Harry Potter et la Prophétie du Triangle
Chapitre vingt-neuf
Fondation
La création d'un bâtiment rejoue la Création primordiale. Chaque projet de bâtiment était une répétition du plus grand des projets de construction. Dans de nombreux vieux mythes de la Création, un être divin était sacrifié pour créer le cosmos. Les gens ont commencé à faire des sacrifices lors des fondations pour rejouer ce sacrifice originel…
--Tracy Kidder/House/
« Salut Tom. »
Voldemort regarda Ginny, clairement enragé. « Qu'est-ce que tu m'as dit, fille ? »
« Ginny ! » souffla Harry, souhaitant qu'elle n'ait rien dit. Bien qu'il soit vrai que Voldemort avait maintenant l'apparence qu'aurait probablement eu Tom Jedusor s'il avait vieilli naturellement, Harry n'avait pas espoir que les mandragores aient enlevé quoique ce soit à la malice et à la ruse de Voldemort, et encore moins son potentiel magique originel, qui était considérable. Il pensait en fait avec envie au sort que Voldemort avait lancé sur Draco Malfoy, pour lui enlever la bouche afin qu'il ne puisse plus parler. 'S'il-te-plaît, tais-toi Ginny…'
« Bien, » dit-elle, sa voix tremblant, « techniquement, nous ne nous sommes pas rencontrés, mais j'ai rencontré une version de toi grâce à ton vieux journal. J'ai vraiment l'impression de te connaître… Complètement. » ajouta-t-elle, sa voix tremblant encore, bien qu'un peu moins. Harry lui fronça les sourcils. Y avait-il quelque chose que Jedusor lui avait révélé et qu'elle n'avait pas dit à Harry ? Ou bluffait-elle ? Il ne pouvait pas croire que Ginny lui parlait comme si c'était une personne normale. Il savait qu'elle avait du cran, mais…
« Crucio ! »
Soudain, elle se tordait de douleur au sol, encore pieds et poings liés, un cri inhumain déchirant ses poumons. Il n'y avait eu aucun avertissement. De la sueur perlait sur le front de Harry comme il luttait avec ses liens, son cœur dans la gorge comme son hurlement continuait. Tout ce à quoi il pouvait penser, c'était d'être à la place de Ginny. Il vit que Ron luttait aussi avec ses liens, avec plus de succès que lui. Il les avait déjà rompu, et tenait maintenant simplement ses mains dans dos, faisant mine d'être encore restreint. Harry lui secoua la tête.
« Ne tente rien maintenant, Ron, » chuchota-t-il, bougeant à peine ses lèvres. Il pouvait dire que Ron l'avait entendu à travers les cris d'agonie de Ginny. « Il te tuerait sans hésiter. »
Son premier instinct était de refuser de montrer à Voldemort que ses tortures sur Ginny l'affectaient, mais non seulement cela aurait la chose la plus difficile qu'il aurait jamais eu à faire, s'il avait simplement pu l'effectuer, mais il réalisa comme des sanglots s'échappaient de lui que s'il avait réussi, son impassibilité aurait fait frapper Voldemort encore plus fort pour lui arracher une réaction. Les larmes roulaient sur son visage comme il se forçait à rester concentré sur elle. Il souhaitait qu'elle ait appris la technique de blocage de la douleur, mais quand ils avaient essayé de faire cela pendant les rencontres du club de duel, c'est assez étrangement Neville qui avait été le seul autre élève à réussir à accomplir une séparation complète corps/esprit. Harry commençait à craindre pour l'esprit de Ginny quand Jedusor releva finalement sa baguette, rompant le lien, et Harry voulut tomber à genoux à côté d'elle et la prendre dans ses bras. Elle tourna la tête pour regarder Harry, ses yeux dilatés et aveugles. 'Oh mon Dieu, Ginny,', pensa-t-il, 'S'il-vous-plaît, faites que tout aille bien.'
« Harry… » chuchota-t-elle. Il laissa échapper un soupir de soulagement, contre son gré. A côté de lui, Hermione sanglota et Ron poussa un soupir soulagé.
« Je suis là, Ginny. » lui dit doucement Harry, puis il regarda Voldemort, les dents serrées. Cependant, il fut distrait un instant plus tard en voyant le visage de Draco Malfoy qui se tenait à côté de son maître, un peu en retrait. L'effet que le sort avait eu sur lui était aussi clair. Pour la première fois, Harry reprit espoir.
« S'il-vous-plaît, » dit Harry à Voldemort, « laissez partir les trois autres. Je… Je ferai tout ce que vous voulez. Vous me vouliez de toutes façons, n'est-ce pas ? C'est pour cela que Ron était sensé être amené ici par le Portauloin, non ? Pour m'attirer ici ? Vous m'avez déjà. Je suis là. Maintenant laissez les autres partir. »
Le rire froid et aigu fut comme une lame remontant l'échine de Harry, mais il avait l'air marginalement plus humain maintenant que le monstre avait avalé les bonbons à la mandragore. « Et pourquoi devrais-je faire cela, exactement ? Spécialement quand je ne me serais jamais attendu à avoir le grand plaisir de te faire me regarder, en personne j'entends, torturer tes amis, avant de tous vous tuer. C'est vrai que je pensais que le loup-garou serait un choix particulièrement bon… Mon serviteur ici présent m'a fait remarquer qu'il ne pourrait pas s'échapper en transplanant, et que de très, très nombreuses choses pourraient lui être faites sans être fatales. On peut infliger bien plus de souffrance à sa victime quand on n'a pas le souci qu'elle meure… » Harry lança un regard noir à Malfoy maintenant, dont le visage s'était à nouveau changé en un masque de haine pure, dirigée vers Harry, Ron et Hermione. « Mais où sont donc passées mes bonnes manières ? Je devrais être plus généreux envers mes serviteurs loyaux, n'est-ce pas ? » fit Jedusor avec une étrange inflexion dans sa voix. Il se tourna vers Malfoy, à qui il manquait encore sa bouche. Ses yeux s'écartillèrent quand il se retrouva face à son maître. Cependant, d'un geste de la main, Jedusor lui rendit sa bouche.
Il inspira, puis dit d'une voix rauque « Merci, Mon Seigneur… »
Jedusor agita à nouveau sa baguette, mais cette fois, pour balayer la gratitude. « Ce n'est rien. Il était temps pour moi de montrer ma gratitude envers toi, en tant que serviteur loyal. » dit-il, saisissant soudain le bras de Malfoy et remontant sa manche afin de pouvoir presser le bout de sa baguette contre la Marque des Ténèbres, sur son avant-bras gauche. Malfoy tomba immédiatement à genoux, utilisant sa bouche dernièrement recouvrée pour pousser un cri. Harry sentit quelqu'un pousser son coude et il regarda subrepticement Hermione. Ron s'affairait sur ses liens, la libérant aussi, pendant que Voldemort s'occupait à rameuter ses derniers partisans. Dès qu'elle fut libre, Hermione mit sa main dans sa poche pour prendre sa baguette et la leva, transplanant avec un pop qui ne fut pas remarqué par Jedusor, à cause du bruit que faisait encore Malfoy.
« Elle va ramener de l'aide. » dit doucement Harry à Ron, qui acquiesça. Il aurait pu rapidement s'occuper des liens de Harry aussi, mais Jedusor tourna la tête pour les regarder, ses yeux s'élargissant quand il vit qu'Hermione avait disparu. Harry espérait que dans son dos, Ron avait la main sur sa baguette. Il ne savait pas si Ron serait à la hauteur pour se battre en duel contre Tom Jedusor, Mais au moins, lui pourrait combattre contre lui, pensa Harry, comme il n'avait pas de baguette sœur. D'un autre côté, pensa-t-il, si Ron prenait sa baguette de sa poche, et qu'il créait un lien avec celle de Jedusor…
Harry se trouva en train de regarder avec envie la baguette de Jedusor, encore sur la Marque des Ténèbres. Soudain, il l'ôta de sur le bras de Malfoy, et se retourna pour faire face à Harry et Ron, ses traits tordus par la furie. Ginny était encore allongée au sol, à leurs pieds, ses yeux écartillés, regardant tour à tour Ron et Harry d'un côté, et Tom Jedusor de l'autre. Harry pouvait voir Jedusor tenir sa baguette si serrée que ses jointures en devenaient blanches, et ses yeux sortaient pratiquement de sa tête.
« Si vous pensez qu'elle peut vous sauver en ramenant les supporteurs de ce vieil idiot, vous êtes bien plus stupides que ce que je pensais. » renifla-t-il. « Mes mangemorts seront ici, avant que la fille n'ait une chance d'amener de l'aide. Après tout, elle ne peut pas apparaître plus près que Pré-au-Lard. » dit-il d'une voix très logique. « On ne peut pas transplaner à Poudlard. »
Harry grogna intérieurement quand il réalisa que Jedusor avait raison. Cela prendrait un moment à Hermione pour ramener des renforts, même en courant jusqu'au château sous sa forme de loup. Pendant ce temps, Harry commençait à entendre des 'pops' tout autour de lui comme les mangemorts apparaissaient dans le champ et le jardin en broussailles devant les ruines du cottage. Il les compta mentalement comme ils approchaient de leur maître. Il n'en restait que deux douzaines. Ou seulement ceux-là pouvaient transplaner à Godric's Hollow. C'était bien plus que ceux qui étaient venus au cimetière de Little Hangleton, trois ans plus tôt, mais Harry savait qu'il y en avait eu bien plus avant Stonehenge. Plus de trois fois ce nombre s'était échappé d'Azkaban. Jedusor vit ses yeux parcourir les mangemorts et devina ce qu'il pensait.
« Oui, c'est tout ce que vous m'avez laissé. » cracha-t-il amèrement. « Mes derniers mangemorts libres. Cependant, ce n'est pas parce qu'il ne sont pas nombreux à être libres qu'il faut les sous estimer. Ils ont ressenti la Marque des Ténèbres… Ils savent que je les appelle… Cela pourra leur prendre plus longtemps pour venir jusqu'à moi, mais à moi ils viendront, souviens-toi de ce que je dis. Je reconstruirai. Vous m'avez pris mes détraqueurs et mes dragons, vous avez éliminés Lucius Malfoy et Ludo Verpey… Si vous saviez les choses qu'il a faites pour moi !… Mais je reconstruirai. Souvenez-vous… Il n'y a plus de détraqueurs pour garder les prisonniers du ministère, et j'ai encore des serviteurs loyaux qui travaillent au ministère… Laissons cette stupide fille aller chercher de l'aide, grand bien cela vous fasse. J'ai aussi des serviteurs dont vous ne savez rien. » ajouta-t-il d'une voix ironique. « Oui, mes serviteurs sont ici, et d'autres viendront… »
Harry ne reconnaissait pas la plupart des hommes et des femmes qui approchaient, les mangemorts restants, ceux qui avaient réussi à éviter la prison. Ils se regardaient les uns les autres, confus, se demandant clairement l'identité de ce sorcier aux cheveux poivre et sel. Jedusor leur fit signe d'approcher, ce qu'ils firent en hésitant. « Oui, c'est moi, votre maître ! » confirma-t-il d'une voix retentissante. « Mon apparence a changé, mais pas votre loyauté envers moi, j'espère. » ajouta-t-il, la menace sous entendue assez claire. La plupart d'entre eux avait l'air moins hésitante, et Harry parcourut du regard les visages, à la recherche de celui de Cho, avant de se souvenir qu'elle était en prison au ministère. Viendrait-elle ? se demanda-t-il. Il essaya d'imaginer dans les cellules du ministère, tous les mangemorts soufrant de la brûlure de leur marque. S'échapperaient-ils d'eux-mêmes pour rejoindre leur maître ? Ou y aurait-il un traître au ministère pour les libérer ? et qui étaient ces autres serviteurs ?
Ensuite, le cœur de Harry bondit dans sa gorge quand il réalisa que Rogue aurait ressenti la douleur de l'activation de sa Marque. Il saurait où ils étaient ! Tout ce qu'il avait besoin de faire était de quitter le domaine de Poudlard afin de transplaner à Godric's Hollow. Harry regarda le cercle des mangemorts les entourant. Cela n'aiderait probablement pas, une personne, pas quand ils étaient tous trois cernés par deux douzaines de mangemorts, avec plus à venir si Voldemort avait raison au sujet de ses serviteurs emprisonnés faisant tout ce qu'ils pouvaient pour obéir à sa convocation. Harry trouvait difficile de continuer à le considérer comme Voldemort cependant. Quand il avait perdu son calme, c'était plus facile, mais il avait l'air tellement différent du monstre à tête de serpent, et ressemblait tellement au garçon que Harry avait rencontré dans le journal, qu'il ne pouvait pas s'empêcher de l'appeler Jedusor dans sa tête.
Et puis Harry le vit lui. Il fit un très petit signe de la tête, presque imperceptible. Harry pouvait dire que Jedusor ne l'avait pas vu. Il était en train de lancer un regard noir sur Ron, Ginny et lui. Harry lança à nouveau un coup d'œil à Malfoy, qui regardait Ginny, angoissé. Est-ce que leur destin était dans les mains de ces deux-là ? se demanda-t-il. Plus celles d'Hermione. Et de Rogue. Est-ce que Dumbledore viendrait ? se demanda-t-il. Il était venu à Stonehenge. Sûrement que Hermione ramènerait Dumbledore… Mais serait-ce assez tôt ?
Il regarda à nouveau Jedusor. C'était si étrange de voir des yeux sombres ordinaires sur son visage, plutôt que les rouges qu'il avait avant. Il y eut un silence complet et total quand Jedusor croisa le regard de Harry. Chaque souffle semblait être suspendu, attendant, attendant…
« Les guerriers de la lumière viendront. »
Jedusor eut l'air de se réveiller d'un long sommeil, se secouant. « Qui a dit cela ? » s'enquit-il. Il n'avait pas vu les lèvres de Harry bouger, ni celle de n'importe qui d'autre. Harry haleta. Il avait oublié que Jedusor pourrait comprendre tout ce que Sandy disait. Est-ce qu'il réaliserait ce que cela voulait dire ? se demanda-t-il.
« Je demande qui a dit cela ! » cria-t-il, son visage s'empourprant de colère.
« Dit… Dit quoi, M…Maître ? » bafouilla une voix familière. Harry lutta à l'envie de le regarder. Malgré le signe de la tête, Harry se demanda de quel côté il était vraiment. S'était-il repenti et était-il retourné au service de son maître ? Était-il là de son plein gré ou contre sa volonté ?
« Crucio ! » cria encore Jedusor, pointant sa baguette vers celui qui avait parlé, et qui s'effondra sur le sol, hurlant à la mort, faisant se rappeler à Harry ce que Ginny venait de subir. Il lui jeta un coup d'œil à nouveau, essayant de lui dire à quel point il l'aimait avec seulement ses yeux.
Après quelques minutes qui parurent probablement bien longues à sa victime, Jedusor releva sa baguette et mit fin au maléfice. Harry déglutit, regardant la silhouette inerte et prostrée, se demandant si Jedusor trouverait qui (ou quoi) avait parlé. Une autre chose au sujet de laquelle Harry n'était pas très clair était de savoir si Voldemort comprenait que les serpents avaient le Don. Pensait-il que quelqu'un lui avait parlé des guerriers de lumière pour le contrarier ? Ne comprenait-il pas que c'était un serpent qui disait cela, que c'était une prédiction ?
Et puis Harry prit un instant pour réfléchir à la prédiction de Sandy. Hermione envoyait de l'aide. Ou Rogue, ou Dumbledore. Mais l'aide était en route… Ils avaient simplement à survivre jusqu'à ce que les secours arrivent, et puis tout irait bien. Il décida que sourire serait une très mauvaise idée, et il fit de son mieux pour cacher sa joie. 'Les guerriers de la lumière viendront.' Bien, pensa-t-il, ce ne sera jamais trop tôt.
