problème de compréhension. Quand son frère
vint la voir il la poussa un peu et s'assit à côté
d'elle. Cette dernière lui posa deux trois questions avec
une gestuelle importante et lui répondait calmement lui
montrant des points précis sur son livre. Il lui murmurait des
choses, sans aucun doute ils étaient très proches.
Ryo
qui était installé sur un autre fauteuil il attira à
lui doucement sa fille. Il l'invita à venir s'installer à
côté de lui.
Puis tout à coup il vit Mélina
se lever bousculant accidentellement son frère qui se trouvait
sur le bord du fauteuil ce dernier faillit glisser sur le sol, mais
la jeune fille sans prendre la peine de s'excuser de sa brusquerie
alla à son sac et en sortit un livre. Elle l'apporta à
sa sœur.
- Qu'est ce que c'est ?
- Un livre
d'histoire, Gabriel et moi en avions reçut un quand on était
petit. Il y 'a un certain nombre d'histoire, elles ont été
écrites par notre arrière-grand-mère je crois et
ses aïeux. A la fin tu verras, y'en a des nouvelles. Avec
Gabriel on s'est amusés, c'est le cas de le dire, à
te mettre celles qui nous ont plus le plus en braille on t'enverra
les autres à l'occasion.
- C'est qu'il y en a un
certain nombre déclara Gabriel, là il n'y a que celle
traduites en anglais et braille la langue originale étant le
français, mais certaines histoires sont en d'autres langages
plus anciens et étranges. C'est tante Elise et maman qui les
ont traduites pour la plupart pour le reste faudra attendre que
Mélina le fasse.
- Pourquoi moi ? fit-elle en fronçant
les sourcils.
- Parce que c'est pas moi qui vais suivre des
cours de latin en septembre prochain…
- C'est pas juste !
-
Et ? les interrompit Kerry.
- Ah oui c'est vrai donc là
de dans tu as une centaine d'histoires, d'un autre niveau que les
contes pour enfants qu'on t'a lu jusque là. Certains
histoires sont des faits réels et tragiques… peut-être
un peu romancé. Enfin voilà bonne lecture. Tu en as
pour un moment.
- Et y'a combien de volumes demanda le
nettoyeur.
- Euh, de traduit pour elle que celui-là c'est
que ça prend du temps… si non en français y'en a 5
je crois, et il y en a encore 8 avant cela tous en dialecte
différents.
- Du genre ?
- A première vue
déclara Mélina, il y en a en Hébreux, en Latin,
en Anglais, en Russe etc. il y en a vraiment pour tous les goûts.
- Et en Japonais ?
- Oui je crois aussi.
- Tu en as un ici
de notre langue demanda le nettoyeur.
- Non désolée.
En fait ce n'était pas totalement vrai,
effectivement elle n'avait pas le « livre » dont
certaines histoires étaient en Japonais mais elle avait déjà
traduit en parti ce « conte ». Sur les pages de ce même
document elle avait trouvé des traces brunes, par curiosité
elle en avait récupéré un échantillon,
mais c'était tout.
L'histoire racontait comment des
barbares avaient égorgé presque toutes les femmes de la
maison de ces dernières, l'histoire bien que sordide n'était
pourtant là que pour amener des faits « historiques »,
car il était marqué en dernière ligne que cette
famille ainsi maltraitée avait pour nom : Keïa. Il
n'avait pas été difficile pour Mélina de faire
le rapprochement avec le nom de famille dont elle avait hérité
: Kay. Ce n'était qu'une variante, après tout, les
noms évoluent avec le temps, comme par exemple «
Jacouille » était devenu « Jacard » avec le
temps (nda : petit clin d'œil aux visiteurs lol bonjour les
références, bon passons ').
Mais dans cette
histoire tragique une chose sonnait faux, la seule personne à
s'en être sortit indemne était selon les dire un bébé
et autre fait étrange, qui avait surpris Mélina était
qu'au dire les « barbares » avaient tous péris,
elle se demandait si cette histoire n'avait pas été
tout simplement contée.
Voyant Mélina perdue dans ses pensées il allait tenter une expérience mais à peine avait il fait un geste vers l'intérieur de sa veste que la jeune fille déclara :
- A votre place je n'essaierais même pas, dit-elle avec un sourire amusé.
Le nettoyeur était persuadé qu'elle était profondément perdue dans ses pensées mais visiblement cela n'avait pas été totalement le cas.
- C'est pas tout ça, c'est bien beau de nous avoir amené au pays des neiges, mais quand est-ce qu'on mange ? déclara Mélina.
Ryo et Hideyuki se dévisagèrent, tantôt elle était trop sérieuse parfois agissait comme une enfant mais là, elle était tellement ingénue dans ses attitudes.
- Alors ? insista la jeune fille.
Le nettoyeur se gratta la tête en prenant un air idiot. Et il déclara :
- J'ai oublié le sac de provision à
l'appart'…
- Hein ? s'écrièrent les trois
ados.
- Dis papa, tu racontes des bêtises comme d'habitude
n'est ce pas ? demanda Kerry.
