– Votre armée... ? marmonna le Raïkage en observant rapidement le champ de bataille.
– Vous semblez déçu... remarqua le Tsuchikage. Vous vous attendiez à mieux ?
Son interlocuteur ne répliqua pas. Après tout, toute aide était la bienvenue, mais la puissance d'Iwa ne correspondait pas à celle que prétendaient les informations récoltées par Kumo durant la dernière décennie.
– Contrairement à vous, reprit Ōnoki, je n'ai pas prévu d'envoyer tous mes soldats au casse-pipe...
– Vous... !
– Vous avez probablement reçu la missive du Godaime Hokage Danzō, peu avant la défaite de Konoha ?
– ...
– Si ce... Saiya-jin... N'est pas la plus grande menace de ce monde, il serait absurde de focaliser toutes nos forces sur lui. C'est d'autant plus vrai pour cette bataille qui se révèle pleine de surprises... !
Le Raïkage serra les dents, dérangé par les paroles du Tsuchikage. Il fixait Raditz qui balayait une multitude de ninjas ayant eu la mauvaise idée de croire, d'espérer, que leur seul nombre suffirait à leur donner une chance.
– C'est la raison pour laquelle tous mes soldats ne sont pas là aujourd'hui...
Il sembla hésiter un bref instant avant de reprendre.
– ... C'est aussi pourquoi je suis à l'origine de ce que l'on appelle la Résistance...
* La Résistance ? pensa le Raïkage. Ces ninjas qui, dit-on, ne craignent pas le Saiya-jin... Alors il s'agirait à l'origine de ninjas d'Iwa ? *
Yugito s'était suffisamment éloignée. Elle était rongée par une terrible culpabilité.
Elle revoyait l'image du Raïkage se faisant complètement anéantir. Et même si son choix de sauver la fillette avait probablement permis au Raïkage, Bee et elle d'avoir une chance supplémentaire, elle sentait néanmoins le poids de sa décision s'abattre sur son village à présent lointain.
Mais voir Bee se faire ainsi malmener et finir dans un tel état était encore plus insupportable pour elle.
Sa main gauche, apposée contre la gorge de Bee tandis que sa droite tentait de le soigner par ses aptitudes médicales de base, sentait le pouls difficile du ninja qui résistait péniblement, et dont la fréquence diminuait de façon inquiétante.
Boum... Boum...
Ce son était la seule chose qui la raccrochait encore à Bee.
Boum... ... Boum...
Elle n'avait jamais tant haï sa médiocrité en terme de techniques médicales.
Boum... ... ... Boum...
Elle se sentait si impuissante. C'était insupportable.
Boum... ... ... ...
Elle fronça les sourcils, attendant le battement suivant. Mais il ne venait pas.
* Non... Non... ! *
– BEE ! s'exclama-t-elle d'une voix désespérée.
Elle apposa ses deux paumes contre la poitrine de son partenaire et se mit à la presser à fréquence régulière. Son massage cardiaque était hautement calculé, contrastant fortement avec l'état mental dans lequel elle se trouvait actuellement.
– T'AS PAS INTÉRÊT À MOURIR, SINON JE TE TUE !
Un éclair illumina la scène, faisant briller des larmes qu'elle ne souhaitait plus dissimuler.
Ce qu'elle ne vit pas, c'est que la foudre qui s'abattait venait d'être tranchée par le Raïkage, dont la vitesse était augmentée à son paroxysme. Le contact de l'élément avec la propre armure de même nature du colosse fit briller ce dernier de mille feux tandis qu'il fonçait droit sur Raditz en tournoyant sur lui-même.
* Que fait-il ? se demanda le guerrier qui resta en hauteur afin d'éviter toute nouvelle offensive au corps à corps. *
Mais il remarqua alors trop tard qu'un terrible éclair lui fonçait droit dessus.
* Qu'est-ce que... ?! *
Il serra les dents tandis que l'orage s'abattait sur lui.