« Allons, mon Queudver. Viens ici et utilise ta main d'argent à bon escient sur le loup-garou, à moins que tu veuilles encore de cela. »
Harry eut l'impression d'avoir le souffle coupé. Les yeux de Ron eurent un éclair rouge, et croisèrent le regard de Harry . De l'argent.
« O-Oui Maître. » bégaya Pettigrew, se redressant péniblement et se dirigeant lentement vers Ron. Sa posture était voûtée, rendant sa petite silhouette encore plus petite. Harry se demanda quelles tortures Voldemort lui avait faites subir depuis qu'il l'avait sorti d'Azkaban.
Cependant, contrairement à Harry, Queudver ne savait pas que Ron n'était plus entravé. Dès qu'il fut à portée de sa victime désignée, Ron sortit sa baguette et la pointa sur lui. Immédiatement, trois mangemorts différents pointèrent à leur tour leur baguette sur Ron, criant, « Crucio ! Crucio ! Crucio ! »
Le hurlement de Ron était plus celui d'un loup qu'autre chose, et Harry tomba à genoux, incapable de retenir les larmes qui coulaient sur ses joues comme les trois maléfices convergeaient vers son meilleur ami. Où sont ces foutus aurors ? se demanda-t-il. La baguette de Ron était tombée au sol, et Jedusor l'attira négligemment à lui, contemplant Ron avec un sourire joyeux. Le visage de Ginny montrait son angoisse comme elle regardait les tourments de son frère, convulsant sur le sol comme les trois éclairs de lumière ambrée liaient son corps aux baguettes des trois mangemorts. Son visage était rouge et brouillé à cause de ses pleurs, et Harry pouvait à peine saisir ses paroles sur ses lèvres. « Ron, Ron, nous t'aimons tous… Sois fort Ron… »
Un signe de la tête de Jedusor mit fin au supplice. Ron resta au sol, ses yeux hébétés et rouges. Du sang perlait au coin de sa bouche. Peut-être s'était-il mordu la langue. Harry, encore à genoux, se tourna vers Jedusor. « Arrêtez ça ! » cria-t-il. « Torturez moi ! Tuez-moi ! Mais laissez-les tranquilles ! »
« Oh, mais je vais te tuer, Harry. » dit-il très calmement, faisant tourner la baguette de Ron entre ses doigts. « Je vais te tuer en tout dernier. Et pour la torture, que crois-tu que c'était ? Je t'ai déjà dit… Tu vas devoir voir tes meilleurs amis souffrir… C'est ta torture. Bien, » concéda-t-il, « seulement quelques uns d'entre eux. Mais comment pourrais-tu proposer que je torture quelqu'un qui n'est pas affecté par le sort de Cruciatus, hmm ? Comment faire sinon torturer ceux qui sont les plus proches de toi pendant que tu regardes, en sachant que c'est ta faute, à toi et à toi seul s'ils souffrent… »
« Non ! » cria Harry, peinant à se remettre debout. « C'est votre faute… C'est la votre ! Toujours la votre ! Toute cette souffrance est à cause de vous, pas de moi ! Vous pouvez l'arrêter quand vous voulez ! »
Jedusor ricana. « Ou la continuer. Bien, tu marques un point. Il n'y a vraiment rien que tu puisses faire pour m'arrêter. » dit-il négligemment. « Je voulais dire que ta simple existence est la raison pour laquelle ils souffrent. Ceci et les choses que vous avez faites et qui m'ont rendues… mécontent. » dit-il sa voix devenant un grondement sourd. Regardant Ron dans les yeux, Jedusor cassa sa baguette en deux et jeta les morceaux au sol. « Pense à cela comme Queudver fait son office maintenant. » dit-il à Harry, avant de se tourner vers Peter Pettigrew. « Queudver ? Tu es prêt ? Comme nous en avons parlé ? Jusqu'à ce que je te dise d'arrêter. »
Peter Pettigrew se mordit les lèvres et acquiesça, puis il s'agenouilla à côté de Ron, encore allongé au sol. D'un geste de la main, les bras et les jambes de Ron se retrouvèrent attachés au sol de telle sorte qu'il ne pouvait plus bouger. Il se débattit sans succès. Les liens étaient magiques cette fois. Il n'y avait rien de physique contre quoi il puisse faire quelque chose.
Ron leva les yeux vers Pettigrew. « Souviens-toi, » dit-il d'une voix râpeuse à travers la fente de ses lèvres. « j'ai été ton maître autrefois. »
Pettigrew eut l'air secoué par cela. Après un instant de pause, il déchira la robe, la cape et la chemise de Ron, lui dénudant la poitrine. Le cœur de Harry battait très vite, se demandant ce qu'il allait faire.
« Aaaaaaaaaaaaaaooooh ! » Le cri de Ron se transforma en hurlement, comme Pettigrew pressait sa main d'argent contre sa peau, d'abord ici, puis là. L'odeur de chair brûlée remontait dans le nez de Harry, et il y eut six brûlures très distinctes sur la poitrine de Ron, chacune de la forme de la main d'argent de Peter Pettigrew. Ron se débattait contre ses liens invisibles, et Ginny réussit finalement à s'asseoir, bien que ses bras, comme ceux de Harry, soient encore collés à ses côtés.
« Ron ! » criait-elle encore et encore, ses yeux larmoyant, ses cheveux collant à son visage humide. Harry ne s'était jamais senti si inutile et si mal. Il ne pouvait pas se métamorphoser en griffon d'or avec ses bras collés à ses côtes, et il ne pouvait pas atteindre sa baguette pour lancer un sort sur Pettigrew. Il était complètement inutile et sans valeur, et c'était entièrement sa faute si Ginny et Ron souffraient…
« Stop ! » dit Jedusor à Pettigrew, qui acquiesça et s'écarta de Ron, ne croisant pas le regard de sa victime. « Alors, loup-garou, est-ce que nous ne nous amusons pas ? » dit Jedusor avec douceur, donnant à Harry une envie de meurtre pire que celle qu'il avait eue quand il avait essayé de tuer le Jedusor de seize ans dans les bois proches.
Ron ne répondit pas, mais lança un regard de défi à Jedusor. Il ouvrit sa bouche pour parler, mais soudain, des petits 'pops !' commencèrent à retentir tout autour d'eux, et Harry pensa que son cœur allait exploser de gratitude. 'Les guerriers de lumière viendront.' Hermione avait réussi ! L'aide était arrivée bien plus vite que ce qu'il avait pensé aussi. Les personnes qu'il reconnaissait comme étant des aurors, dont certains avaient été secourus d'Azkaban, étaient maintenant rangées autour du cercle des mangemorts et commencèrent à attaquer. Ron souriait d'une oreille à l'autre, malgré la fumée qui s'élevait de ses brûlures.
« Ca, c'est ma copine. » dit-il doucement, en souriant.
« Mais… Comment a-t-elle ramené les aurors si vite ici ? » demanda Harry, secouant la tête avec étonnement, comme les mangemorts du cercle autour d'eux étaient forcés de se retourner et de porter leur attention sur les aurors. Immédiatement, les sorts commencèrent à voler. Harry rechercha Hermione, mais il ne la vit pas parmi ceux qui étaient apparus.
« Elle a dû aller droit au ministère ! » dit Ron d'une voix rauque. Harry n'eut aucun doute qu'il avait raison. Bien sûr que Hermione avait pensé à faire cela. C'était une bonne chose que ce soit elle qui soit allée chercher de l'aide, et pas lui. « Elle doit probablement se diriger vers le château maintenant, pour prévenir Dumbledore. » ajouta Ron.
Harry acquiesça, pensant avec espoir au directeur. Il pouvait les sauver… Mais ensuite, il regarda Ginny, et Draco Malfoy. Si nous avons besoin d'être secourus, pensa-t-il, peut-être que nous ne sommes pas le triangle qui va battre Voldemort… Ou peut-être que ce n'est pas maintenant que cela va arriver. Il ne pouvait pas voir comment la situation courant pouvait amener à la chute de Voldemort. Les chances étaient encore définitivement en sa faveur, même si le vieux sorcier avait repris l'apparence d'un être humain normal.
Jedusor regardait tout autour de lui, voyant ses mangemorts combattre les aurors. Les mangemorts tournaient le dos au centre du cercle, de telle sorte qu'ils formaient une barrière entre les aurors et leur maître, plus Harry, Ron, Ginny, Draco Malfoy et Peter Pettigrew.
« Recommence, Queudver ! » cria Jedusor à Pettigrew, des postillons s'échappant de sa bouche. Cependant, Peter Pettigrew se tourna d'abord d'un côté, puis de l'autre, regardant les duels qui se déroulaient tout autour du périmètre du cercle, un air étonné sur le visage. Harry pensa voir Katie à un moment, mai sil espéra avoir tort. Pettigrew regarda encore son maître, avec la plus étrange expression que Harry lui avait jamais vu avoir. Un lent sourire , à l'air assez fou, s'afficha sur son visage, et puis il se mit à rire.
« Ne devriez-vous pas m'appeler 'enfant de la lune' ?' demanda-t-il à Jedusor. Malgré sa tentative de maintenir sa composition, il tremblait visiblement.
« Je vais t'appeler 'mort' si tu ne me réponds pas immédiatement ! » cria Jedusor, l'air complètement dingue. Harry ne pouvait pas se décider sur lequel des deux était le plus proche de perdre la raison.
« Est-ce que vous vous retenez de m'appeler enfant de la lune afin de ne pas penser au rôle que j'ai joué dans la perte de votre pouvoir ? » Il regarda Draco Malfoy, Ginny, et puis finalement Harry. « Le second Triangle est ici, maître. Je n'ai plus besoin d'être là pour regarder et attendre, pour préparer. J'ai… La foi. » dit-il d'une voix bizarre et calme, haussant un sourcil.
« Je t'ai dit de continuer à torturer le loup-garou ! Je t'ai donné un ordre direct ! »
Le tremblement de Pettigrew avait cessé. Il regarda d'abord Ron et dit « Je suis désolé. Tu as été un maître bon et gentil. » Ron le regarda avec incrédulité quand il se tourna directement vers Jedusor, disant d'une voix claire et apaisée. « Je ne le ferai pas. »
Et avec cela, il s'effondra, mort.
La vie l'avait tout simplement quitté. Son corps était une coquille vide, allongé sur le sol, sa robe trop grande pour le corps avec la peau sur les os auquel il avait été réduit. Ron découvrit qu'il pouvait bouger ses bras et ses jambes, car la mort de Pettigrew avait mis fin au sort qui le liait au sol. Il ne se leva pas cependant. A la place, il rampa jusqu'à Pettigrew et lui ferma doucement les yeux avec sa main.
« Je te pardonne. » chuchota-t-il, avalant sa salive. Harry pouvait voir les larmes couler sur son visage, et il pouvait aussi voir que le torse brûlé et couvert de cicatrices de Ron était déjà en train de guérir. La peau n'était pas aussi souple qu'avant, mais rosée et nouvelle, la peau réduite en lambeau et brûlée se détachant déjà. Ron se leva, puis il aida sa sœur encore ligotée à se lever. Harry réalisa qu'il ne pouvait pas détacher son regard de la silhouette inerte de Pettigrew.
« Qu'est-ce qui l'a tué ? » s'étrangla-t-il, au moment même où la seule explication possible lui venait à l'esprit.
« Harry, » chuchota Ginny, « je pense que… C'est un sort d'Obéissance… »
Il n'avait absolument aucun doute qu'elle avait raison. « Vous lui avez lancé le sort d'Obéissance, n'est-ce pas ? Tout comme vous l'avez lancé sur Malfoy. Tout comme vous me l'auriez lancé dessus si mes parents m'avaient promis à vous. » gronda Harry à Jedusor, une furie à laquelle il ne s'était pas attendu jaillissant en lui. Le sorcier eut l'air hautement suspicieux.
« Comment sais-tu cela ? » demanda-t-il.
« Ce sont mes affaires. » répliqua Harry.
Jedusor regarda Harry avec mépris, le coin de ses lèvres remontant en un demi-sourire diabolique. « Bien sûr que je lui ai lancé le sort d'Obéissance ! » Il regarda le corps, sa voix prenant des intonations de fierté. « Il ne l'a pas su, au début. Puis, à travers les yeux de Quirrel, mon serviteur, je l'ai vu et reconnu. La nuit où j'ai perdu mon corps, je l'avais vu se transformer en rat, en étant arrivé à la réunion avant qu'il sache que j'étais là. J'ai alors compris pourquoi il se faisait appeler Queudver. Je ne lui ai pas dit que je savais que c'était un animagus, cependant. Il m'avait caché ce pouvoir à moi, son maître. Maintenant, je connaissais son secret, en plus du sort d'Obéissance, bien sûr. Un jour, j'ai fait prendre le rat à Quirrel pour montrer un sort pendant un cours. En parlant à travers Quirrel, afin que personne d'autre ne puisse entendre, je lui ai dit que je savais qui il était vraiment, et je lui ai donné un ordre direct : m'aider à redevenir moi-même. Quirrel était à la fois plus puissant et affaibli par ma possession sur lui. Je souhaitais pouvoir avoir un autre serviteur sur qui compter, au cas où Quirrel échouerait. Un serviteur à qui j'aurais donné un peu de mon propre pouvoir. Je lui ai parlé du sort, afin qu'il comprenne les conséquences d'un refus à mes ordres. Il n'a ni accepté, ni refusé, mais à continué à vivre comme animal de compagnie de ton ami pendant deux ans ! » dit-il avec dédain. « Puis, quand sa vraie nature a été révélée, il est finalement venu me trouver en Albanie, et il m'a finalement donné une réponse. Tu ne croirais pas toutes les choses qu'il a subies pour moi… On ne peut rien pour combattre ce sort. C'est, je pense, une des choses les plus intelligentes à laquelle j'ai jamais pensé… Même toi, tu dois le concéder… »
« Je ne concède rien. » grogna Harry. Des cris et des gémissements émanaient du bord du cercle, ais ils se tenaient dans l'œil étrangement calme d'un cyclone, tous les trois, face à Jedusor et Draco Malfoy. Puis, du coin de l'œil, Harry vit que Ron avait brisé les liens de Ginny. Il essaya de passer derrière Harry, pour le libérer aussi, mais il ne fut pas assez rapide.
« Mon Seigneur ! » s'écria Draco Malfoy. « Weasley ! » Il avait vu ce que Ron allait faire.
« Crucio ! » cria Jedusor, pointant sa baguette sur Ron, qui plongea derrière Harry. Le sort frappa Harry à la place, et il sentit immédiatement des couteaux brûlant lui détacher la chair de ses os, n'ayant pas eu la possibilité de se préparer au sort. Il ne savait pas combien de temps il avait reçu le sort quand il pu finalement contraindre son esprit à se détacher de la douleur et à flotter, toujours plus haut, jusqu'à ce qu'il puisse voir tout ce qui arrivait avec une lenteur éprouvante.
