Je suis en retard je sais ._.
Shame, Shame, Shame. Et c'est dans pélégrinant vers le septuaire que je vous livre le dernier chapitre de cette fanfic, son épilogue sera dans une semaine.
Un grand merci de m'avoir suivie jusque là, bonne lecture, on se retrouve en bas !
Le dernier ennemi qui sera détruit c'est la Mort
3 Mars 2025
2h 01
Harry venait de pénétrer dans le parc de Poudlard. Avec la cape d'invisibilité et la carte du maraudeur qui ne le quittaient plus depuis des semaines, c'était une chose aisée, songea-t-il. Il avait laissé une équipe pour protéger le château, en sachant pertinemment où Voldemort l'attendait. Il n'avait plus beaucoup de temps.
Le cœur battant, et le cœur au bord des lèvres, Harry s'extirpa du passage du Saule Cogneur. Sans doute aurait-il dû être énervé de voir qu'il avait réussi à passer aussi facilement alors que ses aurors étaient censés surveiller les lieux, mais sur le moment, Harry préféra se concentrer sur sa destination.
Ses pieds le portèrent vers la Forêt Interdite. Il longea le château dont beaucoup de lumières étaient encore allumées malgré l'heure tardive, puis arriva aux abords de la cabane d'Hagrid.
Il eut la surprise de voir Hagrid devant sa cabane, entouré d'autres personnes. C'était Lucy pleurant contre lui, accompagnée de Fred, Roxane et Hugo. Tous les trois étaient pâles comme des linges. Caché sous la cape d'invisibilité, Harry resta quelques instants à les regarder.
—M-M-Maman v-v-va v-v-v-venir me chercher d-d-d-demain, sanglota Lucy dans la barbe hirsute et blanche d'Hagrid. Elle dit q-q-que d-d-demain tout sera terminé. Qu'est-ce que ça veut dire P-professeur Hagrid ?
—Je ne sais pas, sanglota le demi-géant complètement anéanti. Tout devait s'être terminé. Tout va bien se passer, faites confiance à votre oncle… Je-Je vais vous ramener au château.
—D'après les professeurs Lily et Albus sont en danger de mort, protesta Hugo. On est tous en danger ! Comme si quelqu'un pouvait dormir ce soir !
—Est-ce qu'il va revenir ? Vold- commença Roxane d'une petite voix aigüe.
Hagrid serra d'autant plus fort Lucy contre lui à la mention de ce nom honnis.
—Ne prononcez pas son nom. Ne le prononcez pas ! Il massacre et détruit tout ce qu'il touche, il ne faut pas prononcer le nom de quelqu'un comme ça.
Cette vision souleva le cœur d'Harry. Il avait l'impression que des crochets invisibles lui tiraient le cœur en dehors de la poitrine. En tremblant, il se détourna des pleurs de Lucy, de la mine inquiète de ses neveux et des gargouillis de douleur d'Hagrid et pénétra dans la Forêt Interdite.
Chaque pas était plus éprouvant que le précédent, il faisait un froid glacial sous les ramilles des arbres, et une sorte de brume compacte ondulait entre les troncs noirs de la forêt rendant indiscernable le chemin à prendre. Pourtant Harry savait ce qu'il devait faire. Il savait exactement où aller. Il s'arrêta une minute pour laisser passer un troupeau de centaures complètement déchainé.
Il y avait dans l'air froid quelque chose d'électrique, comme si les habitants de la forêt pensaient qu'il n'y aurait pas de lendemain. Le moindre hululement de chouette avait quelque chose de profondément angoissant. La vie semblait s'être arrêtée, comme suspendue dans le temps. Le craquement des branches sous ses pieds lui donnait l'impression de profaner le silence tendu des lieux. Harry vit plus loin, entre deux bosquets, Graup, le demi frère d'Hagrid. Il était dans un coin, une expression perdue sur sa tête en forme de rocher.
La même expression sans doute qu'il avait arborée quand tout avait commencé.
Le soir du retour de Voldemort.
Cette froide nuit de Novembre où il avait été appelé en urgence à Poudlard par un Patronus qui ne savait pas exactement comment expliquer la situation. Il s'y était rendu à toute hâte, pour finalement sombrer à la vue qui s'était alors présentée à lui. Un mort, des blessés, ses trois enfants enchaînés pour avoir apparemment commit l'impensable. Il se souvint de s'être figé à leur vue, et ils avaient croisé son regard tous les trois d'un même mouvement. Ce qu'il avait lu dans leurs yeux était gravé à jamais dans son esprit, un mélange de désolation et culpabilité. Comme s'ils avaient fait la plus grande erreur du monde et qu'à chaque instant la culpabilité les étouffait un peu plus.
On lui avait expliqué ce qu'ils avaient faits, il n'avait pas pu y croire, il n'avait pas pu en croire un mot, mais les témoins étaient là. Alors qui se trompait entre des dizaines de témoins et un père avait l'impression de perdre pied ? Toutes ses certitudes sur l'éducation de ses enfants avaient été balayées ce soir là. On l'avait interrogé, on avait fouillé leur domicile et l'appartement de James à la recherche de réponses. En vain. Et il y avait eut le procès.
Harry avait attendu à toute hâte que ce procès se termine, mais aujourd'hui il songeait avec ironie qu'il aurait préféré que les choses soient encore suspendues au souvenir de ses enfants. Ses enfants avaient vécu des choses terribles, mais y avaient survécu, ce soir, rien n'était moins sûr. Il songea à James honteux de lui même, puis à Ginny, à Teddy et aux autres membres de sa famille. Le meurtre de Percy avait ravivé en eux les morts de la guerre et rien ne semblait désormais arrêter Voldemort.
Percy. Un mort de plus par sa faute. Il s'était efforcé de ne pas penser à Percy juste après son meurtre, mais à cet instant Harry songea qu'il avait été beaucoup trop dur avec son beau-frère.
