Chapitre 53 : la Fin du Chemin
L'air n'avait aucune odeur, le ciel, aucune couleur. J'avais l'impression d'avoir un filtre gris devant les yeux. La plage noire était calme, et la mer brillait sous l'éclat de la pleine lune. Tout ce qui venait troubler ce tableau était le bruit de vagues qui doucement venaient mourir sur le sable. Des roches humides et noires montaient vers le ciel, donnant au décor un air lugubre. Sora et moi soutenions toujours Riku, qui était incapable de marcher.
-La fin du chemin, fit celui-ci.
-Oui, s'exclama Sora.
-ça, continuai-je, on ne peut plus avancer.
-Je peux marcher, assura Riku dans un doux sourire.
Avec hésitation, nous le lâchâmes. Il arrivait à tenir debout, c'était déjà ça. Sora s'avança vers la mer et regarda au loin.
-Peut-être…commença-t-il, que les ténèbres se sont aussi emparées de moi.
Ce fut à ce moment là que les jambes de Riku se dérobèrent. In extremis, j'arrivai à le soutenir, mais il était un peu trop lourd pour moi.
-Sora ! appelai-je.
Mon ami accourut aussitôt, inquiet, et m'aida à redresser Riku.
-Ce monde est sans doute fait pour moi, dit le jeune homme. J'ai presque oublié notre univers. La vraie vie…on devrait peut-être demeurer ici.
-Riku…soupirai-je.
-Si ce monde est fait d'ombre et de lumière, alors nous serons les ténèbres.
-Oui, sourit Sora, l'autre côté.
-Ne perdons pas espoir, m'exclamai-je. On ne nous laissera pas ici.
-Gabrielle, murmura Riku, comment veux-tu que l'on vienne nous chercher ici ?
-Et puis, le royaume de lumière est en sécurité, maintenant, renchérit Sora. Kairi, le Roi, et les autres sont saufs.
-C'est ce que je veux dire, continua Riku.
Il eut un moment de silence.
-J'aimerais aller près de l'eau…dit Riku. Vous voulez bien m'aider ?
Nous nous assîmes tous les trois au bord des flots.
-le bruit des vagues est le même ici, constata Riku.
-Le même qu'à Destiny Island ? demandai-je d'un air innocent.
Ils affirmèrent en silence. Pendant plusieurs minutes, nous restâmes ainsi, les uns contre les autres, quêtant un peu de chaleur, et observant l'horizon en espérant y déceler quelque chose.
-Tu sais, Sora, commença Riku. Ce que j'ai dit tout à l'heure…comme quoi je me croyais plus doué que toi en tout. Pour être franc, Sora…j'étais jaloux de toi.
Je souris en repensant à Sora et Riku, au tout début de Kingdom Hearts I. La rivalité et la grande amitié qui était entre eux deux. Les combats pour un peu tout, les courses, le radeau…
-Pourquoi ? demanda naïvement Sora.
-Je rêvais de pouvoir vivre comme toi, en ne me fiant qu'à mon cœur.
-Ouais, enfin c'est pas comme si il n'avait jamais de problèmes ! ris-je.
Ils rirent avec moi.
-Quels problèmes peux-tu avoir ? demanda Riku à Sora.
-Bin…vouloir être comme toi, sourit-il.
-Oui, dit Riku, c'est vrai qu'il y a un avantage à être moi…quelque chose que tu n'auras jamais.
-Ah bon ? Et c'est quoi ? demanda Sora qui paniquait légèrement.
-T'avoir, toi, pour ami.
Sora sourit de nouveau.
-Dans ce cas, continua-t-il, je n'ai pas de raisons de me plaindre. J'ai aussi quelque chose que tu n'auras jamais.
Riku rit à son tour. J'étais heureuse que cette histoire se termine ainsi. Sur des réconciliations. Riku avait si souvent douté de lui-même…à présent tout été réglé.
Enfin, presque tout.
Je baissai les yeux et le sourire que j'abordais jusque là disparu.
-Je…je dois moi-aussi vous expliquer quelques petites choses, non ?
Ils me dévisagèrent et je souris.
-Je vous l'ai promis.
Ils ne répondirent pas. Ils se contentèrent d'attendre que je prenne moi-même la parole.
-Je ne viens pas d'un monde…d'un quelconque monde.
Sora poussa une exclamation.
-Alors, d'où viens-tu ?
Je les regardai tous les deux.
-Je viens d'une autre dimension.
Je pouvais lire la surprise sur leur visage. Encore une fois, ils ne voulurent pas troubler mes pensées, mais ils mourraient d'envie que je reprenne la parole à nouveau.
-Ma vie est pourrie. Mes quinze premières années de vie sont un fiasco total. Je n'ai connu que trop rarement des moments de bonheur comme vous. J'ai toujours vécu dans l'angoisse, dans la souffrance, et dans la tristesse. Oui, ma vie peut se résumer à ça. Angoisse, souffrance, et tristesse.