Les lèvres de Ron bougeaient comme il regardait Harry. Il semblait qu'il disait simplement « Désolé, mon ami. ». Il ne blâma pas Ron, car il vit la raison pour laquelle il voulait que Jedusor soit occupé. Ron regarda Jedusor, criant quelque chose d'autre, mais avec de trop nombreux mots pour que Harry puisse comprendre cette fois., avant de se retourner et de courir vers le périmètre du cercle, faisant un bond spectaculaire dans les airs comme s'il faisait encore un kata. Il mit au sol deux mangemorts d'un seul coup. Même sans baguette, Ron se joignait au combat. Jedusor rompit le lien avec Harry et pointa sa baguette dans la direction de Ron, sa bouche bougeant lentement, si lentement, et un arc de lumière verte émergea du bout de sa baguette, comme un fil se défaisant lentement d'un tissu…
Mais Ron était trop rapide, même pour cela, et quand le sort frappa finalement quelqu'un, ce fut un mangemort que Jedusor abattit, un de ses propres serviteurs, dont le corps tomba au sol, les yeux écartillés, comme surpris. Ron bondit encore sur un autre mangemort, en train d'éviter un autre sort, et ce dernier tomba lentement au sol, lâchant sa baguette, se tenant le torse (là où Ron l'avait frappé) avec son autre main. Harry se força à retourner dans son corps, inspirant profondément quand il le réintégra, brusquement agressé par le son du cri de rage de Jedusor qui venait de tuer accidentellement un des siens. Il pouvait aussi entendre les cris d'un mangemort après l'autre, qui était attaqué par Ron.
Bien que Harry soit encore entravé, il n'avait pas l'impression que Ron les avait abandonné, comme il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour aider les aurors à éliminer les soutiens de Jedusor. Et Ginny n'était plus entravée, grâce à Ron. Elle ne chercha cependant pas à atteindre sa baguette. Elle avait une autre arme en tête.
« Tom, » dit-elle, la gorge serrée. « Arrête cela, s'il-te-plaît. Ce n'était pas ce que tu voulais vraiment quand tu étais jeune. Tu n'as jamais vraiment voulu tuer cette fille. Ce n'est pas parce que tu l'as tuée que cela a fait de toi un meurtrier. Je sais ce qui s'est passé, Tom. Je sais que tu pensais qu'avoir la capacité de parler aux serpents te faisait aimer ton ancêtre, Serpentard. Je sais que tu pensais que tu pourrais être un grand sorcier comme lui si tu ouvrais la Chambre et maîtrisais ce qui était dedans. Tu as été blessé par ton père qui t'a rejeté, toi et ta mère, et encore blessé quand les autres Serpentards ne t'ont pas jugé digne de leur maison… »
« Non ! Pas leur maison ! Ma maison ! » Jedusor tremblait de furie. « Comment sais-tu ces choses ? Comment oses-tu me parler ainsi ? » cria-t-il, avec une note de folie dans la voix.
Ginny, pour sa part, semblait étrangement calme. « J'ose parce que je te connais, Tom. Je t'ai déjà parlé… J'ai écrit dans ton journal. Pendant presque une année, j'y ai déversé mes pensées vers toi, et toi, en retour, tu m'as parlé de ta vie. C'était pour me donner confiance en toi, et ça a marché, bien que je sache que je n'aurais pas dû. Pourtant… Je ne peux toujours pas oublier les choses que tu m'as dites. Je sais comment les autres enfants de l'orphelinat te traitaient, je sais comme les autres Serpentards te traitaient parce que tu vivais avec les moldus. Je sais comment tu as voulu faire tes preuves devant eux, prouver que tu étais le plus grand sorcier de tous. Je sais que tu as travaillé dur et longtemps, des heures et des heures de révision. Je sais à quel point cela t'a rendu fier d'être nommé préfet ! Je sais, Tom, je sais tout… »
Jedusor devenait livide de rage. « Ginny ! » essaya de l'avertir Harry. « S'il-te-plaît… Est-ce que tu essayes… » mais soudain, il savait ce qu'elle essayait de faire. Il n'avait plus aucune doute. « Non Ginny ! S'il-te-plaît ! » plaida-t-il avec elle, ayant l'impression que son cœur allait bondir de sa poitrine. Mais elle ne le regarda pas.
« Tue-moi ! » cria-t-elle, « Tue-moi à la place de Harry ! » Harry secoua la tête, incapable de croire que cela arrivait. Il souhaita ne jamais lui avoir fait voir sa pensine, voir ce que sa mère avait fait juste avant que Voldemort n'essaye de lui lancer le sortilège mortel. Ce n'était pas ce qu'il voulait…
« Silence » cria Jedusor, ses yeux lançant des éclairs. Il regarda Harry, ricanant. « Oui, je pouvais aussi dire ce qu'elle essayait de faire, Potter. M'aiguillonner, me taper sur les nerfs, puis me demander d'être tuée à ta place. Ensuite, quand je t'aurais lancé mon sort, tu aurais été protégé par son amour. Comme c'est mignon. Comme c'est… comment dire ? Stupide. » Il adressa un sourire tordu à Ginny. « Oui, je vais te tuer, ma fille, et il va voir. Mais je ne le tuerai pas après cela. Du moins, pas directement. Il va dépérir, jour après jour, en devant se souvenir t'avoir vu mourir à chaque seconde de chaque jour… »
Harry essaya de se déplacer vers elle, mais Jedusor fit un geste de la main et les pieds de Harry se retrouvèrent soudain plantés dans le sol. Les pieds de Ginny étaient aussi fermement ancré dans le sol. Les deux étaient encore à environ huit pieds l'un de l'autre, avec le joug portauloin entre eux. Harry pensa ' Si seulement nous pouvions au moins le toucher ! » Mais il dût se contenter de la regarder.
« Je t'aime Ginny. » dit-il, sa voix se brisant.
« Je t'aime Harry. » Il pouvait à peine distinguer ce qu'elle disait dans un soupir rauque. Il y avait des tonnes de bruits dans sa tête, comme si toute une foule lui disait « Tu as échoué, tu as échoué. »
« Avada Kedavra! »
« Nooooooon ! »
Presque simultanément avec son maître qui commençait à dire le sort, le cri de Draco Malfoy retentit dans les oreilles de Harry, et il regarda avec incrédulité l'autre garçon se jeter sur la route du maléfice, prenant de plein fouet l'éclair de lumière verte et tombant au sol, les yeux écartillés et aveugles, la vie aspirée de lui.
Jedusor jura violemment. « Stupide imbécile ! Cela fait deux serviteurs que je perds maintenant ! » Deux serviteurs qui devaient lui obéir jusqu'à la mort, tu veux dire, pensa Harry. Il ignorait évidemment la perte de ses autres serviteurs. Il y avait définitivement des corps de mangemorts visibles à travers le chaos de la bataille autour d'eux, et le cercle s'était réduit, plus petit, pour remplir les trous, comme les mangemorts restants continuaient de tenter de protéger leur maître. Harry pouvait aussi voir des aurors sur l'herbe, quelques uns apparemment morts, d'autres gémissants. Puis il aperçut quelqu'un allongé dans l'herbe qui était très grand, avec des cheveux roux vif, et il eut l'impression de ne plus pouvoir respirer, mais un instant plus tard, Ron se remit debout et repartit au combat.. Harry poussa un soupir et se tourna vers Jedusor, qui serrait très fort sa baguette, lançant un regard noir au corps de Draco Malfoy à ses pieds.
Donnant un coup de pieds au corps avec une négligence mauvaise, Jedusor marmonna. « J'ai toujours pensé qu'il était suicidaire, et j'avais raison. » Il regarda Ginny. « Mais je n'ai pas fini mes affaires avec toi, n'est-ce pas ? » le visage de Ginny était à nouveau parcouru par les larmes comme elle regardait le corps sans vie de Draco Malfoy. Puis elle releva le menton et lança un regard de défi à Jedusor.
« Je n'ai pas peur de mourir. » dit-elle sa voix tremblant.
Jedusor rit. « Oh, mais tu devrais, petite fille. Tu devrais avoir très peur. Pour une raison, c'est que c'est sensé. Pourquoi penses-tu que je me sois battu si fort et si dur pour éviter moi-même la mort ? De plus.. Je peux dire que tu mens. Tu as peur. Vraiment peur. » dit-il, se réjouissant complètement. Harry ne pouvait pas regarder. Il ferma les yeux, voyant encore Ginny, comme si son image s'était imprimée sur sa rétine. Il pensa avec désespoir 'Comment pourrais-je le mettre en colère après moi pour que je puisse aussi mourir et être avec elle ? Je ne peux pas être sans elle… »
Mais soudain, ses yeux s'ouvrirent et il ne put rien voir d'autre que Ginny. Il essaya de cligner des yeux, mais rien ne sa passa, et il réalisa que Jedusor devait avoir fait quelque chose pour l'empêcher de refermer les yeux. Harry se souvint qu'il avait fait cela à Karkaroff, avant de le tuer à Douvres. Ses yeux commencèrent à larmoyer.
« Tu vas voir cela, Potter, » dit Jedusor, menaçant. Presque dans le même souffle, sans autre avertissement, il pointa sa baguette sur Ginny et cria « Avada Kedavra ! »
Cette fois, il n'y eut pas d'obstacle entre lui et son corps. L'éclair de lumière verte fila vers elle et toucha son front. Les yeux de Harry luttaient pour se fermer, mais sans réussir. Sa vision était occupée par Ginny, Ginny en train de mourir…
Sauf que ce n'était pas le cas.
Elle sembla trembler de tout son corps, très rapidement, et un lueur bleue-blanche émana d'elle, grandissant de seconde en seconde jusqu'à ce que Harry pense être aveuglé par sa luminosité. Ses yeux pleuraient comme ils ne pouvaient pas cligner, et te la lumière aveuglante provenant de Ginny grandissait encore et encore, l'éclair de lumière verte la connectant encore à Jedusor, qui avait l'air de ne pas pouvoir lâcher sa baguette, même s'il avait voulu le faire. C'était difficile pour Harry de voir son visage à cause de la lueur de Ginny, mais maintenant, il pouvait vaguement discerner que l'arc de lumière repartait dans l'autre direction, de Ginny vers Jedusor.
Le bras de Jedusor trembla comme le sort passa en lui, mais contrairement à la nuit où les parents de Harry avaient été tués, il n'émit aucun son. Il lâcha simplement sa baguette, rompant le lien, son corps tombant sur le sol avec un bruit sourd.
Harry réalisa qu'il avait retenu son souffle quand il laissa échapper une longue expiration. Il cligna des yeux… Puis il réalisa qu'il pouvait le faire. Il se mit les mains sur le visage, et réalisa qu'il pouvait aussi le faire. Ses pieds n'étaient plus non plus liés au sol, et il contourna le joug pour atteindre Ginny, qui se tenait encore là, trop choquée pour bouger. Il lança ses bras autour d'elle, et serra son corps fatigué. Elle le regarda, ses yeux, pratiquement catatoniques, le regardant à travers les mèches folles de ses cheveux. Elle semblait complètement vidée.
« Tu as réussi ! » cria-t-il. « Il… Il est mort ! tu as réussi , Ginny ! »
Elle secoua la tête, n'ayant pas encore retrouvé tous ses sens. « Non… Il l'a fait. Tout ce que j'ai fait, ça a été de le mettre en colère après moi, de lui donner envie de me tuer plus tôt. Mais Draco… Il est mort à ma place… Et tu as piégé Tom en lui faisant manger les bonbons, sinon, il aurait été comme i la été avant, une sorte de fantôme, sans être un fantôme…
« Le mettre en colère n'était pas rien faire, cependant, Ginny. Tu savait exactement comment l'irriter. Tu savais des choses qu'aucun autre n'aurait pu savoir… »
Elle poussa un soupir résigné. « D'accord, Harry. Nous avons tous fait quelque chose. Tu es content ? » Elle finit sa phrase sur un sanglot et s'agenouilla, regardant la silhouette immobile de Draco Malfoy. Harry déglutit, regardant aussi Draco. Il n'avait pas voulu la contrarier, mais c'était vrai. Tous les trois avaient fait quelque chose…
Tous les trois avaient accompli la Prophétie.
Il regarda Draco Malfoy, et puis l'endroit où se tenait Peter Pettigrew, de l'autre côté du joug. « Les enfants de la lune, » chuchota-t-il, « Ils se sont tous deux sacrifiés. »
Elle secoua la tête. « Je ne comprends pas pourquoi il m'a lancé ce maléfice après que Draco ait été tué. Il savait ce que je faisais quand je lui ai dit de me tuer à ta place, et pourtant il a continué et essayé de me tuer après de Draco ait pris le maléfice… »
Harry se souvint de Voldemort donnant à Draco Malfoy un paquet, et lui disant que « la fille » était à sa disposition. Draco avait répondu qu'elle était de sang pur… Harry sut qu'ils avaient parlé de Mariah. Est-ce que Voldemort avait pensé que Mariah était la seule fille qui comptait pour Draco Malfoy ? « Je pense qu'il ne savait pas ce que Draco ressentait pour toi. Je ne pense pas qu'il a cru que Draco est mort parce qu'il t'aimait. Il a dit qu'il s'était suicidé, souviens-toi. »
« Nous avons toujours pensé le pire de lui, mais Draco ne nous a pas vraiment trahi. » dit-elle tristement, refermant avec douceur les yeux gris immobiles avec sa main. « Il n'avait pas de libre arbitre. Mais il a trahi Voldemort. Tom. »
Harry fronça les sourcils. « Pourquoi parles-tu de sa trahison envers nous? Je n'ai pas dit qu'il l'avait fait. » Je l'ai pensé, cependant.
« Tu ne connais pas toute la Prophétie ? » Harry secoua la tête, et elle la lui récita, terminant par « Le Lion aime la lumière de la fille, Comme l'Enfant de la lune d'argent ; Mais le serviteur du Seigneur des Ténèbres devra trahir. Et même s'ils fuient devant leur destin, Trois devraient donner naissance aux jours de damnation, Et l'Amour devrait mettre fin au règne du Seigneur des Ténèbres. Maggie me l'a dite. » chuchota-t-elle.
« Trahir… » marmonna Harry, regardant le visage cireux de Draco. Il secoua la tête. « Je savais que.. Qu'il était capable de se sacrifier pour m'aider à rétablir le cours du temps, mais là… »
Soudain, il ne put s'empêcher de penser. 'Ce n'est pas juste.'
'Pourquoi ?' argua une autre voix dans sa tête.
'Parce qu'elle ne l'aimait pas. Il est mort par amour, mais ça n'allait que dans un sens… Si j'avais pu bouger, j'aurais pris le sort pour elle…'
'Mais tu ne pouvais pas bouger. Il savait cela. Et qu'est-ce qui te fait penser qu'il l'a juste fait pour elle ? Peut-être qu'il l'a fait pour toi aussi.'
Cette pensée surprit Harry, et lui fit à nouveau songer au garçon qui avait été son meilleur ami pour le plus clair de son autre vie. Il fixa le corps immobile. 'Ce n'est quand même pas juste.' Pensa-t-il. ' C'est un héros, mais il ne sera honoré que dans sa mort. Il ne pourra jamais vivre comme un héros.'
'La vie n'est pas juste. Tu sais cela.'
'Cela ne signifie pas que je dois l'aimer.'
Ginny pleurait tandis qu'il la tenait serrée, tout en regardant le visage de Draco Malfoy par-dessus son épaule, conscient des combats qui continuaient, juste en dehors du cercle des mangemorts. Il s'étaient tous assez occupés pour qu'aucun n'ait encore remarqué le destin de leur maître. Il ne pouvait empêcher les souvenirs de remonter à sa mémoire, des souvenirs de quand il grandissait avec Draco, quand ils voyageaient ensemble dans le pays, qu'il écrivait dans le journal. A la fin, il avait fait voir ce qu'il était vraiment. Il avait été le Draco Malfoy que Harry savait qu'il pouvait être, s'il le voulait. Et en faisant cela, il avait mis fin à sa vie. 'Cela aurait dû être un renouveau,' pensa Harry, 'pas une fin.' Il soupira. Il n'y avait rien qu'il ne puisse faire maintenant, cependant. La mort, c'était le mort.
La mort, c'est la mort.
Il se souvint d'Hermione disant cela, quand ils parlaient du sort dans son livre sur les serpents. Mais selon ce livre, la mort n'était pas la mort.