* Il a fait rebondir la foudre sur son corps ? Impossible ! *
Le Tsuchikage laissait paraître un sourire sous sa moustache.
* Le Raïkage a changé le potentiel de son propre corps pour s'adapter à son environnement. L'incroyable pouvoir du Saiya-jin a alors généré une tension qui a permis le passage de la puissance électrique de la foudre reçue par le Raïkage directement sur lui. Héhé, et ça, c'était mon idée ! *
Raditz n'avait pu esquiver la foudre. Mais il l'encaissait.
Tandis que l'intense lueur se dissipait, elle laissait voir le visage de Raditz, déformé par un sourire démoniaque.
– Encore de vulgaires éclairs ? Votre monde est fini !
Son Scouter se mit à biper frénétiquement tandis qu'une grande puissance était affichée juste dans son dos. Le guerrier se retourna, surpris, avant de voir un vieux petit homme dans les airs.
– Tu croyais être le seul à voler ? ricana le Tsuchikage, ses paumes pointées dans sa direction.
* Qu'est-ce que... ? pensa le Saiya-jin en s'éloignant à pleine vitesse. *
JINTON
Il remarqua soudain qu'il se trouvait dans une sorte de cube constitué d'une énergie particulièrement inquiétante.
Certains soldats remarquèrent ce qu'il se passait et ouvrirent grand les yeux.
– C'est... C'est le Jinton du Tsuchikage... !
– On dit que c'est un Kekkei Genkei terriblement puissant...
– Un Kekkei Genkei ? Non... C'est un Kekkei Tōta. C'est la fusion de trois éléments ! Doton, Fūton et Katon...
– Trois éléments ?! Impossible... !
Raditz, quant à lui, ignorait tout de cela, mais son bon sens et son expérience dans ce monde l'avaient convaincus de la dangerosité de cette attaque qui semblait particulièrement redoutable.
– Il est trop tard pour toi, grommela le vieil homme, pris d'un mal de dos soudain lié à son grand âge. Cette attaque pulvérise au niveau moléculaire.
Le cube s'illumina dans les airs.
– Redeviens poussière.
Le cube se dissipa peu à peu, ne laissant derrière lui que de la poussière en suspension...
Et derrière la poussière se tenait un Saiya-jin.
* Q-quoi... ?! s'inquiéta Ōnoki. Merde, cet enfoiré était plus rapide que prévu, il est parvenu à esquiver l'attaque surprise... *
Il fronça les sourcils en analysant son adversaire.
* Non, pas totalement... Son épaule gauche a été touchée. *
L'épaulette de Raditz était en effet comme tranchée nette. Et sur le chemin de cette coupure, le puissant deltoïde du Saiya-jin semblait être mis à nu sur quelques millimètres, comme si la peau avait totalement disparu.
Le Saiya-jin respirait difficilement. Il était fou de rage.
* Mais il n'a pas été désintégré, remarqua le vieux Tsuchikage. C'est incroyable... Il doit disposer d'une quantité de Chakra si faramineuse dans son corps que même une attaque aussi puissante n'a pas suffi à le détruire... *
Mais Raditz, lui, voyait les choses différemment. Certes, il n'était pas désintégré, mais la terrible souffrance qui lancinait sa peau meurtrie lui faisait comprendre que si cette attaque l'avait intégralement touché, il aurait pu finir en bien piteux état. De plus, la partie de sa combinaison en contact avec l'attaque n'avait pas résisté, chose surprenante en sachant que son armure pouvait encaisser des violences inouïes et des étirements démesurés lorsqu'il se transformait en Ōzaru.
– Papa, s'exclama Kitsushi, d'en bas. Redescends ! C'est de la folie de le combattre seul !
Profitant du fait que Raditz reprenait son souffle, il fit de nouveau s'élever deux pans de terre si élevés qu'ils se retrouvèrent à hauteur du Saiya-jin et s'abattirent sur lui. Le Tsuchikage profita de cette agitation pour redescendre et se placer aux côtés du Raïkage tandis que la montagne formée explosait littéralement sous la puissance du guerrier qui réapparut sous les décombres.
