Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto


L'Hokage est le personnage le plus important de Konoha. Il est respecté, vénéré et parfois craint. Pourtant, il y a des moments ou il aimerait bien se décharger d'une partie de ses fonctions. Naruto soupirait alors qu'il mettait un énième coup de tampon sur une feuille devant lui. Il n'imaginait pas qu'être Hokage le confronterait à tant de documents. Heureusement que ses Kage Bunshin, technique défendue au passsage, lui permettaient de se délester de la plupart du travail, sinon il en aurait été réduit à appliquer un conseil de Rock Lee. A la simple mention de la proposition du fauve de jade, à se remémorer cette idée, le blond frissonna en essayant d'imaginer ce que Shizune lui aurait fait pour exprimer sa désapprobation. La seconde magnifique bête de jade lui avait simplement conseillé de signer tout et n'importe quoi, sans le lire, bien sûr. Absolument tout, même si c'est super important. Surtout si c'est un texte capital qui engage des vies, comme ça, il n'aurait pas a regretter une décision murement réfléchie.

Peu de temps après s'être à nouveau attelé à lire un document, un samouraï masqué se présenta devant le blond et l'informa que le conseil des Kages devrait recevoir sous peu une information de la plus haute importance. Naruto se leva instantanément, pas faché de pouvoir se dégourdir les jambes. Il quitta la pièce en laissant un groupe de clones pour se charger des derniers documents … manquerait plus qu'il soit obligé de s'y remettre à son retour !

Lorsqu'il arriva enfin dans la salle de réunion, Gaara discutait déjà avec son homologue de Taki au sujet de l'arrivée imminente des soi disant "émissaires" de l'Akatsuki. Le plus jeune Kage, bien décidé à se tenir au courant de la situation, demanda qui était ces émissaires. Ce fut la Godaïme Mizukage qui l'informa des titres que s'étaient octroyés ces envoyés.

-Nous avons Konan qui se présente comme Amekage, Zetsu qui a repris Kusa et se présente comme son Kage et finalement Haruno qui se fait appeler Nidaïme Rikudô.

Les autres membres de l'Akatsuki qui étaient encore en vie, c'était évident. Le seigneur de Kusa était totalement déprimé, son village lui avait fait faux bond et s'était rallié en très peu de temps à ce ... parvenu, cet espèce d'hybride monstrueux. Nul doute que le village risquait d'être divisé, puisqu'une partie des ninjas qui avaient entendu la nouvelle, avait laissé tomber l'Alliance Shinobi. Par contre, le titre que Sakura s'était décerné n'avait pas été entendu depuis des siècles, lorsque le fondateur de l'idéologie shinobi et unique jinchûriki de Jûbi, marchait encore sur cette terre.
Quelques minutes après, un des membres des services de renseignement du village d'Iwa apporta une nouvelle information qui fit frémir toute l'assemblée.

-Selons nos renseignements et les preuves dont nous disposons, Uchiha Madara a probablement été vaincu.

La nouvelle fit un choc et personne ne brisa le silence. Madara était mort. Cet homme avait déjà attaqué l'Alliance avec audace, infligeant de lourdes pertes, tout en n'ayant été touché qu'une seule fois. Durant ce combat qui avait été une humiliation pour l'Alliance, parce qu'elle s'était prise une volée sur son territoire, le brun avait montré sa puissance et son ambition sans limites. Il semblait si calme, si puissant, si charismatique que pour le vaincre, il aurait fallu disposer d'une puissance surnaturelle.

Réprimant un soupir, Naruto posa la question qui le tiraillait. Une question dont il savait la réponse. Une seule personne avec des pouvoirs démentiels aurait pu tenir tête à l'ancêtre fondateur de Konoha.

-C'est Sakura qui l'a tué, c'est ça ?

D'un signe de la tête, le ninja masqué approuva.

-Quand nous l'avons vue, elle portait l'armure repeinte à ses couleurs, ainsi que le grand éventail. A partir de ça, et du fait qu'elle semblait donner les ordres, nous pouvons supposer qu'elle l'a tué.

-D'accord. Donc vous voulez dire que l'assassin d'un type qu'on a même pas été capable de blesser, arrive en compagnie de deux nukenin de rang S ?

Lorsque le shinobi hocha la tête une nouvelle fois, Naruto trouva ça tout à fait "galère". Chassant cette pensée digne d'un des mâles du clan Nara, il demanda l'avis des autres dirigeants politiques.

-Que fait-on ? J'imagine que nous ne pouvons pas les laisser venir sans réagir, mais que les attaquer de front, sans discuter, est exclu.

Gaara prit la parole, affirmant que les négociations étaient la seule voie possible.

-De toute façon, nous n'avons pas le choix. Nous allons devoir les rencontrer, tôt ou tard. Ont-ils dit leurs conditions ?