Un corbeau assomma Ryo, ce dernier baissa la tête
et il se demanda comment elle pouvait lui dire un truc aussi méchant…
Hideyuki rigola doucement, c'était tout lui, il s'étonna
quand même de voir la jeune fille envoyer des piques à
son père, généralement c'était Mélina
qui le faisait.
- A ce que je vois « monsieur tête de
linotte » a fait preuve de laxisme en ce qui concerne les
provisions. Donc, j'en conclue que monsieur va nous payer le
restaurant pour réparer son erreur ?
- Quoi ?
Ignorant l'interjection du nettoyeur Mélina déclara :
- Il me semble qu'à deux petits kilomètres
en aval il y a un petit restaurant…
- Comment tu sais ça
?
- Je regardais par la fenêtre, répondit-elle en
levant les yeux au ciel.
- C'est surtout parce que nous sommes
déjà venus par ici en été, pendant la
convalescence de ma sœur déclara le garçon.
Sa sœur lui lança un regard de douce reproche, finalement elle dut constater qu'elle aimait bien Ryo Saeba, il n'avait pas son pareil pour faire l'idiot. Cela la décontractait et lui permettait de se comporter « en enfant » alors que cela lui semblait si difficile d'avoir des instants de tranquillité ou toutes ses responsabilités disparaissent ne serait-ce que l'espace de quelques heures.
Soudain le ventre du nettoyeur fit un bruit
assourdissant, chacun des protagonistes eut le droit à son
corbeau, il avait suffit de parler de nourriture pour que son estomac
se manifeste.
Après la surprise, tout le monde rigola même
l'intéressé.
Ils partirent tous ensembles dans la voiture
d'Hideyuki en direction du petit restaurant, mais ils choisirent un
concurrent pour que les gens ne fassent pas le rapprochement entre
les enfants.
Ils atterrirent dans un restaurant « français
» pour plus grande joie de Mélina et Gabriel qui bien
qu'aimant la cuisine japonaise furent ravie de retourner au style
français.
Ils n'hésitèrent pas à
commander une fondue savoyarde, Kerry attendait qu'on lui dise quoi
prendre, elle ne savait pas trop.
Finalement, ils mangèrent
tous de la fondue, d'abord surpris, les deux hommes déclarèrent
que c'était pas mauvais. Kerry elle semblait adorer. Pour
elle s'était du pur exotisme, le serveur leur expliqua que
tous le village s'était adapté aux mœurs françaises,
ce qui fait qu'ils ne trouveront rien d'autres. «
Dépaysement garanti » avait-il dit.
Finalement ce
petit séjour forcé allait plaire à Gabriel et
Mélina.
Pour Kerry c'était clair que c'était
un vrai chamboulement alimentaire, mais elle goûta à
tous même aux fromages purement français en importation.
Elle n'aima pas beaucoup le roquefort il faut dire qu'ils avaient
déjà eut leur part dans la fondue.
Le petit
restaurant coûta pas mal au nettoyeur, mais rien que pour voir
sa petite protéger apprécier autant, il n'aurait pas
hésité. Il nota mentalement qu'il lui faudrait se
faire payer par le politicien qui l'avait engagé s'il ne
voulait pas se retrouver à faire le gigolo pour les nourrir.
Même si l'idée de vendre son corps aux femmes en mal
d'amour ne le gênerait pas du tout, au contraire.
Son
mokkori suivit ses pensées et se redressa dans toute sa
splendeur, Kerry se figea et s'éloigna instinctivement.
Mélina le fusilla du regard et finit par lui envoyer une boule
de neige en pleine figure ce qui le fit ensevelir sous un
amoncellement de corbeaux.
Sa fille finit par rire, mais tous la
sentaient perturbée. Sa sœur observait sa jumelle, tandis que
son frère vint donner la main à Kirina, ils l'avaient
appelé comme ça spontanément sans raison aucune,
c'était un surnom mignon, cela devait remplacer les «
Kerrynette » de plus ça évitait la prononciation
« Kelly » par les japonais…
Pour la première
fois Kerry, ressentit une grande force dans la main de son frère,
cela faisait quelques jours qu'elle arrivait à penser à
Gabriel comme son frère. Le savoir n'avait pas suffit, l'un
comme l'autre ne savait pas comment agir, cependant l'adolescent
avait spontanément apprit à la protéger comme il
faisait déjà avec son autre sœur.
Pendant ce temps là, en attendant qu'Hideyuki les rejoigne en voiture, Mélina arriva vers le nettoyeur et lui demanda sèchement :
- A quoi vous jouez ?
- …
- Vous êtes
un obsédé pathétique mais au moins vous pourriez
faire un effort pour Kirina…
- Je fais des efforts constamment,
24H/24 j'ai le droit de me lâcher à certain moment non
?
- Non.
La réponse était tombée. La jeune fille n'avait rien à ajouter, et sans un mot monta dans la voiture, son regard perdu parmi les arbres.
Arrivé à la cabane Ryo s'était
excusé maladroitement à sa fille, qui lui avait
pardonné en une seconde, elle le connaissait mais elle n'y
pour rien, les réactions libidineuses la mettait toujours en
inquiétude.