Je levai les yeux vers eux et poussai un petit rire nerveux.
-On ne dirait pas, hein ?
Riku posa sa main sur mon épaule et mon sourire forcé disparut.
-Je n'ai jamais eu d'amis. Mon caractère a eu raison de moi. Je savais que j'étais capable de supporter la solitude. Dans mon esprit, les amis ne sont pas nécessaires. Ils peuvent soulager les maux et la douleur, mais je me suis sentie capable d'affronter la vie seule.
Je me recroquevillai un peu plus sur moi même. Je sentais un courant d'air glacial…ou était-ce mon imagination ?
-Mais mes camarades de classe n'ont pas été de cet avis. J'étais seule, j'étais donc vulnérable. J'ai toujours été et serai toujours la tête de turc de mon école. « Tu as besoin de te défouler ? Va cogner Gabrielle, ça ira mieux après ! » ça a été la devise des élèves pendant quelques temps…mon frère Matthew a été la seule présence à mes côtés pendant tout ce temps. Même mes parents m'ont abandonné, petit à petit.
Ils écoutaient en silence. Il avaient attendu ça tellement de temps. La vérité sur moi.
-Dans mon monde – mes yeux se levèrent vers le ciel – les Sans-cœurs n'existent pas. De même que la magie. Ou les différents mondes. C'est un univers rationnel où il n'y a pas de place pour la fantaisie. Alors j'ai dû me créer très vite un monde imaginaire autour de moi. Je m'y suis enfermée et j'ai avalé la clé.
-Il n'y a pas de ténèbres ? s'étonna Sora. Ta dimension doit alors être parfaite…
-Non, Sora. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Les ténèbres existent, mais ils se manifestent de différentes façons : les assassinats. Le vol. La méchanceté pure. D'un côté, on peut considérer que ma dimension est beaucoup plus corrompue que celle-ci.
-Ah…comprit Sora. Mais je ne…
-Chut ! ordonna Riku.
Sora obéit.
-Je me suis réfugiée dans les livres, l'art, la musique, mais aussi les BD et les jeux-vidéos. Savez-vous ce qu'est un jeu-vidéo ?
-Vaguement, répondit Sora. Je m'y perd un peu, comme pour les ordinateurs.
-J'en ai rarement croisé, confirma Riku.
-Les jeux-vidéos, ce sont des histoires qui se déroulent devant tes yeux. Mais c'est toi qui bouges les personnages et qui fais avancer l'aventure. Quand j'ai décidé de me couper du reste du monde, je me suis plongée dans les jeux-vidéos. J'aime particulièrement Final Fantasy VII, avec Cloud et Séphiroth…
Mes deux amis poussèrent une exclamation.
-Tu…plaisantes…. ? articula Sora.
-J'ai une tête à plaisanter ? répliquai-je. Laissez-moi finir.
Ils acceptèrent, le teint un peu plus pâle.
-Dans ma dimension, il existe aussi une grande compagnie de dessins animés.
-Nous savons ce que c'est, coupa Riku avant même que je ne pose la question.
-Aujourd'hui, c'est une compagnie très riche, leur premier succès a été une petite souris du nom de Mickey. Puis la fameuse compagnie, Disney, lui a créé des amis, Donald, Dingo, Daisy, Minnie, Pluto…et j'en passe. Mais ce n'est pas tout. Disney a fait des longs métrages, comme la Petite Sirène, avec Ariel, Tarzan, La Belle et la Bête, Alice au Pays des Merveilles, Hercule…si je dois tous les énumérer, on ne va plus s'en sortir.
-Tu veux dire, s'exclama Sora, qu'ils ne sont…que des films, dans ta dimension ?
-Oui, c'est ça…
Leur teint pâlissait de plus en plus.
-ça va aller, ou je peux continuer ?
-Vas-y…
-Mais très vite, le monde imaginaire que je m'étais créé me lassa. Je me mis en quête de quelque chose de nouveau…et puis je suis tombée sur un jeu-vidéo. La fusion entre les Final Fantasy et le monde de Disney.
Pour la première fois un sourire éclaira mon visage.
-Je peux vous chanter la chanson du générique du début, vous le décrire, même vous le dessiner si vous le voulez…je le connais si bien. Je l'ai vu des milliers de fois. Ça commence avec un jeune garçon de 14 ans qui, dans ses rêves, se retrouve sur un étrange vitrail orné de princesses…
Sora devint blanc comme un linge.
-Une fois réveillé, on apprend que ce garçon rêve de quitter son île avec ses deux meilleurs amis. Ils construisent un radeau et espèrent ainsi trouver l'aventure qu'ils cherchent tant. Mais ils sont séparés lorsque leur monde se fait envahir par les ténèbres…ce jeu-vidéo s'appelle « Kindgom Hearts ».