Il était désormais dans un endroit qu'il connaissait bien. Dans l'ancienne fosse d'Aragog désertée de ses occupants. C'était à cet endroit que le sort de mort de Jedusor l'avait touché. Il frémit, il se souvenait parfaitement de ce mélange de terreur et de sérénité qui l'avait envahies lorsque le sort l'avait frappé, car il savait qu'il mourrait pour une cause juste. Aujourd'hui rien n'était moins sûr. Il allait au devant de quelque chose qui le dépassait pour tenter de sauver ses enfants.
Il inspecta la terre retournée sous ses pieds, puis sans comprendre, comme si c'était quelque chose qu'il avait toujours su, il tendit sa main vers le sol. Sa magie sembla s'écouler de sa main en tremblotant comme la baguette de Sureau et la cape d'invisibilité qu'il avait avec lui. Le tremblement continuait, léger et bienfaiteur, comme s'il fallait absolument que ces trois objets soient réunis.
Le sol frémit sous ses pieds, puis la terre glacée s'ouvrit quelque peu laissant s'échapper une petite pierre minuscule et noire qui vola à hauteur de sa main et vint délicatement tomber dans sa paume.
Voldemort avait eu besoin de lui car il était le seul capable de réunir les Reliques, car il était le Maître de la Mort.
Sans comprendre pourquoi, il fit tourner la pierre dans sa main trois fois, ce contact familier lui décrocha un frisson d'anticipation.
—Bonsoir mon chéri.
Sa mère, son père, Sirius et Remus lui souriaient. Ils étaient pâles et translucides, jeunes, plus jeunes que lui, constata-t-il étonné. Il vit ensuite la forme fantomatique de Mr Weasley apparaître. Lui qui était mort de la dragoncelle deux ans plus tôt semblait calme et serein.
Sa mère s'approcha, ses cheveux roux volant derrière lui. Il se rendit compte en regardant le visage de Lily Potter d'à quel point sa fille ne lui ressemblait pas. Lily était plus petite, plus blonde avec un visage doux alors que sa mère avait d'épais cheveux auburn brillants à la lueur de la lune. Tout comme James avec son propre père, ils ne se ressemblaient pas. Ils étaient bien différents, et ce constat le fit les aimer encore davantage. Il était incroyablement fier d'eux, tout comme d'Albus. Pourtant, ce n'est pas cette fierté qu'il eut envie d'exprimer sur le moment.
—Je vais faire une erreur maman. Si je n'apporte pas les Reliques, il tuera Lily et Albus, si je les apporte il reviendra et détruira tout.
Les yeux verts de Lily si semblables aux siens brillèrent dans la nuit.
—Je sais mon chéri. Je sais. Fais ce qui te semble juste. Tu es encore une fois si courageux, tes enfants le sont aussi Harry.
À quarante ans passé, Harry croyait qu'il n'aurait plus besoin de ce genre d'encouragement, mais il se trompait.
—J'aurais aimé connaître James, murmura James Potter avec un sourire. Un sacré caractère celui-là.
—Tout comme Lily et Albus. Ils tiennent de toi, remarqua la voix voilée de Sirius. J'ai l'impression de te voir à quinze ans quand je les observe. Parfois perdus, mais emplis de bons sentiments.
—Ce sont des bons enfants, reprit calmement Mr Weasley. Ils ont faits des erreurs, tout comme toi et Ginny, mais ne regarde pas vos erreurs, regarde vos réussites.
—Ginny et toi avez fait du bon travail, dit Remus avec douceur. Comme avec mon fils. Je ne pourrai être plus fier de lui. Tu l'as élevé comme un père.
La silhouette de Tonks se matérialisa aux côtés de Remus. Elle sourit avant de disparaître, d'autres silhouettes venaient sans qu'il ne puisse réellement voir leur visage. Elles s'enchaînaient sans cesse et sans fin pour lui donner du courage, lui adressant un sourire, un regard ou à peine un mot. Harry se rendit compte qu'il en avait cruellement besoin.
—Je vais faire une erreur. J'ai fait tellement d'erreurs avec eux.
—Elever un enfant est le travail le plus compliqué qui soit, Harry, murmura doucement son père. Je ne pense pas que j'aurai fait un meilleur travail que toi avec tes enfants en t'élevant. Je suis fier de toi comme je suis fier de mes petits enfants.
—Tout va bien se passer, fit Remus d'une voix étrange comme s'il savait ce qu'il allait se produire ce soir. Tout va bien se passer, Harry.
Ils sourirent une dernière fois, puis disparurent dans la brume épaisse et glaciale. Harry se détourna et commença à regagner l'orée de la forêt, cependant une épaisse silhouette attira son attention. C'était le fantôme de Fol Œil, il claudiquait près de lui. Son visage était aussi couturé de cicatrices qu'avant sa mort, mais il avait sur ses lèvres une expression beaucoup plus juvénile, semblable à son double dans la pensine.
—Ma sœur est morte en protégeant tes fils, dit-il d'une voix abrupte. Mais ils ont fait éclater la vérité. Elle n'est pas morte en vain. Sacré petits gars que ceux-là quand j'y repense. En tant qu'auror ont fait beaucoup de choses pour sauver les autres, parfois ça ne suffit pas, j'imagine que pour la famille c'est pareil. Fais ce que tu as à faire, Potter.
Il disparut pour laisser place à une autre forme. Harry blêmit en la voyant. C'était Dumbledore habillé d'une robe blanche semblable à celle qu'il portait lorsqu'il l'avait vu à King Cross. Son ancien mentor lui adressa un sourire bienveillant.
—Marchons un peu Harry. Je sais qu'il ne te reste pas beaucoup de temps, mais j'aimerais vraiment parler avec toi.
Ils avaient quitté le couvert des arbres. Harry hocha la tête et remit la cape d'invisibilité sur lui en traçant dans le parc auprès du vieil homme. Ses mains tremblaient, il avait réuni les Reliques, il ne restait qu'une chose à faire et Harry et Dumbledore le savaient tous les deux.