D'ailleurs au moment du couché, Kerry
alla dans sa chambre et s'y enferma. Probablement inconsciemment
mais cela blessa un peu le nettoyeur, qui s'en voulut de ses
actions. Cependant ce qui le sidéra encore plus, c'est quand
Mélina lui dit : « demain sera un autre jour ».
C'était comme si elle avait compris que malgré
tout, malgré ses paroles, il s'en voulait de n'avoir pas
fait attention, de n'avoir pas pu se retenir… d'une certaine
manière il avait fait preuve de faiblesses et c'était
clair qu'il n'aimait pas du tout. Mais l'adolescente lui avait
offert en quelque sorte un réconfort aussi puissant que si
elle lui avait dit « c'est pas grave ».
Finalement deux jours plus tard, le départ
eut lieux, les adieux avaient lieux sur le toit de l'immeuble de
City Hunter.
Mélina avait juste fait une bise à sa
sœur mais cette dernière l'avait prise dans ses bras, Lina
en était restée subjuguée et ne savait toujours
pas comment réagir.
Hideyuki lui fit deux bises, et Ryo lui
serra la main. Cette démarche signifiait beaucoup pour l'un
comme pour l'autre, même si elle laissait perplexe les
observateurs.
Ce simple geste malgré la différence
d'age, signifiait le respect, l'acceptation, et la confiance
grandissante de Mélina envers Ryo. Elle l'avait compris.
Quand à lui il comprenait les choix de la jeune fille, il la
respectait, l'acceptait et surtout voulait malgré tout la
protéger. Il se promit qu'au cas ou elle aurait un problème,
il ferait tout pour l'aider, toujours. Il voulait surtout être
là pour l'empêcher de tuer, pour que jamais elle ne
fasse ce pas dans l'obscurité…
Ryo l'acceptait en
tant qu' « apprentie professionnelle » il comprenait
très bien son désir de justice et surtout sa nécessité
de savoir qu'elle savait se protéger et protéger.
Gabriel serra simplement les mains des deux hommes et eut la
surprise de se retrouver avec Kerry dans ses bras, il eut aucun mal à
finir l'accolade, sa vraie mère lui avait appris un certain
nombre de choses qu'il n'aurait jamais pu apprendre avec son père
et sa mère adoptive, c'était pour ça qu'il
voulait le transmettre aux deux jeunes filles…
Les deux
nettoyeurs furent étonnés de cette attitude et se
dirent que peut-être l'adolescente aurait des chances de
vivre une vie plus normale dans le futur.
Tous savaient que Kerry n'irait pas avec Mélina ce qui expliquait leurs embrassades et les larmes de Kerry. Sa sœur avait levé les yeux aux ciels face à ces larmes, qu'elle jugeait plus ou moins inutiles…
- Mélina ?
- Oui ?
- Pour ma décision…
Sa sœur lui adressa un immense sourire et lui dit :
- Je sais, tu veux rester avec Ryo ! t'inquiète je connaissais ta réponse depuis le début. Apprend plein de choses ! Au revoir.
Sur ce, les jumeaux descendirent leurs derniers bagages jusqu'à la jeep de Falcon et Mathias et s'en allèrent dans un nuage de fumée.
- Elle a dit « au revoir » pas «
adieu » ? Pourquoi demanda l'adolescente à son oncle
et son père. Comment peut-elle affirmer qu'on se reverra ?
-
Je ne sais pas. Sans doute parce qu'elle ne veut pas couper
totalement les ponts… sans quoi pourquoi aurait-elle laissé
un numéro de téléphone ?
- C'est vrai,
répondit l'adolescente radieuse – son sourire disparut un
peu quand elle ajouta bougon – mais je sais pas me servir du
téléphone !
Les deux nettoyeurs rigolèrent en lui disant
qu'ils lui apprendraient en temps et en heure. Ryo craignait fort
pour sa facture de téléphone et rien qu'à
cette perspective il vit passer un corbeau portant une pancarte
intitulée : « va falloir bosser ».
Il baissa la
tête vaincu. Mais il était content pour sa protégée
!
Gabriel força sa sœur à enlever son baladeur des oreilles.
- oui ?
- Tu crois qu'on reverra Kerry ?
-
Probablement… Je ne sais pas quand, ni ou, mais il est sûre
que je la reverrai. En plus j'ai laissé, le numéro de
téléphone…
- Pourquoi tu as fait ça ?
-
Je ne sais pas trop, peut-être la peur d'être à
jamais séparée de Ly.
- Et tu crois que celui qui
vous a enlevé sait qu'elle est vivante ?
- Non. Je ne
crois pas. Tu me laisses dormir ?
- Oui vas-y.
La jeune fille remit son walkman sur les oreilles qui diffusait en boucle ses leçons d'histoire géographie, qui la bercèrent peu à peu…
Fin du chapitre
Et oui vous croyez quoi ? que c'était terminé ? bah non ! il reste encore quelques chapitres, mais je peux vous dire que le nombre total de chapitres sera de 55 ! j'espère que ce chapitre vous a plu et vous dis à bientôt dans le prochain chapitre ! N'oubliez pas les reviews et à bientôt