Ce n'est qu'à ce moment précis qu'une voix grave retentit dans la pièce. Une étrange créature blanche, ressemblant à un demi corps humain, émergea du sol devant eux.

Le kage de Kusa, qui n'était plus Kage que théoriquement, regarda la forme blanche et cracha de dégoût.

-Zetsu ...

Celui ci ne daigna même pas regarder son ennemi et se contenta de délivrer son message.

-Envoyez uniquement trois kages. Chacun pourra s'entourer de trois ninjas de son choix. Si vous envoyez d'autres personnes, nous le saurons et alors, ce ne sera pas la peine d'attendre de la pitié de notre part.

Dès qu'il eut fini de transmettre son message, l'amas de chair pâle s'enfonça dans la terre et disparut. Pendant quelques secondes, l'incroyable inefficacité des services de sécurité laissa l'assemblée pantoise. Il fallut quelques secondes à l'ensemble du groupe des ninjas, pour qu'ils comprennent que leurs plans avaient été espionnés depuis le début, que l'ennemi avait une longueur d'avance et s'approchait des frontières de la citadelle.

-Je suppose que ça répond à notre question. Qui se dévoue pour y aller ?

Tout le monde était prêt à faire face à l'Akatsuki, tout le monde voulait en découdre pour de bon, mais il fallait savoir faire un choix. Après de lourdes négociations, les équipes furent constituées. Gaara serait accompagné de Kankurô, Temari et d'Akatsuchi, l'élève du Tsuchikage d'Iwa. Naruto avancerait avec Ino, Shikamaru et une kunoichi de Taki. Mei Terumi serait escortée par ses gardes Ao et Chôjûrô, suivis par un shinobi de Kumo qui se trouvait hors du village pendant sa destruction.

Au lieu du rendez vous, situé dans une clairière à proximité de la ligne de front potentielle, une table avait été soigneusement dressée. Assise sur un trône légèrement surélevé, je tendis avec grâce un plateau occupé par des tasses à mes deux collègues. Avec le même raffinement qu'une geisha, je servis un thé vert aux deux autres déserteurs. D'ailleurs, je me demande ce que dirait Konan-chan si je m'habillais en geisha et que je me mettais à son service, juste pour un soir.

Ca pourrait être l'occasion d'échanger les rôles, puisque je sais qu'elle me craint, à cause de la puissance phénoménale enfouie en moi. Pour une fois, j'aimerais qu'elle me domine, qu'elle éprouve pleinement une sensation de puissance en m'ayant en dessous d'elle. Je l'imagine bien me toiser de haut, avec un regard brillant, me dominant fièrement tandis que je serais à ses ordres. Elle me forcerait à me mettre à ses genoux et poserait son pied sur mon cou, me forçant à baisser la tête. Je ne serais plus celle qui donne les ordres, je serais celle qui obéirait, je devrais la satisfaire et la supplier de me donner du plaisir.

Chassant cette pensée salace qui me fit rougir, je me décidais à prendre ma tasse et à goûter cette infusion d'herbes. Ce gyokuro était divinement parfait, la privation de lumière que les feuilles avaient subi donnaient à cette boisson un goût d'algue douce, tout à fait agréable pour mon palais.

Je sirotais ma tasse avec raffinement, sentant la douce chaleur du thé se diffuser au plus profond de moi même. J'aurais bien aimé pouvoir préparer une magnifique cérémonie du thé, mais il me fallait beaucoup de temps et un cadre calme. Actuellement, je ne disposais d'aucun des deux facteurs.

Après avoir terminé sa boisson qui le détendit, Zetsu reposa calmement sa tasse vide et jeta un regard furtif vers l'autre coté de la clairière.

-Il semblerait que nous ayons des invités.

Avec une négligeance soigneusement mise en scène, je regarde dans sa direction.

-Il semblerait, en effet.

Les shinobis se présentèrent devant nous et commencèrent à discuter. Sans prendre la peine de porter attention à leurs borborygmes, je finis ma tasse avant de les considérer, un peu comme des enfants ignorés par une mère occupée à autre chose de plus urgent. Cependant, je m'adresse à eux avec la plus grande courtoisie et leur propose généreusement une chaise. Immédiatement, Naruto refuse, préférant rester prêt en cas de piège. Je me sens irritée de cette réponse.

-Lorsqu'une dame vous invite à prendre un thé, la moindre des politesses est d'accepter. Vous n'avez rien à craindre, nous sommes ici pour négocier, du moins pour l'instant. Donc, je réitère mon invitation. Asseyez vous confortablement et prenez une tasse.

Gaara souffle intelligemment au blond qu'il serait préférable de ne pas déclencher les hostilités et Naruto accepte, à contrecoeur, de jouer le jeu. Ils prennent place et lorsqu'ils se rendent compte que tout ce qu'ils voient est bien réel, ils commencent à s'interroger.