Peut-être.
« Le griffon volera. »
Harry soupira. Sandy avait sans doute raison. Il devrait voler sous peu et se joindre à la bataille, qui semblait toujours aussi enragée. C'était son devoir de faire ce qu'il pouvait pour se battre. Il regarda à regret le visage stupéfait de Draco. 'Désolé, mon ami, l'appel du devoir. »
Mais comme il se levait et remettait Ginny debout, soudain, les cris de la bataille augmentèrent en volume, une cacophonie allant crescendo, et ils levèrent les yeux pour voir, entre les dos des mangemorts, encore oublieux du destin de leur maître, des elfes apparaître partout avec de forts 'cracs !'. Il ne put s'empêcher de sourire quand il vit cela, et puis qu'il aperçut Hermione, aussi, et les professeurs MacGonagall et Flitwick, plus de nombreux élèves du club de duel. Il vit même apparaître des élèves qui n'avaient pas passé leur permis de transplaner, se tenant à des choses comme des balais et des rouleaux de parchemin, et il sut que ces objets avaient été choisis à la hâte pour servir de portauloins pour amener les meilleurs combattants à la bataille.
Cependant, il pouvait voir que malgré les nouvelles troupes, la bataille se déroulait mal. Les mangemorts étaient bien plus impitoyable dans leur tactique que ne l'avaient été les aurors. Il réalisa avec un choc qu'il y avait maintenant plus de mangemorts dans le cercle qu'il n'y en avait eu au début, et cela malgré le nombre d'entre eux qui étaient tombés. Harry sut alors que Voldemort avait probablement eu raison, que même les mangemorts en prison au ministère avaient fait ce qu'ils pouvaient pour venir. Peut-être que les aurors qui avaient été mobilisés pour venir se battre gardaient d'ordinaire les cellules du ministère. Peut-être que cela avait été l'un des mangemorts travaillant encore sous couverture au ministère. Ou même si un mangemort lançait l'Imperius sur un des gardiens, cela pouvait suffire…
Il se souvint du sentiment d'impuissance qui l'avait emporté quand il avait été dans les bois avec Tom Jedusor, de la frustration de ne pas pouvoir maîtriser sa propre destinée. Il avait pu combattre l'Imperius, mais pas le sort d'Obéissance. Cela avait été un tel soulagement quand il avait pensé à mettre le feu au journal, et il avait été si soulagé que cela ait marché, que Jedusor ait disparu, et que sa baguette soit tombée au sol…
La baguette.
Harry baissa les yeux, voyant la baguette de Voldemort posée à côté du corps du sorcier. Il regarda encore Draco et pensa 'Peut-être qu'il y a un moyen.' Un moyen de se battre et de gagner la bataille, et de quand même faire quelque chose pour le prix que Draco avait eu à payer. Il commença à respirer plus rapidement, sachant ce qu'il allait faire. D'abord, il tendit sa main et ferma ses yeux, se concentrant aussi fort que possible sur la nuit où ses parents étaient morts, sur la disparition de Jedusor pendant que son journal brûlait. Il pouvait la voir dans sa tête, il pouvait…
Sans même prendre la peine de sortir sa baguette, il ouvrit les yeux, et le bras tendu, la main prête, il cria « Accio baguette ! »
La bonne baguette, celle qu'il voulait, jaillit rapidement des arbres. Il pouvait la voir clairement, voler par-dessus les têtes de ceux qui étaient pris dans la bataille, et puis elle piqua vers lui. Il s'en saisit adroitement, la faisant tourner dans ses mains, essuyant la terre et les feuilles mortes qui étaient dessus, et révélant le bois, aussi dur qu'avant. Ses doigts le chatouillaient comme il la toucha, et des étincelles rouge et or jaillirent du bout. Il poussa un cri de surprise, n'ayant jamais vu une autre baguette que la sienne répondre de cette manière. Il se pencha pour prendre sa jumelle identique sur le sol. Celle-ci avait été mieux entretenue, mais c'était clairement exactement la même baguette. Elle vibrait aussi dans sa main et lança des étincelles rouges et or.
Il pouvait entendre dans sa tête la voix de Sirius disant, trois ans plus tôt « Alors qu'est-ce qui arrive quand une baguette rencontre sa baguette sœur ? »
« Elles ne vont pas fonctionner correctement l'un contre l'autre… Si, cependant, les propriétaires des baguettes les forcent à se battre… Quelque chose de très rare va se produire… » avait dit Dumbledore.
Mais que se passerait-il, se demanda Harry, si deux baguettes identiques se rencontraient ? Il ne pensait pas que les personne tenant les baguettes seraient blessées, juste comme ni lui, ni Voldemort n'avaient été blessés quand leurs baguettes s'étaient coincées, mais il se souvenait aussi de la manière dont le filet de lumière dorée avait distrait et confondu les mangemorts qui avaient été présents juste après que Voldemort retrouve son corps. Et les ombres… Peut-être que les ombres aideraient une fois encore à distraire. Les deux baguettes seraient celle de Voldemort, alors peu importait laquelle serait forcée de régurgiter ses sorts. Dans un sens ou l'autre, cela causerait un Priori Incantatem, et les ombres des personnes qu'il avait tuées réapparaîtraient…
Il devait l'essayer. Seulement,… Il ne voulait pas que ce soit lui. Il devait s'atteler à une autre tâche. Des baguettes jumelles ! pensa-t-il encore. Est-ce que cela s'était déjà produit ? Il pensa cela improbable. Trop bête que Fred et George ne soient pas là… Je me demande quel effet cela aurait, deux frères jumeaux utilisant des baguettes jumelles.
Puis il se tourna et vit Ginny, s'agenouillant auprès du corps de Draco Malfoy, et pensa 'Oui, c'est cela. Et puis elle ne pourra pas m'empêcher de faire ce que je dois faire. Elle sera bien trop occupée… »
« Ginny ! » cria-t-il. « Prends ta baguette ! Tu vas en avoir besoin pour te protéger. Je vais chercher Ron. Nous avons besoin de lui. »
Elle ne discuta pas mais prit sa baguette, lui accordant son attention, essuyant son visage avec sa manche et opinant du chef. Il lui tendit les deux baguettes identiques.
« Garde-les en lieu sûr. Je reviens avec Ron. »
Elle acquiesça à nouveau, mais ensuite, tous les deux se figèrent quand des étincelles rouge et or jaillirent à nouveau des baguettes et qu'elle se mirent à vibrer dans la main de Ginny. Elle regarda Harry avec inquiétude, ses yeux bruns écartillés derrière ses cheveux en bataille qui obscurcissaient la moitié de son visage. Il se métamorphosa rapidement en griffon et bondit dans les airs, étendant ses ailes, sentant monter en lui l'euphorie familière. Il n'était pas plus tôt en l'air, cependant, qu'il vit l'un des mangemorts se retourner pour voir ce que faisait son maître, ne voyant que trois cadavres près du joug, et Ginny au centre du cercle, tenant les deux baguettes identiques de Voldemort. Elle avait de toute évidence rangé sa baguette.
Le mangemort cria quelque chose et pointa sa baguette sur elle, mais elle leva immédiatement les deux baguettes, cria une incantation, et un bouclier bleu s'établit autour d'elle, détournant le maléfice. Puis elle pointa une des baguettes sur le sorcier et l'envoya voler en arrière, sa baguette décrivant un long arc de cercle pour finir dans la main de Ginny. Il la vit la jeter au sol et l'incinérer avec l'autre baguette de Voldemort. Ginny rayonnait tout simplement de pouvoir, et Harry se détourna d'elle pour chercher Ron, satisfait qu'elle soit vraiment la Fille de la Guerre, qu'elle puisse se défendre. Dans un coin de sa tête, quelque chose le tracassait, la raison de l'augmentation de son pouvoir, mais il repoussa cette pensée et se concentra pour trouver Ron dans le chaos en-dessous. Il remarqua que Dumbledore n'était visible nulle part, et il s'étonna de cela.
Il localisa finalement Ron, combattant au corps à corps contre un homme habillé comme un moldu, qui semblait tout aussi fort que Ron, chacun jetant l'autre par-dessus sa tête, et se relevant pourtant pour retourner au combat. Puis Harry remarqua d'autres personnes combattant les professeurs, les aurors, les elfes et les membres du club de duel, toutes habillées comme des moldus, avec de ombreux hommes excessivement poilus. Harry devina immédiatement qui ils étaient.
Les loups garous de Voldemort.
Il avait recruté des loups garous pour qu'ils se joignent à lui, et il leur avait de toute évidence donné des portauloins, qui les avaient amené à lui quand il avait activé leur Marque des Ténèbres (Harry pouvait voir la Marque sur le bras de l'homme qui se battait contre Ron). Ils doivent être arrivés après les mangemorts, pensa-t-il.
Pour aider Ron, Harry arriva directement sur la tête du loup-garou qu'il combattait. L'homme poussa un cri de douleur, mais à sa stupéfaction, Harry se vit lancé à vingt pieds de là, ressentant une forte douleur quand il atterrit. Harry était très proche de la maison de ses parents maintenant, et il reprit sa forme humaine, sortant sa baguette et la pointant sur l'homme.
« Stupefix ! »
Le loup-garou devint raide comme une planche, et Ron courut vers Harry, ne respirant même pas fort. « Merci, mon gars. Il commençait vraiment à m'ennuyer. J'aurais aimé avoir ma baguette… Il n'aurait pas fait aussi bien contre moi… »
« Tu veux une baguette ? » dit Harry, haussant un sourcil. « J'ai une baguette pour toi. Je vais me transformer de nouveau. Quand ce sera fait, monte sur moi et nous reviendrons au centre du cercle. J'ai du boulot pour toi. »
Ron fronça les sourcils, ne comprenant pas, mais Harry n'avait pas plutôt dit cela que Ron le plaqua au sol, plusieurs sorts volant au-dessus de leurs têtes comme quelques mangemorts avaient remarqué qu'ils étaient seuls et vulnérables. Harry sortit sa baguette et la tendit à Ron. « Tu n'as pas intérêt à la perdre. » grogna-t-il, se transformant en griffon et reprenant la voie des airs. Maintenant, Ron pouvait utiliser ses compétences du club de duel. Harry allait l'aider, mais il vit un contingent d'environ une douzaine d'elfes combattre quatre sorciers, et s'en sortir très mal. Du temps que cela lui avait pris pour les remarquer, trois des elfes avaient été frappés par des sorts. Il vola par-dessus la tête des mangemorts et se posa derrière eux, reprenant sa forme dès que ses pattes eurent touché le sol et tendant ses bras, se concentrant très fort sur les deux sorciers du milieu, qui semblaient être les plus problématiques.
« Expelliarmus ! » cria-t-il, se souvenant avoir désarmé Lucius Malfoy quand il avait sept ans, alors qu'il était assez en colère dans son autre vie. Les deux baguettes s'élevèrent et les deux sorciers tombèrent au sol en grognant.
« Souvenez-vous de votre entraînement ! » cria Harry aux elfes, saisissant les baguettes quand elles furent à portée de main. « Sur leurs flancs ! Bougez sans arrêt ! » pendant qu'ils étaient au sol, Harry assomma les sorciers avec leurs propres baguettes avant de les briser sur son genou.
Les elfes semblèrent se réveiller. Immédiatement, trois d'entre eux disparurent avec un crac ! pour réapparaître derrière les deux sorciers restant qui se retournèrent, surpris. Les six autres elfes disparurent et puis réapparurent, trois sur la gauche, trois sur la droite des sorciers surpris. D'un mouvement collectif, les elfes envoyèrent les deux hommes voler dans les airs, se fracassant douloureusement l'un contre l'autre, les assommant. Un des elfes, qui comme tous les autres, était en uniforme, remarqua Harry, fit claquer ses talons et salua Harry avec élégance, en disant « Merci, général Harry Potter ! Nous sommes fiers de servir sous vos ordres ! »
Harry ne put s'empêcher de lui sourire, mais il retourna un salut formel. « Continuez, lieutenant. Souvenez-vous de tout ce que l'on vous appris. Vous pouvez le faire ! »
« Oui, sir, général Harry Potter ! » couina l'elfe, faisant un signe de la tête à ses compagnons qui disparurent avec un crac ! Harry revint en courant vers Ron, qui se battait encore contre un loup-garou, qui était réduit à pleurer sur le sol, l'air terrifié.
« Sort de confundus. » dit Ron en montrant l'homme de la tête. « Il pense avoir trois ans maintenant. Où est Ginny Harry ? Elle va bien ? Qu'est-ce qui se passe ? Où est Tu-sais-qui ? »
Harry le regarda avec de grands yeux. « Tu ne sais pas ? Je vais te faire voir. Et Ginny va bien. Tu verras. Fais-moi confiance… Elle peut s'en tirer seule. »
Il se métamorphosa encore. Une fois Ron assis sur lui et se tenant fermement à sa crinière, il bondit dans les airs, revenant vers Ginny. Il se posa à côté d'elle. Elle avait combattu quelques autres mangemorts, d'une seule main, et elle se tenait près du joug, tenant ses deux baguettes, les yeux écartillés.
« D'où est-ce que cela vient ? » voulut savoir Ron, montrant l'autre baguette de Ginny. Puis se souvenant qu'il avait la baguette de Harry, il la lui rendit.
« Merci. C'est celle de Voldemort. Tout comme l'autre. Elles sont identiques. J'ai invoquée celle qui était dans les bois et que j'avais laissée là-bas quand j'ai rétabli le cours du temps. Elle y est restée dix-sept ans. »
Ron regarda Harry, bouche bée. « Comment tu lui as pris sa foutue baguette ? » Mais ensuite, Harry indiqua l'autre côté du jour et Ron s'avança à grands pas vers les corps, incrédule. « Et Malfoy est mort aussi ? Il a tué Malfoy ? Ou tu l'as fait ? » ajouta-t-il avec quelque espoir dans la voix.
« Il a intercepté un sortilège mortel, Ron. » dit Ginny, avec des larmes dans la voix. « Il est mort pour moi. »
« Par hasard, Ron, » dit Harry, essayant faire penser Ginny à autre chose, « as-tu vu Dumbledore ? » Cela avait été un tel soulagement quand il était arrivé à Stonehenge. Harry s'était attendu à ce qu'il soit là maintenant.
Ron eut l'air grave et secoua la tête. « Non, Harry. Je ne l'ai pas vu. Il a dû s'inquiéter de laisser Poudlard sans défense. Il est probablement resté là-bas juste au cas où c'était une ruse que Voldemort prévoyait d'attaquer l'école. »
Harry acquiesça, bien que quelque chose à ce sujet lui semble très mauvais. Il avait une mauvaise impression au creux de l'estomac. Ron regardait le corps sans vie de Draco Malfoy, mal à l'aise. « Alors, que veux-tu que je fasse ? » dit-il, confus. « Que j'utilise la baguette du Tu-sais-qui ? »
« Non, je veux tu utilises la baguette de Tom Jedusor. Contre Ginny. Qui utilisera aussi la baguette de Tom Jedusor. Vous devez vous lancer un sort l'un contre l'autre… De préférence un sort identique, comme celui de désarmement, pour essayer de bloquer les baguettes. Vous êtes frère et sœur. Les baguettes sont jumelles. Le pouvoir de cela… Je m'attends à ce que cela produise un effet assez spectaculaire. Nous pourrons utiliser cela à notre avantage… »
Il leur expliqua ce que la baguette qui subirait le priori incantem importait peu. Ron acquiesça. « D'accord. Cela vaut le coup d'essayer. Que veux-tu que nous fassions ? »
Il les envoya aux deux extrémités opposées du cercle et leur cria avec ses main autour de sa bouche. « Lancez-vous le sort à mon signal ! Essayez de bloquer les baguettes ! »
Ils acquiescèrent tous deux, très sérieux, attendant un signe de sa part. Il souleva sa propre baguette, et ils pointèrent simultanément leur baguette l'un sur l'autre, criant à l'unisson « Expelliarmus ! »
Les rayons de lumière rouge se croisèrent dans les airs. Harry voulut pleurer de joie. Il pouvait voir que à la fois Ginny et Ron luttaient pour garder prise sur leurs baguettes en train de vibrer comme le rayon de lumière les connectant avait changé sa couleur du rouge au doré, comme il s'en souvenait. Ginny utilisait ses deux mains, ses jointures étaient blanches, et il pouvait voir une détermination sans faille sur le visage de Ron.