—Pourquoi… cette nuit là quand je vous ai vu à King Cross, vous-
—Pourquoi ne t'ais-je pas dit que j'avais rencontré Albus, James et Lily ceux-ci étant revenus dans ma mémoire après ma mort ? Car t'apprendre ton avenir ne t'aurais pas apporté grand-chose, Harry. Le Temps et le Destin sont des choses fascinantes, Harry et quand on y touche, dangereuses. Des choses qui nous échappent, qui nous punissent sans cesse et sans fin, ils forment ensembles la vie. Il existe des millions de possibilités de changer le Cours du Temps. J'ai compris quand Albus, James et Lily sont revenus dans ma mémoire après ma mort, qu'ils avaient réussi. Qu'ils t'avaient sauvé la vie à toi et à Ginny Weasley. Je ne pouvais pas t'informer d'une telle chose car je savais que le Temps allait réparer cette injustice. Je voulais que tu sois heureux et que tu vives ta vie par dessus-tout. As-tu été heureux, Harry ?
—Oui… mais nous sauver a fait revenir Voldemort. J'ai transmis avec Ginny ce qui va nous détruire. Il est plus dangereux que jamais. Professeur Dumbledore je n'ai aucun plan contre lui. Je n'ai rien pour le battre, il les tient en otage, dès qu'il aura les reliques il nous tuera. Je suis terrifié. Il s'est nourri du pouvoir d'autres sorciers pendant des mois, il est trop puissant.
—Tu n'as rien transmis Harry. Tom Jedusor est là, mais ce n'est pas ta faute. Les choses sont ainsi faites. Pour t'expliquer ce qui va suivre, j'aimerai déjà te demander pardon.
Harry regarda les yeux bleus et brillants de Dumbledore. Ils étaient arrivés au niveau du Saule Cogneur qui s'agitait à la perspective de frapper quelque chose. Calmement Dumbledore posa sa main translucide contre le tronc qui fut parcourut d'un petit frisson avant de s'apaiser. Harry se glissa dans le passage, Dumbledore sur les talons. Le directeur reprit d'une voix douce.
—J'aimerai te demander pardon et je veux que tu le transmettes à Lily. Quand j'ai compris les sentiments de Lily pour Tom, cela m'a parut… aussi dérangeant que satisfaisant. Le Tom Jedusor que j'avais toujours connu si seul trouvait enfin des bras et un cœur pour l'accueillir et j'espérais que cela pourrait le changer. Je l'ai laissée le poursuivre dans cet orphelinat car j'espérais qu'il comprenne à quel point ce sentiment qu'est l'Amour pouvait être merveilleux. En vain, et c'est là une de mes plus grandes erreurs, sans doute est-ce là encore une fois ma fâcheuse manie de voir le meilleur chez les gens.
Harry rampait désormais dans l'étroit conduit, Dumbledore flottant à côté de lui. Le vieil homme regardait un point droit devant lui avec une expression étrange.
—J'ai fait beaucoup de choses que je regrette, j'ai entraîné Albus et James dans une guerre qui ne les concernait pas en faisant d'eux des fugitifs et laissé Lily souffrir car j'ignorais beaucoup de ses malheurs. J'aurais dû être bien plus vigilant. Néanmoins, je crois que Voldemort, ou du moins le Tom Jedusor de cette pensine s'est trouvé une faiblesse qu'il n'attendait pas. Lily. De ce que tu as vu, Tom a toujours tenté d'une façon ou d'une autre, de garder Lily en vie.
—Vous pensez que Jedusor a aimé Lily ? demanda Harry d'une voix d'outre-tombe.
Dumbledore sembla réfléchir.
—Oh, non, je ne pense pas… mais qui sait ? L'amour est un sentiment qui échappe certainement à sa compréhension, ou du moins s'il a un jour éprouvé quoi que ce soit, il a eut tôt fait de pervertir ce sentiment pour quelque chose de plus… malsain, il me semble. Je pense sans me tromper que Tom a senti ce que c'était qu'être aimé et recevoir de l'affection et qu'il a pour le malheur de Lily, commencé à aimer ça. Simplement, il désire et veut posséder. Il ne peut pas aimer comme nous autres. Une personne aussi avide que Tom n'attend pas quelque chose, il le prend. Est-ce que tu comprends, Harry ?
Le brun hocha lentement la tête. Ils étaient arrivés dans la Cabane Hurlante. La suie et une odeur de brûlée l'assaillirent. Dumbledore reprit :
—Ce n'est pas de ta faute si Voldemort est en passe de revenir. Si les choses se sont passées ainsi c'est qu'elles avaient un but. Le Jedusor que tu vas affronter a une faiblesse que l'autre avait oublié. Tom est actuellement plus seul que jamais, grâce à toi et tes amis il n'a pu réunir aucun de ses alliés. Il a besoin des Reliques de la Mort car le corps de Jebediah Bittersweet le rend un peu plus fragile à chaque moment, et donc infiniment plus dangereux, Harry. Ullah Sevisky était la clef de tout, je regrette de ne pas l'avoir comprit plus tôt. S'il revient à la vie, il est et restera seul et crois-moi, et si cela doit arriver les choses seront différentes.
—Professeur Dumbledore…
Après un léger clin d'œil Dumbledore disparut dans un courant d'air frais, il ne persistait au sein de la Cabane Hurlante plus qu'une légère brume argentée qui monta vers le plafond brûlé avec lenteur.
Harry inspira et expira les mains cramponnées sur les trois Reliques de la Mort. Il regarda sa montre, il ne restait plus que vingt petites minutes. Il était prêt.
oOo
3 Mars 2025
2h55
Revenir à Godric's Hollow fut quelque chose de troublant et de nostalgique. Il avait l'impression de revenir aux sources après tant d'années. Toutes les maisons alentours avaient été vidées de leurs occupants, il n'y avait que le silence. Devant chaque entrée du village ses aurors attendaient, la main crispée sur leur baguette. À son arrivée, Ramayad et Whistley sursautèrent, sur le qui-vive. La jeune femme s'apprêtait à le viser quand son compagnon l'arrêta d'un geste.
—Chef, on a verrouillé le périmètre, ça fait une heure qu'il est là. Il a dit que si nous bougions, il tuerait Albus et Lily Potter. Nous avons suivis vos ordres. Il y a des détraqueurs tout autour de Godric's Hollow. Ils ne nous attaquent pas. Tant que nous ne bougeons pas, ils restent là. Il veut que vous et seulement vous, passiez.
