« Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire ! S'exclama Potter sur un ton dédaigneux qu'il affectionnait tout particulièrement quand il s'agissait de m'adresser la parole.
- Tu pourrais me montrer au lieu de me rabaisser, je lui répondis d'une petite voix. »

Au milieu de la Salle Commune de Gryffondors, Dorea Black et Victorius Potter s'envoyaient des regards consternés. Pourtant, ce fut avec une tendresse qu'il se fatigua à peine à dissimuler que ce dernier s'adressa de nouveau à moi.

« Tu sais Héléna, la métamorphose, soit tu l'as dans le sang, soit tu ne l'as pas... »

D'avantage blessée que vexée, mes yeux trouvèrent mes pieds comme pour me protéger de la condescendance de mon camarade. La douceur dans sa voix ne me sembla être que de la pitié, et ce fut pire encore que s'il m'avait aboyé dessus.

Depuis notre première année, j'avais pris Victorius Potter en exemple. Tout ce qu'il faisait était bien. Ses gestes en magie étaient toujours parfaitement exécutés, et comme si cela ne suffisait pas, il était parvenu à devenir l'un des plus grands capitaines de Quidditch que Poudlard ait jamais vu.

Il venait d'une famille modeste mais nous savions tous au château qu'il accomplirait de grandes choses en sortant, et après chaque vacances scolaires, c'était le même manège. Les jeunes filles racontaient à leurs parents les prouesses du jeune Victorius et ceux-ci s'extasiaient. Il allait devenir un bon parti, si bien que sa perfection devint rapidement un handicap.

Je crois que les filles, dans leur globalité, n'avaient jamais trouvées grand intérêt à ses yeux. La seule qui comptait, c'était Dorea parce qu'il s'était entendu avec elle dès le premier jour, quand elle avait lâché une bombabouse dans un compartiment rempli de Serpentard. Il avait trouvé la blague drôle, et moi aussi j'avais ri, de là où je me tenais.

J'ai toujours eu l'impression qu'ils étaient mes amis sans que ce ne soit pourtant le cas. J'avais cette obsession, celle d'appartenir à un groupe, et celui-ci me semblait de plus en plus parfait à chaque nouvelle rentrée à Poudlard.

Dorea était ce que l'on pouvait appeler un garçon manqué. Elle avait fait un scandale dès le premier jour en refusant de porter la jupe de l'uniforme Gryffondor, s'attirant au passage ma plus grande admiration sans même le savoir. C'était une fille, et elle donnait son avis haut et fort.

Victorius, lui, n'aimait pas se montrer, mais son intellect et ses facilités dans toutes les matières en avaient décidés autrement et avaient fait de lui la plus grande vedette du château sans même qu'il s'en aperçoive, et c'était aussi cela que les gens aimaient chez lui. Il était d'un naturel désarmant, se fichait d'être apprécié ou non, et c'était justement ce qui nous donnait envie à tous de devenir son ami, comme si sa merveilleuse personnalité allait déteindre sur nous pour nous transformer en être aussi parfait que lui.

Le problème, c'était que ce groupe n'était pas le mien, et je n'étais amie ni avec l'un, ni avec l'autre, même si j'aimais à le croire. Moi, j'étais la fille riche. La bourgeoise que tout le monde connaissait avant même qu'elle rentre à Poudlard. Sur le quai de la gare, à mes onze ans, j'entendais les parents dire aux enfants : « Regarde celle-ci, c'est la petite Beryl. Retiens bien son nom de famille, et essaie de devenir son amie. »

Au fil des ans, j'étais devenue presque aussi populaire que Victorius. Enfin, mon nom l'était. Moi, je n'étais qu'une ombre. Je n'avais pas le talent de leader de mon camarade et je n'étais certainement pas aussi charismatique que lui. Mes prouesses magiques n'étaient pas non plus dignes des plus grands sorciers, j'étais simplement dans la moyenne, et je décevais le monde entier par ma banalité.