Puis, il se souvint que cela lui était arrivé, à Voldemort et à lui, leurs pieds quittèrent le sol , les baguettes toujours connectées par le rayon de lumière. Ils glissèrent vers les pâtures vertes de l'autre côté des ruines du cottage, loin des arbres. Tout ceux qui étaient pris dans la bataille au sol se tenaient immobiles et levaient les yeux, émerveillés.
Les rayons dorés les reliant se mirent à se multiplier, leur forme décrivant de larges arcs haut au-dessus de Ginny et Ron, créant un dôme doré sous lequel les aurors et les elfes s'abritèrent instinctivement, avec les professeurs et les élèves. Les mangemorts et les loups-garous leur criaient dessus d'en dehors du dôme, clairement confus. Ils essayèrent d'attaquer, mais ceux sous la protection du dôme ne pouvaient être touchés, et Harry vit plus d'un sort renvoyé par la toile dorée, tandis que de nombreux sortilèges arrivaient à la quitter, faisant mouche et décimant les attaquants l'un après l'autre. Et puis il vit une forme émerger de la baguette que Ron tenait. Cela semblait être Draco Malfoy. Il descendit du dôme et s'avança au milieu des mangemorts et des loups-garous, les éparpillant… Puis, d'autres ombres commencèrent à émerger de la baguette, et Harry déglutit, en voyant que cela marchait.
Finalement, le son le plus merveilleux qui soit arriva à ses oreilles : le chant du phénix. Le son de l'espoir. Il était bien plus fort et résonnaient plus que dans son souvenir, mais c'était peut-être parce que les deux baguettes étaient identiques, plutôt que d'être simplement sœurs. La musique remplit son cœur, et il avait l'impression qu'il allait exploser. Il savait qu'il pouvait faire cela. Cela allait marcher. Il regarda le corps de Draco Malfoy, en pensant en l'ombre qu'il venait de voir. Draco ferait cela à nouveau, il parcourrait la terre, mais pas simplement comme une ombre si Harry pouvait y faire quelque chose. Personne ne l'arrêterait maintenant. Il allait pouvoir faire ce qu'il avait à faire, ce qui devait être fait. Et plus important, il savait que les autres allaient bien s'en tirer, il ne les abandonnait pas alors qu'ils avaient besoin de lui. Ils allaient s'en sortir…
La musique résonnait dans sa tête et dans son cœur, et il remonta sa manche et sortit Sandy. Elle le regarda sans avoir l'air d'avoir d'idée de ce qui se passait.
« Oui, Harry Potter ? Est-ce que tu n'as pas compris la dernière chose que j'ai vue ? »
« Non, Sandy, c'était en fait très facile. Je l'ai bien comprise. Désolé de n'avoir rien dit. J'ai besoin de toi pour quelque chose maintenant. Pour un sort spécial. » La chanson du phénix lui donnait l'impression que tout son corps était fait de musique.
« Que dois-je faire ? » demanda-t-elle obligeamment. « Tu ne vas pas me transformer en fille humaine à nouveau, n'est-ce pas ? »
Il rit. La musique lui donnait l'impression de pouvoir accomplir n'importe quoi. « Non, mais je vais te lancer un sort d'engorgement. Cela va te rendre bien plus grande. »
Elle sembla acquiescer. « Très bien Harry Potter. Tu peux le faire. »
Il la plaça sur le sol, pointant sa baguette sur elle et disant « Engorgio ! »
Il n'interrompit pas immédiatement le sort et garda sa baguette pointée sur elle. Elle commença à la fois à s'épaissir et à s'allonger, et il ne releva pas sa baguette pour interrompre le sort avant qu'elle ne fasse environ quinze pieds de long. Quand il la releva, il se sentit assez fatigué, et il se demanda s'il aurait assez d'énergie et de concentration pour exécuter le sort suivant. Pourrait-il le faire ? Il le devait. Il eut un moment de doute, et regardant le corps de Jedusor. 'Si cela doit ramener Jedusor aussi, cela ne va pas le faire.' Pensa-t-il. Il regarda le visage de Draco Malfoy. Ce n'était simplement pas juste. Il était un héros. Il ne méritait pas cela. Tom Jedusor oui, mais pas Draco, pas son meilleur ami, pas après ce que qu'il avait fait pour Ginny…
Sandy lui dit alors quelque chose, d'une voix bien plus grave que ce à quoi il était habitué. Il secoua la tête, ne le comprenant pas vraiment. « Est-ce que tu prédits encore des choses qui vont se passer dans quelques minutes, Sandy ? Ou ton Don est celui d'un grand serpent maintenant ? »
Elle fit une pause un instant, réfléchissant. « Je pense qu'il est possible qu'en ayant accru ma taille, cela ait accru le rayon et la distance dans le temps de mon Don. »
Il acquiesça. Cela semblait logique. Ce qui signifiait qu'il n'avait pas besoin de s'inquiéter dans l'immédiat de ce qu'elle avait dit. Cela lui donna espoir, cependant, pour le futur. C'était quelque chose Si elle avait raison, alors il devait vraiment le faire. Il le devait tout simplement
« Met ta queue dans ta bouche, s'il-te-plaît, Sandy. »
« Très bien Harry Potter. »
Harry prit le corps de Draco Malfoy, qui lui sembla étrangement léger, et il s'avança dans le cercle que formait Sandy en se mordant la queue. Il jeta un coup d'œil au dôme de lumière, donnant à son cœur une envie d'exploser. 'Ils le font, ils sont vraiment en train de le faire…'
Il regarda le garçon dont il tenait la coquille vide, se souvenant de l'ami qui avait voyagé à son côté tout du long, de Huntly à Londres, et puis à Douvres, puis de nouveau à Londres, et jusqu'à cet endroit finalement…
« Draco, pourquoi n'essayerais-tu pas de faire le sort avec la baguette de Voldemort et moi ? Puis, quand le temps aurait retrouvé son cours, tu te souviendrais de cette vie. Tu te souviendrais de Jamie… »
« Mais je ne veux pas me souvenir… »
« Draco, pourquoi fais-tu cela ? »
« Fais quoi ? »
« Tu écris dans le journal, tu te sacrifies. »
« Tu sais pourquoi Harry. Pour que tu puisses rétablir le cours du temps. »
« Mais… Je veux dire… Tu as dit que tu n'étais pas un ami. Que tu avais fait quelque chose d'affreux. Et j'y ai pensé encore et encre, et je n'ai pas pu trouver la moindre idée de ce que tu as pu faire de si mal. »
« Tu me haïra si je te le dis. »
« Non. Et même si c'est aussi terrible que ce que tu dis… Tu as de doute évidence tout fait pour te faire pardonner. »
« Peu importe ce que je fais, Harry, même ceci, il n'y a rien qui puisse le réparer. Tu ne comprends pas… »
Draco avait fait ce qu'il fallait faire, Harry le savait. Il avait fait tout ce qui était possible pour avertir Ginny sans être pris par ce maudit sort d'Obéissance. Ce n'était pas sa faute s'ils n'avaient pas pu empêcher Ron de toucher le joug, ce n'était pas sa faute si Ginny avait été emportée.
« Je dois le faire. »
Il déglutit et pointa sa baguette vers les cieux.
« Enuma ! »
Au loin, un faible grondement se fit entendre.
« Elish ! »
Le grondement gagna en intensité, et il vit des nuages noirs commencer à parcourir rapidement le ciel, qui s'obscurcissait de seconde en seconde.
« Tiamat ! »
Les nuages étaient maintenant au-dessus de lui, le ciel rouge sang parcouru d'éclairs.
« Apsu ! »
Un éclair frappa le sol aux pieds de Harry et la terre trembla. Autour du dôme doré, il put voir que les mangemorts et les loups-garous restants tombaient au sol, ainsi que ceux sous la protection du dôme, et même les petits soldats de l'armée des elfes. Seuls Ginny et Ron, flottant dans les airs, semblait immunisés. Harry peinait à garder sa prise sur sa baguette et le corps de Draco Malfoy. Une fissure s'ouvrit à ses pieds, qui restait contenue dans le cercle décrit par le corps de Sandy. La fissure s'ouvrit de plus en plus grand, et Harry trembla de la tête aux pieds, regardant les profondeurs obscures. Il avait le cœur dans sa gorge. Il savait ce qu'il devait faire, mais chaque fibre de son être luttait contre cela maintenant qu'il était confronté aux faits. L'instinct de survie basique de l'être humain luttait dans son cerveau, voulant qu'il continue à vivre, à être de ce monde.
Il pensa à sa mère, à tous les instincts en elle qui lui avaient dit « Sauve-toi ! Sauve ton enfant ! » Il pensa à comment il avait amplifié cette voix intérieure quand il l'avait mise sous Imperius. A quel point cela avait dû être dur pour elle de nier cette voix, de dire « Tuez-moi ! » Il déglutit. Il avait toujours idolisé son père, il avait toujours voulu être comme lui de toutes les manières possibles. Mais maintenant, maintenant, il devait être le fils de sa mère, il devait avoir tout son cran et son courage pour faire cela…
Finalement, avec un cri de défi, il bondit, et à la seconde où sa tête disparut sous la surface de la terre, la fissure se referma avec un soudain bruit d'aspiration, et le tremblement de terre cessa. Tout était silencieux. Harry Potter et Draco n'étaient plus visibles nulle part. Ils étaient partis dans un endroit où personne ne pouvait les suivre…
… Les abysses.
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Harry savait qu'il tombait, mais il ne savait pas depuis combien de temps. Il ne sentait plus le poids du corps sur ses bras, bien qu'il puisse sentir le bois de sa baguette sous ses doigts. Il était entouré par l'obscurité.
En bas, toujours plus bas… Était-ce cas ? Il devint conscient du fait qu'il avait simplement pensé qu'il tombait parce qu'il avait sauté dans une ouverture dans la terre. Maintenant, il réalisa que bien qu'il sente du mouvement, ses sens ne pouvaient pas lui dire s'il était en haut, en bas, ou sur le côté. Ce sens intérieur qu'ont la plupart des créatures terrestres pour savoir dans quel sens elles sont ne semblait plus du tout fonctionner. Harry aurait pu être un nouveau satellite tournant autour de la terre. Il n'avait aucun moyen de savoir. Il n'y avait que le néant autour de lui.
Le temps passa. Harry ne savait pas combien. Il se retrouva à penser de nombreuses chose. Il pensa aux filles qu'il avait embrassées ou à qui il avait fait l'amour. Ginny, Hermione, Katie, Cho, Alicia, Mariah, Ginny encore… Il pensa au Quidditch, et à cette euphorie qu'il avait ressentie la première fois qu'il était monté sur un balai, à onze ans, et à l'excitation que cela avait été de jouer pour le Pays de Galles… Il pensa à ses amis, à sa rencontre avec Ron à bord du Poudlard Express, à quand il avait grandi avec Jamie et Draco, à quand il courait avec Dudley, et se battait en avec Neville… Il pensa à Severus Rogue quand il était son beau-père, à cette heure de bonheur quand il n'avait pas tout à fait quatorze ans et qu'il avait pensé qu'il allait pouvoir vivre avec Sirius, à Remus Lupin lui enseignant à conjurer un Patronus, et à Aberforth lui apprenant à travailler la terre… Il se souvint de son cœur bondissant quand Dumbledore avait levé sa coup à sa santé après le tournoi des Trois Sorciers… Il revit encore dans sa tête ce moment où Hagrid avait fracassé la porte de la cabane sur le rocher, et où il lui avait appris qu'il était un sorcier… Il pensa au professeur MacGonagall lui adressant un sourire approbateur, quand il avait réussi sa première métamorphose en animagus, à Mrs Weasley le laissant pleurer sur elle après la mort de Cédric, à sa dispute avec sa mère, et à quand il la tenait dans ses bras, après, pendant qu'elle pleurait… Il pensa à quand il avait ramené le corps de Cédric aux Diggory, et à quand il avait porté le cercueil de Dudley jusqu'au cimetière, et puis au moment où il avait jeté la première poignée de terre sur le couvercle, à quand il avait regardé son frère Stuart mourir, à quand il avait tenu le corps de sa mère après qu'il l'ait désarmée, à son deuil de Ginny et du bébé qui n'avait jamais été… A quand il avait bondit dans les airs depuis la forteresse d'Azkaban, volant vers la liberté vers la terre, et à quand il était revenu à la prison pour libérer les aurors…
Il tombait ou s'élevait, ou glissait dans le néant, ses pensées arrivant nombreuses et à toute allure, et il se demanda s'il était mort maintenant, et si c'était ainsi que serait son éternité, à flotter sans but dans le noir, avec ses pensées chaotiques, sans que raison ne prenne forme, ou qu'il n'y ait de signification…
Puis il s'arrêta. C'était comme si quelqu'un avait brusquement posé une étagère sous ses pieds, et qu'il s'y tenait maintenant dessus, les jambes tremblantes. De la lumière apparut si violemment qu'il dut se couvrir les verres de ses lunettes. Puis il baissa doucement la main et cligna des yeux, regardant autour de lui. Il tenait encore sa baguette.
Il était dehors, se tenant sur le chemin qui conduisait jusqu'au château de Poudlard. C'était une belle journée. Harry ne pouvait pas identifier la saison, mais les arbres étaient verts, plutôt qu'en train de changer de couleur ou d'avoir des bourgeons, alors c'était peut-être l'été. Il fixa le château. Il avait commencé à penser qu'il ne le reverrait jamais plus, mais il était là. Il se demanda encore s'il était toujours en vie. D'une manière ou d'une autre, il avait perdu le corps de Draco Malfoy. Il regarda son bras vide, celui qui avait tenu Draco quand il avait sauté. Harry avala sa salive. Il venait de réaliser qu'il n'y avait pas un souffle d'air. Pas une brise pour faire bouger l'herbe ou les feuilles sur les arbres. Il s'avança lentement vers les portes du hall d'entrée. Au fond de lui, il savait qu'il ne pouvait pas vraiment être à Poudlard, mais d'une manière ou d'une autre, c'était réconfortant de le voir…
« Oui, c'est réconfortant, n'est-ce pas ? »
Harry resta bouche bée. Soudain, debout au sommet des marches du château se trouvait… Sa sœur. Elle étai pareille à quand il l'avait vue pour la dernière fois. Ses longs cheveux noirs avaient des reflets roux là où la lumière les touchait, et ses yeux verts étincelaient quand elle souriait, comme elle le faisait en ce moment. Il courut vers elle, haletant, s'attendant à ce qu'elle s'éloigne de lui, et se transforme, comme elle l'avait fait dans ses rêves, mais à la place, il put lancer ses bras autour d'elle. Il la tint serrée, incapable de croire qu'elle était vraiment là, enfouissant son visage dans ses cheveux.
« Jamie ! Oh, je n'aurais jamais pensé te revoir. Oh, Jamie, Jamie. » répéta-t-il comme une litanie, l'embrassant sur le front, puis la serrant encore contre lui. Quand elle ne répondit pas de la même façon, et le regarda sans aucune passion, Harry sentit que quelque chose n'allait pas. Il se recula.