—N'y allez pas seul Mr Potter, protesta Bella Whistley. On vient avec vous. On peut le prendre à revers, d'une façon ou d'une autre…
—Crois-moi Bella, il n'aura aucun état d'âme à tous vous tuer. Il est trop malin pour se laisser avoir par une telle ruse. Il vous sentira arriver à des kilomètres, je suis à peu près sûr qu'il nous écoute. Restez-là. Ne bougez pas. Surveillez les détraqueurs. Si jamais les choses dérapent… trouvez un moyen de récupérer Lily et Albus et sauvez-vous. C'est tout ce que je vous demande. Faites passer le message aux autres équipes.
Il passa entre les deux aurors, ses mains cramponnées sur les reliques. Après sa conversation avec ses parents et Dumbledore, Harry se sentait plus prêt qu'il ne l'avait été depuis des années. D'une certaine façon, il savait ce qu'il avait à faire. Il traça sur la grande place désertée. Il savait exactement où aller.
La maison de ses parents n'avait pas bougée, elle était restée telle qu'il l'avait laissée. Après la guerre, Harry n'y avait pas touché, il n'avait pas osé. En se rendant compte que c'était là un véritable pèlerinage pour beaucoup de sorciers. Hermione avait proposé de transformer ce lieu en musée sur la guerre, mais Harry avait refusé. Il n'avait pas pu s'y résoudre. Le passé était le passé et revenir dessus ne servait rien, il valait mieux aller de l'avant.
Les ruines de cette maison dont il n'avait plus aucun souvenir étaient telles quelles, si ce n'était que Jedusor attendait devant, à ses pieds, Lily, et son cœur manqua un battement Albus, complètement livide. Il avait perdu beaucoup de sang. À son approche le visage de Bittersweet eut un rictus.
—J'ai cru que tu n'allais pas venir. J'aurais été déçu si tel avait été le cas, Harry Potter.
Albus et Lily s'agitèrent en le voyant arriver. Sa fille était terrorisée, ses grands yeux bruns le fixaient avec l'air de lui hurler silencieusement de s'échapper, tout comme ceux d'Albus.
—Je suis venu. J'ai les Reliques. Laisse-les partir, Jedusor.
—Même toi tu ne crois pas un instant que je vais faire une telle chose. Dépose-les, toutes les trois et écarte-toi, éclata la voix glaciale de Jedusor en saisissant brutalement Lily par les cheveux.
Celle-ci gémit. Il la relâcha quelques peu, quelques mèches de ses cheveux roux-blonds restaient accrochés à sa main fripée pour être sûr de l'avoir à l'œil.
—Avant ça je veux comprendre. Je veux comprendre Jedusor.
—Essaierais-tu de gagner du temps Harry Potter ? Dans notre petit jeu du chat et de la souris je suis celui qui t'a fait le plus courir n'est-ce pas ? Tu n'es vraiment pas bon à ce genre de jeu. Mais soit, tout ceci m'a largement amusé je dois dire, je vais tout t'expliquer quitte à ce que ce cher Albus perde encore un peu plus de sang.
Il poussa d'un coup de pied négligeant Albus au sol qui gémit de douleur. La fureur envahit Harry qui leva sa baguette en houx vers Jedusor. À cela, Voldemort n'eut qu'un éclat de rire froid et sec.
—Oh non, Harry. Rappelle immédiatement tes aurors si tu veux tant que ça les explications que tu attends. J'ai la main mise sur toi et j'entends la garder encore un peu avant d'en finir.
Un véritable combat s'était amorcé dans la tête d'Harry, il eut l'impression qu'un million d'idées se bousculaient. Jedusor avait certes la main mise, mais pouvait-il faire du mal à Albus et Lily ? Non, pas Albus, il a besoin d'Albus comprit-il en voyant qu'il avait été soigné sommairement. Il avait besoin de lui pour la formule de Beedle. Il ne lui ferait rien pour le moment, quant à Lily, rien n'était moins sûr. Harry sous le regard victorieux de Jedusor rappela ses aurors avec sa bague et leur dit de s'éloigner le plus possible. Il n'en doutait pas, cet ordre ne serait pas suivi, beaucoup allaient refuser de l'écouter pour trouver le moment propice où attaquer. Mais à cet instant précis ses enfants étaient bien trop en danger pour qu'il se permette de faire la moindre hypothèse. Il avait le regard fixé sur Albus et Lily -qui était toujours tenue par les cheveux- et il s'aperçut que sa fille évitait à tout prix de le regarder. Elle fixait Jedusor avec des yeux dangereux.
Un vent glacial passa entre eux. Harry, les mains cramponnées sur la cape dans laquelle il avait emmailloté les Reliques, frissonna malgré lui alors que la voix dangereuse et glacée de Jedusor reprenait.
—Bien, maintenant pose les Reliques et écarte-toi. Ne doute pas de mes capacités, je n'ai plus rien à perdre et un accident est si vite arrivé n'est-ce pas ?
Harry déglutit mais s'exécuta. Il posa les reliques sur le sol, la cape s'agitait sous le vent glacial. Voldemort eut un rire sans joie mais n'amorça pas un geste pour les récupérer.
—Incarcerem.
De puissantes cordes jaillirent du sol d'un coup et ceinturèrent Harry qui se mit à se débattre comme un forcené, en vain. La peur le saisit, il ne pouvait plus bouger. Il ne pouvait plus rien faire !
—Ils ne sont pas encore tous partis, je le sais. Je sais qu'ils m'observent. Je m'en contenterais. Que peuvent-ils bien faire contre moi ? Je veux qu'ils voient.
—Tu veux qu'ils sachent comme le public qui assistait au procès, répondit Harry d'une voix furieuse.
Une grimace sardonique déforma le visage de Bittersweet qui d'un coup se contracta atteint par la toux. Il vit Bittersweet se courber en avant pour cracher du sang et relâcher quelque peu Lily qui tenta de se dérober vers l'avant avant d'être rattrapée. Les cordes frémirent puis le lâchèrent alors. Harry se dit que c'était le moment. Il pointa sa baguette sur lui, pour l'attaquer. Mais un puissant courant le parcourut, il fut repoussé plus loin. L'arrière de la tête d'Harry heurta le parterre bétonné et glacé. Il retint un cri de douleur et sa baguette avec un expelliarmus lui échappa des mains. Il la regarda, horrifié rouler plusieurs mètres plus loin.