Oh, bien sûr, j'appartenais à un groupe, et cela m'avait d'ailleurs comblé de joie pendant six années. Six longues années de joie interrompues par la franchise tonitruante de Victorius qui, quelques jours avant cette scénette dans la Salle Commune, m'avait craché au visage que je ne devais mes amis qu'au nombre de gallions qui remplissaient le coffre de mes parents à Gringotts.

Je ne lui avais pourtant rien fait pour mériter une telle insulte. J'avais simplement eu le malheur de rire avec mes amies à la bibliothèque pendant qu'il étudiait, et Merlin savait qu'il ne fallait jamais le déranger lorsqu'il était plongé dans ses parchemins.

Sur le coup, ma seule réponse avait été un rire nerveux, puis j'avais cherché du soutient chez mes amies, mais toutes avaient baissé les yeux. Ce fut ainsi que je compris que Victorius ne m'avait pas insulté mais m'avait rendu un glorieux service : Pour la première fois depuis six ans, je me rendais compte que la candeur flirtait dangereusement avec la bêtise. J'étais une idiote, et mes amies étaient avides.

« Dorea, s'il te plaît. »

La voix ferme de Victorius évapora toutes mes pensées, mais l'intimidation m'empêcha de lever la tête vers lui, alors je ne pus me fier qu'à mes autres sens quand je le suspectai d'avoir demandé à sa meilleure amie de nous laisser seuls.

« Bon sang, qu'est-ce qu'elles ont de si intéressant, tes chaussures ?! S'exclama t-il lorsque Dorea disparut. »

Je déglutis, incapable de répondre, mais j'osai un regard vers lui. Il était agacé, et je détestai l'agacer. Je détestai cela pour la simple raison que j'avais mené ma banalité si loin que, comme toutes les autres filles de ce château, j'étais tombée sous son charme.

Malheureusement pour moi, je n'étais même pas digne de l'indifférence qu'il vouait aux autres car il me méprisait. Mon être tout entier l'insupportait, et je m'en étais rendue compte assez rapidement. Quand deux élèves lambdas s'exerçaient au duel sur l'estrade devant toute la classe, il n'avait d'yeux que pour son parchemin. Quand le professeur me désignait, Victorius m'observait attentivement d'un air pédant, se réjouissant systématiquement de me voir me faire écraser par l'adversaire.

« Tu n'auras qu'un A en Métamorphose si tu regardes tes chaussures dès que le professeur te fait une remarque et tu ne parviendras certainement pas à transformer cette table en crabe de feu.
- Un A, c'est déjà bien, je lui fis remarquer au prix d'un grand travail sur moi-même pour ne pas fondre en larmes. »

Quand Victorius était près de moi, le cocktail détonnant de ma timidité et de l'admiration que je lui vouais me faisait perdre pied. Je voulais disparaître mais en même temps, j'étais tellement contente d'être avec lui que je souhaitais que les minutes deviennent des heures. Le problème, c'était que je le suspectais de vouloir que les minutes deviennent des secondes.

« Un A, c'est pour ceux qui n'ont pas d'ambition, trancha t-il avec ce même mépris qu'il m'avait toujours accordé. »

J'eus envie de m'excuser d'être là, et une fois encore, mes yeux se baissèrent. Il me voyait comme une ratée sans avenir, et je n'arrivais même pas à le contredire parce que je craignais fort qu'il ait raison.

« De toutes façons tu l'as dit toi même, je n'ai pas la Métamorphose dans le sang. Alors à quoi bon ?
- Bon sang Beryl, n'as-tu donc aucune estime de toi-même ?! Lança t-il avec irritation. »

Je haussai les épaules parce que je ne savais pas quelle réponse le décevrait le plus, ce qui était stupide en soit puisque je me considérais déjà comme une déception. J'avais envie de pleurer, de pleurer pour tout ce que j'avais vécu : ce rien magistral dont je n'avais pris conscience que lorsque Victorius m'avait démontré que mes amies n'en étaient pas.

Ainsi, mes six années à Poudlard avaient perdu tout leur sens à mes yeux. Je ne savais plus quels moments étaient vrais et quels moment ne l'étaient pas, j'étais dévastée, à tel point que ma dernière année à Poudlard n'était plus que solitude. Je n'avais plus envie d'entrer dans aucun cercle, à part peut-être dans celui de Victorius et Dorea, mais je n'avais aucune chance.