« Vous me trouvez réconfortante, aussi, n'est-ce pas ? »
Harry fronça les sourcils. La cadence de sa voix n'était pas bonne. Elle était trop raide et distante. Il la regarda attentivement et demanda lentement. « Qui êtes-vous, en vrai ? »
« Je suis Tiamat. Mais tu peux continuer à m'appeler du nom de ta sœur. Tu m'as invoquée avec ton sort. Je ressemble à cela parce que j'ai déterminé que ce serait réconfortant pour toi. Ceci… » et elle désigna d'un geste de la main le château « a aussi une apparence qui devrait réconfortante et familière pour toi. »
Harry montra aussi le château de sa main. « Qu'est-ce en réalité ? »
Jamie eut un sourire indulgent. « Il y a de nombreux noms pour cela. La manière la plus simple de le désigner serait de l'appeler le Royaume des Morts. Ma sœur, Ereshkigal est reine ici, mais je peux être ton guide jusqu'à ce que nous l'atteignons. Tu vas devoir franchir sept portes… »
« Où est Draco ? Quand j'ai sauté dans les abysses, j'avais son corps. C'est la raison pour laquelle je suis là. Je… Je veux le sauver. Le ramener à la vie, si je peux. Pouvez-vous me dire si c'est seulement possible ? »
Elle lui sourit « Oui, c'est possible. Mais seule une poignée de gens qui a tenté cela au cours des millénaires passés a réussi. Les autres ne voulaient pas faire ce qui était nécessaire pour atteindre leur but. C'est possible pour quelqu'un qui a la volonté. L'as-tu ? »
« Oui. » acquiesça-t-il vigoureusement. Elle ferma ses yeux et inclina la tête en signe d'approbation.
« Alors nous allons commencer. »
Elle se retourna et frappa aux énormes portes d'entrée du château. Les portes s'ouvrirent lentement, et elle fit un pas vers l'intérieur. Quand Harry essaya de faire de même, une barrière invisible l'empêcha de traverser le seuil, et il ne put la suivre.
« Que… »
« Tu dois payer. Comme je te l'ai dit, il y a sept portes. C'est la première. A chaque porte, tu dois payer, ou tu ne pourras pas passer. Si tu as encore quelque chose à offrir pour la vie de ce 'Draco' après que tu aies passé la septième porte, c'est possible que tu puisses le sauver. Bien sûr, tu devras quand même le vouloir. Autrement, tu rentreras sans lui. S'il n'y a rien que tu veuilles donner en paiement après avoir passé la septième porte, tu retourneras à ta vie sans lui et tu ne pourras plus demander aucune autre faveur. C'est une requête qui ne peut être faite que par une seule personne. Souhaites-tu commencer ? Que vas-tu donner comme prix pour le passage de ta première porte ? »
Harry la fixa, perplexe. « Je.. Je ne sais pas. Quelle sorte de chose conviendrait ? Je ne sais pas ce que vous recherchez. »
Elle lui fit un signe de la tête. « Ta cape conviendra très bien. »
Harry s'en débarrassa impatiemment, puis la lui passa. Immédiatement, il put franchir le seuil et se tenir dans le hall d'entrée caverneux. Harry regarda derrière lui. Le paysage immobile ressemblait exactement au vrai. Il se retourna vers la fille qui ressemblait à sa sœur à quinze ans.
« C'est ça ? C'est tout ce que j'ai à faire ? »
Mais il ne lui avait pas plus tôt demandé qu'il sentit un vent glacé descendre les escaliers de marbre, et le frapper avec un blizzard arctique. Harry serra ses bras contre lui, claquant des dents. Elle ne semblait pas affectée par ce froid soudain. Elle lui sourit gentiment et lui tendit sa cape.
« Voudrais-tu la reprendre ? »
Il la fixe, elle et sa cape. Aussi tentant que ce soit, il devait continuer. Il ne pouvait pas se décourager maintenant.
En claquant des dents, il dit « Non, merci. Je.. J'aimerais continuer. »
Elle drapa la cape sur l'extrémité ouvragée de la rampe, au pied de l'escalier de marbre, exactement identique à celui de Poudlard. Puis elle lui fit un signe de la tête et s'avança vers les énormes portes fermées de la grande Salle. Elle les ouvrit et le souffle glacé qui parcourait le hall d'entrée, et qui ne semblait pas du tout l'affecter, s'arrêta brusquement. Jamie le regarda, attendant quelque chose. Il la regarda aussi, perplexe.
« C'est la deuxième porte. »
Harry regarda la salle. Elle paraissait être la même que d'habitude. Les quatre tables des maisons s'étiraient devant lui, les chandelles flottant au-dessus, et les coupes brillantes de la table des professeurs saisissaient la lumière et brillaient au loi. Il se tourna vers le facsimile de sa sœur.
« Que voulez-vous ? »
« Souhaites-tu garder ta robe ? »
Harry regarda sa robe de sorcier, puis il la lui donna. « Je suppose que je peux la laisser. » dit-il en tremblant. Il enleva la robe que Mrs Weasley avait faite pour lui, une douleur au cœur, et il la lui tendit. Il ressentit une perte et un vide inexplicable sans elle. Il franchit avec précautions le seuil et se tint dans la grande salle, déglutissant avec appréhension. Soudain, la salle fut remplie d'élèves, le montrant tous du doigt et ricanant.
« Ho ! Regardez le moldu sans robe ! Moldu, moldu, pas de robe, moldu… » chantait un garçon, le montrant du doigt. L'instant d'après les élèves de tous les âges le montraient du doigt et criaient « Moldu, moldu, pas de robe, moldu… » Il semblait y avoir des milliers de personnes, plutôt que des centaines. Les voix résonnaient sur la pierre et se réverbéraient dans l'immense salle. Harry se couvrit les oreilles avec les mains. Il pouvait à peine entendre sa sœur quand elle lui parla calmement, son visage placide ne tenant visiblement pas compte de la cacophonie ambiante.
« Voudrais-tu récupérer ta robe ? » demanda-t-elle gentiment.
Harry avait la larme à l'œil à cause du bruit, il en avait mal à la tête. Il voulait être n'importe où ailleurs sur terre. Tout ce qu'il pouvait entendre était les cris de « MOLDU ! MOLDU ! MOLDU ! »
Il pensa au mot que lui avait envoyé Mrs Weasley, avec les habits qu'elle lui avait fait. Il se demanda ce qu'elle dirait si elle savait qu'il les avait laissés. Il vacilla, le cœur dans la gorge. Puis il se souvint de Draco, de sa silhouette presque sans vie allongée sur une couchette de la tente à Godric's Hollow, ayant donné presque toute sa force, sa force vitale, afin que Tom Jedusor puisse émerger du journal, et jouer le jeu de Harry…
Il secoua la tête, puis cria « NON ! »
La salle était silencieuse et totalement vide d'élèves. Lui et sa sœur étaient les deux seules personnes présentes, son dernier mot résonnant encore dans l'espace caverneux. Il cligna des yeux et enleva lentement ses mains de sur ses oreilles. Sa sœur se dirigea d'un pas volontaire vers la porte qui cachait l'escalier secret vers le bureau de Potions. Harry la suivit, regardant encore la salle autour de lui, pensant à quel point ces gens avaient été réels, quand ils lui criaient dessus, le pointaient du doigt, et se moquaient de lui.
Elle ouvrit la porte et s'arrêta, puis se tourna vers lui, attendant.
« C'est une autre porte ? » demanda-t-il.
« Oui. »
Il baissa les yeux. Il devenait de plus en plus appréhensif. « Est-ce qu'il va me rester des habits quand j'aurai passé les sept portes ? »
Elle le regarda calmement. « Quand tu es né, combien d'habits portais-tu ? »
Il avala sa salive. Bien, pensa-t-il, je suppose que ce répond à ma question. « Aucun. »
Elle acquiesça. « Tu souhaites continuer ? »
Il soupira.
« Si je laisse ma chemise, puis-je passer cette porte ? »
« Oui. »
Il déboutonna sa chemise et la fit glisser le long de ses épaules et des ses bras. L'air était assez doux sur ses épaules et son dos, et il sentit un courant d'air chaud faire bouger les rares poils presque invisibles de son torse, son estomac noué d'appréhension en attendant que quelque chose arrive.
Mais rien ne se passa.
Il atteignit le bas et s'arrêta, se demandant pourquoi il ne semblait pas y avoir d'accrocs cette fois. Il n'y avait pas de lumière, mais il pouvait sentir sa présence devant dans le passage. Il fut tenté d'allumer sa baguette, mais il ne savait même pas s'il pourrait la faire marcher dans ce royaume. Il l'entendit s'éloigner de lui, alors il accéléra.
Il marcha droit dans des toiles d'araignées.
Elles étaient à hauteur de sa poitrine, exactement là où il était le plus conscient d'elles, maintenant qu'il n'avait plus de chemise. Il tressaillit au passage des fils de soie sur sa peau. Il en eut la chair de poule. Puis il sentit quelque chose dégouliner sur son épaule depuis le plafond du passage, et il pensa qu'il allait être malade. Le baume qu'il avait appliqué sur sa peau dans ce qui semblait être une autre vie ne faisait plus effet. Il entendit et sentit d'autres gouttes, d'autres boules de gélatine collante tomber sur lui, qui faisait maintenant que les toiles d'araignées lui collaient à la peau. Il se retourna, essayant de se débarrasser des toiles et de la substance, luttant contre l'envie de vomir quand cela arriva sur sa main gauche. Il tenait encore fermement sa baguette dans sa main droite. Il trébucha un peu, essayant d'essuyer les choses répugnantes de plus en plus nombreuses qu'il avait sur la peau. Il s'arrêta finalement quand il se cogna à sa sœur. Soudain, il y eut de la lumière. Elle tenait une chandelle dans sa main droite. Le dessous de son nez et de son menton était éclairés, mais ses yeux étaient dans l'ombre.
« Voudrais-tu retrouver ta chemise ? » dit-elle d'une voix amicale, comme s'il n'était couvert de choses gluantes auxquelles il ne voulait pas penser. Quelque chose tomba sur son épaule et commença à se déplacer vers son cou. Il déglutit, tremblant.
« Non. » dit-il, la mâchoire contractée.
Elle toucha le mur, à l'endroit que Harry connaissait et qui le faisait pivoter pour le faire entre dans le bureau. La quatrième porte.
Elle sembla le regarder avec attente, bien qu'il ne puisse toujours pas voir ses yeux. « Tes bottes et tes chaussette. » dit-elle.
« Cela fait quatre choses ! »
« Ce qui recouvre tes pieds, alors. Tout. Si tu souhaites continuer. »
Quelque chose d'autre arriva sur son dos. Quelque chose avec au moins huit pattes. Il se pencha rapidement et ôta ses bottes. Ses chaussettes vinrent en même temps, de telle sorte qu'il se tenait dans le passage pieds et torse nus, avec simplement son pantalon et son caleçon. Elle hocha la tête et appuya son épaule contre le mur, le faisant pivoter.
Elle alla jusqu'à la porte du bureau. Il commença à la suivre, puis il remarqua qu'il n'y avait rien sur ses épaules, ou où que ce soit au-dessus de sa taille. Les toiles d'araignées et les autres choses étaient parties. Malheureusement, son soulagement fut de courte durée, car soudain, le sol sembla être en feu sous ses pieds. Il paniqua, courant sans réfléchir vers jusque vers la porte pivotante du passage, grimaçant à chaque pas, puis il réalisa qu'il devait juste en finir avec cela, alors il fonça vers la porte du bureau, chaque pas étant une pure agonie. C'était pire que de marcher pieds nus sur des charbons ardents. C'était marcher pieds nus sur le soleil. Ses pieds se couvraient de cloques, et sa peau brûlait se détachait de la plante et du talon de ses deux pieds, révélant une peau tendre qui était cuite aussitôt le pas suivant effectué. Harry avait les yeux en larmes, et il luttait très très fort pour ne pas demander mercie.
« Voudrais-tu… » commença-t-elle à dire, se tenant calmement sur le sol brûlant, ne souffrant apparemment d'aucune douleur.
Mais Harry avait déjà commencé à arracher son pantalon. Il le lui lança et vola vers la porte du bureau qui conduisait dans la salle de potions. Il se tint sur le sol de pierres froides, respirant péniblement, essuyant les larmes de ses yeux. Il se pencha, ses mains sur les genoux. Tout ce qui lui restait était son caleçon noir. Il avait franchi cinq portes. Il en restait deux, et il n'avait pas assez de choses à donner. Mais ensuite, il repoussa ses lunettes sur son nez et réalisa qu'il avait tort. Il pouvait donner ses lunettes. Si sa sœur les acceptait, cela lui ferait franchir les sept portes.
Il commença à traverser la salle de potions, soulagé d'avoir pensé à cela, mais il se retrouva soudain entouré d'orties. Des buissons piquants semblaient avoir jailli du sol et bloquaient sa route jusqu'au couloir. Les piquant semblaient spécifiquement positionnés pour s'attaquer à ses jambes, et en rien de temps, ses cuisses et ses tibias étaient griffés et saignaient à profusion comme il essayait de traverser la pièce. Il utilisa sa baguette pour pousser quelques unes des branches les plus menaçantes hors de son chemin, mais après les avoir passées, elles revinrent en position et lui écorchèrent douloureusement les jambes. Jamie se tenait dans le couloir, l'attendant. Elle ne lui demanda pas s'il voulait son pantalon.
Quand il atteignit la porte, il toucha l'air sur le pallier, sentant la pression qui indiquait que la porte lui était fermée. Elle le regarda sa passion. Il enleva ses lunettes et les tendit à la forme floue qui ressemblait maintenant vaguement à sa sœur, et il s'avança dans le couloir. Il avait franchi la sixième porte.
Il baissa les yeux, et il ne fut pas du tout surpris de voir que la peau de ses jambes était complètement intacte. Il n'y avait plus de longues entailles, plus d'orties collant à sa peau. Il leva à nouveau la tête et regarda de chaque côté du passage. « Par où, maintenant ? » demanda-t-il, nerveux quant à ce qui allait lui arriver maintenant qu'il n'avait plus ses lunettes. Il aimait voir le monde clairement, et mettait toujours ses lunettes avant de sortir du lit le matin. Elle se tourna et s'avança vers les donjons, sans dire un mot. Il la suivit. Elle allait vers la maison de Serpentard.
Il avaient fait environ quinze pieds quand une rafale de vent lui envoya quelque chose dans les yeux. Il les referma sous l'effet de la douleur. Puis le vent devint plus fort, et de plus en plus de particules frappaient son visage et essayaient de passer entre ses paupières. Il essaya de mettre une main devant son visage afin de pouvoir un peu ouvrir ses yeux, mais il eut l'impression qu'une grosse pierre venait de lui exploser l'œil gauche maintenant. Il se retourna et se pencha, essayant de la faire sortir, luttant contre l'envie de se mettre en boule et de pleurer. Il se leva et se remit à avancer, et maintenant, il avança simplement avec ses yeux fermés à cause du vent et des choses qui lui arrivaient dessus. Il tenait encore sa baguette dans sa main droite, et il tâtonnait avec la gauche le long du mur, sa bouche fermée, ses yeux menaçant d'être scellés à jamais.
A la longue il sentit le vent s'amoindrir, et il osa finalement les entrouvrir. Il se trouva devant l'entrée de la salle commune de Serpentard. L'air était calme. Il regarda nerveusement sa sœur. Elle le fixait impassiblement.
« Et maintenant ? » demanda-t-il finalement.
Elle lui montra le mur, qui, quand Harry vivait là, se serait ouvert à chaque fois que l'on aurait dit le mot de passe (contenant quelque chose de lié au sang). Était-ce ce qu'il était sensé faire ? Trouver un mot de passe ? Il la scruta.