—P'pa ! hurla la voix faible d'Albus.
—Je ne te savais pas si Serpentard, Harry, siffla la voix glaciale de Voldemort. Attaquer un homme affaibli.
—Tu es tout sauf un homme affaibli, jura Harry en se relevant tout endolori, écumant de rage.
—Mais Jebediah Bittersweet en est un. Ne voudrais-tu pas sauver le Ministre ? Oh, tu écumes de colère et de rage contre lui, mais laisse-moi t'apprendre qui est Jebediah Bittersweet un homme qui me hait tout autant que toi, mais pour cela il nous faudra remonter dans le temps. Plus précisément à la nuit de mon retour. J'avais oublié bien des choses. Le sortilège raté de ce cher Albus m'a ôté beaucoup de mes souvenirs, j'avais encore quelques bribes mais à mes yeux c'était comme si depuis cette nuit fatidique de ma mort il ne s'était écoulé que quelques secondes.
« J'étais totalement désorienté et meurtri. Je me suis rendu compte qu'il me fallait un hôte pour survivre.
« J'ai erré ainsi pendant des jours, phagocytant des corps, des rats, quelques humains moldus ou non qui se rendaient à peine compte de ma présence, mais il me fallait absolument changer de corps. C'était la deuxième fois de mon existence que j'en étais réduit à quelque chose d'aussi pathétique, encore une fois par ta faute.
« Je reprenais peu à peu mes esprits et mes souvenirs quand j'ai appris qu'un procès allait avoir lieu avec tes enfants. C'était l'occasion rêvée, n'est-ce pas Lily ?
Il la leva brutalement, collant sa baguette contre son cou. Sa fille rendit au visage ridé de Bittersweet une mine entre dégoût extrême et terreur profonde.
—En me nourrissant, j'ai pu arpenter comme en courant d'air le Ministère bien trop préoccupé par ce procès et j'ai rencontré une âme si faible qu'elle devait absolument me servir, celle de Jebediah Bittersweet. Il venait d'apprendre sa maladie et il était si faible. Si faible, tu n'as pas idée de ce que ce corps en fin de vie m'a fait souffrir. Mais je devais le garder en vie, car je me suis rendu compte d'une chose Bittersweet avait des secrets. Une fille morte sur mon ordre, je crois que la chroniqueuse de pacotille t'a parlé de Flora Bittersweet ? Le Ministre qui s'esbignait contre ma présence s'est soudain assagi.
« Il a accepté de m'écouter pour une seule et unique raison. Se sachant proche de la mort, il voulait dans ses derniers instants réunir sa famille. N'est-ce pas touchant ? S'il me servait je devais lui dire où Greyback avait laissé pourrir le corps de sa tendre fille. Il n'avait plus la force de se battre contre moi, il ne pouvait plus me haïr car l'espoir lui avait tordu le cœur.
« Une fois ce petit marché mis en place, le procès pouvait commencer. Et je voulais que tu assistes à ça. J'étais prêt à montrer certains passages intimes de moi-même pour que tu voies, pour que toi tu souffres. Je voulais que tout le monde assiste à ma montée en puissance. Je n'ai pas honte de ce que je suis, je suis le plus grand sorcier de tous les temps, je voulais qu'ils sachent comment j'ai vaincu la Mort une fois de plus. La curiosité des sorciers a été amplement satisfaite tu ne crois pas ? Largement punie comme ce soir, mais satisfaite. Je voulais que le monde sorcier comprenne ce qu'il te devait. Mon retour. Ton sang m'a fait revenir par deux fois. Merci, Harry Potter. Et puis, Bittersweet n'avait pas tort, ce procès allait suffisamment occuper les esprits pour que je tire mon épingle du jeu. La haine était portée sur tes enfants, j'étais intangible, insoupçonnable et toi trop occupé à essayer de comprendre ce que tu voyais tout comme ta petite famille pour être assez efficace pour me trouver.
« J'ai adoré l'expression de ton visage lorsque tu as su les secrets de cette chère Lily. Je voulais que tu souffres comme tu m'as fait souffrir.
Voldemort adressa un regard victorieux à Harry, il tenait dans sa main serrée si haut Lily qu'elle ne touchait plus le sol, une plainte de douleur lui échappa des lèvres.
— Mais ce corps était trop faible. Je devais aller me nourrir ailleurs. Prendre un peu de magie et de force aux autres. Mrs Bittersweet a été ma première victime, quand je me suis rendu compte qu'elle avait bien compris que son mari était possédé et qu'elle me menaçait, je l'ai attaquée. Au moment où j'allais la tuer, Jebediah a réussi à reprendre le contrôle. Il n'a pas réussi à te le dire à ce moment là. Sans doute n'arrivait-il pas à comprendre ce qu'il se passait. La tambolite qui le ronge lui faisait oublier ma présence…Je l'ai intensément surveillé pendant des jours, sa femme était en vie et j'avais de quoi le faire plier. Il parlait, elle mourrait. J'avais cependant bien vu que tu commençais à comprendre. Les soupçons étaient contre lui.
« Suite à cela, et pleine de sollicitude la Haute Juge Susan Bones m'offrait sans le savoir ses pouvoirs. Cette sotte ne se rendait compte de rien, elle se sentait juste faible. À chaque fois que Bittersweet la voyait dans son bureau, je m'en nourrissais allègrement. Je surveillais encore et encore Bittersweet car ces souvenirs m'ont permit de me rendre compte de certains détails auxquels je n'avais pas pris attention, jadis. Dans ce corps plus faible chaque jour, j'avais un moyen de revenir à la vie. Lentement j'ai compris le pouvoir des reliques et ce qu'elles impliquaient avec une clef.
— Ullah, siffla Lily en haletant.
Voldemort lui adressa une grimace cruelle.