« Héléna... Ne pleure pas. »

Il me l'avait demandé, alors je n'ai pas pleuré. J'ai ravalé mes larmes, mais quand mes yeux se sont posés sur son visage, j'ai eu l'impression que ça ne lui plaisait pas plus que cela, que je fasse ce qu'il dise, alors quand il s'est avancé vers moi, j'ai reculé d'un pas.

Il a froncé les sourcils comme si mon attitude lui paraissait étrange, et il s'est avancé encore. Moi, je me suis éloignée, et le manège a continué jusqu'à temps que je percute la première marche du dortoir des filles et qu'il me rattrape adroitement avant que je ne m'affales à ses pieds comme une poupée de chiffon.

« Qu'est-ce que tu fais ? Je lui ai demandé.
- Toi, qu'est-ce que tu fais ? »

Il m'a retourné la question en riant un peu, comme si mon attitude était ridicule mais qu'elle l'amusait curieusement, et je me suis retrouvée complètement désarçonnée parce qu'il n'avait jamais rit devant moi. Enfin si, mais pas avec moi. Ça changeait tout, tout en ne changeant rien. Ou peut-être qu'il riait simplement de moi, auquel cas, c'était pire que tout ce que je m'imaginais.

« Tu as peur de moi, ou quoi ?
- Bien sûr que non ! Je répondis en secouant vivement la tête.
- Alors pourquoi tu recules quand j'approche ?
- Eh bien... Parce que c'est comme ça. Il y a une distance à respecter entre deux personnes.
- Ah ? S'étonna t-il en s'avançant encore. »

Troublée, je trébuchai légèrement sur la première marche mais je me rattrapai in extremis à la rambarde, le faisant éclater d'un rire si sincère qu'un coup de tonnerre résonna dans ma poitrine, me rendant incapable de détourner les yeux des siens.

« Pourquoi... Pourquoi tu es... Pourquoi est-ce que tu te moques de moi ? »

Son rire cessa aussitôt, et je regrettai amèrement d'avoir posé cette question parce que tout son visage était redevenu dur.

« Je ne me suis jamais moqué de toi, déclara t-il gravement.
- Menteur ! Je l'accusai avec l'audace feinte de celle qui a une infinie confiance en son jugement. »

Il eut l'air parfaitement décontenancé, à la fois par mon ton, et par le mot qui avait franchi le seuil de mes lèvres, et soudain, ce fut lui qui baissa les yeux.

« Hé bien... Je suis désolé que tu l'ai pris comme cela, s'excusa t-il platement devant mon air ébahi.
- Mais enfin... Comment étais-je supposée le prendre ? Tu ne t'es jamais adressé à moi autrement qu'avec mépris, je lui fis remarquer les yeux ronds comme des soucoupes.
- Parce que j'ai besoin que tu te battes pour toi même, mais tu ne l'as jamais fait. »

J'ouvris la bouche et la refermai, perdue. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait dans cette pièce, je ne savais pas ce que j'avais raté auparavant, et j'avais beau fouiller dans ma mémoire, je ne trouvais pas un quelconque indice pouvant m'éclairer sur les réelles intentions de Victorius vis à vis de moi. Allais-je vraiment enfin faire partie du groupe ? Cette discussion était-elle mon ticket d'entrée ? Essayait-il de me faire comprendre que j'étais digne de son incroyable duo avec Dorea ?

« Tu es tellement meilleure que ce que tu crois... Enchaîna t-il.
- Qu... Quoi ?
- C'est fou que tu ne le saches pas. Je pensais que tu faisais semblant au début, mais maintenant je sais que non. »

Il s'interrompit et prit une profonde inspiration, celle de quelqu'un qui s'apprête à réciter un long discours, et mes doigts s'agrippèrent plus fermement à la rambarde parce que j'avais peur de ne pas supporter ce que j'allais entendre, même si son sourire amical me rassurait considérablement.