Il plaça alors sa main à son Scouter.
* Que fait-il... ? s'inquiéta C, aux prises avec un adversaire particulièrement coriace. *
Le Jōnin avait rapidement choisi comme adversaire ce redoutable démon. Ses sens le trompaient rarement, son intuition jamais ; ce monstre était particulier.
Il était le plus fort, évidemment, mais ce n'était pas seulement ça. S'il semblait atteint de la plus grande folie meurtrière du groupe, c'était paradoxalement celle-ci qui lui faisait le plus défaut dans ses yeux. De toute évidence, même si la pulsion du combat réveillait ses plus sauvages instincts, le monstre dissimulait un individu ayant initialement parfaitement saisi les conséquences et les implications de ses futures actions, contrairement aux autres qui semblaient totalement dépassés.
– PRÉPARE-TOI À GOÛTER À LA PUISSANCE DE JŪGO !
Après un échange de coups, C le fixa droit dans les yeux. Cet adversaire l'intriguait au plus haut point. Il voulait connaître ses motivations. Les aptitudes médicales du Jōnin de Kumo lui faisaient voir de nombreuses similitudes entre le champ de bataille et le corps humain. Attaquer les muscles n'était pas la solution la plus efficace. Il fallait frapper au cœur.
* Je dois trouver le cœur... *
Raditz hésitait. Il devait absolument contacter quelqu'un. Il avait un mauvais pressentiment. C'était difficile à admettre, mais l'issue de cette bataille n'était pas certaine.
* Bon sang, Nappa est encore en route et Vegeta beaucoup trop loin. De toute façon, le Prince ne viendrait sûrement pas m'aider même s'il le pouvait... Je n'ai pas le choix ! Je dois contacter l'Empire... *
Il tapota les boutons sur le côté de sa lunette.
* Zakuzi... Oh, Zakuzi ! *
Sur la planète Freezer 935 se tenait le gestionnaire de missions. Allongé sur le sol, inconscient, il fut brutalement réveillé par les appels incessants du Saiya-jin.
– Hein ? Quoi ? Raditz ?
Il se releva péniblement et regarda autour de lui. Il se trouvait au cœur d'une forêt tropicale, ou de ce qui en fut une. Car tous les arbres étaient morts, donnant au lieu sombre un aspect particulièrement lugubre.
Non loin, il remarqua une série d'arbres qui avaient été totalement désintégrés au milieu du cratère creusé par sa capsule à l'atterrissage.
* C'est pas vrai... J'aurais perdu connaissance ? *
Il fit craquer son cou à plusieurs reprises et étira ses ailes en effectuant de petits moulinets.
– ZAKUZI ! entendit-il soudain dans son oreille.
– Oh, ça va Raditz, j'ai compris... Que voulez-vous ?
– Vous avez pu reprendre le vaisseau rapide ?
L'oiseau humanoïde regarda autour de lui.
– Je suis en route, pourquoi ?
– Serait-il possible de me récupérer ?
– Eh bien, c'est que... Ce vaisseau est l'un des plus précieux de l'Empire... L'utiliser pour un Basse Classe serait problématique. Si mon supérieur hiéarchique l'apprenait, cela serait mauvais, pour vous comme pour moi... Et puis, avez-vous fini votre mission ?
– À peu près... Je suis sur la fin. Le principal est fait. Il reste quelques détails à régler pour l'armée.
– Je vois... Je vous laisse régler les détails et...
– Attendez ! s'exclama le Saiya-jin. OK... Je suis pas sûr de tout pouvoir régler rapidement. Ça irait plus vite de revenir avec du renfort.
– Rassurez-vous, murmura Zakuzi. Nous avons tout notre temps. Puisque votre partenaire, Nappa, est en route dans votre direction, nous allons l'envoyer d'abord faire un détour pour récupérer votre frère, Kakarot. Ainsi, votre longue absence ne posera pas de problème.