— Oui, Ullah Sevisky, la femme qui t'aurait tué dans un autre futur, à qui j'ai moi même ôté la vie. Elle possédait la clef pour assembler les choses entre elles. Quelle ironie n'est-ce pas ? Une fillette à laquelle je n'avais jamais porté attention et que tes enfants haïssaient toute leur âme était la clef de tout. Un meurtre, son meurtre m'a ramené dans cette époque. J'ai relu différentes versions du Conte de Beedle le Barde. Cette formule n'était notée nulle part mais une allusion y était glissée. Le dernier ennemi qui sera détruit est la mort. J'ai compris que cette fillette avait un pouvoir entre ses mains qui dépassait tout ce que j'espérais. Grindelwald se trompait, oh oui. Les reliques assemblées n'ont pas pour but de devenir immortel. Non. En devant le Maître de la Mort, ces artéfacts uniques ont pour but de redonner puissance et corps à une âme bloquée comme la mienne entre vie et mort. Voilà ce qu'est le Maître de la Mort, une passerelle. Pour une âme qui n'a pas continué…
« Elles permettent de ressusciter une seule et unique vie, car c'est là le cadeau ultime de la Mort. Récupérer une existence contre la destruction de ces Reliques si humiliantes pour Elle. Un cadeau qui a été tenu hors de ma portée et dans mon ignorance.
« J'ai longtemps cru qu'elle l'avait confié à Lily, c'est pourquoi je tenais à l'observer elle en particulier, mais rien n'en sortait.
« Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reconnus le médaillon qu'elle portait autour du cou dans les souvenirs de Lily. C'était là, ça ne pouvait être que là où elle l'avait caché. J'ai retourné ta maison dans l'espoir de le trouver, ainsi que le lieu de ma résurrection. Où était-il ce médaillon ? Il avait brûlé, la clef de ma résurrection est entre les mains de ton fils car il l'a lue et je sais qu'il l'a traduite et comprise, n'est-ce pas Albus Potter ?
Il donna un violent coup de pied à Albus qui hoqueta de douleur. Il était encore plus pâle que tout à l'heure. Le corps de Bittersweet fut atteint d'une nouvelle crise de toux et il ne s'en tint que plus fermement à Lily, sa baguette était si férocement enfoncée dans son cou qu'une marque de brûlure était apparue. Harry, se jeta en arrière pour récupérer sa baguette.
—NE BOUGE PAS, HARRY POTTER ! ENDOLORIS !
L'endoloris l'atteint de plein fouet, Harry retomba au sol en hurlant. Sa tête menaçait d'exploser, il eut l'impression qu'un million de couteaux s'enfonçaient dans son cerveau, tout son corps était chauffé à blanc, cette douleur qu'il n'avait pas connu depuis des années lui parut si insupportable qu'il eut un gargouillis de douleur couvert par le hurlement de ses enfants et l'éclat de rire de Voldemort.
—Récupère les Reliques, Albus Potter et prépare le rituel. Tu en es encore capable, je le sais. Tu as été soigné.
Harry au sol, vit son fils le regard en tremblant puis observer sa sœur suspendue, la douleur déformant ses traits. Les chaines qui l'avaient ceinturé tombèrent au sol dans un cliquetis lugubre. Lentement, en se trainant au sol laissant derrière lui une trace rougie, il commença à attirer à lui les trois reliques. Harry, horrifié se releva à son tour. Il fallait à tout prix trouver un moyen de les sortir de là. Il chercha dans la rue désertée pour voir si quelqu'un arrivait. Il avait le pressent sentiment que quelque chose allait se produire cette nuit et il n'était pas sûr de vouloir en savoir les tenants et aboutissants.
—Allez commence Albus Potter, pendant que je discute avec ton père. Nous allons rattraper le temps perdu. Endoloris !
En tenant toujours Lily par le cheveux il lui jeta un nouveau sort qui catapulta Harry plusieurs mètres plus loin. Il hurla à nouveau, son cri ébranla toute la rue déserte, abattu par la douleur, désorienté et confus, Harry songea qu'il n'avait pu sauver personne. Personne.
—Revigor, lança Voldemort à Harry. Enfin, c'est mieux, je veux que tu entendes tout avant que je ne te tue. Sois calme et tes enfants s'en sortiront peut-être en vie. Le sang de licorne a régénéré le corps de Bittersweet plus que ce que j'imaginais. Encore une fois tu n'as pas mit longtemps à comprendre n'est-ce pas ? Ce que tu ignorais était que Jebediah Bittersweet en apprenant sa maladie avait déjà pu se procurer du sang de licorne pour tenter de rallonger sa vie, je n'avais qu'à me servir dans ses petites réserves.
« Tu m'as mit de nombreux bâtons dans les roues je dois dire. Tu as compris tout, sauf ce qui se tramait devant ton nez, car j'étais indétectable. Qui pouvait croire sérieusement que le Ministre, si vieux, si fatigué et si haineux de ma personne pouvait abriter ma puissance ? Bittersweet a du te donner un indice.
« Vois-tu, ce soir où tout a basculé, ou tu as vu les tourments de ta chère fille, j'étais en train de me nourrir consciencieusement dans le public horrifié quand Bittersweet a trouvé le courage de t'inviter à lui parler. Ma fureur n'a jamais été aussi grande. Je ne pouvais pas réapparaître devant toi sinon mes plans tomberaient à l'eau. Alors j'ai possédé Susan Bones pour écouter ce qu'il avait à dire, misérablement collé contre le battant de la porte. La verveine blanche. Je n'avais pas compris sur le moment, puis je me suis souvenu de l'affection mutuelle des Bittersweet pour cette ridicule petite plante. Et là, j'ai compris qu'il essayait de te faire comprendre quelque chose à mon insu.
« Bittersweet avait endormi ma confiance pour mieux me frapper par derrière. Tu étais tellement en colère à ce moment là que tu n'as rien remarqué, mais j'ai su que je devais lui faire mal. Tellement mal qu'il ne serait qu'une petite chose vide. J'ai tué sa femme. La douce Annick Bittersweet a été tuée et là où j'avais cru que Jebediah Bittersweet allait se replier sur lui même, il n'en a été que plus furieux.