« Tu es gentille. Tu es la personne la plus gentille que je connaisse. Aussi loin que je m'en souvienne, je ne t'ai jamais entendu juger qui que ce soit, et tu es si gentille que tu n'as jamais pu imaginer que tes amies se servaient de toi. J'espérais que tu t'en rendrais compte par toi-même, très franchement, parce que je ne voulais pas être celui qui te le dirait, mais il a fallu que je le fasse parce que tu es une personne que j'apprécie.
- Je croyais que je t'avais énervé... Je marmonne en rougissant face à sa confession finale.
- C'est elles, qui m'ont énervé. Elles n'ont pensé qu'à l'argent de ta famille et à la façon dont elles pourraient en profiter en étant amies avec toi, aucune d'entre elles n'a vraiment cherché à connaître la formidable personne qu'elles avaient en face d'elle. »

Je haussai les épaules parce que je n'étais pas vraiment révoltée par ce fait. Il subissait la même chose tous les jours, la seule différence était qu'il refusait l'attention des autres et qu'il avait toujours su différencier une vraie amitié d'une fausse. Moi, je n'avais jamais eu envie de faire la distinction entre les deux avant car j'étais trop obnubilée par l'image qu'il fallait que je renvoie, celle d'une jeune fille aimée de tous. Hélas, je ne l'étais pas.

« Au fond, toi et moi, on est les mêmes, et j'avais envie que tu te battes pour nous deux, poursuivit-il en m'envoyant un de ces regards terrifiants de douceur qui manqua de me faire défaillir.
- Mais je... Je n'ai pas besoin de me battre. »

Il ferma les yeux et son sourire éclaira une nouvelle fois son visage, à mon plus grand bonheur. J'étais si naïve... Il était si intelligent... Je commençais à me dire que notre discussion était une vraie insulte à toutes les filles qui auraient aimé être là à ma place et qui auraient compris beaucoup plus vite que moi ce qu'il essayait de me dire. Je n'avais même pas relevé qu'il avait dit que j'étais formidable.

« Non, tu n'en as pas besoin. Je le ferai pour toi. »

Sa confession fut accompagnée d'un ultime pas vers moi, et il s'assura que je ne pourrais pas reculer en posant sa main dans mon dos. Mon cerveau s'éteignit brutalement pendant que mes yeux clignaient sans arrêt comme des guirlandes de noël. Je devais avoir l'air ridicule, mais rien sur son visage ne me le laissait croire.

« Héléna, crois-tu que notre discussion ait quoi que ce soit à voir avec ton argent ?
- Non, je ne crois pas, mais...
- Bien, me coupa t-il net. Crois-tu que ma proximité ait quoi que ce soit à voir avec ton argent ?
- Non, mais qu'est-ce qu...
- Est-ce que je t'importune ?
- Pas du tout ! J'ai toujours voulu que... »

Je déglutis et me stoppai net dans mon élan quand je constatai que son visage étonnement proche du mien était empreint d'une expression de trouble réelle et non feinte. J'avais chaud, j'avais vraiment très très chaud, mes mains étaient moites et je priais pour qu'il ne me demande pas de poursuivre ma phrase mais il le fit.

« Tu as toujours voulu que... ? M'encouragea t-il.
- Je... Tu vas vraiment me prendre pour une gourde, je murmurais en baissant les yeux, convaincue que je m'étais déjà assez ridiculisée devant lui.
- Rien de ce que tu pourras dire ne pourrait me faire penser une telle chose. Alors termine ta phrase Beryl. Immédiatement. »

Il avait employé un ton dur qui m'avait un peu remué, mais quand il l'avait constaté, il s'était empressé de me rassurer avec un simple sourire, et il avait réussi.

« J'ai toujours voulu faire partie du cercle fermé de Dorea et Victorius... J'avouai les joues roses.
- Ce n'est pas un cercle fermé, c'est une amitié sans ambiguïté. Tu ne peux pas rentrer là dedans. »

Vlan. C'était comme si il m'avait flanqué une gifle. J'étais vraiment une gourde d'avoir pu croire une seule seconde qu'il considérerait ma candidature et qu'il l'ajouterait à la longue liste d'attente. Non, il m'avait directement mise hors circuit. Quelle honte... J'étais horrifiée.