« Que choisis-tu ? » demanda-t-elle.
« Qu'est-ce que je choisi ? » dit-il, incrédule. « Il ne me reste qu'une chose, n'est-ce pas ? »
Elle ne semblait pas l'avoir entendu. « Je ne peux pas entrer. Ce n'est pas mon royaume. C'est ici que je te laisse. Bonne chance, Harry Potter. »
Il se souvint des paroles du centaure lors de sa première année, mais contrairement à Firenze, elle ne lui dit pas qu'il était maintenant en sûreté. En fait, il avait l'impression que c'était l'endroit le moins sûr depuis qu'il avait commencé à franchir les sept portes.
Il ne pensa pas avoir cligné des yeux, mais soudain, elle disparut complètement et totalement. Pas de pop ou de crack d'elfe de maison. Rien. Il se tourna vers la porte. Il passa sa main gauche sur le mur. Il semblait être solide et inattaquable. Il baissa les yeux. « Quand tu es né, combien d'habits portais-tu ? »
Il soupira. Il savait ce qu'il avait à faire. Même s'il redoutait la douleur de quelque nouvelle et horrible torture pour lui faire regretter de faire cela, il enleva son dernier vêtement et se tint devant la porte, aussi nu qu'au jour de sa naissance.
Le mur s'ouvrit en silence.
Il s'avança vers l'intérieur, sa main gauche lui fournissant une couverture minime, son bras droit tendu, sa baguette parée. Mais ici s'arrêtait les similarités avec le château de Poudlard. Il n'était pas dans la salle commune de Serpentard. Il était dans un espace caverneux, comme une cathédrale, avec de hautes colonnes qui s'épanouissaient comme des lotus au sommet, et une lumière oblique filtrait depuis une source invisible et très haute. C'était le temple dans ses rêves. Des dalles turquoise, noires, blanches et rouges formaient des motifs compliqués au sol. Un large trône aux sculptures élaborées et taillé dans une pierre qui ne pouvait être identifiée était au milieu de l'espace. Et sur l'une des colonnes, à côté du trône…
Harry retint son souffle. C'était Draco Malfoy, tout aussi nu que lui, et son corps avait l'air d'être suspendu à un crochet. Il semblait encore être mort.
Soudain, le trône ne fut plus vide. Une femme apparut de nulle part, sans bruit pour l'annoncer. Harry tint sa main devant son sexe très soigneusement.
C'était sa mère.
Ses longs cheveux roux étaient comme il s'en souvenait, son visage n'avait pas une ride, ses yeux verts étincelaient, sa peau était douce et elle avait un large sourire. Il déglutit et leva les yeux sur ellE.
« Bonjour, Harry. » dit-elle calmement de la voix de sa mère.
« Maman ? » chuchota-t-il après une demi-minute de silence.
« Bien sûr que non. Je suis Ereshkigal, reine de ce royaume. Mais tu associes la mort avec ta mère, alors c'est ainsi que je t'apparais. »
« J'associe la mort avec ma mère ? »
« Sans doute. Plus qu'à n'importe quelle autre personne. Ou sinon, je ne semblerais pas être elle. C'est ton esprit qui me voit ainsi. Je ne peux même pas me voir comme tu me vois. Je ne peux pas voir à travers tes yeux. »
Harry grimaça. « Bien, pour le moment, je vois très bien. J'ai pourtant abandonné mes lunettes. »
« Tu n'as pas besoin de voir avec tes yeux physiques ici. Tu dois voir avec ton œil intérieur. »
Il n'arrêta pas de grimacer. « Cela ressemble à du Trelawney. »
« Je vois de qui tu parles. Tu ne sembles pas comprendre la différence entre une personne qui ne voit pas parfaitement bien, mais qui si ce qu'elle devrait voir, et une personne qui voit parfaitement bien, mais qui ne sais pas que c'est le cas. »
« Quoi ? »
Elle eut un sourire indulgent. C'était énervant, parce que la seule autre fois où sa mère lui avait jamais souri de la sorte était juste avant qu'il ne la tue. « Pourquoi es-tu ici, Harry ? »
Il prit une inspiration. Qu'attendrait-elle de lui ? Quel prix devrait-il payer pour sauver Draco Malfoy ?
« Je suis ici pour sauver mon ami. »
Elle avait l'air sévère. « Je ne fais pas de faveurs ici. Et je ne parlemente pas, ni ne fais de marché avec ce qui ne disent pas la vérité. »
« Qu'ai-je dis de faux ? C'est pour cela que je suis ici. » Harry commençait à être frustré. Il avait aussi le sentiment d'un désavantage distinct dans le fait qu'il se tenait complètement nu devant sa mère, sans autre chose que sa baguette et ses mains.
« Tu l'as appelé ton ami. »
Harry se mordit les lèvres. « Bien, c'est vrai d'une certaine manière. C'est partiellement vrai. Il est... De nombreuses chose. Et c'est l'une d'elles. »
« Il est aussi ton ennemi. »
Harry acquiesça, reconnaissant la vérité de cette assertion. « Oui, il est cela aussi, parfois. »
Elle retourna à son trône et s'assit languidement, comme un chat, avec une jambe placée sous l'autre. « Tiens. C'est assez extraordinaire. Tu es venu ici sauver ton ennemi. »
« Est-ce permis ? »
Elle haussa les épaules. « Tant que tu es sincère et que tu veux payer le prix, tout est permis. Je trouve juste cela extraordinaire. Très peu de personnes vivantes, comme toi, sont venues ici demander à ce la vie soit rendue à quelqu'un. Mais de toutes les personnes qui ont demandé, c'était toujours un enfant mort, ou un parent, un amant, ou un ami très cher. Tu es le premier à demander à ce que la vie d'un ennemi soit rendue. »
« Comme je disais, il est de nombreuses choses. Il est… C'est un héros. »
Elle acquiesça avec sagesse. « Je sais. Il a pris la mort d'une autre personne à sa place. La femme que tu aimes. »
« Oui. »
« Il l'aimait aussi. C'est pour cela qu'il a voulu mourir. »
« Oui. » dit-il encore.
« Être profondément aimé par quelqu'un donne de la force. Aimer quelqu'un profondément donne du courage. C'est un chinois qui a dit cela. Lao-Tzu. Il a vécu longtemps après les gens qui m'ont placé ici dans ce royaume…. »
Harry haussa les épaules. « Je n'en ai jamais entendu parler. »
« Je sais. »
Silence.
« Et que prévois-tu de me donner en échanger pour cet ami, cet ennemi, ce héros qui aime la même femme que toi et qui a voulu mourir pour elle ? »
Harry déglutit. Il n'avait pas pensé à cela quant il avait lancé le sort, mais avec chaque porte qu'il passait, il était de moins en moins sûr. Et maintenant, il se demandait … Quel va être le coût réel ? Quel étrange nouveau monde libérerait-il en faisant cela ?
« Hum, d'abord, j'ai une question. »
« Oui ? »
« Si je fais ce qu'il faut pour lui rendre sa vie, est-ce que cela ramènera aussi Voldemort ? »
« Je n'ai pas dit que tu pourrais restaurer deux vies. Seulement une. Peut-être. Cela reste encore à voir. »
« Non, je veux dire, est-ce que cela va le ramener parce que le sacrifice de Draco n'aura pas eu lieu ? Je ne veux pas refaire cela… »
« Pourquoi penses-tu que son sacrifice n'aura pas eu lieu si tu lui rends sa vie ? »
Harry était confus. « Bien, heu… Parce que. » dit-il, à cours. Il commença à sentir renaître l'espoir. « Vous voulez dire que ce ne sera pas le cas ? »
« Si tu souhaites savoir si réussir va signifier un changement du cours du temps, non, ce ne sera pas le cas. Rien de ce qui est arrivé dans le passé ne sera arrivé différemment. Alors, je te le demande encore : qu'as-tu à m'offrir ? »
Il était encore perplexe sur ce point, même s'il était énormément soulagé. 'Pas de changement du cours du temps', pensa-t-il, 'bien.'. Il regarda Draco, la gorge serrée. Sachant que Voldemort resterait mort, il n'avait plus d'obstacle devant lui, rien pour le freiner. Il était celui qui aurait dû mourir. Voldemort était après lui depuis des années et des années. Il savait ce qu'il avait à faire. Il essaya d'oublier ce que Sandy avait dit juste avant qu'il ne lance le sort. Cela ne serait jamais…
Mais il n'avait pas plus tôt ouvert sa bouche qu'elle faisait les cent pas devant le trône, son front froncé, ses bras croisés contre la poitrine comme elle marchait.
« Laisse-moi te raconter une histoire, Harry », dit-elle, comme si elle ne venait pas d'attendre presque dix minutes une réponse à sa question.
« Il était une fois une petite fille qui apprit qu'elle allait devenir grande sœur. Sa mère donna naissance à un petit frère, mais il était malade et il mourut. En fait, le bébé mourut alors que la petite fille le tenait, le berçant pour l'endormir. Il avait été malade, et finalement, il ne pouvait plus se cramponner à la vie. Comme elle s'assit là, tenant le bébé dans ses bras, elle dit 'Cela aurait dû être moi. Pourquoi n'était-ce pas moi ? Oh, Mort, prends-moi à sa place s'il te plaît !' »
« Mais la Mort ne la prit pas. La Mort avait pris le bébé et était partie. »
« Et quand la fille devint une femme, elle se maria, et elle et son mari eurent des enfants. La première fois, ils eurent des jumeaux, deux filles. Mais l'une d'elle était plus petite que l'autre et avait eu son cordon ombilical enroulé autour de la gorge pendant l'accouchement. Elle mourut peu après, et l'autre fille, sa jumelle, vécu toute sa vie en ayant l'impression qu'une part d'elle manquait, parce que sa sœur n'avait vécu que quelques minutes, et qu'elle était maintenant au Royaume des Morts. Et à chaque fois que sa mère voyait qu'elle pleurait sa jumelle morte, la mère pensait 'Pourquoi est-ce que cela n'a pas été moi ? Oh Mort, j'aurais souhaité que tu me prennes à la place !' Elle disait cela même si cela signifiait que ses deux filles jumelles auraient grandi sans leur mère. »
« Mais bien sûr, la Mort ne la prenait pas quand elle disait cela. La Mort avait pris l'autre jumelle et était partie… »
« Et quand sa fille grandit et devint une femme et se maria, elle eut un enfant. Elle était très heureuse d'être grand-mère. Elle jouait avec sa petite fille, et elle la serrait contre elle, et elle lui lisait des histoires et lui disait à quel point elle l'aimait. »
« Et puis quand sa petite fille chérie devint très malade et mourut, sa grand-mère la tenait quand la vie la quitta. Puis, tenant le corps glacé de sa petite fille, elle dit 'Cela n'aurait pas dû être ! Pourquoi n'était-ce pas moi ? Ô Mort ! Prends-moi à sa place et rends-la à ce monde ! »
« Mais la Mort ne fit pas cela. »
Elle s'arrêta de faire les cent pas et lança un regard expectatif à Harry. « Pourrais-tu me dire pourquoi ? »
Harry fronça les sourcils. Il réfléchit un peu, puis dit « Bien, je suppose que ce n'est pas ainsi que cela marche. On ne pas simplement regarder quelqu'un mourir et puis dire 'Oh, au fait, je veux bien y aller alors prenez-moi à la place.' »
Elle acquiesça. « C'est vrai. Mais pourquoi est-ce vrai ? »
Harry la fixa. Bonne question. Pourquoi était-ce vrai ? Il fouilla dans sa tête mais n'arriva à penser à rien.
« Jamie… Ma sœur,… Je veux dire Tiamat… Elle a dit qu'il était possible de sauver Draco. Est-ce que vous me dites maintenant que cela ne l'est pas ? »
« Bien sûr que non. Quoi d'autre t'a-t-on dit sur les autres qui ont essayé de faire cela ? »
« Bien, juste qu'ils ne voulaient pas faire ce qui était nécessaire. »
Elle acquiesça. La volonté. Elle était de nouveau là.
Tempus Bonae Voluntatis.
« Mais si quelqu'un veut donner sa vie pour quelqu'un d'autre… »
« Alors ce n'est pas un sacrifice pour eux. A quel point est-ce un sacrifice, pour une vieille femme, de dire 'prenez-moi à la place de cet enfant' ? A quel point est-ce un sacrifice pour quelqu'un qui se sent coupable de dire la même chose ? Est-ce qu'ils pensent qu'ils ont une bonne vie ? Pas sur le moment. Est-ce qu'ils pensent que ce serait un sacrifice que d'abandonner leur vie pour sauver ceux qu'ils aiment ? Pas du tout. »
« Donc… » dit lentement Harry, commençant à comprendre, « Je dois abandonner quelque chose que je ne veux vraiment pas abandonner ? »
« Connais-tu le sens du mot 'sacrifice' ? »
Il déglutit, secouant la tête.
« Cela signifie 'rendre saint, sanctifier'. En pratique, cela signifie se séparer de quelque chose. La douleur n'est pas nécessairement systématique, mais c'est un aspect nécessaire du sacrifice. Les humains ont délayé leurs sacrifices après tant de millénaires maintenant. Maintenant, un 'sacrifice', c'est donner une partie de leurs revenu, ou de mettre quelques pièces dans le chapeau d'un comédien de rue. Un sacrifice, c'est sensé faire mal. »
Harry fronça les sourcils. « Le fait que je sois là… Est-ce que cela signifie que les humains auraient dû continuer leur culte de vous, Tiamat et Apsu, les anciens dieux sumériens ? Qu'ils auraient dû continuer les sacrifices animaux pour vous ? Ou avez-vous besoin de sacrifices humains ? »
Elle sourit avec indulgence, comme si c'était un enfant de cinq ans, amusant mais ignorant. « Quel est le but de la religion, Harry ? »
Il fut surpris. Il n'y avait jamais beaucoup réfléchi. « Bien, je suppose que cela enseigne aux humains à vivre. Cela établit le bien et le mal. Comment traiter les autres. »
Elle haussa les épaules. « Cela a été utile pour ces choses là. Mais de nombreuses personnes qui ne croient en aucune divinité ont la capacité d'établir ces règles par elles-mêmes. Elle n'ont pas le besoin d'attribuer de telles règles à une source divine. Il y a de très, très nombreuses lois humaines qui servent aussi à cela, des lois qui n'ont pas de lien avec une foi. La religion sert ce but. Mais si elle devait disparaître, la société humaine ne sombrerait pas dans l'anarchie. Il y aurait encore la loi. »
« Bien,… De nombreuses religions ont des histoires de la Création… »
Elle acquiesça. « Oui. Et elle peuvent être très révélatrices. Mais maintenant, les humains ont aussi des informations scientifiques plus concrètes sur d'où ils viennent, et comment le monde a commencé. Tu as dit 'Enuma Elish' quand tu as lancé ton sort. Sais-tu ce que cela signifie ? »
Il acquiesça. « Cela signifie 'Au commencement'. C'est le début d'un récit de la Création. »
« et pourquoi est-ce si familier aux gens ? »
Il repensa à quelque chose que lui avait dit Ruth quand elle lui avait expliqué la théorie derrière le sort. « Bien… On le lisait chaque années pendant les fêtes du Nouvel An. »
« Quel but cela avait ? »
Harry fronça les sourcils. Quel but cela pouvait-il avoir. « Bien, je suppose que c'était un rituel. Tout le monde s'y attendait chaque année… »
« Cela leur rappelait d'où ils étaient. » Elle parlait plus doucement maintenant. « Chaque culture humaine est si fragile, Harry. Tu n'as pas idée. La récitation d'une histoire de la création peut sembler avoir quelque chose à voir avec la religion, mais un rite comme celui-ci est quelque chose qui te lie, un moyen de rappeler à tout le monde dans le culture qui il est et d'où il vient. Peux-tu penser à des choses similaires qui n'ont rien à voir avec la religion ? »
« Bien… Quand j'étais jeune, avant d'aller à Poudlard, il y avait le jour de Bonfire. »
Elle sourit. « Oui. La première flamme primordiale. Le sentiment patriotique de pendre l'effigie d'un traître. Le patriotisme est aussi une sorte de religion, tu sais. »
Il pensa à quelque chose d'autre. « Hermione m'a raconté quelque chose… Dans mon autre vie. Elle vivait à Philadelphie, en Amérique. Tous les ans, pour le quatre juillet, quelqu'un lisait à haute voix la déclaration d'indépendance, dans cet endroit, Hmm… Independence Hall. C'est ça. Elle disait qu'elle n'avait jamais entendu les américains être si silencieux que lorsqu'elle était lue, et jamais si bruyant que lorsqu'ils applaudissaient après… »
Elle sourit. « Pays différents, même phénomène. Tu comprends, je pense. »
« Mais, » dit-il, « avec la religion, il y a habituellement quelque chose sur ce qui arrive quand on meurt. » Il regarda autour de lui, gardant sa main le couvrant soigneusement. « Je suppose qu'elles sont toute un peu à côté de la plaque. »
« Pourquoi dis-tu cela ? »
« Parce que j'ai entendu parler de choses comme des tunnels de lumière, et Saint Pierre se tenant à la porte du paradis avec une liste d'entrée, et des gens qui sont morts brièvement et puis qui sont revenus et qui disaient qu'ils avaient vraiment senti du feu, la chaleur, comme s'ils avaient brièvement été en enfer. Ici ne ressemble à rien de tout cela. »
« Mais tu n'as pas invoqué un dieu associé avec un système de croyance qui inclus une autre monde comme celui-ci. »
« Pardon ? »
« Tu as évoqué cet autre monde avec ton sort. Tu vois, Harry, la raison pour laquelle il y a tant de types de religion dans le monde, est qu'il y a tant de types de personnes différents. Presque tout le monde un élan religieux de quelque sorte, et il y a une religion pour pratiquement tout le monde. Quand les humains meurent, ils voient exactement ce qu'ils s'attendent à voir. Si quelqu'un s'attend à voir Saint Pierre avec un classeur ou un ordinateur, c'est exactement ce qu'il verra. S'il s'attend à voir un champ ensoleillé avec des fleurs sauvage, c'est ce qu'il verra. »
« Pardon ? » dit-il encore.