« Il avait compris depuis longtemps que j'ignorais totalement où se trouvait le corps de sa fille. Il m'a alors hurlé qu'il avait absolument tenu à garder la main mise sur ce procès pour me voir mourir avec lui et que je n'aille pas faire souffrir d'autres personnes.
« Il faisait durer dans mon dos et à mon insu ce procès bien plus longtemps que nécessaire en recherchant notamment chez tes fils des informations inutiles, avec l'espoir de mourir chaque matin en m'emportant avec lui. Il savait que je recherchais quelque chose dans cette pensine, et espérait par dessus tout me tuer avec lui avec la seule chose que je lui laissais encore à maîtriser dans sa misérable existence, du temps. Le temps que sa maladie me ronge moi aussi.
« De là, il a tenté de mettre fin à ses jours plusieurs fois. J'ai réussi à sauver ce corps et moi même à chaque tentative. Voilà la vérité Harry Potter, un père brisé, manipulé qui a détruit ce monde, tout comme toi. Vous n'êtes pas très différents. Tu m'as apporté tout ce qu'il me manquait.
Il jeta un coup d'œil négligeant à Albus, courbé sur lui même, les yeux exorbités, cherchant un moyen de s'en sortir.
—Dépêche-toi, tu connais cette formule Albus, je le sais.
—N-non. Tu vas tous nous tuer. Je préfère ne rien faire plutôt faire quoi que ce soit pour toi. Allez tue-moi ! cracha sèchement son fils.
Un sourire horrible étira le visage de Bittersweet. Il sortit de sa robe de sorcier rouge un poignard luisant, et là, tout se passa horriblement vite, il le planta dans la hanche de Lily qui cria de douleur.
—NOOOON ! hurla Harry dans un long cri de rage.
La rage, la douleur et l'impuissance se disputèrent la faveur dans sa tête, et il sentit sa magie fébrile répondre à ses besoins sur le moment. Sa baguette arriva toute seule dans sa main, alors que Jedusor tenait encore Lily. Harry se releva en tremblant, sa magie crépitant jusqu'au bout de sa baguette.
—Tu peux épargner à ta sœur bien des tourments Albus Potter… à moins que tu ne veuilles qu'elle meure… après tout tu allais tuer ton frère n'est-ce pas ? Combien de personnes devront agoniser devant toi pour que tu fasses quelque chose Albus Potter ?
—SALOPARD ! hurla Albus en pleurant. Ne la touche pas ! Ne la touche plus ! Je vais le faire ! Ne lui fais plus de mal !
Harry vit avec effroi son fils commencer à murmurer une litanie de mots qui n'avaient pas de sens pour lui, mais qui en avaient aux yeux de Voldemort car ceux-ci commencèrent à rougir.
Bientôt un cercle de vent glacial commença à se dessiner autour d'Albus qui ne pouvait plus s'arrêter dans sa récitation effrénée. C'était la chose la plus puissante et la plus effroyable qu'Harry eut jamais vue. Il eut l'impression que l'air se consumait autour de lui, tout semblait aspiré autour de l'étrange cercle de vent autour d'Albus.
Harry n'y tenant plus s'élança et des fourrées jaillirent, Ginny, James et Teddy, prêts à combattre. Sans plus comprendre ni attendre quoi que ce soit Harry appuya sur sa bague pour commander à ses aurors de prendre part au combat. C'était le moment où jamais. Il jeta une puissante gerbe d'étincelles vers le ciel.
Le sourire de Jedusor vacilla. Il n'avait pas prévu ça, Lily retomba vers l'avant échappant à sa portée. James et Ginny filèrent les protéger des détraqueurs qui arrivaient à toute hâte.
—Teddy ! hurla Harry.
Ils échangèrent un regard. Après toutes ces années à travailler ensembles nul besoin de mots, ils se comprirent. Teddy fonça vers Lily alors qu'Harry captait l'attention de Voldemort.
— CORPUS PATRONUM ! hurla-t-il vers le corps de Bittersweet.
Voldemort qui tentait de retenir Lily avec un sort d'entrave, ne vit pas arriver l'éclair blanc et pur qui le frappa de plein fouet. Les deux corps se scindèrent entre eux, Bittersweet tomba vers l'avant alors que la silhouette de Jedusor apparaissait. Un instant Harry crut percevoir de la peur dans son regard rougeâtre.
— C'est trop tard Harry Potter ! Le rituel a déjà commencé ! Il ne pourra pas être stoppé.
En effet, remarqua Harry affolé alors qu'il échangeait sort sur sort avec la forme fantomatique de Jedusor, Albus était coincé dans ce cercle qui s'agitait de plus en plus, emportant avec eux les débris volants de la maison. James chargeait le cercle de son mieux alors que sa mère combattait les détraqueurs. Il retourna un maléfice à Jedusor et constata soulagé que Teddy s'était rapproché de Lily et tentait de lui enlever ses chaines avec sa baguette pour stopper le saignement de sa hanche.
Harry roula au sol pour éviter un puissant éclair vert qui déchira la nuit et alla se perdre entre deux détraqueurs. Il bondit sur ses pieds pour braver un éclair rouge.
— Trouvez un moyen de briser le cercle ! hurla-t-il à sa famille.
— On s'en charge ! répondit sa femme avec une assurance de lionne face aux détraqueurs. Les autres ne devraient plus tarder ! On a eu un petit souci en cours de route ! SPERO PATRONUM ! gronda-t-elle vers la dizaine de détraqueurs qui arrivaient.
— Une sacrée histoire, on t'racontera ça Papa, si on en sort en vie ! répondirent Teddy et James d'une même voix puis James enchaîna en hurlant : ALBUS, ALBUS ARRÊTE ÇA ! ON VA TE SORTIR DE LÀ !
Voldemort n'en menait plus large. Il était soudainement acculé face à eux. Au loin on entendait les cris et les sorts que les aurors lançaient contre les détraqueurs et il n'en doutait pas de certainement des membres de l'Ordre. Étonnement, en cet instant Harry n'avait plus peur, il n'était plus seul.
Il savait exactement pourquoi il se battait et il voulait par dessus tout gagner. Jedusor poussa un cri de rage qui se mua en éclat de rire quand Albus enfin arrêta sa litanie.