Je levai les yeux vers Riku et Sora qui me dévisageaient, dubitatifs.
-Dans cette dimension, ou dans l'autre, vous êtes mes meilleurs amis.
-Tu veux dire…que nous sommes dans un jeu-vidéo ? murmura Sora.
-Oui, enfin, non. Dans ma dimension, vous êtes un jeu-vidéo, mais dans votre dimension, ici, vous n'en n'êtes pas un. Croyez-moi…vous êtes bien réels.
Ce que je venais d'avouer les bouleversa. Ils n'arrivèrent plus à parler, ni même à bouger.
-Très vite, personne n'a réussi à me décoller de Kingdom Hearts. J'ai même acheté Kingdom Hearts II. Kingdom Hearts II raconte tout ce que nous venons de vivre : Roxas, le réveil de Sora, la Forteresse Oubliée, Illusiopolis…je ne savais pas tout parce que j'étais « l'élue du cœur des mondes », mais parce que je suis collée 24h/24 à un jeu-vidéo. Désolée de casser tout ce que vous vous étiez imaginés.
-Pourquoi es-tu ici ? demanda alors Riku. Comment as-tu fait pour changer de dimension ?
-Les Cœurs des Mondes m'ont amené. J'ai appris que Kingdom Hearts se rejouait en boucle, et que mon rôle était de vous guider jusque la fin pour que vous puissiez enfin être libérez…et j'ai réussi. Oui, je vous ai menés jusque la fin. Vous êtes donc sauvés.
-Mais…on ne s'en souvient pas ? L'histoire se répétait en boucle, et…murmura Riku.
-Oui. Seul le Roi Mickey s'en rendait compte. On m'a ordonné de ne rien vous dire, je suis désolée…je voulais tellement !
-Mais…et Angel ? demanda Sora.
-Dans le jeu que je connais, Angel n'existe pas. Je ne pense pas que sa création aura des conséquences sur l'avenir, puisqu'elle est morte.
Je baissai les yeux vers le sol, honteuse.
-Je voulais vous le dire…vous êtes mes seuls amis ! Et les meilleurs du monde…non, de toutes les dimensions…Et je comprendrais si…Enfin je comprendrais si vous m'en voulez, ou si vous ne voulez plus entendre parler de moi…mais avant que vous ne vouliez plus me voir, je voulais vous dire que vous m'avez redonné confiance en moi-même, et en l'être humain. Et puis, je vais partir dans très peu de temps, alors vous n'aurez plus à me support…
Là, ma voix mourut dans ma gorge et mes yeux s'agrandirent de surprise. Riku m'avait prise dans ses bras.
-Si ta vie est si injuste, alors ne pars pas. Reste avec nous. Ne me quitte pas.
-Gabrielle, renchérit Sora qui s'approcha à son tour, comment peux-tu penser….que nous puissions te détester ? Tes nouvelles…ont…perturbé nos pensées, mais tu es notre amie ! Tes origines ne changeront jamais l'affection que nous éprouvons pour toi ! Tu comprends ? Tu t'es battue à nos côtés, tu as été blessée pour notre cause, tu m'as sauvé des dizaines de fois…
Les larmes coulèrent toutes seules. Je n'arrivais plus à me retenir. Je ne voulais pas encore pleurer devant eux. Mais Riku resserra un peu plus son étreinte, et je compris que je pouvais me laisser aller. Mon visage fut inondé de larmes mais je en sanglotais pas. C'était des larmes de joie.
-Si vous saviez…à quel point j'ai attendu que l'on me dise ces mots, articulai-je.
Je me reculai de Riku et essuyai mes larmes. Un sourire béat s'étalait sur mon visage. Ils m'acceptaient. Tout était mis au clair. Et ils voulaient toujours de moi. Mon bonheur dépassait tout ce qu'un être humain peut ressentir.
-Rien ne te retient dans ta dimension. Reste avec nous sur l'île du Destin, demanda Riku. Tu y vivras bien mieux.
Dans mon regard s'alluma une lueur de tristesse, mais mon sourire ne partit pas. Je posai mes mains sur l'épaule de Riku et sur celle de Sora.
-J'aimerai rester avec vous…non, je le souhaite de tout mon cœur, mais ma présence ici modifierait l'ordre des dimensions. Et qui sait ce qui arrivera ?
Je compris enfin le véritable sens de la première règle. « Ne pas changer l'histoire »…c'était donc ça ? Cette règle avait été écrite pour celui ou celle qui arriverait à la fin…elle était là pour ramener les pieds sur terre.
-Je ne veux plus fuir, continuai-je. Je veux affronter ma vie. Je veux affronter mes démons. Et puis…il y a Matthew. Que va-t-il devenir sans moi ? Il est mon petit frère !