« C'est tout dans ta tête, Harry. Les humains sont hautement suggestibles. Bien, sûr, on a attiré ton attention sur le fait que tu es inhabituellement suggestible, même parmi les sorciers, qui ont cette qualité en plus grande quantité que les gens non magiques, ou sinon, ils ne pourraient pas lancer leurs sorts. C'est ce que je disais : tous ceux qui meurent voient exactement ce qu'ils s'attendaient à voir. Ils rencontrent le dieu dans lequel ils croient, et s'ils ne croient pas et s'attendent à disparaître complètement dans l'oubli, c'est ce qui leur arrive. S'ils croient en la réincarnation, ils commenceront une nouvelle vie. S'ils s'attendent à devenir une étoile de mer, c'est ce qu'ils deviendront. Mais ils doivent vraiment y croire. Si une personne adhère à une religion toute sa vie, mais qu'elle ne croit pas vraiment que quoique ce soit se passera après sa mort, autre que l'oblivion, alors elle mourra et disparaîtra immédiatement dans l'oblivion. Peu importe le temps que cette personne aura passé à aller à l'église, au temple ou à la mosquée, parce que si elle ne croit pas vraiment, elle ne peut pas vraiment s'attendre à voir l'autre monde enseigné par sa religion.
« La conscience humaine ne disparaît pas quand le cœur s'arrête et qu'il n'y a plus d'oxygène alimentant le cerveau. Elle passe simplement dans un autre royaume… »
« La prochaine grande aventure… » murmura Harry. Elle ne sembla pas remarquer.
« Il y a ceux qui sont rebelles et inquiets, qui insistent en disant qu'ils ont des choses à finir… Ceux-là deviennent des fantômes. Mais la plupart des humains est assez bonne à laisser le monde. Meilleur qu'ils ne le pensaient avant de mourir. »
« Mais alors… Pourquoi est-ce que certaines personnes qui meurent et reviennent disent qu'elles souffraient en enfer ? Est-ce que l'on ne voudrait pas s'imaginer au paradis ? »
« Ah, mais une fois que les humains sont morts, leur perception d'eux-mêmes n'est plus obscurcie. Ici et là, de très rares personnes se voient elles-mêmes comme elles sont vraiment de leur vivant, mais la plupart des gens ne peut pas se voir clairement jusqu'à leur mort. Ensuite, ils se connaissent entièrement et complètement. Ils ne sont plus capables de se tromper. Si quelqu'un adhère à un système de croyance qui inclus des types spécifiques de punitions dans l'au-delà pour certains types d'action durant sa vie, alors, quand ils meurent et se voient pour ce qu'ils sont, s'ils ont fait ces choses, ils vont s'attendre à être punis pour leurs péchés. J'ai dit que les humains qui mourraient voyaient exactement ce qu'ils s'attendaient à voir. Je n'ai pas dit qu'il voyaient ce qu'ils voulaient voir. C'est différent. »
« Et parfois, ce que nous voulons est la chose qui est la pire pour nous… » dit-il doucement, se souvenant de ce que Dumbledore lui avait dit au sujet du miroir du Rised.
« C'est vrai. »
Il se perdit dans ses pensée. 'Je me demande ce que Draco voit en ce moment ? Je me demande ce qu'il s'attendait à voir après sa mort ?'
« Alors, de ce que vous dites, je ne peux simplement pas dire 'prenez-moi à sa place.'. Ce n'est pas un sacrifice pour moi, donc. Ce n'est pas assez bon. »
« Qu'en penses-tu ? » elle le regarda fixement.
« Je pense que j'ai raison. Mais cela laisse encore la question de ce qui est exactement nécessaire ? Allez-vous me le dire, et ensuite je déciderai si je veux le laisser ? Ou dois-je le trouver moi-même ? »
« Pourquoi n'essayes-tu pas de le trouver d'abord ? »
Il soupira. Ce n'était pas facile de penser clairement sans ses lunettes. Quand le monde entier lui semblait flou, i lavait l'impression que ses pensées l'étaient aussi. Il réfléchit un instant. Elle attendit patiemment. Il tint maintenant sa main droite avec sa baguette devant son entre-jambe et fit remonter sa main gauche jusqu'au basilik, et il le toucha. Il lui vint soudain à l'esprit qu'il aurait pu laisser cela à la place de ses lunettes. Mais soudain, il fut content de ne pas l'avoir fait. C'était tellement étrange de ne pas pouvoir voir Ginny quand il le tenait, mais bon, elle était dans un autre monde que le sien en ce moment.
« Vous avez mentionné que vous savez que Draco aime Ginny aussi, que nous l'aimons tous les deux. Dois-je… Dois-je abandonner Ginny ? S'il revient, je dois le laisser avoir Ginny ? »
« Hmpf ! Comment se sentirait-elle si tu parlais d'elle de cette façon ? »
Il grimaça. « Elle ne serait probablement pas ravie… »
Elle acquiesça. « Elle n'est pas à toi pour que tu puisses la donner. Cela ferait mal, mais cela lui ferait mal autant qu'à toi. Elle t'aime. Ce n'est pas sensé être son sacrifice. C'est le tien. »
Il fouilla encore dans sa tête. Ses bras commençaient à être raides à force de devoir les tenir devant lui pendant si longtemps. Il avait grande envie de faire des moulinets avec, mais d'une manière ou d'une autre, il avait l'impression que cela serait un manque de respect pour la reine du royaume des morts, qui se trouvait en plus ressembler exactement à sa mère. Quoi d'autre pouvait-il abandonner ? Il ne pouvait pas échanger sa vie pour celle de Draco, il ne pouvait pas abandonner Ginny comme elle ne lui appartenait pas. Quoi d'autre pouvait-il faire ?
« J'ai pu voir quand tu passais les portes, » lui dit-elle maintenant. « Tu t'en es bien sorti avec toutes. Bien, presque toutes. A un moment, j'ai pensé que tu ferais demi-tour, que tu changerais d'avis… »
Harry fronça les sourcils. « Est-ce que vous essayez de me donner un indice ? »
« Oui. »
Il pensa aux portes, quand il avait abandonné ce qu'il portait, à comment à chaque fois qu'il l'avait fait, quelque chose s'était produit qui l'avait rendu vraiment désolé de ne plus avoir ce qu'il avait sacrifié afin de pouvoir progresser. Il s'était rendu progressivement de plus en plus vulnérable. Quel test avait été le plus dur ? Et comment cela lui dirait quel devait être son sacrifice ?
Les minutes passaient, et pourtant, il n'était pas complètement certain que le temps s'écoulait à cet endroit. Tout était complètement immobile. La lumière ne semblait venir d'aucune source, comme des bougies, qui auraient finalement fondu, ou de lampes, qui n'auraient plus eu d'huile. Il n'y avait même pas de chandelles magiques qui ne se consument pas ni dont la cire ne fond…
Soudain, ses yeux s'écartillèrent. Il savait ce que devait être le sacrifice. Il eut l'impression que son cœur allait se briser. « Non, pensa-t-il, pas cela, tout sauf cela… »
Il tomba à genoux, oubliant de se couvrir. Puis il se mit en boule sur le sol, ses genoux ramenés contre sa poitrine. Comment pouvait-il abandonner cela ? Comment pourrait-il continuer ? Mais ensuite il regarda à travers ses larmes le corps de Draco Malfoy, pendu à la colonne près du trône. Il pensa au visage de Draco quand il s'était lancé devant Ginny, quand il avait pris le sort de plein fouet qui était destiné à cette dernière. Il avait fait cela, même s'il savait que Ginny aimait Harry, même si son amour pour elle n'était pas rendu… Il n'avait jamais voulu la traîner à Godric's Hollow avec Ron. Ce n'était pas sensé se passer ainsi…
Et même si ce jeune homme avait failli les faire tuer, Ginny, Ron, Hermione et lui, c'était aussi grâce à son amour pour Ginny que Voldemort n'était plus. Harry pouvait voir avec une clarté parfaite la lumière verte se dirigeant vers Ginny, le corps de Draco à ses pieds. Il pouvait voir la lumière rebondir sur ce qui semblait être une espèce de bouclier invisible autour de son corps, et revenir vers le grand sorcier maigre, jusque dans sa baguette, l'impact le vidant de sa vie, le laissant comme une coquille vide.
Harry s'assit, essuyant ses larmes de ses yeux. Il savait ce qu'il avait à faire, et que c'était la bonne chose à faire. Son sacrifice ne serait rien à côté de celui de Draco. Comment pouvait-il ne pas faire cela ? Comment pouvait-il refuser cela à Draco alors que le monde était débarrassé de Voldemort grâce à ce qu'il avait fait.
Il regarda le visage de sa mère, qui n'était pourtant pas le visage de sa mère. Elle avait l'air de savoir ce qu'il pensait.
« Vous savez ce que je pense, n'est-ce pas ? »
« Oui. »
« J'ai raison ? Est-ce ce qui va le faire, ce qui va le ramener ? »
« Penses-tu que c'est assez ? »
« Je… Je préfèrerais mourir que… » Mais il ne finit pas. Cette pensée exprimée à voix haute disait tout. C'était la dernière chose au monde sans laquelle il pouvait imaginer vivre. Et pour cette raison, c'était le seul sacrifice acceptable.
Elle acquiesça et tendit sa main.
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Il y eut un bruit de rafale à ses oreilles, comme s'il était pris dans un tunnel. Il était fait de vent, il n'était rien d'autre qu'une rafale d'air. Le son devint de pus en plus fort, jusqu'à ce qu'il y ait presque un bruit de sifflement, il résonnait avec son corps et avec le monde. Il avait l'impression que tout au monde vibrait exactement à la même vitesse, de manière complètement synchrone, et le vent soufflait encore et encore…
Puis soudain, tout fut silencieux.
Il avait conscience d'être sur une surface herbeuse. Le vent faisait bouger ses cheveux, et il était allongé sur le côté. Quelqu'un était contre lui. De la chaleur émanait de l'autre corps. Il tendit sa main et toucha l'autre personne, sentant la peau lisse, un nez, une bouche, des yeux…
« Aïe ! Sort tes doigts de mon œil, Potter ! »
Harry retira brusquement sa main. Il commença à entendre d'autre sons. Des cris et des gémissements, des gens qui avaient mal, des gens choqués et terrifiés. Harry secoua la tête, ayant l'impression de ne pas avoir les idées claires. Était-ce la voix de Malfoy ? Cela y ressemblait certainement. Harry essaya d'ouvrir ses yeux aussi grand que possible, puis les referma, les tenant hermétiquement fermés. Puis il les ouvrit une fois encore. Rien que du noir. Pourquoi faisait-il si sombre ? Combien de temps était-il resté dans le Royaume des morts ? Ce devait être le milieu de la nuit.
Puis il entendit un bruit de pas et il sentit le sol sous lui trembler comme ils se rapprochaient.
« Harry ! Harry, tu vas bien ! » c'était Ron.
« Harry ! Que s'est-il passé ? » Toujours à vouloir savoir des chose. C'était Hermione. Malgré les jambes de Ron plus longues, elle l'atteignit le premier, tombant au sol et lançant ses bras autour de lui. Il se cramponna à elle, ses doigts dans ses courtes boucles, il sentit de l'humidité sur sa joue douce contre la sienne. 'Elle va bien.' Pensa-t-il. 'Elle et Ron vont bien.'
Puis, la voix qu'il attendait vraiment.
« Harry! »
« Ginny ! » cria-t-il, sa tête se tournant dans la direction de sa voix. Il se mit debout, titubant, et puis elle était dans ses bras, son corps chaud pressé contre le sien, sa bouche contre la sienne seulement un court instant avant qu'il n'enfouisse son visage dans ses cheveux, incapable de contenir son soulagement et sa joie qu'elle aille bien.
Il sentit Ginny s'écarte de lui un peu et prendre ses mains dans les siennes. « Je n'ai jamais pensé que je te reverrai ! Et.. »
Il n'était pas sûr de pourquoi elle s'était arrêtée. Puis il l'entendit pousser un cri, et il entendit l'impact de deux corps à proximité quand elle s'écria « Draco ! Tu es en vie ! »
Harry entendit la voix étranglée de Draco Malfoy dire « Pas pour longtemps si tu continues comme cela, Ginny. » Il les entendit se séparer, et puis elle passa ses bras autour de Harry à nouveau.
« Tu… Tu l'as ramené ! Comment… Comment diable as-tu fait ? »
Puis il fronça les sourcils, réalisant que quelque chose clochait. « Il fait si sombre. Je ne peux voir aucun d'entre vous. Comment pouvez-vous me voir ? Comment as-tu pu voir Malfoy ? » Il serra fortement sa baguette. D'une manière ou d'une autre, l'obscurité autour de lui semblait tellement impénétrable qu'il n'était pas convaincu qu'allumer sa baguette ferait grand chose.
Il y eut une pause gênée. Puis il entendit Hermione dire. « Qu'est-ce que tu veux dire, sombre ? Nous sommes en plein jour Harry. Toi et Malfoy êtes partis pendant un moment, oui. Des heures et des heures. Mais il ne va pas encore faire nuit avant longtemps. Tu ne peux rien voir ? »
Il secoua la tête. « Pas le plus petit éclat de lumière. » Sa voix tremblait.
Il était aveugle.
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