L'éclair qui s'en suivit fut inimaginable. Tous furent projetés sur plusieurs mètres, Harry eut le souffle coupé comme si un puissant cognard l'avait atteint en pleine poitrine. Il retomba dans l'herbe. Il s'aperçut que le rayon avait fait s'effondrer les vestiges de la maison. Albus, songea-t-il aussitôt. Albus était au sol, autour de lui, la cape, la pierre et la baguette en train de partir en fumée.
Pendant une seconde cruciale tout sembla figé dans le temps, et Harry vit imperceptiblement la poitrine de son fils se soulever. Vivant, il était vivant, mais à peine se réjouit-il de cette vision qu'un second éclair jaillit cette fois des débris de la maison.
Dans un étrange cercle de lumière, une silhouette était en train de se former. Il la regarda grandir, effaré, sa femme, James, Lily et Teddy s'étaient relevés et avaient la même expression horrifiée.
Alors qu'il allait jeter un sort contre la boule de lumière une main l'agrippa soudainement, Harry baissa les yeux d'un coup.
C'était Jebediah Bittersweet au sol, pâle comme la mort, il tremblait, ses yeux étaient rouges. Il souffla d'une voix faible :
—J'ai essayé… J'ai essayé.
Sa main le lâcha, elle retomba sur le bitume froid dans un temps qui lui sembla abominablement long. Il rendit son dernier soupir quasiment au même moment. Harry, figé, ne sut quoi faire, la silhouette grandissait encore et prenait peu à peu une apparence humaine. Il entendit Ron, Hermione, Neville et plusieurs autres membres de l'Ordre arriver. Ils étaient aussi figés que lui face à l'horrible spectacle.
Il y eut un autre éclair noir cette fois-ci et la forme émergea.
Tom Jedusor venait de renaître.
C'était lui, aussi tangible qu'on pouvait l'être avec son visage de jeune homme, juvénile et séduisant, mais sa moue s'étira en figure cruelle.
—J'ai réussi.
Il déchaina sa baguette vers le ciel avant qu'Harry ou un autre sorcier n'ait pu lui jeter un sort. Le ciel fut inondé d'une lumière affreuse et éblouissante. Harry se courba pour éviter d'être aveuglé. Sous le choc, Albus fut projeté plus loin. Sa mère, quasiment à l'aveugle accourut vers lui. Il entendit son soupir. Il était en vie.
Quand la lumière diminua, Harry vit alors l'effroyable spectacle qui s'offrait à sa vue. Un Tom Jedusor bien en vie face à sa fille. Lily se tenait face à lui, blessée et tremblante une baguette pointée vers lui.
—Tu as volé la baguette de Skeeter, Lily ? Tu attendais le bon moment n'est-ce pas ? Serais-tu capable de me faire le moindre mal ? demanda-t-il d'une voix de velours.
—Il le faut, Tom.
—Lily ! Non ! hurla Teddy en arrivant derrière Jedusor.
Harry courut vers l'affrontement, il entendit plusieurs autres personnes sur ses talons. Il vit le regard de sa fille et comprit alors ce qu'il allait se passer. Jedusor dévia le maléfice qu'il jeta pour les séparer…
—Avada Kedavra ! rugit-elle en tremblant.
L'éclair vert jaillit de la baguette de Lily à toute vitesse. Jedusor s'esquiva à la dernière seconde et le sort alla frapper de plein fouet… Teddy.
—TEDDY !
Harry vit son filleul tomber face contre terre, les yeux grands ouverts et une expression incrédule sur le visage.
Le brun sentit en lui quelque chose d'horrible se produire en lui, la tristesse, la rage et le désespoir l'envahirent totalement. James fonça vers le corps de Teddy avec un hurlement d'animal blessé. Lily n'avait pas bougé. Elle était figée.
Il avait perdu Teddy.
Il venait de perdre un de ses fils.
Jedusor poussa un nouveau rugissement et lui jeta un sortilège. Harry n'eut pas le temps de le dévier, il engagea un féroce combat contre Jedusor, bien vite secondé par son épouse en larmes. Elle était aussi épouvantée et choquée que lui et réclamait vengeance et Ron et Hermione arrivaient pour les aider.
—LILY ! OÙ EST LILY ? réagit une voix qu'il n'identifia pas.
Jedusor dévia un de ses sortilèges avec brutalité et les repoussa lui et sa femme d'un large revers de bras en usant de magie sans baguette. Il porta son regard sur l'endroit où se trouvait Lily. Elle avait disparu.
Elle n'était nulle part.
Le sourire de Jedusor s'en était allé en même temps que les espoirs d'Harry. Il les regarda tour à tour, des membres de l'Ordre en train de combattre les détraqueurs, aux aurors qui arrivaient vers leur combat, et il eut l'air de comprendre qu'il n'était pas assez puissant face à eux. Qu'il n'avait pas l'avantage. Il reporta son regard là où se trouvait le corps de Lily et alors qu'Harry lui jetait un maléfice qui l'atteint au bras, il disparut.
Jedusor était parti. Et il avait gagné.
Il regarda tour à tour les membres de l'Ordre, ses aurors, et puis ses fils. Albus soigné par Bella Whistley qui paraissait à peine conscient, James serrant le corps de Teddy contre lui avec des hoquets de douleur. Le tonnerre gronda dans le ciel, présage de malheur.
Jedusor était revenu, était en vie, puissant et cruel. L'amère déception et l'horreur le firent tomber à genoux.
Ils avaient perdu.
—J'ai essayé, leur dit-il d'une voix hachée.
Hum... J'imagine que ce n'est pas le dénouement attendu. Mais en vue du ton de la fiction depuis le début, je comptais bien rester sadique jusqu'au bout.
On se retrouve la semaine prochaine pour l'épilogue (si jamais je poste pas car j'oublie car je m'organise jamais correctement, vous aurez droit de m'envoyer tout vos messages de haine)
Bref, l'épilogue la semaine prochaine
Merci pour vos reviews, vos follows et vos favorites
Love,
Hugs
La chauve souris requin transgénique.