-Comment est-ce possible ? D'ou viennent ces meubles ?

-De mon imagination, Mizukage-dono. Ma technique Izanagi me permet de créer la réalité à partir de chakra.

Grâce à Jûbi, je peux utiliser cette capacité sans contrepartie, que ce soit pour créer la vie ou pour former ce mobilier futile et cette boisson rafraichissante. Gaara se désintéresse de sa tasse et fixe mon armure en ayant ce regard vert d'eau psychotique si dérangeant, un regard qu'il arborait en permanence lorsque je l'ai vu dans la forêt de la mort. Il me rappelle vraiment le gosse paranoïaque qui broyait les gens sur son passage, leur offrant un cocon de sable.

-Très belle armure. Suis-je dans le vrai en affirmant que vous l'avez acquise récemment ?

Je regarde la merveille rutilante et repeinte, obtenue lorsque j'ai dépouillé Madara. Je souris ironiquement face à sa perspicacité, la seule chose qu'il veut savoir c'est si l'Uchiha est bien mort.

-En effet. C'est un trophée de guerre, tout comme l'éventail dans mon dos. J'aime conserver des traces de mes ennemis et Madara en était un de taille.

La surprise se lit dans leur regard. ainsi donc, ils espéraient que ce ne soit que du bluff et que je n'aie pas le niveau pour le terrasser. Ils avaient tant peiné contre lui et je leur annonce qu'il n'a pas survécu à ma colère.

-Il est mort ? Vous l'avez tué ?

-C'est exact, Uchiha Madara n'est plus. Malheureusement, je n'ai pas pensé à emmener son épée, je préfère garder Kusanagi.

Je dévoile le katana accroché à ma taille et sourit, en pensant à la mort que j'ai donnée, physiquement ou spirituellement, à ses deux propriétaires.

-C'est un petit souvenir que j'ai gardé, il me rappelle les pitoyables fins d'Orochimaru … et de Sasuke.

Cette fois çi, c'est Naruto qui semble en colère, brisant sa tasse dans sa main. A l'inverse, Ino ne semble pas spécialement affectée par la nouvelle. Elle semble juste ... déçue

-Sakura, je veux savoir ou est passée mon amie.

Immédiatement, la température autour de nous semble chûter, tandis que je fixe ses yeux bleus acier sans ciller. Elle maintient le contact avec moi, mais cède rapidement, incapable de résister à ce sharingan qui la perce en l'observant si fixement.

-Konoha l'a tuée. Je déteste me répéter, mais je vais faire une exception. Je suis déterminée à changer ce monde impur et souillé par la haine. Quelque soit le moyen, j'y arriverais. Que vous décidiez de négocier, que je vous extermine avec le Chubaku Tensei ou que j'emploie le Mugen Tsukuyomi, la fin risque d'être la même.

-Combien d'autres personnes sont mortes dans ta quête de pouvoir ?

Ah, Shikamaru. probablement le plus dangereux de tous, à cause de son cerveau aussi retors que celui du sannin aux serpents.

-Voyons, il y a l'immortel. Tu devrais savoir de qui je parle, Shikamaru.

J'écarte lentement mon manteau pour dévoiler le chapelet accroché autour du col de mon armure. Un chapelet terminé par un cercle comportant un triangle équilatéral inscrit à l'intérieur.

-Hidan ? Tu l'as tué ? C'est pourtant impossible !

-Techniquement, je ne l'ai pas tué, je l'ai offert en sacrifice. C'est le shinigami qui à pris son âme … c'est différent.

Une goutte de sueur coule sur le front du génie. Il doit penser à ce que ça implique si j'ai pu battre plusieurs types qui ont survécu à tous les traqueurs ninjas depuis des années. Il a peur, rien qu'à imaginer que j'ai appelé le seigneur du monde des morts, tout en restant en vie. Je sirote une nouvelle fois ma tasse et leur demande de bien réfléchir à ce qu'ils vont dire. Au lieu de stresser, ils feraient mieux de goûter ce délicieux thé qui les calmera.

-Bien, maintenant que nous sommes tous calmes et détendus, nous allons pouvoir ...

Je regarde Naruto qui s'est jeté sur la boisson, sans se soucier des gouttes chaudes qui ont quitté la tasse, pour tomber sur le meuble précieux. Il a englouti un thé savoureux, rare et raffiné, comme si c'était de l'eau. Il a ses habitudes, cet engloutisseur à ramen.

-Mais pas si vite ! Ou diable as-tu été élevé ? Chez des sauvages ?