-Je comprends, dit Sora. Mais…si tu rentres dans ta dimension, nous n'allons plus jamais nous revoir, n'est-ce pas ?
Pour la première fois mon sourire s'affaissa légèrement.
-« Ce qui compte, ce n'est le nombre de fois où l'on se voit, mais le nombre de fois où l'on pense les uns aux autres »…C'est toi-même qui l'as dit. Et je penserai à vous toute ma vie. Vous resterez toujours au fond de moi, quoi qu'il arrive. Mais nos chemins vont se séparer.
Ils baissèrent légèrement les yeux, mais ils savaient que j'avais raison.
Nous restâmes plusieurs heures serrés sur la plage. Nous profitions des derniers moments passés ensemble. J'avais mal au cœur, mais quoi faire contre ? Ma place était sur Terre, même si je me sentais beaucoup mieux ici. Sora et Riku me racontèrent des souvenirs qu'ils avaient en commun, puis nous échangeâmes des impressions sur l'aventure que nous venions de vivre. Des anecdotes marrantes, sérieuses, ou tristes. Puis au fur et à mesure nous laissâmes notre esprit vagabonder. Le silence s'installa : mais ce n'était pas un silence pesant. C'était un silence apaisé.
Rien ne pouvait venir gâcher ce moment. Rien, excepté une certaine lettre…mon billet de retour vers la réalité.
La bouteille en verre se posa délicatement aux pieds de Riku. Celui-ci l'attrapa, étonné, enleva le bouchon, et ses yeux parcoururent le mot. Enfin, il appela :
-Sora ?
-Quoi ?
-Je crois que c'est pour toi…
Sora, surpris, attrapa à son tour le bout de papier.
« Je pense à toi, ou que tu sois.
Que nos soucis s'envolent et que nos coeurs Fusionnent.
Le moment est venu de réaliser ce vœu.
Et qui sait ?
L'aventure ne sera peut être pas si périlleuse.
Sans doute a-t-elle déjà commencé.
Nous ne vivons pas dans le même monde,
Mais nous sommes sous le même ciel.
Un seul ciel,
une seul destinée.
Kairi. »
Sora leva les yeux. Je pouvais sentir à côté de moi son cœur battre comme un fou. A ce moment là, une grande lumière nous éblouit : elle semblait flotter au dessus de l'océan. Sora se leva aussitôt.
-La lumière, dit simplement Riku.
-Elle est magnifique, murmurai-je
-La Porte de la Lumière, comprit Sora. Riku, Gabrielle, venait !
Il nous tendit sa main.
-Oui, répondîmes-nous en chœur.
Où était le haut ? Où était le bas ? Lorsque la lumière nous enveloppa d'un cocon moelleux, nous oubliâmes tous nos soucis. Ce n'était pas le même genre de lumière que celle qui nous avait amené dans le monde du néant, par exemple. Non, celle-là était douce, et chaude. C'était la lumière du cœur de Sora.
Un air iodé me prit le nez. Je ne voyais qu'un ciel rose, orange et violet. Nous étions devenus des étoiles.
Nous atterrîmes sans violence dans l'eau tiède. L'eau de la mer…l'eau de l'Île du Destin. Pendant un instant, je ne vis rien d'autre que le turquoise de l'océan, puis j'émergeais avec Riku et Sora.
-Sora ! Riku ! Gabrielle ! appela quelqu'un.
Nous nous retournâmes vers Kairi, qui était sur la plage, et qui nous appelait en secouant vigoureusement sa main. Nous nous mîmes aussitôt à nager vers la rive. Sora était très enthousiaste. Son rêve était devenu réalité.
Il était rentré chez lui.
Donald et Dingo apparurent soudainement dans notre champ de vision. Ils nous fîmes un accueil triomphant Sora et moi nous tombâmes dans l'eau tandis qu'ils nous sautaient dessus. Riku, lui, retrouva son cher ami Mickey. Le Roi lui avait été d'un grand secours au Manoir Oblivion. Il avait toujours été un grand soutien pour lui. Puis Matthew arriva à son tour. J'échappai à l'emprise de Donald et Dingo pour courir vers lui et sauter dans ses bras. A mon grand étonnement, il réussit à me porter sans difficulté. Il s'était musclé pour pouvoir se défendre. J'étais très heureuse de le retrouver, moi qui m'étais tellement inquiétée pour lui.
Sora leva les yeux vers Kairi. Puis il chercha quelque chose dans une de ses poches et sortit le porte-bonheur que Kairi lui avait confié à la fin de Kingdom Hearts I. Je pouvais deviner les traits de Roxas sous ceux de Sora. C'en était troublant.
-On est rentrés, dit-il.
Il était si joyeux que sa voix tremblait légèrement. Kairi, souriante, tendit sa main vers lui.
-Bienvenue.