– Quoi ?! Non, attendez ! Je... J'ai des enfants-soldats pour l'Empire.
– Des enfants-soldats ?
– Ouais... L'un d'eux a à peine atteint sa maturité sexuelle, et sa puissance dépasse déjà celle d'une bonne partie des soldats de l'Empire. Et ce n'est pas tout ! La maîtrise du Ki des individus de cette planète est dingue, je n'avais jamais vu ça ! Ces enfants pourraient radicalement changer le visage de l'armée de Freezer. Ne serait-il pas dommage de passer à côté ?
Surpris et intrigué, Zakuzi marqua une pause. Cette histoire d'enfants aux capacités étonnantes pourrait réellement changer le visage de l'Empire.
* Si je parvenais à rehausser le niveau de l'armée, cela arriverait rapidement aux oreilles de Burter-sama et j'aurais probablement une promotion... Et à moi la vie de rêve dans un système solaire à mon nom ! *
– Intéressant, en effet, reconnut enfin le gestionnaire de missions. L'unité Niji se rendra à la base dans les prochains jours... Souhaitez-vous que je vous les envoie en support ?
Il entendit un bref silence, signe d'hésitation.
– L'unité Niji ? marmonna Raditz d'un ton peu motivé. J'aimerais autant les éviter ceux-là... Mais ils seront probablement plus utiles que des soldats de base...
Il marqua une nouvelle pause avant de reprendre.
– En attendant, vous passez me prendre pour les préparatifs ? Je commence à trouver le temps long ici...
Zakuzi entendait pourtant distinctement un bruit de fond trahissant une forte agitation. Il ne releva toutefois pas ses soupçons.
– C'est entendu. Cependant, la capacité de l'Anko Senko rendrait impossible le transport de toute une armée. Je compte sur vous pour sélectionner vos combattants les plus aguerris et représentatifs. Je vous laisse vingt-quatre heures précises.
Son attention fut soudain interrompue par le bruit frénétique de son Scouter que le son de sa voix avait couvert jusque là. Il remarqua alors, au milieu de ce décor sombre, une forme qu'il se surprit à n'avoir pas remarquée jusqu'alors, tant elle contrastait avec l'obscurité du décor.
Un jeune homme était allongé contre le sol, sa longue toge blanche reposant sur la seule parcelle d'herbe encore verte de toute la zone. Il avait l'air paisible.
Mais quelque chose inquiétait particulièrement Zakuzi. Car à en juger par son niveau de puissance, le pire scénario qu'il eût craint semblait se produire.
– A... Acnologia... ?
L'autre se releva lentement et le fixa d'un air calme.
– Si j'avais été Acnologia, Freezer aurait déjà perdu un autre de ses soldats...
* Comment... ? Il... Ce type... Il a prononcé le nom de... Freezer... ?! *
Il était complètement tétanisé.
* Comment... ? Se pourrait-il que... Il m'écoutait tout ce temps ?! *
Il l'analysa un instant.
* Sa force de combat est de 777 unités... Acnologia était plus fort que ça, mais ça ne change rien... Je n'ai aucune chance contre lui. *
Il fronça les sourcils.
* Bon sang, c'est quoi ce monde encore ?! *
– Que... Que voulez-vous ? Vous avez l'air intelligent, alors vous devriez savoir que ce serait une très mauvaise idée de vous en prendre à moi ! J'ai une armée derrière !
– Si vous chérissez tant votre vie, répliqua le mage noir, allez-vous-en...
Cela ne ressemblait pas à une menace, mais à un avertissement.
Prudent, Zakuzi ne se le fit pas répéter et s'envola, sans perdre de vue le terrifiant individu qui restait immobile dans la forêt morte. De toute évidence, il n'avait aucunement l'intention de l'attaquer. Il valait mieux s'éloigner d'ici le plus rapidement possible, au cas où il décide – consciemment ou non – de changer d'avis...
– ... Et allez semer les graines du chaos... murmura Zeref en disparaissant dans une brume obscure.