Mince. J'aurais du me taire. Je viens de me rendre compte un peu tard, que c'est le genre de choses à ne pas lui dire. Il baisse la tête, mais ne semble pas prêt à pleurer, d'ailleurs il relève le visage avec un diabolique sourire de renard.

-Tout le monde n'a pas la chance d'avoir été élevé par ses parents, Sakura. Je pensais que tu le comprendrais.

Ah, il a abandonné le "Sakura-chan". C'est bon signe, il a compris qu'il était vain d'espérer me revoir. Pourtant, il n'a pas terminé sa phrase.

-Mais, sais tu comment on appelle une mère qui laisse son enfant seul, sans plus aucun amour ?

Sous la table, je serre les poings. Alors comme ça, il a de la répartie et il se permet d'aborder le sujet de ma mère et de ma solitude. Très bien, il va payer. Je ne laisse rien paraître, mais je vais lui donner ma réponse.

-Laisse moi réfléchir ... Sabaku no Karura ?

Ma réponse glace l'ambiance. A entendre le prénom de sa propre mère, Gaara écrase sa tasse sous la colère. Son frère ainé s'éloigne, sentant le sable s'agiter, exactement de la même manière que lorsque le gosse psychopathe réclamait un tribut de sang pour satisfaire Shukaku … et les dernières volontés de sa mère. En réalité, Kankurô détestait sa mère pour avoir condamné un enfant innocent à vivre à moitié fou pendant des années. Temari méprisait sa mère, parce qu'une kunoichi trop bète pour s'apercevoir de plans du Kazekage, et trop faible pour s'y soustraire, ne mérite pas qu'on la respecte. Karura aimait ses deux enfants, à l'exception de son dernier qui lui couta la vie et qu'elle haït de toutes ses forces. De façon horriblement ironique, Gaara est le seul de sa fratrie à aimer sincèrement sa mère.

Naruto pose sa main sur l'épaule de son ami, essayant de le calmer et de l'empêcher de céder à la provocation. Il serre les dents lorsqu'il croise mon regard empli de satisfaction. La vérité est parfois dure à entendre, à lui de choisir s'il veut prendre ce risque.

Zetsu, en bon shinobi aimant l'action, trouve que ces mondanités s'éternisent et retourne au sujet central.

-Il est temps de mettre fin à ces palabres. Nous venons pour vous offrir une alternative, la paix ou la guerre.

Naruto se lève et regarde ses collègues avec assurance.

-Je crois parler au nom de tous lorsque nous déclarons vouloir la paix.

J'énumère soigneusement toutes les conditions de la reddition, tout en leur présentant la carte des changements de territoires qui unifie Kumo à Ame, ainsi que des fragments de tous les pays insignifiants qui se trouvent entre les deux. Quand ils voient ça, combiné à nos conditions qui démantèlent les villages cachés, ça leur semble totalement irréaliste. Pourtant je pense m'être montrée assez souple en leur laissant la liberté … et la vie.

-Voilà, je pense m'être montrée modérée. Quelle est votre réponse ?

Ils vont refuser. C'est évident qu'ils ne renonceront pas à leur mode de vie belliqueux. Gaara à un mot à dire, malgré le coup qu'il a reçu récemment.

-Ces conditions sont inacceptables. En supprimant les villages ninjas, Akatsuki sera en position de force et pourra imposer ses ordres au monde. Sans armées pour dissuader quiconque d'attaquer, vous propagerez la guerre partout.

L'idiot. Il n'a pas compris quel est mon raisonnement.

-Mais, c'est le but que poursuivait Pain. Les hommes se battront sans cesse et lorsqu'ils en auront assez souffert de ce cycle de haine, ils se décideront à changer. Mon objectif est différent et plus rapide. Je ne compte pas laisser fonctionner plus longtemps un système corrompu et qui a prouvé son inefficacité. Si vous n'avez toujours pas compris, Akatsuki est déjà en position de force et compte bien imposer sa volonté. Je vous offre un monde ou les hommes vivront sans armes et seront forcés de se contrôler s'ils veulent survivre. J'apprécierais que vous reconsidéreriez notre proposition, sinon je me verrais dans l'obligation d'éliminer le problème de façon … radicale. Vous ne tenez pas sérieusement à vous retrouvez face à Jûbi, n'est-ce-pas ?

-Sakura-chan, je …

-Mon titre, c'est Rikudô-sama. Il n'y a que mes amis qui peuvent m'appeler Sakura-chan, or vous n'en faites pas partie, Hokage-dono. Alors, votre choix ?

Les douze ninjas se lèvent d'un seul geste et refusent clairement, rejetant l'espoir ténu d'une paix pacifique. Pourquoi faut-il toujours que les choses se passent de façon si compliquée.

-Très bien. Je suis navrée de devoir arriver à de telles extrémités, mais c'est ainsi. Préparez vous … à la guerre.