« A partir du moment où l'un des membres a un faible pour un autre, ce n'est plus une amitié sans ambiguïté, reprit-il en me voyant me décomposer.
- Do...
- Doréa est comme ma sœur. Je parle de toi, Héléna.
- Oh... »

Un certain effarement se lisait sur mon visage. Bizarrement, j'étais trop occupée à me dire que j'étais à deux doigts de recevoir la palme de la plus grosse idiote du monde magique pour réaliser ce que Victorius venait de me confier.

« Ce n'est peut-être pas réciproque... Ajouta t-il avec une pointe de déception dans la voix. »

Je fronçai les sourcils et le dévisageai bêtement alors qu'il attendait une réponse. Je n'arrivai à le comprendre que lorsqu'il fit un pas en arrière et que j'en fis un en avant pour le retenir. Ma main se referma sur la manche de sa robe de sorcier, chassant toute trace de déception de son visage.

Je le regardai, et je me voyais dans ses yeux comme je ne m'étais jamais vue. Belle. Il me trouvait belle. On m'avait déjà dit que j'étais jolie, que j'étais mignonne, mais personne ne m'avait jamais dit que j'étais belle, et je voyais que lui, il le pensait.

« Pourquoi est-ce que tu m'as toujours parlé comme si j'étais une moins que rien si finalement tu ne le penses pas ?
- J'espérais que tu finirais par me coller un bon coup de poing en pleine poire, me répondit-il en se grattant l'arrière du crâne, gêné.
- Je n'aurais jamais fait une telle chose !
- Je sais. Je vais t'apprendre à le faire.
- Quoi ?! Non !
- Si. Tu ne peux pas continuer à laisser les gens te marcher dessus. Il faut que tu te défendes. Je ne serai pas toujours là pour me battre pour toi.
- Mais... Les femmes ne sont pas supposées...
- Est-ce que tu penses vraiment ces conneries que la société nous dicte ? Est-ce que tu trouves ça normal que les femmes n'aient pas le droit de voter ? Est-ce que tu veux passer ta vie à jouer la parfaite petite mère de ma famille à la maison ? A attendre que ton mari revienne du travail pour pouvoir poser ton rôti sur son énorme panse avant de remplir ton « devoir conjugal » ? M'interrogea t-il avec vigueur, m'emportant soudainement dans son élan.
- Non, je...
- Héléna... Tu es brillante contrairement à ce que tu crois. Si tu avais confiance en toi, tu aurais de meilleures notes dans toutes les matières. Tu pourrais travailler au Ministère, tu pourrais devenir une femme d'une extrême importance pour d'autres que pour moi si seulement tu osais être celle que tu es.
- Je suis juste Héléna Beryl, tu sais, je lui répondis en haussant les épaules sans comprendre qu'il me connaissait déjà bien mieux que je ne me connaissais moi-même.
- Non tu n'es pas JUSTE Héléna Beryl. Tu es Héléna Beryl, me corrigea-t-il. »

Je ne saisissais pas bien la nuance, mais il y avait une telle détermination dans ses yeux que je ne pus faire autrement que de le suivre dans son délire qui n'en était pourtant pas un. Il me mettait sur un piédestal. Je ne comprenais pas cette admiration, mais je ne pouvais pas l'ignorer, elle était belle et bien là.

Soudain, sa force devint la mienne, et j'eus envie qu'il soit fier de moi. En fait, c'était tout ce que j'avais toujours désiré dès que j'étais tombée amoureuse de lui, mais je n'avais jamais su ce qu'il attendait de moi avant ce jour là, et je ne suspectai d'ailleurs même pas qu'il puisse m'accorder une quelconque importance.

Victorius m'a changé. Il a fait de moi une meilleure personne, une femme forte qui pouvait être fière de ce qu'elle avait accompli et grâce à lui, j'ai gagné l'estime du monde magique mais plus important, j'ai gagné la mienne.